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11/03/2010

n°515 - Témoignage de Palestine- 10-03 - : Fin -:Mahmoud Abbas : "Lorsque le temps des élections arrivera, je ne me représenterai pas."

n°515 - Témoignage de Palestine- 10-03 - : Fin  -:Mahmoud Abbas : "Lorsque le temps des élections arrivera, je ne me représenterai pas."



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 

                        



Témoignages

de Palestine

                           n°515                                   10-03

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur mes blog : 

http://www.blogs.dhnet.be/categories/International.html

http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens...

c) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 


Sommaire

Tiré à part

1 Témoignage

1-13 Mounadil Djazaïri : Une bonne adresse pour les dingues (aux sens propre et figuré).

1-14 Un forum de solidarité affirme l'importance de faire échouer toute agression.

1-15 Le "checkpoint" de Qalandia: une épreuve quotidienne pour les Palestiniens.

1-16 Bil'in village.

1-17 Lettre de prison d’Abdallah Abu Rahma.

1-18 Chems Eddine Chitour : Chronique d'un assassinat de la cause palestinienne.


1-13 Mounadil Djazaïri : Une bonne adresse pour les dingues (aux sens propre et figuré)

En 2000, la LICRA et l'Union des Etudiants Juifs de France (UEJF) avaient poursuivi en justice le portail internet Yahoo pour avoir hébergé une vente aux enchères d'objets nazis.

Yahoo avait été relaxé en appel pour des motifs un peu compliqués que vous pourrez apprécier en allant sur ce lien.

L'avocat de l'UEJF avait même plaidé en première instance que ces enchères étaient " un défi à la morale républicaine et à nos lois ", et qualifié Yahoo de complice de Robert faurisson.
Pour l'instant, la loi française interdit tout ce qui consiste à faire l'apologie du nazisme, et l'exposition d'objets allemands de cette période présentés sous un jour favorable peut être considéré comme en faisant partie.

Elle interdit notamment le port d'insignes ou d'uniformes nazis. Il y a bien eu une proposition de loi débattue au parlement pour interdire carrément ce genre de ventes, mais je ne sais pas s'il a été adopté ou s'il est passé  à la trappe.
Quoi qu'il en soit, si vous êtes collectionneur de ce genre de choses (faut vraiment aimer la guerre!), une seule adresse: le marché aux puces de Tel Aviv. Là, vous pourrez trouver des pièces ordinaires et d'autres plus intéressantes (toujours du point de vue de ceux qui aiment ça). C'est qu'au marché de Tel Aviv, vous allez trouvez des "antiquaires" compétents dont l'un a même envoyé un de ses agents écumer les plus petits villages de
la Saxe ou de la Forêt Noire pour dénicher ces "raretés" qui sont depuis longtemps introuvables dans les grandes villes.
Sauf à Tel Aviv?
Ben oui.
Il n'y a que la LICRA et l'UEJF qui l'ignorent. C'est pour ça qu'ils n'ont pas moufté.

Souvenirs nazis en vente à Tel Aviv
Si cela se passait dans n'importe quel autre pays, on serait en train de crier 'antisémitisme!' mais ça se passe en plein jour dans la première ville hébraïque. Et oui, il y a des acheteurs.
par Assaf Weiss, Yediot Aharonot (Sionistan) 24 janvier 2010 traduit de l'anglais par Djazaïri
"Si vous achetez cette médaile nazie, je vous laisse la carte postale d'Hitler à moitié prix". Le vendredi après-midi au marché aux puces de la place Dizengoff à Tel Aviv, entre des porcelaines anciennes, des disques vinyl de collection et des vêtements d'époque, j'aperçois soudain Hitler sur un timbre. A côté du timbre, se trouvent  des cartes postales envoyées dans les années 1940 à leurs familles par des officiers SS, signées de la tristement célèbre salutation "Heil."
Puis je vois des médailles, des pièces de monnaie, des billets et des lettres - tous authentiques, datant tous de l'époque du IIIème Reich et exposés en pleine lulière du jour dans la première ville hébraïque, en vente contre de l'argent israélien. Chaque article comporte la tristement fameuse swatiska, le symbole qui passait devant les yeux de millions de personnes avant leur mise à mort.
J'ai la tentation d'aller demander des explications au placier du marché, qui permet qu'on fasse de l'argent avec le terrible traumatisme subi par notre nation, mais je fuis les coins sombres. Un des vendeurs explique, "Je vends des antiquités qui ont une valeur historique, et le reste ne m'intéresse pas." Il n'a aucun scrupule à faire ce commerce.
Après avoir chiné pendant une heure, je constate que les pièces de valeur ne sont même pas exposées. Elles sont dissimulées dans des sacs et des tiroirs, peut-être pour les mettre à l'abri des regards de la police ou des passants, ou par sentiment de culpabilité.
Je demande à un marchand s'il vend l'attirail S.S. Entendre ce mot semble le stresser, et il me dévisage un long moment avant d'apporter une valise et de me montrer divers articles nazis de collection qui coûtent des centaines de shekels (1 shekel = environ 0,20€, NdT)..
Il y a une trousse SS de premiers secours, conçue pour être fixée sur une motocyclette - 2500 shekels (670 dollars) à débattre. Je demande si les prix sont surévalués. "Bien qûr qu'ils le sont," dit-il en souriant. 3Le IIIème Reich est le roi des objets de collection."
Ces temps ci, il semble que soit effectivement vrai pour beaucoup de gens. Il y a neuf mois, des organisations d'extrême droite dans le monde ont commémoré le 120ème anniversaire d'Hitler. Ces commémorations étaient accompagnées de toutes sortes de ventes écoeurantes. Il est diffcile de faire de l'argent avec de la souffrance et des atrocités, alors les organisateurs s'étaient tournés vers d'autres oeuvres d'Hitler: des peintures faites par Hitler se sont vendues à des prix avoisinant 350 000 dollars.
Toutefois, transformer l'action meurtrière en articles de consommation n'est pas une activité nouvelle: Staline et Mao Tse-Toung avaient déjà leurs portraits imprimés sur des T-shirts portés par des millions de personnes soucieuses de la mode mais à l'éthique douteuse. Mais à la différence de ses collègues meurtriers de masse, Hitler n'était pas encore devenue une icône culturelle - une situation qui va bientôt changer si on en juge par les étalages du marché aux puces de Tel Aviv.
Tout en me présentant une montre d'officier nazi (1000$), un autre vendeur m'explique que son agent s'est rendu pendant des années dans des villages allemands reculés. "C'est seulement dans ces zones rurales qu'on peut encore trouver des pièces intéressantes de ce genre," dit-il. "Dans les grandes villes, vous ne trouverez rien de ce genre."
Mais dans la plus grande ville d'Israël, vous le pouvez? "Je ne vois pas ce qu'il y a de mal avec ça," dit-il. "Ce sont des objets de collection."
Et vous vendriez aussi des chaussures, des lunettes ou des vêtements portés par les Juifs qui ont été assassinés dans l'holocauste? "Non, c'est un problème différent," dit-il. "Vous serez surpris de savoir que beaucoup d'acheteurs sont des enfants de survivants. Ce sont des clients compulsifs. Je pense que c'est un cas classique de victime qui s'identifie à son agresseur."
Il poursuit par une explication su sindrome de Stockholm, caractérisé par le développement d'une empathie avec son bourreau, mais quelqu'un surprend notre conversation, et exprime un intérêt pour les articles. Son [c'est une femme, NdT] explication de cet intérêt est différente, et jette un éclairage révélateur.
"Je pense que ça a de la valeur. En ce moment précisément, avec le déni de holocauste qui se répand dans le monde, les gens devraient garder des témoignages sur cette période," dit-elle avant de sortir son porte-monnaie.

Mounadil Djazaïri

26 Février

http://mounadil.blogspot.com/


1-14 Un forum de solidarité affirme l'importance de faire échouer toute agression.

Le forum de solidarité avec le peuple palestinien qui s'est organisé à Téhéran, a insisté sur l'importance d'œuvrer pour faire échouer les objectifs de toute agression ou guerre prévue contre la région.

"Les participants ont souligné qu'il faut comprendre que les menaces israélo-américaines contre la Palestine, la Syrie, le Liban et l'Iran visent généralement le Moyen-Orient, ainsi que les volontés et les aspirations de la nation arabo-musulmane", a précisé le Forum dans son communiqué final.

Le Forum a insisté dans son communiqué sur la condamnation des violations et crimes sionistes, tout en appelant au soutien immuable des droits légaux palestiniens, en affirmant la nécessité de s'attacher aux principes, intérêts suprêmes et droits du peuple palestinien.
Les participants ont condamné :

 1-Les pratiques et opérations continuelles de judaïsme et colonialisme dans les territoires palestiniens occupés, notamment dans la ville sainte d'Al-Qods et les assauts criminels contre sa mosquée sacrée d'Al Aqsa. 
2- La décision sioniste pour annexer les lieux saints (la mosquée d'Al Ibrahimi et Bilal Ibn Rabah), au prétendu patrimoine juif.

3- La politique discriminatoire sioniste de destruction des maisons palestiniennes et les projets très dangereux qui visent à expulser les habitants d'Al Qods et menacent la mosquée sainte d'Al Aqsa.

4- La modification générale de l'aspect historique, islamique, archéologique et symbolique des villes et villages palestiniens.

5- Le terrorisme gouvernemental bien programmé de l'entité sioniste contre le cadres et dirigeants de la résistance palestinienne.

6- Les violations sionistes contre la souveraineté des pays arabes et occidentaux, après l'assassinat du leader du Hamas, Mahmoud al-Mabhouh, en usurpant l'identité européenne.

7- La continuation du blocus sioniste arbitraire, injuste et inhumain, ainsi que le mur d'acier honteux égyptien qui ne cause que la tragédie et les souffrances aux palestiniens.

8- La politique de punition collective et l'empêchement de la reconstruction des infrastructures de la Bande de Gaza, endommagées totalement après la guerre néonazie de l'occupation.
Ils ont appelé :

1- Les institutions et organisations, gouvernementales et populaires, privées et officielles à déployer tous les efforts efficaces pour faire face aux violations et crimes de l'occupation visant à voler le patrimoine et l'aspect archéologique islamique et chrétien dans les territoires palestiniens occupés.

2- Les pays européens à renoncer à leurs coopérations avec l'entité sioniste, condamner explicitement l'implication du Mossad au crime d'assassinat à Dubaï, en usurpant l'identité de leurs citoyens.

3- À la poursuite des dirigeants sionistes criminels qui ont donné délibérément le feu vert à leur commando du Mossad pour commettre un crime très flagrant contre l'humanité, à Dubaï, en violant la souveraineté des pays.

4- Activer les recommandations du rapport de Goldstone pour les exécuter au niveau international, dans la cour pénale internationale, au conseil de sécurité, dans le but de présenter en justice les coupables sionistes qui ont commis des crimes de guerre contre l'humanité durant leur guerre sauvage contre la population civile de la Bande de Gaza, en faisant 1450 martyrs dont une majorité d'enfants et de femmes, ainsi que plus de 500 personnes différemment blessées.

5- L'autorité palestinienne à arrêter toutes les coopérations et contacts avec l'ennemi occupant israélien, renoncer au programme de Dayton, cesser de pourchasser les résistants palestiniens et  libérer les captifs politiques en Cisjordanie.

6- Les pays arabes et islamiques à négliger tout appel américain pour la reprise des négociations avec l'occupation qui ne visent qu'à liquider la question palestinienne légitime pour servir les agendas israélo-américains.

Les participants au forum de solidarité ont affirmé également :

1- Le soutien immuable aux droits légaux palestiniens, en soulignant que quiconque n'est chargé de renoncer aux principes et intérêts suprêmes de la nation.

2- Les droits sacrés du peuple palestinien, l'autodétermination, al Qods, le retour des réfugiés palestiniens à leurs terres et foyers dans les territoires palestiniens occupés en 1948.

3- Le droit légal du peuple palestinien pour combattre l'ennemi occupant qui est une stratégie nationale pour récupérer les droits sacrés, face à l'occupation dans les territoires palestiniens occupés, au Golan syrien et au sud du Liban.

4- Enfin, et après deux jours d'activités, le forum a insisté sur le soutien très fort arabe et islamique à la question palestinienne, ainsi que l'union des efforts et rôles des peuples arabes, islamiques et les hommes libres du monde entier face aux agendas agressifs sionistes.

CPI

01/03


1-15 Le "checkpoint" de Qalandia: une épreuve quotidienne pour les Palestiniens.

C'est une épreuve quotidienne pour de nombreux Palestiniens. Chaque jour, des milliers d'entre eux patientent dans de longues files d'attente à Qalandia, principal point de contrôle israélien entre la Cisjordanie et Jérusalem, pour rejoindre leurs lieux de travail, leurs écoles, des membres de leur famille ou se rendre à un rendez-vous médical.

Le trajet vers Jérusalem commence dans un hangar humide, jonché de détritus. Ils s'avancent dans d'étroit couloirs bas pour être contrôlés par des soldats israéliens derrière des vitres blindées.

Les Israéliens affirment que le point de passage de Qalandia permet d'empêcher des assaillants potentiels de gagner Jérusalem mais les Palestiniens dénoncent une humiliation quotidienne.

Depuis sa prise de fonctions l'an dernier, le Premier ministre Benyamin Nétanyahou a assoupli les restrictions de circulation en Cisjordanie mais pas les conditions d'entrée à Jérusalem. Il a répété ces dernières semaines que la ville ne serait jamais divisée, suscitant la colère des Palestiniens qui espèrent faire de la partie orientale de Jérusalem leur future capitale.

La barrière de séparation construite par Israël en Cisjordanie traverse plusieurs quartiers arabes de Jérusalem, et Qalandia est ainsi le seul moyen pour 60.000 habitants de rejoindre le reste de leur ville. Ils doivent faire la queue avec des milliers d'autres Palestiniens de Cisjordanie.

Ziad Abou Jalil, 26 ans, entre dans le hangar et intègre l'une des longues files d'attente. Son objectif: rejoindre son travail, payé 35 dollars par jour, dans une boucherie casher.

Il y a encore dix ans, le trajet depuis son village, situé à 20 kilomètres, aurait pris moins d'une heure. Mais après la deuxième Intifada déclenchée en 2000, les points de contrôle israéliens se sont multipliés, et celui de Qalandia est devenu plus difficile à franchir. Abou Jalil doit maintenant se lever à 4h30 pour aller travailler.

En dehors des heures de pointe, le passage peut se faire en quelques minutes. Mais Abou Jalil doit arriver à son travail avant 7h et ne sait jamais si l'attente sera longue. Parfois, il a un peu en retard et est renvoyé chez lui sans salaire. "C'est toujours à cause du checkpoint que nous sommes en retard", explique-t-il.

Une tentative de resquiller peut déclencher des altercations. Dans la file d'Abou Jalil, les hommes patientent à quelques centimètres les uns des autres, certains tenant le manteau du suivant pour garder leur place.

La file passe par une cage en métal à peine assez large pour un homme corpulent et pas assez haute pour permettre à homme de grande taille de se tenir droit. A l'autre bout, un tourniquet s'ouvre par intermittence, laissant passer à chaque fois une dizaine de personnes. Une autre file mène ensuite à un autre tourniquet et à un guichet où les soldats israéliens contrôlent les identités.

Pendant qu'Abou Jalil patiente, un homme est refoulé. Il explique aux autres qu'ils ne peuvent passer avec leur déjeuner, et Abou Jalil repart avec d'autres faire la queue dans une autre file.

Parfois certaines files n'acceptent que certaines pièces d'identité, sans que les Palestiniens soient prévenus, et d'autres fois un soldat ferme soudain son guichet, et tant pis pour ceux qui attendaient. Il n'y a pas de supérieur ou de numéro de téléphone où se plaindre.

Lorsqu'Abou Jalil arrive enfin devant la vitre blindée, un jeune soldat contrôle son identité et lui fait signe de passer d'un mouvement de tête. Ce jour-là, il n'aura attendu que 22 minutes.

Environ 24.000 Palestiniens transitent par Qalandia tous les jours à pied et en voiture, selon la police israélienne, qui dit avoir constaté une recrudescence des tentatives de faire passer des armes -une vingtaine par mois actuellement- depuis l'ouverture du point de contrôle en 2005. Lors d'un incident filmé par les caméras de surveillance en octobre dernier, une jeune Palestinienne a blessé par arme blanche un agent de sécurité israélien.

Si la plupart des voyageurs présentent des pièces d'identité ou des autorisations, certains utilisent des cartes magnétiques ou placent la paume de leur main sur des scanners pour obtenir le droit de passage. La police isralienne précise qu'une nouvelle voie réservée aux autobus sera ouverte dans les prochaines semaines.

Mais les Palestiniens estiment que le point de passage pourrait fonctionner plus efficacement. "Parfois ils nous font attendre pendant que les soldats s'amusent à l'intérieur", se plaint Samir Sublaban, un épicier de 31 ans. Il lui faut "une heure" pour se rendre chez son oncle qui habite de l'autre côté de la barrière, à deux pas de chez lui, dit-il.

Depuis 15 ans, Mustapha Taha, 45 ans, travaille dans une poissonnerie juive de Jérusalem. Il parle l'hébreu couramment, connaît les clients et gagne mieux sa vie qu'il ne pourrait l'espérer en Cisjordanie, mais ses collègues juifs ne savent pas ce qu'il doit subir pour aller travailler, dit-il.

"Quand je suis en retard, mon patron me dit: 'je t'ai obtenu un permis, comment peux-tu être en retard?' Il n'a aucune idée de ce que c'est", à Qalandia. "S'il y avait une autre solution, personne ne s'infligerait cela. Mais il bien faut vivre."

Parfois, les soldats crient des ordres par haut-parleurs ou raillent les efforts des Palestiniens pour s'exprimer en hébreu. En cinq jours de reportage, un reporter d'Associated Press a surpris à quatre reprises des soldats en train de dormir à leur guichet

http://fr.news.yahoo.com/3/20100222/twl-israel-palestiniens-controles-951b410_2.html


1-16 Bil'in village.

Grande manifestation à Bil'in pour célébrer cinq années de résistance: La lutte ne prendra fin que lorsque le mur tombera !
Comité populaire de Bil'in

Manifestation extraordinaire à Bil’in :

Après cinq années, la lutte ne prendra fin que lorsque le mur tombera !

Non à la colonisation ! Non à la ségrégation !

Non à l’occupation !

Oui à la lutte commune et populaire ! Oui à une paix juste !

Cinq années de manifestations populaires réprimées par la force, près de deux ans et demi depuis que la Haute Cour de justice ait ordonné de changer le tracé du mur, des dizaines d’invasions nocturnes, des centaines d’arrestations, des dizaines de procès, des dirigeants en prison ou interdits de prendre part aux manifestations - et pourtant la lutte continue !

Background

Le 20 février 2005, les bulldozers commencent à arracher les premiers oliviers sur le futur tracé de la barrière de séparation sur les terres du village de Bil’in. Le même jour, le village fait sa toute première manifestation. Depuis lors, Bil’in est passé d’un village anonyme à un symbole international de la résistance populaire face à l’injustice.

La barrière de séparation actuelle annexe quelque 195 hectares, ce qui représente près de 50% des terres du village - le tout dans le but d’agrandir la colonie israélienne de Modiin Illit. Il y a près de deux ans et demi, après une longue bataille juridique, la Haute Cour de Justice à Jérusalem a statué que le tracé actuel de la barrière à Bil’in était illégale, car destinée à protéger des maisons de colons pas encore construites. Le tribunal a ordonné à l’armée de modifier le tracé. Le tribunal a également statué, rétroactivement, sur l’illégalité d’une partie d’un quartier résidentiel de colons, établie sur les terres du village, sans permis de construire et en violation de la loi. Malgré l’arrêt de la Haute Cour de Justice, publié en Septembre 2007, ce n’est seulement maintenant que l’armée devrait commencer les travaux de construction de modification du tracé de la barrière, ce qui rendra 60 hectares des terres annexées aux villageois.

Les manifestations dans le village ont lieu depuis février 2005, une fois par semaine, sous la direction du Comité Populaire de Bil’in, où des représentants de divers partis et organisation se joignent. Les manifestations, qui appellent à la non-violence, à une coopération israélo-palestinienne et internationale, ainsi qu’à la créativité, sont durement réprimées par l’armée israélienne et la police des frontières. Dans la plupart des cas, les gaz lacrymogènes et des grenades de choc sont utilisés contre les manifestants, mais aussi des armes parfois plus dangereuses, telles que des balles métalliques recouvertes de caoutchouc. Au cours des derniers mois, l’armée a tenté d’étouffer la résistance afin que cesse les manifestations. Au total : presque chaque semaine, les soldats envahissent le village tard dans la nuit, font irruption dans les maisons, enlèvent les habitants de leur lit et utilisent des gaz lacrymogènes. Des dizaines d’habitants de Bil’in, dont plusieurs dirigeants de la lutte non-violente, ont été arrêtés et inculpés.

Grace à sa longue lutte face à la répression, Bil’in a bénéficié d’une reconnaissance internationale. Des dirigeants, des membres du Parlement, des survivants de l’Holocauste, des artistes, des lauréats du prix Nobel et des militants du monde entier, se sont joints aux manifestations. Ils ont déclaré leur soutien à la lutte et ont demandé que la répression cesse, que les villageois soient libérés et que la barrière soit démantelée.

L’annonce par l’armée du début des travaux pour la construction du nouveau tracé, est une victoire certaine dans la lutte, mais n’en marque pas la fin. La barrière existante sera démantelée seulement après que le nouvel itinéraire soit terminé, ce qui prendra beaucoup de temps. En attendant la répression contre les habitants de Bil’in en général, et des chefs de file de la lutte populaire en particulier, se poursuit. Nous devons tous marcher avec les habitants de Bil’in et protester contre l’injustice qu’ils subissent.

19 février

Source : Bil'in Village
http://www.bilin-village.org/...


1-17 Lettre de prison d’Abdallah Abu Rahma.

 Le cinquième anniversaire de la lutte à Bil’in se fera en l’absence de l’un de ses enfants"

Cette lettre d’Abdallah Abu Rahma a été transmise depuis sa cellule par ses avocats.

S’il vous plaît circuler largement.

Chers amis et sympathisants,

Cela fait maintenant deux mois que l’on m’a menotté, bandés les yeux et emmené de chez moi. La nouvelle d’aujourd’hui m’est parvenu à la prison militaire d’Ofer, que le mur de l’apartheid sur les terres de Bil’in sera finalement déplacé et que les travaux du nouveau tracé ont commencés. Cela rendra la moitié des terres qui ont été volés à notre village. Pour ceux d’entre nous, emprisonné à Ofer, pour notre participation aux manifestations contre le mur, cette victoire rend la douleur d’être enfermé, plus facile à supporter. Après avoir résisté activement contre le vol de nos terres par le mur de l’apartheid et contre la colonisation israélienne chaque semaine, nous aspirons à être debout aux côtés de nos frères et sœurs à l’occasion de cette victoire et le cinquième anniversaire de notre lutte.

Ofer est une base militaire israélienne dans les territoires occupés, qui sert de prison et de tribunal militaire. La prison est faite de tentes délimitée par des barbelés et d’une clôture électrique. Chaque unité comprend quatre tentes, et chaque tente comprend 22 prisonniers. Or en hiver, le vent et la pluie s’engouffrent par les fissures et nous n’avons pas assez de couvertures, de vêtements et autres produits de nécessité.

L’alimentation est un enjeu crucial ici et il n’y en a pas suffisamment. Nous survivons en achetant des ingrédients à la cantine de la prison que nous préparons dans nos tentes. Nous n’avons qu’un seul petit plat chaud, et c’est aussi notre seule source de chaleur. Certaines familles peuvent mettre de l’argent sur un compte pour acheter de la nourriture, mais beaucoup ne peuvent pas se le permettre. L’aspect positif est que j’ai appris à cuisiner ! Ce soir, j’ai fait des falafels et des bonbons pour célébrer la nouvelle de notre victoire. Je ne veux plus attendre pour rentrer dans ma maison et cuisiner pour ma femme et mes enfants !

Quand j’ai été arrêté, j’étais en pantoufles, et à ce jour, ma famille a été incapable d’obtenir la permission de me fournir une paire de chaussures. J’ai finalement reçu ma montre après des demandes répétées. Pour moi c’est un moyen essentiel de garder le sens des réalités, il m’était insupportable de ne pas voir le temps passé. Quand je l’ai reçue, je me sentais si heureux, comme un enfant qui reçoit sa première montre. Je peux à peine imaginer ce que ce sera le jour où je recevrai une paire de chaussure.

En raison de notre incarcération, l’armée considère nos familles comme une menace pour la sécurité. Il est très difficile pour nos épouses, nos enfants de recevoir des droits de visite. Mon ami Adeeb Abu Rahma, lui aussi prisonnier politique de Bil’in, ne peut pas recevoir de visites de sa femme et une de ses filles. Même sa mère, une femme octogénaire qui est actuellement en mauvaise santé, est considérée comme une menace pour la sécurité ! Il a peur de ne pas la voir avant qu’elle meure.

Je suis un enseignant et avant mon arrestation, j’enseignais dans une école privée de Birzeit et m’occupait également d’un élevage de poulets. Ma famille a dû vendre la ferme après mon arrestation. Je ne sais pas si je vais récupérer mon poste à l’école quand je serai libéré. Les neuf membres de la famille d’adeeb se retrouvent sans ressources, comme beaucoup d’autres familles. Nous ne sommes plus en mesure de prendre soin de nos proches qui ont besoin de nous, c’est la chose la plus insupportable quand on est ici.

Le soutien que je reçois de ma famille et de mes amis, m’aide à tenir. Je suis reconnaissant auprès des dirigeants palestiniens qui ont pris contact avec ma famille, ainsi que les diplomates de l’Union européenne et les activistes israéliens qui ont exprimé leur soutien au cours des audiences. Les relations que nous avons construit avec ses militants, sont allés au-delà de simples relations de partenaires ou amicales, nous sommes frères et sœurs dans cette lutte. Vous êtes une source d’inspiration dans votre solidarité sans relâche. Vous nous avez soutenus durant toutes les manifestations et les audiences du tribunal, mais lors d’occasions heureuses et douloureuses. Être en prison m’a montré combien j’avais de vrais amis, je vous en suis si reconnaissant à vous tous.

Des confins de mon emprisonnement, il me devient aussi évident que notre lutte est beaucoup plus importante et va au delà de la justice pour Bil’in ou même de tout la Palestine. Nous sommes engagés dans une lutte internationale contre l’oppression. Je sais que ceci est vrai quand je pense à vous tous de partout dans le monde qui ont rejoint le mouvement pour arrêter le mur et la colonisation. Les gens ordinaires, exaspérés par l’occupation, ont fait de notre lutte la leur, et nous ont rejoint dans la solidarité. Nous allons certainement s’associer à la lutte pour la justice dans d’autres endroits quand la Palestine sera enfin libre.

Manquer le cinquième anniversaire de notre lutte à Bil’in sera comme manquer l’anniversaire d’un de mes enfants. Dernièrement je pense beaucoup à mon ami Bassem dont la vie a été prise lors d’une manifestation non-violente l’année dernière, et combien je le regrette. Malgré la douleur de cette perte, et la nostalgie que j’éprouve en pensant à ma famille et à mes amis, je pense que si c’est le prix que nous devons payer pour notre liberté, alors cela vaut la peine, et nous serons prêts à payer beaucoup plus.

Bien à vous,

Abdallah Abu Rahmah, depuis la prison d’Ofer.

20/02/2010


1-18 Chems Eddine Chitour : Chronique d'un assassinat de la cause palestinienne.

«Tu ne tueras point» Torah (5e commandement)

Mahmoud al Mabhouh, un dirigeant du Hamas, est assassiné dans une chambre d’hôtel du Rotana hotel, à Dubaï, dans la nuit du 19 au 20 janvier 2010.

Selon la police de Dubaï, 11 hommes du Kidon, le service action du Mossad, seraient les auteurs de l’assassinat. Le chef de la police de l’émirat se dit prêt à demander à Interpol d’émettre un mandat d’arrêt international à l’encontre de Meir Dagan.

Les membres du commando ont utilisé des passeports britanniques, irlandais, français et allemands, empruntant la véritable identité des détenteurs originaux, six d’entre eux provenant de ressortissants possédant la double nationalité israélienne.

Le 22 février 2010, l’Union européenne condamne l’assassinat de Mahmoud al-Mabhouh et l’utilisation de faux passeports de certains pays européens par les suspects, et précise que ces pays mènent également leur enquête, ceci sans faire aucunement allusion à Israël. A ce propos, le ministre britannique des Affaires étrangères a promis le même jour d’aller «jusqu’au fond des choses» dans l’enquête sur l’utilisation de passeports du Royaume-Uni» dans ce meurtre, et demandé la coopération d’Israël «au plus haut niveau». Nous verrons bien si cette enquête n’aura pas le même destin de tout ce qui touche les intérêts supérieurs d’Israël, c’est-à-dire la trappe. On remarquera au passage, le silence assourdissant de la Maison-Blanche devant cet assassinat. Tollé général sans lendemain dans les chancelleries européennes...
La police de Dubaï écrit The Indépendant, a désigné 11 personnes, soupçonnées d’être impliquées dans le meurtre, le mois dernier, de Mahmoud al Mabhouh, lesquelles voyageaient toutes avec des documents européens.

Dans un coup de théâtre, hier, le Foreign Office à Londres a déclaré que les six passeports britanniques impliqués étaient «falsifiés», tandis que les officiels à Dublin disent qu’ils «n’avaient délivré aucun passeport» aux noms des trois personnes ayant utilisé des identités irlandaises.

Tandis que les détails, tels que les noms, les numéros et les dates de naissance sur les passeports suspects correspondaient aux originaux, on pense que les photographies et les signatures étaient différentes. Melvyn Mildiner, 31 ans, basé en Israël et qui détient un passeport britannique et israélien qui correspond à l’un des documents publiés par la police de Dubaï, a déclaré qu’il était choqué de l’utilisation qui a été visiblement faite de son identité.(1)
«Al Mabhouh est mort. Il aurait été étouffé et torturé».

Le Hamas a pointé du doigt Israël, accusant le Mossad -les services secrets du pays -d’avoir organisé ce coup. (...) Tous les suspects auraient quitté les Emirats arabes unis dans les 19 heures après leur arrivée. (...) Le député conservateur Hugo Swire, président du Conservative Middle East Council, a dit que le gouvernement britannique devait enquêter sur les accusations d’une implication israélienne. «Ces accusations contre le gouvernement israélien doivent recevoir une réponse». «On ne peut tout simplement pas enterrer cette affaire, à cause du malaise que cela créerait dans le monde arabe. On ne peut pas mener une politique étrangère, à cette époque extrêmement sensible, avec ce genre de comportement illégal.»(1)
Il n’y aurait pas de doute: le Sunday Times de Londres, cité par le quotidien israélien Haaretz, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a autorisé début janvier l’opération du Mossad contre le responsable des approvisionnements en armements du Hamas palestinien. Le Premier ministre déclare: «Le peuple d’Israël vous fait confiance. Bonne chance», précise le journal dominical. Malgré cela, le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a rejeté, lundi 22 février à Bruxelles, les accusations d’implication de son pays dans le meurtre d’un cadre du Hamas à Dubaï, en lançant sur le ton de la boutade: «Je pense que vous regardez trop de films de James Bond.» Il s’est borné à cette unique déclaration devant les journalistes, à l’issue d’un entretien avec le président du Parlement européen, le Polonais Jerzy Buzek. Avigdor Lieberman a rencontré les ministres des Affaires étrangères irlandais, Micheal Martin, britannique, David Miliband, et espagnol, Miguel Angel Moratinos, dont le pays préside l’UE. Il devait dîner dans la soirée avec la chef de la diplomatie de l’UE, la britannique Catherine Ashton. A tous, il affirme que «rien ne prouve qu’Israël est impliqué».(2)
Mieux encore: les Emirats arabes unis affirment avoir identifié quatre nouveaux suspects dans l’enquête sur l’assassinat à Dubaï de Mahmoud Al Mabhouh. Ces quatre suspects étaient porteurs de passeports britanniques et irlandais. (...) Dubaï accuse les services secrets israéliens d’être les auteurs de l’assassinat de Mahmoud Al Mabhouh, (...) Avec les découvertes de mardi, ce sont désormais au total huit passeports britanniques et cinq irlandais qui auraient été utilisés dans l’opération.(3)
L’implication du Fatah et du...Hamas

«Le gouvernement britannique, écrit René Backmann, a manifesté sa surprise et sa mauvaise humeur devant l’emploi possible par un service secret étranger de l’identité de véritables citoyens britanniques. (...)

A Berlin, les autorités ont constaté, selon les révélations du magazine Der Spiegel, que le passeport allemand au nom de Michael Bodenheimer utilisé à Dubai par l’un des membres du commando avait été délivré le 18 juin 2009 à Cologne à un individu qui avait présenté un passeport israélien à ce nom et produit un extrait d’acte de mariage de ses parents dont la famille avait été persécutée par le régime nazi. Au minimum, fait observer un commentateur de Haaretz, cette opération, quels qu’en soient les auteurs, démontre que le Hamas peut être infiltré et frappé par les agences de renseignements étrangères. (...) On peut imaginer que sans l’approbation du Premier ministre, cette opération n’aurait pas été menée. S’agissant d’une opération qui ne pouvait connaître l’échec, on peut être surpris de voir qu’il a joué les agents 007, comme 7 erreurs.»(4)
En plus des accusations contre Israël, on s’aperçoit que beaucoup de personnes en voulaient à Al Mabhouh. Muhammad Nazzal, membre du bureau politique du Hamas, a accusé Mohammad Dahlan d’être impliqué dans l’assassinat de Mahmoud al Mabhouh, le mois dernier à Dubaï.

Dans une déclaration à al Jazeera.net jeudi dernier, Nazzal a révélé que les deux Palestiniens accusés d’avoir fourni un soutien logistique à l’équipe chargée de l’assassinat, étaient Ahmad Hasanin, ancien membre des services secrets palestiniens (mukhabarat), et Anwar Shuhaiber, ancien officier de la «sécurité préventive» palestinienne. (...) Nazzal a expliqué que Dahlan avait demandé aux autorités de Dubaï de les libérer, mais qu’elles ont refusé.(5)
Les dirigeants du Hamas ont affirmé que les déclarations de la police de Dubaï, qui accusent des Palestiniens dont un officier de l’Autorité palestinienne, à Ramallah, de leur l’implication dans le crime d’assassinat contre le leader al-Mabhouh, prouvent que les coopérations sécuritaires avec l’ennemi occupant ont dépassé toutes les limites. (...)

Le Hamas a exprimé ses forts regrets envers l’implication des services sécuritaires de l’Autorité palestinienne dans le crime d’assassinat perpétré par le Mossad sioniste contre al Mabhouh, en appelant l’Autorité à déterminer sa position envers ce crime très flagrant. Notons que la police de Dubaï a dévoilé lundi 22 février, les assassins et leurs identités, en arrêtant 2 Palestiniens dont un officier militaire de l’Autorité palestinienne à Ramallah.(6)
De même, il semble que le Hamas soit lui-même impliqué!

Un haut responsable du Hamas a été arrêté, portant à trois le nombre de Palestiniens soupçonnés d’être impliqués dans l’assassinat, à Dubaï, d’un responsable de l’organisation, a affirmé jeudi 18 février un responsable des services de sécurité de l’Autorité palestinienne. «Nous avons des informations étayées selon lesquelles Nehru Massoud, un responsable de haut rang en Syrie des brigades Al Qassam (la branche armée du Hamas), a été arrêté dans le cadre de l’assassinat de Mahmoud Al Mabhouh», a-t-il déclaré.(7)
Cela confirme l’information du journal Al Bayane: l’un des deux suspects palestiniens était un officier des services de sécurité de la bande de Ghaza, qui était lié à Israël.

Le suspect, qui avait le rang de commandant, a fui la bande de Ghaza après la découverte par le Hamas de «ses liens avec les services de renseignement israéliens». Il a rencontré un membre du commando et l’a aidé à identifier Mabhouh.

Le second Palestinien vivait dans le Golfe et connaissait le premier suspect. Les deux suspects s’étaient enfuis en Jordanie après l’assassinat de Mabhouh et avaient été extradés par la Jordanie ces derniers jours. Si le Mossad est effectivement derrière l’opération de Dubaï, ce ne sera pas la première fois, il s’en faut, que ses agents utilisent des passeports étrangers. En 1997, plusieurs de ses agents étaient entrés en Jordanie, en présentant des passeports canadiens, pour tenter d’assassiner un autre responsable du Hamas, le chef du mouvement à l’extérieur, Khaled Meshal. Après avoir injecté, en pleine rue, un poison au dirigeant islamiste, les deux «tueurs» avaient été arrêtés et remis aux services de sécurité jordaniens.

Le roi Hussein avait exigé et obtenu de Benjamin Netanyahu la fourniture de l’antidote permettant de sauver Meshal. Il avait dût accepter, en outre, de libérer le fondateur du Hamas cheikh Ahmed Yassine et 80 prisonniers jordaniens et palestiniens détenus en Israël. Dans un récent passé, le Mossad a déjà mené des opérations spectaculaires d’assassinat ciblés de terroristes à l’étranger.

La plus spectaculaire est décrite par Ehud Barak lui-même dans le film de Lanzmann Tsahal: celle à Tunis en avril 88 contre Abou Jihad, bras droit de Arafat (il est déguisé en femme, avec une équipe de 5 personnes débarquant en canot sur une plage de Tunis, pénétrant de force dans l’enclos terroriste, et repartant après moins d’une heure sur place, la mission accomplie

L’autre est celle, fin 95 à Malte, contre le chef du Djihad islamique Chakaki.

D’autres «affaires» ont été attribuées, à tort ou à raison, à Israël, comme l’élimination de Imad Mughniyeh, celle du lien syrien entre le Hezbollah et l’Iran, Mohammed Souleimane sur une plage de Tartous, ou encore la destruction du réacteur nucléaire de Dar Ez-Zour au nord de la Syrie, requérant la coordination de forces militaires et du renseignement infiniment plus complexes qu’un simple séjour à Dubaï. Arafat aussi, dit-on, a été assassiné par empoisonnement. Selon des aveux faits par Ariel Sharon à Uri Dan, son ami et confident, Ariel Sharon: An Intimate Portrait par Uri Dan, Palgrave Macmillan (2006).
Mark Heller, chercheur à l’Institut d’études sur la sécurité nationale, à Tel Aviv, mettant sa neutralité scientifique dans sa poche, absout Israël. Nous résumons l’essentiel de son intervention: (..) S’il est certain que le Mossad avait de bonnes raisons de vouloir la mort de Mabhouh, on peut dire la même chose pour d’autres services de renseignements, notamment arabes, ainsi que pour le Fatah.. (...)

De ce point de vue, on peut dire qu’il y a eu à Dubaï une forme de déficience. La mort d’Al Mabhouh devait apparaître comme naturelle. (...) Le bilan est donc mitigé. La cible a été éliminée, les agents ont pu s’échapper, mais la réalisation n’est pas parfaite.

Al Mabhouh n’était pas Mère Teresa. Personne ne pleure sa mort en Europe.
Que le détournement de passeports étrangers suscite de la colère, c’est compréhensible. Les diplomates et les ministres des Affaires étrangères - qui ne sont pas forcément mis dans le secret de ces opérations- devront peut-être prendre une ou deux mesures bénignes, pour apaiser les médias.[soulignés par nous] Mais rien de grave. La communication entre le Mossad et les services secrets britanniques est bonne. Entre professionnels du renseignement, on se comprend.
Les assassinats, une pratique courante

(...) Je veux croire que dans le processus de décision, le paramètre risque a été jugé tolérable. En matière de sécurité, il n’y a pas de décision sans incertitude. (...) Je connais ce point de vue qui consiste à dire que le mort sera vite remplacé, comme dans le cas de Yehyah Ayash (un artificier du Hamas, assassiné en 1995, au moyen d’un téléphone piégé).

Quand un haut responsable est éliminé, c’est toute son organisation qui est déstabilisée. Tout le temps consacré à sa réorganisation ne sera pas utilisé pour le terrorisme. (...) Face à des acteurs non étatiques, qui échappent à tout système légal et qui veulent vous tuer, il y a deux options. Soit vous ne faites rien. Soit vous agissez et vous les tuez avant qu’ils ne vous tuent. De ce point de vue, la liquidation est parfaitement légale.(8)
Cet entretien est un mélange de cynisme; Mark Keller persiste et signe Israël est dans son bon droit, les Occidentaux râleront mais ils ne feront rien. Il n’y a pas de morale. «Tu ne tueras point» ne semble pas embarrasser l’armée la plus morale du monde. La liquidation est parfaitement légale. Quel autre pays dans le monde se permet d’agir de cette manière sans provoquer la moindre vague? Dante écrit dans
la Comedia dell’arte que: «Les places les plus chaudes en enfer sont réservées à ceux qui, lors des grandes crises morales, maintiennent leur neutralité.» En l’occurrence, les larmes de crocodile et les protestations de l’Occident ne feront que conforter Israël dans son arrogance et dans sa certitude de l’impunité. A quand, alors, l’avènement de personnes de la trempe d’Yitzhac Rabin, d’Uri Averny du mouvement «La paix maintenant» et de tant d’autres? Ils ont longtemps combattu les Palestiniens mais ont conclu, à la fin, à la nécessité de la paix et de la nécessité d’avoir un Etat voisin viable. Rabin disait: «La Bible n’est pas un cadastre.» Assurément, cette violence sans fin appellera une autre violence et la politique du pire a toujours été la pire des politiques.

1.Israel envoy ’must explain’ assassination claims´´- The Independent 17 février 2010
2. Lieberman ironise sur l’assassinat de Dubaï. Nouvel Obs. 22 02 2010
3.Assassinat de Mahmoud Al-Mabhouh: de nouveaux suspects. Le Monde.fr 23.02.10
4.René Backmann: Dubaïgate: Israël ne reconnaît rien. Nouvel Obs. 21.02.2010
5.Ezzedeen AlQassam Brigades Dahlan impliqué dans l’assassinat. Palestine 21-02-2010
6. Hamas: l’implication de l’autorité est très dangereuse. Site palestine-info.cc16/02/2010
7.Affaire Al Mabhouh: un troisième Palestinien arrêté (Guysen.International.News)
8.Mark Heller «Il y a eu à Dubaï une forme de déficience» L’Express 19/02/2010.

Pr Chems Eddine Chitour

Chems Eddine Chitour, Ecole nationale polytechnique, enp-edu.dz

25 février

Source : L'Expression
http://www.lexpressiondz.com/...



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