06.02.2010
n°315 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 05/02/10 - : Suite - : Le droit de résister à l'occupation et à l'agression.
n°315 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 05/02/10 - : Suite - : Le droit de résister à l'occupation et à l'agression.
Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix
Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre
Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan
n°315 05/02/10
C.De Broeder & M.Lemaire
Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be
| Sommaire : 1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion Suite 1-5 Mounir Chafiq : Le droit de résister à l'occupation et à l'agression. 1-6 Seumas Milne : Le terrorisme est le prix à payer pour le soutien aux despotes et aux dictateurs. 1-7 Docteur Balawi, agent triple et kamikaze. 1-8 Le retour de la Russie en Afghanistan. 1-9 2010 : Bienvenue dans le monde d’Orwell. |
1-5 Mounir Chafiq : Le droit de résister à l'occupation et à l'agression.
Le droit de résister à l’occupation étrangère et le droit de résister à l’agression militaire extérieure prennent leur source dans le droit à l’auto-défense tant au niveau du peuple que de la communauté et de l’individu.
De même, ils prennent leur source dans le droit à l’égalité des peuples quant à la souveraineté sur leur pays et l’illégalité de l’agression extérieure armée contre cette souveraineté ainsi que l’illégalité de piétiner celle-ci en transformant cette agression en occupation permanente ou temporaire.
Je considère l’agression militaire extérieure comme étant un acte contraire aux droits des peuples. Elle est illégale du point de vue du droit international qui repose sur des traités conclus entre les pays du monde entier afin de poser les bases de la paix et de la coexistence entre ces pays. Sans cela, il régnerait les guerres et le chaos. Le fort pourrait légalement agresser le faible et disposer de lui conformément à la loi du plus fort qui ressemble à la loi de la jungle.
C’est pour cela qu’eut lieu un accord mondial, entre tous les pays y compris les grandes puissances, les pays colonisateurs et les pays impérialistes, qui ont pratiqué, et qui continuent de pratiquer, la politique du plus fort et de la domination. Ces accords rendent illégales l’agression, la colonisation et l’occupation des terres des autres. L’objectif est de délégitimer l’agression d’un peuple par un autre ou d’un pays par un autre tant que tous reconnaîtront l’égalité, la coexistence et la coopération. Sinon, il régnerait le chaos et on retournerait à la loi de la jungle.
Il est vrai que les grandes puissances qui ont usé, et qui continuent d’user, de la force militaire, ou de pratiquer la politique du plus fort, afin d’imposer leurs objectifs aux autres, ont approuvé et signé ces accords. Cela a contraint les grandes puissances à avoir recours à la politique des deux poids deux mesures concernant le droit international. Les grandes puissances ont installé ce droit pour réguler les relations entre elles et pour protéger leurs intérêts et leurs zones d’influence d’une part ; et d’autre part elles étaient obligées de l’accepter sous la pression des autres peuples - la majorité des peuples du monde - qui ont un intérêt sûr à rendre illégales l’agression militaire et l’occupation en dehors de la légalité internationale.
Il est important de souligner que l’adoption du droit international, avec le droit à la légitime défense et l’égalité entre les peuples, oblige à reconnaître le droit à la résistance dans toutes ses variétés. Notamment, la résistance armée du peuple qui est exposé à une agression militaire extérieure ou qui vit sous l’occupation étrangère ; que cette occupation soit colonialiste ou néo-colonialiste, ou que ce soit une colonisation de peuplement, ou bien par des traités colonialistes qui lui ont été imposés par la force ou par une guerre d’occupation. Ce droit à la résistance armée, ou à la résistance sous toutes ses formes, a aussi été énoncé dans les accords et toutes les normes internationales, notamment dans la Charte des Nations Unies.
En d’autres termes, il est du droit du peuple opprimé ou de l’Etat agressé par un autre de résister à une agression militaire ou à une occupation résultant d’une agression militaire (l’occupation et le blocus représentent une agression militaire continue). Ce droit rejoint le principe de justice et les principes de la liberté et de la dignité visant à l’établissement d’un système mondial qui sorte vraiment du monde de la jungle ou du monde des requins des océans.
Ainsi est considérée la justice de cette cause qui a engendré la résistance armée et son soutien mondial. Elle est considérée comme une partie de la justice mondiale qui reflète l’intérêt et le bien des peuples.
Mounir Chafiq
23 janvier
Source : With Resistance
Traduction : Souad Khaldi
Source : Rim
http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Mounir_Chafi...
1-6 Seumas Milne - Le terrorisme est le prix à payer pour le soutien aux despotes et aux dictateurs.
Extrait
Loin de protéger sa souveraineté, le gouvernement égyptien l’a vendue à l’étranger pour continuer à toucher des subsides et maintenir son despotisme dynastique, sacrifiant toute prétention à son rôle historique de leader du monde arabe, écrit Seumas Milne.
Si une survivante de l’Holocauste, âgée de 85 ans, avait fait la grève de la faim en soutien d’un peuple assiégé dans une autre partie du monde, et si des centaines de manifestants plutôt occidentaux avaient été pris pour cible et battus par la police, vous pouvez être sûr que nous aurions entendu parler de tout cela.
Mais parce que cela s’est passé dans l’Egypte soutenue par l’Occident plutôt qu’en Iran, et parce que le peuple soutenu par les manifestants était les Palestiniens de Gaza au lieu de, disons, les Tibétains, la plupart des gens en Europe et en Amérique du Nord n’en ont rien su.
Ces deux dernières semaines, deux groupes composés de centaines de militants se sont affrontés avec des policiers et des officiels égyptiens pour pouvoir pénétrer dans la bande de Gaza afin d’exprimer leur solidarité avec la population sous blocus, à l’occasion du premier anniversaire de l’assaut dévastateur d’Israël.
Hier soir [6 janvier], le convoi Viva Palestina de George Galloway, fort de 500 personnes et transportant de l’aide médicale, a finalement été autorisé à entrer dans Gaza, déduction faite de 50 de ses 200 véhicules, après avoir été bloqué plusieurs fois, détourné et soumis à des menaces->] par la sécurité égyptienne - avec une agression brutale le mardi soir [5 janvier] dans le port égyptien d’El Arish qui a eu pour résultat des dizaines de blessés malgré la présence d’un député britannique et de 10 députés turcs.
Ceci succédait à une tentative [d’entrer dans Gaza] des 1400 manifestants de « la Marche pour la Liberté de Gaza » venus de plus de 40 pays - seuls 84 d’entre eux ayant été autorisés à traverser la frontière. C’est ce qui a conduit Hedy Epstein, dont les deux parents sont morts à Auschwitz, à refuser de s’alimenter au Caire tandis que les manifestants étaient violemment dispersés et que le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, était reçu à bras ouverts non loin de là.
Hier, des manifestations organisées du côté de la frontière de Gaza par les Palestiniens contre le harcèlement subi par le convoi « Viva Palestine » ont conduit à des affrontements violents avec les forces de sécurité égyptiennes au cours desquels un soldat égyptien a été tué et de nombreux Palestiniens blessés.
Mais bien que la confrontation ait été largement ignorée en Occident, cela a été un événement médiatique majeur au Moyen-Orient et qui n’a fait de tort qu’à l’Egypte. Et tandis que le gouvernement égyptien affirme qu’il ne fait que maintenir sa souveraineté nationale, ces événements ont en revanche clairement exposé sa complicité avec le blocus de Gaza et la punition collective imposée à ses 1,5 million d’habitants - blocus voulu par les Etats-Unis et soutenu par l’Union Européenne.
Le principal protagoniste de l’état de siège, Israël, ne contrôle que trois côtés de la bande de Gaza. Sans l’Egypte qui contrôle le quatrième, le blocus serait inefficace. Mais après avoir toléré des tunnels qui ont sauvé les habitants de Gaza de l’état d’extrême mendicité, le régime du Caire a lancé, afin de rendre le blocus total, la construction d’un mur souterrain en acier - appelé « le mur de la honte » par beaucoup d’Égyptiens - sous l’étroite supervision des Etats-Unis.
C’est en partie parce que le dictateur égyptien vieillissant, Hosni Mubarak, craint une contamination à travers la frontière de l’administration du Hamas élue à Gaza dont les alliés idéologiques dans l’organisation interdite des Frères Musulmans seraient susceptibles de remporter des élections organisées librement en Egypte.
Mais deux autres facteurs semblent avoir joué un rôle décisif pour convaincre le Caire de se plier aux pressions américaines et israéliennes et de serrer la vis sur les Palestiniens de Gaza ainsi que sur ceux qui les soutiennent. Le premier était une menace américaine de supprimer des centaines de millions de dollars d’aide si l’Egypte ne sévissait pas contre la « contrebande » d’armes et autres produits. Le second est le besoin d’un acquiescement de la part des États-Unis dans la succession très attendue et héréditaire de Gamal, ex-banquier et fils de Moubarak, à la présidence.
Ainsi loin de protéger sa souveraineté, le gouvernement égyptien l’a vendue à l’étranger pour continuer à toucher des subsides et maintenir son despotisme dynastique, sacrifiant toute prétention à son rôle historique de leader du monde arabe.
D’un point de vue international plus large, c’est précisément cet appui par l’Occident de régimes tels que l’Egypte, répressifs et qui ne représentent qu’eux-mêmes, en même temps que son soutien indéfectible à l’occupation israélienne et à la colonisation des terres palestiniennes qui sont au cœur de la crise au Moyen-Orient et dans le monde musulman.
Des décennies d’un soutien, affamé de pétrole, de despotes, de l’Iran à Oman, de l’Egypte à l’Arabie saoudite, en même temps que l’échec du nationalisme arabe à achever la décolonisation de la région, ont alimenté en premier lieu l’islamisme puis l’éruption de sa variante Al-Qaida il y a maintenant plus d’une décennie.
Mais, loin de comprendre que l’hostilité naturelle à un contrôle étranger sur la région et à ses ressources était au centre du conflit, la réponse désastreuse a été d’étendre la présence de l’Occident encore plus profondément, avec de nouvelles et encore plus destructrices invasions et occupations en Irak, Afghanistan et ailleurs. Et le court flirt de l’administration Bush avec la démocratisation dans les États clients tels que l’Egypte a été rapidement abandonné une fois qu’il est devenu clair qui était susceptible d’être élu.
Sous Barack Obama la logique empoisonnée de ce bourbier impérial conduit inexorablement à la propagation de la guerre. À la suite de l’attentat manqué sur un vol à destination de Detroit le jour de Noël, le président américain a annoncé cette semaine deux nouveaux fronts dans la guerre contre le terrorisme, Gordon Brown emboîtant fidèlement le pas : le Yémen où le candidat à l’attentat aurait été formé, et la Somalie où Al-Qaida a également pris racine dans le bourbier de la guerre civile et de la désintégration sociale chronique.
Le renforcement de l’intervention militaire occidentale dans ces deux pays va certainement aggraver le problème. En Somalie, il l’a déjà fait, après que les États-Unis aient soutenu l’invasion éthiopienne de 2006 qui a renversé la relativement pragmatique « Union des tribunaux islamiques » et a engendré le mouvement Shabab, plus extrémiste, lié à Al-Qaida et qui exerce maintenant son contrôle sur de grandes parties du pays.
L’extension du soutien américain à l’impopulaire gouvernement yéménite, déjà confronté à une rébellion armée dans le nord et à la menace d’une sécession du sud rebelle - qui a été le seul a réussir en 1967 à pousser au départ le régime colonial britannique - ne peut que jeter de l’huile sur le feu.
Le premier ministre britannique a essayé cette semaine de nous convaincre que la croissance d’Al-Qaida au Yémen et en Somalie illustrait le fait que la stratégie occidentale « fonctionnait », parce que l’escalade de la guerre en Afghanistan et au Pakistan aurait contraint Al-Qaeda à chercher à établir des sanctuaires ailleurs. En réalité, il s’agit d’une manifestation de l’échec grotesque de toute la guerre contre le terrorisme. Depuis son lancement en octobre 2001, Al-Qaida s’est propagé à partir des montagnes de l’Afghanistan à travers toute la région : l’Irak, le Pakistan, la corne de l’Afrique et bien au-delà !
Plutôt que de réduire l’aide occidentale aux dictatures et aux occupations qui alimentent le terrorisme dans sa variante Al Qaeda, et plutôt que de concentrer ses ressources policières pour la contrer, les États-Unis et leurs alliés ont répété et étendu inexorablement les monstruosités qui ont produit ce terrorisme. C’est une recette pour une guerre sans fin contre le terrorisme.
* Seumas Milne est journaliste et éditeur associé au journal britannique The Guardian
7 janvier 2010 - The Guardian –
Vous pouvez consulter cet article à :http://www.guardian.co.uk/commentis...
Traduction : Claude Zurbach Seumas Milne
http://nasr-moqawama.blogspot.com
1-7 Docteur Balawi, agent triple et kamikaze.
Comment un djihadiste prétendument repenti, devenu la principale source d’informations des Américains, a attiré dans son piège – et décimé – la cellule de la CIA chargée de la traque des principaux chefs d’Al-Qaïda.
L’opération kamikaze qui a ciblé, le 30 décembre, à Khost, capitale de la province du même nom, la base Chapman, où se trouve le quartier général de la CIA en Afghanistan, constitue un revers cuisant pour le renseignement américain dans sa traque des principaux leaders de la nébuleuse islamiste. Non seulement Oussama Ben Laden demeure insaisissable, mais ses ouailles ont réussi à frapper au cœur le dispositif mis en place par les États-Unis pour retrouver sa trace.
Al-Qaïda a même poussé l’audace jusqu’à emprunter un mode opératoire jusque-là labellisé CIA : l’agent double.
Traitée de « nulle » par le Pentagone – dirigé par Robert Gates, un ancien de la maison –, devenue la risée des confrères des quinze autres agences américaines de renseignements, dont les rivaux du FBI, la CIA a perdu dans l’opération des officiers quasi irremplaçables. En outre, l’attentat de Khost a jeté le discrédit sur le mode de collecte d’informations et remis en question la fiabilité des services secrets partenaires dans la lutte antiterroriste, au premier rang desquels les moukhabarat jordaniennes – pourtant réputées comme étant parmi les plus efficaces du monde arabe –, responsables d’avoir permis l’introduction du loup dans la bergerie.
Amateurisme et négligence
Le loup en question, un certain Houmam Khalil Abou Moulal al-Balawi, médecin jordanien de 32 ans, était présenté comme la source de renseignement principale pouvant mener à la tanière d’Aymen al-Zawahiri, numéro deux d’Al-Qaïda, aussi insaisissable que son patron. Le 30 décembre dernier, quatre membres de la section Alex, nom de code de la cellule chargée de la traque des chefs d’Al-Qaïda, attendent l’arrivée du précieux informateur, accompagné de son officier traitant jordanien, le capitaine Cherif Ali Ibn Zayd, brillant officier des moukhabarat, qui plus est membre de la famille royale des Hachémites. La réunion est suffisamment importante pour que la Maison en soit informée. Sont présents, outre quatre officiers de la CIA, dont deux sont venus directement de Langley (Virginie), siège de l’agence, pour l’occasion, deux agents de la compagnie privée de sécurité Blackwater et le commandant de la base Chapman. Ni Balawi ni le capitaine Ibn Zayd ne sont fouillés à leur arrivée au camp militaire.
Le kamikaze pénètre enfin dans le saint des saints, l’endroit sans doute le mieux protégé d’Afghanistan, qui abrite le centre de commandement des opérations de liquidation des chefs d’Al-Qaïda et des émirs résistants. Le capitaine Ibn Zayd présente à l’assistance sa perle rare : « l’homme qui sait où dort Zawahiri ». Balawi actionne alors sa ceinture d’explosifs, tuant les sept Américains et le cousin du roi Abdallah II. Dans les milieux du renseignement, on n’en revient pas de l’amateurisme conjoint de la CIA, du commandement de la base et des gorilles de Blackwater, censés protéger les deux émissaires de Langley. Pis : l’auteur de l’attaque n’est pas inconnu des services occidentaux. Houmam Khalil al-Balawi, alias Abou Doujana al-Khourasani, était répertorié comme un idéologue de la mouvance djihadiste. Une de ses fatwas, datée de janvier 2007, avait contraint les services de sécurité français à placer sous protection le philosophe toulousain Robert Redeker, auteur d’une chronique au vitriol contre le Coran publiée en septembre 2006 par Le Figaro. En réussissant à frapper au cœur le « Satan » américain, Balawi est entré au panthéon de l’internationale djihadiste. Qui était-il ?
Médecin bénévole pendant « Plomb durci »
Né en 1977 à Koweït City, où son père, un Palestinien réfugié de 1948, s’était installé depuis plusieurs années en qualité de conseiller pédagogique, Houmam est issu de la tribu des Abou Moulal, réfugiée en Jordanie après la naissance de l’État d’Israël. Enfance sans histoire mais adolescence perturbée par l’invasion irakienne du Koweït, en 1991. La famille Balawi est de nouveau contrainte à l’exil. Houmam, ses huit frères et sœurs, ainsi que ses parents se retrouvent à Amman, dans le quartier chic de Nouzha. Brillant élève, Houmam décroche son bac avec mention en 1995. Ce qui lui vaut une bourse d’études à l’étranger. Ayant grandi dans une famille pieuse et assez conservatrice, Houmam choisit Istanbul, en Turquie, pour y poursuivre des études de médecine. Il y rencontre Dafnae, militante islamiste, qui deviendra son épouse et avec laquelle il aura deux filles. Son diplôme de médecin en poche, il retourne à Amman en 2003, l’année de « Liberté immuable », nom de code de l’invasion de l’Irak.
Le docteur Balawi travaille dans de nombreuses cliniques de la capitale jordanienne. Casanier, porté sur la lecture, il a peu d’amis, fréquente rarement les mosquées salafistes… mais n’en pense pas moins. Sans même que ses proches s’en rendent compte, le docteur Balawi devient Abou Doujana al-Khourasani. C’est sous ce pseudonyme qu’il signe des articles incendiaires sur les forums islamistes qui polluent Internet. Son style lui vaut une rapide notoriété dans les milieux djihadistes, mais rares sont ceux qui connaissent l’identité exacte de celui qui dirige, depuis 2007, le site Hesba, l’un des mieux informés sur les activités d’Al-Qaïda, diffusant, quasiment en temps réel, les images d’attentats ou d’otages occidentaux détenus en Irak ou en Afghanistan. L’opération « Plomb durci », menée par Tsahal entre décembre 2008 et janvier 2009, marque le docteur Balawi. Il est alors médecin bénévole à l’UNRWA, l’agence onusienne d’aide aux réfugiés palestiniens.
Une « balance » très loquace
Le spectacle d’enfants brûlés au phosphore blanc le traumatise.
Abou Doujana écrit alors une tribune où il explique que « la plume du djihadiste ne saurait lui garantir le paradis si son sang ne coule pas pour la cause ». Si l’on sait quand il a décidé d’agir (manifestement après son voyage à Gaza, en février 2009), nul n’est en mesure d’affirmer si l’idée, le mode opératoire et le timing sont de son fait.
Toujours est-il que le docteur Balawi décide de tomber le masque d’Abou Doujana. Il est arrêté par les services jordaniens en mars. Incarcéré, il fait le repenti, celui qui a peur d’être torturé, et balance à tout-va. Les limiers jordaniens n’en reviennent pas. La terreur Abou Doujana se révèle une poule mouillée, qui plus est cupide, puisqu’il s’intéresse aux millions de dollars que promettent les Américains en échange d’informations pouvant mener aux « stars » d’Al-Qaïda. Au bout de quinze jours, le docteur est libéré, officiellement pour « insuffisance de preuves ».
En fait, les services jordaniens sont convaincus d’avoir déniché un filon en or dans la traque de Ben Laden. Au fil des mois, la balance Balawi est réellement efficace. Ses « informations » permettent de déjouer un attentat contre le roi Abdallah II. Les préparatifs n’étaient nullement une fiction et les personnes arrêtées étaient effectivement « mandatées » par Al-Qaïda pour s’attaquer au souverain jordanien. Le docteur Balawi devient le protégé du capitaine Ali, cousin du monarque. Il dénonce également quelques chefs résistants. L’information est transmise à la section Alex, qui envoie des drones à la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan. Balawi devient la perle qu’évoquent les moukhabarat jordaniennes devant leurs interlocuteurs de la CIA.
Sur les traces de Zawahiri
En août 2009, quelques jours après l’élimination par la CIA – grâce à lui ? – de Baitullah Mehsud, chef des résistants du Pakistan, il propose à son officier traitant une mission au Pakistan pour localiser Zawahiri. Pour mieux tromper le capitaine Ibn Zayd, il exige de ne pas partager les 25 millions de dollars promis par l’administration américaine.
Les deux hommes se rendent au Pakistan. L’espion jordanien n’en croit pas ses yeux. Le docteur Balawi est comme un poisson dans l’eau à Peshawar, ville du nord-ouest du Pakistan, mythique aux yeux des djihadistes et des vétérans arabes de la première guerre d’Afghanistan. Ibn Zayd se retrouve en compagnie de Hakimullah Mehsud, successeur de son cousin Baitullah à la tête des résistants pakistanais. Il assiste, sans le savoir, à l’enregistrement de la revendication de l’attentat qui lui coûtera la vie et qui sera diffusé par Al-Jazira le 9 janvier.
Le 26 décembre, Langley est dans la tourmente.
L’attentat déjoué contre un vol Amsterdam-Detroit le jour de Noël a provoqué la colère du président Barack Obama. « Des têtes vont tomber », promet-il. C’est dans ce contexte tendu que parvient une bonne nouvelle d’Islamabad. Le capitaine Ibn Zayd annonce en langage codé que Zawahiri a été localisé.
Rendez-vous est pris pour le 30 décembre, à Khost. On connaît la suite…
A
26/1
http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2558p044-046.x...
1-8Le retour de la Russie en Afghanistan.
La nouvelle stratégie militaire américaine en Afghanistan est sur le point d’avoir une conséquence pour le moins inattendue… Le retour de la Russie sur ce théâtre d’opérations.
Quand on songe que les USA ont soutenu les Talibans pour contrer l’intervention soviétique dans l’ancienne Bactriane, cela laisse pour le moins rêveur quand aux retournements et clins d’œil de l’histoire.
La volonté d Obama d’augmenter les effectifs et surtout de les Otaniser pose déjà des problèmes. L’attitude servile du président français a peu d’impact sur le plan logistique qui reste de loin l’essentiel. Les USA savent ne plus pouvoir vraiment compter sur une base capitale. Il s’agit de la base de Manas au Kirghizstan.
Le Kirghizstan a insisté sur le fait que sa décision de fermer une base aérienne installée par les Etats-Unis sur son territoire, vitale pour l’approvisionnement des forces américaines et de l’Otan en Afghanistan, était « définitive ». Le Tadjikistan est prêt lui au contraire a autoriser le transit de matériel vers la coalition internationale en Afghanistan après la décision du Kirghizstan.
Comme pour montrer qu’elle menait le jeu, la Russie, qui souhaitait ardemment la fermeture de cette base, a affirmé qu’elle permettrait le transit de matériel envoyé par les Etats-Unis en Afghanistan.
Le véritable motif de la démarche de Bichkek est à chercher en effet du côté de Moscou.
En effet, conformément à l’accord signé le 3 février par les présidents des deux pays, la Russie octroie au Kirghizistan, dont la situation économique est catastrophique, une aide financière de 150 millions de dollars et un crédit de 300 millions de dollars.
La Russie construira également une centrale hydroélectrique au Kirghizistan, qui connaît des crises énergétiques à répétition. Enfin, la dette contractée par Bichkek auprès de Moscou – 180 millions de dollars – sera annulée en échange d’une participation russe dans quelques entreprises kirghizes et de l’ouverture d’un centre culturel russe à Bichkek. L’éviction des 1 200 soldats américains déployés sur la base de Manas est une victoire pour Moscou.
Hantée par la restauration de sa puissance perdue, la Russie cherchait depuis longtemps à reprendre pied en Asie centrale.
L’ambassadeur russe à l’OTAN Dmitri Rogozine a affirmé que Moscou reprendrait les réunions formelles du Conseil Otan-Russie.
Cela arrivera, avait-il assuré, mais cela devra venir « à l’initiative de l’OTAN ». »C’est un intérêt commun d’unir nos efforts contre les résistants en Afghanistan donc nous avons beaucoup de travail à l’avenir », avait ajouté Rogozine. »L’Afghanistan est une des zones où l’OTAN et la Russie voient d’un même œil l’importance de la coopération et je pense que vous allez constater un approfondissement », a dit plus tard le porte-parole de l’Otan.
Selon le porte-parole, la Russie et l’OTAN considèrent toutes deux que la coopération en Afghanistan doit être élargie politiquement et si possible militairement, mais Ivanov a prévenu qu’aucun déploiement de troupes russes n’était envisagé.
En tout cas pour le moment en attendant peut être que les UUSA et l’OTAN ne s’enfoncent encore plus dans ce piège afghan qui permet à Moscou de revenir en force en Asie centrale.
http://www.mecanopolis.org/?p=3788
1-9 2010 : Bienvenue dans le monde d’Orwell.
Attention
A voir si on peut assimiler l'invasion britannique au 19 ème et l'intervention soviétique au 20ème comme le prétend ce texte du Grd Soir.
Personnellement, je ne le crois pas
Sinon : texte dénonçant les mensonges notamment la procédure d'inversion dans les discours ainsi que le recours à un terme fourre-tout, diabolisé (Résistants, Al Quaeda, autrefois Viet Cong et bien d'autres)
Intéressant
2010 : Bienvenue dans le monde d’Orwell.
John PILGER
Dans son livre « 1984 », George Orwell décrit un super état nommé Oceania dont le langage guerrier inversait les termes pour en faire des mensonges qui « sont passés dans l’histoire comme des vérités. « Celui qui contrôle le passé, » disait le slogan du Parti, « contrôle le futur : celui qui contrôle le présent contrôle le passé. »
Barack Obama est le dirigeant de l’Oceania contemporain. En deux discours en cette fin de décennie, le lauréat du prix Nobel de la paix a affirmé que la paix n’était plus la paix, mais plutôt une guerre permanente qui « s’étend bien au-delà de l’Afghanistan et du Pakistan » jusqu’à des « régions agitées et des ennemis diffus » (*). Il l’a définie comme la « sécurité globale » et nous conviait à nous montrer reconnaissants. A l’intention du peuple d’Afghanistan, que les Etats-Unis ont envahi et occupé, il a déclaré avec malice : « Nous n’avons aucun intérêt à occuper votre pays ».
Dans l’état d’Oceania, vérité et mensonge ne font qu’un. Selon Obama, l’attaque américaine contre l’Afghanistan en 2001 fut autorisée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies. Il n’y a jamais eut d’autorisation des Nations Unies. Il a dit que « le monde » soutenait l’invasion au lendemain du 11 septembre alors qu’en réalité dans 34 des 37 pays sondés par l’institut Gallup, une écrasante majorité s’y opposait. Il a dit que les Etats-Unis ont envahi l’Afghanistan « uniquement après que les Résistants aient refusé de livrer (Oussama) Ben Laden ». En 2001, les Résistants ont tenté à trois reprises de livrer Ben Laden, selon le régime militaire du Pakistan, mais ils furent ignorés. Et même la mythification du 11 septembre par Obama pour justifier sa guerre est fausse. Plus de deux mois avant l’attaque des tours jumelles, le ministre des affaires étrangères du Pakistan, Niaz Naik, était informé par l’administration Bush qu’une attaque militaire allait être lancée mi-octobre. Le régime résistants à Kaboul, qui avait été secrètement soutenu par l’administration Clinton, n’était plus considéré comme suffisamment « stable » pour garantir le contrôle américain sur les oléoducs et gazoducs vers la mer Caspienne. Le régime devait donc être renversé.
Le mensonge le plus éhonté d’Obama est que l’Afghanistan aujourd’hui est un « havre » pour Al-Qaeda et ses attaques contre l’Occident. Mais son propre conseiller à la sécurité nationale, le Général James Jones, a déclaré au mois d’octobre qu’il y avait « moins de 100 » membres d’Al-Qaeda en Afghanistan. Selon les services de renseignement US, 90 % des Résistants sont à peine des Résistants, mais « une insurrection tribale locale qui s’oppose aux Etats-Unis parce ces derniers constituent à leurs yeux une force d’occupation. » La guerre est une arnaque. Il faut avoir un encéphalogramme à plat pour croire encore à la « paix mondiale » qu’Obama veut nous vendre.
Cependant, en coulisses se prépare un véritable plan. Sous le commandement du troublant Général Stanley McCrystal, qui fut distingué pour ses escadrons de la mort en Irak, l’occupation d’un des pays les plus pauvres est un modèle pour les « régions agitées » du monde qui échappent encore au contrôle d’Oceania. Il est connu sous le nom de COIN, ou « counter-insurgency network » (réseau de contre insurrection), qui rassemble militaires, organisations humanitaires, psychologues, anthropologues, média et consultants en relations publiques. Noyé sous un jargon qui parle de gagner les coeurs et les esprits, son objectif est de provoquer des conflits interethniques et une guerre civile : Tadjiks et Ouzbekes contre Pashtouns.
C’est ce que les Américains ont fait en Irak où ils ont détruit une société multiethnique. Ils ont acheté des gens et construit des murs entre des communautés où auparavant on connaissait des mariages mixtes, ils ont procédé à un nettoyage ethnique des sunnites et exilé des millions à l’étranger. Les médias embarqués ont présenté tout ceci comme « la paix », et les universitaires américains à la solde de Washington et les « experts en sécurité » coachés par le Pentagone sont apparus à la télévision pour répandre la bonne nouvelle. Comme dans « 1984 », c’est le contraire qui était vrai.
Quelque chose de similaire est prévu pour l’Afghanistan. La population sera déportée dans des « zones cibles » contrôlées par des chefs de guerre financés par Washington et le trafic d’opium. Que ces chefs de guerre soient notoirement connus pour leur barbarie n’a aucune importance. « Cela ne nous dérange pas » avait déclaré un diplomate de l’administration Clinton en référence de la persécution des femmes sous le régime « stable » des Résistants. Des organisations humanitaires, des ingénieurs et des agronomes seront désignés pour gérer la « crise humanitaire » et ainsi « sécuriser » les zones tribales.
Voilà pour la théorie. Ca a bien fonctionné en Yougoslavie où une partition éthnique sectaire a balayé une société qui était jadis pacifique, mais ça a échoué au Vietnam où le programme des « hameaux stratégiques » de la CIA dont l’objectif était de regrouper la population et la diviser pour battre le Viet Cong – un terme fourre-tout que les américains employaient pour désigner les résistants, comme aujourd’hui ils emploient le terme « Résistants ».
Une part de responsabilité incombe aux Israéliens, qui depuis longtemps conseillent les Américains en Irak et en Afghanistan. Les nettoyages ethniques, la construction de murs, les points de contrôle, les punitions collectives et la surveillance constante sont revendiqués comme des innovations israéliennes qui ont permis le vol de la majorité du territoire Palestinien. Et pourtant, malgré toutes les souffrances endurées, les Palestiniens n’ont pas été irrévocablement divisés et résistent en tant que nation, contre toute attente.
Les précurseurs les plus emblématiques du Plan Obama, que le lauréat du Prix Nobel de la Paix et son étrange général et ses hommes en charge des relations publiques aimeraient nous faire oublier, sont ceux qui ont échoué en Afghanistan justement.
Les Britanniques au 19eme siècle et les Soviétiques au 20eme siècle ont tenté de conquérir le pays sauvage par le nettoyage ethnique mais ont du déguerpir, après avoir provoqué un bain de sang. Leurs mémoriaux sont les cimetières des empires. Le pouvoir d’un peuple, parfois déroutant, souvent héroïque, est comme des graines qui germent sous un manteau de neige, et les envahisseurs le craignent.
« C’était curieux », a écrit Orwell dans « 1984 », « de penser que le ciel était le même pour tous, en Eurasie, en Estasie ou ici. Et que les gens sous ce ciel étaient très semblables, partout dans le monde... des gens qui s’ignoraient, séparés par des murs de haine et de mensonges, et qui pourtant étaient pratiquement les mêmes qui ... accumulaient dans leurs coeurs, leurs ventres et leurs muscles l’énergie qui un jour allait renverser le monde. »
John Pilger
01-01-10
http://ww.johnpilger.com
traduction VD pour le Grand Soir
(*) Discours du président Obama en français : http://french.chad.usembassy.gov/di...
URL de cet article : http://www.legrandsoir.info/2010-Bienvenue-dans-le-monde-...
http://www.leprogres.fr/fr/france-monde/article/2626370,1...
09:29 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pakistan, al qaida, résistants, occupants, usa, attentats, 11-septembre, amérique, militaire




Écrire un commentaire