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27/02/2010

n°320 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 25/02- : Suite - : Il est normal que les Afghans puissent aussi venir chez nous et sans leurs papiers!

n°320  - Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan -  25/02- : Suite  - : Il est normal que les Afghans puissent aussi venir chez nous et sans leurs papiers!


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

                              Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan

   n°320                                                                                                                             25/02/10

                   C.De Broeder    &   M.Lemaire                       



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

2-1Alain  Chouet : Al-Qaïda n'est qu'une marque qui rapporte et rien de plus. Effectivement on s'en doutait !

2-2 Samir Handard : A Kaboul, quelques-uns sont devenus très riches, mais les autres...  

2-3 Luzi Stamm : Ne plus verser d’argent à l’OTAN.

2-4 Richard Martineau : L'île de la tentation.

2-5 Les clichés des militaires belges de l'Otan sur l'islam

2-6 Il est normal que les Afghans puissent aussi venir chez nous et sans leurs papiers!

2-7 Vingras : l'histoire nous apprend-t-elle quelque chose ?

2-8 Lal Gul : « Nous ne pouvons pas rencontrer les prisonniers ».



2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

2-1Alain  Chouet : Al-Qaïda n'est qu'une marque qui rapporte et rien de plus. Effectivement on s'en doutait !

 On s’en doutait mais il serait temps que cela soit dit !
Alors qui a intérêt à entretenir ce mythe ? Et surtout dans quel but ?

Alain Chouet

Vidéo : http://videos.senat.fr/video/videos/2010/video3893.html

Salam,

Al-Qaïda n'est qu'une marque qui rapporte et rien de plus. Effectivement on s'en doutait !

Cependant les propos de ce monsieur restent trop partiels et tendancieux, ce sont clairement des certitudes qui proviennent des rapports qu'on lui remonte et qui sont loin de dire la vérité et de comprendre les motivations des gens dans d'autres contrés avec d'autres références et d'autres cultures.

 De plus, ce monsieur veut nous faire croire que les mouvements islamiques qui optent pour la violence le font pour s'accaparer le pouvoir et les richesses du pays, mais ceci est loin d'être vrai.

A l'origine, et depuis l'époque de Nasser, ces mouvements n'ont opté pour la violence, stupide et inutile, qu'en réaction presque désespérée à la répression terrible qu'ils ont subie par des régimes absolutistes, soutenus, voire fabriqués, soit par le bloc de l'Est ou bien par l'Occident.

Mais le point qui me semble le plus important que cet ancien directeur à la sécurité extérieure, un saint-ni-touche sans aucun doute, cherche à nous faire avaler, c'est que le danger qu'il faut combattre se trouve en vérité dans le mouvement des Frères Musulmans, qui est le mouvement principal qui a pignon sur rue et qui s'oppose politiquement aux régimes arabes pourris, notamment en Egypte et en Jordanie, et dont est issu le mouvement de résistance islamique en Palestine. On peut être pour ou contre les points de vue des Frères Musulmans, mais c'est un mouvement populaire qui se renouvelle et se modernise avec des jeunes gens de haut niveau et devient donc l'ennemi à abattre.

Cela pourrait même dépasser le cadre des pays arabes et musulmans pour atteindre des organisations musulmanes en France, comme l'UOIF par exemple, et en Occident d'une manière générale, sous prétexte des liens qu'ils pourraient avoir avec les Frères Musulmans.

Même le Vatican, hélas, s'y est mis, car dans un document qui date du 19 janvier de cette année 2010 (voir : http://www.zenit.org/rssfrench-23250) sur Synode des évêques pour l'Assemblée spéciale pour le Moyen Orient, qui aura lieu du 10 au 24 octobre 2010, le Saint-Siège critique timidement « l'Occupation israélienne des Territoires Palestiniens rend difficile la vie quotidienne » et parle de « certaines théologies chrétiennes fondamentalistes justifient par l'écriture Sainte l'occupation de la Palestine par Israël » sans aucune condamnation de ces théologies, en revanche le document définit le danger dans ce qu'il qualifie comme « la montée de l'Islam politique » en pointant les mouvements qui porte le slogan « l'Islam est la solution » en référence claire au mouvement des Frères Musulmans qui adopte ce slogan. Et il nous avertit que « ces courants extrémistes sont donc une menace pour tous, chrétiens et musulmans, et nous devons les affronter ensemble ».

Il y a donc les musulmans « modérés » bien gentils qu'il faut encourager partout, et les exemples ne manquent pas, et des musulmans « extrémistes » qui semblent faire peur et qu'ils faut combattre !
Alain  Chouet  DGSE.


2-2 Samir Handard :  A Kaboul, quelques-uns sont devenus très riches, mais les autres...  

Samir Hamdard est président du Comité de Solidarité 'Afghan Cultural Center'. Il habite Bruxelles, mais a ses racines en Afghanistan. Samir revenait de Kaboul lorsque nous l’avons rencontré.

Il a vécu quelques semaines dans les quartiers pauvres de Kaboul et il y a contracté un sérieux refroidissement.

Un témoignage direct sur la vie réelle dans la capitale de l’Afghanistan.

Samir: “Ne vous attendez pas de ma part à une vue d’ensemble de la situation dans le pays.

J’ai vu Kaboul, j’y ai cohabité avec la population dans les camps de réfugiés et dans les quartiers populaires.

Mais je n'ai pas vu le restant du pays et ceci pour deux raisons.

Tout d’abord, à 25 km de Kaboul, il y a déjà de l’insécurité et on risque – même comme ‘Afghan étranger’ – sa vie, et de plus j’étais pleinement occupé par la mise en place de notre initiative de solidarité 'Solidarity Shop'.
La première chose que vous remarquez lorsque vous vous promenez dans Kaboul, c'est la différence entre riches et pauvres. Entre les grandes villas des nouveaux riches, les buildings modernes des banques étrangères, les voitures prestigieuses des importantes ONG d’une part, et la vie de tous les jours des gens communs d’autre part.

Les enfants essaient de gagner un petit sou en cirant les chaussures, en vendant de l’eau ainsi que des petits livres religieux. Ils arrivent ainsi à rassembler quelques pauvres 50 afghanis (0,75 €). Tandis que la villa – avec piscine – d'un membre du gouvernement ou d’un autre personnage important coûte 35.000€ par mois en frais de location.

Les ‘shopping centers’ brillent de luxe et de richesse. Mais on n'y rencontre pas d'Afghans moyens, seulement des Occidentaux ou des hommes d’affaires indiens…

Tous les ‘shopping centers’ sont également très surveillés. Partout l’on peut voir l’image suivante : le progrès est présent pour les quelques personnes qui sont devenues très riches, mais pour les gens communs il n’y a qu’insécurité et pauvreté. La ville elle-même est très sale, non entretenue. C'est de plus un goulot pour les milliers de voitures qui sont plus à l’arrêt qu’en circulation.

Un mur contre la population

Les riches se cachent. Leurs villas sont entourées d’un, deux, voire trois murs. A chaque mur il y a une sécurité, vous y êtes fouillé et contrôlé. La même chose pour tous les bâtiments gouvernementaux. Des blocs entiers de maisons sont isolés par des check points, où l’on ne passe qu’avec un passeport. Les rues principales de la ville peuvent être empruntées, mais partout il est « interdit de tourner». Tout le monde a peur. Un chauffeur de taxi m’a raconté que chaque matin il dit au revoir à sa famille, comme si c’était le dernier jour de sa vie. La sécurité est améliorée, nous dit-on, mais je n’en ai pas l’impression. Lorsque les troupes américaines reviennent d’une mission et se dirigent vers leur caserne, la circulation est paralysée. Tout le monde doit s’écarter. Et tout le monde s’enfuit, car regarder calmement passer les Américains, c’est également risquer sa vie. Pendant mon séjour de quelques semaines j’ai même entendu parler de deux attentats, dont un juste à côté de l’Ambassade pakistanaise. La réaction générale est : « Sauver sa propre peau avant tout ». Une femme qui s’était enfuie d’une zone guerrière me raconta comment l’armée américaine opère. Lorsque qu’ils rentrent dans un village ‘suspect’, ils obligent tous les hommes à se déshabiller, à la recherche d’armes ou de munitions cachées. Et ceci en présence des enfants, ce qui est très humiliant. Cela suffit pour que ces gens décident de s’allier aux résistants.

Corruption
Lorsqu'on parle avec l’homme de la rue, le premier sujet de conversation est la corruption, avec des histoires sur les ministres ou gouverneurs qui tout à coup deviennent immensément riches.

Un nom qui est constamment prononcé est celui du demi-frère du président Karzai, Ahmed Wali, que l’on appelle ‘Mister Asphalte'. Il aurait gagné des millions de dollars via des contrats très lucratifs pour la réparation des routes. Mais ce qui irrite le plus les gens, c’est la corruption journalière. Des policiers et des officiers de l’état civil reçoivent le salaire ‘dérisoire’ de 100 à 200 dollars par mois et l’arrondissent sans honte au moyen de ‘primes’. Pour chaque papier officiel, vous devez payer deux fois, une fois au guichet et une autre à l’entrée du bureau, chez un ‘entremetteur’. Tous ces soldats, tous ces policiers qui sont engagés et ‘formés’ par l’Occident, sont une vraie plaie. Et cela s’appelle dès lors “Aide à la construction d’un Etat de droit”. Les gens disent que la corruption n’ jamais été aussi importante qu’à présent.

Les fugitifs oubliés
Les situations les plus terribles dans la ville, vous les trouvez dans les camps de réfugiés. ‘Camp’ est un grand mot : quelques tentes et tôles sur un terrain en friche, sans sanitaires ou d'accès à l'eau. L’aide des instances internationales est absente. Il s’agit d’un groupe de population oublié et personne ne s’en occupe.
L’arrivage des fugitifs est énorme. Il s’agit de personnes – des centaines de milliers – qui reviennent du Pakistan ou d’Iran et qui fuient les zones de combats. Attention, les familles avec lesquelles j’ai parlé disent que la raison de leur fuite ce sont les bombardements des Etats-Unis et de l’OTAN. Les gens restent assez laconiques au sujet des résistants : « Nos filles ne pouvaient aller à l’école sous le règne précédent, elles ne pouvaient aller à l’école sous les résistants et à présent elles ne peuvent toujours pas aller à l’école, car nous sommes trop pauvres. Quelle est la différence ?”. Et en effet, les enfants des familles en fuite ne vont pratiquement pas à l’école. Beaucoup s’en vont tous les jours afin de gagner quelques sous. Et ceux qui se rendent à l’école, se retrouvent dans une ….tente, dans le meilleur des cas devant un tableau scolaire. Lorsqu’il pleut il n’y a pas d’école, car la classe se trouve sous eau. Ce qui veut dire : les trois quarts de l’année. Les enfants sont constamment malades. En été surtout à cause de la malaria, et en hiver à cause d’affections pulmonaires et de membres gelés. Car dans les tentes il n’y a pas de chauffage.
L’Afghanistan a le triste record du plus grand nombre de veuves proportionnellement à sa population. On parle d’un million et demi de veuves, dont 30 à 50.000 rien qu’à Kaboul.

C'est le groupe cible de notre 'Solidarity Shop'. Nous soutenons les familles dont le père est décédé. Il s’agit de familles qui ont fui les zones de guerre. Le but est d’aider ces familles, de veiller à ce que les enfants puissent aller à l’école et que les mères deviennent plus vaillantes.

Source: Intal http://www.michelcollon.info:80/index.php?option=com_content&view=article&id=2523:kaboul-lhistoire-dune-inegalite-criante&catid=6:articles&Itemid=11


2-3 Luzi Stamm : Ne plus verser d’argent à l’OTAN.

L’OTAN fut créée après la Seconde Guerre mondiale pour lutter contre le communisme et particulièrement contre l’Union soviétique et ses satellites.

La dissolution du Pacte de Varsovie ne mit toutefois pas fin à l’OTAN.

Elle sert aujourd’hui à imposer l’hégémonie occidentale, notamment à fournir au capitalisme du pétrole et du gaz à bon marché. Le pré­texte en est d’imposer les droits humains. C’est pourquoi la Suisse ne doit pas verser d’argent à l’OTAN, ni pour des opérations militaires, ni pour la gestion de l’achat de médicaments et de produits médicaux.
L’Afghanistan est une clé de voûte géo­stratégique dans le Moyen-Orient.

Les puissances occidentales tentent depuis plus d’un siècle de soumettre ce pays.

Toutes ont échoué: l’empire britannique, l’Union soviétique et maintenant l’OTAN. Elles ont toutes tenté de diviser les populations, d’inventer de bonnes et de mauvaises ethnies, puis de se présenter comme médiateurs désintéressés.

Aujourd’hui c’est l’ensemble de la population qui lutte contre l’OTAN, al-Kaïda et les résistants se contentant d’incursions ciblées.

Le Parlement suisse a obtenu en 2008 le retrait d’Afghanistan de deux officiers et montré par là que notre pays n’était pas d’accord avec cette guerre contre la population civile. Il n’est donc pas compréhensible que la Suisse marque sa confiance à l’OTAN en versant plus de 180 000 francs pour une aide médi­cale destinée aux adversaires. Plusieurs parlementaires ont exigé de la Suisse qu’elle convoque une conférence sur l’Afghanistan afin de trouver le moyen de sortir de cette guerre.

La Suisse engagerait ainsi sa compétence fondamentale et pourrait apparaître comme médiateur sans donner dans le secret.
La Suisse conserve une excellente réputation au Proche- et Moyen-Orient, malgré la votation sur les minarets. C’est très important et en aucun cas elle ne doit la remettre en question en accordant sa confiance à l’une des parties belligérantes.
Geri Müller, conseiller national, membre des Commissions de politique extérieure et de politique de sécurité, Baden  

«En principe il s’agit de l’appui apporté par la Suisse à une armée impliquée dans la guerre civile, à la demande ou sous pression de l’OTAN. Du point de vue de la neutralité, cela est très délicat, indépendamment du montant ou de l’utilisation.»
Bruno Frick, président de la Commission de sécurité extérieure du Conseil des Etats*

«Il n’entre pas en ligne de compte d’accorder de l’argent à une armée se trouvant en état de guerre. Cet argent doit être immédiatement versé à des projets civils, dont l’Afghanistan ne manque pas.»
Christian Miesch, membre de la Commission de la politique de sécurité du Conseil national*

15/2

* Source: Télévision suisse alémanique, journal du soir du 28/1/10, www.tagesschau.sf.tv/Nachrichten/Archiv/2010/01/28/Schwei...   

Les «bons offices» doivent être demandés : Le «don» de 180 000 francs est tout aussi typique que douteux: avec la «neutralité active» de notre ministre des Affaires étrangères, Mme Calmy-Rey, nous détruisons notre neutralité suisse traditionnelle. A mon avis, la Suisse n’a actuellement pas de raison de lancer l’idée d’un «sommet de paix». La Suisse ne peut s’engager que dans la mesure où elle est sollicitée par les parties belligérantes d’offrir ses «bons offices», par exemple en organisant une conférence à Genève.
Luzi Stamm, conseiller national

http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=2024


2-4 Richard Martineau : L'île de la tentation.

J'ai une bonne idée d'émission de téléréalité pour vous.

Ça s'appellerait L'île de la tentation.

On prend quelques militaires fraîchement sortis d'Afghanistan, on les parachute sur une île paradisiaque, on les entoure de belles filles en bikini, on leur donne de la bière et on attend de voir ce qui se passe.

Dès qu'un militaire déconne, on le sort de l'île à coups de pied au derrière.

 Et le dernier qui reste est nommé sénateur par les conservateurs.

 Pas pire, non ?

APOCALYPSE NOW

Je rigole, mais ce n'est pas drôle.

Les frasques commises par certains militaires en décompression à Chypre (bagarres, beuverie, partouzes...) montrent à quel point la guerre est une aventure surréaliste.

 On prend des jeunes de 19 ans, on les envoie dans une contrée qu'ils ne connaissent pas, on leur demande d'essayer de mettre de l'ordre dans un pays en proie au chaos, on les plonge dans une situation hyper volatile où l'on ne peut distinguer les amis des ennemis, où chaque roche peut cacher une bombe...

Pas étonnant que certains pètent les plombs quand ils se retrouvent dans un environnement «normal» !  Vous ne feriez pas pareil, vous ?

Un jour, vous êtes au beau milieu d'Apocalypse Now. Le lendemain, vous êtes au Club Med.

Et après ça, on se demande pourquoi les fils se touchent...

 TERMINATOR

«On ne naît pas femme, on le devient», disait Simone de Beauvoir.

 De même, on ne naît pas soldat, on le devient. Pour transformer un individu normal en soldat prêt à tuer pour sa patrie, on utilise les mêmes techniques que les sectes.

 On l'éloigne de sa famille et de ses amis, on lui fait faire des exercices pour qu'il n'ait pas le temps de penser, on le réveille aux petites heures du matin pour l'épuiser et le désorienter, on lui rase la tête, on lui fait porter un uniforme pour gommer son individualité, on lui apprend à obéir aveuglément aux ordres de ses supérieurs...

Bref, on le transforme en machine.

 Le hic, c'est que lorsque le soldat revient, il faut faire l'opération inverse, et transformer la machine en individu normal.

 Or, on ne le fait pas toujours, par manque de temps, manque de ressources...

 Comment voulez-vous que Terminator redevienne Joe Bloe, avec une femme, un chien et un job de 9 à 5 ?

 LE SAS DE DÉCOMPRESSION

Oui, certains militaires ont déconné à Chypre.  

Mais ce qui me surprend, c'est qu'il n'y en ait pas plus qui explosent.  

Un caporal m'a écrit, hier : "Je suis allé deux fois en  Afghanistan, la première, sans décompression au retour. Or, je dois dire que la décompression fait le plus grand bien.

 «J'ai relaxé à fond avant de revenir à la réalité du quotidien. J'ai pu aussi me vider le coeur auprès de mes frères d'armes. Mon retour a été beaucoup plus facile.»  

Un autre soldat m'a dit qu'il a vécu une «décompression» après avoir passé six mois dans le désert. "Quand on passe tout ce temps sans boire d'alcool, c'est mieux de virer une brosse loin de nos familles que d'avoir des problèmes à la maison après en avoir viré une maudite.

«Je trouve préférable de tomber dans la débauche entre chums avant de revenir chez nous...»

Qui peut leur lancer la première pierre ?

Richard Martineau
03/02/2010 06h47  

http://www2.canoe.com/infos/chroniques/richardmartineau/archives/2010/02/20100203-064700.html


2-5 Les clichés des militaires belges de l'Otan sur l'islam

Le briefing organisé par le professeur Jacques Rifflet, destiné aux 300 soldats belges en partance pour l'Afghanistan, a été vécu comme une véritable humiliation.

Le lieu était pourtant prestigieux, l’Ecole Royale de Belgique, tout comme la portée de la mission que le détachement militaire belge et luxembourgeois de l'ISAF (Force internationale d’assistance et de sécurité de l’OTAN opérant en Afghanistan) s'apprêtait à endosser

Cela n’a malgré tout pas empêché le professeur honoraire de droit international de se livrer à des propos dignes de discussion de café.

En cause, un discours d'une heure et demie basée sur une histoire de l'islam depuis sa genèse jusqu'à aujourd'hui et des digressions sur la vie familiale et sexuelle du Prophète : « Mahomet n’a eu que 5 filles, or une fille pour un musulman signifie généralement que l’homme a des spermes de mauvaise qualité. Je ne plaisante pas. Ce sont les hommes virils qui donnent des garçons et les hommes à moitié virils qui donnent des filles. ». Ce à quoi d’autres développements ont suivis : « C’est évidemment aussi parce que la fille il faut la marier, cela coûte une dot, une fille c’est une petite catastrophe parce qu’il faut la caser comme on dit en français, il faut la placer. Un garçon, c’est la force, c’est le guerrier, c’est très important un garçon. Et Mahomet est allé se plaindre auprès d’Allah parce qu’il n’avait que des filles ».

« Un langage imagé » pour une compréhension simplifié

Le député belge Geoges Dallemagne qui a qualifié ces propos de « clichés proches du café du commerce » ainsi que de « scabreux et déplacés » a interpellé le ministère de la Defense belge sur la question, rappelant que des séances d'information sont quotidiennement dispensées aux militaires par des spécialistes externes. Jacques Rifflet, connu pour être avocat, journaliste et professeur était en l’occurrence sollicités depuis 2004. Inge Vervotte, qui s'est exprimée au nom du ministère de la Defense, a rappelé tout en condamnant les propos du professeur Rifflet, qu'il s'était exprimé en français devant un public néerlandophones et qu'il a eu recours à un langage « imagé » pour mieux se faire comprendre. Elle précise néanmoins que « le ministre de la Defense ne s'associe pas à ce discours d'un spécialiste externe et donnera directive à l'état-major afin que de telles interprétations ne puissent plus avoir lieu à l'avenir ».

11/2

http://fr.zaman.com.tr/fr/detaylar.do?load=detay&link=1527


2-6 Il est normal que les Afghans puissent aussi venir chez nous et sans leurs papiers!

Et comme des Français (plus de 3000!!!) et des Belges sont en Afghanistan sans avoir reçu de visas du pays, il est normal que les Afghans puissent aussi venir chez nous et sans leurs papiers!

Donnant, donnant.

Et nos Afghans de Calais, ils ne tuent pas les Français dans leur pays, eux!

Ils ne sont pas armés.

STOP AUX EXPULSIONS DES AFGHANS !

Alors qu’en France, la polémique a fait rage autour du renvoi d’Afghans vers Kaboul, en Belgique, silence radio.

Ni les médias, ni le milieu associatif, ni les politiques ne se posent la question : peut-on renvoyer des civils vers la guerre ?

L’opinion publique belge ne s’offusque pas, on a suivi le débat en France en se disant que la question ne se posait pas chez nous.

Pourtant, interrogé au Parlement, Melchior Wathelet admet que la Belgique a renvoyé huit Afghans vers l’Afghanistan au cours de l’année 2009 et l’Office des Etrangers prévoit des vols vers Kaboul pour l'année 2010 

Le Ministre répond à la question –posée par la députée Zoé Genot- de savoir si il ne faut pas suspendre toute expulsion vers ce pays que le danger a été évalué par le Commissariat aux Réfugiés et que les expulsés ne risquent donc rien.

Faux ! répondent les avocats qui travaillent sur ces dossiers. Le Commissariat n’évalue pas le danger en cas de retour mais se contente d’émettre des doutes vagues et absurdes sur le récit des demandeurs d’asile. La plupart des décisions sont motivées sur le fait que le Commissariat a des doutes sur le départ récent d’Afghanistan. 

Il est évident - pour toute personne sensée - que quand bien même un demandeur d’asile aurait quitté l’Afghanistan il y a plusieurs années, le danger en cas de retour vers Kaboul reste le même.

La ville de Kaboul ne sait pas accueillir les réfugiés rapatriés qui vivent dans des conditions scandaleuses, sous des abris de fortunes, malgré la neige.

Le HCR a demandé qu’on ne renvoie personne pendant l’hiver. Le représentant du HCR en Belgique a également critiqué la motivation des décisions sur le départ récent qui ne répond aucunement à la question de savoir si il y a un risque pour la vie et l’intégrité physique, oui ou non.

 La revendication de n’expulser aucun Afghan vers l’Afghanistan doit être posée avec force au Ministre Wathelet. Il faut également lui rappeler qu’auparavant (entre 2003 et 2006) tous les Afghans ont été régularisés sans que cela ne crée ni appel d’air, ni augmentation sensible de l’immigration, ni un déséquilibre quelconque dans la société belge. La raison de cette régularisation était clairement la situation en Afghanistan.

 En 2010, la situation en Afghanistan n’a jamais été pire.

 Il y a des moments où il faut oser une politique humaine, il faut suspendre toute expulsion vers l’Afghanistan jusqu’à nouvel ordre.

 CRER – Coordination contre les Rafles, les Expulsions et pour la Régularisation
Mail ;
coord100papiers@hotmail.com


2-7Vingras : l'histoire nous apprend-t-elle quelque chose ?

Au moment où l'on annonce la mort d'un quarantième soldat français en Afghanistan, Michel Denisot reçevait dans son "Petit Journal" une afghane qui vient de publier un livre dans lequel elle dénonce "l'armée d'occupation" c'est à dire l'armée américaine mais aussi le contingent français.

Ce qui pose un certain nombre de problèmes tant sur le plan de la géopolitique que de l'éthique.

Bien évidemment je ne prétends pas apporter de réponses satisfaisantes à un tel dilemme.

Si j'écoute les belles âmes qui nous bassinent avec la mission civique et civilisatrice de l'occident, je suis bien obligé de me référer aux canons de la "Ligue maritime et coloniale", et je referme le dossier.

Si je me laisse conter la fable d'une traque sans merci d'Al Quaida par Résistants interposés, je préfère ouvrir un roman d'espionnage.

Chacun sait que le terrorisme ne se combat pas comme dans les guerres napoléoniennes, mais par le truchement des services secrets.

Alors,de quoi s'agit-il ? Que faisons-nous là bas après nos décolonisations plus ou moins heureuses et douloureuses,après notre refus historique de participer à l'aventure militaire irakienne  absurde de George W.Bush ?

Serions-nous devenus néo-impérialistes, supplétifs des américains, ou tout simplement stupides ?

Un élément de réponse (ironique) nous est donné par l'invitée afghane de Denisot,qui nous apprend que le port de la Bourqa lui permet de se dissimuler et ainsi d'échapper à la répression.

Elle peut ainsi participer à la vie démocratique de son pays. Cette maudite Bourqa que le fringant Copé voudrait faire interdire...

"Personne n'aime les missionnaires armés" avait dit Maximilien Robespierre.

Le Premier Consul Bonaparte en fit la douloureuse expérience avec la déroute de son corps expéditionnaire à Haïti. Mais l'histoire nous apprend-t-elle quelque chose ?

Vingtras  

10 Février 2010

http://www.mediapart.fr/club/blog/vingtras/100210/mourir-en-afghanistan-pourquoi


2-8 Lal Gul : « Nous ne pouvons pas rencontrer les prisonniers ».

Lal Gul, est à la tête de l’Organisation pour les droits de l’homme en Afghanistan.

Officiellement, il n’y a plus de prisons secrètes en Afghanistan. En êtes-vous absolument convaincu ?

Lal Gul. : Si le gouvernement américain a modifié ou annoncé qu’il avait modifié les conditions de détention en Afghanistan, c’est parce que les pressions des organisations internationales de Defense des droits de l’homme ont été fortes.

C’est pourquoi, a priori, je ne pense pas qu’il existe encore ce qu’on appelle des black jails, des prisons secrètes. Malheureusement, personne n’a accès aux personnes détenues dans ces prisons. C’est totalement illégal. Certains prisonniers ont été transférés de Bagram à une autre prison gérée par l’administration afghane. Ce n’est que là que nous sommes autorisés à rencontrer les prisonniers et à leur fournir une assistance légale. À Bagram il y a environ 675 prisonniers parmi lesquels des prisonniers qui ne sont pas afghans, qui viennent du Pakistan et de certains pays arabes. Mais Bagram n’est pas soumis aux lois afghanes.

Allez-vous saisir la justice pour que les personnes détenues et reconnues innocentes soient dédommagées ?

Lal Gul. : De nombreux Afghans ont été détenus totalement illégalement alors qu’ils étaient innocents. Ils n’ont pas seulement perdu leur liberté pendant des années.

Durant le conflit, certains ont perdu des membres de leur famille, d’autres ont été blessés, leurs maisons ont été démolies lors des bombardements. Les compensations font partie des lois internationales.

Malheureusement, le gouvernement des États-Unis ne semble pas disposer à dédommager ces détenus reconnus innocents. Tant d’erreurs ont été commises par les forces de la coalition et par le gouvernement afghan que les gens n’ont plus confiance.

Nous n’avons pas besoin de plus de troupes sur le sol afghan. Nous avons besoin d’un soutien financier et technique pour renforcer notre armée et notre police.

2/2

http://www.humanite.fr/2010-02-01_International_Afghanistan-Nous-ne-pouvons-pas-rencontrer-les-prisonniers


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