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07/03/2010

n°127 - Dossier du Liban - 06-03 -: Fin :- : 3-1 Attaque de la banlieue sud de Beyrouth = Attaque en riposte de la ville d'Israël de Gush Dan.

n°127 - Dossier du Liban - 06-03 -: Fin :- : 3-1 Attaque de la banlieue sud de Beyrouth = Attaque en riposte de la ville d'Israël de Gush Dan.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers du liban n°127 du 06-03

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " dossiers du liban " est  visible  sur

le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

NB: Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

4 Annexe

4-1 La déclaration arabo-internationale de Beyrouth soutenant la résistance.

4-2 Extrait du discours du secrétaire général du Hezbollah: Sayed Nasrallah:"

4-3 Sayed Abbas Moussawi: histoire de dévouement et de soutien aux opprimés du monde.

4-4 Une barricade n’a que deux côtés

4-5 L’union à travers les yeux d’une citoyenne arabe.



4 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

4-1 La déclaration arabo-internationale de Beyrouth soutenant la résistance.

Le dimanche 17 janvier 2010, dans le village libanais de Maroune Al-Ras, surplombant les territoires palestiniens, a été publiée la déclaration arabo-internationale de Beyrouth pour soutenir la résistance.

Elle a été lue par Mohammed Hasab Al-Rassoul (du Soudan), membre du comité fondateur du Centre arabo-international de continuation et de solidarité. En voilà un aperçu :

Dans la Rencontre arabo-internationale pour soutenir la résistance, tenue dans la capitale libanaise Beyrouth, sous le slogan « Avec la résistance », dans la période du 15 au 17 janvier 2010, y ont participé des milliers de personnalités, de différents bords, partis, religions, organisations, unions populaires, syndicats. Des universitaires, des penseurs, des hommes de lettre, des artistes, des sportifs y ont aussi participé. Nous, les participants, tous, en prenant en compte la montée en puissance des pressions de toutes sortes, politiques, économiques, culturelles et sécuritaires, pressions visant à faire tomber la résistance comme étant un choix stratégiques pour faire face à l’occupation, nous déclarons les points suivants :

Premièrement : La résistance contre l’occupation et l’agression reste un droit intouchable des peuples, un droit soutenu par la loi internationale et reconnu par toutes les religions divines. La charte des Nations Unies le reconnaît également. Tout comme les traditions et les luttes des peuples qui avaient vécu l’occupation ou étaient l’objet d’agression de la part des Américains, des Français ou d’autres, tout au long de l’Histoire.

Deuxièmement : Le droit des peuples à résister, par tous les moyens dont en premier lieu la résistance armée, fait partie du droit à l’autodéfense, à la liberté, à la dignité, à la souveraineté, à l’égalité avec les autres peuples du monde. La résistance est une condition nécessaire pour un système international juste, interdisant les guerres agressives, interdisant l’occupation des territoires des autres, interdisant la colonisation et le racisme, et instaurant les principes de coopération, de fraternité et de paix. C’est une nécessité stratégique pour la lutte des peuples. C’est le meilleur chemin conduisant les peuples à leurs buts : les expériences ont montré l’échec cuisant du choix des négociations.

Troisièmement : Une coordination est nécessaire entre les organisations de résistance, tout comme l’échange de leurs expériences, le renforcement des liens entres les résistants et leurs peuples, et un soutien leur permettant de réaliser leurs objectifs en puissance.

Quatrièmement : Au Liban, en Palestine et en Iraq, la résistance est un exemple à suivre, un exemple lié à la morale, qui vient à l’encontre du terrorisme pratiqué par l’Entité sioniste et l’administration américaine dont les crimes sont explicites dans les pays occupés.

Cinquièmement : Nous appelons les pays arabes à adopter le chemin de la résistance comme un choix stratégique face aux forces d’agression sionistes et impérialistes, à soutenir la résistance par tous les moyens, à satisfaire leurs peuples qui souhaitent rompre tous les accords et toutes les relations avec l’Entité sioniste.

Sixièmement : Les gouvernements et les peuples arabo-islamiques sont appelés à boycotter les produits de l’Entité sioniste, ainsi que les entreprises la soutenant. Ils sont appelés aussi à utiliser leurs ressources économiques dans la confrontation.

Septièmement : Il faut un travail sérieux de la part des peuples et des pays pour chasser l’Entité sioniste de l’ONU, et de toutes les organisations internationales et régionales : c’est l’entité illégitime, discriminatoire, terroriste par excellence.

Huitièmement : Il faut travailler sur tous les niveaux pour poursuivre et juger ceux qui ont commis des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité en Palestine, en Iraq et au Liban, parmi les dirigeants de l’Entité sioniste et l’administration américaine. Il faut continuellement travailler pour tirer des résultats juridiques du rapport de Goldstone et des autres rapports régionaux et internationaux.

Neuvièmement : Il est nécessaire d’ancrer la culture de la résistance chez les jeunes et toutes les tranches de la société, par les programmes de l’éducation, par l’art et la littérature. Il est aussi nécessaire de faire face aux divisions religieuses et ethniques pour faire face à toute sorte d’invasion dont surtout l’invasion culturelle.

Dixièmement : La liberté des médias reste un droit intouchable. Les législations ne doivent pas leur mettre des bâtons dans les roues. Ils doivent continuer leur travail en exposant les réalités et en mettant sous lumière les pratiques de l’occupation.

Onzièmement : Le travail des médias reste très important pour faire face aux défis actuels et futurs. Il faut profiter de toute nouvelle technologie moderne afin d’affronter la guerre psychologique et culturelle. Il faut mettre en place un projet médiatique face à la normalisation médiatique.

Douzièmement : Il faut travailler continuellement et sérieusement pour faire face à la judaïsation de la ville d’Al-Quds, pour ouvrir le point de passage de Rafah, pour briser le blocus imposé sur la bande de Gaza, pour résister à tous les murs dont le « mur d’acier ».

Treizièmement : Nous saluons les victoires historiques et stratégiques que la résistance a réalisé au Liban en 2000 et 2006, et à Gaza en 2008 et 2009, et en Iraq depuis l’occupation (américaine).

Quatorzièmement : Nous appelons les peuples et les gouvernements arabo-islamiques et les pays amis à considérer les jours du 18 janvier et du 14 août de chaque année comme des journées de résistance et de victoire.

31/1

COMITE ACTION PALESTINE

actionpalestine@hotmail.com

http://nasr-moqawama.blogspot.com/


4-2 Extrait du discours du secrétaire général du Hezbollah: Sayed Nasrallah:" 

Au début, je m'adresse à vous et à toute la nation islamique pour vous féliciter à l'occasion de l'anniversaire du dernier prophète et du maitre des Messagers de Dieu Mohammad ibn Abdullah (P), et de l'anniversaire de son descendant l'imam Jaafar ben Mohammad As Sadek (S), ainsi qu'à l'occasion de la semaine de l'unité islamique proclamée par le fondateur du régime islamique en Iran l'imam Khomeiny, il y a trente ans. Cette semaine est une occasion pour la rencontre, la coopération, et la solidarité entre tous les musulmans. 
En cette occasion, je voudrais évoquer un des détails historiques qui fut un point de litige entre les musulmans.

Certains ont dit que la naissance du Prophète fut le 12 Rabi'1 de l'Hégire, alors que pour d'autres ce fut le 17 du même mois. La différence est donc de quelques jours seulement. Je voudrais dire que lorsque la bonne intention et la bonne vision existent chez les dirigeants musulmans, même les points de différence se transforment en des facteurs d'unité et de rencontre.
Dans ce cadre l'imam Khomeiny a appelé à faire des jours allant du 12 au 17 Rabi'1 une occasion
pour l'unité des musulmans, qu'on célèbre ensemble par amour au Prophète.
Et pour généraliser, je ne pense pas qu'il y a de facteurs de divergence qui méritent que les musulmans s'entretuent. Quels que soient ces facteurs, nous pouvons les contrecarrer de telle façon que nous préservons l'unité et la force des musulmans. 
Aujourd'hui nous nous demandons où est cette nation?

Un jour, le Messager de Dieu (P) s'adressa à ses compagnons qui l'entouraient. Il leur dit: "Toutes les nations se lanceront contre vous dans l'avenir, comme ceux qui se précipitent pour manger un plat. Hélas, vous serez alors nombreux mais dispersés, et vous serez aussi faibles, parce que vous préférerez la vie à la mort. L'ennemi n'aura plus peur de votre grand nombre parce que vous aimerez la vie et détesterez la mort".
 Telle est la réalité de notre nation aujourd'hui. Un milliard et 400 millions de musulmans ne font pas peur à quelques colonisateurs qui occupent la Palestine.

Ils ne les prennent pas en considération. Netenyahu réunit son gouvernement et décide d'annexer les terres de 1967, le Golan, Al Qods, la mosquée d'Ibrahim (caveau des patriarches), la mosquée de Bilal, et les autres lieux saints des musulmans. Quelle est la réaction dans le monde arabo-islamique? Aucune, à l'exception de quelques communiqués et c'est tout. Et bien entendu, c'est ce que prévoyaient les Israéliens, ils ne s'attendaient pas à une révolte de la part des gouvernements et des rues arabes.
 Telle est la façon d'agir de l'ennemi. Hier, ils ont profané l'esplanade de la mosquée d'Al Aqsa. Une minorité de jeunes palestiniens d'al Qods défend la sacralité et la dignité de cette mosquée qui concerne tous les musulmans. Ils présentent des sacrifices. Hier, trente palestiniens ont été blessés, aucune réaction dans le monde arabo-islamique. 
  Bref, les Israéliens n'ont pas peur des Arabes. Ils ne craignent que cette minorité résistante au Liban, en Palestine, en Syrie et en Iran. Ils les menacent, les mettent en garde et planifient pour les attaquer, parce que cette minorité a découvert le facteur de force: elle a refusé de se soumettre aux tentations de la vie, n'a pas peur de la mort, et cherche à vivre dignement. Grâce à ces facteurs, les mouvements de résistance ont pu stopper la dépression et la ruine de la nation qui ont commencé en 1948, date de l'occupation de la Palestine. Cette date représente le pire des jours dans la vie de cette nation.
En parallèle, le projet expansionniste américano-sioniste dans la région fut arrêté. Les mouvements de résistance, qui ne sont pas faibles, et qui n'ont pas peur de la mort, ont mis des limites et entrainé la nation dans une nouvelle ère. 
Malgré le climat négatif des dernières années et des derniers mois, je vous assure que les mouvements de résistance sont de plus en plus convaincus de leur choix et plus décidés à poursuivre cette voie quelles que soient les menaces. Cette nation doit assumer ses responsabilités et n'a pas le droit de laisser les mouvements de résistance seuls sur le terrain.  Il ne s'agit pas d'un appel au soutien, nous n'avons rien attendu de qui que ce soit, et nous n'attendrons rien de personne, mais nous rappelons la nation de ses responsabilités.
Aujourd'hui, la résistance est dans ses meilleurs états au Liban et dans la région, et elle jouit d'un très grand soutien populaire dans le monde arabo-islamique. Elle jouit même du soutien de certains pays. Lorsque la Syrie ou l'Iran se mettent dans le camp de la résistance ouvertement, ils assument leur responsabilité.  Nous devons les remercier et toute la nation doit s'y identifier, gouvernements, pays et peuples à la fois, au lieu de s'en prendre à eux.
 Plus encore, aujourd'hui, certains milieux politiques et médiatiques arabes disent que la cause palestinienne est devenue désormais une cause iranienne.

Je dis tout d'abord qu'elle n'est pas devenue une cause iranienne. Ensuite, vous avez délaissé cette cause. Venez la récupérer de l'Iran. Tenez-vous dans les rangs des Palestiniens, tout comme le font l'Iran et la Syrie. Soutenez le peuple palestinien et les mouvements de résistance palestinienne comme le fait l'Iran. Allez partout dans le monde pour dire que la cause palestinienne est une cause arabe, et nous serons à vos côtés, mais assumez vos responsabilités.
   Certains pays et gouvernements arabes n'osent pas inviter les dirigeants de la résistance dans ses hôtels ou dans ses salles de peur qu'ils ne soient harcelés par les Etats-Unis et l'Occident.

Mais lorsque la République islamique en Iran apporte son soutien aux Palestiniens, tous les régimes et les peuples arabes doivent la remercier sans aucune hésitation. 
Dans ce cadre, je voudrais évoquer les menaces israéliennes contre le Liban et le sujet de la paix. Vous savez qu'après mon dernier discours tenu lors de la commémoration du martyre des dirigeants de la résistance islamique libanaise, l'ampleur des menaces israéliennes a baissé considérablement.
 Au contraire, nous avons entendu d'autres propos à l'instar de ce qu'a dit Shimon Peres du retrait israélien définitif du Liban. Selon lui, "Israël" s'est retiré définitivement du Liban et n'a rien à faire dans ce pays.
Le fait de tenir de tels propos constitue une reconnaissance de leur défaite et de leur échec. Et là je leur dis:" Vous vous êtes retirés du Liban et vous n'y retournerez jamais". 
Pour sa part, le chef d'Etat-major israélien affirme que l'armée veut l'accalmie à la frontière du nord. Pourquoi alors vous nous menaciez depuis quatre mois?
De même, Netenyahu a personnellement déclaré qu'Israël ne veut de guerre ni avec le Liban ni avec la Syrie, ni avec l'Iran, ni avec Gaza. Il a fait cette déclaration à la suite des propos tenus par les dirigeants de ces quatre parties.
Dès que les Israéliens ont entendu un ton clair et décisif, ils se sont rétractés et ont commencé à parler de l'accalmie et de la paix.
Ce ne sont pas nos simples paroles qui ont poussé les Israéliens à changer d'avis, mais la crédibilité de la résistance et des combattants. Les Israéliens réalisent que nos menaces n'auront pas été proférées si nous n'avons pas la capacité de les mettre en œuvre, et que ce que nous avons dit ne constitue qu'une partie minime de la réalité.
 Aujourd'hui, les Israéliens affirment qu'aucune partie ne sera victorieuse de la prochaine guerre, ce qui veut dire qu'ils ne parlent plus de victoire rapide, définitive et décisive. C'est devenu quelque chose du passé.
Nous, en tant que peuple libanais et forces politiques, devons comprendre ce qui se passe: des pressions  politiques sont exercées sur le Liban et son gouvernement qui adopte une excellente position, tout comme celle du chef de la République. Mais ils seront sujets à de nouvelles pressions. L'ambassadrice américaine transmettrait des messages d'intimidation de la part de son pays au Premier ministre ou au chef du parlement, à l'instar de ceux transmis à l'Iran et à la Syrie. Elle condamnerait la détention par une résistance d'armes de dissuasion, alors que tout est permis aux Israéliens… Je pense que c'est la politique américaine et israélienne qui sera adoptée. Mais, notre réponse a été très claire lors du sommet qui s'est tenu à Damas. Ce qui s'est passé à Damas et s'en est suivi à Téhéran suffisent pour répondre aux messages américains.          
Au cours des derniers mois, beaucoup de choses ont été dites dans les médias arabes sur une divergence entre la Syrie et l'Iran, et une distanciation entre la Syrie et la résistance. Ces journalistes parlent de leurs souhaits, mais ils mentent continuellement à tel point qu'ils croient en fin de compte à leurs mensonges. Dans tous les cas, les derniers jours ont prouvé le contraire.
 Ce qui est nécessaire actuellement est une résistance et une ténacité officielle. L'appel à la table du dialogue sur la stratégie défensive ne doit pas être en réponse aux pressions américaines ou à l'appel de Ban Ki Moon. Je ne pense pas ceci, parce que cette question avait été débattue avant les appels américains.
Nous espérons que la position des forces politiques et officielle libanaise sera semblable à celle de la Syrie et de l'Iran, forte et solide, qui répond logiquement aux questions posées. 
 Face aux questions adressées aux gouvernements libanais et syrien ainsi qu'à l'Iran sur les raisons pour lesquelles ils soutiennent la résistance libanaise et palestinienne, d'autres questions se posent: Qu'est-ce qui oblige Israël de cesser ses crimes, sa profanation de l'esplanade des mosquées d'al Aqsa, son annexion de la mosquée d'Ibrahim, sa violation de l'espace aérien libanais? Qui répond à ces questions? Aujourd'hui, la résistance puise sa force de la logique, de la vision, de la loi et de l'expérience. 
 Deuxièmement, nous devons œuvrer pour collecter des informations. Les Israéliens n'ont jamais stoppé leur guerre sécuritaire. La guerre militaire s'arrête après la mise en œuvre d'un cessez-le-feu ou d'une accalmie, mais la guerre sécuritaire ne s'arrête pas, ni contre le Liban ni ailleurs, et ce qui s'est passé à  Dubaï il y a quelques semaines démontre la véracité de cette idée. Et jour après jour, il s'avère que les réseaux israéliens et les Israéliens personnellement sont derrière certains assassinats. Aujourd'hui, la collecte d'informations constitue une partie importante de la guerre sécuritaire israélienne, l'ennemi veut savoir ce que possède la résistance en termes d'armes. Il détient quelques informations générales. Des fois, nous dévoilons une partie de ces informations, mais nous gardons une grande quantité pour surprendre les Israéliens et changer le déroulement de la guerre.
 Toutefois, nous devons parler de certaines informations pour empêcher la guerre. D'aucuns nous demandent: pourquoi vous avez menacé dans votre dernier discours? Et bien, il y a des informations qui poussent l'ennemi à réfléchir mille fois avant de déclencher la guerre. Nous parlons de la force de la résistance parce que nous ne  voulons pas exposer notre pays à la guerre.
 S'agissant de la collecte d'informations, les Israéliens ont besoin de savoir ce que possède la résistance sur le plan d'armement, sa quantité, sa qualité, et veut savoir les dirigeants militaires de cette résistance qui travaillent en coulisses.  A titre d'exemple, qui connaissait le martyr Hajj Imad Moughniyeh en personne? Ou le martyr Mahmoud Mabhouh? Ces gens travaillent sur les champs de bataille et ils sont inconnus. L'ennemi a besoin de faire des recherches pour les identifier.
Ce qui veut dire que si l'ennemi échoue dans sa récolte d'informations, la guerre tardera à venir. Donc, ce qui empêche l'ennemi de faire la guerre est le fait de masquer nos capacités et nos positions militaires. C'est là où réside le point fort de la résistance.

02/03     

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=127126&language=fr


4-3 Sayed Abbas Moussawi: histoire de dévouement et de soutien aux opprimés du monde.

C'est en 1952 que Sayed Abbas Moussawi vit le jour à Chiyah, dans la banlieue sud de Beyrouth, zone des plus déshéritées du Liban.
Depuis son enfance, ce descendant de la famille du prophète de l'Islam Mohammed fut connu pour son caractère distingué.

Ses proches et ses amis racontent son amour et son souci pour les autres, son soutien inconditionnel pour les pauvres et les opprimés, son courage, sa piété et sa moralité irréprochable.
Dès son jeune âge, Sayed Abbas fut soucieux pour sa nation arabe et islamique. Il réalisait que l'entité usurpatrice sioniste implantée par les grandes puissances dans la terre sainte de
la Palestine est derrière tous les maux et les tragédies des peuples opprimés de la région, à leur tête le peuple palestinien.
 Affligé par la tragédie palestinienne, Sayed Abbas Moussawi rejoignit les combattants de la révolution à dix ans, et poursuivit plusieurs sessions d'entrainements militaires.

Il s'attacha énormément à la cause palestinienne, et suivit les dernières nouvelles publiées par le quotidien "As Sawra".
 Il se déplaça entre le Liban et l'Irak, où il continua ses études religieuses avant de retourner au Liban, accompagné de son épouse, sa cousine Siham Moussawi.

A la Békaa, ils construisirent le centre religieux Az Zahra' pour inculquer les enseignements islamiques aux femmes. Alors que Sayed Abbas, attaché à l'unité de la nation islamique, inaugura le  "rassemblement des oulémas musulmans" en 1979, premier centre religieux de ce genre au Liban.
La victoire de
la Révolution islamique en Iran eut un grand effet sur la scène libanaise, notamment par rapport à la région du Sud, occupée par les sionistes, une région qui souffrait des maux de l'occupation hégémonique.
Sayed Abbas tira de ce grand exploit les leçons nécessaires pour persévérer sur le chemin du combat et de la résistance, et insuffler dans les esprits des jeunes les principes de la révolution, de la ténacité et de la résistance.
 Soutenu par les gardiens de la révolution en Iran, Sayed Abbas fut l'un des premiers fondateurs du Hezbollah en 1982, malgré les conditions politiques et militaires difficiles, dues à l'invasion israélienne du Liban et au déploiement des forces multinationales par la suite.
 En 1985, il se déplaça à Tyr (Sud) après s'être devenu chef du conseil consultatif au Hezbollah au Sud. Là-bas, il passa tout son temps avec les combattants, allant fréquemment aux fronts des combats et s'enquérant sur la situation et les difficultés qu'affrontaient les moudjahidines.  
Il fut l'un des premiers à participer à la journée mondiale d'Al Quds proclamée par l'imam Khomeiny, portant le treillis militaire et scandant: "A bas l'occupation! Nous allons libérer
la Palestine!"
 Nommé secrétaire général du Hezbollah en 1991, ce poste fut pour lui une grande responsabilité à assumer. Il ne resta que neuf mois à la tête du Hezbollah, avant que la main de la perfidie israélienne ne l'assassine sur le chemin de Jibshit, à la fin de la commémoration du martyre de chiekh ragheb Harb, autre fondateur de la résistance islamique.
 Pendant ces neuf mois, Sayed Abbas prit part à de nombreux congrès tenus dans les pays arabes, sous le titre du soutien à
la Palestine, à l'intifada et à l'unité islamique.
 Il se déplaça entre les régions libanaises, au Nord, au Sud, à
la Békaa et à Beyrouth, pour s'informer sur la situation sociale et économique des gens. Sa fameuse expression: "Nous vous servons de toutes nos capacités, mais je vous  recommande de protéger la résistance" reste vivante dans les esprits.
 Le 16 février 1992, à la fin de sa participation à la commémoration du martyre du cheikh Ragheb Harb, Sayed Abbas Moussawi prit le chemin de retour à la banlieue sud avec son épouse et son fils Yasser.  Un hélicoptère israélien le pourchassant tout au long de son trajet, lança un missile en sa direction. Ils tombèrent tous les trois en martyrs.
 Comme tous les combattants dévoués, le sort de Sayed Abbas Moussawi fut le martyr.

Telle est leur première et leur dernière aspiration.

Mais les Israéliens ne comprennent jamais les dessous de cette réflexion. Une chose est sure, c'est qu'à chaque assassinat, ils sont les premiers à regretter leur acte, et à payer le prix! 

16/02

 http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=124811&language=fr


4-4 Une barricade n’a que deux côtés.

Dans le combat contre l’impérialisme, devons-nous, comme le préconisent des camarades, mesurer notre soutien à l’aune des proximités ou des oppositions idéologiques qui nous lient ou qui nous séparent des mouvements de libération, menant localement la lutte ?

Telle est la question posée aujourd’hui en Palestine, au Liban, en Iran.

Autrement dit, face à des forces politiques qui se réclament de l’Islam, tels le Hamas ou le Hezbollah, ou à des régimes théocratiques en place, comme à Téhéran, faut-il « faire la fine bouche », du fait de leur choix idéologique, et émettre tant de restrictions à notre solidarité, que celle-ci en soit réduite à sa plus simple expression ?

Nous ne le pensons pas.

L’impérialisme constitue notre ennemi commun. Serait-il bon de fissurer le front qui lui résiste ? Avons-nous à juger de la qualité de nos alliés objectifs, avant de s’engager dans un solidaire combat ?

Rappelons des faits historiques.

Durant la Seconde Guerre mondiale, tant au sein des pays occupés par l’impérialisme allemand que dans les Etats qui lui étaient militairement opposés, fallait-il, par exemple, condamner l’engagement, aux côtés de l’Union soviétique, des Etats-Unis, du fait de leur logique impérialiste, refuser qu’ils créent un second front et que leurs troupes débarquent en France ?

La Résistance intérieure devait-elle coopérer avec les GI’s, compte tenu du fait que ces soldats étaient ceux d’une puissance raciste à l’intérieur, et impériale, à l’extérieur ?

Les combattants de l’Armée rouge, comme les FTPF et les FFI, attendaient avec une impatience extrême le jour J, celui du débarquement en Normandie, sans se poser de questions sur la nature du régime américain.

Leur commun combat, alors, l’exigeait.

Pendant la guerre d’Algérie, nous avons soutenu le FLN, qui constituait la force essentielle de la résistance populaire dans son combat contre le colonialisme français.

Et pourtant, des dirigeants du Front commettaient, dans les maquis, de nombreux crimes de sang à l’encontre de communistes algériens combattant à leurs côtés.

Notre engagement anticolonialiste exigeait notre solidarité envers ceux qui luttaient pour l’indépendance, malgré l’orientation idéologique des dirigeants du FLN.

Aujourd’hui, le Hamas constitue la force essentielle de la Résistance palestinienne à l’occupant israélien. Nous avons pu, lors de l’agression militaire contre la bande de Gaza, et depuis, face au blocus, mesurer l’ampleur de son soutien populaire. Nous devons donc manifester notre solidarité avec le Hamas sans chipoter sur son idéologie religieuse. Ce sera aux Palestiniens, et à eux seuls, de trancher le moment venu.

De même, le Hezbollah, en 2006, a été l’artisan de la défaite militaire de l’Etat qui se proclame « juif ». Par cette victoire, le mouvement de résistance libanais a défendu l’indépendance du Liban tout entier. Il constitue toujours la force décisive, face à l’impérialisme israélo-étasunien.

Le peuple libanais, dans sa composante islamique et bien au-delà, fait confiance au Hezbollah. Il nous appartient donc de le soutenir solidairement.

Quant à l’Iran, montré du doigt par toutes les composantes de l’impérialisme, dont le nôtre, le français, nous devons nous poser la question : pourquoi la campagne contre « le régime des mollahs » a-elle pris cette ampleur seulement depuis la présidence d’Ahmadinejad ?

Quand ses opposants, tel Mossavi, faisaient couler le sang ouvrier, personne, en occident, ne s‘en souciait. Il est vrai qu’alors Total signait de juteux contrats avec les gouvernants de l’époque.

Aujourd’hui, l’Etat iranien se veut indépendant et tient à sa souveraineté. C’est trop pour Washington et ses dociles alliés. D’où l’offensive contre le régime iranien. Que l’orientation idéologique de celui-ci ne corresponde pas à la nôtre, qui le conteste ?

Mais, c’est au peuple iranien à décider, seul, de ce choix.

Il reste que le gouvernement de Téhéran, menacé par l’impérialisme, se retrouve naturellement aux côtés du Venezuela, de Cuba, de l’Equateur, de la Bolivie, et aussi de la Chine, dans l’affrontement mondial.

C’est la raison pour laquelle, notre solidarité doit être apportée à l’Iran.

L’avenir de celui-ci appartient à son peuple.

Une barricade n’a que deux côtés.

Tiré de canempechepasnicolas

15 février 2010


4-5 Dr Ghada El Yafi : L’union à travers les yeux d’une citoyenne arabe.

Commémoration du 21 février date de la naissance de la République Arabe Unie

Dr Ghada El Yafi

Pardonnez-moi, pour commencer, de dire des vérités que vous connaissez sans doute beaucoup mieux que moi. Mais il est nécessaire de les rappeler.

Le déroulement de l’histoire ne s’est pas fait par lui-même. Il y a eu une suite de causes à effets qui a abouti à notre situation actuelle. Nos actions irréfléchies nous en font porter la lourde responsabilité

Lors de la rupture de l’union entre l’Egypte et la Syrie, des amis syriens avaient décrit le phénomène en ces termes : « Rien n’équivaut la joie du peuple syrien lors de cette rupture que cette  même joie le jour de l’Union ».

Le déferlement des foules en délire, emplissait toutes les places de la capitale. Les chants, les danses, les allocutions, les manifestations, tout y était. Cela se passait à Damas le 13 octobre 1961.

Mais ailleurs, dans le monde arabe, c’était la stupéfaction. L’union tant désirée n’avait duré « …que le temps d’une rose, l’espace d’un matin ». Oui, le temps de l’union était court, trop court, à peine trois ans et il n’est pas possible de ne pas s’interroger sur les causes et les conséquences de ce fiasco.

Se pouvait-il que l’union tant désirée soit devenue l’enfer à écarter ?

 Se peut-il que le peuple syrien ait cessé de se considérer arabe ?

L’unité arabe  est-elle une utopie ?

Il était à prévoir que l’influence de l’une des parties, l’Egypte, en l’occurrence allait peser sur l’autre, la Syrie, que les militaires ne suivraient pas forcément les options ou décisions politiques ; le coup de baguette magique ne pouvait pas avoir raison  des différences entre les deux pays : systèmes administratifs différents, systèmes financiers différents, systèmes judiciaires différents,  systèmes éducatifs différents. Et la liste est longue. Sans compter évidemment le rôle que jouent les puissances que l’union dérange.

Dès l’union, l’échec était  déjà présent en filigrane.

L’éclatement de la République Arabe Unie a éclaboussé la région telle une bombe

L’échec était là avec  ses conséquences incalculables sur les deux pays concernés, sur la région et les masses arabes.

Les chefs arabes étaient  satisfaits de l’échec de Nasser qu’ils jalousaient secrètement. Nasser, avec la fameuse phrase magique : « relève la tête, mon frère » voulait rendre  la dignité à tous les peuples arabes que le colonialisme (ou ses acolytes) avait matés, ou humiliés ou freiné le développement. Il a ainsi su s’attirer les foules au-delà de ses propres frontières. Pour ces chefs, c’était l’aubaine pour consolider leur autorité (ou dictat) chacun dans son pays et poursuivre les « dissidents ». Les prétextes  pour récupérer leur suprématie ne manquaient pas. Celui d’entre eux qui a le plus prévalu dans le monde arabe c’est la « Sécurité  Nationale», pour ne pas signaler, chez certains, l‘« Etat d’urgence » déclaré de manière illimitée. Au nom de la Sécurité Nationale, tous les abus de pouvoir devenaient permis. Les citoyens ont ainsi pu être maîtrisés puis soumis et finalement dépouillés de toute forme de résistance ou de liberté.

Certes, les dégâts avaient éclaboussé tout le monde arabe mais ils n’avaient pas le même impact sur tous les pays.  En général le cumul de privation de liberté, d’abus de pouvoir, de corruption et dans la plupart des pays d’une économie non productive, ont abouti progressivement à la réduction de la classe moyenne voire sa disparition, à l’appauvrissement des citoyens et à l’émigration.

La conséquence à l’échelle nationale a été  dramatique car elle a éliminé toute forme d’opposition, donc tout débat politique constructif. Il n’y a plus aucun frein aux abus, au népotisme, à la corruption avec perte progressive de l’espoir d’un rééquilibrage de la société.

Les citoyens se retrouvent devant des choix plus négatifs les uns que les autres : émigrer ? Mendier ? Voler ? Ou bien s’intégrer ?

Sur un plan régional, au lieu d’une évolution vers la consolidation des liens entre les différents pays arabes, liens qui pouvaient renforcer les différents pays pour faire face à toute menace extérieure et faire profiter tous ces peuples des richesses de leur sol dans un but de développement, de génération d’emplois , d’amélioration du niveau de vie, une évolution vers plus d’ouverture, vers une nation arabe qui aurait pu englober tous ses citoyens  sans distinction de race ou de confession, de tribu ou d’ethnie et en serait ainsi renforcée, on a assisté à une involution, une régression, vers  le « Moi, d’abord ».  Est-ce à dire le Liban d’abord, l‘Egypte d’abord, la Jordanie d’abord ? Non, c’est les chefs d’abord. Mais pourquoi pas, plus tard, ma confession d’abord, ma tribu d’abord ou encore mon clan d’abord ?!

Certes, ce démantèlement de l’arabité auquel ont largement contribué les pays occidentaux, à tour de rôle, n’a rendu service à aucun pays arabe séparément.

Je voudrais ouvrir ici une parenthèse pour dire que l’arabité telle que nous la concevons est une arabité qui ne réfute ni arménien, ni chaldéen, ni kurde, ni juif, ni Alawite ni aucune minorité existante ou future vivant en son sein. Elle  est basée, sur l’égalité des droits et devoirs des citoyens ; elle respecte cette pluralité qu’elle considère nécessaire et protège les particularités de chacun. Il faut se méfier du jeu de la protection des minorités, prétexte avancé par des forces étrangères pour s’immiscer dans les affaires intérieures de chaque pays.

Est-il possible de remonter la pente ?

La construction de l’Europe a commencé depuis plus d’un demi siècle et ne s’est pas encore terminée. Les gouvernements avaient réfléchi au bien fondé de cette union, puis  entrepris la concertation avec les citoyens, par le biais de leurs représentants afin d’en expliquer les enjeux. Dans certains cas ils ont eu recours à des référendums. Ils avaient  su mettre en avant leurs priorités et fixer les délais pour y parvenir. Pourtant ils avaient une difficulté majeure : l’absence d’une langue commune, facilité que possèdent les arabes et qui aurait pu les rapprocher.

La construction de l’unité arabe peut-elle se faire à l’instar de l’Europe ? 

Peut-elle être réalisée entre Etats faibles ?

Comment définir la force ou la faiblesse ?

Par l’importance de l’arsenal militaire? Par les richesses du sol ?

Par la prospérité des banques ? Ou par la volonté du peuple ?

Un pays qui en réfère à son peuple pour les décisions politiques n’est plus manipulable. Souvenons-nous de l’exemple de la Turquie, lorsque les Etats-Unis voulaient utiliser l’espace aérien turc pour frapper l’Irak.

En effet, la démocratie est une valeur fondamentale pour la stabilité de chaque pays. C’est d’abord un droit naturel des peuples de prendre en charge leur destin tant individuel que collectif. C’est l’instrument de la liberté, de la justice et le meilleur moyen d’assurer un développement économique équilibré. Elle réduit les frustrations des citoyens. Certes, elle n’est jamais parfaite ; elle évolue quand l’éducation s’améliore, que le développement progresse et quand la classe moyenne s’accroît. Il faut garder en tête que ce qui fragilise la démocratie ce n’est pas l’aspiration des peuples à la liberté mais l’ambition de pouvoir des leaders.

 Je voudrais rappeler rapidement, ici,  les éléments les plus importants de toute démocratie et que l’on a tendance à oublier :

1- Nul n’a l’apanage de la vérité ; chacun a le droit d’émettre et d’argumenter son point de vue.

2- Tout monopole du pouvoir doit être banni que ce soit au niveau des institutions ou des personnes. Les institutions doivent être régies par des lois, tout en respectant le principe de séparation des pouvoirs.

3- La tolérance, (qui n’exclut nullement le droit à la résistance en cas d’occupation).

4- La transparence

5- la démocratie est un état dynamique et évolutif qui nécessite la vigilance des citoyens pour son évolution.

6-Seul le peuple peut en définir les règles ou les modifier, selon ses besoins.

Le remède est donc de se référer à la volonté du peuple, sans manipulation, sans corruption, sans violence.

Par où commencer ?

Tout en gardant un œil bien ouvert sur l’ennemi sioniste, il n’est plus permis de laisser la situation se détériorer davantage. Si les chefs des pays arabes ne veulent pas de guerre, ils ont au moins le devoir de fermer leurs portes à l’entité sioniste, corps étranger dans tous les sens du terme. S’ils hésitent, aux populations de prendre la relève usant selon les cas de boycott ou de résistance.

Mais à l’intérieur de chaque pays, la tâche est ardue.

Il ne faut pas trop compter sur la classe qui gouverne pour exiger le changement. Cette classe a lamentablement échoué. Leurs bonnes paroles ne sont que des baumes pour masquer leur hypocrisie et leurs mensonges.

Il s’agit d’instaurer ou de réhabiliter les institutions.

La construction de la démocratie est un acte permanent. Il ne s’agit pas de copier sur l’occident mais de chercher dans notre milieu, ce à quoi nous aspirons et de bâtir sur nos propres valeurs. Il s’agit de trouver quel est  le meilleur moyen pour vivre, s’instruire, évoluer, et avoir une qualité de vie meilleure. La religion et la pauvreté ne seront pas un handicap comme on pourrait nous le faire croire. Car n’étant pas parfaite, la démocratie évolue pourtant à mesure que l’éducation s’améliore, que le développement progresse et que la classe moyenne s’accroît. C’est tout ce progrès qui la consolide.

Il faudrait donc commencer par assurer une bonne représentativité des citoyens et le seul moyen d’y parvenir est l’établissement d’une loi électorale  juste afin que toutes les classes de la population soient représentées au parlement. C’est pourquoi, au Liban par exemple, la loi qui adopte la grande circonscription et la proportionnelle, permettrait d’avoir au parlement une majorité et une opposition qui ont peu de chances d’être uni confessionnelles. Mais pour être efficace, cette loi électorale devrait être  accompagnée de garde-fous  garantissant la liberté du choix des citoyens et l’absence de fraude. La répétition des élections à intervalles réguliers, doit être une mesure de sanction. Les élus qui n’ont pas réussi à remplir les programmes pour lesquels ils ont été choisis seraient ainsi remplacés.

L’Europe a commencé le rapprochement entre ses divers membres en créant le Marché Commun.  L’économie est un point sur lequel tous les peuples de la région pourraient se mettre d’accord.  Tous les pays pourraient en bénéficier.

N’est-il pas temps de s’y mettre ?

Qui va s’atteler à cette tâche, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur? 

En tant que libanaise, je m’adresse, ici,  principalement aux citoyens libanais.

Les grands groupes qui ont certainement un rôle à jouer et qui forment la société civile sont essentiellement les intellectuels, penseurs, philosophes, économistes, professeurs d ‘université… puis les journalistes, les syndicats, les femmes, les jeunes, les écrivains, les artistes et aussi toute personne qui aspire au changement.

Je voudrais avant d’aller plus loin raconter une expérience personnelle que j’avais vécue avec le Courant de la Société Civile, groupe fondé par monseigneur Grégoire Haddad, à qui je voudrais ici rendre hommage. Grégoire Haddad pense que chaque membre de la société a quelque chose à donner. Ses idées vont du simple travail social qui permet à chacun de gagner sa vie, à la perspective de la construction d’une Nation. Dans cette dernière perspective, il a pensé que pour stimuler l’action, il fallait allier les forces de la société civile à celles de l’administration, dans des domaines aussi variés que l’éducation et la culture, la santé, l’environnement  et l’économie. Il fallait, dans chaque région séparément et sur toute la superficie du pays, évaluer la situation, mettre les priorités puis commencer à exécuter. Le plan a eu énormément de succès. Il s’est malheureusement heurté à un handicap majeur qui est le manque de fonds. Le bénévolat à lui seul ne pouvait arriver à bout de ce gigantesque projet. Pourtant ce projet à lui seul est une stratégie pour construire non seulement le Liban mais tout pays sous développé dans le but de servir l’Homme.

Pour revenir à la question : Qui va s’atteler à cette tâche, c’est d’abord la classe intellectuelle ; si elle assume ce titre elle doit s‘atteler à coordonner ses efforts en vue d’établir une stratégie, comme celle de Grégoire Haddad que j’ai citée plus haut ou tout autre stratégie, pour amorcer le changement en profondeur,  qui vise à former un citoyen libre et responsable. Jusqu'à ce jour, les zizanies entre partis ou chefs de partis ont gaspillé leur énergie et les ont distrait des buts réels de leur action. Ils doivent s’allier pour œuvrer d’abord pour une vraie représentativité des citoyens dans toute forme d’élection. Si leur tâche commence là, elle est loin de s’arrêter à ce niveau et ils le savent.

Les journalistes, les médias en général ont une grande part de responsabilité pour la renaissance vers laquelle nous tendons.  Certains avaient contribué à la dégradation de la situation dans le monde arabe louant leur plume à des fins privées. Beaucoup d’entre eux avaient ainsi contribué à désinformer au lieu d’informer. Le journaliste ne doit pas dévier de sa mission première : chercher la vérité, informer, découvrir et dénoncer fraude ou corruption lorsqu’il la trouve afin de relever le niveau de l’action. Un moyen efficace serait la mise en place d’un observatoire des médias, tel que proposé à Porto Allegre il y a quelques années, qui aurait pour rôle de dénoncer tout mensonge, toute information tronquée, de même que toute  incitation au confessionnalisme et au sectarisme. Cet observatoire pourrait permettre de rectifier la conduite des dirigeants chaque fois que le processus démocratique est menacé.

Les jeunes sont en fait les premiers concernés car l’avenir c’est eux. Eux seuls ont le dynamisme et le courage pour se lancer dans l’aventure du changement.  Ils devraient tenter de recouvrer leur liberté au sein des partis auxquels ils ont choisi d’adhérer afin d’être créatifs et de trouver de nouvelles voies, au lieu de suivre les traces de leurs aînés qui n’ont réussi en général qu’à morceler la société. Beaucoup d’entre eux ont déjà commencé, si l’on compte la quantité d ‘associations civiles qui se sont constituées ces dernières années. Il suffit de les encadrer et de coordonner leurs actions pour éviter de gaspiller temps et énergie.

Les syndicats doivent rectifier leur trajectoire et  reprendre en main leurs décisions. C’est toute la classe des travailleurs qui pourrait se relever et travailler dans de meilleures conditions. Je voudrais attirer l’attention, en passant, sur le fait que les deux mêmes personnes sont à la tête de deux syndicats majeurs du pays depuis des dizaines d’années, (je suis incapable de les compter). Est-ce cela la  démocratie ?

Les femmes forment la moitié de la société et font des efforts pour établir la condition de la femme comme membre actif et égal à l’homme dans la société. Nous devons reconnaître que les traditions et certaines lois vétustes n’ont fait que faire reculer la condition de la femme  et rétrograder ses droits, qui étaient bien plus importants lors de l’avènement de l’Islam au 6ème siècle.  Ces traditions ont également creusé le fossé entre Homme et Femme en considérant acceptables certains actes répréhensibles perpétrés par un homme, actes bannis par le Droit ou la religion (crime d’honneur par exemple). Cette égalité ne se fera que si dans les esprits des éducateurs, pères et mères, enseignants et enseignantes, à la maison, à l’école et au travail, le jugement est porté, non pas sur le « genre » de celui qui fait, mais sur le résultat de l’accomplissement de l’action, de la création, de l’innovation et du savoir faire. Les femmes sont les premières concernées, mais pas les seules, pour changer les mentalités.

De manière générale, tous ces efforts, et dans tous les pays concernés, devraient avoir des objectifs communs et des priorités similaires : Etablir ou rétablir la démocratie afin de créer le dynamisme qui permet l’évolution, former le citoyen, et pour cela, lutter contre l’analphabétisme en fixant des délais pour analphabétisme=zéro, revaloriser le travail en œuvrant pour  une économie productive, combattre la corruption même à l’intérieur des institutions religieuses considérées comme intouchables. Si ces conditions prioritaires sont assurées, tout le reste suivra.

Quant aux relations inter arabes, le premier pas vers l’amélioration des conditions de vie de leurs citoyens est de penser concrètement  à la possibilité d’une complémentarité économique.  Pourquoi ces pays n’augmenteraient-ils pas les échanges commerciaux entre eux, échanges qui permettraient l’évolution et le progrès dans tout le monde arabe ? Elle sera le premier pas vers la normalisation de leurs relations, bien plus importante que la normalisation avec l’entité sioniste qui n’a été créée que comme instrument pour mieux manipuler les pays arabes et entretenir leurs dissensions afin de mieux exploiter leurs richesses et d’en faire uniquement des sociétés de consommation.

En conclusion, nous sommes tous responsables du degré de faiblesse que nous avons atteint. Si ce n’est par une participation active du moins par notre passivité, notre « laisser faire, laisser aller », notre démission, parce que certains d’entre nous ont opté pour une « intégration » à ce système ou à cette société malade.

Pour que l’utopie citée au début de mon allocution devienne réalité, la seule voie possible est de s’engager dans la  coopération interarabe et dans chaque pays, de façon parallèle, amorcer la construction d’une vraie démocratie afin de rassurer les citoyens, apaiser leurs craintes, repousser leurs préjugés, garantir leurs droits essentiels et ouvrir  devant eux une porte d’espoir dans leurs pays

Beyrouth, le 18 février 2010

Dr Ghada El Yafi :



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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