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16/02/2010

n°58 - Journal des Guerres de l'Otan - 24-01 au 16-02 – Fin- : L’Otan : un instrument de domination des puissances sur le reste du monde.


 n°58 - Journal des Guerres de l'Otan - 24-01 au 16-02 – Fin - : L’Otan : un instrument de domination des puissances sur le reste du monde.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



  Journal des Guerres de l'Otan.  n° 58- 24-01 au 16-02 

                                                            C.De Broeder & M.Lemaire                                                                      



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

4  Dossiers

4-1 La nouvelle doctrine russe de défense place l'OTAN en tête des menaces extérieures.

4-2 Mikhail Fomichev : Faire entrer de force la Russie dans l’OTAN ?

4-3 Ilia Kramnik : La Russie et l’OTAN d’accord pour coopérer… peut-être.

4-4 Galal Nassar : Quand Israël rejoint l’OTAN.

4-5 Grèce : OTAN en emporte la Russie.

4-6 OTAN : Les alliés sont convaincus de la nécessité d'une réforme profonde des procédures budgétaires.

5  Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

5-1 Pour l'OTAN, la nouvelle doctrine militaire russe ne reflète pas le monde réel.

5-2 Des Bomspotters déjouent la sécurité de Kleine Brogel. (Belgique)

5-3 Les Bomspotteurs restent déterminés.

 .



4  Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

4-1 La nouvelle doctrine russe de défense place l'OTAN en tête des menaces extérieures.

C'est ce qui ressort de la nouvelle doctrine russe de défense signée par le président Medvedev vendredi 5 février.

Publié sur le site du Kremlin (www.kremlin.ru), le texte place l'OTAN en tête de liste des menaces extérieures, bien avant la prolifération nucléaire (menace n° 6) et le terrorisme (menace n° 10).

Parmi les autres menaces citées figurent les revendications territoriales faites à la Russie et à ses alliés, les tentatives d'"ingérence" dans les affaires internes, les "démonstrations de force militaire" lors d'exercices d'entraînement menés sur des territoires "attenant à ceux de la Russie ou de ses alliés" à des fins de "provocation".

La nouvelle doctrine envisage l'envoi de troupes hors des frontières si "les intérêts de la Fédération et de ses citoyens" sont menacés.

Le document - une vingtaine de pages - réaffirme le recours possible de la Russie aux armes nucléaires en cas de "danger pour son existence". La doctrine précédente, en 2000, était plus précise, prévoyant le recours au nucléaire en cas d'agression "massive".

Droit de regard

Fait inédit, l'élargissement de l'OTAN et le projet de bouclier antimissile américain sont qualifiés d'atteintes à la sécurité nationale. Les efforts de l'Alliance prompte à "mondialiser ses activités en infraction aux lois internationales" et à "rapprocher ses infrastructures militaires des frontières russes, en s'élargissant" aux Etats voisins figurent parmi les "principales menaces militaires extérieures".

Opposée aux candidatures à l'OTAN de deux de ses anciens satellites des bords de la mer Noire, l'Ukraine et la Géorgie, la Russie cherche à obtenir des Occidentaux, en vain, un droit de regard sur sa périphérie, décrite comme sa "sphère de responsabilité".

A cette fin, la diplomatie russe n'a de cesse de présenter comme la panacée le traité sur la nouvelle architecture de sécurité en Europe élaboré par le président russe, Dmitri Medvedev, et fustige "la faiblesse" de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe). Moscou, qui n'a jamais respecté le traité de paix signé avec la Géorgie sous l'égide de l'Union européenne après le conflit d'août 2008, se présente en médiateur. En réalité, il cherche à instaurer de nouvelles divisions au sein des principaux forums de coopération (OSCE et OTAN) entre le Vieux Continent et les Etats-Unis.

Au lendemain de la publication de la doctrine russe, Anders Fogh Rasmussen, le secrétaire général de l'OTAN, s'est dit "surpris" du regard porté par Moscou sur l'organisation. "Cela ne reflète pas le monde réel", a-t-il souligné. Pour M. Rasmussen, qui s'exprimait en marge de la conférence sur la sécurité à Munich, le monde réel est celui du "partenariat stratégique", nécessaire parce que "nous faisons face aux mêmes menaces".

Ces derniers mois, Moscou a été plus coopératif sur l'Afghanistan, autorisant le transit de matériel destiné à la coalition engagée contre les talibans. La Russie ne voit pas d'un bon œil un retour des talibans à Kaboul. Elle redoute d'éventuelles incursions de militants islamistes en Asie centrale (Ouzbékistan, Kirghizistan, Tadjikistan) et s'émeut du transit de drogue à travers les frontières poreuses de ces Etats. La production de pavot est une source d'inquiétude pour la Russie, premier pays consommateur d'héroïne en Europe.

En réalité, la coopération sur l'Afghanistan ne fonctionne pas. La "route du Nord", censée acheminer les cargaisons non létales de l'OTAN, a servi une fois seulement. M. Rasmussen en sait quelque chose. Venu à Moscou en décembre 2009 réclamer une assistance russe supplémentaire, il est reparti les mains vides. "Moscou insiste pour une rémunération substantielle de ses services. L'OTAN pense partenariat, la Russie y voit une affaire commerciale", a résumé Thomas Valasek, du Centre pour la réforme européenne, cité par Reuters.

En Russie, la publication de la nouvelle doctrine a suscité des réactions mitigées. Alexandre Konovalov, directeur de l'Institut des évaluations stratégiques, la décrit comme "dépassée". Un autre analyste, Dmitri Travine, s'interroge sur la constante du Kremlin à percevoir l'Occident comme une menace tandis qu'il conviendrait plutôt "de regarder en direction du sud et de l'est". "A la différence de l'Occident, la Chine ne cache pas ses revendications territoriales (...). Des cartes circulent en Chine où nos territoires orientaux (la Sibérie orientale et l'Extrême-Orient) sont incorporés au territoire chinois", rappelle l'expert.

09.02.

http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/02/09/la-nouvelle-doctrine-russe-de-defense-place-l-otan-en-tete-des-menaces-est-ambigu-vis-a-vis-de-l-occident_1303189_3214.html


4-2 Mikhail Fomichev : Faire entrer de force la Russie dans l’OTAN ?

L’OTAN se demande rarement comment faire correspondre la Russie à sa conception sans offenser Moscou. Or, le «groupe des sages» de l’OTAN, constitué de 12 experts, est arrivé à Moscou en vue d’apprendre de la Russie ce qu’elle pense du bloc aujourd’hui, comment elle se le représente pour demain et quelle alliance elle ne voudrait pas avoir à ses frontières.

Pour employer le lexique diplomatique actuel, le sens de cette visite peut être résumé par la phrase suivante : «comprendre les inquiétudes de l’autre». Et en tenir compte dans les relations ultérieures entre la Russie et l’OTAN.

On ne peut que s’en féliciter.
Du 9 au 11 février, les «douze apôtres de l’OTAN» rencontreront le président Dmitri Medvedev, le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, le Conseil de sécurité de
la Fédération de Russie, les députés de la Douma (chambre basse du parlement russe), des scientifiques, des experts. Leur visite s’achèvera par la traditionnelle rencontre avec les étudiants de l’Institut des Relations Internationales de Moscou (MGIMO).
Le «groupe des sages» actuel a été créé en août 2009 en vue d’élaborer les principes de la nouvelle conception stratégique de l’OTAN.

Ce groupe de 12 experts est présidé par l’ex-Secrétaire d’État américaine Madeleine Albright (1997-2001). Cette équipe avait promis d’achever avant avril son travail sur la doctrine militaire et politique rénovée de sorte qu’elle puisse être adoptée au sommet de l’OTAN qui doit se tenir à l’automne à Lisbonne. Cette conception remplacera celle de 1999, déjà dépassée.
Depuis que l’OTAN a créé cette institution des sages, qui remonte à 1951, les « têtes pensantes » des pays de l’Alliance ont toujours été utilisées pour résoudre les problèmes impossibles à régler par les voies diplomatiques ordinaires.
Comment imaginer des consultations de ce genre sous Bush fils, par exemple, et même sous Clinton dont la présidence a été marquée par les bombardements de
la Serbie et le début de la campagne de l’OTAN à l’Est et, à plus forte raison, sous Eltsine avec son «consentement déraisonnable» à tout? Certes, il ne faudrait pas se réjouir outre mesure.

Premièrement, personne ne dit que les "inquiétudes" de la Russie quant au bouclier antimissile américain en Europe et à l’élargissement ultérieur de l’OTAN seront prises en considération. Deuxièmement, personne ne promet d’introduire dans la conception ne serait-ce que certains des principes de la nouvelle structure de sécurité européenne proposée l’année dernière par le président Medvedev.

Troisièmement, rien n’est prévu dans sa nouvelle conception pour exclure l’intégration dans l’OTAN de qui que ce soit. L’Ukraine et la Géorgie figurent au premier rang de ces « qui que ce soit » bien qu’elles doivent encore patienter.
Que dira donc Madeleine Albright à Moscou?

Après leur démission, les Secrétaires d’État, ainsi que les Secrétaires d’État américains à la Défense, subissent parfois une métamorphose étonnante et tendent à s’«adoucir». Mais cela ne semble pas être le cas avec Madeleine Albright, «la dame de fer». Elle a toujours vigoureusement préconisé le renforcement de l’OTAN, le rôle principal des États-Unis dans l’Alliance, l’extension de ses fonctions et de sa zone d’activité. C’est à l’époque où Madeleine Albright était Secrétaire d’Etat qu’ont été lancés les bombardements en représailles contre la Serbie. En 1997, Mme Albright s’était rendue à Moscou en vue de persuader le Kremlin que le nouvel élargissement de l’OTAN n’était nullement dirigé contre la Russie et qu’il ne représentait aucune menace pour elle.

C’est sous Albright qu’a commencé le processus du premier «grand élargissement socialiste»: en 1999, la Hongrie, la République Tchèque et la Pologne ont été admises à l’OTAN (le quatrième élargissement du bloc depuis 1949) et les bases du cinquième élargissement ont alors été jetées. Celui-ci a eu lieu en 2004 avec la Bulgarie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et l’Estonie ; le sixième élargissement l’année dernière avec l’Albanie et la Croatie. L’OTAN regroupe actuellement 28 membres. Personne n’en a fermé les portes à l’Ukraine et la Géorgie.
D’ailleurs, le groupe Albright a pour tâche grandiose de revoir tous les principes idéologiques de l’OTAN. La nouvelle conception n’énoncera pas seulement de nouveaux arguments politiques et idéologiques sur l’existence de l’Alliance. Notons que celle-ci s’est d’ailleurs si solidement intégrée dans l’économie et les structures de l’Europe qu’on ne peut maintenant l’en dissocier qu’au prix de graves troubles sociaux du type réduction d’emplois.

La nouvelle conception de l’OTAN doit constituer son « certificat de conformité au XXIème siècle » et proclamer que l’OTAN et la sécurité mondiale sont indissociables l’un de l’autre. C’est ainsi que la conception comporte déjà des paragraphes sur l’extension du rôle politique et militaire du bloc, les limites de sa zone d’activité, ses méthodes et ses moyens d’actions, la transformation de ses fonctions. Il s’agit en premier lieu de confirmer, au niveau de la doctrine, les objectifs suivants de l’OTAN : renforcer le régime de non-prolifération, réduire les arsenaux nucléaires stratégiques, lutter contre le terrorisme, la piraterie sur les mers, le terrorisme cybernétique, assurer la sécurité énergétique, même lutter contre le réchauffement climatique et protéger les ressources en eau et autres. Nous sommes déjà loin des objectifs d’une organisation militaire.
Mais, comme le reconnaissent les dirigeants politiques de l’alliance, après la fin de la guerre froide, la désintégration de l’URSS et l’apparition de
la Russie nouvelle, il est très difficile d’expliquer à la « génération des moins de 30 ans » qui ne sait pas ce que signifie la guerre froide pourquoi il est aujourd’hui impossible d’exister sans l’OTAN.
En fait, les "sages" auraient pu ne pas venir à Moscou. Les positions de Moscou et ses "inquiétudes" sont déjà bien connues de l’OTAN : Dmitri Rogozine, l’ambassadeur de
la Fédération de Russie auprès de l’OTAN, les rappelle inlassablement ces derniers temps.

Durant ces dernières décennies, depuis que le Pacte de Varsovie a cessé d’exister et que la Russie a succédé à l’URSS, nous avons tenté de faire comme si les rapports avec l’OTAN changeaient dans le cadre d’une « thérapie de réhabilitation », mais il en a été autrement.

La Russie selon les notions de l’OTAN et la Russie selon sa propre conception sont deux produits différents. Il en est de même pour l’alliance.

Certes, à la différence de l’OTAN, la Russie n’a pas besoin d’argumenter son existence, bien qu’on exige constamment qu’elle le fasse. L’OTAN poursuivra ses consultations avec la Russie tant qu’elle sera nécessaire à l’alliance. A l’étape actuelle, comme « corridor de transit vers l’Afghanistan », rien de plus.
Reconnaissons-le, il existe un merveilleux moyen de sortir l’OTAN et
la Russie de la procédure de «réhabilitation infructueuse» actuelle. Il suffit juste que Moscou demande officiellement son admission à l’alliance. Nous réglerions alors d’un seul coup les problèmes de l’adhésion de l’Ukraine et de la Géorgie, des bases russes de Sébastopol, des systèmes de défense antimissile en Europe et des «fonctions policières du bloc» dans la lutte contre le terrorisme et la piraterie. Tout sera alors mis en commun. Nikita Khrouchtchev avait plaisanté en ce sens en 1954, il avait failli déposer une demande d’adhésion à l’OTAN.

A présent, on parle d’adhésion russe même en Occident. Et si on proposait à Madeleine Albright de faire de même ?

Andreï Fediachine,

10/02

RIA Novosti Mikhail Fomichev
Ce texte n’engage que la responsabilité de l’auteur.

http://fr.rian.ru/discussion/20100210/186030054.html


4-3 Ilia Kramnik : La Russie et l’OTAN d’accord pour coopérer… peut-être.

La Russie aidera l’OTAN en Afghanistan, a déclaré l’amiral Giampaolo di Paola, le président du comité militaire de l’OTAN, à l’issue d’une rencontre à Bruxelles avec le général d’armée Nikolaï Makarov, le chef d’état-major général des forces armées russes.

La visite du général Nikolaï Makarov s’inscrit logiquement dans le processus de reprise des relations entre la Russie et l’OTAN et déjà concrétisé par des rencontres entre les ministres des Affaires étrangères de la Russie et des pays de l’OTAN sur l’île de Corfou, ainsi que par la visite à Moscou du Secrétaire général de l’OTAN Anders Fogh Rasmussen.

Un accord cadre sur la coopération militaire entre la Russie et l’Alliance a été conclu lors de la rencontre Makarov-Paola. Cet accord et le programme détaillé de la coopération entre les deux parties doivent être adoptés le 6 mai 2010, au cours d’une nouvelle rencontre des chefs d’états-majors généraux.

Quelles formes pourrait prendre cette coopération et dans quelle mesure présente-elle un avantage pour les deux parties?

La Russie et l’OTAN ont un certain nombre d’intérêts communs, comme la lutte contre le terrorisme, le contrôle de la non-prolifération des armes de destruction massive, la lutte contre le trafic de drogue, la sécurité de navigation, etc.

Mais des contradictions assez sérieuses subsistent entre la Russie et l’Alliance. Elles concernent avant tout l’élargissement de l’OTAN à l’Est et l’architecture de la sécurité en Europe dans son ensemble. Ainsi les parties ne sont-elles toujours pas parvenues à une entente sur le problème géorgien qui demeure une « pomme de discorde », ce qui a été confirmé, entre autres, lors de la visite du Secrétaire général de l’OTAN Anders Fogh Rasmussen en décembre dernier à Moscou. Le Secrétaire général de l’OTAN a déclaré que l’Alliance ne ferait pas de concessions à la Russie sur le problème géorgien et qu’elle ne retirerait pas de l’ordre du jour la question de l’admission éventuelle de la Géorgie et de l’Ukraine à l’OTAN.

L’OTAN cherche cependant à s’assurer l’aide de la Russie sur les problèmes importants, notamment en ce qui concerne le conflit afghan. Rasmussen a proposé à Moscou d’étendre sa participation à l’opération effectuée dans ce pays, par exemple en mettant à la disposition de l’OTAN en Afghanistan des hélicoptères, du carburant et des pilotes, ajoutant que la Russie pourrait s’engager à former des policiers afghans « sur son territoire ».

Cette aide, la Russie est prête à l’apporter : le transit des cargaisons de l’OTAN par le territoire de la Russie s’accroîtra, la Russie aidera l’armée afghane à entretenir son parc d’hélicoptères composé presque entièrement d’hélicoptères soviétiques/russes.

Les raisons pour lesquelles la Russie accepte d’apporter un soutien à l’OTAN en Afghanistan sont assez claires : la présence des troupes de l’Alliance dans ce pays permet, pour l’instant, de ne pas avoir à détourner des forces supplémentaires russes en vue de protéger les frontières méridionales de ses partenaires de la Communauté des États indépendants (CEI) et de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC). D’ailleurs, la guerre qui se poursuit en Afghanistan ne renforce nullement l’OTAN et la contraint à rechercher un compromis dans ses relations avec la Russie.

Mais ce compromis-là n’a pas encore été trouvé. L’Alliance cherche toujours à obtenir tels ou tels avantages de la part de la Russie sans rien lui donner de significatif en échange, ce qui suscite des doutes sérieux sur les perspectives réelles de coopération étroite entre la Russie et l’OTAN en tant qu’organisation. Si les dirigeants de l’Alliance maintiennent leur stratégie actuelle, ces rapports resteront probablement à l’état « d’incertitude et de neutralité » car actuellement aucune des parties ne veut et n’est en mesure d’entrer en confrontation directe.

Par conséquent, la forme principale de coopération entre la Russie et l’OTAN sera probablement une participation à toutes sortes de sommets et de séminaires consacrés à différentes questions où elles échangeront des déclarations polies sans prendre de décisions concrètes, en alternant leurs débats avec des manœuvres communes d’ordre humanitaire et pacificateur.

Le développement de cette coopération sera encore compliqué par le caractère très bureaucratique des organismes de l’Alliance qui se sont substitués à ses structures d’états-majors et par la position nettement antirusse que tiennent de nombreux nouveaux membres de l’OTAN soutenus par certains grands pays de l’Alliance.

Néanmoins, la nécessité de régler des problèmes urgents perdurera, ce qui explique l’obligation qu’a la Russie d’entretenir des rapports directs avec les pays membres de l’OTAN, et avant tout avec les plus forts d’entre eux.

Les contacts entretenus par la Russie avec l’Allemagne, la France, l’Italie et, ces derniers temps, avec la Turquie semblent les plus prometteurs en ce sens. Les négociations directes avec ces pays permettent d’enregistrer des succès bien plus importants sur un large éventail de problèmes que la coopération avec la structure trop bureaucratique de l’OTAN.

Le développement des relations entre Moscou et Washington est un autre facteur qui déterminera, pour beaucoup, les rapports entre la Russie et l’OTAN dans les années à venir. Sur ce plan, une grande attention doit être accordée au nouveau traité START en voie de négociation par les diplomates de la Russie et des États-Unis car ses dispositions définiront, à bien des égards, le format des relations dans le domaine militaire aussi bien entre la Russie et les États-Unis qu’entre la Russie et l’OTAN dans son ensemble.

Espérons que ces dispositions seront déjà connues d’ici le 6 mai, date de la prochaine rencontre entre les chefs d’états-majors généraux de la Russie et de l’Alliance.

Ilia Kramnik

RIA Novosti Lundi, 1 février 2010 ::

http://www.geostrategie.com/2381/la-russie-et-lotan-d%E2%80%99accord-pour-cooperer%E2%80%A6-peut-etre-la-russie-et-lotan-d%E2%80%99accord-pour-cooperer%E2%80%A6-peut-etre


4-4 Galal Nassar : Quand Israël rejoint l’OTAN.

Si Israël réussit à rejoindre l’OTAN, sa belligérance régionale sera appuyée par la force collective de l’Alliance tout entière. Avant que cela ne se produise, les Arabes réagiront-ils ?, interroge Galal Nassar.  
Israël est devenu ainsi le premier pays non européen et le premier pays du Moyen-Orient à coopérer avec l’OTAN à un niveau aussi crucial.

Israël tient à être membre de l’OTAN.

Il ne prend plus de grands airs avec les alliances militaires.

Il ne veut plus rester à l’écart des organisations militaires de l’Occident.

Il veut en être.

Une majorité d’Israéliens estime que leur adhésion à l’OTAN renforcerait à la fois la sécurité d’Israël et la puissance stratégique de l’OTAN.

Bizarrement, il n’y a eu aucune réaction arabe au souhait d’Israël de rejoindre l’OTAN, aucune tentative arabe de bloquer l’initiative, et aucun préparatif pour faire face à ses conséquences.

Israël et OTAN ont grandi en se rapprochant tout au long de ces dix dernières années environ.

En 2000, l’OTAN élargissait son dialogue méditerranéen en négociant avec sept pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ; à savoir, Egypte, Israël, Algérie, Jordanie, Maroc, Tunisie et Mauritanie. En 2004, les pourparlers OTAN/Méditerranée se déroulèrent sous la désignation de Partenaires pour la Paix. Six nouveaux pays étaient inclus dans ce nouveau dialogue : Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Arabie saoudite et Emirats arabes unis. Israël, en particulier, était pressé de mettre à profit toutes les possibilités que Partenaires pour la Paix pouvait offrir.

Le 24 février 2005, Jaap de Hoop Scheffer, secrétaire général de l’OTAN, se rendit en Israël.

Dans le mois qui suivit, l’OTAN et Israël effectuèrent leurs premières manœuvres conjointes dans la mer Rouge. En quelques semaines, une flottille de six navires de l’OTAN se montra au port israélien d’Eilat. Israël (et la Jordanie) participa, également pour la première fois, à des manœuvres militaires conjointes qui se déroulèrent dans le cadre du programme de Partenaires pour la Paix, en Macédoine, dans l’ex-Yougoslavie, en février 2005.

D’après le magazine militaire britannique, Jane’s, la « position géographique » d’Israël fournissait à l’OTAN une base extérieure pour défendre l’Occident, pendant que la puissance militaire et économique de l’OTAN avait la capacité d’accroître la sécurité et le potentiel économique du « pays d’accueil ».

En juin 2005, Israël participa à des manœuvres sous-marines au large des côtes de Tarente, en Italie. A l’époque, des sources U.S. indiquèrent qu’Israël cherchait à élargir le « champ de son alliance stratégique » avec l’OTAN, dans la perspective d’une totale adhésion à l’OTAN. Les forces terrestres israéliennes participèrent également à des manœuvres de l’OTAN sur deux semaines et demie, en Ukraine. En 2006, Israël déclara à l’OTAN qu’il voulait participer « activement aux efforts opérationnels » menés par l’OTAN en Méditerranée, et donc, à la campagne pour « affronter le terrorisme ».

Peu après, Israël accueillit et pris part à trois exercices militaires avec l’OTAN et assista à une conférence des commandants des forces aériennes de l’OTAN. The Wall Street Journal parla de liens renforcés entre l’OTAN et Israël. Il citait Uzi Arad, fondateur du Forum atlantique d’Israël, qui affirmait qu’Israël tirerait profit d’une adhésion à l’OTAN. The Washington Post, lui, argua que de nombreux pays en Europe soutenaient l’adhésion d’Israël mais attendaient que Washington propose une telle initiative.

La position de Washington sur la question apparut clairement en mars 2006, quand James Jones, alors commandant en chef de l’OTAN en Europe, déclara que le déploiement d’avions AWACS (Système aéroporté d’alerte et de contrôle - ndt) de l’OTAN en Israël « était un signal clair à l’Iran ». En mai 2006, huit unités de la marine de l’OTAN arrivèrent à Haïfa pour démontrer « la coopération croissante » entre Israël et l’OTAN.

Fin juin 2006, la commission des Affaires étrangères de la Chambre des Représentants adopta à l’unanimité une décision appelant à resserrer les liens Israël/OTAN. Dès lors, Israël et OTAN acceptaient un projet à long terme pour coopérer sur 27 sites à travers le monde. Israël devint ainsi le premier pays non européen et le premier pays du Moyen-Orient à coopérer avec l’OTAN à un niveau aussi crucial.

Deux mois après la fin de la guerre de 2006 au Liban, un séminaire sur les relations OTAN/Israël se tint à Herzliya. Assistait à ce séminaire, la ministre des Affaires étrangères d’alors, Tzipi Livni, qui déclara qu’Israël aurait préféré que l’OTAN « fasse le travail qu’Israël a fait au Liban ».

Et d’ajouter qu’Israël espérait participer aux initiatives locales et régionales de l’OTAN. Le secrétaire général adjoint de l’OTAN, Alessandro Risso, répondit en précisant que la présence d’un officier de liaison israélien au quartier général de l’OTAN à Naples, était un signe de la « coopération capitale » entre l’OTAN et Israël.

A la fin de l’année 2006, Israël obtint un « accord de partenariat » avec l’OTAN qui avait plus de poids qu’aucun accord conclu par l’OTAN avec un pays non européen à ce jour.

Pourtant, beaucoup en Israël et en Occident, continuèrent d’appeler à une appartenance totale israélienne à l’OTAN. Un analyste politique russe, Eduard Sorokin, prévint que Washington utilisait la possibilité d’une adhésion d’Israël à l’OTAN comme moyen pour obliger les pays arabes à rester vigilants. Selon la Charte de l’OTAN, toute agression contre un membre de l’OTAN est considérée comme une agression contre tous ses membres. Ainsi, tout futur conflit entre Israël et ses voisins pourrait déclancher un conflit régional plus large et, potentiellement, une guerre mondiale, concluait Sorokin.

L’OTAN en 2009  

(Wikipédia)

The Jerusalem Post indiqua que des liens plus étroits entre Israël et l’OTAN étaient essentiels dans le cas d’une « future confrontation avec l’Iran » (1er avril 2008). En réalité, Netanyahu voulait qu’Israël rejoigne l’OTAN avant même d’entrer en fonction pour son deuxième mandat de Premier ministre. Il a, depuis, fait de l’adhésion d’Israël à l’OTAN une pièce centrale de sa politique.

Le 13 janvier 2009, The Jerusalem Post signala qu’Israël lançait une « initiative diplomatique » visant à influencer l’ancienne secrétaire d’Etat US, Madeleine Albright, dans son réexamen de la politique de l’OTAN. En janvier 2009, des officiels israéliens rencontrèrent Albright à Oslo pour discuter de la nouvelle stratégie de l’OTAN. Durant cette réunion, les Israéliens exprimèrent le désir de resserrer leurs liens avec l’OTAN et demandèrent de participer aux réunions de l’OTAN au plus haut niveau.

A Washington, certains déclarèrent qu’une fois qu’Israël sera accepté comme membre à part entière de l’OTAN qui aurait alors à commander les missions sécuritaires en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Cette façon de voir n’est pas si tirée par les cheveux, compte tenu du fait que le Président Mahmoud Abbas a déclaré une fois que ce ne serait pas une mauvaise idée si les Américains négociaient avec Israël au nom des Palestiniens.

James Jones, conseillé à la Sécurité nationale des Etats-Unis, qui fut commandant de l’OTAN en Europe de 2003 à 2005, déclara qu’il était occupé à l’élaboration d’un projet visant au contrôle des Territoires palestiniens occupés au nom d’Israël. Dans l’esprit de ce projet, cela implique un maintien de l’ordre réel sur les zones palestiniennes.

Avant que ne soit lancée l’opération Plomb durci à Gaza, l’OTAN échangeait déjà des renseignements avec Israël, se partageant ses compétences en matière de sécurité, et organisant des exercices militaires.

Israël et l’OTAN coopérèrent également dans les programmes de non-prolifération. L’ancien chef de l’OTAN, Sheffer, s’est rendu en Israël en plein milieu de l’offensive d’Israël contre Gaza. Et des officiels de l’OTAN, à l’époque, furent d’avis qu’une coopération avec Israël était essentielle pour leur organisation.

Nous savons tout ce que nous devons savoir sur la coopération OTAN/Israël.

Ce que nous ignorons, c’est ce que les dirigeants arabes ont l’intention de faire à ce propos.

Galal Nassar

Article original en anglais : When Israel joins NATO, Al-Ahram/Weekly Online

Mondialisation.ca, Le 8 février 2010

Al-Ahram/Weekly Online

Traduction : JPP, Info-Palestine.net

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=NAS20100208&articleId=17480


4-5 Grèce : OTAN en emporte la Russie.

La crise grecque pourrait créer un précédent. Le départ de la Grèce de l’OTAN, puis de la zone euro, puis de l’Union Européenne.

Aujourd’hui, la Russie a tout intérêt à sauver la Grèce. La Grèce a tout intérêt à accepter cette aide tombée du Ciel.

Au delà, se renouera une très ancienne alliance entre deux pays de l’Autre Europe, une Europe Chrétienne Orthoxe séparé de l’Europe de l’Ouest depuis l’année 1054, date de la rupture des deux églises.

 2 avril 2012. Il est 20 heures. Flash spécial, la Grèce vient de quitter l’Union Européenne.

Pendant une partie de la soirée, les analystes vont se succéder sur les écrans de télévision pour expliquer la décision d’Athènes.

A Berlin, les Vingt-Six réunis en sommet extraordinaire viennent de publier une déclaration qui se veut rassurante. L’avenir de l’Union est assurée. Paraît-il...

Demain, le Figaro titrera : « L’Europe orpheline. La Grèce s’en va ».

En réalité, la décision était attendue depuis plusieurs semaines comme une fatalité après le départ de la Grèce, d’abord de l’OTAN puis de la zone euro.

Dans quelques jours, la Grèce rejoindra l’OTSC, l’alliance militaire nouée entre Moscou et ses anciens satellites qui lui sont resté fidèles. La popularité du gouvernement d’Athènes atteint des sommets. A Thessalonique, l’homme de la rue se félicite que son pays ait abandonné une alliance avec la Turquie en rejoindre une englobant la Russie et l’Arménie.

Scénario fiction, certes. Improbable pensez-vous ?

Certainement pas. Plus que possible, ce scénario est, à mon avis, le plus plausible.

Revenons au présent.

Aujourd’hui, la Grèce est au bord de la faillite. Athènes a un problème immédiat : trouver de l’argent !

Qui peut lui en donner ?

Le FMI,

L’Union Européenne,

Les Etats-Unis,

La Russie,

La Chine.

Le FMI ; Athènes n’en veut pas

L’Union Européenne ? Peut-être... Mais l’Union est réticente, hésitante. Elle a de bonnes raisons. Après tout, la Grèce a triché pour entrer dans la zone euro. Pendant des années, elle a continué à tricher. La renflouer totalement aujourd’hui serait donner une prime au tricheur, affaiblir la crédibilité de la zone euro et donc de l’Union et renforcer encore le camp des eurosceptiques qui se porte déjà très bien. Alors probablement l’Union ne sera prête à donner que peu d’argent, en échange de beaucoup de sacrifices immédiats... pas de quoi faire sauter au plafond les responsables athéniens.

Les Etats-Unis ? Pourquoi faire ?

La Grèce fait déjà partie de l’OTAN.

Enlisés en Afghanistan, en échec en Iraq, les Etats-Unis ont sûrement d’autres priorités que de venir au secours de ce petit état qui, au demeurant est déjà leur allié et donc n’a pas grand chose à offrir en échange d’un plan de secours.

La Chine ? Trop loin ! Et géographiquement et politiquement. Pékin pourrait renflouer Athènes ; mais la Chine n’a pas aujourd’hui suffisamment d’influence en Grèce pour vraiment tirer un avantage politique réel de ce sauvetage intéressé.

Reste...la Russie !

L’Ours Russe a tout intérêt à venir au secours de la Belle Athéna ! Et il en a les moyens.

Depuis 2006, la Fédération de Russie a remboursé quasiment l’ensemble de sa dette. Elle a de l’argent, elle a les mains libres.

La dette grecque s’élève à 300 milliards d’euros. En 2008, le budget de la Fédération de Russie affichait 75 milliards d’euros d’excédents.

Moscou a les moyens financiers de renflouer Athènes.

Et il y des précédents, en 2009, la Russie annulé la dette du Kirghizistan en échange d’intérêts politiques. Hors de sa sphère traditionnelle d’influence, les mauvaises langues disent que Moscou a déjà accordé de larges crédits au Venezuela ou même à la lointaine île de Nauru, dans l’Océan Pacifique, en échange d’une bienveillante reconnaissance des ses deux bébés : l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie. Moscou a l’expérience de payer pour des avantages sur la Scène Internationale. La Russie a les moyens politiques de renflouer la Grèce.

L’Ours Russe a intérêt à aider la Grèce. Parce que depuis l’origine, cette dernière quoique membre d’une organisation hostile à la Russie : l’OTAN, n’a de cesse que de promouvoir le dialogue avec Moscou. Elle se comporte en amie, voir en alliée de la Sainte Russie. Pour mémoire et à titre d’exemple, en 2003, quand les Etats-Unis attaquent l’Iraq, parmi les rares pays de la « Vieille Europe » qui soutinrent le couple franco-allemand contre Washington, il y avait...la Grèce. Ce n’est pas un hasard. Il n’y a pas de hasard sur la scène des Relations Internationales.

En avançant leurs pions en Grèce, Poutine et Medvev jouent sur du velours.

La Grèce n’a jamais été à l’aise dans l’OTAN. D’abord à cause de la présence de la Turquie dans cette organisation. Est-il besoin de mettre des liens ? Et aussi parce que, si les Tchèques n’ont pas oublié l’intervention des chars russes en 1968, les Grecs se souviennent du rôle de la CIA dans la sinistre dictature des colonels.

Comme le Chili et beaucoup de pays d’Amérique du Sud, la Grèce présente pour les Etats-Unis et la Russie, l’image inversée de celle donnée en « l’Europe de l’Est ».

Les Etats-Unis n’y sont pas les bienvenus, la Russie, si.

Que pourront faire les Etats-Unis pour s’opposer à une sortie de la Grèce de l’OTAN ?

Bombarder, comme en Iraq ou en Serbie ?

Ça n’est guère crédible. Il est probable que les USA resteront sur leur objectif prioritaire : l’Afghanistan et ignorent en le minimisant ce départ de la Grèce.

Aussi un accord « Renflouement financier contre retrait de l’OTAN » est possible.

La Russie peut payer, la Russie sait payer pour de telles opérations. Le contexte grec la fait alors progresser en pays ami. Ça lui permettra, à l’avenir de renforcer son avantage, par exemple en faisant adhérer la Grèce à l’OTSC.

Alors, hors de la zone euro, décrédibilisée en Europe, suspecte de servir les intérêts d’une Russie vue traditionnellement plus comme un ennemi que comme un partenaire du couple Union Européenne-USA ( souvenez-vous de la réaction dudit couple contre la Russie pendant la guerre d’Ossétie ), la Grèce « tombera » hors de l’Union Européenne comme un fruit mûr.

Dans un contexte de Chocs de Civilisations, quel meilleur aimant, quel meilleur amant, pour la Belle Athéna, que le Nounours Russe !

Et nous en arrivons au scénario ci-dessus.

Dans l’immédiat les deux principaux acteurs concernés : le premier ministre grec Papandréou et le tandem Poutine-Medvedev ont tout à gagner à cette alliance.

Papandréou sort à peu de frais ( immédiat ) la Grèce d’une crise qui paraissait inextricable, il ravit le contribuable grec qui aura moins à payer que prévu et électoralement, ça compte ! Poutine et Medvedev, en étendant la zone d’influence de la Russie de 2010 à une région d’où même l’URSS était absente, rentrent dans l’Histoire en couronnant ainsi le retour de la puissance russe.

D’ailleurs, tout ce beau monde se rencontre très bientôt. A votre avis, de quoi vont-ils parler ?

Alors, vous avez encore des doutes ?

Moi pas.

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/grece-otan-en-emporte-la-russie-69952


4-6 OTAN : Les alliés sont convaincus de la nécessité d'une réforme profonde des procédures budgétaires.

Les ministres de la Défense des pays de l'Alliance atlantique sont parvenus, jeudi 4 février, au cours de la première session de leur réunion informelle, à un accord de principe permettant de combler directement le déficit de cette année et de lancer à plus long terme une réforme approfondie du budget de l'OTAN. Les détails de l'accord devront être élaborés au cours des prochaines sessions de travail du Comité militaire et des comités permanents compétents et ce, une fois le montant définitif connu (il est estimé actuellement à environ 642 millions d'Euros alors que le budget initial d'investissement de l'OTAN est de l'ordre de 850 millions d'Euros pour 2010 ; les rapports budgétaires devraient être finalisés fin février / début mars).
L'accord intervenu à cette occasion porte sur un paquet de mesures au terme desquelles les alliés sont convenus de garantir la poursuite des opérations et d'identifier des priorités stratégiques, de procéder à une réforme profonde des procédures budgétaires de l'OTAN, de rechercher davantage d'économies et d'apporter " de l'argent frais " pour compenser le déficit de cette année. La liste des priorités stratégiques à financer devrait être établie ultérieurement, ce qui promet un débat difficile entre les membres de l'Alliance. Entre notamment en compte le financement des infrastructures de défense, défendu en particulier par les nouveaux membres, et notamment du système de défense antimissile de l'OTAN. Le ministre de
la Défense polonais a fait savoir qu'il défendrait, avec quelques autres Etats le maintien du niveau d'investissement de l'OTAN dans les projets de défense au niveau actuel. Les diplomates britanniques ont refusé de se prononcer, notamment en argaunt du débat qui vient de s'ouvrir au Royaume-Uni sur l'avenir de la défense (cf. Adaptability and Partnership : Issues for the Strategic Defence Review Presented to Parliament by the Secretary of State for Defence (By Command of Her Majesty) - February 2010). Quant à la recherche des économies, le Secrétaire général s'est engagé au cours du dîner à mener à bien la réforme structurelle de l'Alliance, notamment celle du commandement militaire voulue par plusieurs pays importants de l'Alliance.

Intervenant sur le forum SecurityJam, le général Stéphane Abrial (SACT) a soutenu l’idée d’une planification budgétaire à long terme au sein de l’OTAN. « L’OTAN devrait se focaliser sur un horizon de planification de deux  à cinq ans. Seulement ainsi nous pourrons fournir à tout un chacun, y compris à nos opinions publiques et nos industries, une vision claire de là où nous allons en tant que l’Alliance », a-t-il écrit. Il rejoint ainsi le SACEUR, l’amiral James Stavridis, qui a estimé dans une de ses interventions que l’Alliance avait besoin « d’un système de programmation » avec une « vraie gouvernance » à l’instar de ce qui se fait dans chaque nation de l’Alliance. « Ayant dit ceci, il n’y a aucune raison pour qu’une Alliance avec 31 trillions de dollars de PIB, qui dépense seulement 1,4% de son PIB pour la défense, ne puisse pas assurer un financement plus raisonnable pour sa défense », a ajouté l’amiral Stavridis.

NB : La première partie de cet article a préalablement été publié dans le n° 291 - édition spéciale en date du 6 février 2010 de EUROPE Diplomatie & Défense (EDD - Publication de l'Agence Europe)

NDLR : L'agenda de l'Union européenne relatif à la fois à l'élaboration de sa stratégie politique et du programme de travail qui y sera associé, puis à sa Budgetary Rewiew, à la réforme de son système de ressources propres, et enfin à la préparation de la nouvelle programmation budgétaire pluriannuelle pour la période 2014-2020 semble offrir autant de fenêtres d'opportunités pour réduire les dépenses d'investissements de l'OTAN en les transférant, pour partie, à l'UE dans la proportion correspondant aux contributions des Etats membres des deux organisations ! Idée à creuser !

http://www.regards-citoyens.com/article-otan-les-allies-sont-convaincus-de-la-necessite-d-une-reforme-profonde-des-procedures-budgetaires-44598235.html



5  Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

5-1 Pour l'OTAN, la nouvelle doctrine militaire russe ne reflète pas le monde réel.

La nouvelle doctrine militaire russe, approuvée le 5 février par le président Medvedev, présente l'OTAN, son élargissement, notamment dans des territoires de l'ex-bloc de l'Est, et plus généralement son expansin, comme la principale menace extérieure pesant sur la Fédération.

Ainsi le chapitre 8 de la doctrine, intitulé "Principales menaces extérieures de guerre" (Основные внешние военные опасности), stipule-t-il, dans son premier article :

а) стремление наделить силовой потенциал Организации Североатлантического договора (НАТО) глобальными функциями, реализуемыми в нарушение норм международного права, приблизить военную инфраструктуру стран – членов НАТО к границам Российской Федерации, в том числе путем расширения блока;

La Russie fustige ainsi une tendance de l'OTAN à donner à ses fonctions une envergure mondiale, "en violation des normes du droit international", et à "rapprocher l'infrastructure militaire des pays membres des frontières russes, notamment par l'élargissement du bloc".
Quelques articles plus loin, mais toujours en bonne place et devant le terrorisme, figurent aussi "l'élaboration et le déploiement de systèmes de missiles de défense stratégique qui sapent la stabilité mondiale et perturbent l'équilibre des forces dans le domaine balistique nucléaire" ainsi que la "militarisation de l'espace extra-atmosphérique" :

г) создание и развертывание систем стратегической противоракетной обороны, подрывающих глобальную стабильность и нарушающих сложившееся соотношение сил в ракетно-ядерной сфере, а также милитаризация космического пространства, развертывание стратегических неядерных систем высокоточного оружия;

C'est évidemment l'ABM et ses prolongements européens qui sont visés ici. Un peu plus loin est également présentée comme un danger la prolifération nucléaire et des armes de destruction massive.
Peut-on y voir un écho lointain
aux déclarations de la Chine qui, à la suite de l'annonce américaine de ventes d'armements en bonne voie auprès de Taiwan, avait déclaré que les États-Unis étaient une menace pour sa sécurité ?
En tout état de cause, et sans surprise,
l'OTAN a réagi, par la voix de son Secrétaire Général, le Danois Rasmussen : Je me vois dans l'obligation de constater que la nouvelle doctrine ne reflète pas le monde réel... L'Otan n'est pas l'ennemi de la Russie. Cette doctrine ne correspond pas à la réalité et se trouve en contradiction flagrante avec toutes nos tentatives d'améliorer les relations entre l'Alliance et la Russie

Cela passe selon lui notamment par une coopération accrue sur le dossier afghan :

J'ai appelé la Russie à s'engager plus en Afghanistan, lorsque je me suis rendu en décembre à Moscou (...) Je pense que nous avons les mêmes intérêts que les Russes à voir la situation s'améliorer en Afghanistan

Tout ceci intervient alors que Russie et Etats-Unis sont en train de négocier un nouvel accord sur la réduction des arsenaux stratégiques, et que la Roumanie vient d'accepter d'accueillir sur son sol des missiles intercepteurs de moyenne portée, éléments de la nouvelle configuration de la défense anti-missile américaine en Europe.

 mardi 9 février 2010

kremlin.ru

JGP

Anonyme a dit…

Mais je ne sais pas si je ne comprends pas où si on ne veut que je comprenne. Des missiles americains partout pour la protection des USA. Mais on refuse que l'Iran aie l'arme atomique. Mais permetons aux Iraniens de construire de missiles anti missiles pour leur protection parceque les Yankees ne sont pas aussi parfaits.

http://defense-jgp.blogspot.com/2010/02/pour-lotan-la-nouvelle-doctrine.html


5-2 Des Bomspotters déjouent la sécurité de Kleine Brogel. (Belgique)

Dimanche, un groupe de Bomspotteurs opposé aux armes nucléaires est rentré sur la base aérienne de Kleine Brogel. A leur grande surprise, ils ont pu se balader pendant plus d'une heure sur la piste de décollage. Ils ont ensuite profité d'une porte laissée ouverte pour renter dans l'enceinte intérieure où sont entreposés les hangars des F16 et les 20 bombes nucléaires. Ce n'est qu'après une heure et demi que les activistes ont été arrêtés judiciairement. Les appareils photos, caméras et téléphones portables des Bomspotteurs ont tous été confisqués.
Les activistes sont des entraîneurs aux techniques d'actions non-violentes. Ils donnent des formations aux nouveaux Bomspotteurs. Cette action a été pour eux un lieu d'entraînement aux actions non-violentes de désobéissance civile. Après avoir essayé leurs techniques pour passer les barbelés de l'enceinte de la base, ils ont réussi à rejoindre les 11 bunkers où sont entreposées les 20 bombes nucléaires américaines. Ils ont ensuite été arrêtés par des militaires lourdement armés.

Les Bomspotteurs ont alors tenté d'expliquer aux soldats présents leurs perspectives pour une résolution pacifique des conflits.

Réponse brutale des militaires
Les militaires étaient peu réceptifs aux messages pacifiques. Les activistes ont été arrêtés judiciairement et appris beaucoup de choses sur les techniques d'arrestation par des militaires.

Un activistes nous raconte après sa libération : "Les militaires nous ont bandés les yeux pendant des heures, ils nous ont forcés à nous mettre à genoux dans la neige, les bras tendus à 90° et nous ont menacés si nous avions l'intention de revenir sur la base dans les mois à venir. Nous avions tout vu sur la base, mais ils ne voulaient pas que l'on puisse voir quels militaires nous intimidaient".
La plus grosse inquiétude de l'armée a été que les Bomspotteurs avaient réussi à localiser, photographier et filmer les bunkers dans lesquels sont entreposés les armes nucléaires.

Malgré plusieurs fouilles complètes, un des Bompotteurs a tout de même réussi à dissimuler une des cartes mémoires sur laquelle se trouve les informations les plus importantes que les activistes ont pu relevées.
Communiqué de Presse –

mardi 2 février 2010
Une vidéo des résultats de l'inspection a été publiée ce lundi soir sur internet : http://www.youtube.com/watch?v=KfgW_mfxBc0


5-3 Les Bomspotteurs restent déterminés.
Cette action n'est qu'une des  nombreuses actions prévue dans l'agenda pour 2010.

Cette année est en effet cruciale pour le désarmement nucléaire.
2010 est marqué par trois moments déterminant pour l'avenir des armes nucléaires. Aussi bien les Etats-Unis que l'OTAN redéfinissent leur stratégie nucléaire. A partir du 3 mai 2010 aura lieu à New York le conférence de l'ONU sur l'examen de révision du Traité de non-prolifération (TNP). Traité contrecarrant la prolifération nucléaire et dans lequel les Etats armés nucléairement s'engagent à désarmer.
La conjoncture politique n'a jamais été aussi propice à un plaidoyer sur le désarmement nucléaire. D’un engagement belge de soutient à une initiative de désarmement, à la concrétisation de faire un succès la conférence de non-prolifération, il n’y a pourtant qu’un pas à faire !

C'est la raison pour laquelle Vredesactie appelle à perturber sans arrêt le bon fonctionnement de la base nucléaire via des actions non-violentes.
C'est la cinquième action sur la base en moins de trois mois et de nombreux groupes de Bomspotteurs de tous le pays iront les mois à venir inspecter la base en vue de dénoncer la présence illégale des bombes nucléaires.

Plus d'infos sur les actions passées et à venir : www.bomspotting.be
Photos et films disponibles : Benoît Calvi : 0495 211 085 : benoit@vredesactie.be



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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