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13/03/2010

n° 60 - Journal des Guerres de l'Otan - 17-02 au 12-03 :- Suite :- : « Ce n’est pas la Russie qui menace l’Otan, c’est l’Otan qui défie la Russie

n° 60 - Journal des Guerres de l'Otan - 17-02 au 12-03 :- Suite   :- : « Ce n’est pas la Russie qui menace l’Otan, c’est l’Otan qui défie la Russie



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal des Guerres de l'Otan.

n° 60               17-02 au 12-03

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

5-1 Eva R-sistons : La complicité des médias dans la promotion de la guerre.

6 Brèves

6-1 Conférence de Munich sur la sécurité.

6-2  George Robertson – « La Russie de plus en plus proche de l'adhésion ».

6-3 Désarmement nucléaire: le nouveau traité russo-américain "finalisé à 97%"

6-4 ABM US en Bulgarie: Moscou attend des explications

6-5 ABM: une participation bulgare ne vise pas la Russie.

6-6 ABM US en Roumanie: les négociations sont bilatérales.

6-7 Ukraine-OTAN: le président entérine un programme de préparation à l'adhésion

6-8 La Transnistrie veut rétablir le contingent de paix russe

7  Dossiers

7-1 G.Le Hardi : Il faut dissoudre l'OTAN

7-2 Guneev : L'Otan n'attaquera jamais la Russie.

7-3 La Russie dans l’OTAN: une position allemande et révélatrice.

7-4 Vadim Kamenka : « Ce n’est pas la Russie qui menace l’Otan, c’est l’Otan qui défie la Russie ». .


 


Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

5-1 Eva R-sistons : La complicité des médias dans la promotion de la guerre.

Les peuples aspirent à la paix.

Mais l'oligarchie qui s'est octroyée le droit de vie et surtout de mort sur les citoyens du monde entier, programme les guerres qui lui permettront de réaliser de juteux profits. De nombreux élus, à tous les niveaux, sont les alliés objectifs de ces politiques relayées par les médias. Ces derniers sont d'ailleurs, en France, aux mains des industriels de l'armement, et ils font, ouvertement ou indirectement, l'apologie de la guerre. (2).

La guerre est même présentée comme un moyen de promotion des femmes : En remplaçant les hommes au front, elles pourraient acquérir un meilleur statut; d'ailleurs, si elles "s'arrêtaient de travailler pendant plus de vingt ans, les guerres s'arrêteraient" (3). En outre, les guerres, comme celle de l'Afghanistan, permettraient d'améliorer le sort des femmes.

Inutile de proposer une émission sur la paix : lorsque j'étais journaliste pour une grande chaîne de télévision française, une seule de mes émissions a été censurée, celle où j'avais interviewé la présidente de l'Association internationale des Femmes pour la Paix. Laura Ingraham, star de la “talk radio” d'ultra-droite.

 On ne dira jamais assez à quel point le rôle des médias est déterminant dans la mise en œuvre des politiques élaborées en haut lieu; les journalistes deviennent les complices de la mise à mort programmée de pans entiers de populations ! (4)

Des signaux inquiétants

Le 22-23 mai 2003, le Congrès américain a en quelque sorte «légalisé» l'emploi de la bombe nucléaire à des fins militaires. Celle-ci serait considérée au même titre que les autres bombes, ni plus ni moins dangereuse (5).

En janvier 2008, cinq anciens généraux de l'OTAN ont ouvertement prôné l'utilisation du nucléaire dans les guerres futures, même préventives: « La nouvelle est passée jusque là relativement inaperçue : cinq anciens généraux de l'Otan, et pas des moindres, ont rédigé un manifeste pour une nouvelle organisation du traité de l'Atlantique Nord, qui prévoit, selon le Guardian, que " l'Occident doit être en mesure de déclencher une attaque préventive pour contrecarrer la menace imminente d'une diffusion d'armes nucléaires ou de destruction massive. » (6) . Il est vrai que le nucléaire tue plus radicalement, à grande échelle - une aubaine pour les partisans de la dépopulation, sans doute. Derrière leurs écrans, bien à l'abri (7), des hommes sèment mort et désolation sur la terre; et en coulisses, les industriels de la Reconstruction se frottent les mains, les barons du pétrole aussi.

Et comme l'horreur est banalisée, on ne se gêne plus, aujourd'hui, pour faire la promotion des guerres préventives, permanentes, totales et bien sûr nucléaires. Ceux qui ont le pouvoir jouent avec la vie des citoyens comme nos jeunes jouent virtuellement à la guerre: en tuant le plus possible. Si on regarde des vidéos sur la guerre d'Irak, on peut y apprendre que les soldats américains avaient une prime pour chaque Irakien tué. Joli monde... et qui ose se dire démocratique, moral, défenseur de la Liberté, du Bien, sans parler de ceux qui se réclament de Dieu pour prôner le choc de civilisations et anéantir une partie de la population qui déplaît. Guerre du Bien contre le Mal, bras armé de Dieu pour libérer le monde et amener par la guerre la paix sur terre, on connaît les refrains de Bush (8) ! Ce qu'on commence à découvrir, c'est que le président Obama les a repris à son compte, dans les faits (9), mais sans le claironner.

Le voici partant à la conquête du monde (10) pour la « glorieuse Amérique », l'Irak, l'Afghanistan, le Pakistan... tout en s'intéressant à Haïti, au Honduras, à l'Iran - pour commencer.

Il est inquiétant, aussi, de voir trois Prix Nobel de la Paix (Wiesel, Peres, Obama) envisager la guerre contre l'Iran ou réclamer son « désarmement nucléaire ». Une guerre qui risque d'enflammer la planète et prendre des dimensions titanesques ! D'autant plus que les États-Unis semblent dorénavant menacer la Chine (11).

Bientôt la troisième guerre mondiale ?

La troisième guerre mondiale est-elle pour bientôt ? Certains, comme Pascal Boniface, parlent de quatrième guerre mondiale, la troisième ayant été, selon eux, "la guerre froide". Trop froide, sans doute, parce qu'on la veut chaude, aujourd'hui, bien chaude et même brûlante... avec des armes laissant des séquelles irréversibles sur l'environnement et sur les générations futures. Les Vietnamiens ou les Palestiniens (12) sont bien placés pour en parler... et même les vétérans de tous les conflits ! Vous avez dit la « der des ders » ?

L'atmosphère est propice à une nouvelle guerre mondiale. Les maîtres mots, aujourd'hui, sont "compétition", "guerre économique", "guerre préventive", "colonisation", "mondialisation”... , et puis on fabrique des armes à l'infini, toujours plus sophistiquées et qui sont évidemment appelées à servir (13) , les discours belliqueux se multiplient, précédant souvent les opérations elles-mêmes (14), certains pays comme le Canada opèrent un tournant militariste (15), des navires russes sillonnent les mers des Caraïbes (16), et l'OTAN fait peser de graves menaces sur le monde (17).

Pour compléter ce tableau peu rassurant, on peut se demander si la création de l'Union européenne est un gage de paix, ou de guerres futures, en s'enrôlant sous la bannière de l'OTAN (18).

Aux mains d'irresponsables, le monde est dangereux.. En coulisses, ou ouvertement, ils poussent à la guerre : les néoconservateurs chrétiens extrémistes font clairement l'apologie de l'hégémonie étasunienne hors des frontières, les ultra-sionistes aspirent à la guerre mondiale pour que triomphe enfin le peuple élu, et les Islamistes fanatiques soufflent sur les braises judéo-chrétiennes...

La guerre est inscrite dans la logique du capitalisme

Alors, guerre, ou pas ? Quoiqu'on en dise, elle est plus que probable. Pour prospérer, le capitalisme a besoin de victimes, pauvres prêts à travailler pour une obole, ou jeunes appelés à "mourir pour la Patrie". Or, quand il est en crise, pour redémarrer, pour gonfler ses profits, le Système imposé aux peuples a besoin de conflits. Et aux États-Unis, pays capitaliste par excellence, l'industrie militaire est la plus florissante. Quel paradoxe pour ceux qui revendiquent si fort leur appartenance chrétienne "évangélique" !

Certains sont persuadés que les États, en grande difficulté financière, ne sont pas prêts à partir en guerre. Tous les faits nous indiquent le contraire. C'est parce que le capitalisme est en faillite, c'est parce qu'il s'effondre, qu'il a besoin, comme après 1929, d'une conflagration majeure pour redémarrer... Et puis, le désespoir incite à l'irrationnel. La City et Wall Street sont aux abois, et les anglo-Saxons ne veulent pas perdre leur leadership au profit de pays plus dynamiques comme la Chine, surtout si celle-ci est liée à des pays comme la Russie, le Venezuela ou l'Iran, grands producteurs de pétrole. Enfin, les nations de l'Eurasie sont considérées comme des territoires riches en ressources essentielles pour l'avenir.

Tout indique que les cartels internationaux, les banquiers, le Bilderberg... veulent provoquer une troisième guerre mondiale qui sera, n'en doutons point, nucléaire ! 

L'Iran est menacé par les puissances occidentales qui prétendent la dissuader de développer l'énergie nucléaire; il est encerclé par ces puissances hostiles.

Vous le savez sans doute, les généraux étasuniens, plus raisonnables que leur Chef, ont retenu le bras de Bush lorsqu'il brûlait d'en découdre avec l'Iran. Et les mois ont passé. Certes, l'Iran ne se laissera pas attaquer comme l'Irak, en ripostant pour la forme; il dispose d'un armement dissuasif, et d'une flotte impressionnante, stationnée dans un détroit stratégiquement important. Les essais de déstabilisation économique ou politique n'ont guère ébranlé sa légitime détermination à préserver sa souveraineté. Il semblerait aussi que la Chine soit décidée à protéger ses intérêts dans la région, et les États-Unis ne peuvent se permettre de mécontenter le pays qui le maintient sous perfusion. Sans l'aide de la Chine, sans ses prêts, l'économie étasunienne, en effet, s'effondrerait. Un pays lourdement endetté n'est pas aussi libre qu'il le voudrait.

Reste l'inconnue israélienne: les récentes déclarations de Shimon Peres au Bundestag («L'Iran est un danger pour le monde.») (19) ne présagent rien de bon, l'Allemagne de Mme Merckel n'a jamais été aussi proche d'Israël, et l'équipe de néoconservateurs français, de Sarkozy à Kouchner en passant par Morin, brûle de passer à l'attaque. Obama, sitôt son prix Nobel de la Paix reçu, a entrepris de le défendre en multipliant les guerres, Peres est prêt à tout, et un autre prix Nobel de la Paix israélien, Elie Wiesel, tient des discours que les bushistes ne renieraient pas. La France de Sarkozy, contrairement à celle de Chirac, pousse à la guerre: « La France et les États-Unis veulent "travailler" au sein du Conseil de sécurité de l'ONU à de nouvelles sanctions contre l'Iran sur son programme nucléaire», a déclaré à la presse le ministre français de la Défense, Hervé Morin, au côté de son homologue américain, Robert Gates. «Nous avons évoqué l'Iran (...) Notre convergence de vues est totale», a déclaré le ministre français après des discussions avec le chef du Pentagone. Il n'y a « pas d'autre choix que de travailler à d'autres mesures » au sein du Conseil de sécurité de l'ONU, a ajouté Hervé Morin (20).

Cela conduira-il à la guerre ? Deux facteurs semblent prépondérants: la crise du capitalisme, synonyme de besoin d'élans nouveaux, de quête de nouvelles sources de profit, et le caractère imprévisible d'Israël, pays d'ailleurs gouverné par des extrémistes. Outre le désir de domination de la région et le besoin de sécurité, un mobile important d'Israël, pas forcément avoué, serait-il la peur ? Or la peur pousse à l'irrationnel...

Sans doute l'apocalypse est-elle déjà en marche... Si elle ne se produit pas, nous pourrons être surpris. L'Histoire nous a trop souvent enseigné, malheureusement, que les puissances sont prêtes à tout pour augmenter leur pouvoir. Les irresponsables sont toujours aux commandes, et la crise va bientôt rebondir. Et plus on nous parlera d'identité nationale, de choc de civilisations, plus la confrontation sera, sans doute, inévitable !(21)

Quant à nous, nos meilleures armes devraient être la prévoyance, la solidarité et la créativité... et la dénonciation permanente des mensonges médiatiques !

  Notes

(1) Le correspondant de Washington du journal «Die Welt» fit acte d’agitation guerrière le 25 janvier: les prises de position actuelles du gouvernement allemand en ce qui concerne l’Afghanistan et l’Iran sont «l’expression d’une préparation psychologique pour un conflit probablement majeur dans le Golfe persique, dont l’Allemagne ne peut pas se tenir à l’écart du fait de son histoire». L’article se répand dans un scénario de guerre et conclut: «Angela Merkel prépare l’Alle magne à une défense commune avec Israël.»

http://www.alterinfo.net/Agitation-guerriere-et-politique-secrete-Qu-ont-convenu-a-Berlin-les-gouvernements-allemand-et-israelien_a42431.html 

(2) http://anti-fr2-cdsl-air-etc.over-blog.com/article-25474704.html  - Marie Drucker sur France 3, mercredi 3 décembre 2008, avec son "Prêts à mourir pour la France ?", "retour sur la France des héros" http://anti-fr2-cdsl-air-etc.over-blog.com/ext/http://r-sistons.over-blog.com/article-25362305.html 

(3) http://anti-fr2-cdsl-air-etc.over-blog.com/ext/http://r-sistons.over-blog.com/article-25426833.html

(4) Les cinq règles de la propagande de guerre, http://anti-fr2-cdsl-air-etc.over-blog.com/article-33565761.html  - Propagande de guerre, propagande de paix : http://anti-fr2-cdsl-air-etc.over-blog.com/article-23413830.html 

(5) http://sos-crise.over-blog.com/article-etats-unis-sur-le-chemin-de-la-guerre-nucleaire-globale-44793585.html  (Les États-Unis sur le chemin de la guerre nucléaire)

(6) Otan : Cinq généraux veulent des frappes nucléaires préventives. http://www.rue89.com/2008/01/26/otan-cinq-generaux-veulent-des-frappes-nucleaires-preventives . Le but : empêcher l'usage d'armes de destruction massive. Ce quinquet de « sages » propose donc tout bonnement que les États-Unis, la Grande-Bretagne ou la France ( » l'Occident » nucléaire, donc) puisse atomiser un pays non plus pour répondre à une attaque nucléaire, ni même pour » préempter » une telle attaque qui serait imminente, mais simplement pour empêcher un pays d'utiliser des armes nucléaires, chimiques ou bactériologiques. Avec une telle doctrine, les États-Unis auraient été en droit de rejouer Hiroshima à Bagdad en 2003, où à Pyongyang en 2006 ? Et même, pourquoi pas, à Téhéran en 2007 ? Une doctrine rejetée pendant la guerre froide. Selon nos cinq généraux, relève Le Monde, l' » emploi en premier' » de la bombe est légitime, puisqu'il aurait servi de fondement à la planification nucléaire de l'Otan pendant la guerre froide.

(7) http://bridge.over-blog.org/article-la-drone-de-guerre--43951158-comments.html#c 

(8) Assurément, le président américain, judéo-chrétien fondamentaliste, qui cherche à remettre chaque peuple à sa place selon l’ordre divin, ne peut trouver meilleure source d’inspiration que la lecture du Livre d’Isaïe ! Sa politique atteint au sublime. Il est le bras armé de Dieu, le messie et le berger qui protège tout à la fois le vieux peuple élu et le nouvel Israël... http://www.chemins-cathares.eu/020113_georges_bush_messie_dieu.php 

(9) Document d'Arte, les Hommes de la Maison Blanche, 2000. Il montre que la politique, d'un Président à l'autre, varie peu... "C'est un retour à la loi du plus fort de l'Allemagne nazie menant à la guerre préventive, unilatérale, sans menace, un retour aux règles existant avant la 2e guerre mondiale" (Roger Normand)

(10) Pour ceux pour lesquels cela semblait impossible il ya un an, cela se produit : la politique étrangère d’Obama est plus agressive et dangereuse pour l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine qu’elle de George Bush. Mais cette réalité n’a pas encore été devenue évidente à la grande majorité, influencé par la campagne mondiale qui présente le président américain comme un homme politique progressiste et défenseur de la paix. http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-la-politique-de-l-administration-obama-menace-l-humanite-44499490.html 

(11) La possibilité d’une nouvelle guerre américaine a augmenté la semaine dernière lorsque l’administration Obama a sévèrement critiqué à la fois la Chine et l’Iran. Le premier acte d’agression a été lancé par la Secrétaire d’État, Hillary Clinton, qui a « averti » la Chine qu’elle devait soutenir des sanctions économiques drastiques contre l’Iran (ce qui constituerait un acte de guerre). 8 février 2010, http://www.michelcollon.info/index.php?option=com_content&view=article&id=2541:une-autre-guerre-americaine-obama-menace-la-chine-et-liran&catid=6:articles&Itemid=11 

(12) http://r-sistons.over-blog.com/article-tandis-que-le-crif-festoie-a-gaza-les-meres-accouchent-d-enfants-malformes-44238621.html 

(13) Les observateurs ont également réitéré que les USA ont été le plus grand exportateur d’armes sur les deux dernières décennies, avec la plupart de ses clients situés dans le Moyen-Orient et dans la région du Golfe Persique. Ils ont ajouté que les États-Unis se sont servis de l'Iran comme d’une sorte d’« épouvantail» pour mettre sur le marché et vendre ses armes dans la région http://www.alterinfo.net/Petraeus-une-attaque-contre-l-Iran-pourrait-provoquer-l-effet-inverse-escompte_a42259.html 

(14) "Mais ses stratèges militaires (d'Israël) sont plus malins et imprévisibles que jamais. Les récents discours en provenance d’Israël suggèrent qu’une future guerre au Liban ciblera aussi très probablement la Syrie. Bien que cela ne signifie pas nécessairement qu’Israël ait réellement l’intention de prendre pour cible l’un ou l’autre de ces pays dans un avenir proche, il s’agit certainement du type de langage qui souvent précède des opérations militaires israéliennes.". http://www.alterinfo.net/La-guerre-qui-vient_a42314.html 

(15) http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=10666  Les vrais enjeux de l'intervention canadienne en Afghanistan  

(16) http://contreinfo.info/rubrique.php3?id_rubrique=42 

(17) http://chiron.over-blog.org/article-otan-une-menace-assez-serieuse-pour-la-russie-patrouchev-44607354.html , et http://fonzibrain.wordpress.com/2010/02/08/doctrine-militaire-moscou-craint-avant-tout-lotan/  : Le président russe Dmitri Medvedev a validé hier une nouvelle doctrine militaire qui place l’OTAN en tête des menaces pesant sur la sécurité de la Russie. Le texte de la doctrine, publié sur le site du Kremlin, place au premier rang des «principaux dangers militaires extérieurs» le fait que l’OTAN cherche à «mondialiser ses fonctions, en violation des normes du droit international». Le document dénonce aussi le rapprochement des frontières russes «de l’infrastructure militaire des pays membres de l’OTAN, notamment par la voie de l’élargissement du bloc».. Et aussi : http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-la-doctrine-imperiale-des-etats-unis-en-europe-44509161.html : Hillary a réitéré vouloir préserver l'efficacité de l'article 5 du traité de l'OTAN : « une attaque contre l'un est une attaque contre tous ». (..) Répondant à un intervenant (le général Perruche), elle a estimé ainsi qu'une « coopération étroite et plus complémentaire entre l'UE et l'OTAN est dans tous nos intérêts pour essayer de forger des politiques communes : le politique, économique, développement et juridique du coté de l'UE, et principalement la sécurité du coté de l'OTAN ».

(18) "...une identité commune ne semble pouvoir se forger que dans le fer, le feu et le sang, que dans l’opposition à l’autre. Bientôt la gentille Union européenne qui nous rend si forts passera des appels d’offre pour chercher le meilleur ennemi commun : le Russe ? Ennuyeux, ils ont des armes atomiques, ça pourrait mal tourner. Le chinois ? Pareil mais en pire, et en plus pour le moment le Chinois tient la tutelle américaine entre ses mains, à travers un gros matelas de t-bonds. L’Arabe et le musulman ? Parfait !http://www.alterinfo.net/Il-nous-faudrait-une-bonne-guerre-pour-construire-l-Europe-La-lettre-volee_a42306.html 

(19) http://www.alterinfo.net/Perez-L-Iran-cherche-a-prendre-le-controle-du-Moyen-Orient_a41922.htmlhttp://www.alterinfo.net/Netanyahu-et-Merkel-se-reunissent-pour-discuter-de-l-Iran_a41567.html 

(20) http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/proche_moyenorient/20100208.OBS6186/liran_cherche_a_gagner_du_temps_estime_kouchner.html  

(21) http://r-sistons.over-blog.com/article-debat-identite-nationale-choc-de-civilisations-guerre-mondiale-tout-est-lie-44305429.html 

Eva R-sistons

Mondialisation.ca, Le 17 février

 

Eva R-sistons, pseudo. Carrière de journaliste (0RTF entre autres) et d'écrivain, auteur d'ouvrages édités par des Maisons comme Hachette. Lauréate de l'Académie française. Administratrice de R-sistons à l'intolérable, http://r-sistons.over-Mondialisation.ca, Le 17 février blog.com.http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=R-S20100216&articleId=17642



6 Brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

6-1 Conférence de Munich sur la sécurité.

La 46° conférence sur la Sécurité s’est tenue à Munich du 5 au 7 Février. Peu commentée par les médias grand public, elle est un forum très suivi par les principaux gouvernements de la planète qui s’y retrouvent chaque année pour échanger, à la tribune et dans les coulisses, des points de vue sur les principales questions militaires et stratégiques de l’heure. Elle mérite à ce titre un examen attentif. Outre la nouveauté de la présence chinoise - voir document ci-après – sont à relever :

1 – le discours du nouveau ministre allemand des Affaires étrangères et Vice-chancelier GUIDO WESTERWELLE.

Il est un des représentants du Parti libéral (FDP) dans la nouvelle coalition au pouvoir à Berlin. Le FDP, nouvel allié des démocrates chrétiens (CDU/CSU) a pris la place des sociaux démocrates (SPD) et le changement de ton en matière de politique étrangère est notable. GUIDO WESTERWELLE a annoncé que « l’objectif à long terme était la création d’une armée européenne » et que le Traité de Lisbonne ouvrait la voie à cette création. Cette prise de position ne doit pas être mal interprétée. Dés le début de son intervention GUIDO WESTERWELLE a souligné que l’OTAN était un des piliers de l’Allemagne contemporaine (occultant ainsi toute la période 1947-1989)  et que l’Union Européenne et l’OTAN avaient des valeurs communes. Il s’est ainsi montré fidèle à la ligne du FDP qui a été et reste le parti allemand le plus atlantiste et le plus pro-étasunien. Il s’agit donc d’une volonté de renforcer la puissance militaire de l’alliance atlantique en augmentant la contribution européenne.  Rien ne convient mieux à la politique de l’administration OBAMA qui considère que les moyens des Etats-Unis ne sont pas à la hauteur de leurs ambitions de domination mondiale à spectre large (full spectrum dominance) et font pression sur leurs alliés européens pour qu’ils augmentent leur contribution à ce projet. GUIDO WESTERWELLE a répondu « présent ».

Au fil des jours et des lectures

n°59

15 Février 2010


6-2  George Robertson – « La Russie de plus en plus proche de l'adhésion ».

La Russie se rapproche de plus en plus de l’adhésion à l’Otan, de sorte qu’aujourd’hui une telle perspective est même plus réelle qu’il y a dix ans, a déclaré George Robertson, ancien secrétaire général de l’Alliance, dans une interview que le quotidien russe Kommersant a publiée jeudi.

"A l’étape actuelle, la Russie et l’Otan sont des alliés et dans un avenir très proche, la Russie adhérera inévitablement à l’Alliance si celle-ci ne cesse de s’élargir", a estimé M. Robertson.

A ce jour, l’Otan compte 28 membres, alors que le Monténégro, la Bosnie, la Serbie et la Moldavie se proposent d’adhérer à l’alliance.

Selon M. Robertson, l’Otan ne sera plus une alliance militaire, mais se transformera plutôt en groupement politique, en organisation de sécurité d’un type nouveau, et la Russie sera alors inévitablement impliquée dans ces processus communs à toute l’Europe.

Par ailleurs, l’ex-secrétaire général de l’Otan a constaté une amélioration dans les relations russo-américaines après l’élection de Barack Obama président des Etats-Unis.

"Tant les Russes que les Américains souhaitent sincèrement d’oublier toutes leurs divergences de l’époque de la "guerre froide", a-t-il indiqué.

La Russie et l’Otan sont confrontées aux mêmes menaces, qu’il s’agisse du terrorisme international, du crime organisé, de l’extrémisme religieux ou de la prolifération des armes de destruction massives (ADM).

Parmi les problèmes dont le règlement doit unir la Russie et l’Otan, M. Robertson a retenu la situation en Afghanistan. Il a relevé qu’il est aussi dans l’intérêt de la Russie que les Talibans et Al-Qaïda ne se redressent pas, sinon on pourra s’attendre à nouveaux conflits dans le Caucase.

Grigoriy Sisoev

RIA Novosti-

19 février 2010

http://nawaaye-afghanistan.net/spip.php?article11036


6-3 Désarmement nucléaire: le nouveau traité russo-américain "finalisé à 97%"

L'accord est finalisé à 97% par les parties, il reste des questions techniques qui vont être résolues très prochainement", a déclaré le général Makarov, cité par les agences russes.
Selon lui, l'accord devrait établir un lien "entre START et le bouclier antimissile" américain en Europe.
"Les derniers événements en Europe de l'Est ont une certaine influence sur les négociations. D'une manière ou d'une autre, cela se reflètera dans le nouvel accord", selon la même source.
La Bulgarie et
la Roumanie se sont dites prêtes à accueillir sur leur territoires des éléments du bouclier antimissile américain.
Le bouclier antimissile est depuis longtemps un motif de discorde entre Moscou et Washington, mais il avait été relégué au second plan en septembre, après que l'administration de Barack Obama a revu le projet en Pologne et République Tchèque au profit d'un dispositif de défense contre les missiles de courte et moyenne portée.
La Maison Blanche a affirmé le 9 février que les différends entre Moscou et Washington sur le bouclier en Europe ne bloquaient pas l'accord de désarmement nucléaire START.
Le traité de désarmement sur lequel les délégations russe et américaine négocient depuis plus de six mois à Genève doit prendre le relais de START 1, conclu en 1991 et arrivé à échéance le 5 décembre 2009.
Les présidents russe Dmitri Medvedev et américain Barack Obama avaient défini en juillet l'objectif de ramener le nombre des têtes nucléaires dans une fourchette de 1.500 à 1.675 pour chacun des ex-ennemis de la guerre froide et le nombre de vecteurs capables de les transporter entre 500 et 1.100.

17/02

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=124984&language=fr


6-4 ABM US en Bulgarie: Moscou attend des explications

Moscou espère obtenir des explications relatives au déploiement éventuel d'éléments du bouclier antimissile US en Bulgarie, a annoncé le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov en visite au Guatemala.
"Entre nos pays (Russie et Etats-Unis, ndlr) il existe un accord sur la transparence, mais nous apprenons par les médias que tel ou tel élément du bouclier antimissile US sera déployé dans tel ou tel pays. Nous voudrions savoir où est la conformité à cet accord? Nous espérons recevoir des éclaircissements sur cette question", a indiqué le ministre russe.   
Vendredi 12 février, le premier ministre bulgare Boïko Borisov, a fait savoir que Washington mènerait des négociations avec Sofia au sujet du déploiement sur le territoire de
la Bulgarie de ces éléments. Cette déclaration a suivi celle du président roumain Traian Basescu, le 4 février, sur la disposition de Bucarest à accueillir des missiles intercepteurs américains, précisant que ces missiles visent à contrer une "éventuelle menace iranienne".

16 février –
RIA Novosti 

6-5 ABM: une participation bulgare ne vise pas la Russie.

La Bulgarie ne mène pas de négociations concrètes au sujet d'un déploiement éventuel sur son sol d'éléments du bouclier antimissile américain (ABM), mais même si elle en héberge cela ne sera guère dirigé contre la Russie, a affirmé mercredi Nikolaï Mladenov, chef de la diplomatie bulgare. 

"Ce bouclier n'est pas dirigé contre une menace venant de Russie. Au contraire, cette menace qui existe pour nous, existe aussi pour nos amis russes", a déclaré le ministre dans une interview à la chaîne de télévision bulgare bTV.

Et d'ajouter que la Bulgarie ne faisait que participer aux entretiens dans le cadre de l'Otan sur la conception de ce bouclier antimissile

17 février - RIA Novosti


6-6 ABM US en Roumanie: les négociations sont bilatérales.
[Pour rappel, «selon M. Basescu, ce bouclier s'inscrit dans le principe de l'"indivisibilité de la sécurité" des pays membres de l'Otan» ] 

L'OTAN ne participe pas aux négociations entre les Etats-Unis et la Roumanie sur la mise en place du système global antimissile US, a annoncé à RIA Novosti vendredi un fonctionnaire de l'OTAN ayant requis l'anonymat.

"Les négociations engagent deux parties, l'OTAN n'y intervient pas", a indiqué l'interlocuteur de l'agence, soulignant que l'Alliance atlantique n'avait pas encore décidé de la création de son propre système de défense antimissile.

Selon le fonctionnaire, les Etats-Unis étaient en négociation avec les éventuels participants à leur bouclier antimissile prêts à accueillir ses éléments sur leur territoire.  

Le président Traian Basescu a annoncé jeudi la décision de la Roumanie d'accueillir sur son territoire des missiles intercepteurs de moyenne portée "qui seront opérationnels d'ici 2015".

Selon Washington, ces missiles doivent contrer une "éventuelle menace" émanant de l'Iran.

février –

RIA Novosti 


6-7 Ukraine-OTAN: le président entérine un programme de préparation à l'adhésion

Le président ukrainien sortant Viktor Iouchtchenko, qui quittera prochainement pouvoir, a entériné jeudi un programme de préparation à l'adhésion ukrainienne à l'OTAN pour 2010, rapporte le site de la présidence ukrainienne. 

"J'entérine le programme annuel national pour la préparation de l'Ukraine à l'adhésion à l'Alliance de l'Atlantique Nord. Ceci vise à lancer une nouvelle étape de coopération entre l'Ukraine et l'OTAN conformément aux décisions prises par la Commission Ukraine-OTAN le 4 avril 2008 à Bucarest et le 3 décembre 2008 à Bruxelles", lit-on dans le décret présidentiel mis en ligne sur le site de M.Iouchtchenko.

M.Iouchtchenko dont le mandat de cinq ans expirera peu après le deuxième tour de la présidentielle qui se tiendra le 7 février, a œuvré pendant sa présidence pour le rapprochement avec l'Alliance.

Les Ukrainiens, pour la plupart hostiles à l'entrée à l'OTAN, ont désavoué sa politique atlantiste au premier tour de l'élection le 17 janvier dernier, où M.Iouchtchenko a obtenu 5,45% des voix.

En décembre 2008, les chefs de diplomatie des pays membres de l'Alliance ont refusé d'intégrer la Géorgie et l'Ukraine au Plan d'action pour l'adhésion à l'OTAN (MAP) en attendant que ces pays remplissent les conditions nécessaires.

 4 février –

RIA Novosti


6-8 La Transnistrie veut rétablir le contingent de paix russe

Le président de Transnistrie, Igor Smirnov, souhaite rétablir à 2 400 soldats le contingent de paix russe dans la région indépendantiste. Selon M. Smirnov, « nous avons proposé à Moscou de rétablir les effectifs russes à 2 400 personnes et de déployer une escadrille d’hélicoptères ». Cette déclaration a été faite lors d’une conférence de presse donnée à Tiraspol.

17 février 2010

http://www.operationspaix.net/spip.php?page=chronologie&id_mot=45.



7  Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information

7-1 G.Le Hardi : Il faut dissoudre l'OTAN

Pour jeter les bases d'une nouvelle donne avec la Russie et sortir, chez les Russes comme chez nous, des réflexes hérités du passé, il faut, soit dissoudre l'OTAN, soit y faire entrer la Russie.

27 Février 

Au moment où Américains et Russes reprennent leurs négociations sur le désarmement nucléaire et à quelques semaines de la venue de Dmitri Medvedev en France, il n'est pas interdit de réfléchir un peu à l'avenir de nos relations avec la Russie.

Le Pacte de Varsovie est mort avec la chute du Mur et l'explosion de l'Empire soviétique. L'OTAN, elle, a survécu à la disparition des causes qui avaient justifié sa création, à savoir la menace globale que l'URSS  a fait durablement peser sur l'Europe, incapable d'y faire face seule. On a dit à l'époque que cette survie était due à la différence de nature entre les deux organisations. Le Pacte de Varsovie n'était que l'expression du Diktat de Moscou sur les pays  du Bloc; une fois l'emprise soviétique  disparue, des pays jusque là contraints et forcés ont mis fin à leur soumission. Rien de commun avec l'Alliance Atlantique, disait-on, alliance de peuples libres et démocratiques qui ont clairement exprimé leur volonté  de maintenir le lien qui les unit depuis 1949: les Etats-Unis parce que l'OTAN restait leur seul forum institutionnel d'influence sur l'Europe; les Européens parce qu'ils n'ont toujours pas, depuis 1991, les moyens -ni d'ailleurs la volonté- de s'émanciper de la protection américaine.

Soit. Mais plus de 20 ans après la chute du Mur, la situation a beaucoup évolué.

D'abord parce que, pendant la décennie 1990, les Occidentaux n'ont pas géré intelligemment l'affaiblissement de la Russie. Ils ont commencé par prôner l'application immédiate des vertus supposées du capitalisme libéral à un pays  sortant de 70 ans de communisme, avec les conséquences que l'on sait, entre autres la création d'oligarchies financières puissantes empêchant la constitution progressive d'un Etat de droit, démocratique et moderne, ce qui a conduit à la reprise en mains que l'on sait par Poutine.

Puis il y a eu l'élargissement de l'OTAN. Celui-ci  était certes incontournable: impossible de refuser à des peuples emprisonnés  pendant si longtemps dans le système soviétique et qui se sentaient encore menacés, de se mettre sous la protection de l'OTAN, c'est-à-dire pour eux des Etats-Unis. Mais il n'a été ni innocent, ni bien conduit vis-à-vis de la Russie.

Pas innocent parce que les Américains ont vu là (comme avec l'intervention de l'OTAN dans les Balkans à partir de 1995) un moyen de donner une nouvelle justification au maintien de l'OTAN dont le fonds de commerce risquait de disparaitre avec la fin de la guerre froide.

Pas bien conduit avec la Russie parce qu'au même moment où on affirmait que l'élargissement de l'OTAN n'était en rien dirigé contre la Russie, l'adhésion des nouveaux pays n'avait pas d'autre raison d'être, en tout cas pour eux, que de se protéger contre une possible résurgence de la menace en provenance de Moscou. Jacques Chirac a été l'un des premiers à mettre en garde contre les conséquences négatives de cette contradiction et c'est à lui qu'on doit «l'Acte Fondateur OTAN-Russie» signé à Paris en 1997. Mais cela n'a pas mis un terme à la condescendance avec laquelle la plupart des pays occidentaux (France et Allemagne exceptées) ont  continué à se comporter avec la Russie, un pays militairement, moralement, politiquement et économiquement vulnérable, qu'on pouvait donc traiter avec désinvolture.

Puis est venu le 11 septembre 2001. Beaucoup se sont dit: cette fois, c'est la bonne. Face au terrorisme islamique, la Russie et l'Occident ont des intérêts communs à défendre et vont se mettre ensemble pour gérer les grandes affaires du monde: Afghanistan, Proche-Orient, non prolifération nucléaire, lutte contre le terrorisme etc... On a failli y croire. C'était lorsque George W. Bush déclarait qu'il avait lu dans les yeux de Poutine et qu'il y avait trouvé quelqu'un de correct. C'était malheureusement trop tard. Les néo conservateurs, l'intervention en Irak et les plans de défense antimissiles ont tué toute possibilité de nouveau départ. Poutine a décidé de mettre un terme à l'humiliation de la Russie. Il a haussé le ton et a adopté une attitude arrogante et impérialiste, en utilisant la seule arme des faibles: la capacité de nuisance,  dans les Balkans, en Ukraine ou dans le Caucase, en mettant à profit, s'agissant de la Géorgie à l'été 2008, l'inconséquence du Président Saakashvili (elle-même encouragée par les néo conservateurs américains).

Résultat: malgré la volonté d'Obama de remettre les compteurs à zero (le fameux bouton «reset») avec la Russie, on n'y arrive toujours pas. Les Russes continuent de se présenter en victimes du mépris, de l'hypocrisie ou des arrière pensées des Occidentaux  mais font tout pour justifier les craintes (ou les prétextes) des nostalgiques du passé à son égard. Symétriquement, les Occidentaux  demandent l'appui des Russes sur des dossiers importants (l'Iran) et disent souhaiter une nouvelle relation avec la Russie tout en exprimant une profonde méfiance à l'égard de ses dirigeants.

Peut-on en sortir et si oui comment?

D'abord en regardant froidement les rapports de forces et la nature, divergente ou convergente des intérêts. La Russie est un pays affaibli (y compris démographiquement) qui ne constitue pas une menace véritable pour le reste du monde. Notre intérêt n'est pas de l'affaiblir davantage mais au contraire de contribuer au développement  d'une Russie moderne, démocratique, prospère, intéressée par la gestion commune des grands défis du monde (lutte contre la pauvreté, le terrorisme, le réchauffement climatique, la prolifération nucléaire etc..) et contribuant à la solution des  problèmes  et des crises (Proche-Orient, Iran, Afghanistan).

Pour cela, il est nécessaire de mettre un peu d'ordre chez nous: quand la Russie propose une nouvelle organisation de la sécurité en Europe, essayons (pas les Français qui sont les rares à être pour) de ne pas avoir le réflexe conditionné qu'a eu Hillary Clinton à Paris en déclarant qu'il ne faut pas affaiblir les institutions existantes, c'est-à-dire l'OTAN. Traduction: c'est non.

A l'inverse, quand Obama propose un système de défense antimissiles qui a pour objectif clair de se prémunir contre une attaque iranienne, Les dirigeants russes pourraient faire un petit effort. Idem à propos de l'Iran ou les Russes ont trop donné l'impression de jouer sur tous les tableaux. D'une façon plus générale, Medvedev et Poutine doivent une fois pour toutes arrêter de croire que c'est en essayant, en vain, de reconstituer l'empire russe qu'ils s'affirmeront vis-à-vis du reste du monde. Il n'est pas sûr, d'ailleurs que les deux hommes soient sur la même longueur d'ondes sur ces questions et nous serions bien inspirés de regarder à deux fois si, comme on l'a trop souvent pensé et dit, Medvedev n'est que la marionnette de Poutine.

Mais il est clair que si on veut  un symbole pour refonder la relation entre la Russie et les Occidentaux,  il y a l'OTAN. Si on regarde les choses froidement, l'OTAN aujourd'hui n'est ni une menace pour la Russie, ni une solution pour résoudre les problèmes auxquels nous sommes confrontés. A preuve l'Afghanistan où la valeur ajoutée de l'OTAN est, si on veut être aimable, faible. A preuve aussi la lutte contre le terrorisme qui ne peut être menée, ni exclusivement, ni principalement par des moyens militaires. Quant au forum de consultation politique entre Alliés que l'Alliance Atlantique est censée représenter, cela fait longtemps que cette fable n'a plus cour. Ce n'est pas un  hasard si, depuis la guerre du Kosovo (1999) les militaires du Pentagone voient d'abord  dans l'OTAN un carcan à leur liberté d'action (voir à ce sujet les mémoires du Général Wesley Clarke qui maudissait J Chirac parce que le Président français s'était opposé, à juste titre, au bombardement  des ponts à Belgrade). Chacun sait que ce n'est pas à l'Alliance Atlantique qu'on discute des vrais sujets.

L'OTAN est  donc avant tout un symbole: symbole de la volonté américaine de défendre l'Europe pour les Occidentaux; symbole de la guerre froide pour les Russes. Mais, au-delà, son utilité est mince, si ce n'est pour offrir des débouchés aux officiers des pays membres et pour donner bonne conscience à la plupart des pays européens qui ont renoncé à toute politique de défense. C'est d'ailleurs parce que l'OTAN n'a plus grande importance qu'il y a eu finalement peu d'opposition  intérieure à la rentrée de la France dans l'organisation militaire où elle était déjà présente.

Conclusion: soyons audacieux. A défaut de dissoudre l'OTAN, geste qui provoquerait une crise en Europe et risquerait d'être empoché par les Russes sans aucun bénéfice pour nous, pourquoi ne pas  en proposer une vraie réforme en invitant la Russie à y participer? Ce serait la meilleure façon de démontrer à la Russie que l'OTAN n'est pas dirigée contre elle et de la prendre au mot sur sa volonté  de tourner définitivement la page de la guerre froide. Cela aurait même l'avantage supplémentaire de faire un peu réfléchir les Chinois et de les rendre un peu moins arrogants à notre égard.

G. Le Hardi

http://www.slate.fr/story/17711/otan-russie-poutine-defense-europe


7-2 Guneev : L'Otan n'attaquera jamais la Russie.

Dossier: Visite de Rasmussen à Moscou

L'Otan n'attaquera jamais la Russie et "nous ne pensons pas que la Russie nous attaque", a déclaré jeudi le secrétaire général de l'Alliance Anders Fogh Rasmussen, intervenant à l'Institut des relations internationales de Moscou (MGuIMO).
"Nous ne nous en préoccupons plus, et
la Russie ferait mieux de ne plus en avoir peur", a dit M.Rasmussen avant d'indiquer que l'Alliance et la Russie étaient confrontées à des menaces communes à l'étape actuelle.
"Nous pourrions notamment lutter en commun contre le terrorisme, l'extrémisme et la prolifération des armes de destruction massives (ADM)", a poursuivi le secrétaire général de l'Otan, en visite à Moscou.
Evoquant la "politique des portes ouvertes (à l'Otan), M.Rasmussen a noté qu'elle serait poursuivie, compte tenu des intérêts de sécurité de
la Russie.
Selo
n le secrétaire général de l'Otan, si un pays démocratique souhaite devenir membre de l'Alliance, il doit déposer sa demande d'adhésion et se conformer aux critères requis.
"L'Ukraine et
la Géorgie n'y correspondent pas encore... aussi avons-nous entamé des négociations avec ces pays en vue de réformer leurs sociétés", a-t-il relevé.
En décembre dernier 2008, les chefs de diplomatie des  pays membres de l'Alliance ont décidé de ne pas intégrer
la Géorgie et l'Ukraine au Plan d'action pour l'adhésion à l'Otan (MAP) en attendant que ces pays remplissent les conditions nécessaires. Une décision alternative a été adoptée, celle d'intensifier les travaux des commissions Ukraine-OTAN et Géorgie-Otan afin d'associer ces pays à des "plans nationaux annuels".
Néanmoins, le secrétaire général de l'Otan de l'époque  Jaap de Hoop Scheffer a souligné que toutes les décisions de l'Alliance, réunie en sommet à Bucarest en avril 2008, restaient valables: l'Ukraine et
la Géorgie adhéreront tôt ou tard à l'Otan.
M.Rasmussen a insisté sur la nécessité de concentrer les efforts de l'Alliance et de
la Russie sur des menaces communes, notamment en Afghanistan.
"L'Afghanistan doit se trouver au centre de notre partenariat en 2010", a-t-il estimé, en évaluant en outre positivement les perspectives de coopération Russie-Otan en matière de défense antimissile

Guneev

RIA Novosti.

17 décembre

http://fr.rian.ru/world/20091217/185690967.html


7-3 La Russie dans l’OTAN: une position allemande et révélatrice.
Une “lettre ouverte” de quatre personnalités allemandes a été publiée, notamment par le Spiegel, le
8 mars 2010, qui demande l’intégration de la Russie dans l’OTAN. Les quatre personnalités sont Volker Rühe (ministre de la défense de 1992 à 1998), le général à la retraite Klaus Naumann (ancien Inspecteur Général des forces armées et ancien président du Comité Militaire de l’OTAN), l’ambassadeur Frank Elbe, qui fut notamment en poste en Pologne et directeur de la planification au ministère allemand des affaires étrangères, et le vice-amiral Ulrich Weisser, qui fut directeur de la planification au ministère de la défense.

Les arguments de la lettre sont assez classiques pour cette sorte de démarche, dont on parle beaucoup quoiqu’à mi-voix. «L'OTAN devrait ouvrir la porte à l'adhésion de la Russie. Celle-ci devrait naturellement être prête à assumer les droits et les obligations d'un Etat membre, égal parmi les égaux […] L'Amérique du nord, l'Europe et la Russie [ont] des intérêts communs, qui sont menacés par les mêmes défis et exigent des réponses communes.»

• Les quatre signataires disent que l'OTAN a besoin de la Russie pour résoudre les problèmes de l'Afghanistan et du Proche Orient, de la sécurité énergétique comme du désarmement, tandis que l’adhésion de ce pays permettrait d'apaiser les craintes de ses anciens satellites d'Europe centrale et orientale qui continuent à le voir comme une menace. Ils estiment que l’affaire des anti-missiles pourrait être résolue par un réseau commun OTAN-Russie.

• Le passage sur les armes nucléaires, présentées comme devant être cantonnées à un rôle dissuasif passif, est beaucoup plus ambigu: «…tous les systèmes nucléaires tactiques russes devraient être stockés dans des dépôts, qui seraient ouverts à un contrôle international à tous moments, en échange du retrait des têtes nucléaires américaines d’Europe.» La proposition établit un déséquilibre évident et tout de même bien significatif, puisque les armes nucléaires tactiques US restent libres de tout déploiement et fonction hors des territoires non-US et non-européens tandis que les armes russes, sur le territoire russe, seraient sujettes à un contrôle “international” (?).

• Les auteurs estiment qu'il faudra du temps à la Russie pour remplir les conditions d'une adhésion, qui ne sont pas seulement militaires, mais impliquent bien entendu le respect des droits de l'homme, le pluralisme politique, l'économie de marché («Mais la perspective de l'adhésion a jusqu'à présent déclenché chez tous les candidats un processus qui a débouché sur un consensus de valeurs», commentent les signataires). Cette appréciation est également assez singulière, reléguant la Russie dans son état actuel, sans guère de souci pour sa souveraineté, au statut d’un pays retardataire et bien mal orienté, qui a besoin d’une éducation occidentale avancée sur les thèmes occidentalistes sempiternels dont on connaît la vertu et l’efficacité (voir le respect des droits de l’homme dans les diverses expéditions occidentalistes, en Irak, en Afghanistan, etc., et le succès éclatant de l’économie de marché mis en évidence depuis la crise du 15 septembre 2008).

Notre commentaire

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10/03/2010 –

Bloc-Notes

http://www.dedefensa.org/article-la_russie_dans_l_otan_une_position_allemande_et_revelatrice_10_03_2010.html


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