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25/01/2010

n° 56 - Journal des Guerres de l'Otan - 04-01 au 24-01-: Fin - : L'OTAN à la conquête de l'Arctique.


n° 56 - Journal des Guerres de l'Otan - 04-01 au 24-01-: Fin - : L'OTAN à la conquête de l'Arctique.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal des Guerres de l'Otan.  n° 56 - 04-01au 24-01 

                                           C.De Broeder & M.Lemaire   



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire.

7  Dossiers

7-1 Murray Brewster : 2010: une année décisive pour les troupes de l'OTAN.

7-2 Le chef de l'OTAN s'emploie à rassurer les Russes.

7-3 Pierre Lambert : Le retour de la Russie en Afghanistan.

7-4 Roland Marounek : En attendant l'invasion de l'armée rouge.

7-5 Cold Response 2010 : L'OTAN repart en guerre dans l'arctique et les Anglais au Pôle-Nord !

7-6 Frédéric Delorca : L'OTAN à la conquête de l'Arctique.


 


7  Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

7-1 Murray Brewster : 2010: une année décisive pour les troupes de l'OTAN.

Le Canada est sur le point d'entamer ce qui doit être sa dernière année complète de combat à Kandahar, au moment même où les Etats-Unis déploient davantage de soldats dans la province ravagée par la guerre, en prévision de ce que les experts qualifient d'ultime confrontation avec les talibans.

Les affrontements en Afghanistan auront vraisemblablement comme toile de fond la controverse politique qui sévit présentement à Ottawa concernant la torture présumée de prisonniers afghans remis par l'armée canadienne aux autorités locales au début du conflit, ce que le gouvernement conservateur savait à ce sujet et ce qu'il a fait pour remédier à la situation.

Il ne fait pas de doute que 2010 sera une année décisive pour la guerre afghane qui dure depuis huit ans.

Le commandant en chef de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) et l'artisan de la nouvelle stratégie de combat a récemment déclaré qu'il faudra attendre la fin de 2010 pour que les alliés sachent s'ils gagnent ou s'ils perdent.

 Qu'il le veuille ou non, le gouvernement conservateur aura un choix à faire: se retirer en 2011 comme prévu et risquer de s'aliéner l'administration de Barack Obama, continuer le combat dans la foulée du nouvel effort de guerre, ou encore trouver un autre moyen de poursuivre son action en sol afghan.

Tous les membres du gouvernement, y compris le premier ministre Stephen Harper, ont beaucoup insisté sur le fait que le but était de demeurer actif, mais sans combattre. Une position que les critiques remettent en question étant donné l'instabilité qui règne à Kandahar.

Le général américain Stanley McChrystal, qui commande la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS), a audacieusement prédit que, d'ici juillet 2011, l'OTAN serait en mesure de se tourner vers les Afghans et de déclarer que les talibans ne gagneraient pas.

Cela coïncide avec le moment où Washington prévoit commencer à réduire le nombre de soldats américains en Afghanistan, un échéancier qui concorde avec celui établi il y a longtemps par Ottawa.

Mais le général McChrystal comme le président Obama ont tous les deux affirmé dans de récentes entrevues que l'ampleur du retrait et la vitesse à laquelle il s'effectuerait dépendront de la situation sur le terrain. Plusieurs spécialistes ont indiqué que les raisons qui avaient poussé le Canada à se rendre à Kandahar en 2005 et 2006 - notamment le désir de ne pas déplaire à son plus important partenaire économique - étaient toujours d'actualité.

Par ailleurs, tout indique que Kandahar, patrie des talibans et province pour laquelle les Canadiens se sont battus et sont morts durant les quatre dernières années, sera un champ de bataille important.

Le général McChrystal a qualifié la capitale de la province de Kandahar de «ville la plus importante sur le plan stratégique en Afghanistan», parce que sa prise est l'objectif ultime des talibans. Il a laissé entendre qu'une grande partie des 30 000 soldats américains envoyés en renfort seraient déployés dans cette région.

On compte présentement 6000 militaires canadiens, américains et afghans dans la province de Kandahar, et un groupe d'experts de Washington a estimé l'automne dernier qu'il en faudrait 15 800 de plus pour mater la rébellion talibane.

Pendant que les soldats canadiens en sol afghan commenceront une nouvelle année qui pourrait se révéler capitale, la gestion du dossier des détenus afghans possiblement torturés par les conservateurs retiendra probablement toute l'attention à Ottawa.

Les déclarations du diplomate Richard Colvin, qui a soutenu que le gouvernement fédéral connaissait les risques encourus par les prisonniers et qu'il avait ensuite tenté d'étouffer l'affaire, ont fait beaucoup de vagues au Parlement durant l'automne.

L'opposition a réclamé une enquête publique, demande étayée par de nombreuses fuites d'information qui ont passablement miné les tentatives des ministres fédéraux pour défendre le gouvernement.

Même le chef d'état-major de la Défense nationale, le général Walt Natynczyk, a entaché la crédibilité du gouvernement en révélant au début de décembre qu'un présumé taliban remis par l'armée canadienne à la police afghane avait été battu.

Si les conservateurs espèrent que le long congé des Fêtes aura permis aux esprits de se calmer, les partis de l'opposition souhaitent quant à eux que les audiences parlementaires à ce sujet reprennent avec la nouvelle année.

Murray Brewster
La Presse Canadienne

03 janvier 2010

http://www.cyberpresse.ca/dossiers/le-canada-en-afghanistan/201001/03/01-935741-2010-une-annee-decisive-pour-les-troupes-de-lotan.php


7-2 Le chef de l'OTAN s'emploie à rassurer les Russes.

Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a assuré hier que la Russie devait cesser de considérer l'Occident comme une menace et esquissé une coopération avec Moscou qui pourrait aboutir à la création d'ici à 2020 d'un bouclier antimissile commun.
«Laissez-moi faire une déclaration très claire en tant que secrétaire général de l'OTAN. L'OTAN n'attaquera jamais
la Russie. Jamais», a déclaré M. Rassmussen dans un discours devant les étudiants de l'Université des Relations internationales (MGIMO) à Moscou.
«Et nous ne pensons pas que
la Russie nous attaquera non plus. Nous avons cessé de nous faire du souci à ce sujet et la Russie devrait cesser de s'en inquiéter aussi», a-t-il ajouté au deuxième jour de sa visite dans la capitale russe.
Les relations entre
la Russie et l'OTAN a-vaient connu un sérieux coup de froid après la guerre russo-géorgienne de l'été 2008, mais M. Rassmussen a fait de la relance de la coopération avec Moscou une priorité depuis son arrivée à la tête de l'Alliance en août.
Lors d'entretiens mercredi avec les plus hauts dirigeants rus-ses, M. Rasmussen a salué un «nouveau départ» dans les relations entre Moscou et l'Alliance, un an après leur brouille sur
la Géorgie.
I
l est le premier secrétaire général de l'OTAN à se rendre à Moscou depuis 2007.
«Si nous pouvons établir une réelle confiance dans la relation entre
la Russie et ses partenaires du Conseil OTAN-Russie, la Russie n'aura plus à s'inquiéter d'une menace de l'Occident qui n'existe tout simplement pas, a-t-il martelé. La Russie peut utiliser ses ressources pour se défendre contre les menaces réelles auxquelles elle fait face, telles le terrorisme, l'extrémisme, la prolifération de missiles et d'armes de destruction massive.»
Il a estimé que Moscou avait «un énorme potentiel pour améliorer la sécurité de
la Russie, celle des alliés de l'OTAN et pour contribuer également à la sécurité dans le monde».
«Je pense aussi que d'ici à 2020, la coopération entre l'OTAN et
la Russie sur la défense antimissile aura avancé au point que nous serons en mesure de relier nos systèmes pour créer un véritable bouclier antimissile dans l'espace euro-atlantique», a-t-il encore dit.
À l'horizon 2020, soldats russes et de l'OTAN seront déployés côte à côte dans des missions de maintien de la paix de l'ONU, a également anticipé M. Rasmussen.
Son discours a suscité les applaudissements nourris de l'auditoire de l'une des plus prestigieuses universités de Moscou.
M. Rasmussen a aussi défendu avec vigueur l'expansion à l'est de l'OTAN, déplorant que «beaucoup en Russie considèrent qu'il s'agit d'une stratégie délibérée» visant à encercler leur pays.
Des États de l'ex-URSS comme
la Géorgie et l'Ukraine souhaitent rejoindre l'Alliance atlantique, une initiative qui irrite Moscou au même titre que le nouveau projet de bouclier antimissile américain en Europe centrale.
Parmi les sujets qui fâchent figurent aussi l'opposition de
la Russie aux livraisons d'armes à la Géorgie et la question non résolue de la révision du traité sur les Forces conventionnelles en Europe.
Interrogé par l'AFP en marge du discours de M. Rasmusssen, l'ambassadeur de Russie auprès de l'OTAN, Dmitri Rogozine, a estimé que la visite du secrétaire général de l'OTAN à Moscou était «utile en soi», mais que
la Russie n'en attendait «aucune percée».

18/12

http://www.ledevoir.com/international/europe/279571/le-chef-de-l-otan-s-emploie-a-rassurer-les-russes


7-3 Pierre Lambert : Le retour de la Russie en Afghanistan.

La nouvelle stratégie militaire américaine en Afghanistan est sur le point d’avoir une conséquence pour le moins inattendue…

Le retour de la Russie sur ce théâtre d’opérations. Quand on songe que les USA ont soutenu les Talibans pour contrer l’intervention soviétique dans l’ancienne Bactriane, cela laisse pour le moins rêveur quand aux retournements et clins d’œil de l’histoire.

La volonté d Obama d’augmenter les effectifs et surtout de les Otaniser pose déjà des problèmes. L’attitude servile du président français a peu d’impact sur le plan logistique qui reste de loin l’essentiel. Les USA savent ne plus pouvoir vraiment compter sur une base capitale. Il s’agit de la base de Manas au Kirghizstan.

Le Kirghizstan a insisté sur le fait que sa décision de fermer une base aérienne installée par les Etats-Unis sur son territoire, vitale pour l’approvisionnement des forces américaines et de l’Otan en Afghanistan, était « définitive ».

Le Tadjikistan est prêt lui au contraire a autoriser le transit de matériel vers la coalition internationale en Afghanistan après la décision du Kirghizstan. Comme pour montrer qu’elle menait le jeu, la Russie, qui souhaitait ardemment la fermeture de cette base, a affirmé qu’elle permettrait le transit de matériel envoyé par les Etats-Unis en Afghanistan.

Le véritable motif de la démarche de Bichkek est à chercher en effet du côté de Moscou.

En effet, conformément à l’accord signé le 3 février par les présidents des deux pays, la Russie octroie au Kirghizistan, dont la situation économique est catastrophique, une aide financière de 150 millions de dollars et un crédit de 300 millions de dollars.

La Russie construira également une centrale hydroélectrique au Kirghizistan, qui connaît des crises énergétiques à répétition. Enfin, la dette contractée par Bichkek auprès de Moscou – 180 millions de dollars – sera annulée en échange d’une participation russe dans quelques entreprises kirghizes et de l’ouverture d’un centre culturel russe à Bichkek. L’éviction des 1 200 soldats américains déployés sur la base de Manas est une victoire pour Moscou. Hantée par la restauration de sa puissance perdue, la Russie cherchait depuis longtemps à reprendre pied en Asie centrale. L’ambassadeur russe à l’OTAN Dmitri Rogozine a affirmé que Moscou reprendrait les réunions formelles du Conseil Otan-Russie. Cela arrivera, avait-il assuré, mais cela devra venir « à l’initiative de l’OTAN ». »

C’est un intérêt commun d’unir nos efforts contre les résistants Taliban en Afghanistan donc nous avons beaucoup de travail à l’avenir », avait ajouté Rogozine. »

L’Afghanistan est une des zones où l’OTAN et la Russie voient d’un même œil l’importance de la coopération et je pense que vous allez constater un approfondissement », a dit plus tard le porte-parole de l’Otan.

Selon le porte-parole, la Russie et l’OTAN considèrent toutes deux que la coopération en Afghanistan doit être élargie politiquement et si possible militairement, mais Ivanov a prévenu qu’aucun déploiement de troupes russes n’était envisagé.

En tout cas pour le moment en attendant peut être que les UUSA et l’OTAN ne s’enfoncent encore plus dans ce piège afghan qui permet à Moscou de revenir en force en Asie centrale.

Pierre Lambert

Article placé le 14 fév 2009,

Mecanopolis

http://www.mecanopolis.org/?p=3788


7-4 Roland Marounek : En attendant l'invasion de l'armée rouge.

En 2007, l'historien Suisse Daniele Ganser a publié une étude fouillée sur les réseaux "Stay-Behind" de l'Otan*, détaillant avec précision la situation particulière de chaque pays européen membre de l'Alliance, et les ramifications plus ou moins fortes et/ou établies selon les cas de ces structures occultes avec le terrorisme qui a secoué certains pays dans les années 70 et 80 – et selon les sources qui sont disponibles, les documents de l'Otan restant classifiés 20 ans après la fin théorique de la guerre froide.

Ce livre est remarquable, non seulement par l'éclairage apporté sur le passé, mais surtout pour ce qu'il révèle de la raison d'être réelle de l'Otan, ainsi que pour ce qu'il permet de suggérer sur la "guerre au terrorisme", nouvelle priorité affichée de l'Otan.
C'est en 1990 que l'existence des armées secrètes anti-communistes de l'Otan fut révélée au grand jour par le premier ministre Andreotti en personne, lequel précisait que des structures identiques existaient dans chaque pays européen de l'Alliance : comme l'explique D. Genser, la mise sur pied d'une « autorité de Sécurité nationale chargée d’encadrer la lutte contre le communisme par des groupes clandestins de citoyens » faisait partie dès sa création, des clauses secrètes de l'Otan (Directive OTAN/SACEUR sur la guerre non-conventionnelle).
La commission parlementaire d'enquête mettait en lumière l'implication de Gladio, la variante italienne, dans les attentats terroristes en Italie dans les années 70-80, culminant avec l'attentat de la gare de Bologne, le 2 août 1980 – 85 morts et 200 blessés.

La constitution d''une armée secrète se justifiait et se justifie toujours officiellement par la nécessité d'être prêt à la résistance et au sabotage le jour où surviendrait l'invasion de l'Europe par l'URSS, ce dont comme disait Spaak, le Monde Libre avait si peur. C'est ainsi que Antoine de Donnea pouvait déclarer sans complexe lorsque l'existence de l'armée secrète Stay-Behind en Belgique ne put plus être cachée : « Il était parfaitement justifié… de préparer des réseaux de résistance susceptibles d'être activés dans le cas d'une occupation de notre territoire par les Armées du Pacte de Varsovie. Nous sommes redevables à tous ceux qui ont œuvré dans ces réseaux ». Le dit Pacte de Varsovie a été créé 6 ans après l'Otan, soit dit en passant, et il y a de lourdes présomptions que ceux qui ont œuvré dans ces réseaux soient, toujours en passant, derrière les tueries du Brabant : voir à ce sujet, le chapitre consacré à la Belgique.
Mais dans la réalité, les choses étaient en fait juste inversées : les Etats-Unis n'avaient subi aucune destruction sur leur territoire et sortaient de la guerre particulièrement renforcés; l'URSS était un pays dévasté, bien plus qu'aucun autre de l'Europe à l'Ouest de l'Allemagne, un pays qui avait tout à reconstruire. Sa plus grande préoccupation était de se protéger d'une nouvelle tentative de destruction. Il était parfaitement légitime dans cette perspective, qu'elle ait tout fait pour s'assurer que sa frontière occidentale soit désormais constituée de pays amis, et non plus de pays prêts à s'associer à une nouvelle agression, comme cela avait été le cas par deux fois en moins de 30 ans. Les USA, en lançant 'pour l'exemple' deux bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, mais aussi par la destruction gratuite de Dresde, avaient démontré à l'URSS leur puissance et leur détermination. Lancer dans ces conditions une invasion eut été à l'évidence suicidaire.

Et il est impossible que les chefs militaires de l'Alliance n'en aient pas été tout à fait conscients. Ils avaient en fait une connaissance précise de l'état des forces, que l'URSS a toujours tenté de maintenir suffisant pour empêcher une agression, jusqu'à l'épuisement. Affirmer avoir peur d'une invasion soviétique ne pouvait être qu'une mise en scène destinée à l'opinion publique occidentale.
Pourquoi dans ce cas ces armées "stay-behind" ? La réponse est donnée à de multiples reprises par les responsables et exécutants mêmes de ces réseaux, cités dans le livre : l'armée secrète devait s'activer "également" en cas de prise du pouvoir par les communistes.

Au moment d’intégrer l’OTAN en 1949, l’Italie signa, outre le Pacte Atlantique, une série de protocoles secrets prévoyant la création d’une organisation non officielle « chargée de garantir l’alignement de la politique intérieure italienne sur celle du bloc de l’Ouest par tous les moyens nécessaires, même si la population devait manifester une inclination divergente »
Nous touchons ici me semble-t-il au point central : Le mouvement communiste avait avec la guerre et la lutte contre le fascisme, acquis un prestige et une légitimité sans précédent, et la possibilité était très concrète que certains pays choisissent la voie socialiste – ou sombrent dans le communisme selon l'option que l'on adopte. Ceci était autrement plus réaliste qu'une invasion par l'Armée Rouge. L'armée secrète de l'Otan, avec son réseau de saboteurs et de terroristes, devait alors être prête pour que cette éventualité soit la plus désastreuse possible. Des caches d'armes de guerres étaient aménagées un peu partout, des systèmes de communication de pointe gracieusement offerts par les USA... Tout était en place pour saboter effectivement le pays qui aurait tenté de suivre, démocratiquement, la voie socialiste.

La possibilité d'une arrivée au pouvoir des communistes par les urnes était particulièrement forte dans l'Italie d'après guerre, et c'est également dans ce pays que le réseau stay-behind Gladio a été le plus dramatiquement actif, et certainement efficace. L'Otan et son armée secrète ont délibérément utilisé la "stratégie de la tension" au moyen d'attentats terroristes frappant aveuglément la population, attentats dont étaient ensuite accusés les communistes.
Il est intéressant d'entendre aujourd'hui l'Otan affirmer devoir protéger le Monde Libre du terrorisme, et se trouver malheureusement contrainte de pouvoir s'étendre n'importe où dans le monde pour assurer cette protection légitime. Ce devoir de protection l'a amenée à s'associer activement à l'invasion destructrice de l'Irak et au soutien sans réserve au gouvernement fantoche mis en place par les USA, à l'occupation et au bombardement de l'Afghanistan, demain sans doute sera-t-elle obligée pour nous défendre, de détruire l'Iran…. « La tâche principale de l'OTAN est la défense du territoire des pays alliés, mais nous devons réaliser que dans le monde actuel, la défense de nos propres frontières commence bien souvent très loin », Anders Fogh Rasmussen. Des attentats singuliers, qui semblent insensés, ciblant la population et non les armées d'occupation, ensanglantent le Pakistan et l'Afghanistan, attentats dont la responsabilité est automatiquement attribuée aux si abominables Taliban, souvent malgré les dénégations de ceux-ci. Il est particulièrement difficile de distinguer ce qui se passe réellement. Cependant, au vu de l'histoire très récente de l'Otan, une prudence élémentaire est indispensable, et on ne peut éluder la question de qui est, en définitive, le véritable bénéficiaire de cette terreur.

Roland Marounek   

19 Janvier 2010

Daniele Ganser, "Les Armées Secrètes de l'Otan"

Éditions Demi-Lune, Paris, 2007

www.editionsdemilune.com

Source: Alerte Otan 

http://www.michelcollon.info:80/index.php?option=com_content&view=article&id=2493:en-attendant-linvsaion-de-larmee-rouge&catid=8:lautre-histoire&Itemid=13

 


7-5 Cold Response 2010 : L'OTAN repart en guerre dans l'arctique et les Anglais au Pôle-Nord !

De nouvelles manoeuvres de l'OTAN se dérouleront dans l'arctique Norvégien entre le 4 Janvier et le 14 mars 2010.
Parmis les exercices de Cold Response 2010 , il faut signaler la présence de 50 militaires Allemands et de 50-100 militaires Britanniques dans le district petrogazier et minier du Finnmark , frontalier de l'oblast de Mourmansk [ 1 ]
Depuis quelques années on note une  présence accrue des diverses composantes des forces armées Britanniques dans l'arctique  .
La composante sous-marine de
la Royal Navy participe régulièremment en coopération avec l'US Navy aux exercices ICEX depuis 1986 .[ 2 ]
En 2007 , deux marins Britanniques ont péris dans un incendie à bord de l'HMS Tireless à la suite d'un incendie survenu à bord du submersible [ 3 ]
Début février 2008 , un groupe naval Britannique composé des navires d'assaut HMS Albion et HMS  Bulwark , du PA HMS Ark Royal , de la frégate HMS Cornwall , du TCD HMS Mounts Bay a participé à des exercices amphibies dans le nord de
la Norvège avec la présence de Royal Marines .

C'était le premier exercice amphibie de cet ampleur dans la région arctique pour les forces armées Britanniques [ 4 ]
Cet exercice souligne  l'intêret pour
la Russie de doter la Flotte du Nord de deux bâtiments de la classe BPC Mistral ( ou leur équivalent ) pour la maîtrise de ses régions arctiques et peri-arctiques .
On comprend aussi les critiques des commentateurs militaires Anglo-Saxons sur un tel projet d'acquisition .
En mars 2009 , deux hélicoptères Sea King du 771 Naval Air Squadron (NAS) ont participé à des exercices d'aguerrissement et de survie prés de la base de Bardufoss dans le nord de
la Norvège .
Au cours de cet exercice deux pilotes et huit observateurs ont été formés aux conditions de pilotage dans l'arctique . Lors de leur vol vers Bardufoss , les deux hélicoptères ont effectué un ravitaillement sur une plateforme off-shore en Mer du Nord . [ 4 ]
Des chasseurs de
la Royal Air Force participent régulièrement aux interceptions des vols de l'aviation stratégique à long rayon d'action Russe lorsque ceux ci se dirigent vers l'espace aérien Norvègien et les installations petrogazières off-shore Norvégiennes dans l'arctique et la Mer du Nord .  [ 6 ]

On peut se poser la question sur cet intérêt soudain des forces armées Britanniques pour l'arctique ,
l'aguerrissement aux conditions de combat polaires se déroulant alors principalement dans l'antarctique .
Il s'agissait  , après l'expédition néocoloniale contre les îles Malouines de 1982 , d' y assurer des missions de souveraineté et de consolider les revendications Britanniques sur le plateau continental . [ 7 ]
La réponse pourrait se trouver en dehors d'un agenda Otano-Otanien .
 
La Grande Bretagne doit faire face à un tarissement de ses ressources petrogazières de la Mer du Nord ou peu de nouvelles découvertes sont à espérer .[ 8 ]
Pour assurer son approvisionnement en hydrocarbures , sa source la plus proche est l'off-shore Norvègien et demain l'off-shore arctique Norvègien . Depuis 2006 ,
la Grande Bretagne est  approvisionné en gaz par le pipeline sous-marin Langeled qui compte pour 20% de l'approvisionnement de l'île [ 9 ] .
L'Angleterre cherche ainsi à se poser en " garante " de la sécurité de
la Norvège , et surtout des installations petrogazières off-shore Norvègiennes . Cette garantie s'exerçant , bien sûr , contre la Russie .
On ne peut que faire le parallèle avec la situation d'avril 1940 ou l'Angleterre a voulu aussi se poser en garante , avec
la France , des intêrets Norvègiens , mais face à l'Allemagne ! Le scénario des manoeuvres amphibies de 2008 est là pour accentuer la comparaison .
La présence de troupes Britanniques au Finnmark est d'autant plus significative que pour limiter les frictions avec l'URSS , puis avec
la Russie , l'Armée Norvégienne a toujours essayé de limiter au minimum la présence des forces armées de l'Alliance dans cette région frontalière .
Sur le plan institutionnel , le Royaume-Uni a aussi créé cet année son premier organisme officiel destiné à la recherche arctique  [ 12 ] tandis qu'un accord a été conclu entre le Royaume-Uni et le Canada pour la mutualisation des moyens logistiques (bases , avions , navires ) dans l'Arctique et l'Antarctique .
Enfin , alors que semble s'ouvrir au trafic maritime l'Océan Arctique ,
la Grande Bretagne ne peut y être absente et y voit une Destinée Manifeste pour y  assurer la " liberté des mers " , cache-sexe de son impérialisme dont le bras armé sont les " police batons of peace  " de la Royal Navy [ Karl Haushofer in Weltmeere und Weltmächte parlant des canons de 320 mm des bâtiments de ligne  de la Royal Navy ] .
La Royal Navy retrouve un front ou elle a déja combattu : L'Atlantique Nord et la " bataille de l'Atlantique " dont une partie s'est déroulée au delà du cercle arctique .
En géopolitique , il n' y a pas de coincidences mais de lourdes constantes .
L'Angleterre est aussi de plus en plus présente dans
la Baltique comme lors des exercices Loyal Arrow 2009 [ 10 ] alors que c'est de Londres  que sont venues les critiques parmis les plus virulentes en Europe contre le projet Russo-Allemand du gazoduc Nord-Stream .
Dans le grand nord ,
la Russie retrouve ainsi son adversaire du " Grand Jeu " en Asie Centrale au XIX eme siècle .
Cette présence Britannique accrue aux frontières Nord de
la Russie ne va certainement pas améliorer les relations Russo-Britanniques qui sont déja malmenées par l'asile accordé en Grande-Bretagne aux terroristes Caucasiens comme Zakaïev , aux fugitifs internationaux comme Berezovsky , ou aux différentes affaires d'espionnage qui ont éclaté ces dernières années entre les deux-pays .
Liens :
[ 1 ]
Briter og tyskere til Porsanger
[ 3 ] Royal Navy Submarine Incident Kills Two During Ice Exercise - Depêche de Navy.mil du 21 mars 2007 .
[ 4 ] Royal Navy commando assault ships head for Norway - Article de Shipping Times du 30 janvier 2008 .
[ 5 ] Navy helicopter pilots undertake Arctic training - Article du MD Britannique du 17 mars 2009 .
[ 6 ]
UK jets shadow Russian bombers - Depêche de BBC News du 6 septembre 2007 .

[ 7 ] The British Are Coming — to Antarctica - Article du Time Magazine du 17 octobre 2007 .
Noter le ton peu amène de l'article qui compare les revendications Britanniques à une .....contagion !
[ 8 ] Energy profile of the United Kingdom
[ 9 ] Langeled pipeline
Langeled to deliver Norwegian gas to the British market
- Article de Norwayportal .
[ 12 ]
New plans to strengthen UK Arctic research

http://zebrastationpolaire.over-blog.com/article-cold-response-2010-l-otan-repart-en-guerre-dans-l-arctique-et-les-anglais-au-pole-nord-41425249.html


7-6 Frédéric Delorca : L'OTAN à la conquête de l'Arctique.

L'establishment canadien a haussé le ton contre la Russie. Le 1er août, le ministre de la Défense Peter MacKay a été paraphrasé comme « avertissant la Russie que les chasseurs Canuck décolleront pour accueillir tout appareil non autorisé ».

Pourtant aucun avion russe n'a récemment violé l'espace aérien canadien. Ces déclarations s'inscrivent dans le cadre d'un regain d'activité de l'OTAN dans la zone.

La Norvège a récemment déménagé son quartier général de commandement opérationnel dans le Cercle Arctique et le Danemark a annoncé des plans visant à établir un Commandement Arctique tous services, une force de réaction arctique et un renforcement militaire à la base aérienne de Thulé au Groenland, à partager avec ses alliés de l'OTAN. La Grande-Bretagne, la Finlande et la Suède s'impliquent elles aussi de plus en plus. L'année dernière la Norvège a acheté 48 chasseurs Lockheed F-35 « en raison de leur aptitude à des  patrouilles dans l'Arctique ». En mars, ce pays a effectué un très important exercice de pratique militaire de l'Arctique impliquant 7 000 soldats de 13 pays dans lequel un pays fictif appelé Northland s'est emparé des plateformes pétrolières offshore.

Les 28-29 janvier 2009, le secrétaire général de l'OTAN avait annoncé la couleur : « Le Grand Nord va nécessiter encore plus d'attention de la part de l'Alliance dans les années à venir. » Comme la calotte glaciaire diminue, la possibilité augmente d'extraction des richesses  en minéraux et des gisements énergétiques du Grand Nord.
« A notre sommet de Bucarest de l'an dernier, nous avons convenu de quelques principes directeurs pour le rôle de l'OTAN dans la sécurité de l'énergie.... », rapporte le Directeur de « Stop NATO international » Rick Rozoff. La zone arctique recèlerait un quart des ressources pétrolières mondiales.
L'implication de l'OTAN dans le cercle polaire ne va pas sans rivalité entre ses membres, les USA s'arrogeant notamment une exclusivité d'accès à l'Arctique par le détroit de Béring au détriment d'une partie des eaux territoriales canadiennes.
Le lieutenant général Dana Atkins, commandant de l' US Air Force,  a souligné mi-juillet que « l'Arctique deviendra de plus en plus important stratégiquement  dans l'avenir, non seulement en raison de la valeur estimée à des trillions de dollars de pétrole et de gaz naturel inexploités sous sa surface, mais aussi en raison des occasions croissantes pour des expéditions maritimes dans la zone », ce qui pourrait permettre « à un navire de voyager  de l'Asie à l'Europe pour diminuer de moitié ses frais en passant par cet itinéraire plutôt que via le canal de Panama ». Au même moment le Pentagone a tenu ses manœuvres de guerre Northern Edge  (bordure nordique) en Alaska, situé entre
la Russie et le Canada et à l'intérieur d'une bonne partie du Cercle Arctique, avec plus de 9 000 soldats, des navires et des avions de guerre. L'Air Force, la Navy, l'Armée, le Corps des Marines et le personnel de la Garde Côtière y ont pris part avec des avions en combat aérien simulé.
La Russie, qui est la seule nation dans le monde à avoir une triade nucléaire - bombardiers stratégiques, missiles balistiques terrestres à longue portée et missiles balistiques lancés par sous-marins - capables de se défendre contre une première attaque nucléaire venant des États-Unis et leurs alliés, a répliqué en organisant des exercices à grande échelle de sous-marins nucléaires sous la calotte glacière arctique, exercices qui comprenaient le déploiement de plusieurs sous-marins nucléaires d'attaque ... dans la zone de lancement pour assurer la sécurité à … deux  sous-marins stratégiques lançant des missiles balistiques et qui ont aidé ces derniers à  éviter d'être détectés par les défenses US. Les  Etats-Unis et leur alliés s'efforcent d'anéantir cette dernière possibilité de défense russe en déployant des missiles intercepteurs et des bases de radar en République tchèque, en Pologne, en Norvège, en Grande-Bretagne, en Alaska (y compris les îles Aléoutiennes), au Japon, en Australie et partout ailleurs où cela pourrait rendre inutiles la dissuasion nucléaire et les capacités de représailles russes - et chinoises - et par conséquent préparer le terrain pour le lancement d'une première frappe nucléaire qui serait lancée avec une impunité présumée.
Comme l'explique Rick Rozoff « Le Cercle arctique est l'endroit où
la Russie est en train de concentrer sa dernière ligne de défense contre une telle menace. Si les États-Unis et l'OTAN, utilisant le Canada comme leur avant-garde, affrontent et expulsent la Russie de l'Arctique, la possibilité d'un chantage nucléaire et d'attaques non-provoquées augmente de façon exponentielle. » Rozoff soupçonne le vice-président d'Obama, John Biden, un fervent partisan des "révolutions colorées" à l'Est, d'être un adepte des thèses de l'ancien conseiller de Carter et Clinton, Zbigniew Brzezinski, qui souhaitait faire éclater la Russie. Dans ce dispositif, le Canada pourrait jouer un rôle analogue à celui de la Géorgie dans le Caucase : celui de l'agent provocateur "victime" de la réaction d'autodéfense russe que l'on pourrait ainsi instrumentaliser pour évincer la Russie de l'Arctique.

Frédéric Delorca   

12 Janvier 2010

Source: Alerte OTAN 

 

http://www.michelcollon.info:80/index.php?option=com_content&view=article&id=2470:lotan-a-la-conquete-de-larctique&catid=6:articles&Itemid=11



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