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27/01/2010

N°507 - Palestine: Manipulation de l’opinion, déclarations & les témoignages. - 25-01 :- Fin -: Le Hamas tire la sonnette d'alarme: Israël s'apprête à attaquer Gaza.

°507 - Palestine: Manipulation de l’opinion, déclarations & les témoignages. -  25-01 :- Fin  -: Le Hamas tire la sonnette d'alarme: Israël s'apprête à attaquer Gaza.



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 

                                                       



Palestine: Manipulation de l’opinion, déclarations &

les témoignages.

N°507                                                    25-01

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 


Sommaire

3 Déclaration, courrier des lecteurs, & témoignage

3-5 Derrière ce qui arrive à Gaza, il y a le mensonge, l'iniquité et l'horreur humains.

3-6 Robert Bibeau : le peuple de Gaza est toujours debout dans la dignité.

3-7 Un an après la guerre de Gaza - Tel Aviv : Discours à la marche de protestation.



3-5 Derrière ce qui arrive à Gaza, il y a le mensonge, l'iniquité et l'horreur humains.

La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction accepte le point de vue de l'auteur,  l'article doit être vu comme information.

INTERVIEW DE JOE FALLISI EN GRÈVE DE LA FAIM POUR RENTRER A GAZA par Sara Venturini
(traduction de Alberto Mariantoni)
Le Caire, 08/01/2010
Nous sommes dans la chambre du 'Sun Hotel' du Caïre où Joe Fallisi, ténor italien et activiste pour les droits humains, fait la grève de la faim depuis 12 jours, dans l’attente d’obtenir le laissez-passer des autorités égyptiens pour se rendre dans
la Bande de Gaza.
Joe, je sais que tu as été à hôpital ce matin pour des contrôles, quelles sont tes conditions physiques?
* Je suis un peu fatigué, cependant je vais bien. Les médecins m'avaient proposé de me garder en observation jusqu'à demain à soir, mais j'ai préféré rentrer à l’hôtel, et me sentir plus libre.
Veux-tu me raconter comme est née l'initiative de la grève de la faim?
* La grève a commencé le 28 décembre, le jour même où nous sommes allés à la place où ils devaient y avoir les bus pour Rafah. Et nous l’avons trouvée vide par ordre et intimidation du gouvernement égyptien. À la proposition de Mme Hedy Epstein (85 ans) d'entamer une grève de la faim – comme action de protestation contre ceux qui, jusqu'à présent, nous ont nié la possibilité d'entrer à Gaza; et également contre ceux qui sont responsables de trois ans de siège de Gaza: à savoir, l’Egypte et Israël – j'ai immédiatement adhéré.
À ce jour, tu es resté l'unique à continuer la grève. C’est quoi qui te pousse encore à la faire?
* Pendant une des dernières rencontres de Gaza Freedom March, j'ai publiquement annoncé ma volonté de terminer la grève, ou bien au même instant que j’allais toucher le sol de Gaza ou bien, si cela ne se passait pas, au moment de l’embarquement sur mon avion de retour. C’est une promesse que je maintiendrai.
Quelles sont les motivations qui sont à la de base de ton choix courageux ? Dans d’autres termes, tu fais grève pour qui et pour quoi?
* Protester pour Gaza, je crois qu’il soit particulièrement important. Le cauchemar quotidien dans lequel vivent les Palestiniens (et tout particulièrement les habitants de Gaza), est le point focal de toutes les injustices du monde. Et c’est autour de cette problématique qui tourne la destinée du monde. Ce que Gaza a subi dans les 22 jours d'attaques unilatéraux et homicides de l'entité sioniste (pendant lesquels il a été massacré, je le souligne, un millième de la population globale - l'équivalent, en Italie, d’environs 60.000 individus) et subira à cause de la décision égyptienne de construire un mur en fer pour empêcher le passage de marchandises et des biens, sont les derniers actes d'une infamie qui, à nos jours, n’a pas d’égale.
Derrière ce qui arrive à Gaza, il y a le mensonge, l'iniquité et l'horreur humains. Mensonge radical, car le monde fait semblant qu’il s’agit d'une situation de presque normalité. Alors qu’elle ne l’est pas du tout, dans la manière la plus absolue.
N’oublions pas, en effet, que d’un côté il y a une armée qu’avec des moyens militaires ultra-modernes et mortels opère une décimation progressive des assiégés et, de l’autre, une population qui cherche seulement à survivre et à se défendre, sans en avoir les moyens.
Cette situation ressemble toujours plus à ce que les tyrans bolscevico-staliniens (…) et les nazis ont infligé, les uns à l'Ukraine et au Kuban (lorsque des millions de paysans (…) furent exterminés par la famine forcée), les autres à Varsovie assiégée.
Dans ces deux cas, il y eut un étranglement qui empêcha quelconque possibilité de fuite, dans le but d’épuiser et d’affamer à mort la population. C’est ce qui se passe aujourd’hui à Gaza, avec la circonstance aggravante d'attaques militaires bio-ecocides, comme celle de l'année dernière et celles qui sont en préparation.
Le siège de Gaza se fait chaque jour plus terrible. Les habitants de
la Bande ne peuvent même pas cultiver, ni pêcher, car chaque jour ils sont attaqués.
Et il y a même quelque chose de pire, par rapport aux exemples historiques que je viens de citer. Ici, l'armée de l'occupant utilise, comme désormais il est devenu courant, des armes qui vont compromettre les sources mêmes de la vie (la terre, l'air, l'eau). En particulier, mais pas seulement, à travers l’emploi criminel de l'uranium appauvri.
Même à Gaza, en effet, ils commencent à naître des enfant difformes

(v. http://www.paltelegraph.com/columnists/peter-eyre/3271-gaza-continues-to-fall-victim-by-the-idfs-use-of-dueu-weapons).
Les Israéliens polluent à la racine. Et ce, pour des centaines et des centaines d'années, sinon pour toujours, tout le cycle vital et reproductif. Celui-ci est le plus grand crime de guerre: comme à Hiroshima et Nagasaki, au Vietnam, dans les Balkans, au Liban, en Palestine, en Irak, en Afghanistan, au Pakistan.
Jamais, auparavant, l'humanité n'avait subi des actes tyranniques de cette portée.
Lors de l’invasion des Mongols – qui se répandirent jusqu’au cœur de l’Europe – ces derniers firent table rase. Mais au moment de leur départ, la vie revint. Aujourd'hui les nouveaux barbares "démocrates" et "progressistes" laissent derrière eux la mort radioactive.
La nouvelle horripilante de la prédation d’organes (d'autre part déjà dénoncée des années en arrière par le même Arafat) est venue compléter le cadre d’horreur. Je me demande: quoi d’autre doit être infligé à peuple palestinien? Quelle autre catastrophe devons-nous encore nous attendre, pour pouvoir s’opposer – sans hypocrisie et deux poids et deux mesures – à l'apartheid, à l’abominable racisme talmudique, aux homicides, à la torture, au terrorisme d'État, aux escroqueries, aux vexations infinies qui sont commis par l'Entité abusive?
Outre au besoin de justice pour les Palestiniens, il y a d’autres raisons, personnelles, qui te lient aux destins du peuple de Gaza?
* J'ai rejoint Gaza deux fois, unique chanteur lyrique au monde à avoir eu la possibilité, le plaisir et l'honneur de chanter au Théâtre Shawa de Gaza city.
De ceci on peut trouver mon témoignage dans les vidéos sur youtube de mes deux concerts
(http://www.youtube.com/watch?v=U4KkVDVooHs, http://www.youtube.com/watch?v=Te0aqfMKdOw, http://www.youtube.com/watch?v=5H3OF_UgCck, http://www.youtube.com/watch?v=mkxq_tHIJhc).
La première visite remonte à octobre 2008. J'arrivai à Gaza, via mer, sur le bateau 'Dignity', avec la second voyage, victorieux, de l’organisation Free Gaza. La fois successive fut en mars 2009 lorsque j'entrai du passage de Rafah, avec le convoi Lifeline qui était organisé par George Galloway. J'ai été accueilli en manière merveilleuse, comme un frère, et maintenant les Gazaoui sont mes frères. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour les aider.
À la lumière de la dure répression du gouvernement égyptien contre les activistes de Gaza Freedom March auxquels il n'a pas été permis d'entrer à Gaza, qu'est-ce que tu pense d’un tel gouvernement?
* L’axe du pouvoir de l'Occident et du Nord du monde pillard consiste en la triade USA, Grande-Bretagne et Entité-Lobby sioniste. Ce sont eux qui décident le présent et l’avenir du monde. Ils décident qui et quoi sont 'politically correct', ou bien il ne le sont pas; qui peut rester (au pouvoir) et qui doit s'en aller.
Moubarak est seulement un serf de ce pouvoir plus vaste. Ses actions sont finalisées à obtenir la garantie de sa survie politique. Sa décision de construire un mur – au-dessus et au-dessous du sol, à la frontière de Rafah, en détruisant les tunnels qui permettent aux habitants de Gaza de survivre – est liée aux prochaines élections présidentielles.
Avec la visite de Netanyahu au Caire, juste le jour suivant à notre hypothétique départ, et en contemporaine avec une marche de pacifistes israéliens contre l'occupation, permettre l'accès à Gaza de 1.300 internationaux aurait signifié un tournant, dont il n'existe aucune prémisse, à l'intérieur du régime égyptien. En fait, nous entretenions de faux espoirs.
Quand tu as décidé de participer à marche, croyais-tu que cette initiative de solidarité internationale aurait apporté un quelconque changement à la situation dans laquelle sont forcés de vivre les habitants de Gaza?
* Gaza a besoin de se re-ouvrir de tous les côtés au monde extérieur, comme elle l’a été pour des siècles. Nous, les internationaux, pouvons représenter un stimuli afin que ce siège soit levé.
Je suis parti en me souhaitant de pouvoir rentrer dans
la Bande de Gaza, pour porter des aides et tenir mon troisième concert. Mais… plus les jours passaient, plus je me rendais compte que notre espoir était une illusion.
Je lance un appel aux femmes et aux hommes de bonne volonté. Nous devons nous s'insurger d’en bas. Free Gaza Movement, ainsi que Viva Palestina, sont l'exemple d'initiatives justes, courageuses et pleines de fantaisie qui surgissent de base de la société civile. Il faut s'activer en première personne pour la cause universelle de l'équité. Il faut unir nos forces et organiser des initiatives de vraie solidarité en dehors de tout endiguement institutionnel. C’est la bonne vieille méthode anarchique qui doit redevenir active. On n’a pas besoin de 'leaders'. Il faut des hommes et des femmes avec le sens de la justice et de la dignité.
Je sais que tu as tenté la voie pour Al Arish, la ville égyptienne proche de la frontière avec Gaza. Que s'est-il passé ce jour?
* J'ai cherché, ensemble à trois autres italiens, de rejoindre la frontière de Rafah, en passant par Al Arish. Nous avons été repoussés au premier barrage de police à
100 km du Caire. Là nous avons vu à l'oeuvre ce que je définis la société civile: des vieilles dames américaines, magnifiques, qui, à peine faites descendre du pullman, ont agité au visage de la police des Banderoles, sur lesquelles était écrit: 'Free Gaza, Free Palestine'. Ces dames ont décidé de vivre la dernière partie de leur vie avec dignité. Elles sont mes camarades.
Quel est ta position au sujet de la délégation des 100 organisée par les Codepink avec l'autorisation du gouvernement égyptien qui est entrée à Gaza pour apporter des aides humanitaires?
* Les organisateurs ont accepté un compromis (tout en se repentissant ensuite…) avec le gouvernement de l'Égypte, en envoyant dans
la Bande de Gaza une petite escouade d'activistes qui avaient été choisis d'en haut avec des critères arbitraires. En réalité, la délégation des 100 – qui à la fin étaient 40, car la plupart s'est refusée de partir – a été seulement un petit cadeau que Mubarak a employé pour chercher à se faire beau. Mais les frontières sont restées et restent substantiellement fermées. Il a été notre erreur. Hedy Epstein a écrit un communiqué ponctuel et précis à cet égard.
Tu es en train de laisser le Caire sans être entré à Gaza. Qu'est-ce que tu emmènes avec toi en Italie, après cette expérience?
* La seule chose vraiment positive, c’est que dans le monde on a parlé de l'honteux régime de police égyptien et de la tragique situation dans laquelle verse
la Bande de Gaza. Et peut-être, le fait que – dans ces jours de rencontres et d'échanges – on a même jeté les bases d'un mouvement qui sache mieux agir dans le futur.
Chapeau à George Galloway et à ses valeureux camarades de Viva Palestina: jusqu'à au dernier moment ils ont lutté pour entrer, en subissant heurtes, coups de matraque et arrêts, après un incroyable voyage via terre, mer et ciel à travers l'Europe et le Moyen Orient. Et ils ont réussi.
J'ai vu à l'œuvre, dans ces jours, à l'intérieur de Marche, beaucoup de mécanismes typiques des groupuscules. Des gens qui se parlent et se regardent au miroir. Des auto-référentiels. La vieille politique est morte et ne sert pas à la cause de la justice. Je m'en retournerai en Italie renforcé dans ma conviction qu'il faut tourner définitivement page.
Jusqu’à présent, j’ai écrit cinq chansons pour Gaza et pour
la Palestine. Deux, 'Verrà' et 'Gaza vivrà!', sont déjà gravées et publiées.
Bientôt, j'enregistrerai même les autres: 'Lifeline', 'Oh Madre Palestina' et 'Fino all’ultimo giorno-respiro'.
Le refrain de cette dernière dit: "Ce sont peux les années à vivre que nous avons. Je défendrai mes frères jusqu'au dernier jour-souffle que le ciel me donnera".


3-6 Robert Bibeau : le peuple de Gaza est toujours debout dans la dignité. UNITÉ AVEC LES ORGANISATIONS DE LA RÉSISTANCE EN FAVEUR DU MOUVEMENT DE RÉSISTANCE PALESTINIENNE

Lors de la marche vers Gaza, la « Gaza Freedom March » (1)  le 31 décembre 2009, qui s’est finalement terminée dans les rues du Caire par la faute du gouvernement Égyptien complice de l’étranglement de Gaza par l’entité sioniste (Israël),  quelques organisations de la « société civile » ont tenté de susciter la division au sein du contingent des marcheurs.  Ces organisations ont pris contact avec des représentants de diverses organisations à l’intérieur de la bande de Gaza, mais surtout elles ont refusés de parler avec les représentants du HAMAS et avec ses chefs régulièrement élus au parlement palestinien et à l’Autorité palestinienne. En voici l’aveu non sollicité : «  Manque de coordination entre les organisateurs de la marche internationale de la liberté pour Gaza d’une part, et entre les différents comités palestiniens d’accueil de cette marche dans la bande de Gaza ».(2)  

Dans toutes les régions du monde quand un organisme quelconque désire apporter son soutien et apporter du secours ou un support quelconque à une population locale, cet organisme extérieur est tenu de prendre contact avec les autorités locales afin de convenir avec ces autorités de la manière de procéder et ces organismes doivent prendre grand soin de ne pas s’immiscer dans les affaires politiques locales.  C’est le respect élémentaire qui est dû à la population locale et aux autorités locales. Ce n’est pas le rôle de ces organismes extérieurs de s’ingérer dans la politique locale et de boycotter les autorités dûment élues par la population palestinienne ou de favoriser d’autres organisations caritatives, syndicales ou autres comme en fait foi l’aveu non sollicité que nous avons cité. 

À fortiori si ces autorités locales sont les leaders de la résistance et du combat du peuple palestinien.

Même si la puissance occupante (l’entité sioniste colonisatrice) au nom de la puissance de tutelle, l’impérialisme américain, et même si d’autres gouvernements étrangers complices de l’étranglement de Gaza recommandent de boycotter l’organisation de résistance, recommandent boycotter le Hamas, les organisations de la « société civile » ne doivent jamais collaborer avec l’occupant colonisateur et l’assister dans son agression contre la résistance, mais plutôt s’unir avec les organisations de la résistance. 

Nous trouvons indécent que certaines personnes s’érigent aujourd’hui en juge et fasse la leçon à tout un chacun et reprennent en définitive les axes de division qui ont présidé à l’organisation de la marche comme ne fait foi cet extrait : « Et j’ajoute, que la division entre les différentes associations et organisations de la marche d’une part, et entre les différentes composantes de la société civile, des partis politiques et des syndicats de la bande de Gaza d’autre part, a été à mon avis plus grave que la déception de l’annulation de cette marche . » (2) 

Mais justement comment se fait-il alors que le Hamas dirige et coordonne l’administration à l’intérieur de la bande de Gaza qu’il y ait des divisions et un manque de coordination avec l’organisation du Hamas à l’intérieur de la bande de Gaza ? 

C’est que plusieurs de ces organisations extérieures venues paradées aux portes de Gaza refusaient de parler avec les coordonnateurs du HAMAS et se conformaient aux ordres de boycott du HAMAS imposés par l’occupant sioniste et sa puissance de tutelle.

Relisons à nouveau le faiseur de leçons : « Assez de divisions, de récupérations, voire, de manipulations de la cause palestinienne et de la souffrance des Palestiniens pour des fins politiques et personnelles, que ce soit en  en Palestine ou à l’extérieur, parfois, chacun semble œuvrer en priorité  pour sa propre association, sa propre publicité, et en fonction de ses propres objectifs, sans réelle coordination avec les autres. » (2)

Et notre donneur de leçons de conclure que « La coordination, côté palestinien et côté international, est indispensable, et toutes les organisations doivent se sentir concernées par cette question. ».  Justement,  une coordination existe à l’intérieur de la bande de Gaza et elle est dirigée et administrée par les autorités dûment élues par la population de GAZA.  Pourquoi ne pas respecter les vœux de la population de GAZA et pourquoi se conformer aux ordres de l’occupant et de la puissance de tutelle ?

Le premier ministre légalement élu de l'Autorité Palestinienne et chef de la résistance  Ismaïl Hainieh  a déclaré que le peuple de Gaza est toujours debout dans la dignité.
Voilà notre bilan, voilà ce qu'il faut retenir du succès de la  " Marche des internationaux " en solidarité avec GAZA la ville martyr (3).

Robert Bibeau

12 janvier 2010

http://www.robertbibeau.ca/palestine.html


3-7 Un an après la guerre de Gaza - Tel Aviv : Discours à la marche de protestation.

Tel Aviv : Un an après la guerre de Gaza

Bonsoir à vous tous qui êtes venus pour marquer le premier anniversaire du carnage à Gaza et pour protester contre l’autosatisfaction confortable dont font preuve les habitants de cette ville (Tel Aviv) et de ce pays face à la lente annihilation qui va sans cesse croissant à Gaza comme dans toute la Palestine.

 Aurait-on posé aux enfants israéliens des écoles maternelles la question : « Qu’as-tu appris à l’école cette année mon cher petit garçon ? » que beaucoup de réponses différentes auraient pu être données. Un enfant éclairé et à l’esprit critique aurait pu répondre : « j’ai appris que le soleil brille toujours, que l’amandier fleurit et que les bouchers tuent, et aucun juge le condamne ». (1)

 Et l’enfant qui est moins habitué à théoriser aurait pu se réjouir en disant : « j’ai appris comment berner les Américains, décevoir les Palestiniens, tuer des Arabes, expulser des familles de leurs maisons et maudire quiconque me dit que je suis un sale morveux quand j’ai été un sale morveux et j’ai appris que le peuple juif est vivant et que Gilad Shalit est vivant lui aussi. Encore. » ( 2)

 Et le nouveau petit immigrant à qui il tarde terriblement d’être intégré et de faire partie de la société pourrait dire : « J’ai appris qui détester, j’ai appris qui doit être tué et sur qui je peux cracher et je suis toujours prêt pour ce boulot quelque soit le moment où vous m’appellerez. »

 Un enfant sioniste-religieux qui va dans un jardin d’enfants entouré d’une clôture et bien gardé dans une colonie pourrait dire : « J’ai appris à être un bon Sioniste, à aimer la Terre, à mourir et à tuer pour sa sauvegarde, à en expulser les envahisseurs, à tuer leurs enfants, à détruire leurs maisons et à ne jamais oublier qu’à toutes les générations et à chacune d’entre elles des persécuteurs se lèveront pour nous annihiler et que tous les non- juifs sont les mêmes, qu’ils sont tous des antisémites qui doivent être supprimés. Et le plus important est que le soleil continue à briller que l’amandier continue à fleurir et bientôt, nous irons faire des plantations sur toutes les montagnes de Judée et de Samarie et nous garderons bien les jeunes arbres contre ces hordes de bergers qui ont envahi notre pays pendant les 2000 ans où nous n’avons pas été là pour veiller sur lui. »

Cette année nos enfants ont appris que tuer un non-juif, quel que soit son âge, est un grand commandement. Et cela, ils ne l’ont pas seulement appris des rabbins, mais aussi des soldats qui sans cesse fanfaronnent à propos de ce qu’ils ont fait. Et cela été bien exprimé par Damian Kirilik quand la police l’a arrêté et accusé du meurtre de toute la famille Oshrenko. (3) Presque tranquillement il a demandé aux enquêteurs de la police : « pourquoi faites-vous tant d’histoire pour le meurtre d’enfants ? » Damian Kirilik est un nouvel immigrant qui ne comprend pas les nuances sophistiquées des enseignements des rabbins pour tuer les enfants non-juifs. Mais cet assassin du dehors a vite compris l’idée générale, c’est qu’il est arrivé dans un endroit où le meurtre des enfants est pris avec beaucoup de légèreté.

Nos enfants ont appris cette année que tous les qualificatifs dégradants que les antisémites attribuent aux Juifs sont aujourd’hui manifestes parmi nos leaders : fraude et duperie, cupidité et meurtres d’enfants. Au moment où il est accusé de trafic d’organes transplantés le gouvernement d’Israël imperturbable s’engage dans le trafic d’êtres humains tout entiers, pour le moment. On peut prévoir pour bientôt, et pour de nombreuses années, alors que de nombreuses voitures arborent l’auto-collant : « Gilad, né pour être libre » (4) que les capitaines de ce bateau–pirate qui est Israël, continueront leurs machinations et marchanderont encore pour savoir combien de kilos de chair juive, probablement rétrécie, peut être commercialisée contre combien de chair Palestinienne, qui n’est sans doute plus ce qu’elle était, comme nous l’avons appris dans les informations à propos des vols de peau et de cornée au Centre Forensic d’Abu Kabi (5)

Et ils continueront de tuer au nom de Gilad et d’affamer et d’étrangler au nom de Gilad pour annihiler le peuple palestinien lentement mais sûrement et par la même occasion ils vont encourager les « mauvaises herbes » palestiniennes qui toujours légitiment la poursuite des assassinats.

Comme dans toute société pourrie et corrompue le mot « valeurs » ressurgit encore et encore dans chaque discours de chaque politicien spécialement de ceux qui sont inculpés. Les valeurs du Sionisme, et les valeurs du Judaïsme et les valeurs de l’Armée Israélienne. Les valeurs du Sionisme ont bien été remarquées cette année dans leur pleine gloire à l’occasion de l’expulsion des familles de leurs maisons à Sheikh Jarrah. Les valeurs de la Démocratie et la force du Droit s’expriment pleinement pour les Palestiniens qui sont suspectés d’actes violents et sont assassinés sans autre forme de procès dans leurs maisons en présence de leurs enfants pendant que des terroristes Juifs jouissent d’une complète impunité face au système judiciaire.

C’est cela que nos enfants apprennent dans l’Etat juif démocratique. Donc, on peut s’étonner du choc supposé exprimé face à la violence dans les écoles et les discothèques, dans les rues et sur les routes. Après tout cette violence n’est rien d’autre que la mise en pratique des valeurs de l’armée, un cours d’entrainement de base pour les activités et les opérations qui sont à l’horizon pour ces jeunes. C’est l’occasion qu’ont ces jeunes de montrer ce qu’ils ont appris de leurs parents et de leurs grands frères, de leurs professeurs et de leurs guides. Le seul problème qui apparemment perturbe les autorités, tant celles de l’éducation que celles du maintien de l’ordre est qu’il n’y a pas de Palestiniens dans les écoles juives et dans les discothèques juives et dans les rues juives. A cause de ce manque, les jeunes Juifs dirigent leur violence les uns contre les autres et cela ne devrait pas arriver, un Juif ne devrait pas blesser un autre Juif. La violence devrait être canalisée et régulée, guidée par l’obéissance aveugle aux lois raciales et dirigée seulement et exclusivement à l’encontre de ceux qui ne sont pas Juifs.

Et nous qui manifestons chaque semaine, chaque mois, à chaque carnage et à chaque anniversaire de chaque carnage, quelle est notre force ? Aucune. Le deuil et l’échec sont notre lot dans ce pays. Jeudi dernier, nous sommes restés aux portes de Gaza, disciplinés et obéissants aux conditions des autorisations de la police, heureux de nous voir les uns les autres et de constater que nous sommes vivants et scandant d’une voix forte des slogans devant un parterre de policiers et de soldats semblables à des robots , complètement incapables de comprendre ce que nous étions en train de dire. Mais nous n’avons pas fait tomber le Mur. Nous n’avons pas réussi à sauver ne serait-ce qu’un seul enfant de l’épidémie de méningite qui infeste Gaza depuis plusieurs mois.

Que pouvons-nous faire avec notre impuissance et nos échecs ? Que pouvons-nous faire dans un système éducatif qui demande à ses diplômés une identification absolue avec les combattants de la guérilla juive qui furent exécutés avant 1948 par les Britanniques sous l’inculpation de « Terrorisme » et au même moment une identification totale à leurs bourreaux ? De s’identifier aux victimes d’Auschwitz et en même temps de se comporter avec une indifférence cruelle envers la souffrance de quiconque n’appartient pas à notre race ? Qu’est-ce que les militants de Paix peuvent bien faire dans un pays dirigé par l’armée dont les écoles sont infestées de criminels de guerre venant injecter leur enseignement et où les élèves sont obligés d’expérimenter une semaine prémilitaire de « Gadna » (brigades de jeunes) et d’écouter les récits héroïques des criminels du carnage de Gaza et pour qui toutes les possibilités offertes qu’elles soient psychologiques, sociales ou éducatives ont pour but de faire d’eux des rouages de la machine à tuer ?

Ce sont nos propres fils et nos propres filles – et nous n’avons aucun accès au système qui dirige leurs vies. Où est l’espace qui nous est laissé pour instiller en eux une ou deux de nos propres valeurs ? Quelles valeurs de beauté et de bonté pouvons–nous glisser dans un tel appareil sophistiqué de lavage de cerveaux et de distorsion du réel ?

Il semble que la seule valeur que nous ayons encore le pouvoir d’instiller et qui ait encore du sens est la valeur du refus. Apprendre à dire non. Enseigner à nos enfants qui n’ont pas encore été empoisonnés à résister au lavage de cerveaux, à rejeter les virus qui sont injectés dans leurs esprits. C’est une tâche dure, une tâche de Sisyphe, mais le seul chemin pour réaffirmer notre humanité. Dire non au mal, non à la duplicité, non à la tromperie, non au trafic d’êtres humains, non au racisme qui se répand ici comme un incendie sauvage, un racisme qui ne s’arrête ni au checkpoint de Kalandia ni au checkpoint d’Erez mais qui s’étend comme un cancer jusqu’aux centres honteux d’absorption des immigrants , aux écoles qui proclament l’intégration et pratiquent la ségrégation, à toutes les cultures et à toutes les croyances dans ce pays. Si nous n’apprenons pas à refuser et à rejeter le mal, les lois et les contraintes du mal, nous nous retrouverons nous rejetant et nous refusant nous-mêmes et notre vérité intérieure la plus essentielle. Nous devons refuser de sentir part d’une minorité disparue, refuser la peur, l’appréhension et l’aliénation qui nous sont imposées, refuser d’en être complices.

Seul le refus peut sauver de la capitulation, de la faillite, du désespoir. Nous sommes ici aujourd’hui comme des étrangers, comme une minorité d’étrangers haïs et persécutés. Mais, ensemble, avec nos amis qui cherchent la Paix de l’autre côté du Mur, de l’autre côté des barrières de barbelés, nous pouvons devenir une majorité. Seul le refus de capituler devant les murs et les checkpoints peut ouvrir les portes de notre ghetto afin que nous puissions jeter à bas les murs de leurs ghettos. Pour voir enfin qu’il y a un monde extérieur, qu’il y a des régions tout autour que le Fond National Juif n’a pas détruits, qu’il y a une culture et qu’il y a des peuples et que ça vaut la peine de les rencontrer de les connaître et d’en faire des amis , d’apprendre d’eux des choses sur ce pays où nous vivons comme des étrangers résidents et nous rappeler que cette terre peut être une terre d’une beauté sans égale.

Nurit Peled Elhanan

Traduit par Roseline Derrien

02 Janvier 2010

http://www.ujfp.org/modules/news/article.php?storyid=643

http://www.legrandsoir.info/Un-an-apres-la-guerre-de-Gaza.html



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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