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26/02/2010

n°319 - dossiers de l'Afghanistan - 24-02 – Fin - Des milliers de crimes en tout genre commis dans l'armée


n°319 - dossiers de l'Afghanistan - 24-02 – Fin - Des milliers de crimes en tout genre commis dans l'armée.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan n°319 du 24-02

              C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

1 Dossiers (Suite - Fin)

1-9 Emmanuel Derville : La nouvelle stratégie en Afghanistan est mise en péril par le Pakistan.

1-10 Myriam Abraham : Israël Participe aux Assassinats & Massacres Robotisés de La Guerre En Afghanistan.

1-11 Des soldats allemands formés en Israël !!!

1-12 L’Allemagne n’en finit plus de se diviser sur l’Afghanistan.

1-13 Tortures, mensonges et raison d'Etat en Grande-Bretagne.

1-14 Aafia Siddiqui, la pakistanaise qui voulait tuer des Américains

1-15 Des chiens renifleurs français à la recherche des bombes artisanales.

1-16 Hugo Bertrand : Robots : les nouveaux chiens de guerre…

1-17 Guantanamo : Les dossiers.

1 Les services secrets britanniques pointés du doigt.

2 Khadr restera aux mains des Américains


1-9 Emmanuel Derville : La nouvelle stratégie en Afghanistan est mise en péril par le Pakistan.

Nb Nb : Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage l'analyse des auteurs mais doit être vu comme information .

Soixante pays se réunissent aujourd’hui dans la capitale britannique pour tenter de stabiliser l’Afghanistan.(…)

Pour y parvenir, le président Karzaï tend la main aux résistants. Mais sans l’aide du Pakistan voisin, cette stratégie semble vouée à l’échec.

La solution de la dernière chance?

La conférence qui s’ouvre aujourd’hui à Londres est cruciale pour l’avenir de l’Afghanistan.

L’année dernière, 520 soldats américains ont été tués dans des combats.

Un record depuis le début de l’intervention, en 2001.

Les attaques s’étendent à presque tout le pays.

Le rôle du Pakistan

Pour calmer la situation, les Etats-Unis et le gouvernement afghan tendent la main aux résistants qui accepteraient de déposer les armes tout en combattant les plus radicaux, notamment ceux considérés proches d’Al-Qaida. Washington devrait dévoiler un plan d’aide de 500 millions de dollars pour faciliter leur intégration à la vie civile.

Mais cette tentative de réconciliation pourrait ne pas aboutir.

Dans une interview au Financial Times, le général Stanley McChrystal, qui commande les forces américaines en Afghanistan, a expliqué sa tactique: affaiblir les résistants pour les inciter à cesser les combats.

Difficile d’y parvenir tant qu’ils se réfugient au Pakistan, en particulier dans la région du Nord-Waziristan, où l’OTAN n’ose pas les pour­suivre.

C’est là que les principaux groupes de combattants, ceux de Hafiz Gulbahadur et de Sirajuddin Haqqani, sont installés.

La semaine dernière, Robert Gates, le secrétaire d’Etat américain à la Defense, en visite à Islamabad, a demandé aux autorités de lancer une offensive au Nord-Waziristan.

Refus des militaires pakistanais: «Nous n’en avons pas les moyens», a répondu leur porte-parole, le général Athar Abbas. Des dizaines de milliers de soldats sont déjà engagés contre certains groupes de résistants dans le nord-ouest du pays et les tensions sont fortes à la frontière avec l’Inde, où les deux armées ont échangé des tirs à plusieurs reprises ces dernières semaines. Islamabad ne veut pas affaiblir ses Defenses dans cette région.

Contrer l’Inde

Surtout, le Pakistan a toujours été proche des réseaux résistants, perçus comme des relais pour contrer les ambitions de New Delhi, qui soutient le président Karzaï et multiplie les projets de reconstruction en Afghanistan. Si l’armée pakistanaise les privait de leur base arrière, elle perdrait de précieux alliés. Elle n’a d’ailleurs aucune raison de le faire car Islamabad semble convaincu que le processus de réconciliation ne marchera pas: «Des groupes de résistants influents, comme celui de Sirajuddin Haqqani ou du mollah Omar, chassé du pouvoir par les Américains en 2001, n’y participeront pas puisque Kaboul les considère comme proches d’Al-Qaida», assure un haut fonctionnaire pakistanais.

Enfin, si l’armée pakistanaise intervenait, le prix à payer serait lourd. «L’état-major craint que les résistants ne commettent des attentats dans tout le pays en représailles.

C’est d’ailleurs ce qui s’est passé en octobre, quand il a lancé une opération contre les résistants du Sud-Waziristan, près de la frontière afghane», souligne le général à la retraite Talat Masood.

EMMANUEL DERVILLE

28.01.2010

http://www.tdg.ch/actu/monde/nouvelle-strategie-afghanistan-mise-peril-pakistan-2010-01-27


1-10 Myriam Abraham : Israël Participe aux Assassinats & Massacres Robotisés de La Guerre En Afghanistan.

5 pays membres de l’OTAN participant aux côtés des Etats Unis à cette guerre d’occupation utilisent des drones israéliens pour surveiller et pour tuer un grand nombre de civils Afghans abjectement qualifiés de « dommages collatéraux ».

5 pays membres de l’OTAN utilisent des drones israéliens produits en Israël par IAI (Israel Aerospacial Industries), une entreprise d'état, pour espionner et tuer.

Ces drones, Heron UAVs, volent à moyenne altitude, peuvent rester en vol 30 heures (altitude de croisière : 3000m) et transporter une charge (missiles) de 250kg. Ils peuvent opérer sur plusieurs centaines de km, sont porteurs de différents types de senseurs utilisés pour espionner des « cibles » mais aussi tuer. Israël a expérimenté ce type d’engins dans les territoires occupés contre la population palestinienne et les utilisent pour tuer lors d’assassinats ciblés de membres de la résistance palestinienne, mais aussi lors de ces attaques d’envergure dont celle de l’année dernière l’Opération Plomb Durci, contre la Bande de Gaza, où ils ont servi à tuer des civils.
Les pays qui utilisent les drones israéliens en Afghanistan sont :
L’Australie, l’Espagne, le Canada, la France et tout récemment l’Allemagne.

Ces pays sont donc responsables, au même titre qu’Israël qui les produit et les vend, des tueries générées par les opérations d’espionnage et ciblage de ces appareils israéliens. Confrontés à une pléthore d’informations fournis par ces drones et incapables de toutes les gérer, les attaques et opérations d’assassinats tuent plus de civils que de combattants résistants.
Israël est reconnu comme leader mondial après les US en matière de production de drones. Ainsi outre les pays cités ci-dessus, en Novembre dernier le Brésil a passé commande de Heron UAVs pour un montant de 350 millions de $ pour patrouiller ses frontières mais aussi des opérations de surveillance au dessus de ses villes. De même les forces de sécurité panaméennes conjointement avec le commandement militaire US Sud assisteront à une démonstration de ces appareils dans l’optique de les acheter pour soit disant surveiller les trafics de drogue mais en réalité pour mener des opérations policières.
Ces appareils sont de plus en plus fréquemment utilisés - outre dans le cadre de conflits armés - à des fins de police civile et Israël encore une fois, en les ayant conçu et en les fabriquant et les exportant, est le chef de file de ce type d’actions anti démocratiques, fascisantes.
Amplification de la guerre des drones
Ce qui sous Bush II étaient des actes peu fréquents d’assassinats ciblés contre des résistants suspectés d’être des « Talibans » sont devenus monnaie courante sous l’administration Obama, le nègre du complexe militaro industriel US. Depuis l’attaque suicide du 30 Décembre menée par un agent double de nationalité jordanienne dans une base avancée de la CIA en Afghanistan d’où partent les ordres d’assassinats par drones et qui a décapité la CIA en Afghanistan, l’utilisation de ces engins de mort pour traquer tout ce qui paraît « suspect » aux Américains dans la zone de guerre AfPak est devenue hyperintensive.
Au Pakistan, où un nombre sans précédent de frappes de missiles utilisant des drones a tué à la fois des combattants mais surtout de nombreux civils, ces attaques provoquent la colère des populations des zones tribales et la haine des Etats Unis est entrain de s’amplifier et risque à terme de se retourner contre le gouvernement servile en place.
En Afghanistan, ou les drones ont été pendant des années - et ce parce qu’en nombre limités- utilisés essentiellement pour des missions de surveillance, ils sont de plus en plus fréquemment utilisés pour assassiner, dans le cadre du renforcement des attaques aériennes menées à partir de ces véhicules aériens contrôlés à distance, un renforcement croissant passé inaperçu et nulle part mentionné dans les médias qui ont pourtant fait grand cas du renforcement du nombre de troupes envoyées sur le terrain notamment de troupes américaines. Ce développement de l’utilisation de drones en AfPak profite bien évidemment à l’industrie militaire israélienne en plein boom, de même qu’à celle des Etats Unis.
Cette escalade de la guerre des drones ne fait que commencer le Pentagone ayant prévu d’augmenter sa flotte de drones dans les 40 prochaines années en créant des flottes de drones ultra sophistiqués lourdement armés de plus en plus autonomes, voyant tout repérant tout, ces UAS (hypersonic Unmanned Aérial Systèms).
Le Washington Post a récemment rapporté que « les drones sans pilote utilisés pour des missions en Afghanistan et au Pakistan sont une priorité avec pour objectif d’accélérer l’achat de nouveaux drones Reaper et d’étendre les vols de Predator et Reaper au-delà de 2013. »
En 2008 il y a eu entre 27 et 36 attaques de drones US dans le cadre d’opérations clandestines de guerre menées par la CIA au Pakistan. En 2009 il y en a eu entre 45 et 53 et pour les seuls 18 premiers jours de Janvier 2010 on en dénombrait déjà 11.
En Afghanistan, les US ont crée un système interconnecté de commande et contrôle global pour y mener leur guerre des robots de même que pour aider la CIA dans ses frappes au Pakistan.

Des bases high tech établies partout dans le monde sont impliquées dans ses opérations de surveillance et d’assassinats. La principale base d’où les US supervisent secrètement toutes ces opérations de drones sur l’Afghanistan et le Pakistan c’est celle située au Qatar qui a coûté plusieurs milliards de dollars. Les drones décollent et atterrissent d’aérodromes situés à Kandahar et Jalalabad en Afghanistan, mais le centre des opérations se trouve à la base aérienne de Creech dans le Nevada, où les « pilotes » de l’armée de l’air US actionnent ces drones contrôlés à distance à des milliers de kilomètres de là, mais aussi à Wright-Patterson, une gigantesque base aérienne de 32 km2 située à Dayton dans l’Ohio. Une fois leur sale boulot d’assassinats à distance terminé, ces « pilotes » rentrent chez eux pour « jouir d’un repos bien mérité ».
C’est l’armée de l’air US qui de loin détient le record d’utilisation de drones pour des opérations d’assassinats et massacres de civils.

 A partir de 2001, quand elle a commencé à utilisé des drones armés jusqu’en 2009, l’armée de l’air a tiré 703 missiles Hellfire et largué 132 GBU -12s (bombes guidées au laser de 250kg).

Samedi 6 Février 2010

Myriam Abraham

http://www.planetenonviolence.org/Israel-Participe-Aux-Assassinats-Et-Massacres-Robotises-de-La-Guerre-En-Afghanistan_a2114.html


1-11 Des soldats allemands formés en Israël !!!
Tsahal apprend aux pilotes de la Bundeswehr à manier les drones utilisés en Afghanistan.

Cela aurait été inimaginable il y a quelques années encore, tant la nouvelle aurait choqué l'opinion dans un pays où la mémoire de l'Holocauste reste le principal ciment de la société.

La coopération militaire entre l'État hébreu et l'Allemagne vient de s'affranchir d'un nouveau tabou. Pour la première fois, des soldats allemands sont formés en Israël pour des interventions extérieures.

Tsahal fournit aux pilotes de la Bundeswehr un programme de formation de six semaines pour le maniement de drones israéliens, qui seront utilisés en Afghanistan à partir de mars.

Fabriqué par Israël Aero Industries (IAI), le drone Heron 1 viendra renforcer les capacités de surveillance de l'armée allemande en Afghanistan. «Il y a déjà eu souvent des entraînements pour des soldats israéliens en Allemagne et naturellement des manœuvres communes en mer Méditerranée, affirme un porte-parole du ministère israélien de la Defense, cité par le quotidien Financial Times Deutschland.Mais jamais encore des soldats allemands n'avaient été formés en Israël.»

Quinze à vingt soldats allemands seront formés par Tsahal. Le drone Heron 1, redoutable outil de surveillance qui a déjà fait ses preuves au Liban et dans la bande de Gaza, est capable de transmettre des informations fiables même par mauvais temps, contrairement au matériel dont disposait la Bundeswehr jusqu'à présent. Il est manœuvré par un équipage de deux hommes installés dans un container : l'un pilote l'appareil à l'aide d'un joystick alors que le second analyse les images.

«Allié stratégique»

La coopération militaire franchit ainsi une nouvelle étape. Israël, qui devrait bientôt recevoir deux nouveaux sous-marins allemands capables de transporter des missiles nucléaires, considère l'Allemagne comme un «allié stratégique».

2/2

http://www.lefigaro.fr/international/


1-12 L’Allemagne n’en finit plus de se diviser sur l’Afghanistan.

Le ministre des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, s’est exprimé aujourd’hui devant le Bundestag sur la stratégie allemande en Afghanistan. Cinq mois après le bombardement controversé à Kunduz dans le Nord de l’Afghanistan, bombardement ordonné par le colonel allemand Georg Klein, la polémique sur la participation de l’Allemagne à la force alliée en Afghanistan ne désenfle pas dans le pays. La bavure de Kunduz qui a provoqué la mort de 142 personnes, en majorité des civils, a déjà coûté son poste au ministre de la Defense de l’époque. Une commission d’enquête parlementaire a également été mise en place pour élucider les circonstances de la bavure. Alors que les premiers témoins sont entendus ces jours-ci, M. Westerwelle a appelé dans le même temps à un envoi supplémentaire de soldats tout en qualifiant la situation de « conflit armé selon les critères du droit international », qualification taboue et polémique outre-Rhin.

Plus que jamais, l’engagement militaire en Afghanistan est impopulaire en Allemagne. Selon plusieurs sondages, près des deux tiers de la population souhaitent le retour des soldats déployés. La bavure de Kunduz a été un choc pour l’opinion publique, très attachée à l’image du soldat-citoyen et d’une armée morale et civique.
Le 4 septembre 2009, le colonel Georg Klein a ordonné le bombardement de camions citernes, tuant par la même occasion de nombreux civils. On lui a alors reproché d’avoir violé les règles d’intervention de la force internationale d’assistance à la sécurité et d’avoir ordonné la frappe non pas pour détruire des camions-citernes volés par les taliban, mais pour éliminer des rebelles. Or l’Allemagne ne se trouvait pas officiellement en situation de guerre, il s’agissait tout au plus d’une guerre civile.
Le choc de l’opinion publique ne s’explique donc pas seulement parce que c’est la première fois depuis la seconde guerre mondiale que l’Allemagne provoque la mort d’autant de civils, il s’explique également parce que les responsables politiques n’avaient vanté jusque là que les missions de soutien et d’appui à la population de la Bundeswehr. Il y a peu, le nouveau ministre de la Defense, Karl-Theodor zu Guttenberg, a été le premier a évoquer une situation de guerre - mais décrite comme « semblable à la guerre ». Les responsables politiques tentent d’éviter à tout prix d’effrayer les électeurs en utilisant le terme de guerre. Angela Merkel, par exemple, n’a pas directement pris part à la conférence de Londres sur l’avenir de l’Afghanistan, le 28 janvier dernier, afin de ne pas trop s’exposer sur le sujet. L’intervention de Guido Westerwelle semble donc introduire un changement de communication. Il a d’ailleurs refusé, malgré les fortes pressions de l’opposition et de l’opinion, de donner une date précise pour le retrait de la Bundeswehr : « En 2014 nous voulons atteindre l’objectif du président Karzaï : que les Afghans assument eux-mêmes la sécurité du pays entier. C’est une perspective réaliste, en vue de laquelle nous allons faire des efforts. Mais ce n’est pas une date concrète de retrait. » De plus, en qualifiant officiellement le conflit de conflit armé, il permet désormais aux soldats de bénéficier d’une meilleure protection en cas de poursuites judiciaires. Jusqu’ici, ceux-ci n’étaient « autorisés » à tuer qu’en cas de légitime Defense ou de premiers secours. Si le droit de la guerre s’applique, la mort de civils dans le cas d’une action militaire n’est pas automatiquement sanctionnée. Georg Klein pourrait être le premier bénéficiaire de cette nouvelle définition, au grand dam des opposants de l’intervention militaire allemande en Afghanistan.

Sources : Focus, Le Monde, Deutsche Welle

10 février

http://www.affaires-strategiques.info/spip.php?article2822


1-13 Tortures, mensonges et raison d'Etat en Grande-Bretagne.

Un véritable roman d'espionnage vient de paraître en Grande-Bretagne.

Alors que la commission Chilcot est en train de terminer ses auditions sur la légitimé de l'engagement britannique en Irak, une affaire de tortures et de dissimulation d'informations au nom de la "sécurité nationale" a fait surface, mercredi 10 février, dans le pays.

Coup dur pour les relations Etats-Unis - Grande-Bretagne

Mise au pied du mur devant la divulgation des ces informations, la Maison Blanche s'est dite, mercredi, "profondément déçue". "Le jugement va compliquer la confidentialité de notre relation de partage de renseignements avec le Royaume-Uni, et il entrera en ligne de compte dans notre futur processus de prise de décisions." La collaboration anglo-saxonne dans le domaine du renseignement risque donc d'être sérieusement remise en question.

Binyam Mohamed, Ethiopien ayant résidé en Grande-Bretagne, en est le personnage principal. Arrêté en 2002 en Pakistan, il est ensuite transféré au Maroc puis à Guantanamo en 2004, d'où il sera libéré sans inculpation en février 2009. De retour à Londres, il est alors décidé à se faire justice. Il veut tout révéler et raconter les tortures qu'il a subies au Pakistan et au Maroc avec, assure-t-il, la complicité de la Grande-Bretagne.

Pendant un an, le gouvernement britannique tente d'empêcher la publication de tout document compromettant au nom du secret d'Etat et de la "sécurité nationale". Mais la cour d'appel de Londres en décide autrement et oblige, mercredi 10 février, le ministère des affaires étrangère à publier des documents classifiés. Ces documents, prouvant les tortures, ont été remis au MI5 (services secrets britanniques) par la CIA via un certain "témoin B.", qui avait conduit les interrogatoires au Pakistan.

DES AGISSEMENTS "CRUELS, INHUMAINS ET DÉGRADANTS"

Ils révèlent que le MI5 était au courant que M. Mohamed a été victime, notamment, de privations de sommeil, de menaces de "disparition", et qu'il était en outre "enchaîné lors de ces interrogatoires". Des agissements "cruels, inhumains et dégradants", selon les juges, qui concluent que "les autorités britanniques étaient impliquées et ont facilité l'administration de cette torture dont Binyam Mohamed, sous contrôle des autorités américaines, était victime".

Une histoire tragique, mais ce n'est pas tout.

Dans sa version originale, et avant que le gouvernement intervienne, le jugement de la cour d'appel était encore plus sévère. Les médias britanniques ont révélé l'existence d'une lettre faisant état de négociations privées entre le président de la cour d'appel et l'avocat de l'Etat britannique quelques jours avant le rendu du jugement final.

Jonathan Sumption, conseillé de la reine, a écrit aux juges le 8 février, leur demandant de "bien considérer cette lettre avant d'établir leur jugement définitif". Il leur demande de revenir sur un passage précis du jugement qui, outre le fait d'être selon lui infondé, constitue une "critique exceptionnellement dommageable de la bonne foi du MI5".

UN PARAGRAPHE ENTIER SUPPRIMÉ

Dans ce passage, le président de la cour d'appel écrit que les services secrets britanniques ont "entretenu une culture de la répression et du mépris des droits de l'homme", et "délibérément induit en erreur une commission parlementaire sur la torture". Il assure aussi que le fameux "témoin B." n'a pas agi seul mais que, au contraire, son comportement est "caractéristique du [MI5] dans son ensemble" et que l'on ne peut donc accorder aucune confiance aux services secrets britanniques.

M. Sumption demande, au terme d'une lettre de trois pages, "à la cour de reconsidérer si le paragraphe est nécessaire à la décision et s'il rend vraiment justice aux protagonistes". Les juges ont purement et simplement supprimé le passage concerné. La partie civile ainsi que les médias britanniques, après avoir pris connaissance de cette lettre, les ont appelés à revoir leur décision.

Ils doivent se réunir vendredi pour considérer une nouvelle fois l'affaire et décider s'ils doivent publier ou non l'intégralité du paragraphe concerné…

11.02.

http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/02/11/tortures-mensonges-et-raison-d-etat-en-grande-bretagne_1304509_3214.html#ens_id=1073709


1-14 Aafia Siddiqui, la pakistanaise qui voulait tuer des Américains

Au terme d’un procès de deux semaines, une pakistanaise spécialiste en neurosciences a été jugée coupable mercredi à New York de tentative de meurtre d’enquêteurs Américains en Afghanistan.

Aafia Siddiqui, 37 ans, a été reconnue coupable par un jury fédéral des charges pesant contre elle, à l’exception de celle de préméditation. Ce qui fait qu’elle risque une peine de 30 à 40 ans de réclusion, plutôt que la prison à perpétuité. En réaction au jugement, elle s’est exclamée : « Il s’agit d’un verdict venant d’Israël, pas de l’Amérique. La colère devrait être dirigée vers la bonne cible. J’ai un témoignage, et j’ai des preuves », a-t-elle crié.

Selon son avocate, Elaine Sharp, Siddiqui souhaitait en fait par ces propos envoyer un message à ses partisans au Pakistan, pour éviter toute réaction violente.

« Elle m’a dit catégoriquement qu’elle ne veut aucune violence, aucune protestation violente, ni représailles violentes. Ce n’est pas ce qu’elle incarne », a expliqué Maitre Sharp.

A noter que Siddiqui avait perturbé son procès à plusieurs reprises en s’en prenant au juge, accusé de mentir, et aux témoins. Ses avocats avaient d’ailleurs tenté de l’empêcher de témoigner, au motif qu’elle n’avait pas toutes ses facultés mentales, après avoir été maintenue en isolement cellulaire depuis son arrivée aux Etats-Unis l’été dernier.

Mais ils n’ont pas pu convaincre le juge, et Siddiqui a démenti sous serment avoir jamais usé d’une arme a feu, ou être capable de violence.

Or, six témoins – des Américains tout comme des Afghans – ont dit qu’au cours d’un interrogatoire au poste de police de Ghazni en Afghanistan, en juillet 2008, Siddiqui s’était emparée d’un fusil et avait ouvert le feu.

L’un des officiers américains avait alors répliqué, la blessant. Elle avait été interpellée la veille, et une fouille de son sac avait permis de trouver des notes sur la fabrication de bombes, et une liste de monuments à New York.

La scientifique, qui avait réalisé ses études en neurosciences au prestigieux Massachusetts Institute of Technology, le MIT, a par la suite affirmé avoir été blessée alors qu’elle tentait de s’enfuir.

Elle dit avoir été torturée dans une prison secrète au cours des années qui ont précédé son arrestation officielle.

Elle sera fixée sur son sort le 6 mai, quand elle apprendra sa peine, mais ses avocats ont déjà annoncé qu’ils allaient interjeter appel.

4/2

http://journalstars.com/actualites/la-pakistanaise-qui-voulait-tuer-des-americains-5338.html


1-15 Des chiens renifleurs français à la recherche des bombes artisanales.

Le contingent français en Afghanistan a une arme secrète contre les bombes artisanales des résistants, si répandues et si meurtrières: le malinois.

Ce chien de berger belge, dressé pour renifler les explosifs les plus rudimentaires, a déjà permis aux équipes de démineurs de découvrir des dizaines de caches d'armes, d'engins posés en bordure de route ou de voitures piégées. Contrairement aux labradors utilisés par les Marines américains dans la province d'Helmand (sud), les malinois accompagnant la Légion étrangère française dans la région de Tora (est) sont capables de détecter non seulement les explosifs conventionnels, mais aussi les engins artisanaux composés de produits plus rustiques, auxquels les résistants recourent de plus en plus.

Ces bombes artisanales, appelées engins explosifs improvisés (EEI), nécessitent très peu de technologie et sont dénuées de parties métalliques ou d'explosifs traditionnels, ce qui les rend quasi-indétectables par le matériel de déminage habituel.

"Les chiens renifleurs ont quelque chose de mieux que les machines: l'instinct", explique le caporal-chef Rémy, qui ne donne que son prénom conformément aux consignes de l'armée française.

Le caporal-chef Rémy, maître-chien d'un berger "renifleur" de quatre ans baptisé Arry, est convaincu à plus de 90% de pouvoir déclarer "sécurisée" une route qui a été inspectée par son malinois, race proche du berger allemand, mais plus élancée et plus musclée.

Le contingent français en Afghanistan a exclusivement recours aux malinois pour ses équipes cynophiles, un animal jugé plus polyvalent que les autres races. Outre les EEI -responsables de près de la moitié des morts de GI's en Afghanistan l'an dernier-, ces bergers belges sont capables de renifler des drogues, de garder un camp militaire ou d'aider à contenir une foule. Les quelque 3.500 hommes du contingent français en Afghanistan disposent d'une dizaine de malinois dressés pour ces tâches -"reniflage", surveillance, attaque-, tous mâles.

Chaque malinois a son maître-chien attitré. L'animal a été dressé en amont, durant environ quatre mois, soit pour le "reniflage", soit pour l'attaque, mais pas les deux. "A un barrage, les suspects n'ont aucun moyen de savoir s'ils ont à faire à un chien d'attaque ou à un chien renifleur", souligne le sergent Sylvain, maître-chien d'Agos, un malinois d'attaque de 32 kilos qui peut facilement jeter un homme au sol, mordre une cible à deux mètres de haut ou traverser une vitre de voiture à l'aide d'une muselière renforcée de métal.

Les bombes artisanales sont souvent composées d'un mélange de ferraille et d'engrais facilement disponibles pour les résistants, comme le nitrate d'ammonium ou de la poudre d'aluminium bon marché. Elles sont déclenchées à distance par des fils électriques reliés sur des dizaines de mètres à un détonateur.

"En pratique, (lors des séances de dressage), nous avons ajouté des poudres de nitrate à l'éventail de produits chimiques auxquels on dresse les chiens à réagir", révèle le caporal-chef Rémy.

Son chien Arry est désormais capable de renifler plus de 20 molécules différentes, ce qui lui permet de détecter quasiment tous les engins artisanaux. Ainsi, si le sol a été récemment retourné, Arry peut renifler un explosif caché jusqu'à un mètre de profondeur. Et, pour peu qu'il y ait une petite brise soufflant dans la bonne direction, le chien est capable de repérer une bombe à une centaine de mètres de distance. Conclusion du caporal-chef Rémy: "Les chiens sont vraiment la meilleure chose contre les explosifs".

3/2

http://fr.news.yahoo.com/3/20100202/twl-afghanistan-chiens-deminage-fcd69a8_1.html


1-16 Hugo Bertrand : Robots : les nouveaux chiens de guerre…

La robotique a fait des progrès énormes ces dernières années.

Si les robots domestiques laissent encore dubitatifs en terme d'usage et de fonctionnalité, les résultats les plus spectaculaires ont été obtenus au service de l'industrie de la Defense.

En prenant modèle sur la gent animale !

La mythologie des robots, à travers littérature et cinéma nous présente deux types de machines : le sympathique android qui nous aide dans nos tâches quotidiennes et nous tient compagnie ou le méchant terminator qui sert le côté obscur de la force ou se retourne contre l’espèce humaine.

BigDog, machine de somme
Créé par la société Boston Dynamics pour le compte du DARPA (l’agence du Département de la Defense des USA responsable de la recherche et du développement des nouvelles technologies pour l’usage militaire), BigDog est apparu en Afghanistan.

Mission : porter l’intendance (jusqu’à 150 kg) d’un groupe de combattants en terrain difficile.

C’est donc l’archétype du robot ; étymologiquement, le mot tchèque robota signifie « travail pénible », « corvée ».

Pas de temps de repos ni de pause repas pour les machines.

Star Wars sans le THX

Quand on découvre une vidéo de BigDog en action, on reste bouche bée.

Ressemblant aux quadrupèdes impériaux de Star War, « la bête » tient plus du mulet ou de l’arachnoïde mutante que du chien : 1 mètre de long, 70 cm de hauteur et 75 kg.

Ce qui frappe et rend même mal à l’aise, tellement la similitude avec un animal est grande, ce sont ses longues pattes motrices dont les mouvements ne ressemblent en rien à la démarche pataude de la plupart de ses congénères civils.

Recordog d’autonomie

Il peut grimper les côtes (jusqu’à 35 degrés), marcher dans le sable ou dans la neige sans que sa progression s’en trouve entravée. On éprouve même de l’empathie et de la gêne quand les soldats américains lui donnent de grands coups dans « les flans » pour bien montrer que « la bête » rétablit immédiatement son équilibre.
BigDog a battu le record du monde d’autonomie en parcourant 20 km à une vitesse de 4km/h et peut même s’autoriser des pointes à 6,5 km/h.
La condition de machine de BigDog nous est pourtant rappelée par son alimentation : il fonctionne à l’essence et émet le bruit d’une tondeuse à gazon.

Au 7ème jour…
Si l’on consulte le site
de Boston Dynamics ou d’autres industriels de la Defense, on réalise que BigDog n’est qu’un exemplaire du bestiaire robotique militaire.
Insectes métalliques qui grimpent aux murs, chauve souris ou colibris espions, l’arche de Noë guerrière du XXIè siècle est en gestation.

BigDog a déjà un grand frère humanoide en couveuse : Petman pourra marcher, ramper, et se mouvoir dans nombre de situations. Des projets pour faire de ces machines actuellement téléguidées des robots qui pourraient être programmés pour décider d’eux mêmes de détruire une cible seraient à l’étude. Car même si on les dote d’intelligence artificielle, les machines n’auront pas d’état d’âme au moment de passer à l’acte.

De ces innovations qui font froid dans le dos, des déclinaisons civiles découleront forcément.

On se souvient que le GPS était à l’origine une technologie développée pour le DARPA.

Hugo Bertrand

5 février

VIDEO DU ROBOT 

 http://www.youtube.com/watch?v=W1czBcnX1Ww&feature=pl...

http://www.techyou.fr/2010/02/robots-les-nouveaux-chiens-...


1-17 Guantanamo : Les dossiers.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage certaines analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

1 Les services secrets britanniques pointés du doigt.

L'ONU se penche sur l'implication de certains Etats dans les méthodes discutables utilisées, à Guantanamo notamment, par les autorités américaines.

Guantanamo, un centre de détention militaire haute sécurité.

Londres se trouve dans une position délicate: certains ressortissants et résidents britanniques, libérés du camp de Guantanamo, accusent les services secrets britanniques de les avoir livrés aux autorités américaines et d'avoir participé à bon nombre d'interrogatoires. 

Parmi eux, Benyam Mohamed, un ressortissant éthiopien, installé au Royaume-Uni en 1994 et qui avait déposé une demande d'asile politique. Il est arrêté au Pakistan en avril 2002. C'est là que débute un cauchemar qui va durer près de sept ans. Pris en main par les autorités américaines, il est envoyé dans des prisons secrètes en Afghanistan et au Maroc avant d'échouer à Guantanamo Bay, en septembre 2004. Suivront, dit-il, plus de quatre années d'humiliations et de mauvais traitements physiques et psychologiques. A sa libération en février 2009, toutes les charges qui pesaient contre lui sont levées.

Des accusations embarrassantes pour Gordon Brown

Après son retour en Angleterre, il prétend que des membres des services secrets britanniques ont pris part à des interrogatoires pour le moins musclés. Dans des entretiens détaillés, il précise avoir subi des brimades et des abus sexuels. Des accusations embarrassantes pour le gouvernement de Gordon Brown, qui n'a eu de cesse de condamner les méthodes employées à Guantanamo.

Mais ce n'est pas tout. Voilà qu'un rapport publié récemment par l'ONU vient remettre le feu aux poudres: il dénonce à son tour l'implication des services secrets britanniques. Dans une bataille judiciaire entamée il y a plus d'un an, plusieurs ONG et anciens détenus réclament la publication de documents officiels qui incriminent, selon eux, les services secrets britanniques, accusés en outre de complicité d'enlèvement, de détention illégale et de torture. Le ministre des affaires étrangères David Miliband a eu beau évoquer la sécurité nationale et expliquer que la divulgation de telles informations pourrait nuire aux relations entre Londres et Washington, la Haute Cour a donné tort au gouvernement. Ce dernier a fait appel.

Jointe par L'Express, une porte-parole de l'ONG Reprieve, qui représente les ressortissants et résidents britanniques rentrés de Guantanamo se dit ravie: "Nous sommes satisfaits que ce rapport ait été publié par l'ONU. Il reprend tout ce nous dénonçons depuis longtemps. La sécurité nationale ne serait en rien menacée par le fait que soient rendus publics les documents que nous réclamons." Et Benyam Mohamed, comment va-t-il? "Il se porte bien. Il a retrouvé un semblant de vie de famille et travaille actuellement en tant que bénévole dans l'association Guantanamo Justice Center qui s'occupe des familles de détenus n'ayant pas eu la chance d'être libérés."

7/2

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/les-services-secrets-britanniques-pointes-du-doigt_847061.html


2 Khadr restera aux mains des Américains

Ottawa confirme qu'il ne demandera pas le rapatriement du prisonnier canadien de Guantánamo

Le gouvernement fédéral a répondu hier soir au récent jugement de la Cour suprême sur le cas d’Omar Khadr.

Ottawa — Le gouvernement conservateur a tranché: Omar Khadr restera entre les mains des Américains. Ottawa a confirmé hier soir qu'il ne demandera pas le rapatriement du ressortissant canadien emprisonné à Guantánamo, utilisant ainsi la marge de manœuvre laissée par la Cour suprême dans son jugement du 29 janvier.
C'est par un communiqué laconique de trois paragraphes envoyé aux journalistes sans préavis, à 18h12 hier soir — alors que l'attention du pays était tournée vers Vancouver et le premier match de l'équipe canadienne de hockey —, que le gouvernement a répondu à la récente décision de la Cour suprême.
Le ministre de la Justice, Rob Nicholson, a annoncé de cette façon avoir envoyé une note diplomatique aux États-Unis «sollicitant officiellement des assurances que les éléments de preuve et les déclarations communiqués aux autorités américaines par suite des interrogatoires de Khadr par des mandataires et des fonctionnaires du Canada en 2003 et 2004 ne seront pas utilisés contre lui par les autorités américaines dans le cadre d'une instance devant la Commission militaire, ou autrement.»
En 2003 et 2004, des agents canadiens avaient mené des interrogatoires auprès de Khadr en sachant qu'il avait été soumis à des techniques de privation de sommeil. Mineur (il avait 15 ans quand il a été arrêté en Afghanistan en 2002), le prisonnier n'avait pas pu consulter un avocat ou un adulte de confiance lors de ces interrogatoires. De plus, le gouvernement canadien avait transmis aux autorités américaines les renseignements obtenus de cette manière, des informations susceptibles de lui nuire lors de son éventuel procès.
Le reste de la note de M. Nicholson rappelle que «la Cour suprême du Canada a reconnu la responsabilité constitutionnelle de l'exécutif de prendre les décisions concernant les affaires étrangères» et souligne que «la Cour n'a pas ordonné au gouvernement de demander le rapatriement du présumé terroriste Omar Khadr».
M. Nicholson rappelle aussi qu'Omar Khadr «fait face à des accusations très graves, notamment de meurtre, de tentative de meurtre, de complot, de soutien matériel au terrorisme et d'espionnage», mais que le gouvernement «continue de [lui] fournir des services consulaires.»
Le 29 janvier, M. Nicholson s'était déclaré «heureux» d'un jugement qui concluait que le Canada avait violé et continuait de violer les droits d'Omar Khadr garantis par l'article 7 de la Charte des droits et libertés. Le ministre de la Justice avait alors salué le fait que la Cour n'ait pas ordonné à Ottawa une réparation précise, lui laissant le soin de décider quelle solution serait la meilleure pour que cesse la violation des droits de Khadr.
Aucun des deux communiqués publiés par le gouvernement (hier et le 29 janvier) ne reconnaît que les droits du prisonnier sont bafoués.
Justice fondamentale
Dans un jugement unanime, la Cour suprême a conclu le 29 janvier que «le Canada a activement participé à un processus contraire aux obligations internationales» en matière de droits de la personne, qu'il a «porté atteinte aux droits, à la liberté et à la sécurité [d'Omar Khadr] tels que garantis par l'article 7 de la Charte» et que cette violation dure encore aujourd'hui. Elle indiquait aussi que «les faits établissent la participation du Canada à une conduite étatique violant les principes de justice fondamentale».
Les violations découlaient de la participation des agents canadiens aux interrogatoires illégaux de 2003 et 2004.
La Cour laissait toutefois au gouvernement «le soin de décider de quelle manière il convient de répondre» à la situation. Ce faisant, elle invalidait une décision de la Cour fédérale, qui avait exigé l'an dernier que le Canada demande aux États-Unis le rapatriement de Khadr. La Cour fédérale d'appel avait confirmé cette première décision.
Si la Cour suprême s'est montrée réticente à ordonner quoi que ce soit au gouvernement, c'est qu'elle estimait ne pas avoir en main tous les éléments d'informations lui permettant de prendre une décision qui touche aux relations étrangères canadiennes. Incapable «d'évaluer correctement les conséquences» d'une demande de rapatriement sur les relations extérieures, elle laissait au gouvernement «une certaine latitude» pour décider de la réponse à donner au jugement.
Ottawa en a donc conclu qu'en demandant le retrait au dossier des éléments de preuve obtenus lors des interrogatoires de 2003 et 2004, elle mettait un terme aux violations des droits de Khadr. Une manoeuvre «minimale, mais habile», a commenté hier soir Fannie Lafontaine, professeure de droit international à l'Université Laval et membre d'Avocats sans frontières.
«La Cour suprême a beaucoup insisté sur le fait que les interrogatoires de 2003 et 2004 contribuent à la détention illégale de Khadr, rappelle Mme Lafontaine. En demandant que les informations obtenues ne puissent pas être utilisées lors d'un procès, le gouvernement répond en partie aux préoccupations de la Cour. Mais c'est une réparation minimale, compte tenu de l'étendue des violations notées».
Tous les partis d'opposition et plusieurs organismes de Defense des droits de la personne avaient interprété le jugement de la Cour comme un appel tacite à une demande de rapatriement. «La seule chose que le gouvernement ne peut pas faire, c'est de ne rien faire», avait indiqué le chef de l'opposition, Michael Ignatieff.

Le jugement suggérait lui-même que le rapatriement «pourrait défendre les droits» bafoués d'Omar Khadr.

17 février

http://www.ledevoir.com/politique/canada/283285/khadr-restera-aux-mains-des-americains



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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