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21/01/2010

n°123 -dossiers du liban - 18-01 - : (Suite)- « Notre obsession est de mettre fin à l’occupation israélienne ».

n°123  -dossiers du liban - 18-01 - : (Suite)- « Notre obsession est de mettre fin à l’occupation israélienne ».



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers du liban n°123 du 18-01-10

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Nasrallah : Les propos sur les armes du Hezbollah sont l’œuvre de mercenaires.

3-2 Mazin Qumsiyeh : L'odeur de la misère et un sentiment d'espoir.

3-3 Tous les libanais comme citoyens égaux devant la loi.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 La crise capitaliste internationale et ses répercussions : De Washington à Dubaï

4-2 Khalil Fleyhane : L’arsenal du Hezbollah, une aubaine pour Israël.

4-3 Certaines parties libanaises et arabes tablent toujours sur une guerre israélienne, estime le Hezbollah.

4-4  Le grand gaspillage de la sécurité américaine.

1 Les ressortissants libanais mis à l'index des aéroports américains.

2 Les Etats-Unis gaspillent des milliards dans des projets de sécurité qui ne servent à rien.

 



3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

3-1 Nasrallah : Les propos sur les armes du Hezbollah sont l’œuvre de mercenaires.
Au troisième soir de la Achoura, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a longuement évoqué, dans un discours, le thème de la « guerre psychologique » menée par Israël contre le Liban et contre le Hezbollah, en particulier, passant en revue les différentes manifestations de ce type de guerre.
Après avoir rappelé que les guerres psychologiques « sont aussi anciennes que les conflits qui ont marqué l'histoire de l'humanité », le numéro un du parti chiite a indiqué que l'État hébreu met à profit « tout ce qui a rapport aux médias et aux moyens de communication » pour parvenir à ses fins.
Parmi les tactiques utilisées dans le cadre de la guerre psychologique, la menace de guerre qu'Israël brandit en permanence, a-t-il dit, rappelant au passage les propos avancés par l'État hébreu qui avait affirmé qu'« au lendemain de la formation du gouvernement dont le Hezbollah fait partie, le Liban est désormais dans le point de mire des menaces » israéliennes. Or, a ajouté le dignitaire chiite, « le Hezbollah faisait partie du gouvernement précédent et de tels propos n'avaient pas pour autant été tenus ».
Également parmi les moyens auxquels Israël a recours dans le cadre de la guerre psychologique, « l'exagération des capacités militaires de l'ennemi », « l'annonce des manœuvres militaires de manière à faire croire que la tierce partie s'apprête à la guerre », ainsi que le massacre des populations civiles, les destructions massives et l'exploitation politique des positions exprimées par les alliés, a ajouté Hassan Nasrallah.
Quant aux objectifs recherchés, ils sont nombreux, a-t-il dit. L'un de ces objectifs est « de nous faire croire que nous sommes faibles ». Or, a-t-il ajouté, la formule selon laquelle « le Liban est fort dans sa faiblesse n'est plus valable aujourd'hui ».

Selon lui, il s'agit pour l'État hébreu de « saper les constructions mentales » et « d'introduire le doute » à plusieurs niveaux, de manière à présenter les éléments de puissance sous le signe de la « culture de la mort », la culture de la vie étant, selon cette logique, « les plaisirs au quotidien », a-t-il précisé.
Quant aux propos avancés sur les armes du Hezbollah, ils sont « l'œuvre de mercenaires qui sont payés à cette fin », a-t-il dit. Affirmant que le Hezbollah est un parti « des plus harmonieux, des plus unis et des plus solidaires », il a indiqué qu' « au cours des 27 dernières années, Israël a échoué à infiltrer les rangs de la Résistance, ne serait-ce qu'une seule fois ». Et de conclure que la guerre psychologique est indiscutablement la plus importante de toutes, « celle qui est décisive dans la bataille, et la plus dangereuse qui puisse être menée contre nos
générations ».

21/12

http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/641485/Nasrallah+%3A_Les_propos_sur_les_armes_du_Hezbollah_sont_l%27oeuvre_de_mercenaires.html 


3-2 Mazin Qumsiyeh : L'odeur de la misère et un sentiment d'espoir.
"Je n’étais pas allé à Beyrouth depuis mes cinq ans (mais je me souviens bien de ce voyage) et j’étais un peu nerveux parce que tellement de choses se sont passées depuis. Le Liban et la Palestine, avec la Jordanie et la Syrie, ont toujours eu des liens ; c’est seulement après que les Britanniques et les Français aient décidé de nous diviser et de donner une partie de notre terre aux Juifs européens pour remplacer les indigènes que nous avons été séparés et déconnectés les uns des autres (et quelquefois que nous nous sommes querellés)".
[...]
Alors que nous nous rapprochions du camp, l’odeur est devenue vraiment plus forte. Difficile de la décrire, un mélange d’égout et de pourriture, une odeur âcre qui est peut-être le contraire de l’air frais, une odeur de renfermé et de dureté suffocante qui m’a fait me demander si je n’avais pas une hallucination.
Puis nous avons fait un tour dans le camp, et rien ne m’avait préparé à ça. Je suis allé dans plus de 30 camps de réfugiés en Jordanie et en Cisjordanie, et je ne m’attendais pas à ce que les camps de réfugiés du Liban soient pires. J’ai beaucoup lu, j’ai aussi vu des photos et des vidéos, mais pourtant j’ai été choqué par ce que j’ai vu, par ce que j’ai senti, par ce que j’ai entendu et par ce que j’ai ressenti et les mots que j’écris ne peuvent en rendre compte."
[...]
L’odeur de la misère et un sentiment d’espoir
Par
Mazin Qumsiyeh
Parti Communiste libanais
Section des relations internationales

http://www.ism-france.org/news/article.php?id=12976&type=temoignage&lesujet=Réfugiés,

http://www.ism-france.org/news/article.php?id=12978&type=communique&lesujet=Crimes%20de%20Guerre

http://www.ism-france.org/news/article.php?id=12967&type=analyse&lesujet=Crimes%20de%20Guerre


3-3 Tous les libanais comme citoyens égaux devant la loi.

J'ai suivi avec consternation les graves problèmes qui touchent Dar el Fatwa et son chef:

Le Mufti de la République est accusé de corruption, ni plus, ni moins. Le mufti est la plus grande autorité en matière de juridiction de la communauté sunnite. Cela ne peut rester sans suites. Un chef corrompu peut déstabiliser tous les croyants du moins ceux qui ne vont pas au-delà des textes pour essayer de comprendre le message de Mahomet et du Coran par eux-mêmes.

En pratique, cela concerne  la grande majorité des sunnites du Liban.

Vue la gravité de l'accusation, je ne comprends pas  le silence des autorités religieuses et juridiques. Je ne comprends pas comment celui qui doit donner l'exemple, puisse se dérober au lieu de répondre aux accusations.

Si ces accusations sont fausses que le Mufti de la République le clame haut et fort. On ne peut laisser planer un doute sur celui qui a autorité de faire la loi en matière de comportement éthique à l'intérieur de la communauté.

Mais si les accusations sont justifiées, c'est alors une bonne raison et une occasion de tourner la page du confessionnalisme au Liban et de mettre en place une loi unique qui va gérer les affaires des libanais, tous les libanais comme citoyens égaux devant la loi.

Finalement, ce serait l'occasion de montrer qu'un "homme de religion" n'est pas exempt de pécher, les hommes sont des faibles et, hommes de religion ou pas, ils sont sujets à la tentation, comme tous les humains.

Une parenthèse quand même pour dire que si l'on doit choisir un mufti pour sa compétence juridique, il faudrait exiger aussi et surtout des qualités morales ainsi qu'une force de caractère...  Et non pas en fonction des services qu'il peut rendre aux "grands".

Ghada El Yafi



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 La crise capitaliste internationale et ses répercussions : De Washington à Dubaï

Extrait

II. La crise capitaliste internationale et ses répercussions : De Washington à Dubaï
Sur le plan de la crise économique et financière vécue par le capitalisme, une nouvelle étape, plus dangereuse que la précédente, vient de commencer.
En effet, les banques étasuniennes, qui avaient reçu des aides énormes afin d’asseoir leur situation, sont de nouveau au bord de la faillite (on parle d’une centaine de banques en crise grave). Ces faillites auront des répercussions mortelles sur les petits et moyens épargnants, non seulement aux Etats-Unis, mais sur l’ensemble de la Planète.
Dans le monde arabe, où la domination de Washington est presque complète, tant sur le plan militaire que sur ceux de l’économie et des finances, les répercussions de la nouvelle vague sont les plus marquantes, parce que Washington ne s’était pas contenté des quelques 1200 milliards de dollars pris dans les caisses des pays arabes pétroliers ; il voudrait aussi étancher la seconde étape de la crise avec le même argent (on parle de quelques 1000 autres milliards) et, en même temps, contrôler tout le marché du pétrole en Irak, dont une partie vient de lui échapper ; voilà pourquoi l’Irak vit, de nouveau, à l’heure des explosions, après que son gouvernement ait accordé des concessions pétrolières à la Russie et à la Chine.
A cela, il ne faut pas oublier d’ajouter les informations qui disent que derrière la crise des dettes vécue par Dubaï on voit se profiler l’ombre de Washington. Parce que l’administration des Etats-Unis voudrait stopper, dit-on, « l’infiltration » iranienne dans le monde capitaliste, qui se fait par la voie de Dubaï...
De plus, la poursuite et l’extension de la guerre civile, entre Sunnites et Chiites, au Yémen et l’ingérence de l’Arabie saoudite dans le conflit présagent des changements dans toute la région du Golfe, surtout que les Etats-Unis vont mettre tout en œuvre afin de régler la situation du pétrole.
Parti Communiste Libanais
Comité des Relations internationales
15/12/2009

http://libanresistance.blogspot.com:80/2009/12/forces-vives-de-notre-resistance.html


4-2 Khalil Fleyhane : L’arsenal du Hezbollah, une aubaine pour Israël.

nb : Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le contenu de l’article mais doit être vu comme information.

Dans les coulisses de la diplomatie

La promesse formulée par le président français, Nicolas Sarkozy, à son homologue libanais, Michel Sleiman, durant leur réunion de travail samedi dernier à l'Élysée, d'entreprendre des contacts avec Israël pour l'empêcher de lancer une nouvelle opération militaire contre le Liban est, en soi, une bonne chose.
Ce qui est à redouter cependant est la réponse israélienne qui risque d'être négative, Tel-Aviv pouvant arguer de l'accroissement de l'arsenal du Hezbollah, pour continuer à justifier ses menaces contre le Liban.

Le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, n'arrête pas de souligner que le Hezbollah a plus de quarante mille missiles, sur base de données fournies par un observatoire dépendant des services israéliens de renseignements dont la mission est de recueillir des informations sur les armes livrées au Hezbollah.

Du moins, telle est la teneur des informations en provenance d'Europe et fournies à un haut responsable gouvernemental.
Selon les mêmes informations, l'État hébreu souhaiterait des garanties selon lesquelles le Hezbollah n'utilisera pas ses roquettes contre lui, surtout si Israël attaque les installations nucléaires iraniennes. De sources ministérielles, on estime que telle sera la réponse des responsables israéliens au président français au cas où il leur demanderait de ne pas attaquer le Liban.

On pense aussi que la démarche de M. Sarkozy ne peut être couronnée de succès que si le président français établit parallèlement des contacts avec l'Iran pour s'assurer que le front du Liban-Sud ne s'embrasera pas de nouveau. Une telle éventualité est bien sûr à exclure étant donné la fermeté de la position française à l'égard du dossier nucléaire iranien.
Tout cela ne veut sûrement pas dire qu'une nouvelle guerre israélienne contre le Liban est imminente. Elle est cependant à craindre si l'État hébreu décide de frapper les installations nucléaires iraniennes, sans tenir compte de la riposte de Téhéran qui risque d'embraser la région au risque de menacer la sécurité internationale. Mais une aventure israélienne de ce genre est à exclure dans un proche avenir, voire à moyen terme, dans la mesure où le Conseil de sécurité s'apprête à examiner à la mi-
janvier une série de sanctions contre l'Iran proposées par Washington, après concertations avec les États amis et alliés.
Selon les mêmes sources ministérielles, au plan local, les forces actives et les partis libanais ont un important rôle à jouer pour tenir le Liban à l'abri d'une nouvelle frappe israélienne. Ils doivent barrer la voie à tout élément qu'Israël pourrait prendre pour prétexte afin d'attaquer le Liban, sachant qu'une nouvelle opération militaire israélienne contre le pays serait plus étendue que celle de 2006, dans la mesure où l'État hébreu a menacé d'attaquer des bâtiments officiels, des casernes ainsi que des installations vitales.

Khalil Fleyhane |

04/01/2010

http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/642566/L%27arsenal_du_Hezbollah%2C_une_aubaine_pour_Israel.html

 


4-3 Certaines parties libanaises et arabes tablent toujours sur une guerre israélienne, estime le Hezbollah.
Dans un entretien au quotidien koweïtien al-Raï, le député membre du  Bloc de la résistance Hassan Fadlallah a estimé qu'une machine de propagande israélienne mène une guerre psychologique contre le Liban et le Hezbollah, et cette machine profite des voix qui se font entendre pour maintenir la résistance sur la sellette.

Il a ajouté que certaines parties au Liban et dans le monde arabe continuent à miser sur des changements régionaux qui seraient provoqués par une nouvelle guerre israélienne.
Au sujet de l'explosion de Haret Hreik, Fadlallah a affirmé que le Hezbollah n'est pas la partie qui doit se justifier. Selon lui, la justice libanaise a fourni les précisions nécessaires, fermant la route à toute tentative d'exploitation de la part de ceux qui ont voulu prétendre que l'État n'a pas pu assumer ses responsabilités et qui semblent avoir été hors du coup pendant cette période.
Fadlallah a ajouté que cette explosion nécessite un suivi de la part de l'État, précisant que le Hezbollah n'est pas intervenu dans l'enquête et attend les conclusions des autorités.

Fadlallah a indiqué que le Hezbollah n'est pas concerné par cette affaire qui relève de la responsabilité de l'État et qui implique le Hamas, insistant sur le fait que le parti de Dieu n'a empêché personne d'accomplir son devoir.
Interrogé sur les préparatifs de la visite de Walid Joumblatt en Syrie, Fadlallah a affirmé que le Hezbollah y est favorable et encourage ce genre d'initiative, assurant que des mesures sont prises pour que cette visite soit un succès, ajoutant que toute chose arrive en son temps.
Commentant la rencontre de Jahiliyé au domicile de Wi'am Wahhab, Fadlallah a précisé qu'elle représente « le nouveau paysage politique libanais ».
Au sujet d'un dialogue entre le Hezbollah, Bkerké et les chrétiens du 14 Mars, Fadlallah a estimé qu'il faut d'abord détruire les barricades politiques et médiatiques pour qu'un dialogue soit fructueux, ajoutant que, pour l'instant, il y a la table de dialogue.
Le député a encore estimé que les propos de sayyed Nasrallah sur les chrétiens émanaient de son souci de préserver tous les Libanais et spécialement la présence chrétienne au Liban ; ajoutant que ceux qui s'y sont opposés critiquent de toute façon la moindre initiative du Hezbollah.
Tout en affirmant que le Hezbollah ne souhaite provoquer aucune guerre, il a précisé qu'il se tient prêt à toute éventualité, ajoutant que la décision de lancer une nouvelle guerre n'est pas seulement prise par Israël, mais doit aussi obtenir le feu vert américain.
Évoquant les nominations administratives, Fadlallah a déclaré qu'en attendant l'abolition du confessionnalisme politique, il vaudrait mieux s'en tenir à la démocratie consensuelle, et comme le Hezbollah fait partie du gouvernement, il aura son avis sur la question et il est en accord total avec le président Nabih Berry sur ce sujet.

6/1

http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/642808/Certaines_parties_libanaises_et_arabes_tablent_toujours_sur_une_guerre_israelienne%2C_estime_le_Hezbollah.html


4-4  Le grand gaspillage de la sécurité américaine.

1 Les ressortissants libanais mis à l'index des aéroports américains.

L’Administration américaine de la sécurité des Transports AST a imposé à partir de ce lundi des procédures renforcées pour les voyageurs en provenance de pays considérés comme favorisant le terrorisme ou comme « pays d’intérêt ».

Le Liban figure parmi des pays comme l’Iran, la Syrie, l’Arabie Saoudite, Cuba, Nigéria, Somalie, Yémen, Pakistan, Afghanistan, Algérie, Lybie, Irak.

Les personnes en provenance de ces pays précités doivent passer par des contrôles supplémentaires, tel que des fouilles des bagages à main, un scanning du corps, des palpations poussées, et une inspection pour détecter une présence éventuelle d’explosifs.

Ces nouvelles mesures de sécurité interviennent dix jours après l’attentat manqué sur le vol Amsterdam-Detroit de la Northwest Airlines.

Le Département d’Etat a précisé dans ce communiqué que tout individu, peu importe sa nationalité, atterrissant sur le sol américain en provenance d’un des pays sur la liste noire, devrait passer par les contrôles poussés.

Libnanews

4/1

http://www.libnanews.com/index.php?option=com_content&view=article&id=796:les-ressortissants-libanais-mis-a-lindex-des-aeroports-americains-&catid=44:libune

2 Les Etats-Unis gaspillent des milliards dans des projets de sécurité qui ne servent à rien.

Vendredi 8 Janvier

Ceux qui prennent souvent l'avion connaissent la chanson. Il faut se déchausser à cause de Richard Reid, qui avait caché des explosifs dans ses souliers. Pas de gel pour les cheveux dans le bagage à main, à cause des terroristes qui avaient échafaudé un attentat avec de l'eau oxygénée à Heathrow. Une fois à bord, grâce à l'homme qui a caché des explosifs dans son slip le jour de Noël, vous devrez à partir de maintenant enlever votre couverture avant l'atterrissage. Vous dormiez? Tant pis pour vous!

Quand quelqu'un aura trouvé le moyen de cacher une poudre explosive à l'intérieur d'un étui à brosse à dent, préparez-vous à ce qu'on vous demande de vous en séparer. Et pendant que vous y êtes, jetez une pincée de sel par-dessus votre épaule gauche en montant dans l'avion. Mais surtout, n'allez pas imaginer que le cirque de la sécurité aux aéroports vous mettra à l'abri du danger, car personne ne sait laquelle de ces mesures est nécessaire, ni même si aucune d'entre elles ne l'est.

Encore pire, aucune motivation financière ou politique ne pousse quiconque à chercher à le savoir. Depuis leur création, aussi précipitée que lourdement politisée, il se trouve que ni les priorités, ni l'organisation des dépenses du Département de la sécurité intérieure (Homeland Security ou DHS) et de son plus petit partenaire, l'administration pour la sécurité des transports (Transportation security administration ou TSA), n'ont fait l'objet d'un examen sérieux. Aucun n'a jamais été obligé de faire de choix douloureux. Au contraire, tous deux ont été encouragés par leurs bailleurs de fonds du Congrès à investir dans des équipements toujours plus élaborés, en réaction à chaque nouvelle menace réelle ou supposée. Par conséquent, les scanners corporels, encore inacceptables l'été dernier, vont être mis en service dès que possible. En quelques années à peine-sous une administration républicaine et des Congrès en majorité républicains-ces institutions se sont transformées en vastes administrations incontrôlées, dont certaines activités n'ont que des relations très lointaines avec la sécurité publique.

Il est devenu si banal de ressasser la liste des projets publics ridicules que les lecteurs qui ne peuvent supporter l'idée d'en lire une fois de plus la litanie sont autorisés à se rendre directement au paragraphe suivant. Car oui, c'est vrai: après avoir démarré avec 13 salariés en janvier 2002, la TSA en emploie aujourd'hui 60.000, et en procédant à sa généreuse expansion, elle a découvert qu'elle avait les moyens de s'offrir tout un tas d'extras. Comme je l'ai écrit en 2005, quelque 350.000 dollars de son budget de 6 milliards ont été consacrés à l'édification d'une salle de sport; 500.000 dollars à des œuvres d'art et des plantes artificielles, et on ne sait combien de millions de dollars sont dépensés chaque année pour recruter des employés inutiles, étant donné que déterminer à quel moment il devra y avoir de longues files d'attente à la sécurité d'un aéroport n'a jamais été le fort du gouvernement fédéral. Quant au département de la sécurité intérieure, son budget 2010 se monte à 55 milliards de dollars, dont une partie (selon le rapport de 2006 de l'économiste Veronique de Rugy) sera invariablement affectée à des postes tels l'unité de décontamination à 63.000 dollars de la zone rurale de Washington, où personne n'a été formé pour l'utiliser; à plus de combinaisons de protection biochimique pour Grand Forks County, dans le Dakota du Nord, que la ville n'a de policiers pour les porter; et à des équipements de secours et de communication d'une valeur de 557.400 dollars, apparemment indispensables aux quelque 1.500 habitants de la ville de North Pole, en Alaska. Sans parler de ce qui est dépensé pour répondre aux «besoins» des élus d'autres importants membres du Congrès.

Les employés du DHS et de la TSA ne sont pourtant pas responsables de ce genre de décisions. Dès le départ, des experts en sécurité et jusqu'à leurs propres inspecteurs ont signalé l'absurdité des dépenses de ces administrations, dont beaucoup sont motivées par la dernière histoire alarmiste en date. (J'aurais donné beaucoup pour assister à la fête de célébration du Nouvel An que n'auront pas manqué d'organiser les entreprises de fabrication de scanners corporels). Et depuis le début, le Congrès résiste aux critiques, continue d'allouer de l'argent à des projets locaux superflus, réagit aux histoires sensationnalistes des médias, ouvre son porte-monnaie selon le bon vouloir de ses membres, et ose se déclarer choqué-choqué !-de découvrir que notre dispositif de sécurité nationale, qui nous coûte plusieurs milliards de dollars, a été incapable d'empêcher qu'un Nigérian clairement dérangé ne monte à bord d'un avion à destination de Détroit.

Imaginons plutôt que le généreux budget de la TSA soit consacré à la création d'un réseau informatique à la pointe de la modernité, qui aurait permis aux responsables de la sécurité d'Amsterdam d'être informés instantanément de l'avertissement envoyé par le père du terroriste aux sous-vêtements piégés. Imaginons qu'au lieu de nous faire passer intégralement aux rayons X ou de nous priver de couverture sur les longs courriers, on mette en place des agents consulaires très bien rémunérés et formés dans des pays comme le Nigeria. Même ainsi, la sécurité ne serait pas parfaite (je ne suis pas convaincue d'ailleurs que le terrorisme aérien soit le pire des dangers qui nous menacent). Mais il serait logique d'avoir un système plus réduit, moins onéreux, et moins gaspilleur. Il serait logique qu'il soit basé sur des priorités et des risques réels plutôt que sur des histoires relayées par les vingt heures. Il serait logique de livrer la prochaine bataille, pour une fois, plutôt que celle qui est déjà derrière nous. Hélas, la logique n'entre pas en ligne de compte dans les critères de dépense de l'argent public dans ce pays-et cela fait un moment que ça dure.

Anne Applebaum est chroniqueuse pour le Washington Post et Slate. http://www.slate.fr/story/15387/gaspillage-securite-americaine-terrorisme-lutte-homeland


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