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23/04/2010

n°327 - dossiers de l'Afghanistan - 21-04 : Fin: A Marjah, les Marines toujours sous le feu des résistants, ennemis invisibles

n°327 - dossiers de l'Afghanistan - 21-04 : Fin: A Marjah, les Marines toujours sous le feu des résistants, ennemis invisibles…



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan n°327 du 21-04

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire : 

2 Dossiers (fin)

2-8 Ariane Quentier : Les Américains rectifient-ils des erreurs du passé ?

2-9 Manlio Dinucci : Afghanistan : la guerre secrète.

2-10 La CIA veut faire pression sur L'Europe.

2-11 Comment la CIA  manipule l’opinion publique française.

2-12 GeantVert : Courrier International : L’espionnage, version business.

2-13 Prisons secrètes : le rapport qui dérange.

1-14 Guantanamo : Les dossiers Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage certaines analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

1 Guantanamo: Bush savait que la plupart des détenus étaient innocents.

2 La prison de Guantanamo pourrait être relocalisée à Bagram en Afghanistan.

3 Mohammedou Ould Slahi innocenté par la justice.

 


2-8 Ariane Quentier : Les Américains rectifient-ils des erreurs du passé ?

Nb : Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur, mais doit être vu comme information

Pour Ariane Quentier (1), il est crucial pour Hamid Karzaï et l'Otan de sécuriser et bien gouverner le terrain regagné

Le vrai défi de Marjah

Quelle est pour vous la raison essentielle de l'insurrection des résistants ?

Un réel mécontentement et le déficit de confiance de la population envers un gouvernement corrompu, inefficient, qui n'a pas rempli ses promesses.

Bon nombre d'Afghans, même s'ils n'aiment pas les résistants Taliban, disent : « De leur temps, il y avait au moins la justice et la sécurité ! »

L'insurrection s'est ensuite développée en 2004, car il y a de la corruption et pas de police.

On peut mettre tous les moyens militaires que l'on veut, le problème est aujourd'hui la mauvaise gouvernance, la corruption, l'absence d'une police qui ne protège pas les citoyens. Et la drogue. Tant que ces problèmes ne seront pas réglés, l'insurrection prospérera.

Le président Karzaï s'est entouré de deux vice-présidents anciens chefs de guerre et du général Fahim : est-ce une bonne stratégie ?

Je ne le pense pas. Les chefs de guerre, « des États dans l'État » ont été cooptés par Karzaï dès 2002 avec l'aval des Américains qui s'appuyaient sur eux pour assurer la sécurité dans le pays. Mais le président leur a laissé trop d'autonomie, ce qui a favorisé la reprise des trafics dont celui de la drogue. Leur pouvoir, perdu sous les résistants, en a été renforcé. Karzaï s'entoure aujourd'hui de ces chefs tadjik ou hazara pour des raisons de représentation ethnique et communautaire. Ils pourront défendre leur communauté auprès de la présidence. Il avait beau dire en 2004 : « Le problème n'est pas les résistants, ce sont les chefs de guerre », il les a ensuite pris au gouvernement car la politique en Afghanistan obéit a des liens de patronage : et c'est ça qui sape la démocratisation.

Depuis qu'ils appliquent leur nouvelle stratégie, les Américains rectifient-ils des erreurs du passé ?

Oui, il y a des différences d'approche depuis l'arrivée en mai dernier de Stanley McChrystal.

En passant à la stratégie de contre-insurrection « clear-hold-build » (nettoyer, tenir, construire), le général a changé la donne. En limitant les tirs de nuit et les raids aériens, il y a moins de victimes civiles et la perception des Afghans est en train de tourner. Ils ont eu des budgets importants pour des microprojets. Ils mettent sur les zones de conflit, comme à Marjah, l'armée et la police afghanes pour tenir le terrain. Si le terrain est tenu et sécurisé, on pourra gouverner et reconstruire. Le cas de Marjah a valeur de test à mes yeux : nous sommes en phase postoffensive, à l'heure d'instaurer une « bonne » gouvernance. Voyons comment le terrain évolue, si le gouvernement suit et surtout s'il en a les capacités.

La police afghane formée par les Américains et l'Otan a mauvaise réputation : que doit-on changer ?

Pour rappel, les États-Unis ont mis 2,5 milliards de dollars dans la formation de la police afghane, contre 85 millions pour les Européens. Les policiers sont sous-payés, manquent de compétence, sont au service des commandants, qui eux-mêmes sont au service des chefs de guerre. Il faudrait une police citoyenne qui protège les citoyens. Ce qui n'a jamais existé en Afghanistan et qui n'est pas dans les mentalités. Il faut donc essayer de l'adapter au mieux.

Faut-il, et peut-on, négocier avec les résistants ?

Bien sûr, car cette guerre d'insurrection n'a ni vainqueur ni perdant. Certes, les résistants (terme que je préfère à résistants) ne sont pas demandeurs et voient même l'arrivée de renforts comme un signe de leur victoire. Mais les États-Unis sont conscients qu'ils ne gagneront pas cette guerre militairement et qu'un jour, il faudra un compromis.

Ariane Quentier

(1) Auteur d'« Afghanistan, au coeur du chaos » (Denoël, 2009).

http://www.sudouest.com/accueil/actualite/international/article/905698/mil/5857147.html


2-9 Manlio Dinucci : Afghanistan : la guerre secrète.

Le général McChrystal, qui avait créé des escadrons de la mort pour éliminer les cibles désignées par le vice-président Cheney, ne supporte plus le système qu’il a mis en place. Désormais commandant en chef en Afghanistan, il voit sa stratégie actuelle perturbée par des interventions secrètes des Forces spéciales qui lui échappent. Il plaide maintenant pour une réorganisation du système.

Non par vertu, mais pour regagner son autorité.
Le général Stanley McChrystal, commandant des troupes US et OTAN en Afghanistan, est soucieux : les Forces spéciales sont « responsables d’un grand nombre de victimes civiles et opèrent selon leurs propres règles » [1]. 

Parmi les derniers épisodes mis à jour se trouve celui qui s’est déroulé dans un village de la province de Paktia, où a surgi de nuit un bataillon des Forces spéciales (sans uniformes) à la recherche de deux présumés talibans. Ils ne les ont pas trouvés, mais ont, par contre, tué le chef de la police locale et un magistrat. Quand trois jeunes femmes ont essayé de leur porter secours, elles ont été tuées elles aussi. Plusieurs témoins racontent avoir trouvé les femmes attachées et bâillonnées, et avec des coupures au couteau sur le corps.

A tout cela, le général McChrystal est habitué : de 2003 à 2008, il a dirigé le Commandement joint pour les opérations spéciales et, selon le journaliste Seymour Hersh (Prix Pulitzer), il est l’organisateur d’un « secteur exécutif pour l’assassinat », relié au vice-président Cheney, surtout actif en Irak et en Afghanistan [2]. A présent cependant, dans ses nouvelles fonctions, McChrystal veut placer les Forces spéciales sous un contrôle plus étroit afin de « réduire le nombre des victimes civiles » et, donc, le « sentiment anti-américain » qui augmente dans la population.

La chose n’est pas simple. Sous les opérations guerrières officielles, est en cours en Afghanistan une guerre secrète dans laquelle la CIA joue un rôle croissant. Elle a constitué un réseau de petites bases, d’où opèrent des groupes d’agents pour repérer les chefs des insurgés et les éliminer. Les informations sont souvent fournies par « des contractuels indépendants » au service du Pentagone et de diverses agences. Ils constituent une véritable armée ombre, dont le nombre dépasse 100 000, spécialisés dans diverses tâches. 

Une brèche s’est ouverte sur ces opérations secrètes quand le New York Times [3] a rapporté le cas de Michael Furlong, un ex officier, à présent employé civil au Pentagone, qui a utilisé des fonds de dizaines de millions de dollars, officiellement destinés à recueillir des informations sur certaines zones tribales, pour constituer un réseau de contractuels ayant pour mission de repérer, dans la zone frontière avec le Pakistan, des « présumés militants » à éliminer. Deux agences privées ont été chargées de cet objectif : l’International Media Ventures, constituée d’anciens officiers des Forces spéciales, qui s’occupe de « communication stratégique et de campagnes médiatiques » pour le compte du Pentagone et de ses commandements ; et l’American International Security Corporation, elle aussi constituée d’anciens militaires et agents secrets, qui s’occupe de « fournir de la sécurité » à des gouvernements, agences et multinationales.

On ne sait pas combien de « présumés militants » ont été éliminés sur la base des informations des deux agences, ni comment celles-ci ont été payées (au forfait ou au chiffre). On sait encore moins si, pour augmenter leur gain, ces agences ont désigné quelques pauvres bergers comme dangereux chefs taliban à faire éliminer par les Forces spéciales ou, de façon plus aseptisée, par un missile tiré depuis un drone, confortablement guidé avec un joystick depuis une base aux Etats-Unis.

Manlio Dinucci

Manlio Dinucci : Géographe et géopolitologue. Derniers ouvrages publiés : Geograficamente. Per la Scuola media (3 vol.), Zanichelli (2008) ; Escalation. Anatomia della guerra infinita, DeriveApprodi (2005).
Traduction Marie-Ange Patrizio
Source Il Manifesto (Italie)
http://www.voltairenet.org/article164511.html


2-10 La CIA veut faire pression sur L'Europe.

Comment convaincre les Européens, notamment les Français, de s'engager plus en Afghanistan ?

Réponse : en les culpabilisant, notamment en faisant parler les femmes afghanes.

L'idée viendrait d'un analyste de la CIA. Laquelle ne confirme pas.

 "Instiller un sentiment de culpabilité aux Français pour avoir abandonné" les Afghans. C'est par ce biais qu'un analyste de la CIA suggèrerait de faire pression pour convaincre la France de s'engager plus avant dans le conflit. Pour cela, il faudrait faire parler les femmes afghanes sur leur peur d'un retour des résistants : "la perspective de voir les résistants écraser les progrès durement arrachés dans des domaines comme l'éducation des filles pourrait provoquer l'indignation des Français, polariser une population française largement sécularisée, et enfin donner aux électeurs une bonne raison de soutenir une cause juste et nécessaire en dépit des victimes" militaires. 

La France n'est bien sûr pas la seule visée. Il y a aussi l'Allemagne. Les contingents allemand et français sont respectivement les troisième et quatrième par ordre de grandeur au sein de la coalition en Afghanistan. Et au-delà de Paris et Berlin, c'est toute l'Europe, de plus en plus hostile à un conflit afghan qui s'éternise sans que les populations européennes n'en voient les résultats tangibles, qui est visée. Le texte cité provient du site WikiLeaks.org, spécialisé dans les contenus sensibles. Contactée, la CIA a refusé d'authentifier le document. Mais WikiLeaks s'est déjà illustré en publiant des documents émanant du gouvernement américain ou d'entreprises privées.

"Donner un visage humain" à la mission de l'Isaf

L'insurrection des résistants, chassés du pouvoir fin 2001 par une coalition internationale menée par les Etats-Unis, ne cesse, depuis plus de deux ans, de gagner en intensité dans la quasi-totalité du territoire, infligeant des pertes de plus en plus lourdes aux forces internationales, dont les deux tiers sont américaines. Or la communauté internationale, qui a dépensé des milliards de dollars dans la lutte contre les résistants, n'a consacré que peu d'argent à des projets de développement, ce qui, avec les victimes civiles des opérations militaires, ne contribue pas à rendre la coalition internationale populaire dans le pays. 

La France, mise sous pression par les Etats-Unis pour envoyer des renforts, fait la sourde oreille, au risque de créer des tensions. Il y a quelques jours, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a indiqué devant le Sénat que Paris avait résisté à une "injonction très ferme" sur l'envoi de renforts en Afghanistan, réclamés fin 2009 par Washington et l'Otan. Plus récemment, c'est un haut gradé français, le général Philippe Got, de l'Etat-major des Armées à Paris, qui a fait savoir que la France refusait de voir la mission de la Force de réaction rapide de l'Otan "dévoyée" pour combler les lacunes sur certains théâtres d'opérations de l'alliance, comme l'Afghanistan.

L'expert du renseignement américain cité dans le texte présenté par WikiLeaks, et daté du 11 mars, revient lui-même sur la popularité vacillante de l'offensive en Afghanistan auprès des Européens. "Le ton du débat suggère qu'une augmentation du nombre de morts et de blessés du côté des troupes françaises ou allemandes, ou au sein de la population afghane, pourrait bien transformer l'opposition jusque là passive au conflit en un appel à un retrait immédiat" des troupes, insiste-t-il. Dans un tel contexte, "les femmes afghanes seraient parfaites pour donner un visage humain" à la mission de l'Isaf auprès des opinions publiques européennes, et notamment française.

Dans l'idéal, continue-t-il, les Afghanes pourraient parler de leurs "aspirations et de leur peur d'une victoire des résistants".

le 27 mars
http://lci.tf1.fr/monde/asie/2010-03/afghanistan-comment-la-cia-veut-faire-pression-sur-l-europe-5788617.html


2-11 Comment la CIA  manipule l’opinion publique française.

29/03
 Dans une note préparée par sa « cellule rouge », chargée des propositions et analyses novatrices, l’agence de renseignement américaine propose de manipuler l’opinion publique française afin de la rendre plus favorable à l’intervention en Afghanistan, et ainsi faciliter l’envoi de renforts français sur le théâtre d’opérations.

Selon ce document, en France et en Allemagne, « l’apathie de l’opinion publique permet aux dirigeants de ne pas se soucier de leurs mandants ».

En effet, bien que 80% des français et des allemands soient opposés à la guerre, « le peu d’intérêt suscité par la question a permis aux responsables de ne pas tenir compte de cette opposition et d’envoyer des renforts ».

Mais l’agence rappelle le précédent des Pays Bas où la coalition au pouvoir a éclaté sur la question Afghane, et s’inquiète d’un possible revirement de l’opinion si les prochains combats sur place sont meurtriers.

Pour les rédacteurs, il convient donc de préparer les opinions publiques à accepter des pertes, notamment en cherchant à établir un lien entre l’expédition afghane et les préoccupations internes.

Pour obtenir ce résultat, plusieurs axes sont proposés par les agents américains :

- La question des réfugiés. L’importance accordée en France à la question des réfugiés, soulignée par la vague de protestation qui a accompagné la récente expulsion de douze afghans, offrant un premier axe de propagande consistant à persuader les français que l’OTAN vient en aide aux civils.

- Le Féminisme et la condition des femmes. Le document propose ainsi d’insister sur les progrès réalisés dans l’éducation des femmes, qui seraient compromis par un retour des résistants. La CIA recommande d’ailleurs de faire délivrer les messages favorables à l’intervention occidentale par des femmes afghanes.

- L’Obamania. Le crédit dont jouit le président Obama en Europe pourrait également être mis à profit, son implication plus directe permettant sans doute de renforcer le soutien à l’intervention.

http://fr.novopress.info/54744/afghanistan-comment-la-cia-souhaite-manipuler-l%E2%80%99opinion-publique-francaise/


2-12 GeantVert : Courrier International : L’espionnage, version business.

Information vraie ou seulement partielle ?

Toujours est-il que cet article de Courrier International (original paru dans le New York Times), bien que nous livrant des faits jusqu’ici peu connus du grand public, voudrait nous faire croire qu’un fonctionnaire américain peut mener des activités d’espionnage et de tuerie organisée dans un pays en guerre comme l’Afghanistan sans en avoir eu l’autorisation de l’administration et du commandement militaire états-unien ?

L’annonce du délit et de la condamnation probable de l’auteur de ce "détournement de fonds publics américains" doit, selon nous, être prise avec prudence et lue entre les lignes, mais ne manque cependant pas d’intérêt.

Détournant des fonds publics, un fonctionnaire américain a mis sur pied un réseau de renseignements privé pour faire la chasse aux islamistes sur les territoires afghan et pakistanais. Un scoop du New York Times qui embarrasse Washington.

Sous couvert d’un banal programme officiel de collecte de renseignements sur la société afghane, un fonctionnaire du ministère de la Defense a monté en Afghanistan et au Pakistan un réseau de sous-traitants du privé pour participer à la traque et à l’élimination d’extrémistes présumés. Une information confirmée par des représentants de l’armée et des milieux d’affaires en Afghanistan et aux Etats-Unis. Michael D. Furlong a ainsi engagé comme prestataires des entreprises de sécurité employant d’anciens agents de la CIA et des forces spéciales, les fameux bérets verts. L’emploi par l’armée de sous-traitants comme espions est généralement jugé illégal. De plus, au Pakistan, le recours clandestin à des prestataires privés risque d’être interprété comme un moyen de contourner les autorités d’Islamabad qui ont interdit la présence de personnel militaire américain dans le pays. Selon des sources officielles, les activités lancées par Michael Furlong auraient été suspendues et l’homme serait l’objet d’une enquête ouverte par le ministère de la Defense pour diverses infractions présumées, notamment pour contrat frauduleux. Ces accusations apparaissent alors que les services de renseignements américains sont déjà mis en cause dans d’autres affaires de ce genre en Irak et dans le cadre d’un programme d’assassinats arrêté avant d’avoir été mis en pratique.

Bien que cela n’ait pas porté préjudice aux opérations de renseignements légales, laisser des mercenaires jouer à James Bond dans une zone de guerre est généralement une mauvaise idée”, reconnaît un fonctionnaire américain. On ignore encore si Michael Furlong a reçu l’approbation d’officiers supérieurs ou s’il a monté l’opération en solitaire. Selon des officiers militaires, l’individu, ancien officier de l’armée de l’air, est aujourd’hui employé à plein-temps par le ministère de la Defense à la base aérienne de Lackland, à San Antonio (Texas). Il possède une longue expérience des “opérations psychologiques”, terme par lequel l’armée désigne l’exploitation de l’information en temps de guerre. On ignore la date exacte du lancement de ces opérations, mais, selon certains fonctionnaires, elles se seraient accélérées à l’été 2009. Michael Furlong aurait détourné des fonds d’un programme conçu pour améliorer les connaissances de l’état-major américain au sujet des structures sociales et tribales de l’Afghanistan.

Robert Pelton, spécialiste des zones de guerre, a été recruté par Washington pour collecter des informations sur la société afghane. Il estime que son travail a été détourné par Michael Furlong. Selon lui, des millions de dollars censés être affectés au site Internet dont il était chargé ont été redistribués par Furlong pour collecter des renseignements. Ainsi, Robert Pelton raconte avoir appris de collègues afghans que des vidéos qu’il avait mises en ligne sur le site avaient été utilisées pour préparer une frappe américaine dans le sud du Waziristan, au Pakistan. Michael Furlong aurait entre autres fait appel à International Media Ventures, une entreprise de “communication en stratégie” dirigée par d’anciens agents des forces spéciales, mais aussi à American International Security Corporation, une société de Boston dirigée par Mike Taylor, un ex-béret vert lui aussi. Contacté par téléphone, ce dernier déclare avoir un temps employé Duane Clarridge, surnommé Dewey, un ancien membre éminent de la CIA impliqué dans de nombreuses affaires de l’Agence, dont le fameux scandale de l’Irangate [ventes secrètes d’armes américaines à l’Iran entre 1985 et 1987]. Interrogé à son tour, Duane Clarridge nie cependant avoir jamais travaillé avec Michael Furlong.

Mi-2008, l’armée a confié à Michael Furlong la responsabilité d’un programme de collecte d’informations sur la culture politique et tribale afghane par le biais de sous-traitants du privé. Une partie des fonds publics alloués à ce programme, 22 millions de dollars au total [16 millions d’euros], va dans les caisses d’International Media Ventures, qui possède des bureaux à St. Petersburg (Floride), à San Antonio et ailleurs. Son site montre par ailleurs que plusieurs de ses cadres dirigeants sont d’anciens membres des forces spéciales, notamment des commandos de la Delta Force très actifs dans la traque des résistants présumés depuis les attentats du 11 septembre 2001.

Dans un entretien, le contre-amiral Gregory Smith, porte-parole des forces de l’OTAN en Afghanistan (ISAF), a déclaré que l’armée américaine employait actuellement neuf civils, membres du personnel d’International Media Ventures, dans le cadre de missions ordinaires de surveillance, de collecte et d’analyse d’informations. Quant aux autres employés d’International Media présents en Afghanistan, les responsables de l’armée américaine n’auraient aucune connaissance de leurs activités. A l’été 2009, Michael Furlong a déclaré à des collègues qu’il travaillait en collaboration avec Claridge à la libération du soldat Bowe Bergdahl, kidnappé en Afghanistan [le 30 juin 2009] et qui serait actuellement détenu au Pakistan. Entre décembre 2008 et mi-juin 2009, Taylor et Duane Clarridge ont été chargés d’œuvrer à la libération de David Rohde, journaliste du New York Times enlevé en Afghanistan et retenu prisonnier pendant sept mois dans les zones tribales du Pakistan. Le journaliste a finalement réussi à s’enfuir sans leur aide.

C’est en 2008 que l’idée de créer un programme gouvernemental d’information est née dans l’esprit d’Eason Jordan, directeur de l’information de CNN, et de son partenaire Robert Pelton. Ils ont alors pris contact avec le général David McKiernan, qui devait bientôt devenir commandant des forces américaines en Afghanistan [il le sera du 6 octobre 2008 au 15 juin 2009]. Leur projet consistait à mettre en place un système de collecte d’informations en Afghanistan et au Pakistan à destination de l’armée américaine et de clients privés ayant besoin de clés pour mieux comprendre cette région complexe, devenue cruciale pour la préservation des intérêts occidentaux. Les deux hommes ont déjà monté une opération similaire en Irak, baptisée Iraq Slogger [Le bosseur], pour laquelle des Irakiens étaient chargés de rédiger des articles pour un site Internet. Eason Jordan a proposé de créer un site semblable pour l’Afghanistan et le Pakistan, à la différence près que celui-ci serait largement financé par l’armée américaine. Le site a été baptisé Afpax. D’après Eason Jordan, Michael Furlong était présent aux côtés du général McKiernan lorsqu’il lui a présenté le projet. Le général a donné son accord et Michael Furlong a assuré qu’il trouverait les financements nécessaires. Pourtant, chaque fois qu’Eason Jordan lui a demandé des fonds, Michael Furlong lui a répondu que l’argent était destiné à d’autres opérations et que son projet suscitait de moins en moins d’intérêt. “Il nous disait que le financement de nos activités allait décroissant et que notre travail était de moins en moins apprécié”, poursuit Eason Jordan.

Le contre-amiral Smith, responsable des communications stratégiques de l’armée américaine en Afghanistan, déclare s’être opposé au financement d’Afpax dès son arrivée à Kaboul, en juin 2009. Il explique qu’il n’en avait nul besoin et qu’il craignait que ses activités ne flirtent de trop près avec celles du renseignement, ce qui pouvait se traduire par le ciblage de certains individus. Il précise que la CIA s’était opposée au projet pour les mêmes raisons, mais que Michael Furlong a insisté. “J’ai finalement dû mettre les points sur les i et lui dire que nous n’étions pas intéressés”, poursuit-il. La suite des événements est assez confuse. Après le rejet du projet Afpax, Michael Furlong aurait cherché à utiliser l’argent restant pour d’autres activités. Il aurait ainsi accepté de proposer les services de certains employés d’International Media Ventures au bureau de communication stratégique du contre-amiral Smith. Reste que 15 millions de dollars [11 millions d’euros] se sont évaporés dans la nature. “Je ne sais absolument pas où est passé cet argent”, affirme le contre-amiral Smith.
 GeantVert

Mars 26

Paru le 15 mars 2010 sur Courrier International

http://www.reopen911.info/News/2010/03/26/courrier-international-l%e2%80%99espionnage-version-business/


2-13 Prisons secrètes : le rapport qui dérange.

Une étude menée par des experts indépendants de l’ONU met en lumière les connections entre 66 pays impliqués dans des réseaux de détention secrète.

Embarras général au Conseil des droits de l’homme à Genève. La présentation du rapport est reportée à juin.

Malaise au Palais des Nations à Genève. En cause, le rapport choc documentant l’implication de 66 pays dans un réseau mondial de détentions secrètes liées à la lutte antiterroriste.

Publié par l’ONU le 27 janvier dernier, le document de près de 200 pages crée l’embarras au sein des gouvernements. Initialement prévue lundi 8 mars, la présentation du rapport est reportée à la session de juin.

Fruit d’enquêtes croisées entre l’expert indépendant sur la lutte contre le terrorisme, Martin Scheinin, et celui sur la torture, Manfred Nowak, ainsi que les groupes de travail sur les disparitions forcées et sur la détention arbitraire, l’étude ne révèle rien qui ne soit déjà du domaine public – y compris le nom les 66 pays qui ont détenu au secret des personnes soupçonnées de terrorisme depuis 2001. En revanche, elle met en lumière l’ampleur des connections et les complicités entre les Etats, tous continents confondus. "Ces informations étaient connues, mais de manière éparpillée, confirme Antoine Madelin, représentant de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) auprès de l’Union européenne. C’est la première fois qu’un document donne une vue universelle sur la question, avec en plus le tampon officiel de l’ONU."

Dans son rapport sur les vols secrets de la CIA présenté en juin 2007 au Conseil de l’Europe, le parlementaire tessinois Dick Marty avait révélé la connivence de 14 pays européens. "Mais cette fois, la mise en évidence d’un réseau mondial démontre comment les services secrets peuvent élaborer des pratiques en dehors de tout contrôle démocratique, en parallèle, voire à l’insu de leur gouvernement, explique-t-il au téléphone. Et on est encore loin d’avoir fait toute la lumière !"

Manque de transparence des services secrets

Aussi bien pour Dick Marty que pour Antoine Madelin, le rapport pointe du doigt la nécessité impérative d’obtenir plus de transparence des services secrets dans la lutte contre le terrorisme. Un problème auquel la communauté internationale a refusé de répondre jusqu’à aujourd’hui, affirment-ils.

"Le rapport met aussi sur la table un autre problème non résolu en Europe : les responsabilités dans les vols de la CIA. Très peu d’affaires ont été traduites en justice alors que les liens sont avérés", ajoute le représentant de FIDH.

Des raisons qui expliquent le malaise général. Tandis que des pays occidentaux, dont la Grande Bretagne ou les USA, contestent les passages les concernant tout en acceptant le principe de la démarche, nombre de pays africains ou musulmans voudraient que le document passe à la trappe.

Le 31 décembre 2009, le Pakistan envoyait au nom de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) une lettre au président du Conseil, Alex Van Meeuwen, demandant que le rapport ne soit pas reconnue comme document officiel de l’ONU, donc qu’il ne soit pas présenté au Conseil des droits de l’homme. Selon la lettre, les rapporteurs spéciaux auraient outrepassé leur mandat en menant cette enquête de leur propre initiative. Les pays membres de l’OCI reprochent par ailleurs à Martin Scheinin de n’avoir pas rédigé une autre enquête qui lui avait été demandé par le Conseil sur les bonnes pratiques en matière de lutte antiterroriste.

Le 8 janvier, l’ambassadeur du Nigeria, au nom du groupe des pays africains, réitérait la demande au président Van Meeuwen. Lequel répondait le 11 février, après consultation juridique, que les experts n’avaient en rien outrepassé leur mandat et qu’ils avaient agi en total accord avec leur code de conduite.

Selon Peter Splinter, représentant d’Amnesty International auprès de l’ONU à Genève, ces protestations faites au nom des pays de l’OCI et du groupe africain ressemblent à des "tactiques pour étouffer davantage les procédures spéciales à la veille du processus de révision du Conseil prévu plus tard cette année." Ces pays, qui avaient réussi à imposer un code de conduite pour les rapporteurs spéciaux en 2007, aimeraient un contrôle encore plus serré.

Embarrassant pour les pays musulmans

Pour Dick Marty, le rapport est particulièrement embarrassant pour les pays musulmans qui voient apparaître au grand jour leur connivence dans la traque internationale de musulmans au nom de la lutte contre le terrorisme. "La quasi totalité des personnes victimes de ces prisons secrètes sont aujourd’hui des musulmans, explique-t-il. Ce qui est tragique, c’est qu’en employant des méthodes illégales, soit on atteint des innocents, soit on transforme des criminels en martyres, suscitant ainsi la sympathie populaire à leur encontre".

Les retombées positives du rapport sont pourtant palpables. "Il peut servir à renforcer la cohérence de l’ONU dans la lutte contre le terrorisme", suggère Antoine Madelin, faisant référence au comité ad-hoc mis en place par le Conseil de Sécurité juste après le 11 septembre 2001. Ce rapport peut contribuer à établir des lignes directrices pour renforcer les mesures de protection en démontrant notamment que les prisons secrètes ne contribuent en rien à la lutte contre le terrorisme."

De son côté, Dick Marty qui affirme n’avoir que peu de confiance dans le Conseil de sécurité, au sein du quel se noue, du moins sur ce sujet, une "alliance perverse entre Américains, Chinois et Russes où chacun a intérêt à faire passer ses méthodes", propose que les parlements fassent toute la lumière sur ce qui s’est passé et demandent des comptes à leurs gouvernements.

La Suisse limite les abus dans les mesures antirésistants

La Suisse vient de faire un pas dans la protection des libertés en mettant des bémols aux sanctions décidées par le Conseil de sécurité de l’ONU à l’encontre de personnes suspectées d’être en lien avec al Qaida.

Après les attentats du 11 septembre 2001, le Conseil de Sécurité a établi une liste de "présumés résistants", avec une série de sanctions à leur encontre, telles que le gel de leurs avoirs et l’interdiction pour eux de voyager. Suite à de nombreux amalgames dans les noms listés, des personnes n’ayant rien à voir avec al Qaida se sont retrouvées bloquées des années durant sans pouvoir vraiment se défendre et sans aucun moyen de recours auprès d’une autorité indépendante. A des personnes simplement soupçonnées – souvent complètement à tort – on ne reconnaît ainsi pas les droits essentiels dont bénéficient les pires criminels.

Or jeudi, le Conseil national a adopté une motion de Dick Marty, déjà approuvé à l’unanimité par le Conseil des Etats, stipulant que la Suisse renonce à appliquer la sanction sur un individu figurant sur cette liste noire si cette personne n’a pas pu recourir auprès d’une autorité indépendante, ni n’a été déférée à la justice au bout de 3 ans.

"L’adoption de cette motion est importante car elle marque le refus du parlement de court-circuiter à travers le droit international des libertés fondamentales reconnues au niveau national," souligne Dick Marty.

16 mars 2010

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=20100316&articleId=18151 



1-14 Guantanamo : Les dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage certaines analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

1 Guantanamo: Bush savait que la plupart des détenus étaient innocents.

L'ex-président  Bush savait que la majorité des détenus de la prison de Guantanamo étaient innocents mais les a maintenus en détention pour des raisons politiques, affirme l'ex-bras droit de Colin Powell dans un document obtenu par le quotidien britannique The Times. 
Lawrence Wilkerson, chef d'état-major de l'ancien chef de la diplomatie américaine Colin Powell, affirme dans une déclaration jointe à une plainte d'un prisonnier de Guantanamo, que l'ancien vice-président Dick Cheney et l'ex-secrétaire à la guerre Donald Rumsfeld savaient que la majorité des personnes détenues en 2002 sur la base, soit à l'époque 742, étaient innocentes mais qu'il était "impossible politiquement de les relâcher".
"J'ai parlé au secrétaire Powell des détenus de Guantanamo. J'ai appris qu'il était d'avis que ce n'était pas seulement le vice-président Cheney et le secrétaire Rumsfeld, mais également le président Bush qui était impliqué dans tout le processus de décision concernant Guantanamo", écrit le colonel Wilkerson, devenu un virulent critique de la politique de Bush.
La déclaration du colonel a reçu l'appui du général Powell, qui a quitté l'administration Bush en 2005, selon le Times.
 De nombreux détenus ont été livrés aux Etats-Unis par des Afghans ou des Pakistanais pour 5.000 dollars mais sans réelles preuves d'une quelconque implication dans le terrorisme.
Cheney et Rumsfeld ne voulaient pas relâcher les "innocents" car cela aurait "révélé la confusion incroyable" qu'a été leur arrestation, ajoute-t-il.
Le maintien "d'innocents se morfondant à Guantanamo pendant des années était justifié par la guerre contre le terrorisme et le petit nombre de résistants responsables des attentats du 11 septembre 2001". Environ 180 personnes sont encore détenues à Guantanamo. 
 

09/04

http://www.almanar.com.lb


2 La prison de Guantanamo pourrait être relocalisée à Bagram en Afghanistan.

Le centre de détention américain à Bagram, en Afghanistan, pourrait être transformé en une prison de type Guantanamo pour les présumés résistants détenus dans le monde.

Une semaine après son accession à la présidence, Barack Obama s’était engagé à fermer Guantanamo sous douze mois. Cela fait un an et deux mois que cette annonce a été faite et la prison de Guantanamo est toujours en fonctionnement.
Pire, il semble que l'administration Obama puisse simplement prendre la décision de déplacer le centre de détention de Guantanamo à Cuba pour le relocaliser à Bagram, en Afghanistan.  
 C'est l'une des options actuellement à l’étude par les officiels américains qui tentent de trouver une alternative à Guantanamo Bay. La décision de fermer la prison cubaine embarrasse l’administration Obama en raison de la difficulté de trouver un endroit acceptable pour emprisonner ceux considérés comme les détenus les plus dangereux. 
 L'autre option, qui consisterait à créer une prison spéciale aux Etats-Unis est perçue comme moins pratique parce que les détenus seraient soumis au système judiciaire américain, et certains des suspects seraient difficiles à poursuivre en raison du manque de preuves suffisantes.  
 De plus, l'administration Bush et plus tard l'administration Obama ont reconnu que les détenus de Bagram ont encore moins de droits que ceux détenus à Guantanamo Bay, et il existe déjà certaines décisions de tribunaux américains pour appuyer la position selon laquelle le gouvernement peut détenir des suspects à Bagram, sans motifs, ni avocats, ni recours juridique et pour une durée illimitée.
 « L’administration Obama a peu d’endroits où détenir et interroger des prisonniers sans leur donner accès au système judiciaire américain », reconnaissent les officiels américains.  
 Bagram, une ancienne base de l’armée soviétique devenu base d’opérations de l’OTAN, héberge actuellement environ 800 détenus, dont un petit nombre de combattants étrangers qui n'ont pas été arrêtés en Afghanistan. Certains des détenus ont été capturés sous l’administration Bush. La prison de Bagram a été au centre de controverses concernant l’utilisation de méthode coercitives lors des interrogatoires ayant conduit à des décès de prisonniers et la durée excessive de détention des suspects sans qu’il y ait de procès.  
 L’incertitude actuelle concernant les lieux de détention pour les présumés résistants capturés par les américains, pousserait certains responsables militaires à privilégier l’assassinat à la détention. Ce cas s’est produit l’année dernière, quand les forces spéciales américaines ont tué un suspect lié à al-Qaida nommé Saleh Ali Saleh Nabhan dans une attaque d'hélicoptère dans le sud du pays plutôt que d'essayer de le capturer vivant, rapporte un responsable américain. Les officiels avaient discuté de l’intérêt de le capturer vivant mais ils ont décidé le contraire en partie en raison de l'incertitude quant à savoir où il serait détenu, a ajouté le responsable.
 L'autre complication pour M. Obama est que, en vertu des plans actuels, Bagram doit être remis au gouvernement Afghan l'année prochaine. Le général McCrystal, commandant les troupes de l’Otan en Afghanistan, a déclaré la semaine dernière que la prison serait rendue aux afghans en janvier 2011.  
Par conséquent, certains responsables à Washington souhaitent ralentir la procédure, au moins jusqu'à ce qu’une solution soit trouvée.  
 Source : Los Angeles Times
 Traduction : Altynbek Bizhanov

24 Mars

http://www.alterinfo.net/La-prison-de-Guantanamo-pourrait-etre-relocalisee-a-Bagram-en-Afghanistan_a44205.html


3 Mohammedou Ould Slahi innocenté par la justice.

Les détenus de la prison la plus tristement célèbre au monde peuvent désormais contester leur incarcération devant la justice.

Un juge fédéral a ordonné le 25 mars la libération du Mauritanien Mohammedou Ould Slahi , accusé de terrorisme.

Mohammedou Ould Slahi a eu gain de cause. Ce Mauritanien détenu à Guantanamo a été blanchi le 25 mars par le juge fédéral américain James Robertson. Il devient ainsi le 34e détenu de cette prison américaine à être reconnu non-coupable des faits qui lui étaient reprochés.

Le début d’une réhabilitation pour cet homme qui, depuis 2005, a présenté de nombreux recours contestant son incarcération après les attentats du 11 septembre.

L’administration Bush lui reprochait d’avoir pris part à la "cellule de Hambourg", un groupe impliqué dans les attentats contre le World Trade Center. L’accusation se fondait notamment sur la présence, pendant plusieurs années, de Mohammedou Ould Slahi en Allemagne après son retour d'Afghanistan en 1992.

Pourtant, dans un recours présenté à la justice de Washington en 2005, il plaidait non-coupable, avançant l’argument selon lequel il s’était lui-même présenté devant les autorités mauritaniennes après les attentats du 11 septembre 2001.
Suspect de haut intérêt

Considéré comme suspect dit de "haut intérêt", il fait partie des personnes à avoir été transférées dans des pays étrangers et détenues des prisons secrètes de la CIA ou confiées aux autorités locales pour y être interrogées. Tous les témoignages affirment que des tortures ont été commises sur les suspects.

Lors de ses interrogatoires, qui se sont déroulés en Jordanie où il a été retenu pendant 8 mois,  Mohammedou Ould Slahi affirme avoir subi des tortures ayant pour but de le contraindre à avouer. "Ils m'ont rendu fou pour que j'admette avoir quelque chose à voir avec le complot" pour organiser un attentat en 1999 contre l'aéroport de Los Angeles, a-t-il expliqué lors de l'examen à Guantanamo des charges pesant contre lui. "Il y avait tellement de pression et de mauvais traitements que je l'ai admis", a-t-il ajouté.
"Sale et insoutenable"

Les avocats de Mohamedou Ould Slahi avaient eux aussi dénoncé en mars 2008 les "tortures sévères" subies par leur client, en Jordanie puis à Guantanamo. Ils avaient assuré que son dossier était "tellement sale et insoutenable" qu'un procureur militaire chargé de l'instruction "a dû renoncer, eu égard aux formes cruelles de tortures pratiquées contre lui", à le poursuivre en justice. Malgré les graves accusations pesant contre lui, Mohamedou Ould Slahi n'a en effet jamais été renvoyé devant un tribunal militaire d'exception.

En décembre, le juge Robertson a mené ses audiences à huis-clos pour des raisons de secret-Defense. Désormais, les détenus de Guantanamo ont la possibilité de contester leur emprisonnement devant la justice de droit commun, selon la procédure civile dite d'Habeas corpus. Mais cette décision du juge Robertson ne signifie pas pour autant que Mohamedou Ould Slahi va être bientôt libéré.

Une dizaine de détenus blanchis - et donc libérables - sont encore emprisonnés à Guantanamo, soit parce que le gouvernement a fait appel, soit parce qu'aucun pays tiers n'a accepté de les accueillir. 

25/03

http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB2010032516560...



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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