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26/01/2010

n°57 - Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan - 25-01 - : Début : - La véritable signification de la guerre en Ossétie du Sud


n°57 - Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan - 25-01 - : Début : -  La véritable signification de la guerre en Ossétie du Sud


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan.

n° 27- 15-04

C.De Broeder & M.Lemaire

 


Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 The Saker Flashback : La véritable signification de la guerre en Ossétie du Sud : la Russie contre-attaque.

1-2 Yémen : Ne voilà-t-il pas que Al Qaida, y a établi des “camps d'entraînement”.

Suite 

1-3 M K Bhadrakumar : L’odyssée d’Obama au Yémen vise la Chine.

Fin

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Vœux de combat du Comité Valmy

2-2 Alexandre Latsa : Les 25 mythes Russophobes.

3 Annexe

3-1 Sara Flounders: Le rôle du Pentagone dans la catastrophe climatique mondiale.

3-2 L’Otan : source de pollution et de gaz à effet de serre.

3-3 Le CO2 n'est pas un polluant.



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

1-1 The Saker 

Flashback : La véritable signification de la guerre en Ossétie du Sud : la Russie contre-attaque.

The People's Voice 

Les événements étonnants et tragiques en Ossétie du Sud semblent déconcerter les experts occidentaux. Bien qu'une majorité d'entre eux retombent dans une position ‘sûre' : accuser la Russie pour toutes les autres choses, en particulier à gauche, mais semblent être plutôt incertains de ce qu'il faut penser de tout cela, beaucoup ignorent fondamentalement la question. Contrairement à la blogosphère gauchiste ou à la presse libre et indépendante, les grands médias ont immédiatement compris qu'il s'agissait , encore une fois,d' une parfaite opportunité pour prouver à ses maîtres politiques et corporatistes ce qu'est un outil de propagande loyal. Tandis que CNN a fondamentalement utilisé une politique ‘à micro ouvert' envers Saakashvili, le reste des médias étasuniens et européens a accepté uniformément la propagande étasunienne sur les causes et les effets du conflit. Cette approche purement idéologique du déploiement de la crise a fini par aveugler presque tout le monde sur la vraie nature de ce qui se passait.

Deux discours

Le premier signe que quelque chose de radicalement nouveau se passait pourrait avoir été remarqué dans le ton, sinon les mots, de l'adresse télévisée du président Medvedev au peuple russe le jour de l'attaque géorgienne. Bien que ses termes fussent soigneusement choisis, et sa déclaration courte, on pouvait clairement sentir quelque chose de nouveau dans le comportement de ce technocrate par ailleurs plutôt réservé, sinon renfermé. On pouvait clairement percevoir que Medvedev bouillonnait d'une profonde colère.

Le second discours, encore plus étonnant, qui a montré clairement ce que pensaient les Russes fut la déclaration faite par le représentant russe au Conseil de Sécurité de l'ONU, Vitalii Churkin. Sa déclaration fut non écrite, spontanée, et Churkin, quoique calme en apparence, était clairement furieux, dégoûté et extrêmement déterminé. Contre l'arrière-plan du langage habituellement soigneusement écrit et surtout diplomatique (lire: ambigu), les mots de Churkin contenaient un punch que seul un orateur russe écoutant l'audio ou la vidéo originale pourrait pleinement apprécier.

Quelque chose d'important, quelque chose d'absolument crucial, est devenu clair ce soir-là. Les Russes étaient vraiment scandalisés et ils allaient agir à ce sujet.

Quelques minutes après le discours de Churkin, la blogosphère russe explosa littéralement avec des centaines de posts exprimant la même colère et la même résolution.

Mais pourquoi exactement les Russes étaient-ils si scandalisés? Pourquoi semblaient-ils bien plus en colère à propos de la mort de 10 ou 12 soldats de la paix que de la mort de soldats russes bien plus nombreux en Tchétchénie? Pourquoi la Russie, qui avait été volontaire pour abandonner l'Ukraine, le lieu de naissance de la nation russe, sans tirer un seul coup de feu, pourquoi la Russie était-elle si bouleversée à propos de l'Ossétie du Sud qui était envahie par les Géorgiens?

La réponse est, bien sûr, que ce n'était pas du tout à propos de l'Ossétie du Sud - cela concernait entièrement la Russie.

Quelle est la «Russie» du 21e siècle de toutes façons ?

La Russie, telle qu'elle est aujourd'hui, n'est ni une continuation de l'ancienne Union soviétique, même moins, une continuation de la Russie orthodoxe d'avant 1917 des princes et des tsars. N'écoutez jamais quelqu'un qui utilise ce genre de références historiques qui sont toujours utilisées dans le seul but de cacher l'ignorance de la personne qui les dit. Elles servent à faire de bons clichés, mais pas une bonne analyse.

Après 1991, la Russie est essentiellement un nouveau phénomène qui est né, avec grandes difficultés, des cendres de l'Union soviétique après une décennie ou plus de chaos et d'effondrement absolus. Pour faire court, suite à la dissolution de l'Union soviétique par les élites soviétiques (il n'y a jamais eu un « effondrement du communisme ») et la fragmentation du « gâteau soviétique » en plusieurs petits « gâteaux », la Russie s'est retrouvée à la merci de leaders impitoyables et totalement corrompus. L'ère d'Eltsine marque réellement le moment le plus bas dans l'histoire de la nation russe, même durant la Seconde Guerre mondiale on n'avait accumulé un tel chaos et de telles destructions de la nation russe qu'après 9 années de ‘démocratie': en peu de temps l'ancienne superpuissance soviétique a été réduite à l'état d'une ‘nation déchue». Deux forces étroitement alliées ont joué un rôle clé dans ce processus, l'une de l'intérieur, les soi-disant ‘oligarques' et l'autre du dehors: les États-Unis.

La Grande Trahison

Quelqu'un se rappelle-t-il la fin des années 80 ? Comment l'ouest a promis à Gorbatchev que si les Soviétiques retiraient leurs forces armées de l'Europe, l'OTAN ne s'étendrait pas ? Comment on a dit aux Russes que s'ils étaient d'accord pour laisser partir les républiques de l'Union soviétique, l'ouest aiderait la Russie économiquement et politiquement ? Probablement pas, c'est de l'histoire ancienne, maintenant, quelque chose que les gens de l'Ouest ne tiennent pas beaucoup à se rappeler. Il serait inexact d'inférer que, au contraire, les Russes ont passé leur vie à enrager à propos de ces années et des mensonges qu'on leur a dit. En fait, la plupartne le fait pas. C'est ce qui a suivi l'éclatement de l'Union soviétique qui les a réellement ennuyés.

Réfléchissez-y. Non seulement l'OTAN s'est étendu pour inclure presque toute l'Europe de l'Est (on se demande quel genre de contingences justifie toujours l'existence de cette alliance de toutes façons?), mais l'Ouest a illégalement attaqué et démembré le seul pays encore amical envers la Russie: la Yougoslavie. Les politiciens étasuniens aiment à dire qu'ils « envoient des messages » et le bombardement des enclaves serbes en Croatie et en Bosnie suivies par le bombardement du Kosovo, de la Serbie et du Monténégro par l'OTAN a « envoyé un message » à la Russie: « nous haïssons vos tripes - allez vous faire foutre ! ». Le message a été reçu, fort et clair.

Puis il y a eu la guerre en Tchétchénie durant laquelle l'Ouest a fortement soutenu ce qu'on ne peut qu'appeler un méchant gang de Wahabis cinglés assoiffés de sang . Il est sûr que le 11 septembre a amené un renversement égoïste à 180 degrésde cette politique, mais c'était trop peu, trop tard.

Et puis il y a tout le reste de la longue litanie des affreuses politiques impériales occidentales: les radars et les missiles en Europe de l'Est, toutes les absurdités sur le «KGB» qui tue Politkovskaia et Litvinenko, les pleurnicheries sur les élections «pas-si-démocratiques» en Russie (peu importe le fait que tout idiot en Russie sache que Poutine et Medvedev n'avaient pas du tout besoin de truquer les élections) combiné avec le soutien de la farce électorale en Géorgie, le refus systématique de négocier *quelque chose* avec la Russie (ce qui est politiquement désigné comme « résolution » ou « unilatéralisme » ) et finalement, mais ce n'est pas le moindre, le soutien obscène des ‘oligarques' susmentionnés (qui pensez-vous a payé les campagnes de propagande de Politkovskaia et Litvinenko?)

Les Oligarques peuvent être comparés au mieux à des «suceurs de sang mercenaires» qui, avec le soutien total de l'Ouest, ont essayé littéralement de saigner à blanc la Russie de toutes ses ressources. Et, pendant un temps, ils ont fait un bon travail. Des ‘conseillers' politiques étasuniens ont envahi Moscou et fourni toute l'aide et expertise nécessaire en vue d'aider ces ‘oligarques' (presque tous juifs) pour piller la Russie aussi rapidement que possible. Ce que seulement très peu de gens ont réalisé à l'époque c'était qu'il existait une force qui laissait se produire cela tout à fait cyniquement et attendait de meilleurs moments pour contre-attaquer.

Le Pouvoir caché - les « gens de Poutine »

Tandis que le pinacle du pouvoir en Union soviétique était formellement dans les mains du Conseil de Sécurité du Politburo, le pouvoir réel et profond du régime soviétique était dans les mains du Comité Central de l'Union soviétique. Peu de gens réalisent, même aujourd'hui, que le KGB supposé tout-puissant n'avait aucun droit en aucune façon, même pour enquêter sur un membre du Comité Central. Cela a créé une situation paradoxale, pendant que l'élite intellectuelle de l'Union soviétique était sans aucun doute concentrée dans le KGB, le pouvoir politique réel était dans les mains du CPSU. Cela a créé une scission qui a grandement contribué aux soi-disant années de « stagnation » sous Brejnev.

Quand l'Union soviétique a été démembrée en 1991, le KGB est passédans un mode«planque-toi et couvre-toi», adoptant un profil bas pendant que les passions politiques de l'époque, incluant une haine très réelle du KGB pour son oppression sur le peuple russe, submergeaient la scène politique. De nombreux officiers du KGB quittèrent la « Kantora » (surnom du KGB parmi ses employés) , rejoignirent la foule russe et devinrent des «hommes d'affaire». Certains prirent leur retraite et d'autres retournèrent dans la vie politique soit comme « patriotes », soit comme « démocrates » (ou les deux). Un groupe de plus jeunes officiers du KGB, cependant, réussirent à se regrouper et se réorganiser tranquillement dans les coulisses.

Le groupe, essentiellement basé à Leningrad, réalisa qu'il n'y avait pas moyen que le KGB et ce qu'il représentait puisse redevenir populaire à moins que la situation en Russie ne devienne vraiment chaotique et désespérée. Ces officiers du KGB, essentiellement de la Première Direction Générale du KGB (PGU) qui traitait du renseignement étranger plutôt que de la sécurité intérieure, comprenaient très bien l'Ouest, et ils savaient qui avait mis les Oligarques au pouvoir en 1991. Néanmoins, au contraire de leurs infortunés collègues du KGB «interne», ces officiers du PGU s'installèrent et attendirent le juste moment pour bouger. Ce moment arriva en 2000 quand ils ont arnaqué les Oligarques présomptueuxpour accepter Poutine, un bureaucrate terne et non charismatique, comme candidat de compromis qui ne menacerait personne. Le stratagème fonctionna et sans tirer un seul coup de feu, les hommes du KGB reprirent en main les rênes du pouvoir. Ils continuèrent à purger la société de tous les oligarques qui ne se soumettraient pas immédiatement à leur règle: certains furent emprisonnés (Khodorkovskii), d'autres furent exilés (Berezovskii) et d'autres furent tués (Dudaev & Co).

Les Seigneurs Impériaux de l'Ouest comprirent rapidement ce qui se passait, mais il n'y eut rien qu'ils aient pu faire. Dans un sens très réel, Dubya a «perdu» la Russie. Les Britanniques, désespérément frustrés de voir tout leur réseau en Russie tranquillement démembré eurent recours à une propagande plutôt futile contre les « meurtres du KGB ». D'une manière prévisible, cela ne réussit pas à intéresser, encore moins à impressionner, quiconque en Russie. Au contraire, Washington décida d'intensifier, cette fois franchement, sa campagne internationale pour isoler et affaiblir la Russie. Plus récemment, la France, maintenant dirigée par les néocons Nicolas Sarkozy et Kouchner, ont aussi rejoint le chœur anti-russe, mais cela n'a eu pas plus d'effet que les efforts britanniques.

Il est important de comprendre ici que les membres du KGB qui réussirent à prendre le pouvoir des Oligarques ont pleinement compris depuis le premier jour que ceux-ci étaient des agents de l'Ouest et que ces officiers n'avaient aucune illusion sur l'Ouest, son rôle, ses méthodes et ses objectifs. Pour eux, l'Ouest avait prouvé au-delà de tout soupçon que l'ancien KGB soviétique avait été correct en appelant l'Ouest « l'ennemi numéro un: les Oligarques étaient pas anti-soviétiques - ils étaient anti-russes. »

Une autre chose à garder à l'esprit est que bien qu'il ne soit pas incorrect de parler de l'importance du KGB (et, en particulier du PGU) dans cette lutte, il serait faux de tout réduire à cette organisation. Il existe nombre de signes que l'agence de renseignement militaire, le GRU moins connu, mais non pas moins sophistiqué et puissant, a conclu une alliance stratégique avec les « gens de Poutine » et que ces organisations antérieurement plutôt antagonistes travaillent maintenant ensemble vers un but commun. Les «gens de Poutine» (et je fais référence à Poutine lui-même non pas en tant que leader, mais uniquement comme symbole, figure de proue) sont vraiment composés d'un mélange d'une génération plus jeune d'officiers de renseignement russes de divers services qui ont uni leurs forces avec des personnalités clés dans les complexes militaro-industriels et pétrochimiques. Ils représentent un changement générationnel encore plus que tout intérêt corporatiste unique. Et s'il y a une seule chose qui doive être comprise à leur sujet, c' est qu'ils sont authentiquement immensément populaires en Russie. Comment pourrait-il en être autrement puisque, après tout, les « gens de Poutine » ont quasiment réalisé un miracle au cours des huit années entre 2000 et 2008.

Enfin, ne soyez pas trop bouleversé par les sinistres lettres « KGB ». Rappelez-vous - ce n'est pas du tout le KGB de nos pères. Il ne s'agit pas de Staline, du goulag ou des dissidents (qui étaient traités par un seul directorat, le 5e, du KGB). Pensez à lui plus comme une sorte de club corporatiste d'élite militarisé avec des anciens étudiants des meilleurs collèges de l'Ivy League[1], et que Hillary et McCain crachent leurs absurdités sur la « froideur des yeux de KGB de Poutine ».

Pour tous leurs aspects négatifs, dont il y a peu, ces nouveaux dirigeants russes ont réussi à ramener la Russie, grand moment, maintenant ils sont aux commandes.

Le poulet revient chez lui comme un coq

Il est tout à fait amusant, au moins pour moi, d'entendre comment les Etats-Unis menacent maintenant la Russie avec des « dommages à long terme » dans leur relation. Réfléchissez-y: y a-t-il quelque chose, vraiment quelque chose, à part une guerre nucléaire, que les États-Unis pourraient faire à la Russie qu'elle n'a pas déjà fait? Un cinglé à l'Heritage Foundation suggère maintenant sérieusement que l'Ouest devrait empêcher la Russie d'accueillir les Jeux Olympiques. Quelle menace! Une option marginalement plus réaliste est pour l'Ouest de mettre en place un genre de sanctions économiques ceci mis à part que cette idée oublie deux simples faits.

Primo, la Russie n'a pas besoin de l'Ouest, mais l'Ouest a besoin de la Russie (pensez à l'Iran, pensez à la Corée du Nord, pensez au pétrole) et secundo, c'est ignorer le fait que la plupart de la planète n'a pas intérêt en quoi que ce soit à couper les liens économiques avec la Russie.

Les États-Unis, ayant déjà perdu les guerres en Afghanistan et en Irak, n'ont guère l'énergie de contempler un conflit avec l'Iran, peu importe d'essayer de prendre la Russie. Les États-Unis, pour toute la bouffonnerie de ses leaders, est totalement dépendante du gaz russe et n'a pas les moyens militaires d'intervenir dans le conflit. Pire, toute crise dans une région riche pétrochimiquement (comme le Caucase) ne fait que rendre la Russie plus riche et l'Ouest plus pauvre. Le billet vert est en chute libre et l'économie étasunienne est en récession. Parlez d'un tigre de papier...

Dans leur égotisme impérial apparemment incurable, les Seigneurs Impériaux aux États-Unis pensent qu'ils peuvent menacer la Russie par la «dégradation des relations» tandis qu'en réalité c'est la Russie qui pourrait menacer l'Ouest. Les Russes ne vont pas menacer cependant; il y a un principe de base de jeu de base-ball russe qui dit qu'on ne devrait jamais menacer, jamais promettre et seulement entreprendre une action directe. C'est exactement ce qui est arrivé en Ossétie.

Le Conflit en Ossétie: juste la première bataille dans une guerre bien plus vaste

La Russie et les États-Unis sont en guerre et ils le sont depuis 1991 - c'est le vilain petit secret que les dirigeants impériaux essaient de cacher et que la plupart des Russes comprennent. Le conflit en Ossétie est juste la première fois où la Russie « répond aux tirs » réellement, pas tant contre les marionnettes américaines à Tbilissi ou bien aux forces étasuniennes et israéliennes entraînées, mais à l'Empire étasunien lui-même. La réponse russe est un « message » à l'Ouest: « nous contre-attaquerons ! »

La réponse occidentale initiale à l'attitude de la Russie est facile à prédire: les États-Unis intensifieront leur campagne de propagande anti-russe, l'OTAN déclarera qu'il incorporera l'Ukraine et même peut-être la Géorgie et les politiciens occidentaux déclareront solennellement que leurs budgets militaires doivent croître pour traiter la « menace russe contre nos amis et alliés. »

La Russie sera-t-elle découragée par de telles menaces? Pas du tout.

Comme mentionné précédemment, la Russie a peu à craindre de l'Ouest sur le front économique. Non seulement cela, mais la Russie n'a rien à craindre de la puissance militaire occidentale. Comment est-ce possible?

Il est sûr que les États-Unis dépensent plus pour la « défense » (lire: agression) que le reste du monde combiné mais cela est expliqué par le fait que les États-Unis cherchent la domination du monde. La Russie, au contraire, n'a pas du tout de telles ambitions. Au pire, la Russie veut être capable de combattre une guerre juste de l'autre côté de sa frontière. Cela, et la capacité à dissuader les États-Unis avec ses forces nucléaires.

En fin de compte, un objectif bon marché et éminemment atteignable que la Russie n'a pas trop de peine à atteindre. Les États-Unis ne peuvent être de taille pour une telle approche minimaliste parce que s'ils renonçaient à la domination du monde, immédiatement, ils s'effondreraient économiquement et deviendraient un pays «normal» comme un autre c'est à dire un pays qui ne peut se confronter à la Russie. Ainsi les États-Unis sont dans une situation perdant-perdant: ils ne peuvent menacer la Russie et chercher la domination du monde, mais ils ne peuvent abandonner la domination du monde et espérer être capables de menacer la Russie.

Paradoxalement, la Russie peut se permettre une course à l'armement avec les États-Unis précisément parce que les États-Unis vont déjà vers la faillite avec leurs forces armées sur-tarifées et sous-performantes. 

Pourquoi donc les Russes sont-ils en colère?

Les Russes, à la fois les gens au Kremlin et la population générale sont si en colère contre l'Ouest parce qu'ils ressentent (correctement) que l'Ouest les hait et mène une guerre unilatérale contre chaque Russe depuis 1991. Ils sont en colère parce que les double standards et l'hypocrisie de l'Ouest sont simplement trop immenses pour les comprendre pleinement. Par exemple, il est fantastique que le représentant étasunien à l'USNC ait accusé la Russie d'utiliser des actions « disproportionnées » en Géorgie quand les États-Unis ont trouvé légitime de bombarder toute la Serbie et le Montenegro durant son agression du Kosovo. Deux décennies de « messages » « nous vous haïssons » de la part de l'Ouest ne sont pas tombés dans l'oreille d'un sourd en Russie et maintenant le sentiment est devenu très mutuel.

L'actuelle colère russe outragée contre l'Ouest est, je crois, d'une qualité, sinon de magnitude, comparable fondamentalement à celle des Russes contre les Nazis durant la Seconde Guerre mondiale. Elle est alimentée par une acceptation que la Russie elle-même est attaquée par un ennemi intransigeant et mauvais qui ne peut être traité avec autre chose que la force. Ceux d'entre vous qui avez vu récemment la télévision et les films russes peuvent attester qu'ils sont littéralement remplis d'histoires sur la Seconde Guerre mondiale et la manière avec laquelle le peuple russe a dû accepter la plus grande des souffrances pour l'emporter; certains l'appelleront « propagande », c'est la cas à beaucoup d'égards, mais c'est aussi l'expression d'un état d'esprit populaire, d'un mode mental qui dit que vous devez combattre pour survivre.

L'horrible attaque de la marionnette géorgienne de Washington contre les soldats de la paix russes combinée à l'hypocrisie absolument étonnante des médias et des politiciens occidentaux qui se sont tous mis du côté de l'agresseur est devenu quelque chose comme une « dernière paille » pour la Russie. Ce développement apparemment marginal, du moins quand il est estimé quantitativement (« quoi de neuf...? ») s'est terminé en faisant une différence qualitative énorme: il a établi une nouvelle résolution russe avec laquelle il faut traiter, pour utiliser une expression néo con favorite, une menace existentielle représentée par l'Empire Occidental. Cela prendra une longue période pour que l'Ouest réalise ce qui s'est réellement passé et le plus obtus des pontes et des politiciens persistera probablement sur sa rhétorique vertueuse habituelle, mais les historiens regarderont probablement le mois d'août 2008 comme le moment où la Russie a décidé de contre-attaquer l'Empire pour la première fois.

[1] Ivy League : groupe de collèges et universités aux Etats-Unis qui sont connus pour leur excellence académique (Harvard, Brown, Cornell, Yale, Princeton, univeristé de Pennsylvanie,Dartmouth, Columbia) - NdT

The Saker   

05-01

Traduction française: Henri R. 

http://futurquantique.org/la-politique/811-flashback-la-veritable-signification-de-la-guerre-en-ossetie-du-sud-la-russie-contre-attaque 


1-2 Roland Marounek : Yémen : Ne voilà-t-il pas que Al Qaida, y a établi des “camps d'entraînement”.

L'Otan arrivera-t'il enfin à mettre la main sur le Génie du Mal.

Les G.O. du club atlantiste semblent avoir été partagés : après avoir été un instant tentés par l'Amérique Latine (l'histoire de la base Al-Qaida au Paraguay a fait long feu), ils en sont revenu à des valeurs sûres.

Le Yemen. : Voilà la nouvelle destination de rêve pour nos bombardiers. Ne voilà-t-il pas que Al Qaida©, y a établi des “camps d'entraînement”. Il semblerait qu'un entraînement intensif y soit indispensable pour être tout à fait capable de réaliser une expérience de chimie élémentaire : « Il a avoué avoir injecté à l'aide d'une seringue un liquide chimique dans une poudre qu'il avait cachée sur sa cuisse, pour tenter de faire exploser l'Airbus A330 » … « Les passagers ont entendu des bruits d'explosion "semblables à des pétards". Tandis qu'une odeur de brûlé se répandait, les voisins du suspect ont pu observer le feu prendre sur une paroi de l'avion et une jambe de pantalon du suspect. » (dépêche AFP)

En tout cas, les compétences des chimistes d'Al-Qaida sont des plus impressionnantes. « Les voyageurs assis dans les rangées éloignées de l'avion ne se sont même pas rendus compte de l'incident. » Personne ne semble souligner l'incongruïté de la fière revendication d'« Al-Qaida » pour un histoire qui a particulièrement (et très heureusement) foiré.

Bref, ce sera apparemment le Yemen, parfait trait d'union entre les pirates du golfe d'Aden et la traque haletante de Ben Laden.

L'Otan arrivera-t'il enfin à mettre la main sur le Génie du Mal, sur la cause ultime qui empêche la Communauté Internationale de goûter enfin à la Paix et à la Sécurité ? - le suspense est à son comble.

La sécurité de l'Irak, de l'Afghanistan, de l'Iran, du Yemen..., de tant d'autres encore, il faut bien avouer qu'on se sent tout de suite un tout petit peu moins concerné – c'est pas la Communauté Internationale®.

Le Yemen avait manifesté un certain sens de l'honneur, ou de l'inconscience, en 1990, en étant le seul pays du Conseil de Sécurité avec Cuba à s'opposer à la résolution préparant la guerre du Golfe n°1. L'ambassadeur américain avait alors prévenu amicalement son homologue yéménite : "Ce sera un vote qui coûtera cher au Yémen".

Après que le pays eût, effectivement, payé très cher dans la décénnie 1990,  il est revenu à des sentiments beaucoup plus civilisés. Le gouvernement actuel a rebaptisé "Al-Qaida" son opposition, et reçoit l'appui des USA pour "lutter contre les terroristes". L'aide militaire US pour 2009 approche les 70 millions de dollars, contre 4.5 millions en 2006.

« Le New York Times du 28 décembre a assuré que des forces spéciales seraient déjà sur place pour épauler l'armée yéménite. Le même journal avait indiqué, le 19 décembre, que le président américain avait donné personnellement son feu vert à des opérations montées contre "des groupes de la nébuleuse terroriste", deux jours auparavant. Une trentaine de membres avaient été tués dans des bombardements dans la province d'Abyane, au sud-est du pays. Une semaine plus tard, une autre trentaine de miliciens ont été tués dans une opération dans la province de Shabwa, à l'est du pays, refuge traditionnel d'Al-Qaida. » (Le Monde, 29/12)

Et pour connaître la composition plus précise de "la nébuleuse", il est sans doute plus instructif de ne pas s'en tenir aux communiqués militaires, et à leur relais médiatiques usuels :

« Les forces gouvernementales ont été accusées par l'opposition yéménite d'avoir tué des dizaines de civils, dont des familles entières, lors de leurs opérations de la veille dans le sud du pays "contre Al-Qaïda". Selon un site de l'opposition yémenite, 18 enfants et 41 adultes civils ont été tués dans ces opérations, huit familles perdant chacune de quatre à sept membres. "Le régime de Sanaa a commis un massacre brutal contre notre peuple", a déclaré le leader sudiste Ali Salem al Beidh, en réclamant une enquête des Nations Unies et des pays arabes. » (Journal Du Dimanche, 18/12)

Roland Marounek

http://www.csotan.org/ao/article.php?ao_id=36&art_id=480&Mois=d%C3%A9cembre&Year=2009

http://www.google.fr/search?hl=fr&q=yemen+otan+janvier+2010++01-2010&btnG=Rechercher&meta=lr%3Dlang_fr&aq=f&oq=


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