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18/01/2010

n° 38 - Journal de PAKISTAN. - 26-12 au 17-01- Fin - : Les Etats-Unis intensifient les attaques par drones et les assassinats dans l’escalade de la guerre AfPak.

n° 38 - Journal de PAKISTAN.  - 26-12 au 17-01- Fin - : Les Etats-Unis intensifient les attaques par drones et les assassinats dans l’escalade de la guerre AfPak.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



        Journal de PAKISTAN.  

n° 38- 26-12 au 17-01                                                         C.De Broeder & M.Lemaire



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Avant propos

·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Sommaire.

7  Dossiers

7-1 Romain Bartolo : Le Pakistan dans un équilibre précaire.

7-2 Le réseau Haqqani, cauchemar des relations américano-pakistanaises.

7-3 Les sentiments anti-américains grandissant, la pratique de l'islam sera amenée à se radicaliser.

7-4 Bill Van Auken : Les Etats-Unis intensifient les attaques par drones et les assassinats dans l’escalade de la guerre AfPak.



7  Dossiers

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

7-1 Romain Bartolo : Le Pakistan dans un équilibre précaire.

Nb : Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

Le Pakistan ne sort pas renforcé de l’offensive militaire menée dans les zones tribales situées le long de la frontière afghano-pakistanaise.

Lancée le 17 octobre dans le sud-Waziristan, l’offensive ambitionnait de reprendre le contrôle de certaines régions reculées où s’abritaient de nombreux résistants pakistanais.

L’objectif ayant été partiellement rempli, le Premier ministre Gilani a annoncé le 12 décembre la fin conditionnelle de l’opération militaire. Cela dit, ce succès relatif ne consolide pas la fragile position du président Zardari et de son gouvernement dans la mesure où le Pakistan reste confronté à de graves problèmes à la fois nationaux et régionaux. 

En effet, des accusations de corruption visent des membres du gouvernement et affaiblissent davantage une popularité déjà bien entamée.

A cette situation interne instable se superpose un contexte régional tendu.

Tout d’abord, la nouvelle stratégie militaire de l’administration américaine en Afghanistan rappelle le rôle à la fois indispensable et ambigu du Pakistan dans la lutte contre les résistants sur le théâtre afghano-pakistanais. Par ailleurs, la rivalité indo-pakistanaise persiste.

Les tensions entre les deux puissances nucléaires de l’Asie du Sud se sont ravivées depuis les attentats de Bombay.

Le procès de Mohammed Ajmal Amir Iman, seul rescapé du commando pakistanais, illustre les difficultés que rencontre Islamabad dans son combat contre les résistantss sur son propre territoire. Ainsi, les tâches qui attendent le gouvernement pakistanais pour le futur lient intrinsèquement les problèmes domestiques aux questions relatives à l’équilibre régional.

La non-résolution de la question résistante

L’offensive de l’armée pakistanaise dans le sud-Waziristan n’a été qu’un demi-succès pour le compte d’Islamabad. Une des sept provinces des zones tribales, le sud-Waziristan constituait le centre de l’insurrection où la plupart des résistants étaient rassemblés.

Des camps d’entraînement liés à al-Qaïda se situaient dans la région, et leur influence locale croissait au rythme de l’arrivée des combattants étrangers.

Cette offensive militaire complète les opérations conduites dans la vallée de Swat début 2009. Certes, l’armée a réussi à pénétrer dans des régions reculées au relief escarpé. Néanmoins, elle n’a pas soumis l’insurrection des quelques milliers de résistants à la capitulation sans condition. Proches d’al-Qaïda, les militants du Mouvement des résistants pakistanais ont affronté 28.000 soldats des forces armées. Malgré leur infériorité numérique, ils sont parvenus à maintenir quelques poches de résistance.

La victoire militaire tarde à se transformer en une victoire politique pour le compte d’Islamabad. Avoir défait partiellement l’insurrection résistante dans le sud-Waziristan ne met cependant pas un terme définitif au problème résistant dans les enjeux politiques et sécuritaires du Pakistan depuis 2001. Si plus de mille résistants sont tombés au combat durant l’offensive, un grand nombre de militants ont réussi à fuir les zones de combat pour s’établir ailleurs dans le pays. Historiquement, les opérations militaires dans ces zones limitrophes de l’Afghanistan sont toujours difficiles à mener. En effet, depuis la partition de l’Inde et du Pakistan en 1947, les zones tribales disposent d’une large autonomie vis-à-vis du pouvoir politique d’Islamabad. Les FATA (Federally Administered Tribal Areas) sont devenues des zones de non-droit où s’appliquent davantage le code d’honneur pachtoune et une version rigoriste de l’islam. Hostiles à la ligne gouvernementale, les zones tribales restent la région la plus violente du Pakistan. Comme en Somalie, ce manque manifeste d’autorité de l’Etat profite à l’organisations résistantes qui parviennent ainsi à former une base arrière pour ses militants et ses leaders. Nationaux ou étrangers, les candidats au djihad affluent dans cette région pour se préparer à rejoindre les rangs des résistants sur divers fronts. En guise de révélateur, la police pakistanaise arrêtait le mois dernier cinq citoyens américains à Islamabad. Etudiants issus de la côte Est des Etats-Unis, ils s’apprêtaient à rejoindre des camps d’entraînement dans le Waziristan avant de partir combattre les forces de la coalition sur le front afghan.

Après les bombardements aériens de l’armée américaine en Afghanistan en réponse aux attaques du 11 septembre, de nombreux résistants et membres d’al-Qaïda auparavant basés sur le sol afghan ont franchi la poreuse frontière afghano-pakistanaise.

Ces djihadistes étrangers ont grossi les rangs des militants pakistanais et font de la frontière afghano-pakistanaise un enjeu sécuritaire essentiel dans la lutte globale contre le terrorisme islamiste relatif à al-Qaïda et ses groupes affiliés. Sur le plan interne, résistants et extrémistes islamistes ont répondu aux diverses offensives militaires pakistanaises en multipliant les attentats-suicides, notamment dans les grands centres du pouvoir du pays. Rawalpindi, Islamabad et Peshawar sont devenues le théâtre d’une insécurité croissante due à des attentats de plus en plus fréquents et meurtriers. En 2008, le Pakistan recensait déjà plus de 2.300 victimes d’attentats résistantss (1). Seul l’Irak avait dépassé le nombre des victimes pakistanaises. La persistance de la menace résistants empêche le Pakistan de sortir d’une crise politique où les gouvernements se succèdent. En effet, les espoirs suscités par l’élection à la présidence d’Asif Ali Zardari se sont vite dissipés. La faiblesse des institutions démocratiques, le poids de l’armée et l’insécurité compliquent fortement l’exercice du pouvoir politique. En outre, la récente décision de la Cour suprême ne va pas dans le sens d’un renforcement du gouvernement actuel.

La décision de la Cour suprême déstabilise un gouvernement déjà impopulaire

Au-delà des questions de sécurité relatives au Cachemire et au combat contre les résistants et les extrémistes dans les zones tribales, le Pakistan vit également des heures difficiles à la tête de l’Etat. Rendue inconstitutionnelle par la Cour suprême, l’ordonnance de réconciliation nationale met en cause certains membres du gouvernement mais aussi le président lui-même. Votée en 2007 sous Pervez Musharraf, cette amnistie levait tout risque de poursuite judiciaire pour plus de 6.000 politiciens accusés de corruption. Cette mesure concernait également Benazir Bhutto, Asif Ali Zardari et d’autres dirigeants du Parti du Peuple Pakistanais (PPP). Dans un premier temps, l’ordonnance devait permettre au président Musharraf de se maintenir au pouvoir tout en le partageant avec Benazir Bhutto, de retour d’exil. Ensuite, le vote de cette amnistie devait permettre de normaliser la situation institutionnelle. En nommant Benazir Bhutto au poste de Premier ministre, le président Musharraf conférait une partie du pouvoir aux forces civiles, peu présentes dans les sphères de décision depuis son coup d’Etat militaire de 1999.

Face à une impopularité croissante et une corruption généralisée dans le milieu politique pakistanais, le gouvernement actuel est plongé dans une sérieuse crise de confiance.

Dès la publication de la décision le 16 décembre, la Ligue musulmane pakistanaise, principal parti d’opposition, appelait le président Zardari et deux de ses ministres à démissionner. Cette décision aggrave la situation interne du milieu politique pakistanais. Au-delà des intérêts politiques personnels de chacun et des aspirations de l’opposition, la levée de l’amnistie risque d’affaiblir davantage le gouvernement dont l’autorité est déjà largement remise en cause.

Par ailleurs, la décision de la Cour suprême pourrait affecter également l’équilibre régional en Asie du Sud. La principale crainte ne réside pas dans les Etats trop puissants mais au contraire dans ceux trop faibles pour affirmer leur légitimité sur leur propre territoire. Dans un monde dominé par les acteurs étatiques, ces derniers tendent à préférer savoir à qui ils ont affaire. Impuissants et vecteurs d’instabilité, les collapsed ou failed states sont devenus des proies faciles pour des groupuscules politiques ou religieux dont les ambitions constitueraient une menace considérable sur les différents équilibres régionaux. Dans le cas du Pakistan, le risque est d’autant plus important que le pays possède l’arme nucléaire, comme son voisin indien. Par conséquent, la sécurité régionale de l’Asie du Sud a évidemment besoin d’un Pakistan suffisamment puissant pour résister aux menaces issues de l’intérieur, notamment afin de garantir la stabilité du statu quo nucléaire avec l’Inde. Or, ce constat intervient alors que le procès de Mohammad Ajmal Amir Iman et l’arrestation de David Coleman Headley mettent en avant les connexions pakistanaises dans les attentats de Bombay de novembre 2008.

Attentats de Bombay et tensions des relations indo-pakistanaises

Les tensions indo-pakistanaises se sont ranimées par la mise en cause des services secrets pakistanais dans la planification des attentats de Bombay, ayant causé plus de 170 victimes. Les magistrats indiens accusent le groupe militant Lashkar-e-Taiba d’être derrière les attaques. Ces accusations corroborent celles émises à l’encontre de David Coleman Headley, arrêté début octobre à Chicago. Détenant la bi-nationalité américaine et pakistanaise, il est soupçonné par le FBI d’avoir été l’intermédiaire entre les planificateurs au Pakistan et les exécutants en Inde. Il fut chargé de sélectionner les cibles choisies, tels la gare centrale, un hôtel luxueux et un centre culturel juif. Headley a pu se rendre de nombreuses fois à Bombay entre 2006 et 2008 en grande partie grâce à son passeport américain. En réalité, ses auditions ont révélé des contacts étroits avec Lashkar-e-Taiba et Jaish-e-Mohammed, deux groupes islamistes cachemiris extrêmement violents. En outre, Headley nourrissait l’ambition de s’en prendre aux locaux du Jyllands Posten, le quotidien danois ayant publié les caricatures du prophète Mahomet en 2005. Le cas du militant djihadiste américano-pakistanais montre les proportions prises par la problématique résistants au Pakistan.
Enfin, la crise profonde traversée par le Pakistan repose sur une question primordiale : la place de la religion et en l’occurrence de l’islam dans la société pakistanaise actuelle. Tiraillée par les fondamentalistes et les groupes extrémistes usant de la violence politique, l’identité nationale pakistanaise mérite débat.

La place de la religion dans l’identité de la société pakistanaise actuelle et ses implications dans l’effort contre-résistants

Alors que le Pakistan s’était fondé dès son indépendance sur son caractère musulman exclusif, force est de constater que la place de l’islam au sein de la société civile et politique pakistanaise pose désormais problème. Après la réislamisation du pays par le dictateur Zia ul-Haq dans les années 1980, Pervez Musharraf avait difficilement tenté d’en limiter l’influence croissante. Très certainement influencé par le modèle kémaliste, le général Musharraf - qui a passé une partie de son enfance en Turquie - avait dissous une dizaine de partis musulmans et interdit des organisations résistantss liées à la question cachemirie, sans pour autant aborder sérieusement le rôle déterminant des madrasas. De plus en plus nombreuses, les madrasas demeurent un problème de premier plan. Ces écoles coraniques très fréquentées ont, pour certaines, véhiculé des messages politiques subversifs appelant à affronter le régime d’Islamabad. Le faible contrôle des autorités sur ces écoles leur a permis de se multiplier de façon exponentielle sur tout le territoire, et notamment au sein des dangereuses zones tribales, où tout étranger est interdit d’accès. Sans l’appui de la société pakistanaise, les différents gouvernements rencontreront d’énormes difficultés pour juguler l’extrémisme et le « succès » des résistants, de Jaish-e-Mohammed ou bien de Lashkar-e-Taiba.

Comme tout mouvement clandestin, une organisation résistants a besoin d’une solide base sociale si elle veut durer. Sinon, elle sera rejetée par la société et versera dans des activités violentes illégales autres. Les programmes de contre-terrorisme ne dérogent pas à cette règle et nécessitent eux aussi l’approbation et le soutien moral de la société afin d’être efficaces. Ces efforts n’auront aucun effet si une part de la population reste sympathique aux idéaux et aux méthodes de l’organisation résistants. Ainsi, la population reste l’enjeu essentiel de cette bataille idéologique entre groupes extrémistes et le gouvernement qui se doivent de développer une contre-idéologie attractive à l’égard des individus les plus vulnérables au radicalisme politico-religieux. Jusqu’à présent, les organisations résistantss pakistanaises bénéficiaient de l’appui de cette base sociale si importante. Cela avait même amené Islamabad à, par exemple, entamer un dialogue avec les insurgés résistants du district de Malakand, dans la province frontalière du Nord-Ouest. En contrepartie d’une cessation des combats, Islamabad a autorisé une application plus stricte de la loi islamique localement. Cette décision, très critiquée par Washington qui refuse les négociations avec les résistants, illustre le paradoxe actuel du Pakistan. Les Etats-Unis ont besoin du Pakistan pour combattre efficacement les résistants alors que dans le même temps, le Pakistan ne peut se passer de l’aide économique et financière américaine. Le Pakistan sous Pervez Musharraf fut un allié américain de la première heure dans sa lutte contre le terrorisme islamiste, bien que dans le passé les services secrets pakistanais avaient eux-mêmes assisté à l’accession au pouvoir des résistants à Kaboul. Cette alliance, plus ou moins contrainte, continue de peser lourdement sur les décisions du pays en matière de défense. Les offensives militaires pakistanaises, qu’elles fassent reculer la menace djihadiste ou non, resteront lettre morte si les autorités n’abordent pas les raisons qui attirent des individus dans les sphères de la radicalisation islamiste. Le Pakistan ne résoudra pas le problème de l’extrémisme religieux et de son corollaire résistants s’il ne parvient pas à gagner la bataille des cœurs et des esprits.

Conclusion

La situation interne au Pakistan est difficilement tenable pour le président Zardari dont la marge de manœuvre se réduit continuellement.

Peu habitué à la stabilité des institutions démocratiques, le Pakistan risque de se tourner vers l’institution considérée comme la plus encline à ramener le calme, l’armée. En effet, bien vu par Washington, le chef de l’état-major des armées, le général Ashfaq Kayani, est devenu le principal interlocuteur de l’administration américaine. Même s’il exclut être officiellement ouvert à la présidence, l’importance du général Kayani est appelée à croître si l’instabilité perdure au Pakistan.

Sources :
STEWART, Scott, « Pakistan : The South Waziristan Migration »,
World Security Network, 16 octobre 2009 STEWART, Scott, “Tactical Implications of the Headley Case”, Stratfor, 16 décembre 2009

(1) “Bombed again”, 27 mai 2009, Economist.com

Romain Bartolo,

Assistant de recherche à l’IRIS

8 janvier

http://www.affaires-strategiques.info/spip.php?article2600


7-2 Le réseau Haqqani, cauchemar des relations américano-pakistanaises.

Nb Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

Le réseau Haqqani, faction résistante autonome et transfrontalière, opérant depuis les zones tribales du Pakistan, est une menace sérieuse pour les forces internationales dans l'est de l'Afghanistan.

Et un tout aussi sérieux sujet de contentieux entre Washington et Islamabad.

Les Haqqani, considérés comme liés à Al-Qaïda, (…) et dont le chef fut l'homme des Américains du temps soviétique de l'Afghanistan, contrôlent une bonne partie du Nord-Waziristan pakistanais.

Selon un haut responsable du renseignement pakistanais, au moins 30 de ses hommes y ont été abattus par le réseau au cours de l'année écoulée, dénoncés comme espions.

Washington, à l'heure où 30.000 hommes vont se déployer en renforts en Afghanistan, veut qu'Islamabad nettoie ce sanctuaire des Haqqani.

Mais les responsables pakistanais estiment que s'attaquer de front au réseau aujourd'hui est beaucoup trop risqué: le Nord-Waziristan est devenu un trou noir du renseignement, et l'armée pakistanaise mène déjà l'offensive dans d'autres secteurs des zones tribales, contre des insurgés s'en prenant directement à l'Etat pakistanais.

Certains soupçonnent Islamabad de traîner les pieds volontairement.

D'autres pensent que le gouvernement pakistanais a raison d'éviter de se mettre à dos un mouvement qui somme toute combat prioritairement en Afghanistan.

Selon Kamran Bokhari, analyste chez Stratfor, agence spécialisée dans le renseignement géopolitique basée aux Etats-Unis, le réseau Haqqani, proche d'Al-Qaïda, officiellement inféodé au mollah Omar, chef des résistants afghans, et considéré comme proche de l'ISI, la centrale pakistanaise du renseignement, est en fait autonome, servant ses propres intérêts: "leur objectif est de travailler avec quiconque est prêt à travailler avec eux", dit-il. "Au cours des années, alors que le Pakistan se retrouve coincé entre la gestion de sa propre insurrection et les Etats-Unis, des gens comme les Haqqani sont devenus de plus en plus indépendants."

Le chef vieillissant du réseau est Jalaluddine Haqqani, autrefois très respecté commandant moudjahidine en Afghanistan. Allié central de Washington et d'Islamabad après l'invasion soviétique de 1979, il avait même été reçu à la Maison Blanche sous Ronald Reagan.

Pendant les années 80 et 90, Haqqani a également accueilli et hébergé des combattants saoudiens rejoignant le djihad anti-soviétique, dont Oussama ben Laden. Cette hospitalité aurait toujours cours aujourd'hui, offerte à Al-Qaïda et aux combattants étrangers des deux côtés de cette très poreuse frontière afghano-pakistanaise, inexistante pour le réseau Haqqani.

Quand les résistants sont arrivés au pouvoir à Kaboul en 1996, Haqqani est devenu ministre. Et après la chute des résistants, le président Hamid Karzaï à son tour lui a offert des portefeuilles, mais Haqqani a préféré alors se concentrer sur la lutte contre les forces occidentales.

Aujourd'hui, Jalaluddine Haqqani, dont on pense qu'il aurait dépassé la soixantaine, voire plus, ne serait plus guère opérationnel, et aurait confié les commandes à son fils Sirajuddine.

Certains soupçonnent les Haqqani d'avoir gardé leurs relations avec l'ISI (Inter-Services Intelligence), la puissante centrale pakistanaise de renseignement. L'Inde et l'Afghanistan affirment avoir vu la marque du Pakistan dans l'attentat de juillet 2008 contre l'ambassade indienne à Kaboul, Washington jugeant qu'il s'agissait là d'une des opérations audacieuses du réseau en Afghanistan. Le Pakistan dément toute implication.

Pour se financer, le réseau Haqqani pratiquerait l'extorsion, l'enlèvement contre rançon et autres crimes, dans au moins trois provinces de l'Est afghan, dont celle de Patkia, berceau du clan.

Rahimullah Yousafzai, journaliste pakistanais qui a interviewé Sirajuddine Haqqani en 2008, raconte comment l'héritage est lourd à porter: "Jalaluddine Haqqani pouvait opérer ouvertement au Pakistan. Siraj vit en permanence dans la clandestinité. C'est une existence très dangereuse. Il me disait qu'ils avaient perdu 30 membres de la famille".

Selon un haut responsable du renseignement pakistanais, mécontent de voir monter la pression américaine, le Pakistan a déjà par cinq fois tenté de capturer Sirajuddine. Il note que les Américains non plus n'ont jamais réussi à mettre la main sur lui, ni sur son père, alors que tous deux passeraient l'essentiel de leur temps en Afghanistan... Une frappe de missile américain, en septembre 2008, aurait tué une des soeurs de Jalaluddine et d'autres membres de la famille.

Mais Islamabad pense aussi à l'avenir, après le départ des Américains, quand il lui faudra bien vivre avec ce qui restera du réseau Haqqani, également considéré comme élément incontournable de toute paix éventuelle avec les résistants. "Je crois que les Pakistanais restent dans l'expectative", note le journaliste Yousafzai. "Ils veulent voir si la nouvelle stratégie américaine va fonctionner, et s'ils vont tenir la route."

31/12

 http://fr.news.yahoo.com/3/20091230/twl-pakistan-afghanistan-résistants-haqqan-fcd69a8_2.html


 Un rapport qui vient juste au bon moment…

7-3 Les sentiments anti-américains grandissant, la pratique de l'islam sera amenée à se radicaliser.

Les sentiments anti-américains grandissant dans ce pays, la pratique de l'islam sera amenée à se radicaliser indique un rapport publié mardi.

L'étude, qui propose une prospective sur une période de un à trois ans, exclut toutefois l'idée que les résistant puissent prendre le pouvoir à Islamabad.

"Plutôt qu'une prise du pouvoir par les islamistes, il faut considérer une subtile évolution d'une société laïque pro-occidentale vers une société islamiste anti-américaine", explique Jonathan Paris qui a produit le rapport pour le Legatum Institute, un centre de recherches installé à Londres."Les hypothèses sur une prise du pouvoir par les résistant exagèrent largement la volonté des élites politiques et militaires à céder le pouvoir aux résistant", affirme le rapport, résultat de plusieurs mois de recherches.

Selon Paris, le Pakistan devrait "pouvoir se tirer d'affaire" avec une armée qui continue, en coulisses, à influencer fortement la politique étrangère et la politique sécuritaire du pays.

Malgré cela, Paris qui travaille également pour le Conseil atlantique des Etats-Unis, met en garde contre une dérive des autorités pakistanaises qui s'éloignent de leurs partenaires occidentaux à un moment où les Américains ont besoin de soutien en Afghanistan.

"Les moyens de pression dont disposent les Etats-Unis et le Royaume-Uni sur le Pakistan ne se renforcent pas. Ils faiblissent.

La société pakistanaise évolue vers l'anti-américanisme et se rapproche de la charia", juge Paris.

L'influence croissante des partis politiques islamistes et des organisations de résistants dans la province du Punjab va lentement transformer le pays, en exploitant le mécontentement local à propos de l'économie et de la lenteur et souvent de la corruption du système légal.

"Le danger pour l'armée, et pour le Pakistan en général, n'est pas la 'résistantisation' mais l'islamisation des résistants installés au Punjab et de leurs alliés", poursuit le rapport.

Les partis politiques islamistes, qui prospèrent sur la rhétorique anti-américaine, ne vont pas acquérir une position dominante mais ils vont peser sur le gouvernement pour qu'il renonce à la coopération avec Washington et rendre sa tâche plus difficile dans la lutte contre les résistants.

"Les partis religieux se montrent en général opposés à toutes les actions policières et militaires contre tout groupe qui est théoriquement religieux", explique encore le rapport.

Un tel changement pourrait avoir des conséquences dans les relations avec l'Inde qui souhaite que le Pakistan démantèle des groupes comme Lashkar-e-Taiba, accusé d'être responsable des attentats de Bombay en 2008.

Paris juge également qu'il existe un risque de voir les organisations derésistants se scinder en plusieurs formations plus petites et plus radicales, comme cela a pu être constaté parmi les Palestiniens.

Cela rendrait ces organisations plus difficiles à contrôler et multiplierait les risques d'attaques qui ne seraient pas commanditées par leurs dirigeants.

Dans le même temps, les organisations islamistes interviennent de plus en plus fréquemment dans les secteurs de la santé et de l'éducation, compliquant l'action de l'Etat qui serait tenté de les bannir.

Le rapport écarte toutefois l'hypothèse d'une victoire des résistant afghans qui pourrait inciter les résistant pakistanais à "marcher sur Islamabad".

Les résistant afghans, estime le rapport, pourraient ne jamais être ni vaincus, ni vainqueurs, une situation qui pourrait voir le jour si se produit une partition de facto de l'Afghanistan avec un gouvernement central symbolique à Kaboul.

Dans ce scénario, le Pakistan reviendrait alors à une stratégie de contingentement, acceptant la présence sur son territoire de résistant pakistanais dans les régions tribales et n'ayant recours à la force militaire qu'en cas de poursuite des attaques suicides dans les villes.

12/1

http://fr.news.yahoo.com/


7-4 Bill Van Auken : Les Etats-Unis intensifient les attaques par drones et les assassinats dans l’escalade de la guerre AfPak.

Des missiles tirés par des drones Predator américains ont frappé un village pakistanais durant le week-end, faisant au moins 13 morts. Cette attaque survient au moment où des articles décrivent l’intensification des opérations par les escadrons de la mort des forces spéciales américaines du côté afghan de la frontière.

Ces formes de guerre, qui équivalent en fait à des assassinats ciblés, sont à l’avant-plan des premières opérations de l’escalade ordonnée plus tôt ce mois-ci par le président Barack Obama, qui envoie au moins 30.000 soldats de plus en Afghanistan.

Ces méthodes sont les caractéristiques d’une sale guerre de type colonial qui a pour but de réprimer la résistance à une occupation qui vise à faire régner la domination de Washington dans la région stratégique riche en énergie de l’Asie centrale.

Rapportant les paroles de responsables pakistanais, le quotidien de Lahore The Nation a publié dimanche que le total des victimes d’une attaque de drone sur un village du Nord-Waziristan s’élevait à 13.

Deux missiles auraient frappé des installations du village Saidgi, situé à environ six kilomètres de la principale ville du Nord-Waziristan, Miranshah.

Les drones continuant à patrouiller la région, un bombardier américain B-52 a aussi survolé le village selon les médias pakistanais, terrorisant la population locale.

La frappe de missile était la troisième de ce type sur le Nord-Waziristan depuis le 17 décembre.

Cette zone fait partie de la région tribale du nord-ouest du Pakistan qui est utilisée par des éléments de la résistance afghane, soutenus par les tribus pachtounes au Pakistan, pour lancer des attaques contre les forces d’occupation en Afghanistan.

Les opérations de drones ont été dirigées par la Central Intelligence Agency (CIA) américaine, utilisant un aérodrome secret dans la province pakistanaise du Baloutchistan pendant que des agents de la CIA contrôlent les tirs de missiles, assis devant des écrans vidéo à Langley en Virginie.

Le Pentagone mènerait ses propres attaques par drones.

L’administration Obama a considérablement intensifié ce type d’attaques, en en lançant deux fois plus durant la dernière année que ne l’avait fait l’administration Bush lors de la dernière année de son mandat. Le caractère secret du programme de la CIA sert en partie à masquer l’horreur des morts civiles causée par les tirs de missiles Hellfire sur les villages pakistanais.

Comme c’est essentiellement le cas pour toutes ces attaques, les médias américains ont répété les paroles des responsables des services du renseignement en soutenant que les victimes de la dernière frappe de missile étaient toutes des « militants », sans aucune confirmation de l’identité de ces victimes.

Le quotidien The News de Lahore, citant des données fournies par les responsables pakistanais, a rapporté en avril que 687 civils avaient été tués par une soixantaine de frappes de drones menées depuis janvier 2008.

Avec la même proportion, 30 attaques de drones supplémentaires ayant été lancées depuis, le nombre de civils pakistanais tués pourrait facilement avoir dépassé le millier.

Pendant les deux dernières années, le gouvernement pakistanais — autant celui du dictateur militaire Pervez Moucharraf que son successeur, le président Asif Ali Zardari du parti du peuple du Pakistan — a conçu un modus operandi avec Washington qui consiste pour le Pakistan à protester publiquement les attaques de drones et à demander qu’elles arrêtent, tout en leur donnant le feu vert dans les coulisses.

Les responsables américains ont présenté les frappes de missiles comme une tentative de tuer des chefs d’Al-Qaïda. Les dernières séries d’attaques, cependant, ont été lancées spécifiquement contre des éléments de la résistance afghane que l’armée américaine et les agences de renseignements nomment le réseau Haqqani, dénommé pour son chef Jalaluddin Haqqani, qui opérait à partir du même sanctuaire situé dans le Nord-Waziristan dans les années 1980.

Il était alors un des principaux récipiendaires des armes et de l’aide américaines dans le cadre de la guerre, appuyée par la CIA, contre le régime pro-soviétique à Kaboul.

Depuis l’annonce de l’escalade afghane, Washington a mis de la pression sur le gouvernement pakistanais pour qu’il envoie ses troupes contre le groupe Haqqani et d’autres forces alignées sur les résistants afghans qui opèrent à partir du Nord-Waziristan, tout juste l’autre côté de la frontière afghane. Cependant, Islamabad a refusé en citant sa présente campagne militaire au Sud-Waziristan, qui fait partie des régions tribales fédéralement administrées.

La campagne au Sud-Waziristan est dirigée contre des insurgés islamistes pakistanais tenus responsables pour une série d’attaques au nord-ouest du pays.

Comme le Washington Post l’a fait remarqué, le gouvernement pakistanais a conclu une trêve avec le seigneur de guerre local au Nord-Waziristan, Hafiz Gul Bahadur, pour obtenir en retour que ses forces demeurent hors des combats au sud.

« Les frappes de missiles sur son territoire pourraient mettre en danger cet accord », selon le Post, qui a ajouté : « Cependant, les Etats-Unis ont indiqué dans le passé qu’ils n’hésiteront pas à lancer des missiles à partir de drones s’ils trouvent une cible importante. »

Dans les récentes semaines, des responsables et des commandants militaires américains ont augmenté la pression  sur le gouvernement pakistanais, le mettant en garde que s’il n’agit pas au Nord-Waziristan, l’armée américaine et la CIA interviendront unilatéralement.

Le New York Times a rapporté lundi que l’armée américaine utilise de plus en plus ses unités secrètes d’opérations spéciales comme une composante clé de l’« escalade » d’Obama en Afghanistan. Ces forces — incluant l’Army Delta Force et la Navy Seals — sont employées à trouver et tuer des Afghans qui sont identifiés comme étant des chefs ou des partisans de la lutte contre l’occupation menée par les Etats-Unis dans ce pays.

Les assauts par les forces d’opérations spéciales ont été arrêtés en février dernier sur les ordres du chef du commandement des opérations spéciales, le vice-amiral William McRaven. Les assauts infligeaient tellement de morts et de blessés civils qu’elles généraient de la sympathie populaire pour les insurgés qui surpassait l’importance militaire de tuer de supposés chefs de la résistance. La suspension de ces opérations n’a duré que deux semaines.

Maintenant, le général Stanley McChrystal, le plus haut dirigeant de l’armée américaine en Afghanistan, a ordonné que ces attaques par les troupes d’opérations spéciales soient grandement augmentées. Avant d’assumer le commandement en Afghanistan, McChrystal a été le prédécesseur de McRaven à la tête du commandement des opérations spéciales où les unités sous son commandement étaient impliquées dans la torture de civils détenus en Irak.

L’utilisation de ces unités secrètes contre ceux qui sont suspectés être les dirigeants de la résistance afghane se traduira inévitablement en une augmentation importante de l’assassinat de civils, hommes, femmes ou enfants.

Le New York Times a aussi rapporté que des opérations similaires par des escadrons de la mort étaient organisées sous la direction de la CIA de l’autre côté de la frontière au Pakistan.

Cirant un haut responsable anonyme de l’agence militaire du renseignement au Pakistan, l’Inter-Services Intelligence (ISI), le New York Times a rapporté qu’il y avait eu « plus de soixante opérations conjointes de l’ISI et de la CIA dans les régions tribales administrées fédérales et au Baluchistan l’an passé ».

Selon le quotidien, « ces missions comprenaient des opérations de recherche et d’enlèvement de militants importants ainsi que l’assassinat de dirigeants ».

L’intensification (surge) ordonnée par Obama signifie une escalade importante de la violence des deux côtés de la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan ainsi que l’intensification de la crise sociale et politique qui règne sur toute la région en conséquence de la guerre américaine.

Tant l’Afghanistan que le Pakistan font partie de la liste des dix pays confrontant les pires crises humanitaires que dresse le groupe d’aide médicale basé en France, Médecins sans frontières.

« [L]es civils afghans ont été confrontés à une recrudescence de la violence d’un bout à l’autre du pays » l’an dernier, a rapporté le groupe. Les combats ont amené le système de santé du pays au bord de l’effondrement, et « les Afghans qui ont besoin de soins de santé se voient contraints de faire un choix impossible : prendre le risque de parcourir des centaines de kilomètres dans une zone de guerre afin d'obtenir des soins médicaux, ou laisser leur état de santé se dégrader jusqu'à ce que leur vie soit menacée, pour ensuite seulement se rendre dans un établissement de santé dont les services ont été de beaucoup amoindris. »

Les forces de l’occupation sous direction américaine, dit le rapport, « se sont approprié les services d'assistance dans le cadre d'initiatives destinées à gagner « la confiance et le cœur » des Afghans » et « ont occupé les hôpitaux et arrêté des patients dans leur lit ».

« Le Pakistan a été le théâtre de violents combats tout au long de l’année 2009 » peut-on lire dans le rapport, la situation déjà désespérée devenant encore pire. « Partout dans le pays, les soins de santé font généralement défaut, et le Pakistan affiche des taux de mortalité infantile et maternelle parmi les plus élevés de la région. »

Les campagnes de l’armée pakistanaise, réalisées à l’insistance de Washington, ont résulté en plus de deux millions de réfugiés dans la vallée de Swat et en 300.000 personnes au Nord-Waziristan, selon Médecins sans frontières. L’offensive militaire a forcé l’organisation a stoppé son assistance médicale dans la vallée de Swat, où elle soutenait l’hôpital local et fournissait les services d’ambulance.

Les hôpitaux et les cliniques médicales des camps des déplacés dans les districts voisins sont « dépassés », rapporte l’organisme, par le nombre des patients souffrant de « graves blessures de guerre, et parmi eux, des enfants présentant des blessures provoquées par des armes à feu ou des engins explosifs ».

L’an dernier a aussi connu une hausse importante du nombre des soldats américains tués et blessés. Les pertes en Afghanistan pour les forces d’occupation américaines ont atteint 310 soldats depuis le début de 2009, soit le double de l’année précédente. Environ 2500 soldats américains ont été blessés dans la même période, plusieurs ayant dû subir des amputations ou ayant subi des brûlures graves ou des blessures à la tête après que leur véhicule ait explosé sur une route.

Comme les commandants militaires américains l’ont déjà concédé, l’arrivée en Afghanistan de 30.000 soldats américains et de dizaines de milliers de sous-contractants militaires privés supplémentaires signifiera une augmentation importante du nombre des assassinats et des morts à cause de la guerre américaine déjà vieille de huit ans.

Bill Van Auken :
31 décembre

(Article original anglais paru le 28 décembre 2009)

http://www.wsws.org/francais/News/2009/dec2009/afgh-d31.shtml



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