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16/03/2010

n°2 - Journal du Yemen - 02-01 au 16-03 : -- Fin - : Après le Yémen, quel autre pays ?

n°2 -  Journal du Yemen - 02-01 au 16-03 : -- Fin  - : Après le Yémen, quel autre pays ?



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée US et ferment les oreilles aux autres sources.


Journal du Yemen

n° 2                                               02-01 au 16-03-2010

                                                                C.De broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

 

5  Dossier

5-1 Mali Ilse Paquin : Dossiers» Terrorisme au Yémen.

5-2 Patrick Martin : Pourquoi la presse américaine est-elle silencieuse face au rôle joué par Israël dans le vol NW 253 ?

5-3 Les Etats-Unis et la guerre au Yémen.

5-4 M K Bhadrakumar : L’odyssée d’Obama au Yémen vise la  Chine.

5-5 Le Yémen, une affaire arabe.?

5-6 Kocelyn Coulon : Après le Yémen, quel autre pays ?

Annexe

Yémen

Le Pays

Géographie

 

 


 


5  Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

5-1 Mali Ilse Paquin : Dossiers» Terrorisme au Yémen.

Nb: Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

À Londres, Sanaa promet des réformes économiques en échange de l'appui de la communauté internationale dans sa lutte contre Al-Qaeda.

«Ce qui se passe au Yémen nous touche tous de façon très directe.» Hillary Clinton a résumé ainsi l'importance du sommet sur le Yémen qui s'est tenu hier à Londres. Le pays arabe est devenu la nouvelle ligne de front du terrorisme depuis l'attentat raté contre un vol Amsterdam-Detroit le 25 décembre dernier.

Une vingtaine de pays, dont le Canada, se sont rencontrés dans la capitale britannique pour préparer avec le Yémen un plan d'attaque contre la menace d'Al-Qaeda. La nébuleuse terroriste compterait jusqu'à 300 combattants dans ce pays.

Une approche globale des causes de l'effervescence extrémiste est la clé de la réussite, a constaté le ministre des Affaires étrangères britannique, David Miliband. L'instabilité sociale, économique et politique du pays le plus pauvre du Moyen-Orient en font une véritable poudrière.

«Les dirigeants d'Al-Qaeda cherchent à exploiter l'instabilité où ils le peuvent», a rappelé M. Miliband, en référence notamment à la guerre civile dans le nord du pays et au mouvement souverainiste du Sud.

«Nous reconnaissons que la voie militaire n'est pas la seule solution à tous ses problèmes, a dit de son côté Hillary Clinton. Les Yéménites doivent décider de leur propre avenir.»

Le Yémen a accepté de mettre en oeuvre des réformes économiques proposées par le Fonds monétaire international.

Les pays donateurs du Yémen se réuniront les 22 et 23 février dans le pays voisin, l'Arabie Saoudite. La communauté internationale avait promis plus de 4,7 milliards de dollars américains en 2006. La majeure partie de cette somme se fait toujours attendre.

Environ 45% des 22 millions de Yéménites vivent avec moins de 2$ par jour.

D'autre part, un nouveau groupe de travail baptisé Les Amis du Yémen aidera la république à appliquer ses réformes.

«Le Yémen doit faire plus, a prévenu Mme Clinton. Les États-Unis et les autres pays doivent aussi faire plus, par exemple en l'aidant à sécuriser ses frontières et à promouvoir son unité nationale.»

Le Washington Post a confirmé hier que des unités spéciales de l'armée américaine aident le gouvernement du Yémen à combattre Al-Qaeda. Six des 15 chefs de la cellule auraient été tués.

Clinton et Miliband ont tout de même indiqué hier qu'il n'y avait pas de solution à court terme. «La réunion a été un pas réussi dans ce qui devra être un long chemin», a écrit David Miliband dans son blogue en fin de journée.

Mali Ilse Paquin, Collaboration spéciale
La Presse

28-01

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/201001/28/01-943790-le-yemen-sentend-avec-ses-amis.php


5-2 Patrick Martin : Pourquoi la presse américaine est-elle silencieuse face au rôle joué par Israël dans le vol NW 253 ?

Subject: le journal israélien Ha’aretz publiait un article de son correspondant Yossi Melman, signalant le rôle joué par la société israélienne de sécurité, International Consultants on Targeted Security (ICTS)

Il y a près d’une semaine, le 10 janvier, le journal israélien Ha’aretz publiait un article de son correspondant Yossi Melman, signalant le rôle joué par la société israélienne de sécurité, International Consultants on Targeted Security (ICTS), lors de la tentative manquée de faire exploser une bombe à bord du vol Northwest Airlines 253.

Les filiales I-SEC et PI d’ICTS sont responsables du filtrage des passagers à l’aéroport Schiphol d’Amsterdam où l’inculpé de la tentative d’attentat suicide à la bombe Umar Farouk Abdulmutallab avait embarqué à bord d’un vol à destination de Detroit.

La société utilise une technologie de filtrage pour le profilage des passagers et l’identification des risques de sécurité fondée sur l’expérience des services de renseignement israéliens. Le personnel de l’ancienne compagnie El Al Airlines et de Shin Bet security avait mis en place l’ICTS en 1982 dans le but de vendre leur expertise et de nombreuses compagnies aériennes américaines utilisent ses services ou sa technologie.

Selon l’Ha’aretz, Abdulmutallab a été contrôlé par l’ICTS mais les agents de sécurité n’avaient pas réussi à l’identifier comme passager à risque malgré des preuves suffisantes.

« Même si les services de renseignement américains avaient échoué et que le nom du passager nigérien ne figurait pas sur la liste des suspects pour la compagnie aérienne, il aurait dû éveiller les soupçons des agents de sécurité, » a écrit le journal. « Son âge, son nom, son itinéraire de vol illogique, son billet d’avion cher et acheté en dernière minute, son embarquement sans bagage (avec seulement un bagage de cabine) et bien d’autres signes auraient dû suffire à alerter les agents de sécurité et justifier un examen plus approfondi du suspect. Toutefois, le responsable de la sécurité représentant I-SEC et PI lui a permis d’embarquer. »

Le lien israélien a été largement relayé dans la presse israélienne et européenne.

Outre Ha’aretz, le Jerusalem Post a remarqué le rôle joué par ICTS à Amsterdam dans un article paru le 27 décembre et la télévision israélienne a interviewé un directeur de la société qui a confirmé qu’Abdulmutallab avait été soumis à un contrôle de sécurité.

Des articles sont parus par la suite dans les journaux et ont été mis en ligne sur le Web en Grande-Bretagne, en France, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Espagne et en Italie. Mais rien ne figurait dans les principaux journaux américains, rien dans le New York Times, le Washington Post, le Wall Street Journal ou n’importe quel autre quotidien, et rien sur aucune des chaînes de télévision ou de réseaux câblés d’information.

Le contraste entre le traitement médiatique en Europe et en Amérique est un signe que le rôle de l’ICTS n’est pas simplement un détail futile. Clairement, le mot a été donné de se taire sur le sujet soit sous forme d’ordre direct des services américains de sécurité soit indirectement par système d’autocensure des médias qui n’en est pas moins efficace pour être « volontaire ».

Quelle raison pourrait-il y avoir de dissimuler le rôle joué par l’ICTS ?

D’abord, quelques faits pertinents : l’ICTS assurait la sécurité à l’aéroport Paris Charles de Gaulle lorsque l’« homme au soulier » (« Shoe Bomber ») Richard Reid [qui avait dissimulé un explosif dans sa chaussure] était monté à bord d’un avion à destination des Etats-Unis le 22 décembre 2001. La société assurait également la sécurité du système de bus londoniens au moment des attaques suicide du 7 juillet 2005. Et l’ICTS partageait la responsabilité de la sécurité le 11 septembre 2001 à l’aéroport de Boston Logan d’où étaient partis deux des quatre détournements d’avions suicide à l’origine des attentats.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a d’étranges coïncidences, compte tenu notamment de la prétendue expertise des services israéliens de sécurité à identifier et à prévoir des attaques terroristes. Le personnel de l’ICTS était présent sur place à l’occasion de quatre des attaques terroristes les plus tristement célèbres de ces dix dernières années et, à chaque fois, ils n’avaient pas réussi à faire quelque chose pour stopper les terroristes.

En 28 ans de service, l’ICTS s’est installée dans 22 pays pour assurer la sécurité dans les aéroports en France, en Grande-Bretagne, en Espagne, en Hongrie, en Roumanie et en Russie, en employant plus de 11.000 agents de sécurité. La société détenait des contrats dans plusieurs aéroports américains jusqu’au 11 septembre où le filtrage des passagers fut retiré des mains du privé pour être confié à l’Administration de la Sécurité des Transports (TSA) nouvellement créée.

Le silence sur le rôle joué par l’ICTS n’est que l'aspect le plus étrange de la décision plus générale des médias de ne pas faire de reportages sur le contexte de la tentative d'explosion à bord du vol Northwest 253. Il y avait déjà eu la volonté de se distancer d’une enquête sur l’incident survenu le jour de Noël avant que ne survienne le séisme en Haïti et qui, légitimement, est le principal sujet auquel les médias consacrent leur attention.

L’histoire officielle du vol Northwest 253, telle qu’elle a été présentée par la Maison Blanche d’Obama et les agences américaines de renseignement, est tellement incroyable qu’il semble y avoir eu un effort concerté pour laisser tomber le sujet et détourner l’attention du public dans d’autres directions. Dans ce contexte, le silence total sur le rôle de la société israélienne de sécurité soulève encore plus de questions quant au rôle joué par les agences de renseignement américaines ou autres durant la période précédant l’incident du jour de Noël et qui a failli coûter la vie à quelque 300 personnes.

Patrick Martin

Le 21 janvier 2010

WSWS
Pour les médias: crgeditor@yahoo.com
L'adresse url de cet article est: www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=MAR20100121&articleId=17132


5-3 Les Etats-Unis et la guerre au Yémen.

Extrait

Nb Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Les Etats-Unis risquent-ils de s’engager dans nouvelle guerre au Yémen?

Le président Obama -qui tient pour responsable la branche yéménite d’Al-Qaïda dans la tentative d’attentat manqué contre un avion de ligne américain à Noël- s’en défend.

Pourtant, la question n’a rien d’absurde, comme le prouve la phrase prononcée par Joe Lieberman, un sénateur américain indépendant. «L'Irak, a-t-il déclaré, c'est notre guerre d'hier et l'Afghanistan notre guerre d'aujourd'hui.

Si nous n'agissons pas rapidement, le Yémen sera notre guerre de demain.»

Les Américains n’ont pas attendu cet épisode pour agir dans ce pays. De «récentes opérations militaires dans les zones d'Abyan (Sud) et d'Ahrab (au nord-est de Sanaa), ont été menées avec le concours du commandement central US» souligne le journal libanais L’Orient-Le-Jour.

«L'aide US à la lutte antiterroriste est passée de 4,6 millions de dollars en 2006 à 67 millions en 2009» ajoute ce quotidien. Une aide qui pourrait  atteindre les 150 millions si le Congrès donne son accord, indique le New York Times.
Soutenu par les Etats-Unis, le président Saleh doit en contrepartie lutter contre le terrorisme. Mais en plus de sa volonté de maintenir sa famille au pouvoir, de l’inefficacité et de la corruption du régime, «sa volonté de combattre Al-Qaïda -qu’il ne considère pas comme son principal ennemi- est douteuse» estime le New York Times.

Pourtant, «le pays est confronté depuis maintenant deux ans et de façon progressive et montante à une résurgence des cellules d’Al-Qaïda» explique Anne Giudicelli, une experte(…)  de la région qui décryptait, dès octobre dernier sur France Culture, les grandes dangers menaçant ce pays. «Il est de notoriété publique que dans l'antique Arabia Felix il existe des bases d'Al-Qaïda, que des organisations «caritatives» se chargent de collecter des fonds destinées au mouvement d'Oussama Ben Laden» note L’Orient-Le-Jour.

Et le quotidien souligne que «la première attaque d'envergure contre des intérêts occidentaux s'était produite en octobre 2000 contre le destroyer USS Cole dans le port d'Aden».

Si le président Saleh ne fait pas d’Al-Qaïda sa priorité, c’est parce cet Etat, très pauvre, doit déjà gérer une rébellion dans le nord et des mouvements séparatistes dans le sud.

5 Janvier 2010

http://www.slate.fr/story/15241/guerre-yemen-terrorisme-al-qaida-obama-afghanistan-attentat


5-4 M K Bhadrakumar : L’odyssée d’Obama au Yémen vise la  Chine.
Textes très intéressants de M K Bhadrakumar traduits par le site Questions Critiques, qui permet de comprendre beaucoup mieux le bruit autour du Yémen, ou de l'Afghanistan, que les discours médiatiques usuels sur 'Al Qaida'.

Il y a un an, le président yéménite, Ali Abdallah Saleh, faisait une révélation fracassante : les forces de sécurité de son pays avaient appréhendé un groupe d’islamistes liés aux forces des services secrets israéliens. « Une cellule terroriste a été appréhendée et sera renvoyée devant les tribunaux pour ses liens avec les services de renseignements israéliens », avait-il promis. 

Saleh ajouta : « Vous serez tenus au courant des poursuites judiciaires ». On n’en a jamais entendu parler et la piste s’est effacée. Bienvenue sur la terre magique du Yémen, où se jouaient les Mille et Une Nuits dans la gestation du temps.

Prenez le Yémen et ajoutez-y la mystique de l’Islam, Oussama ben Laden, al-Qaïda et les services secrets israéliens et vous obtenez une mixture qui vous monte à la tête. Le chef du Commandement Central des Etats-Unis, le Général David Petraeus, est passé samedi par la capitale yéménite, Sanaa, et a juré à Saleh une aide américaine accrue pour combattre al-Qaïda. Le président des Etats-Unis, Barack Obama, a très vite repris la promesse de Petraeus, assurant que les Etats-Unis renforceraient le partage de renseignements et l’entraînement des forces yéménites et qu’il mènerait peut-être des attaques conjointes contre les militants d’al-Qaïda dans la région.
Un nouvel Afghanistan ?

Au dire de beaucoup, Obama, qui est généralement considéré comme un politicien talentueux et intelligent, commet une bourde catastrophique en démarrant une nouvelle guerre qui pourrait s’avérer aussi sanglante, désordonnée et ingagnable que celles d’Irak et d’Afghanistan.

Pourtant, à première vue, Obama semble vraiment imprévisible.

Les parallèles avec l’Afghanistan sont frappants. Un étudiant nigérian, qui dit avoir été entraîné au Yémen, a tenté de faire sauter un avion américain et l’Amérique veut partir en guerre.

Le Yémen, lui aussi, est un merveilleux pays avec de très belles montagnes accidentées qui pourraient être un paradis pour la guérilla. Comme les membres des tribus afghanes, les Yéménites sont des gens hospitaliers. Mais, ainsi que le journaliste irlandais, Patrick Cockburn, le rappelle, tandis qu’ils sont généreux envers les étrangers de passage, ils « considèrent que les lois de l’hospitalité prennent fin lorsque l’étranger quitte leur territoire tribal, moment où il devient ‘une bonne cible pour recevoir une balle dans le dos’. » Il y a assurément un côté romantique dans tout ça – presque comme dans l’Hindou-Kouch. Extrêmement nationalistes, pratiquement tous les Yéménites ont une arme à feu. A l’instar de l’Afghanistan, le Yémen est également un pays où les autorités sont en conflit et où une petite guerre civile n’attend qu’une intervention étrangère pour éclater.

Obama a-t-il aussi incroyablement oublié son propre discours du 1er décembre, dans lequel il exposait les contours de sa stratégie afghane, pour violer les critères qu’il avait lui-même édictés ? Certainement pas. Obama est un homme habile. On se souviendra de l’intervention au Yémen comme du coup le plus habile qu’il aura jamais fait pour perpétuer l’hégémonie mondiale des Etats-Unis. C’est la réponse de l’Amérique à la montée en puissance de la Chine.

Un coup d’œil rapide sur la carte de la région montre que le Yémen est l’un des endroits les plus stratégiques attenant aux eaux du Golfe Persique et de la Péninsule Arabique. Il borde l’Arabie Saoudite et Oman, qui sont des protectorats américains essentiels. En effet, Oncle Sam « marque son territoire » - comme un chien sur un réverbère. La Russie a caressé l’idée de réouvrir sa base de l’ère soviétique à Aden. Eh bien ! Les Etats-Unis ont soufflé la place à Moscou. 

Les Etats-Unis ont fait savoir que cette odyssée ne s’arrête pas au Yémen. Elle se prolonge jusqu’en Somalie et au Kenya. De cette manière, les Etats-Unis établissent leur présence militaire sur une bande ininterrompue de terres le long de la façade occidentale de l’Océan Indien. Les officiels chinois ont parlé tout récemment de leur nécessité d’établir une base navale dans cette région. Les Etats-Unis ont désormais renvoyé dans les cordes les options chinoises. Le seul pays avec une côte maritime disponible pour la Chine, afin d’y installer une base navale dans la région, est l’Iran. Tous les autres pays ont une présence militaire occidentale.

L’intervention américaine au Yémen ne se fera pas sur le modèle de l’Irak et de l’Afghanistan.

Obama s’assurera de ne pas récupérer les soldats américains servant au Yémen dans des housses mortuaires.

C’est ce que le public américain attend de lui.

Selon l’armée américaine, il n’y déploiera que des drones et des forces spéciales et « se concentrera à fournir des renseignements et de l’entraînement pour aider le Yémen à contrer les militants d’al-Qaïda ».

L’objectif essentiel et principal d’Obama sera d’établir une présence militaire durable au Yémen.

Cela sert plusieurs buts.
Une nouvelle grande partie débute

D’abord, la manœuvre des Etats-Unis doit être considérée comme étant exercée contre l’éveil chiite qui constitue la toile de fond dans cette région. Les Chiites (principalement le groupe Zaïdi) ont été traditionnellement réprimés au Yémen. Les soulèvements chiites ont été un thème récurrent dans l’histoire du Yémen. Il y a eu une tentative délibérée de minimiser le pourcentage de Chiites au Yémen, mais ils pourraient y représenter jusqu’à 45% de la population. 

Plus important, ils constituent la majorité dans la partie septentrionale du pays. Ce qui dérange les Etats-Unis et les Etats arabes modérés – ainsi qu’Israël – est que l’Organisation des Jeunes Croyants, conduite par Hussein Badr al-Houthi, qui est retranchée au nord du Yémen, a pris modèle sur le Hezbollah au Liban, à tous égards – politiquement, économiquement, socialement et culturellement.

Les Yéménites sont un peuple intelligent et ils sont célèbres dans la Péninsule Arabique pour leur tempérament démocratique. La montée en puissance des Chiites yéménites, sur le modèle du Hezbollah, aurait des implications régionales considérables. Le plus proche voisin, Oman, qui est une base américaine clé, est essentiellement chiite. Sujet encore plus sensible : l’idée dangereuse de la probabilité de la montée au pouvoir des Chiites qui s’étendrait aux régions chiites hautement rétives d’Arabie Saoudite, attenantes au Yémen, lesquelles, qui plus est, se trouvent également être le réservoir de la fabuleuse richesse pétrolière du pays.

L’Arabie Saoudite entre dans une phase hautement sensible de transition politique, alors qu’une nouvelle génération est programmée pour prendre le pouvoir à Riyad et que les intrigues de palais et les failles au sein de la famille royale ont toutes les chances d’être exacerbées. Pour le dire avec euphémisme, étant donné la dimension institutionnalisée de la persécution des Chiites en Arabie Saoudite par l’establishment wahhabite, la montée en puissance des Chiites est un véritable champ de mines qui pétrifie littéralement Riyad en ce moment. Les limites de sa patience s’amenuisent, comme en témoigne le recours récent peu habituel à la force militaire contre les communautés chiites du nord du Yémen, à la frontière de l’Arabie Saoudite. 

Les Etats-Unis sont confrontés à un dilemme classique.

C’est très bien qu’Obama souligne la nécessité de réforme dans les sociétés musulmanes – comme il l’a fait avec éloquence dans son discours du Caire en juin dernier.

Mais la démocratisation dans le contexte yéménite – ironiquement, dans le contexte arabe – impliquerait de donner du pouvoir aux Chiites. Après l’expérience douloureuse en Irak, Washington est littéralement perché comme un chat sur un toit brûlant. Le gouvernement américain préfèrerait de loin s’aligner sur le gouvernement répressif et autocratique de Saleh plutôt que de laisser sortir de la bouteille le génie de la réforme dans cette région riche en pétrole, où ses intérêts sont immenses. 

Obama est doté d’un esprit érudit et il n’est pas sans savoir que le Yémen a désespérément besoin de réforme. Mais il ne veut tout simplement pas y penser. Le paradoxe auquel il est confronté est qu’avec toutes ses imperfections, l’Iran se trouve être le seul système « démocratique » en opération dans toute la région.

L’ombre de l’Iran qui plane sur la conscience chiite yéménite est une inquiétude sans fin pour les Etats-Unis. Pour le formuler simplement, dans la lutte idéologique en cours dans cette région, Obama se retrouve du côté des oligarchies autocratiques ultra-conservatrices et brutales qui y constituent la classe dirigeante. On peut comprendre que ce ne soit pas facile pour lui. Si l’on doit en croire ses Mémoires, il pourrait y avoir des moments où les vagues souvenirs de son enfance en Indonésie et la mémoire précieuse de sa propre mère, laquelle, au dire de tous, était une intellectuelle et une humaniste insouciante, doivent le hanter dans les couloirs de la Maison Blanche.
Israël entre dans le jeu

Mais Obama est avant tout réaliste. Il fait fi de ses émotions et de ses croyances personnelles, et se sont les considérations stratégiques qui ont le plus grand poids lorsqu’il travaille dans le Bureau Ovale. Avec la présence militaire au Yémen, les Etats-Unis ont resserré le cordon autour de l’Iran. Dans l’éventualité d’une attaque militaire contre l’Iran, le Yémen pourrait être utilisé comme tremplin par les Israéliens. Ces considérations ont beaucoup de poids pour Obama.

Le fait est qu’aucune autorité ne contrôle vraiment le Yémen. C’est du gâteau pour les formidables services secrets israéliens de s’y faire une niche – exactement comme ils l’ont fait au nord de l’Irak dans des circonstances à peu près comparables.

L’Islamisme n’est pas du tout dissuasif pour Israël. Saleh n’était certainement pas loin du compte en affirmant, l’année dernière, que les services de renseignements israéliens avaient apparemment maintenu des liens avec des islamistes yéménites. Le problème est que les Islamistes yéménites sont extrêmement fragmentés et que personne n’est sûr de qui fait allégeance à qui et de quel sorte d’allégeance il s’agit. Les services secrets israéliens opèrent merveilleusement bien dans de telles zones d’ombre, lorsque l’horizon est lacéré du sang du soleil couchant.

Israël trouvera que s’introduire au Yémen est jusqu’à maintenant un cadeau de Dieu, alors qu’il reconnaît officiellement sa présence dans la Péninsule Arabique. C’est un rêve qui devient réalité pour Israël, dont l’efficacité en tant que puissance régionale a toujours été sérieusement handicapée par son manque d’accès à la région du Golfe Persique. La présence militaire américaine dominante aide Israël, sur le plan politique, à consolider son chapitre yéménite. Sans aucun doute, Petraeus s’installe au Yémen en tandem avec Israël (et la Grande-Bretagne). Mais les Etats arabes « pro-occidentaux », avec leur mentalité de rentiers, n’ont pas d’autre choix que de rester des spectateurs silencieux sur le banc de touche. 

Certains parmi eux pourraient vraiment ne pas s’opposer à la présence des forces de sécurité israéliennes dans la région, considérant que c’est un meilleur pari que la propagation des idées dangereuses du pouvoir chiite émanant de l’Iran, de l’Irak et du Hezbollah. A un moment ou un autre, les services de renseignements israéliens commenceront également à infiltrer les groupes extrémistes sunnites au Yémen, qui sont communément connus comme étant des filiales d’al-Qaïda. Ceci dit, si Israël ne l’a pas déjà fait. Tout lien de ce type fait d’Israël un allié inestimable pour les Etats-Unis dans sa lutte contre al-Qaïda. En somme, des possibilités infinies existent dans ce paradigme qui prend forme dans le monde musulman et qui s’arc-boute sur le Golfe Persique stratégique.

Tout ça à cause de la Chine

Toutefois, le plus important pour les stratégies mondiales des Etats-Unis sera le gain écrasant du contrôle du port d’Aden, au Yémen. La Grande-Bretagne peut garantir qu’Aden est la porte vers l’Asie. Le contrôle d’Aden et du Détroit de Malacca placera les Etats-Unis dans une position invulnérable dans cette « grande partie » qui se déroule dans l’Océan Indien. Les couloirs de navigation de l’Océan Indien sont littéralement les veines jugulaires de l’économie chinoise. En les contrôlant, Washington envoie un message fort à Pékin, selon lequel si les Chinois caressaient l’idée que les Etats-Unis sont une puissance en déclin en Asie, ils se fourrent le doigt dans l’œil. 

Dans la région de l’Océan Indien, la Chine est de plus en plus sous pression. L’Inde y est un allié naturel des Etats-Unis. Ces deux pays voient d’un très mauvais œil toute présence navale importante de la Chine. L’Inde sert de médiateur au rapprochement entre Washington et Colombo, ce qui aiderait à faire reculer l’influence de la Chine au Sri Lanka. Les Etats-Unis ont opéré un virage à 180 degrés dans leur politique birmane et ils impliquent le régime militaire là-bas, avec l’intention première d’éroder l’influence de la Chine sur les dirigeants militaires. La stratégie chinoise avait pour but de renforcer son influence au Sri Lanka et au Myanmar, afin d’ouvrir une nouvelle route de transport vers le Moyen-Orient, le Golfe Persique et l’Afrique, où la Chine a commencé à disputer à l’Ouest sa domination économique traditionnelle. 

La Chine est pressée de réduire sa dépendance sur le Détroit de Malacca pour son commerce avec l’Europe et l’Asie Occidentale. Les Etats-Unis, au contraire, sont déterminés à ce que la Chine reste vulnérable jusqu’à l’étouffement, entre l’Indonésie et la Malaisie. 

Une lutte captivante se fait jour. Les Etats-Unis sont mécontents des efforts déployés par la Chine pour atteindre les eaux chaudes du Golfe Persique, en passant par la région de l’Asie Centrale et le Pakistan. Lentement mais sûrement, Washington resserre le collet autour du cou des élites pakistanaises – civiles et militaires – et les force à faire un choix stratégique entre les Etats-Unis et la Chine. Cela placera ces élites dans un dilemme peu enviable. Comme leurs homologues indiens, ils sont naturellement « pro-occidentaux » (même lorsqu’ils sont « anti-américains ») et, si les liens avec la Chine sont importants pour Islamabad, c’est avant tout parce que cette dernière fait contrepoids à ce que les Pakistanais perçoivent comme une hégémonie indienne. 

Les questions existentielles avec lesquelles se débattent les élites pakistanaises sont visibles. Ils recherchent des réponses auprès d’Obama. Obama peut-il maintenir une relation équilibrée vis-à-vis du Pakistan et de l’Inde ? Ou, Obama retournera-t-il à la stratégie de l’ère de George W. Bush consistant à faire de l’Inde la puissance prédominante dans l’Océan Indien, obligeant le Pakistan à apprendre à vivre dans son ombre ?
L’axe US-indo-israélien 

D’un autre côté, les élites indiennes ne sont pas du tout d’humeur aux compromis. Du temps de Bush, Delhi était dans une période faste. A présent, après les craintes initiales concernant la philosophie politique d’Obama, Delhi a conclu que celui-ci n’est rien d’autre qu’un clone de son illustre prédécesseur en ce qui concerne les contours généraux de la stratégie mondiale des Etats-Unis – dont l’isolement de la Chine est le modèle central. 

Le niveau de confort croît de façon palpable à Delhi en ce qui concerne la présidence d’Obama. Delhi voit la montée du lobby israélien à Washington comme la mise à l’épreuve pour la présidence d’Obama. Cette montée en puissance convient à Delhi, puisque le lobby juif a toujours été un allié obligeant pour cultiver leur influence auprès du Congrès, des médias et des membres des groupes de réflexion américains qui incitent à la violence, de même que dans les administrations successives. Et tout ceci se produit à un moment où les relations indo-israéliennes en matière de sécurité prennent de la vitesse.

Le Secrétaire à la Défense, Robert Gates, doit se rendre à Delhi dans les jours qui viennent. L’administration d’Obama adopterait une attitude de plus en plus accommodante vis-à-vis de longue quête de l’Inde pour une technologie américaine « à double usage ». Si c’est le cas, une avenue royale de coopération militaire est sur le point de s’ouvrir entre les deux pays, qui fera de l’Inde un challenger sérieux aux prouesses militaires croissantes de la Chine. C’est une situation gagnant-gagnant, alors que le grand bazar indien de l’armement offre un business extrêmement lucratif aux entreprises américaines.

Il est clair qu’une alliance intime US-indo-israélienne constitue le fondement de toutes les manœuvres qui se déroulent. Cela aura une importance pour la sécurité de l’Océan Indien, du Golfe Persique et de la Péninsule Arabique. L’année dernière, l’Inde a officialisé sa présence navale à Oman.

Somme toute, les experts en terrorisme se perdent dans les détails lorsqu’ils analysent l’incursion des Etats-Unis au Yémen, en se limitant à la traque d’al-Qaïda. La dure réalité est qu’Obama, dont l’argument principal était « le changement », a pris du gîte et tient de moins en moins ses promesses en se dirigeant vers les stratégies mondiales de l’ère Bush. La fraîcheur de la magie d’Obama se dissipe. Des traces de « révisionnisme » dans l’orientation de sa politique étrangère commencent à faire surface. On peut déjà les percevoir en ce qui concerne l’Iran, l’Afghanistan, le Moyen-Orient et le problème israélo-palestinien, ainsi que l’Asie Centrale et vis-à-vis de la Chine et de la Russie.

Sans doute, cette sorte de “retour aux sources” par Obama était-il inévitable. Premièrement, il n’est que la créature de ses circonstances. Comme quelqu’un l’a brillamment formulé, la présidence d’Obama est comme conduire un train plutôt qu’une automobile : un train ne peut pas « choisir sa route », son conducteur peut au mieux ajuster sa vitesse, mais, au bout du compte, il doit rester sur les rails.

D’autre part, l’histoire ne donne pas d’exemples d’une puissance mondiale déclinante qui accepte docilement son destin et qui marche vers le crépuscule. Les Etats-Unis ne peuvent pas renoncer à leur domination mondiale sans combattre. Et la réalité de telles luttes capitales est qu’elles ne peuvent pas être livrées par à-coups. On ne peut pas combattre la Chine sans occuper le Yémen.

L'Ambassadeur M K Bhadrakumar a servi en tant que diplomate de carrière dans les services extérieurs indiens pendant plus de 29 ans. Parmi ses affectations : l'Union Sovétique, la Corée du Sud, le Sri Lanka, l'Allemagne, l'Afghanistan, le Pakistan, l'Ouzbékistan, le Koweït et la Turquie.

M K Bhadrakumar
Asia Times Online,

le 10 janvier 2010
article original : "Obama's Yemeni odyssey targets China"

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Traduction : JFG-QuestionsCritiques. All rights reserved.

Lire aussi "La Chine ajuste les conditions de son engagement en Asie Centrale"

http://questionscritiques.free.fr/edito/AsiaTimesOnline/M_K_Bhadrakumar/Yemen_Obama_Etats-Unis_Chine_chiites_090109.htm
http://atimes.com/atimes/Middle_East/LA09Ak02.html

http://questionscritiques.free.fr/edito/AsiaTimesOnline/M_K_Bhadrakumar/Asie_Centrale_Chine_Russie_Europe_energie_231209.htm


5-5 Le Yémen, une affaire arabe.?

Nb Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Quand un Nigérian s’y est procuré des explosifs dans le but faire sauter un avion de ligne américain le 25 décembre, le Yémen a soudainement été propulsé au centre de l’attention mondiale.

La Presse a joint le Libanais Bernard Haykel, professeur au Near Eastern Studies de l’Université Princeton, et le Palestino-Jordanien Rami G. Khouri, directeur de l’Institut Issam Fares à l’Université américaine de Beyrouth, pour connaître leur point de vue.

Q La Grande-Bretagne a convoqué, pour le 28 janvier, une conférence internationale sur l’action antiterroriste au Yémen. Qu’en pensez-vous?

R Rami G. Khouri: Je n’en ai pas tant contre le sommet lui-même, mais contre les pouvoirs occidentaux américains et britanniques que l’on entend dans les médias depuis quelques jours. Tout à coup, le Yémen pose un problème de sécurité et il faut faire quelque chose. Cette approche n’est pas très crédible puisque la situation ne vient pas d’apparaître dans la dernière semaine. Ça dure depuis 20 ou 30 ans

L’Occident a appuyé le gouvernement d’Ali Abdallah Saleh pendant 30 ans sans se soucier vraiment de savoir si c’était bien ou pas. Dans une certaine mesure, la situation a été causée par les positions occidentales, qui ont soutenu les dictateurs et ont permis la corruption avec leur argent. Et ce n’est pas seulement inefficace, mais aussi insultant de voir quelqu’un comme Gordon Brown soudainement préoccupé par le Yémen, particulièrement avec le passé colonial du Royaume-Uni dans ce pays. J’appelle ça du terrorisme intellectuel.

Bernard Haykel: L’idée d’avoir une grande conférence sur le Yémen, c’est idiot. Les Britanniques connaissent déjà assez bien le Yémen. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi ils agissent ainsi. Je crois que c’est pour des raisons de politique interne.

Q Une intervention armée de la part des États-Unis et de la Grande-Bretagne est-elle envisageable?

R Bernard Haykel: Je crois qu’il n’y a pas de solution militaire à ce problème – surtout pas américaine. C’est un problème régional, qui dépend des musulmans. Al-Qaeda est un groupe radical islamiste qui peut être maté par d’autres musulmans des États de la région.

Le régime de Sanaa a d’autres ennemis; l’aide donnée au régime sera utilisée contre d’autres groupes rebelles, pas contre Al-Qaeda, parce que ce n’est pas une priorité pour lui. Ça ne veut pas dire qu’Al-Qaeda n’est pas une vraie menace, c’en est une. Mais l’Amérique doit intervenir auprès des pays de la région pour dire que le Yémen est un problème à eux et qu’ils doivent trouver une solution.

Q Le monde arabe n’a-t-il pas la responsabilité d’avoir laissé aller le Yémen?

R Rami G. Khouri: Je crois que la responsabilité est partagée par les pays de la région et l’Occident. Mais c’est l’Occident qui a fourni l’argent et les armes qui ont permis au pouvoir de rester en place. Les autres pays arabes ont pu jouer un rôle, mais pas si important que ça.

Le Yémen n’a pas reçu beaucoup de leur attention, comme la Somalie, d’ailleurs.

Q Êtes-vous inquiet pour la suite des choses?

R Rami G. Khouri: Oui. Il y a plusieurs rébellions, les houthis au Nord, les séparatistes au Sud.

C’est le chaos dans plusieurs parties du pays; il manque d’eau, il manque de pétrole, le tiers de la population est illettrée, c’est la guerre…

C’est un gâchis! Ce qui me frappe le plus, c’est que le pays regroupe tous les problèmes du Proche-Orient: mauvaise gouvernance, corruption, rébellion, instabilité politique, pauvreté, sécheresse…

C’est comme un microcosme des pires aspects du monde arabe. Mais c’est aussi un endroit merveilleux où les gens sont gentils, accueillants.

Q Que faudra-t-il faire pour aider le pays?

R Rami G. Khouri: Si les Yéménites voient que l’Occident veut les aider à rendre leur pays plus démocratique, je pense que graduellement, l’endroit deviendra plus stable. C’est aussi un défi pour la plupart des pays du Proche-Orient, l’Iran et la Somalie étant les pires exemples.

La transition entre l’autocratie et la démocratie prend du temps, mais pas tant que ça quand on regarde la Turquie, par exemple, qui a fait la transition en deux décennies.

Mais au Yémen, la pauvreté rendra les choses particulièrement difficiles.

Par  Judith Lachapelle

08 /01/10

Source : Cyberpress


5-6 Kocelyn Coulon : Après le Yémen, quel autre pays ?

Extrait

Nb Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Le premier ministre britannique Gordon Brown programme la tenue d’une réunion d’urgence sur le Yémen dans le cadre de la conférence prévue sur l’Afghanistan à Londres, le 28 janvier.

Pourtant, au-delà de ces fronts, Brown pourrait élargir la discussion à l’ensemble des pays, comme le Yémen, incapables de contrôler leur territoire et où les terroristes trouvent un terreau fertile à leurs activités.

Le Yémen n’est pas un État, mais une collection d’allégeances.

L’administration est faible, la démographie galopante, l’économie embryonnaire. Les armes circulent partout. Le Sud réclame son indépendance, une partie du Nord est en rébellion, le groupe Al-Qaeda y est bien implanté.

Si le Yémen n’est pas encore l’Afghanistan, son président n’est en fait que le maire de la capitale, comme Karzai est le maire de Kaboul.

La fragilité des structures étatiques ou même leur quasi-inexistence est un des aspects les plus dramatiques du système international depuis les 20 dernières années. Elle remet en cause la souveraineté des États affectés en les transformant en zones de conflits où plus aucune règle ne s’applique et où trafiquants de drogue, rebelles, terroristes, mercenaires, forces gouvernementales et forces d’intervention étrangères tentent de prendre le contrôle ou de rétablir la légalité.

La Somalie, dans la corne de l’Afrique, est l’exemple extrême de ce désordre.

Le pays est sans gouvernement effectif depuis 1991, plusieurs régions sont de facto indépendantes, des islamistes radicaux tentent d’imposer leur pouvoir dans le Sud et alimentent les conflits au Yémen, l’Éthiopie et l’Érythrée s’y affrontent en manipulant les parties en présence et les Américains chassent les terroristes d’Al-Qaeda en bombardant à l’aveuglette.

À des échelles différentes, on retrouve des situations semblables un peu partout dans le monde, sauf en Amérique latine.

Il faudrait y consacrer autant d’énergie et de ressources politiques et financières qu’à la lutte au terrorisme afin d’éviter un effet domino : après l’Afghanistan, la Somalie ; après le Yémen, quel autre pays ?

Jocelyn Coulon  

 04 janvier 2010

La Presse

Jocelyn Coulon est directeur du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix (ROP), affilié au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (Cérium).

http://www.cerium.ca/Apres-le-Yemen-quel-autre-pays



Annexe

Yémen

Le Pays

Le Yémen, officiellement la République du Yémen, est un pays arabe situé à la pointe sud-ouest de la péninsule d'Arabie. Sa capitale est Sanaa. Elle possède des façades maritimes sur le golfe d’Aden et sur la mer Rouge. Les pays frontaliers du Yémen sont le royaume d’Arabie saoudite au Nord et Oman à l’Est. Le Yémen couvre une superficie totale de 527 970 km² (France métropolitaine : 551500 km²).

Plusieurs îles font partie du territoire yéménite : l'île de Kamaran en mer Rouge, l'îlot de Perim qui commande l'accès à la mer Rouge par le détroit de Bab-el-Mandeb, et l'île de Socotra (la plus grande des îles) dans l'océan Indien.

Dans le monde antique, le Yémen était connu sous le nom d’« Arabie heureuse ». L’actuel Yémen est né en 1990 de la réunion de la République démocratique et populaire du Yémen (Yémen du Sud) et de la République arabe du Yémen (Yémen du Nord).

 

Géographie

Géographie du Yémen.

Pays du Proche-Orient, au sud de l'Arabie saoudite et entouré par le golfe d'Aden, la mer Rouge, Oman, le Yémen couvre une surface de 527 970 km².

Le Yémen possède 1 906 km de côtes. Jabal an Nabi Shu'ayb, haut de 3 760 m est le point culminant.

Le climat est presque partout désertique. Très chaud et humide le long de la côte ouest, tempéré dans les montagnes occidentales aussi affectées par les moussons. Le désert situé dans l'est du pays est très chaud et sec.

Le pays souffre de désertification et de manque d'eau. Le Yémen est souvent touché par les tempêtes de sable.

Histoire récente

La partie septentrionale du Yémen fut soumise nominalement à l'Empire ottoman jusqu'en 1918. La monarchie (imamat) y fut abolie le 27 septembre 1962, date à laquelle le pays prit le nom de République arabe du Yémen (communément nommée "Yémen du Nord") où une guerre civile perdurera jusqu'en 1970 soutenue côté républicain par les Forces armées égyptiennes qui emploieront le gaz moutarde et côté royaliste par l'Arabie saoudite.

La partie méridionale correspond à l'ancien hinterland britannique, formé progressivement à partir de 1839 autour du port d'Aden. Après le départ des troupes britanniques, la Fédération d'Arabie du Sud et le Protectorat d'Arabie du Sud se regroupèrent le 30 novembre 1967 pour former un nouvel État indépendant, la République populaire du Yémen du Sud (communément nommée "Yémen du Sud"). Trois ans plus tard, celle-ci adopta le nom de République démocratique populaire du Yémen.

Le 22 mai 1990, la République arabe du Yémen (Yémen du Nord) et la République démocratique populaire du Yémen (Yémen du Sud) ont fusionné pour former un seul État, la République du Yémen. La même année, le Yémen soutient l'Irak durant la première Guerre du Golfe (1990-1991), sans pour autant valider son annexion du Koweït, ce qui lui vaut des représailles de la part des États-Unis : la monnaie est attaquée et fortement dévaluée, l'Arabie saoudite suit l'allié américain et expulse du royaume le million de travailleurs yéménites privant des millions de familles de ressources.

Du 21 mai au 7 juillet 1994, le Yémen du Sud a vainement tenté de faire sécession sous le nom de "République démocratique du Yémen", avant de retomber sous le contrôle du gouvernement de Sanaa.

Politique

En 2004, les affrontements près de la frontière avec l'Arabie saoudite ont fait environ 400 morts. Depuis 2004, le Yémen est aussi confronté à une rébellion armée de la minorité chiite zaïdite dans la province de Sa'dah (nord-ouest), qui ne reconnait pas le régime du président Ali Abdullah Saleh, au pouvoir depuis 1990.

Au début du mois d'avril 2005, les forces du gouvernement ont attaqué la position des rebelles dans les montagnes du nord-ouest du pays ; trois semaines de combats dans la province de Sa'dah ont provoqué la mort d'environ 200 personnes.

En 2009, la guerre civile continue toujours et l'ONU compte 150 000 déplacés [1] .

Depuis le 4 novembre 2009, l'Arabie saoudite intervient militairement contre la rébellion [2].

Malgré un ancrage officiel dans le camp occidental et une coopération pour le contrôle de ses côtes, le pays reste un foyer d'instabilité.

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Économie

Avec un PIB par habitant compris, selon les sources, entre 350 $ et 450 $ US par habitant et par an, le Yémen se classe au 149e rang sur les 177 pays répertoriés dans l'Indicateur de développement humain de l'ONU de 2004. Le Yémen est l'un des pays les plus pauvres de la planète et cumule une situation économique fragile avec une démographie en forte expansion

http://fr.wikipedia.org/wiki/Y%C3%A9men



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" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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