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19/04/2010

n° ° 479 - Les Dossiers d'Irak - 17-04 - : Début - : La destruction de l'Etat comme objectif de guerre.

n° ° 479  - Les Dossiers d'Irak - 17-04 - : Début  - : La destruction de l'Etat comme objectif de guerre.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

N° 479                                                           17/04/10

C.De Broeder & M.Lemaire



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

Tiré à part

L'Irak va lancer des appels d'offres pour ses champs de gaz.

1  Dossier & Point de vue  

1-1      Iyad Allaoui ne veut plus du "règne d'un seul homme".

1-2 La Cour suprême irakienne complique la tâche d'Allaoui.

1-3 Chems Eddine Chitour : L’Irak d’Hammourabi : Pour en finir avec la démocratie aéroportée.

1-4 F. Delorca : Sous la botte étatsunienne en Irak.

1-5 Lieven De cauter : La destruction de l'Etat comme objectif de guerre.   

Suite

1-6 Dahr Jamail : Opération "Occupation Durable". 

Fin

1-7 Tony Busselen : Sept ans après l’invasion : «L’Irak doit être libéré de ses cerveaux».

2 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

2-1 Giulietto Chiesa : Le système d’information et la guerre contre l’Irak

3 Les brèves

3-1 Des milliers de déplacés confrontés à une grave crise humanitaire.

3-2 La résistance s'adapte aux drones.

3-3 Des milliers de manifestants anti-guerre" devant la Maison Blanche contre la guerre en Irak.

3-4 Les soldats américains soupçonnés de vols d’organes de prisonniers irakiens.

3-5 Référendum chez les sadristes sur le prochain Premier ministre.

4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

4-1 Contre l'occupation et pour la souveraineté Irakienne.

4-2 Gueules cassées" en Irak: l'armée US fait appel à la médecine française.



Avant propos

·                    Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...



Tiré à part

L'Irak va lancer des appels d'offres pour ses champs de gaz.

L'Irak s'apprête à lancer des appels d'offres pour le développement de trois champs gaziers, indique le bulletin spécialisé Middle East Economic Survey (Mees), citant des responsables irakiens.

"Nous avons décidé la semaine dernière de lancer le troisième round (des appels d'offres), cette fois-ci pour le gaz", a déclaré le directeur général du ministère du Pétrole pour les contrats et les licences, Abdelmahdi al-Amidi à l'édition du Mees à paraître lundi.

"Nous sommes aux premières phases de planification et aucune date n'a encore était fixée", a-t-il toutefois ajouté.

A l'issue des deux premiers rounds, l'Irak a signé l'année dernière des accords avec des majors pour développer dix champs pétroliers et porter sa capacité de production à 12 millions de barils par jour (mb/j) en 2017 contre 2,5 mb/j actuellement.

Combinés, les trois champs gaziers ont des réserves prouvées de 7.500 milliards de pieds cubes (2,1 milliards de m3). Il s'agit des champs d'Akkaz dans la province occidentale d'Al-Anbar (4.500 mds de pieds cubes), de Mansuriya, dans la province de Diyala, au nord de Bagdad, (3.000 mds de pieds cubes) et de Sibba à Bassorah, dans le sud (60 mds de pieds cubes).

Quinze compagnies ont été présélectionnées pour les appels d'offres.

Akkaz et Mansuriya ont été proposés lors du premier round des appels d'offres mais les concessions n'ont pas été accordées.

Par ailleurs, le ministère irakien du Pétrole se prépare à une réunion en juin avec les compagnies contractantes pour aplanir certaines difficultés.

"Il y aura une grande réunion, c'est tout à fait normal qu'il y ait des problèmes. Il y a dix gros projets et leur magnitude est énorme", a déclaré au Mees, le conseiller ministériel et ancien chef de la South Oil Company Jabbar al-Laibi.

"Ce n'est pas seulement un défi technique, mais aussi matériel et il faut bâtir l'infrastructure", a-t-il dit.

Selon M. Amidi, l'éventualité de voir l'Opep réintégrer l'Irak dans le système des quotas de production est une source d'inquiétude pour les compagnies contractantes et les investisseurs étrangers.

L'Irak, qui a les troisièmes réserves mondiales de pétrole avec 115 milliards de barils, n'est pas actuellement soumis à un quota.

(AFP / 17 avril 2010 14h13)

http://www.romandie.com/ats/news/100417121355.0rxwkxrv.asp



Dossier & Point de vue

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Iyad Allaoui ne veut plus du "règne d'un seul homme".

Iyad Allaoui  prévient qu'il n'acceptera pas le "règne d'un seul homme".

Ces propos confirment la perspective de longues tractations pour aboutir à la formation d'un gouvernement d'alliance.

"Notre vrai souci est le bien-être de la population, quelle que soit la forme que prendra le gouvernement ou le temps qu'il faudra pour le constituer", a déclaré Allaoui à Beyrouth.

"Nous n'accepterons pas de former très vite un gouvernement, un arrangement à la va-vite qui apporterait à l'Irak les mêmes désastres qu'au cours des quatre dernières années.

Le règne d'un seul parti, d'un seul homme, nous ne l'accepterons pas."

Le bon score d'Allaoui, notamment parmi la minorité sunnite qui déplore la domination chiite depuis la chute de Saddam Hussein en 2003, pèsera de tout son poids lors des discussions sur la formation du prochain gouvernement et sur l'organisation de la sécurité une fois que les troupes américaines se seront retirées du pays, dans leur totalité à la fin 2011.

Iyad Allaoui, qui fut Premier ministre en 2004 et 2005, se dit ouvert à des alliances, y compris avec Maliki, à condition que ce dernier se démarque de tout sectarisme et approuve la réconciliation entre communautés.

"LA DYNAMIQUE A CHANGÉ"

Le soutien de Maliki à la décision d'interdire à des centaines de candidats de se présenter aux législatives en raison de leurs liens présumés avec l'ancien Parti Baas de Saddam Hussein a valu au Premier ministre sortant de nombreuses critiques de la part des sunnites.

"Jusqu'ici, il s'est montré inflexible non seulement dans sa défense de la cause d'une seule communauté (...) mais il a nommé aux plus hauts postes gouvernementaux des responsables qui appartiennent non seulement à sa communauté mais à son parti, ce que nous considérons comme très dangereux", a poursuivi Allaoui qui bien que chiite, a défendu une liste intercommunautaire.

"Si (Maliki) change d'attitude, en paroles mais aussi en actes (...), nous serons évidemment très heureux de coopérer avec lui. La dynamique a changé. Peut-être que cela lui fera comprendre qu'il n'a aucun avenir s'il persiste dans tout ce qu'il a fait."

19 mars,

http://fr.news.yahoo.com/4/20100319/twl-irak-allaoui-38cfb6d_1.html


1-2 La Cour suprême irakienne complique la tâche d'Allaoui.

Un avis de la Cour suprême lié à la désignation du chef du gouvernement pourrait retarder encore plus la formation du cabinet.

Le vainqueur des législatives en Irak, le laïque Iyad Allaoui, a lancé samedi 27 mars les négociations pour former une coalition gouvernementale avec l'ensemble des forces politiques, mais la tâche s'annonce difficile et de longue durée.

Outre la contestation des résultats par le Premier ministre sortant Nouri al-Maliki, un avis de la Cour suprême sur une interprétation d'un article de la Constitution lié à la désignation du chef du gouvernement pourrait générer une grave crise politique et retarder encore plus la formation du cabinet.

Les alliances pourraient suffire à al-Maliki
Cet avis de la Cour suprême, réclamé par Nouri al -Maliki, juge que la formation d'un gouvernement pouvait également être confiée à une alliance de listes qui se sont présentées indépendamment mais qui, ensemble, totalisent le plus grand nombre de sièges. Si la liste du Premier ministre sortant réussit à former une plus grande coalition avec d'autres listes, elle pourrait être chargée de former le cabinet.
Pour le vainqueur des élections cependant, la Constitution est claire. "Le bloc qui a remporté le plus de sièges est celui chargé de former le gouvernement même s'il n'a gagné que d'une demi-personne".
"Le gouvernement actuel du frère Maliki comprenait des alliances comprenant les sadristes, le Conseil islamique et d'autres qui se sont retirés de l'alliance. Si l'on applique cette règle, le gouvernement aurait dû démissionner depuis longtemps car il ne représente plus la majorité", a-t-il dit. Mais une chose est sûre: le nouveau gouvernement ne devrait pas voir le jour avant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, le vainqueur ne disposant pas d'une majorité absolue pour former, seul, le cabinet et devra se livrer à des tractations difficiles pour rassembler une coalition gouvernementale.

Absence de dialogue

La commission électorale avait annoncé vendredi que le Bloc irakien de Iyad Allawi avait obtenu 91 sièges au Parlement lors des législatives du 7 mars, contre 89 pour l'Alliance pour l'Etat de droit de Nouri al-Maliki. "Nous pensons qu'il doit y avoir un gouvernement fort capable de prendre des décisions qui servent le peuple irakien et permettent à l'Irak d'atteindre la paix et la stabilité" a martelé le vainqueur qui a mandaté dès samedi le vice-Premier ministre sortant, le sunnite Rifaa al-Issawi pour mener les négociations.
Dans un entretien diffusé ensuite par la télévision locale Soumeria, il a déclaré que des membres de sa liste avaient mené un "dialogue" avec le Dawa, le parti de Nouri al-Malikii, mais qu'il n'y avait "en vérité pas de rapprochement". Selon lui, la campagne avant les élections contre des anciens membres du parti Baas interdit de Saddam Hussein, qui a visé plusieurs membres de sa liste, a même provoqué un "refroidissement des relations" avec le Premier ministre sortant. "Jusqu'à présent il n'y pas de dialogue important avec le Dawa comme avec le Conseil suprême islamique d'Irak et les sadristes ou les kurdes mais nous espérons qu'il aura lieu", a-t-il souligné.

28.03.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/p...


1-3 Chems Eddine Chitour : L’Irak d’Hammourabi : Pour en finir avec la démocratie aéroportée.

« Le fort ne doit pas opprimer le faible. »
Le Code d’Hammourabi il y a 38 siècles

Cette « loi » du Code d’Hammourabi qui régna en Mésopotamie (Irak actuel) , d’il y a 1800 ans avant J.C. a apparemment été ignorée par l’Occident. La presse occidentale ne tarit pas ces jours-ci sur la « jeune démocratie irakienne » faisant preuve d’une amnésie immorale visant à présenter les envahisseurs comme des philanthropes venues apporter les « lumières de la démocratie aéroportée » à ces peuples barbares parce que riches d’une civilisation qui a vu l’émergence de l’humanité. Petit rappel pour fixer les idées : les Irakiens, peuple fier s’il en est, peuple instruit avec le taux d’analphabétisme le plus bas du monde arabe, il constituait un danger pour le « monde libre et civilisé ».

Justement, pour parler des « civilisateurs », il est bon de leur rappeler leurs origines. Tout commence, nous dit l’historien Georges Tate, professeur à Dauphines, par les Croisades. Ecoutons-le brièvement nous narrer quelques délices dont se sont rendus coupables les croisés :

« ...En ce temps-là, c’était nos ancêtres, les Francs, qui les employaient, au nom d’une certaine idée de la chrétienté. Le Moyen-Orient était devenu arabe, bientôt musulman. Cette réalité leur était insupportable... de toute l’histoire du Moyen-Orient, l’épisode chrétien fut l’un des plus noirs. Et nous n’avons pas fini d’en mesurer les effets... » « (...) Pendant plus de mille ans, le Moyen-Orient a été le lieu d’affrontements entre Occident et Orient, entre chrétiens et musulmans. (...) A cette époque, le monde islamique, qui s’étend de l’Inde à l’Espagne, est florissant : les arts, les sciences se développent ; on y pratique une vraie tolérance religieuse, alors qu’en Europe, les hérétiques sont hors-la-loi. Les Arabes ne cherchent pas à convertir à l’Islam, quand Charlemagne convertit les peuples vaincus par la force. Ils accordent un statut légal aux chrétiens et aux juifs de Syrie et de Palestine. A Damas et à Jérusalem, ces derniers accèdent librement à leurs lieux de culte. Dans les mêmes villes, ils fréquentent des lieux de culte voisins, certaines églises ayant même été partagées au lendemain de la conquête. Chrétiens, juifs et musulmans priant dans les mêmes lieux, cela fait rêver (...) L’Occident est alors un monde primitif. (...) Car ces bons chrétiens de croisés se sont comportés comme des sauvages sanguinaires, qui pillaient, violaient, massacraient. (...) Rien de tel avec les croisés. Il leur est même arrivé de pratiquer l’anthropophagie...Quand les habitants d’une ville du nord de la Syrie (Maara) se rendent, les croisés les exterminent tous ; pressés par la famine, ils font cuire les corps des hommes et des enfants. Les auteurs latins en parlent très explicitement. » (1)

Quel est le bilan de la dernière croisade de messire Bush ? La guerre d’Irak, opération Iraqi Freedom a débuté le 20 mars 2003 avec l’invasion de l’Irak. Les raisons invoquées officiellement étaient : la « lutte contre le terrorisme », état soutenant Al Qaîda, l’élimination des armes de destruction massive qu’était censé détenir l’Irak. Ces accusations ont depuis été démontrées comme non fondées. Certains observateurs parlent de raisons, officieuses : les liens entre les néo-conservateurs au pouvoir à Washington et des entreprises d’exploitation pétrolière, notamment le Groupe Carlyle, Enron, Halliburton Energy Services et Unocal. Après seulement 19 jours de déplacement et au prix de quelques combats (depuis le départ du Koweït), l’armée américaine a bousculé facilement les unités de la Garde républicaine Après leur victoire, les troupes de la coalition ont cherché à « pacifier l’Irak ». Néanmoins, la population est massivement hostile aux troupes de la coalition et des conflits surviennent. En outre, la majorité des villes se trouvent dans une situation difficile : pillages, affrontements, règlements de compte... Selon J. Stieglitz, le coût global de la guerre en Irak serait de 3000 milliards de dollars. Le 15 septembre 2004, l’armée américaine relâche 275 détenus de la prison d’Abou Ghraib avec toute l’horreur attachée à la perversion d’un côté et aux souffrances de l’autre. En Janvier 2007, en pleine fête de l’Aïd el Adha, Saddam Hussein a fait preuve d’un rare courage lors de sa pendaison.

En octobre 2006, la revue médicale The Lancet estimait le nombre de décès irakiens imputables à la guerre à 655.000. L’institut Opinion research business a estimé à plus de 1.000.000 le nombre de victimes irakiennes entre mars 2003 et août 2007. La guerre a provoqué l’exode d’au moins deux millions d’Irakiens. Ceci sans parler des dégâts occasionnées par le programme pétrole contre nourriture : plus de 500.000 enfants seraient morts de maladie et de malnutrition. Les dommages aux infrastructures civiles sont immenses : les services de santé sont pillés. Il y a eu une détérioration des canalisations d’eau et la dégradation des bassins hydrographiques du Tigre, de l’Euphrate. Il y a de plus, augmentation de l’insécurité générale (pillages, incendies et prises d’otage), suite à la désorganisation totale des différents services publics tels que les forces de l’ordre. De nombreux centres historiques ont été détruits par les bombardements américains, les combats et les pillages. Le Musée national d’Irak a été pillé.

Que reste-t-il de l’Irak ?

En novembre 2008, les gouvernements irakien et américain ont signé un pacte bilatéral incluant le Status of forces agreement (Sofa) qui fixe à la fin 2011 le terme de la présence militaire des États-Unis. Les Américains avec la satisfaction du devoir bien fait, notamment par une mainmise sur les ressources pétrolières par multinationales américaines interposées, rentrent au pays.

« L’Irak, écrit Aymeric Janier, est menacé par les violences confessionnelles depuis que les « Fils de l’Irak », des milices sunnites enrôlées par les États-Unis pour lutter contre Al Qaîda, ont commencé à rejoindre l’insurrection. (...) Richard Haass, président du US Council on Foreign Relations, déclare : « Il est évident qu’il y a encore de multiples lignes de fracture dans la société. A mon avis, l’Irak et les États-Unis vont devoir ajuster les calendriers et laisser une force résiduelle de dizaines de milliers d’hommes au-delà de 2011. » Les États-Unis versaient une solde à près de 100.000 « Fils de l’Irak » pour s’assurer de leur participation à la politique de « surge », mais a transféré la responsabilité de ces hommes au gouvernement irakien ces derniers mois. Depuis lors, les soldes se sont évaporées. Seuls les 5000 membres du Réveil de l’Irak ont été employés par les forces de sécurité irakiennes. Pour le colonel Andrew Bacevich, un historien militaire, les forces de sécurité irakiennes ne sont pas encore prêtes à assumer le contrôle. Les Américains, écrit Aymeric Janier, partent ! » (2)

« Baghdad savoure sa victoire ! Le président Barack Obama a vu mardi une étape « importante » dans le retrait des soldats américains des villes irakiennes, mais a prévenu : « Ne vous y trompez pas, il y aura encore des jours difficiles. Nous savons que la violence va se poursuivre en Irak, nous l’avons vu dans l’attentat inepte qui s’est produit aujourd’hui à Kirkouk. » Le Los Angeles Times, lui aussi, doute des véritables desseins d’Al Maliki : « A-t-il l’intention de bâtir un état autoritaire ? (...) L’Irak peut plonger dans la guerre civile, ou Maliki (ou un autre) peut s’arranger pour imposer une poigne de fer ». (2)

En fait, la situation est plus que jamais dangereuse. L’Irak est un pays profondément meurtri. Les haines séculaires interconfessionnelles et tribales maîtrisées du temps de Saddam Hussein ont été boostées par les Etats-Unis. Appliquant la politique du « diviser pour régner », les Américains enlisés en Irak, s’allient alternativement aux chiites contre les sunnites et inversement. La guerre civile larvée entre chiites et sunnites, qui a ensanglanté l’Irak après la destruction de la mosquée de Samarra, a été gelée par la nouvelle stratégie anti-insurrectionnelle mise en oeuvre par le général Petraeus en 2007, avec le renforcement, ou « surge », du corps expéditionnaire décidé par George Bush en 2007. Les Américains avaient alors pris sous leur aile et financé les milices de combattants sunnites, s’en faisant des alliés dans la lutte contre les jihadistes, tout en les protégeant contre les incursions des paramilitaires chiites, mettant fin ainsi au cycle des représailles. (...) (3)

Pour conjurer les attentats à l’explosif, les Irakiens ont cru se doter de la parade en achetant des détecteurs d’explosifs. Une société britannique a vendu en Irak des milliers de « détecteurs de bombes » dont le seul et unique dispositif « électronique » était une étiquette antivol du type de celles utilisées dans le commerce de détail. Plusieurs attentats sanglants ont frappé Baghdad, dont les forces de sécurité étaient confiantes dans le fonctionnement du détecteur. (...) Le gouvernement irakien a dépensé 85 millions de dollars pour acquérir des détecteurs ADE-651 dont on peut supposer que l’inefficacité soit pour partie responsable dans des attaques à la bombe qui ont tué des centaines de personnes. Sidney Alford, l’un des principaux experts en explosifs, qui conseille l’armée, a déclaré à Newsnight que la vente de l’ADE-651 était « absolument immorale » (4)

C’est presque devenu une habitude. En Irak, chaque étape du calendrier de retrait des troupes américaines est marquée par de violents attentats. Le 30 juin dernier, alors que les forces irakiennes reprenaient officiellement le contrôle des villes, au moins 26 personnes ont été tuées dans un attentat à la voiture piégée à Kirkouk. Les Etats-Unis, eux, craignent que cela ne ravive les tensions ethniques dans le pays. Washington cherche, notamment à éviter que la minorité sunnite soit marginalisée du processus politique.

« Le 4 mars 2010, écrit Chaker Al-Anbari, le vote anticipé a commencé pour les militaires, les membres des forces de sécurité, les personnes hospitalisées et les détenus. (...) Mes amis et mes proches ne m’ont parlé que de la campagne. (..) Les orientations idéologiques et confessionnelles, le langage et la terminologie distinguent la droite de la gauche, les nationalistes arabes des religieux. C’est une sorte d’inventaire que la société fait d’elle-même, après une longue période de déni et de d’hypocrisie. (...) Quelque chose d’inédit est en train de se passer. Avant, pendant ou après ce jour-là, quelque chose se produira. Tout le monde en est convaincu. "On verra ce qui se passera après les élections." Les Irakiens veulent un bouleversement. (...) On se range sous la bannière de l’homme fort, honnête, sincère, probe, préoccupé uniquement du bien public ». (5)

Pascal Riché résume assez bien les enjeux du scrutin. Il écrit :

« Malgré les précautions prises et la mise en place d’observateurs, le scrutin est menacé de fraudes. Sa légitimité a déjà été une première fois mise en question, en février, lorsque quelque 500 candidatures ont été rejetées par la commission de "débaasification", présidée par le chiite Ahmed Chalabi, Pour calmer le jeu, le Premier ministre Nouri al Maliki a annoncé qu’il allait réintégrer dans les forces armées 20.000 officiers de l’ère Saddam Hussein. (...) De nombreuses listes ont été composées en ce sens, mêlant chiites et sunnites. Environ 19 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour élire 325 députés, qui désigneront ensuite le Premier ministre. Au total, on compte près de 6000 candidats. Une Haute commission électorale indépendante (Ihec) supervise le bon déroulement du scrutin ». (6)

Le paysage politique est atomisé. Aucun parti n’est en mesure d’emporter une majorité à lui seul. Le gouvernement, qui sera désigné par le prochain Parlement, sera le fruit d’un équilibre, l’émanation d’une coalition. Les principales coalitions en campagne sont : l’Etat de droit. C’est une coalition menée par le Premier ministre (chiite) Nouri al Maliki, 60 ans, chef du parti religieux Dawa, créé en 1957. L’Alliance nationale irakienne (ANI). C’est la coalition chiite hétéroclite qui s’oppose à al Maliki. Elle inclut des partisans de l’imam radical Muqtada al Sadr et de l’ancien Premier ministre Ibrahim al Jaafari. On compte aussi dans ce camp Ahmed Chalabi. Les Chiites représentent 60% de la population irakienne. Le Mouvement irakien nationaliste (al-Iraqiyya), de l’ancien Premier ministre (sunnite) Ayad Allawi (64 ans). Au Kurdistan, les deux anciens frères ennemis, PDK et UPK, ont présenté des listes communes comme en 2005. (..) L’Iran, de son côté, rêve de faire de l’Irak son allié dans la région en installant un gouvernement chiite ami au pouvoir. (...) Une fois que les résultats seront validés, des tractations s’engageront pour former une nouvelle coalition de gouvernement : une période propice à toutes les pressions et violences. Selon les responsables américains, le processus pourrait prendre « des mois ». (6)

L’ombre de l’Iran

Quid de l’Iran dont on dit qu’il place ses pions ?

« Les néoconservateurs, écrit Robert Dreyfus, du Times, qui souhaitaient transformer le Moyen-Orient, ont réussi au-delà de leurs attentes, mais le résultat diffère sensiblement de leurs prévisions. Loin d’avoir gagné un allié dévoué et une place forte au coeur de la région, ils ont au contraire renforcé Téhéran. Dernière preuve en date de cette influence, c’est Ahmed Chalabi, l’exilé irakien favori des faucons de Washington en 2003 et dont le rôle d’agent d’influence au service de Téhéran est désormais indubitable, qui a épuré la liste des candidats aux prochaines élections de 500 hommes politiques sunnites. Sept ans après l’invasion américaine, l’Iran a la haute main sur le pays grâce à ses alliances avec un réseau de politiques chiites. Téhéran ne renoncera pas aisément à cet atout majeur dans le conflit qui l’oppose à l’Occident sur le dossier nucléaire ». (7)

C’est un fait, rien ne peut se faire sans l’Iran et curieusement les Etats-Unis comptent sur l’Iran. Ni la pacification de l’Irak, ni l’apaisement de l’Afghanistan, ni le rapprochement entre Israéliens et Palestiniens ne pourront se faire sans une intervention de l’Iran, puissance incontournable. Mais, si l’Amérique lui accorde une place, le pays peut modérer son impétuosité révolutionnaire et l’aider sur de multiples fronts. Voilà qui changerait la donne, d’une manière aussi radicale que le rapprochement sino-américain a bouleversé le monde en 1972. Nul doute, cependant que la stabilité n’est pas pour demain à moins que les « interférences » cessent et que les Irakiens trouvent en eux la force nécessaire pour aller vers l’unité seule issue pour ramener la paix à ce peuple qui pourra alors, renouer avec la sagesse de « Dar El Hikma » de Haroun Ar Rachid il y a de cela 1 200 ans.

Pr Chems Eddine Chitour
Ecole Polytechnique enp-edu.dz

1. Georges Tate : « Les croisés pillaient, violaient, massacraient... » : L’Express du 20/02/2003

2. Aymeric Janier, Irak, un avenir sécuritaire et politique en pointillés. Le Monde.fr 30.06.09

3. Ali Rifat, Hala Jaber, Sarah Baxter, Irak : les causes de la nouvelle flambée de violence. The Times 7 mai 2009

4. Caroline Hawley et Meirion Jones. BBC Newsnight, 22 janvier 2009

5. Chaker Al-Anbari : La population rêve de grands lendemains Al-Mustaqbal 04.03.2010

6. Pascal Riché : Les élections irakiennes pour les nuls. Rue 89 06/03/2010

7. Robert Dreyfuss : L’Irak, atout iranien The Nation, 18 février 2010

15 mars

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/L-Irak-d-Hammourabi-Pour-en-finir-avec-la-democratie-aeroportee.html

http://www.legrandsoir.info/L-Irak-d-Hammourabi-Pour-en-f...


1-4 F. Delorca : Sous la botte étatsunienne en Irak.

Le 17 janvier dernier, la Haute Cour pénale irakienne - ex Tribunal spécial irakien, créé en 2003 par les autorités d’occupation - a condamné à mort en catimini Ali Hassan al-Majid dit "Ali le chimique" pour avoir ordonné le bombardement au gaz de la ville kurde de Halabja, le 16 mars 1988. Il a été pendu le 25.

Ce bombardement a longtemps servi de mobile à l'administration Bush pour justifier sa guerre contre l'Irak, notamment lorsque celui des armes de destructions massive prêtait à caution.
Un dossier sur france-irak-actualité.com rappelle que la bataille de Halabja a été provoquée par l’entrée au Kurdistan irakien d’une colonne de Gardiens de la révolution iranienne (Pasdarans), guidée par un groupe de peshmergas de l’Union Populaire du Kurdistan (UPK), le parti de Jalal Talabani, actuel président de la République, ce qui, en pleine guerre Iran-Irak, était un acte de trahison. "Arrivés près de la ville, explique ce blog, les Iraniens s’étaient emparé d’une garnison irakienne, et - selon le témoignage d’un ancien ambassadeur de France à Bagdad - égorgé les prisonniers et leur famille. A Téhéran, les mollahs organisateurs de cette opération, baptisée Val Fajr-10, savaient ce qui risquait de se passer ; les chefs de l’UPK probablement aussi.

A chaque fois que les Iraniens perçaient dangereusement les lignes irakiennes, les gaz étaient utilisés pour les repousser. Malgré le danger, l’UPK avait ordonné à la population de Halabja de se rassembler pour accueillir leurs « libérateurs »." L’armée irakienne a utilisé du gaz pour annihiler l’offensive iranienne sur son territoire mais l’Iran est aussi accusée d’en avoir fait autant au cours de la bataille, et à Halabja précisément.

Le 4 mai 1990, le Washington Post a résumé un rapport classifié de l'Army War College affirmant que l’interception par les Etats-Unis des communications échangées sur le champ de bataille désignait l’Iran comme l’auteur du bombardement au gaz de Halabja. Les Pasdarans croyaient que la ville avait été reconquise… Ce rapport, co-rédigé par le docteur Stephen Pelletiere, analyste de la CIA spécialiste de l’Irak, précisait que l’Irak ne possédait pas le type de gaz utilisé à cet endroit. Les conditions dans lesquelles le procès se déroulaient ne permettaiênt pas de faire la lumière sur cette affaire. Mais des rebondissements sont possibles. Le site kurde Rudaw.net a révélé qu’il y a deux mois, pendant l’assemblée plénière de l’UPK, Jalal Talabani a accusé son ancien n°2, Nawshirwan Mustafa -  aujourd’hui chef du Gorran (Changement), mouvement kurde d’opposition - d’être responsable du bombardement. Le 16 mars 2006, lors de la cérémonie anniversaire du massacre, la population de Halabja a incendié le monument qui le commémore.
L'ex-Vice-premier ministre irakien Tarek Aziz pour sa part qui a été condamné à 15 ans de prison a été hospitalisé d’urgence le 17 janvier sur la base américaine de Balad (ex Al-Bakr), près de Ramadi, suite à une nouvelle attaque cardiaque. Il aurait perdu l’usage de la parole. Sa famille n’a pu obtenir de nouvelles de son état de santé, ni des autorités américaines, ni irakiennes. Aucune ONG humanitaire occidentale ne se préoccupe de son sort. Son décès arrangerait les leaders occidentaux.
Les ex-baassistes ne sont pas les seules victimes d'une répression brutale sans respect de l'Etat de droit en Irak. Un millier d'hommes et de femmes, selon Amnesty International, sont en attente de l'exécution de leur condamnation à mort dans ce pays. Parmi elles, le collectif des Femmes irakiennes unies pour un Irak indépendant et unifié cite des condamnés de droit commun comme Samar Saed Abdullah accusée d'avoir tué son oncle et sa femme, mais qui dit avoir avoué sous la torture alors que l'auteur du crime serait son fiancé. Une campagne internationale est menée sur ce thème sur Stopwar.org.uk.
Dans ce pays où les multinationales se partagent la manne pétrolière, le bilan de la guerre et de l'occupation depuis  2003, est de 1,2 million de morts (y compris les pertes résultant des guerres civiles résultant du démantèlement des structures étatiques par les occupants occidentaux), un million de handicapés, 5 millions d'orphelins, 1 million de veuves. 

Selon Oxfam : 92% des enfants irakiens souffrent de difficultés scolaires dues à des traumastisme, seulement 30% d'entre eux ont accès à l'éducation secondaire,180 hôpitaux en Irak sont dépourvus d'équipements de base. 4 millions d'Irakiens sont réfugiés refugees. Selon Transparency International, le gouvernement irakien est parmi les plus corrompus du monde. Les actions pour le jugement devant la justice internationale de Tony Blair, JM Aznar et George W Bush, D. Rumsfeld, D. Cheney, C. Rice etc. se poursuivent.

En campagne électorale, Barack Obama avait promis de retirer les troupes américaines d’Iraq dans les 16 mois suivant son accession à la présidence. Avec Robert Gates, l’Amiral Mike Mullen et de nombreuses autres voix, il a ensuite décrit ce scénario comme étant simplement l’une des options envisageables.

En février 2009, il parlait plutôt de 19 mois — le retrait des troupes devant être effectué en août 2010. Puis, le mois suivant, lors d’une discours à Camp Lejeune (Caroline du Nord), la date était reportée encore, cette fois à la fin 2011, qui est celle que l’administration Bush avait elle même retenue dans son accord avec le gouvernement de l’Iraq (le Status of Force Agreement, ou SOFA).Et déjà, l’administration Obama parle d’y laisser des "troupes de non-combattants" même après 2010 ou 2011...
F. Delorca

Atlas alternatif


1-5 Lieven De cauter : La destruction de l'Etat comme objectif de guerre.   

A l’approche de l’anniversaire du déclenchement de la guerre en Irak, je pense à ce que j’écrivais il y a sept ans. Cette guerre n’avait rien à voir avec la lutte contre le terrorisme mais avait été planifiée longtemps à l’avance non pas en vue d’une démocratisation de l’Irak mais plutôt de sa destruction. J’avais été ouvertement raillé pour avoir défendu ce point de vue et ma colère était considérée au mieux comme naïve ou pathétique aux yeux de l’opinion mais pas à ceux du monde politique.
En vue de la préparation d’une soirée commémorative de ce septième anniversaire du 20 mars, je suis en train de lire :  Nettoyage culturel en Irak. Pourquoi les musées furent pillés, les bibliothèques brûlées et les universitaires assassinés ? (1)   L’hypothèse de base, que vous le croyiez ou pas, était que cette guerre avait dès le départ comme unique objectif la destruction de l’Etat irakien. Mais il y a plus : l’épuration culturelle, le pillage des musées, l’incendie des bibliothèques et l’assassinat des universitaires faisaient partie intégrante de la stratégie de guerre, affirment les auteurs.
L’élimination d’un Etat deviendra certainement un concept au même niveau que le génocide et ses dérivés tels que l’urbicide – destruction de villes-, le sociocide - destruction de sociétés -, le mnémocide - destruction de la mémoire collective -.

Nous l’espérons d’autant plus que ces nouveaux concepts et leurs intrications ne s’appliquent pas seulement à l’Irak.
La presse a largement couvert les pillages de musées.

Mais les articles sur ce sujet n’ont pas pointé la responsabilité des pouvoirs occupants contrairement à ce que stipulent les règles internationales du droit de la guerre. La presse n’a pas non plus stigmatisé comme telle cette stratégie de mnémocide. Par contre, au fil de toutes ces années, un silence assourdissant a occulté le meurtre programmé de centaines de cadres et universitaires victimes d’assassinats ciblés en Irak. Etrange, d’autant qu’au cours des trois premiers mois de l’occupation, 250 universitaires ont été tués.

Le BRussels Tribunal dispose maintenant d’une liste de 437 victimes qui sert de référence mondiale. Parce que les professeurs qui ont documenté ces meurtres et disparitions ont aujourd’hui été assassinés ou contraints à l’exil, il est de plus en plus difficile de tenir cette liste à jour. Selon le Christian Science Monitor, en juin 2006 déjà, 2500 universitaires avaient été tués, enlevés ou expulsés du pays. Nul ne sait combien ont été assassinés à ce jour. On sait que des milliers ont été menacés, souvent par des enveloppes contenant des balles, et qu’ils se sont enfuis. Tout comme les universitaires, les journalistes, les médecins, les ingénieurs et les leaders spirituels ont fait l’objet d’intimidations, d’enlèvements et de meurtres. Il faut savoir que dans ces cas, il ne s’agit pas d’éliminations à caractère partisan car les statistiques ne le démontrent pas. Ce sont des autorités intellectuelles qui ont été ciblées, pas juste des Baasistes.
Il n’y a jamais eu la moindre enquête sur ces meurtres, les coupables n’ont donc jamais été identifiés, et encore moins jugés. Pourquoi ? Sans doute parce que les occupants et les nouveaux dirigeants estiment que cela est sans importance. Ou peut-être parce que les bataillons de la mort font partie de leur stratégie, comme auparavant au Salvador. C’est ce qu’affirme ce livre : l’assassinat des universitaires fait et continue à faire partie de «  l’option Salvador ».
Conclusion des auteurs ? 

L’objectif était d’éliminer la classe intellectuelle qui aurait pu devenir le fondement naturel d’un nouvel état démocratique. C’est sinistre. A ce point sinistre qu’il est malaisé d’y croire.

Et pourtant c’est vrai : l’élimination des universitaires et autres professionnels de la classe moyenne a servi le premier et plus important objectif de la guerre : la destruction de l’Etat Irakien. « Destruction d’Etat » plutôt que «  reconstruction d’Etat »  Selon les auteurs de l’ouvrage, ce choix d’objectif de guerre s’est fait sur base du consensus de trois parties : les néo-conservateurs qui voulaient des bases permanentes en des lieux géographiquement stratégiques de domination militaire ; Israël qui ne voulait plus d’un état puissant dans son arrière cour ; et l’industrie pétrolière qui voulait mettre la main sur les plus grands gisements au monde. Cela aussi, je l’avais écrit sept ans plus tôt.

Aujourd’hui, tout est là, noir sur blanc, avec beaucoup de notes de bas de page, bien documenté, dans un livre publié par un éditeur internationalement reconnu ( Pluto Press ). Le monde va peut-être enfin commencer à prendre conscience de la vérité. Des protestations universelles des milieux académiques seraient une bonne chose. Mais une minute de silence pour leurs collègues assassinés ne suffira pas. Parce que, et cela saute aux yeux, il ne s’agit que de la pointe émergée de l’iceberg : les enfants nés avec des malformations imputables à l’usage du phosphore blanc et de l’uranium appauvri, le manque d’eau potable, d’électricité et de soins de santé, la destruction du système d’enseignement qui a produit une génération perdue, un million et demi de morts et cinq millions de réfugiés, toutes ces choses mises ensemble font de la guerre en Irak le plus grand crime de guerre et la plus grande catastrophe humanitaire des dernières décennies. Et cela continue. Il n’y a guère d’espoir d’amélioration, surtout après les dernières élections. Ajoutons à cela les bombardements incessants et l’éclatement religieux du pays nous obtenons une image de l’enfer. Et nous, nous détournons de plus en plus la tête. Parce que nous sommes malades et fatigués de l’Irak après ces sept années ?

Cela me laisse un goût amer de réaliser combien j’avais raison avec mes thèses à propos de la destruction de l’Irak que beaucoup jugeaient absurdes. Même Bush a eu raison avec son fameux show sur le pont de l’USS Lincoln le premier mai 2003 : «  mission accomplie ». Effectivement, l’Irak est détruit.
Bon anniversaire, Mister President ! Yes, tu quoque Obama.

Note:

(1 Cultural Cleansing in Iraq - Why museums were looted, libraries burned and academics murdered 

Traduit de l’anglais par Oscar Grosjean pour Investig’action.

Lieven De Cauter,
Philosophe, président du BRussells Tribunal.

23/3

Source originale: BRussels Tribunal http://www.michelcollon.info:80/index.php?view=article&catid=6&id=2616&option=com_content&Itemid=11


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