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15.02.2010

n° 510- Journal de la Lutte pour la libération de la Palestine - 14-02 - Début - Après le mur d’acier sur la frontière de Ghaza : L’Égypte construit un port de contrôle…

n° 510- Journal de la Lutte pour la libération de la  Palestine - 14-02   - Début  - Après le mur d’acier sur la frontière de Ghaza : L’Égypte construit un port de contrôle…



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal de la Lutte pour la libération de la  Palestine

n° 510 -14-02                                          C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire.

 Tiré à part 

Le ramassage de cailloux, un nouveau métier de survie dans la bande de Gaza meurtrie par le blocus.

1 Médias/Vidéos 

1-1 Vidéo :  Tariq Ramadan : Gaza un an après.

1-2 Vidéo :  Gaza-strophe.

1-3 Vidéo : Le saviez-vous? Gaza

1-4 Vidéo : Gaza: The Killing Zone - Israel/Palestine.

1-5 Vidéo : Alrowwad.

1-6 Rania Massoud : Entre Israéliens et Palestiniens, une guerre des mots qui ne dit pas son nom.

1-6 Silvia Cattori : Les injustices subies par Youssef Nada : Un cas d’école.

1-7 Alain Gresh : Propagande et désinformation à l’israélienne (II)

Suite

2 Les brèves

2-1 Après le mur d’acier sur la frontière de Ghaza : L’Égypte construit un port de contrôle…

2-2  Le grand capital de l'industrie, la mafia et la corruption contribuent a l'édification du mur en acier.

2-3 Comment « l'American Jewish Committee," et le "World Jewish Congress." » ont acheté le vote de Panama à l'ONU.

2-4 Nétanyahou prêt à négocier mais «sans préalables»

2-5 Des Palestiniens lancent des pierres sur un ministre israelien lors de sa visite au village d'Araba .

2-6 Les petits soldats de Tsahal.

2-7 Israël kidnappe 70 travailleurs Palestiniens.

2-8 Bil'in village.

2-9 Bil'in village (2)

2-10 Les ouvriers de la Cisjordanie constamment maltraités de la part de l'armée israélienne.

2-11 Kanaan Obeid : la centrale électrique de Gaza va arrêter complètement le jeudi prochain.

2-12 "Israël" développera des satellites de petite taille lancés par avion.  

Fin

3 Dossier

3-1 Adrien Jaulmes «Un État palestinien est devenu impossible»

3-2 Meron Benvenisti : L’inévitable régime binational.

3-4 Alain Gresh : Une paix imposée au Proche-Orient ?

3-5 Benjamin Barthe : L'armée israélienne a changé sa doctrine pour la guerre de Gaza.

3-6 Uri Avnery : "Tue encore un Turc et repose-toi ".

3-7 Robert Fisk : Tel une victime, un ‘chien du dessous’, Israël se sent assiégé ...

3-8 Kawther Salam : L’Union Européenne aide-t-elle le Mossad à commettre ses crimes ?

 



Tiré à part 

Le ramassage de cailloux, un nouveau métier de survie dans la bande de Gaza meurtrie par le blocus.

Le blocus n’arrête pas de faire des dégâts dans la bande de Gaza, depuis plus de trois ans, bientôt quatre.

La guerre agressive israélienne menée contre Gaza n’est venue que pour rendre encore plus difficile la vie des habitants de la Bande.

Leurs souffrances n’arrêtent pas de s'accroître. Le chômage en fait partie. Des milliers et des milliers d’ouvriers perdent leur travail. Des milliers de familles perdent les sources de leur survie. Des hommes, des femmes, des enfants, et même des personnes âgées ne trouvent rien d’autre à faire que de ramasser des cailloux, de l’extraire du fond de la terre, une nouvelle façon de s’en sortir, de faire face à cette misère qui les frappe de plein fouet.

Ni le grand froid, ni la poussière n’empêche ces gens de travailler, de creuser plusieurs mètres sous terre, dans la zone d’Al-Moharrerat à l’ouest de la ville de Khan Younes, pour ramasser une certaine quantité de cailloux vendables aux commerçants de matériaux de construction.

Et la guerre agressive israélienne menée contre Gaza a dévasté la Bande l y a plus d’un an. On avait annoncé sa reconstruction, à plusieurs reprises. Pourtant, rien n’arrive. On est alors obligé de faire avec les moyens du bord pour reconstruire ce qui serait reconstructible. Alors, à l’aube de chaque jour de ce dur hiver, des femmes et des enfants partent creuser une terre dure avec de petits outils, avec de petites mains. Ensuite, il faut extraire les petits cailloux de la terre. Travail d’une longue journée qui ne donnera enfin qu’une petite chose. Une petite chose certes, mais très importante pour ces familles qui n’ont pas d’autre source pour vivre, surtout face à ces prix qui ne cessent de grimper.

Travail sous contrainte

Om Mahmoud est une dame de 54 ans. Le mari étant invalide, elle se retrouve toute seule pour faire vivre une famille de dix personnes. Quotidiennement, ils partent vers ladite zone. Les jours de vacances scolaires, ses enfants l’accompagnent pour l’aider. Le jour où toute la famille travaille, deux chariots seront remplis et vendus à 30 shekels, quelque 9 dollars.

En dépit de la fatigue, Om Mahmoud se voit satisfaite, par rapport à ces gens qui ne peuvent même pas faire ce travail pour une raison ou pour une autre.

Son grand garçon, 20 ans, a quitté l’école pour aider la famille. Il travaille maintenant avec sa mère.

Aucun projet d’avenir, dit-il, on vit au jour le jour. On peut à peine en sortir de quoi manger et acheter des affaires pour ses petits frères.

Des maladies

Dans la zone, tout le monde creuse. La poussière infecte l’atmosphère. Elle infecte également les poumons de ces femmes et ces enfants qui travaillent toute la journée. Pire, des mères amènent leurs nourrissons avec eux, ne trouvant d’autre solution. Une de ces mères préfère mourir en travaillant que de faim.

Garder les cailloux

Il y a ceux qui extraient les cailloux, ceux qui les achètent pour en faire des produits de construction, en ce temps de blocus où tout est interdit d’entrée dans la bande de Gaza. Il y a aussi ceux qui gardent les cailloux ramassés.

Le jeune Mustapha, 23 ans, garde les cailloux ramassés jusqu’à l’arrivée des camions qui les transportent. Mustapha, pour seulement 60 dollars par semaine, surveille les amas de cailloux, jour et nuit, privé de sa famille. Aucun avenir avec une telle somme, dit-il, aucune idée de mariage.

Malgré tout, il continue à travailler, le sourire aux lèvres. Ils veulent vivre avec dignité : « Nous ne baissons pas les bras devant l’ennemi sioniste, dit Mustapha. Nous ne nous mettons pas à genoux, aussi difficile que soit la vie ».

Le Centre Palestinien d'Information -

Mercredi 10 février 2010

Gaza – CPI

http://www.palestine-info.cc/...

http://www.palestine-solidarite.org/rapport.CPI.100210.htm



1 Médias/Vidéos 

1-1 Vidéo :  Tariq Ramadan : Gaza un an après

PARTIE 5/6 :http://www.dailymotion.com/video/xbxb98_tariq-ramadan-gaz...

PARTIE 6/6 : http://www.dailymotion.com/video/xbxbdw_tariq-ramadan-gaz...

(pour visionner lespremières vidéos cliquer sur ce lien :

http://www.ism-france.org/news/article.php?id=13313&t...)

 

1-2 Vidéo : Gaza-strophe.

PARTIE 1

http://www.dailymotion.com/video/xc6q42_gaza-strophe-le-j...

 

SUITE PARTIE 1

http://www.dailymotion.com/video/xc6pzp_gaza-strophe-le-j...

 

1-3 Vidéo : Le saviez-vous? Gaza. 

Le saviez-vous?: Gaza 

http://www.youtube.com/watch?v=3kOsmayoZkU&feature=pl...#

 

1-4 Vidéo : Gaza: The Killing Zone - Israel/Palestine.

http://www.youtube.com/watch?v=l0aEo59c7zU&feature=pl...#

 

1-5 Vidéo : Alrowwad.

"Alrowwad est un centre indépendant pour les activités artistiques, culturelles, de formation et de théâtre pour les enfants dans le camp Aida et la Palestine, initiatrice de la Belle de résistance non-violente contre la laideur de l'occupation israélienne et sa violence, et s'est engagé à fournir un environnement «sûr» et sain pour aider à la créativité des enfants et des femmes de décharge de stress dans les conditions de guerre, ils sont contraints de vivre, dans un esprit d'entreprenariat social et le respect des droits de l'homme et des valeurs, et en tant que partenaires égaux pour faire un changement positif dans ce monde."

Vidéo :http://www.youtube.com/watch?v=BnIZlVOExV4&feature=pl...#

6 février

 

1-6 Rania Massoud : Entre Israéliens et Palestiniens, une guerre des mots qui ne dit pas son nom.

Le choix des mots n'est jamais innocent, surtout lorsqu'il s'agit de rendre compte d'un conflit.

Le langage peut s'avérer être une arme puissante de propagande où chaque terme a une connotation bien spécifique et peut éveiller consciemment ou non un sentiment chez le récepteur qui, généralement, n'est lui-même pas neutre.

Le "conflit" qui oppose depuis plus de 60 ans Israéliens et Palestiniens ne fait pas exception.

Faut-il utiliser l'expression « Barrière de sécurité » ou « Mur de séparation » ?

« Territoires palestiniens occupés » ou « Territoires disputés » ? « Cisjordanie » ou « Judée-Samarie » ?

« Implantation » ou bien « Colonie » ?

Si la question ne se pose pas pour les médias qui ont choisi leur camp, pro-israéliens ou pro-palestiniens, elle constitue un véritable casse-tête pour ceux qui cherchent à s'en tenir à une certaine neutralité. 
Une déformation de la réalité
Pour Clovis Maksoud, ancien diplomate et professeur de relations internationales à l'American University à Washington, « la terminologie peut avoir un impact direct sur l'évolution du conflit israélo-palestinien ». « À force d'utiliser des termes erronés, les médias, notamment américains, contribuent indirectement à la déformation de la réalité », expliquait M. Maksoud lors d'une conférence organisée la semaine dernière par l'Institute of Palestinian Studies à Beyrouth. « Les mots peuvent devenir des pièges dangereux capables de miner tout progrès dans le processus de paix », insistait-il. « Lorsque l'ONU déclare que
la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza sont des territoires palestiniens occupés, ceci implique que leur situation est temporaire et non pas permanente, poursuivait-il. Toutefois, Israël n'a jamais, depuis 1967, reconnu son statut d'occupant et utilise le terme "disputés", qui est inadéquat, pour désigner les territoires palestiniens. » Pour M. Maksoud, ancien représentant de la Ligue arabe aux États-Unis, il s'agit là d'un exemple de la « politique du fait accompli ». « En insistant sur l'appellation de Jérusalem comme étant sa "capitale éternelle et indivisible", Israël tente d'imposer une nouvelle réalité aux la communauté internationale et aux Palestiniens », explique-t-il.
Polémique sur Jérusalem-Est
La question de Jérusalem a récemment été au centre d'une polémique entre Européens et Israéliens. En décembre dernier, plusieurs pays européens ont tenté de faire adopter une position commune de l'UE reconnaissant Jérusalem-Est comme capitale d'un futur État palestinien. Israël, qui a vivement critiqué cette position, a fait pression sur les Européens afin qu'ils modifient le document en question. « Nous reconnaissons tous, dans les discours, que Jérusalem-Est est occupée. Et si elle est occupée, elle n'appartient pas à Israël », avait déclaré le chef de la diplomatie luxembourgeoise, Jean Asselborn, tout en plaidant pour que les Européens et les États-Unis adoptent un « langage clair ».
« Le choix des mots est important parce qu'il implique une reconnaissance, affirme Clovis Maksoud. À partir de là, on comprend pourquoi les Israéliens insistent à ce que les Palestiniens reconnaissent leur pays comme un "État juif" et refusent de parler d'un futur État palestinien. » En mai dernier, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait reconnu qu'il avait certaines réserves concernant le terme État palestinien dans un accord sur le statut final des territoires palestiniens. « Lorsqu'on parviendra à un accord sur la substance, nous parviendrons à un accord sur la terminologie», avait-il précisé.
Une « guerre médiatique »
« Il ne faut pas sous-estimer le poids des mots, affirme M. Maksoud. L'utilisation d'un terme à la place d'un autre, surtout dans le cadre d'un conflit, est une sorte de désinformation qui peut avoir des conséquences dangereuses, notamment en matière de droit international. » L'offensive israélienne contre la bande de Gaza il y a un an en est une illustration.
L'expression « raids contre des cibles du Hamas », que l'armée israélienne faisait circuler, laissait entendre que tout ce qui était lié au gouvernement de Gaza était une cible « légitime ». Bien que les lieux de culte soient considérés comme des lieux publics protégés par le protocole de Genève, plusieurs mosquées dans la bande de Gaza ont été visées par des raids israéliens sous prétexte que le mouvement islamiste y cachait des armes. Certaines chaînes de télévision américaines, dont NBC, ont affirmé que l'Université islamique de Gaza était une « cible stratégique », sans préciser pourquoi.

La censure dans les médias français
Pour Éric Rouleau, éditorialiste au journal Le Monde et ancien ambassadeur de France en Turquie, les médias occidentaux pratiquent largement l'autocensure, surtout lorsqu'il s'agit du conflit israélo-palestinien. « Cette guerre terminologique existe depuis la création de l'État d'Israël, a-t-il affirmé lors de la conférence organisée par l'Institute of Palestinian Studies. À cette époque, les journalistes français ne pouvaient pas utiliser des termes non conformes au langage sioniste. Ainsi, il fallait automatiquement remplacer le mot "Palestinien" par "terroriste". » « Tout au long des années 50 et 60, le seul fait d'écrire le mot "Palestinien" dans les colonnes du journal pouvait provoquer un véritable tsunami de la part des Israéliens », expliquait encore M. Rouleau avant de préciser que Le Monde a été à plusieurs reprises accusé d'antisémitisme et d'incitation à la haine contre Israël.
Selon l'ancien diplomate, ce n'est qu'après 1967 que la situation a changé. « Après la guerre des Six-Jours, nous avons constaté que le soutien européen aux Israéliens diminuait progressivement. Les lettres de protestation destinées au journal étaient par ailleurs de moins en moins nombreuses. »
Selon un sondage effectué dans quinze pays européens en 2003, 59% des sondés estiment qu'Israël constitue une menace pour la paix mondiale. « La situation a bien changé depuis 1948. La pression exercée sur les journalistes a considérablement baissé, mais elle existe toujours », affirme M. Rouleau, rappelant la polémique suscitée en 2001 autour de Pascal Boniface, fondateur de l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS) et auteur du livre Est-il permis de critiquer Israël ? « L'autocensure dans les médias n'a peut-être pas complètement disparu aujourd'hui, reconnaît M. Rouleau, mais nul ne peut nier que plus d'un tabou a quand même été brisé. » 

 Rania Massoud

Articles de Rania Massoud publiés par Mondialisation.ca

L'Orient le Jour

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticl...


1-6 Silvia Cattori : Les injustices subies par Youssef Nada : Un cas d’école.

Le devoir d’un journaliste est d’apporter au public les éléments d’information et d’analyse permettant de comprendre ce qui se passe.

Á l’heure où les États « occidentaux » se sont engagés dans des guerres unilatérales dévastatrices et des campagnes de haine raciste contre l’Islam, ce que les journalistes disent - ou taisent - peut contribuer à ce que des pays et des peuples soient injustement écrasés et humiliés, et des gens - notamment de confession musulmane - arbitrairement arrêtés, torturés, inscrits sur des listes terroristes, brisés à jamais.

18 janvier

Quand on exerce ce métier il est impératif de rester libre de toute attache.

Car une information correcte requiert du journaliste le respect d’une éthique, et un travail de recherche courageux pour porter à la connaissance du public ce que les pouvoirs en place cherchent à occulter.

Dès les années 90, suite à des campagnes de dénigrement bien orchestrées - et malheureusement toujours à l’œuvre - la vie de nombreuses personnes de confession musulmane, a basculé dans l’horreur. Pour sa grande infortune et celle de sa famille, Youssef Nada, un ingénieur et banquier italien d’origine égyptienne, a été l’une d’elles.

La douloureuse histoire de Youssef Nada, inscrit après le 11 septembre 2001, sans que rien ne le justifie, sur la liste noire des personnes accusées de soutenir le terrorisme [1] – et finalement radié de cette liste [2] après huit années de « vicissitudes kafkaïennes », selon les propres termes du sénateur suisse Dick Marty – devrait nous conduire à méditer afin que ce genre d’abominations ne se répète plus. L’injustice subie par Youssef Nada - une figure politique très respectée dans le monde, qui occupait notamment une position éminente au sein du mouvement des Frères musulmans - nous paraît emblématique du rôle perverti d’une partie de la presse, et de ses accointances avec les services de renseignement.

Le ciel est tombé une première fois sur la tête de Youssef Nada quand, en 1997, le journaliste Guido Olimpio a publié un article [3] dans l’influent quotidien milanais Corriere della Sera, affirmant, sans apporter aucune preuve tangible, que Youssef Nada « finançait le mouvement du Hamas », mouvement de résistance – faut-il le préciser – que l’occupant israélien pourchassait et s’acharnait depuis longtemps à criminaliser et à transformer en menace planétaire, aux yeux de « l’Occident ».

Les folles accusations de Guido Olimpio ont été dûment démenties.

Toutefois, la suite des évènements allait démontrer que l’objectif visé par ces fausses informations avait été atteint : braquer l’attention des services de renseignements et des médias du monde entier sur la personne de Youssef Nada, en faisant d’une pierre plusieurs coups. Donner un visage planétaire à la « menace musulmane » au travers d’un paisible financier ; stigmatiser les banques détenues par des musulmans pour inciter l’Occident à considérer d’avance comme suspectes leurs transactions financières et à considérer les dons versés à des organisations caritatives gérées par le mouvement des Frères musulmans comme destinées à financer le « terrorisme » ; répandre la peur dans l’opinion publique, en faisant croire que des musulmans vivants parmi nous, pouvaient cacher des « terroristes » potentiels, etc.

Les choses ne se sont donc pas arrêtées là. Dans de nombreux pays, considérés comme « stratégiques », il s’est trouvé des « experts en terrorisme » pour reprendre, sans vergogne, comme véridiques, les fantaisies de Guido Olimpio.

En Suisse, c’est le journaliste français Richard Labévière qui, dès 1997, a repris, en les aggravant, les affirmations de Guido Olimpio. Á cette époque d’intoxication et de désinformation intense destinée à criminaliser le mouvement des Frères musulmans, Richard Labévière travaillait à la télévision publique suisse romande (TSR). Il a dépeint Youssef Nada et le mouvement des Frères musulmans sous les traits de fanatiques dont il fallait se méfier. Ce qu’il affirmait, a eu un impact énorme sur des journalistes suisses qui n’avaient aucune connaissance du monde musulman, et qui s’en sont inspirés en toute bonne foi.

Le film « documentaire » réalisé par Richard Labévière, diffusé en mai 1998 par la TSR dans son magazine Temps Présent, mêlait la figure de Youssef Nada aux images de l’attentat qui, le 17 novembre 1997 à Louxor, avait coûté la vie à des touristes suisses, ce qui pouvait laisser penser qu’il y avait des liens entre les deux.

Youssef Nada évoque souvent ce film de Richard Labévière comme un moment très douloureux et offensant car il a relancé la polémique, attirant ainsi, une nouvelle fois l’attention des services de renseignement sur ses activités ; lui, l’homme respecté dans le monde entier, qui côtoyait les chefs d’Etats, qui intervenait comme médiateur de paix, a vu là, suite à cette nouvelle vague de calomnies et de suspicions, sa réputation compromise sans retour et le vide se faire autour de lui.

On sait bien aujourd’hui à quoi ont abouti ces campagnes visant à retourner l’opinion publique contre la population de confession musulmane, et poursuivies ad nauseam. En 2001, après l’attentat contre le World Trade Centre - attentat qui, selon la version officielle, n’impliquait qu’une poignée de terroristes - l’Occident a pu faire passer comme une lettre à la poste, aux yeux de l’opinion, sa guerre globale raciste contre la « terreur musulmane ».

Les listes noires où les noms de Youssef Nada, de mouvements politiques, d’entreprises, et de milliers de musulmans à la moralité irréprochable ont été inscrits, associés de manière infamante à des attentats terroristes (dont on ignore à ce jour qui sont les vrais commanditaires), à Ben Laden, à Al Qaida, se sont avérées arbitraires et illégales. « Un homme, n’importe quel citoyen, qui vient à se trouver sur ces listes est précipité instantanément, dans un puits sans fond » a fait remarquer Dick Marty [4].

Pourquoi des soi-disant « spécialistes du monde arabe » ou « experts en terrorisme », ont-ils œuvré de manière à propager un climat de peur et d’inquiétude vis-à-vis de la religion musulmane et à abonder dans le sens voulu par la propagande israélienne, c’est-à-dire, à viser continuellement, et en priorité, le mouvement des Frères musulmans, et à le désigner comme le péril absolu ? Pourquoi se sont-ils faits les instigateurs de ces campagnes mensongères ? Quel était finalement leur agenda ? Agissaient-ils de façon indépendante ou dans le cadre d’une stratégie organisée – et, si oui, par qui ? La question « cui bono ? » pourrait bien nous conduire sur la bonne piste.

La stratégie d’Israël a toujours consisté à tout tenter pour entraîner les grandes puissances dans sa confrontation avec ses voisins arabes et iraniens. Les campagnes orchestrées pour accréditer la « menace terroriste » devaient contribuer à déstabiliser les mouvements de résistance à l’occupant israélien en Palestine et au Liban, et les États qui, comme la Syrie, l’Iran, étaient dans la ligne de mire des États-Unis. [5]

Les gouvernements israéliens successifs ont toujours présenté la résistance palestinienne légitime, les résistants à l’occupant - résistance incarnée hier par le mouvement du Fatah (qu’il a réussi à mâter), et, depuis les années 90, par le mouvement du Hamas - comme des « terroristes » représentant une menace pour toute la région. En martelant que le Hamas et le mouvement des Frères musulmans qui, en Égypte s’oppose à Hosni Moubarak, ne faisaient qu’un, Israël a obtenu le plein ralliement du dictateur égyptien.

De même, en présentant la résistance libanaise incarnée par le Hezbollah, comme inféodée à l’Iran, et l’Iran lui-même comme une menace nucléaire, l’État d’Israël - fortement appuyé dans sa propagande de guerre par le réseau pro-israélien et divers services de renseignements aux États-Unis et en Europe - a réussi à entrainer l’Occident dans sa confrontation régionale sur fond de peur de l’Islam.

Le ciel est tombé une deuxième fois sur la tête de Youssef Nada quand, après les attentats du 11 septembre 2001, son nom, celui de ses associés ainsi que leurs sociétés, ont été inscrits sur la liste noire des personnes et institutions accusées de financer Al Qaida.

Aujourd’hui, grâce à sa formidable pugnacité, après huit années d’actions exténuantes et coûteuses auprès des tribunaux pour sauver son honneur et celui de sa famille, et être reconnu dans son innocence et son extranéité au terrorisme, il a obtenu la levée des accusations infamantes contre lui et la radiation de son nom de la liste terroriste des Nations Unies ; mais pas encore celle de toutes ses sociétés [6].

Ce n’est donc pas encore la fin de ses tribulations ! Dans cette folle histoire il a subi des torts moraux et des dommages estimés à plus de 380 millions de francs suisses. A qui va-t-il pouvoir présenter la facture de cet hallucinant gâchis auquel des journalistes sans scrupules ont activement contribué ?

Nous avons demandé à Youssef Nada si ceux des journalistes qui l’ont dépeint avec insistance et force affabulations, dans des avalanches d’articles et de livres traduits en plusieurs langues, comme le « chef d’un projet islamique qui voulait conquérir l’Occident », avaient, quand deux tribunaux l’ont innocenté, rectifié leurs erreurs et reconnu le mal qu’ils lui avaient causé. Il nous a répondu qu’aucun d’entre eux ne lui a jamais adressé la moindre excuse, ni écrit une ligne dans les médias qui avaient diffusé leurs accusations mensongères, pour faire connaître aux lecteurs abusés son innocence, établie depuis 2005, et admettre qu’ils s’étaient fourvoyés.

Face aux fabrications délibérées d’un prétendu « ennemi islamiste », il convient de choisir son camp : le camp de la vérité et de la justice ; le camp de la défense de ceux qui sont discriminés par nos sociétés « civilisées ».

On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Durant ces années de cauchemar où il a eu à affronter tracas et humiliations, Youssef Nada a pris la plume pour désigner les « vandales » qui ont détruit sa vie et celle de sa famille. Une famille qui vivait jusque là dans le confort tranquille d’une grande demeure donnant sur le lac de Lugano et qui, privée du jour au lendemain de ses revenus et de ses avoirs, s’est trouvée à devoir licencier ses domestiques et à vivre à l’étroit, mais qui a su faire front avec cette foi des gens qui n’ont rien à se reprocher et savent que la justice est de leur côté.

Partant de son douloureux cas, Youssef Nada a voulu rendre justice à tant d’autres frères et sœurs musulmans anonymes n’ayant pas les moyens de faire entendre leur voix, et bien plus maltraités que lui, par les manipulations médiatiques qui ont précédé les attentats du 11 septembre, et par la folie sécuritaire qui s’en est suivie.

Sur son site personnel [7] (jamais fini faute de temps) Youssef Nada raconte, avec distance et précision, ce qu’il a observé, constaté, compris, analysé, au cours de cette pénible odyssée.

Blessé par les injustices subies, profondément atteint, affaibli par le grand âge, mais infiniment digne face à l’adversité, il résume ainsi en préambule son état d’esprit d’alors : « Youssef Nada, banquier prétendument terroriste, armé de foi et de courage, luttant pour établir son innocence et pour obtenir justice ».

Nous vous invitons à lire ce que Youssef Nada présente comme une « étude de cas sur l’utilisation abusive de slogans sur la lutte contre le terrorisme, pour stigmatiser les militants politiques musulmans. »

Extraits du récit de Youssef Nada [8]

« LE “SMOKING GUN ”

En octobre 1997 un banquier m’a appelé pour me demander si j’avais lu l’article paru à mon sujet dans le Corriere della Sera. Je lui ai dit que non. Il m’a dit : c’est très grave, vous devriez le lire et le transmettre à votre avocat pour qu’il engage une action en justice.

Il m’a fallu lutter de 1997 à 2005 pour obtenir du Tribunal pénal de Milan une condamnation de l’auteur de cet article : Guido Olimpio [9] du Corriere della Sera. Un procès civil contre lui est actuellement toujours en cours [à Milan, ndt].

Les mensonges de Guido Olimpio figurant dans son article du Corriere della Sera ont été diffusés et répandus partout.
Parmi ceux qui ont contribué à répandre ces mensonges, que ce soit par jalousie ou par haine, sciemment ou non, intentionnellement ou non, qu’ils aient été engagés pour désigner des « activistes islamistes », ou motivés politiquement ou financièrement, ou par leur propre agenda professionnel, ou qu’ils aient été induits en erreur, on relève les noms suivants 
: Richard Labévière [10], Roland Jacquard, Leo Sisti, Kevin Coogan, Paolo Fusi, Daniel Pipes [11], Victor Comras, Sylvain Besson [12], Lorenzo Vidino [13], Mike Isikoff, Mark Hosenball, Douglas Farah et d’autres dont les noms seront indiqués ultérieurement.

Chacun d’eux a été utilisé pour répandre des histoires fabriquées, par les moyens à sa disposition, que ce soit des journaux, des films, des chaînes de télévision, des livres, des sites internet, des rapports de sécurité, et des témoignages devant la Chambre des Représentants.

En cherchant à mettre ensemble les pièces de la mosaïque, les grandes agences d’information allèrent encore plus loin en ajoutant de graves modifications qui mirent en cause leur crédibilité. La Télévision Suisse romande, la BBC, et l’AFP sont parmi celles qui m’ont causé le plus de torts.

Quand je me suis mis à chercher sur Google ce qu’on avait écrit à mon sujet, j’ai trouvé 200’000 pages répétant les mêmes fabrications.

Au cours du long processus d’enquête, ce furent surtout l’ignorance et le manque de connaissance qui conduisirent à de mauvaises interprétations ; tout cela aboutit finalement à soutenir des accusations sans fondement. Celles-ci devinrent un problème pour ceux qui dans le monde devaient investiguer. Aucun enquêteur n’a jamais pu mettre la main sur aucun élément de preuve pour soutenir ces fausses allégations, simplement parce qu’elles n’existent pas.

Ceux des enquêteurs qui ont été trompés par les mensonges qu’ils ont repris dans leurs rapports officiels ou témoignages, ne peuvent continuer à s’abriter derrière l’excuse que leurs preuves sont classées, alors que des avocats commencent à vérifier et à enquêter. Je leur recommande sincèrement de reconsidérer leurs sources et de reconnaître leur erreur.

L’enquête pénale a commencé dans divers pays au sujet de cette diffusion de fuites mensongères. D’autres actions vont suivre pour démasquer ceux qui ont utilisé ces mensonges pour en faire des articles, des livres ou des rapports officiels.

(…)

Quelques leçons à tirer

La plupart des gens l’ignorent, des journalistes, des responsables de rédactions travaillant dans les médias traditionnels ne sont pas forcément neutres : ils se font souvent l’écho de nouvelles biaisées qui participent activement à la guerre de propagande de certains États en guerre et contribuent à justifier l’inacceptable ; ou, pour les mêmes motifs, taisent délibérément certains évènements [18].

Les gens ignorent également que, malheureusement, les nouveaux médias ne sont pas épargnés non plus par les manipulations étatiques [19]. Des blogs et des sites, qu’ils croient honnêtes, militants, radicaux, sont la création d’agents de renseignement qui, par le biais des forums notamment, cherchent à infiltrer les milieux dissidents, à mesurer l’impact des articles que ces derniers diffusent, à soulever des faux débats entre faux messagers, pour ensuite ameuter les décideurs politiques sur l’ampleur de la menace « antisémite » par exemple, et, last but not least, à identifier les « islamistes » qui tombent dans leurs provocations.

En 1990, Israël et les États-Unis ont parfaitement réussi à entraîner l’Organisation des Nations Unies dans la guerre du Golfe qui opposa l’Irak à une coalition de 34 États. Cette guerre qui devait, selon leurs dires, apporter la « paix en Palestine » et « un nouvel ordre mondial » n’a apporté ni l’un ni l’autre. Au contraire, elle a été le point de départ de guerres toujours plus meurtrières, et toujours en cours. Des pays entiers ont été détruits, démembrés, contaminés pour des millénaires par des bombes à l’uranium appauvri. Des peuples, ont été jetés dans la misère, la faim et dans la peur des cancers en grande augmentation. Ils ne comprennent pas que cette barbarie puisse continuer de s’abattre sur eux, sans soulever, au niveau mondial, la vague d’indignation qui pourrait permettre de l’arrêter.

Comment notre monde dit « civilisé » en est-il arrivé à ce degré d’inhumanité ?

Le journaliste britannique John Laughland [20] apporte des éléments de réponse à cette lancinante question. Il a brillamment analysé les techniques de désinformation utilisées pour conditionner l’opinion en vue d’atteindre des objectifs politiques [21]. Il se réfère notamment à l’ouvrage de Serge Tchakhotine « Le viol des foules par la propagande politique » [22], pour nous rappeler ceci : « … le rôle des journalistes et des médias est fondamental pour s’assurer que la propagande est constante (…) la propagande ne saurait s’interrompre (…) une des règles fondamentales de la désinformation moderne est que le message doit être répété très souvent (…) les campagnes de propagande doivent être dirigées de manière centralisée et très organisée… ».

Laughland se fonde également sur les affirmations du journaliste à Sky TV, Tim Marshall, pour illustrer les liens pervers tissés entre journalistes et membres des services secrets. Il cite comme exemple les évènements qui ont conduit à la chute de Milosevic, où Tim Marshall « se vante de ses nombreux contacts avec les services secrets, en particulier ceux de Grande-Bretagne et des États-Unis (…) Un des thèmes qui traversent son livre [23] sans qu’il le veuille, est que la frontière entre les journalistes et les barbouzes est ténue. Au début du livre, Marshall parle en passant des « liens inévitables entre les agents, les journalistes et les politiques », disant qu’ils « travaillent tous dans le même domaine ». Il continue sur le ton de la plaisanterie en disant que c’est une « association de barbouzes, de journaleux et de politicards, plus le peuple », qui a causé la chute de Milosevic. Il adhère au mythe de la participation du « peuple » mais le reste de son livre montre qu’en réalité le renversement du président yougoslave n’a pu avoir lieu que grâce à des stratégies politiques conçues à Londres et à Washington. »

Soyons clairs : certes, les États de droit ont besoin de services de renseignements pour assurer leur sécurité, mais les citoyens n’ont pas à accepter que ces États les trompent, par la fabrication de fausses informations. Il est de ce fait inacceptable que des journalistes entrent dans ce jeu.

Silvia Cattori

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Silvia Cattori

 [1] Voir :
 « 
L’incroyable histoire de Youssef Nada », par Silvia Cattori, Mondialisation, 13 juin 2008.
 « 
Islam : L’ennemi fabriqué », par Silvia Cattori, Mondialisation, 16 novembre 2008.

[2] Voir : « Nous avons toujours cru en l’innocence de Youssef Nada », par Silvia Cattori, silviacattori.net, 24 septembre 2009.

[3] Voir : « Hamas perde meta’ del tesoro », par Guido Olimpio, Corriere della Sera, 20 octobre 1997.

[4] Quotidien suisse italien Corriere del Ticino du 25 septembre 2009. Sans la dénonciation par Dick Marty, de ces listes noires illégales, qui a contribué à médiatiser le sort de M. Nada, celui-ci serait peut-être encore sur cette liste, associé au « terrorisme » fabriqué, comme tant d’autres plus malchanceux que lui.

[5] Voir la vidéo en trois parties intitulée : « Criminal State : A Closer Look at Israel’s Role in Terrorism », par Jeff Gates.

[6] Le 23 septembre 2009, a été retiré de la liste le nom de Youssef Nada et, le 22 octobre 2009 les noms de sa BANK AL TAQWA et de AL TAKWA MANAGEMENT. Les noms de ses deux associés avaient été retirés précédemment : celui de Ali Ghaleb Himmatt le 10 août 2009, et celui d’Albert Huber (décédé en mai 2008) le 12 août 2008. Voir : http://www.un.org/sc/committees/1267/docs/De-listed.htm.

En revanche, les noms de ses autres sociétés, BA TAQWA FOR COMMERCE AND REAL ESTATE COMPANY LIMITED ; NADA INTERNATIONAL ANSTALT ; WALDENBERG AG ; YOUSSEF M. NADA & CO. GESELLSCHAFT M.B.H, figurent encore sur la liste à l’heure où nous écrivons (voir : http://www.un.org/sc/committees/1267/consolidatedlist.htm...).

[7] Voir : http://www.youssefnada.ch/

[8] Extraits traduits de l’anglais par JPH.

[10] Chef du service de politique internationale à RFI de 1999 à 2008, Richard Labévière a poursuivi ses enquêtes sur les Frères musulmans et le terrorisme islamique. On peut lire ses articles et les interviews qu’il a données à ce sujet, sur les moteurs de recherche. Compte tenu des fausses informations qu’il a propagées sur Youssef Nada, et sur le mouvement des Frères musulmans – le Hamas est le mouvement de résistance contre l’occupant qui a évité jusqu’ici la liquidation de la cause palestinienne - n’est-il pas troublant de le voir aujourd’hui apparaître comme un défenseur de la cause palestinienne ?

[11] Voir : « Daniel Pipes, expert de la haine », Réseau Voltaire, 5 mai 2004.

[12] Auteur de « La conquête de l’Occident », Sylvain Besson, journaliste au quotidien genevois Le Temps, s’est-il laissé prendre dans cette folle spirale de la menace exagérée, voir fabriquée ? Toujours est-il que, dans son incroyable essai, il affirme de manière fantaisiste que, parmi les documents séquestrés chez Nada, il y avait un plan de conquête de l’Occident par les Frères musulmans. Exactement ce que les services de propagande israéliens et leurs associés cherchaient à faire croire !

[13] Auteur de « Al Qaeda in Europe : The New Battleground of International Jihad ». Les écrits de Lorenzo Vidino, consacrés à l’Islam politique et au terrorisme en Europe ont participé à la fabrication de l’ennemi musulman. Vidino a témoigné auprès de l’United States House of Representatives sur l’extrémisme islamique en Europe.

[14] La TSR a diffusé, le 14 mai 1998, un documentaire fait d’amalgames et d’approximations, réalisé par Richard Labévière, en lien avec l’attaque terroriste barbare qui avait eu lieu le 17 novembre 1997 à Louxor, et au cours de laquelle de nombreux touristes suisses avaient été tués.

[15] « Les Dollars de La Terreur - Les Etats-Unis et Les Islamistes », Grasset & Fasquelle, 1999.
Richard Labévière a également publié ultérieurement, et dans la même veine, « Les coulisses de la terreur », Grasset, 2003.

[16] Responsable avec Youssef Nada de la banque suisse Al-Taqwa son nom aussi a été abusivement mis sur la liste des organisations suspectées de liens avec Al-Qaida.

[17] Voir (en anglais) le compte rendu de cette journée fait par M. Nada sur son site : http://www.youssefnada.ch/7%20NOVEMBER%202001.asp

[18] Voir : « Une répression passée sous silence », par Seumas Milne, Réseau Voltaire, 10 janvier 2010.

[19] Voir par exemple : « Israël déploie une équipe de cybernautes pour diffuser de la désinformation positive », par Jonathan Cook, info-palestine.net, 25 juillet 2009.

[20] John Laughland a été administrateur du British Helsinki Human Rights Group, association étudiant la démocratie et le respect des Droits de l’homme dans les anciens pays communistes, et membre de Sanders Research Associates. Il est aujourd’hui directeur de recherches à l’Institut pour la Démocratie et la Coopération.

[21] Voir : « La technique du coup d’État coloré », par John Laughland, Réseau Voltaire, 4 janvier 2010.

[22] Le viol des foules par la propagande politique, par Serge Tchakhotine, Gallimard, réédition en poche 1992.

[23] Shadowplay, par Tim Marshall, Beograd : Samizdat B92, 2003.

Silvia Cattori

http://www.silviacattori.net/article1084.html


1-7 Alain Gresh : Propagande et désinformation à l’israélienne (II)

Dans un précédent envoi, le 13 janvier, j’avais commencé l’analyse d’un document publié par The Israel Project, une officine défendant l’Etat d’Israël.

Ce texte d’une centaine de pages, qui ne devait pas être rendu public, avait été dévoilé au mois de juillet dernier par Douglas Bloomfield, un ancien et important responsable du lobby pro-israélien AIPAC, dans un article du New Jersey Jewish News, sous le titre « Change the policy or change the subject ? ».

Cet article fut suivi par un autre, écrit par Chris McGreal pour le quotidien britannique The Guardian (23 août 2009), sous le titre « Pro-Israel groups accuse Obama of promoting “ethnic cleansing” ».

Selon le journaliste, dans le document mentionné, The Israel Project affirmait que le démantèlement des colonies israéliennes équivalait à un nettoyage ethnique et mettait en cause la sécurité d’Israël.

A la suite d’un coup de fil demandant des précisions, Jennifer Laszlo Mizrahi, fondatrice et présidente de The Israel Project, nous a transmis cette précision :

« La version de ce guide qui circulait sur le Web était une version préliminaire et elle contenait des choses que nous avons retirées.

Par exemple, dans l’ébauche, nous avons utilisé les mots “nettoyage ethnique” : une grosse erreur qui a été retirée.

Mais l’ancienne version de ce guide a été mise en ligne : nous avons donc envoyé une explication et des excuses aux journalistes qui nous ont interrogés à ce sujet. »

Elle m’a aussi envoyé une mise au point allant dans le même sens qu’elle avait fait parvenir au Guardian et que ce quotidien avait reproduite le 26 août sous le titre « No ethnic cleansing ».

J’ai ensuite demandé à Mme Mizrahi de m’envoyer la version définitive du texte. Elle m’a expliqué que ce document n’était pas important, qu’elle ne s’en servait pas, qu’elle ne l’avait pas regardé depuis plusieurs mois, etc.

J’en ai conclu que, bien que The Israel Project ait fait son autocritique sur la question du « nettoyage ethnique », ce texte restait significatif de ce que son organisation faisait, et j’en poursuis donc l’analyse. D’autant que Jennifer Mizrahi écrivait en introduction du texte dont elle prétend aujourd’hui qu’elle ne le lit plus :

« Au nom de notre conseil et de l’équipe, nous vous proposons ce guide destiné aux leaders visionnaires qui sont sur les lignes de front de la guerre médiatique pour Israël. Nous voulons que vous réussissiez à gagner les cœurs et les esprits du public. Nous savons que, en réussissant votre mission, vous contribuez à la fois à aider Israël et notre famille juive mondiale. Ainsi, nous vous offrons ces mots avec nos vœux les plus sincères pour votre succès. Puissent vos paroles aider à apporter la paix et la sécurité à Israël et au peuple juif ! »

Il faut dire aussi un mot de l’auteur de ce texte, Frank Luntz, un homme lié à la droite américaine, commentateur sur la chaîne de télévision Fox et dont on trouvera une intéressante biographie sur Wikipedia. Il a notamment joué un rôle actif auprès du président Bush dans la campagne pour minimiser les risques liés au changement climatique.

Le chapitre III du document explique comment il faut parler du « self government » des Palestiniens, alors que la majorité des Américains et des Européens soutiennent l’idée de deux Etats vivant côte à côte. Le manuel propose de ne pas aller ouvertement contre cette conviction, mais de dire que la paix doit venir avant la définition des frontières :

« “La paix avant les frontières politiques” met en place la dynamique parfaite pour vous.

Ce slogan met en avant la nécessité d’arrêter les roquettes, arrêter les bombardements, et de créer un cessez-le-feu, tout en minimisant subtilement l’importance de d’une solution à deux Etats en l’appelant “les frontières politiques”. Le slogan de la paix est toujours plus fort que celui de la politique dans l’esprit de l’élite. Toujours. »

Plus loin, l’auteur demande de souligner que la lutte est « une lutte idéologique, pas une lutte pour la terre, une lutte contre le terrorisme, pas une lutte pour les territoires.

C’est pourquoi vous devez éviter d’utiliser les arguments religieux d’Israël pour la terre pour justifier le refus d’abandonner la terre. De telles affirmations font apparaître Israël comme extrémiste aux yeux de gens qui ne sont pas des croyants chrétiens ou juifs. »

Il faut aussi apparaître comme « pro-palestinien » (sic), parce que c’est ce que la gauche européenne ou américaine veut entendre. Mais un danger surgit du fait que l’opinion américaine commence à faire la différence entre l’Autorité palestinienne et le Hamas. « C’est une évolution très inquiétante parce que cela peut l’amener à excuser ou à écarter le terrorisme et la culture de la haine propagée par l’Autorité palestinienne elle-même. » 

Quoi qu’il en soit, conclut ce chapitre, apparaître comme soutenant les Palestiniens est la manière la plus crédible de défendre Israël...

(La suite dans un prochain envoi, si j’ai le courage de continuer...)

Alain Gresh

mardi 26 janvier 2010,

http://blog.mondediplo.net/2010-01-26-Propagande-et-desin...


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