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23/04/2010

n°327 - dossiers de l'Afghanistan - 21-04 : Suite: A Marjah, les Marines toujours sous le feu des résistants, ennemis invisibles…

n°327 - dossiers de l'Afghanistan - 21-04 : Suite: A Marjah, les Marines toujours sous le feu des résistants, ennemis invisibles…



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan n°327 du 21-04

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire : 

2 Dossiers

2-1 A Marjah, les Marines toujours sous le feu des résistants, ennemis invisibles…

2-2 le général McCrystal joue la transparence.

2-3 Ramzy Baroud : Afghanistan : et l’agonie continue.

2-4 Enrique Roman : Le Pentagone accusé de financer les résistants Taliban par l'entremise de Karzai.

2-5 Eric Margolis: Karzai, la marionnette qui a coupé ses fils.

2-6 Elisabeth Bumiller : Les USA envoient des femmes au front.

2-7 Quelle place pour les femmes dans les combats terrestres ?.

3 Mohammedou Ould Slahi innocenté par la justice.

 


2 Dossiers

2-1 A Marjah, les Marines toujours sous le feu des résistants, ennemis invisibles…

PS : La publication de l'article doit être vu comme information.

Wazir, un vieil afghan à la longue barbe ondulante, est catégorique: "Il n'y a plus de résistants depuis des semaines" à l'ouest de Marjah, dans le sud de l'Afghanistan.

Le lieutenant Jackson Smith s'apprête à prendre congé quand des balles se mettent à siffler.
Toute son unité de Marines se lance en courant vers le muret le plus proche pour s'abriter. "Ca vient d'où, putain ?" gueule un Marine alors que le tacatac d'au moins deux kalachnikovs se fait entendre.

Accroupis, les soldats tentent de positionner leur fusil M-4 sur le muret pour riposter. Plus haut, sur une colline qui domine le village entouré par le désert d'un côté, les champs de pavot de l'autre, un soldat afghan tire à la mitrailleuse lourde. Le sol tremble.
"Ok, les gars, on avance jusqu'au prochain muret", ordonne le lieutenant Smith alors que les tirs s'intensifient. "C'est les nôtres, pas de problème", crie le sergent Robert Kayser alors que les soldats baissent la tête en entendant une mitrailleuse lourde américaine toute proche.
Les rues du village, une succession de fermes en terre, ciment et paille, sont vides. Par un petit trou dans le mur, une famille indique que les résistants tirent d'un peu plus loin, d'une maison proche d'une mosquée.
Les soldats avancent difficilement. Un soldat chute après avoir escaladé un muret. Un autre, alourdi par deux lance-roquettes et son fusil, tombe à l'eau en enjambant un canal d'irrigation.
Au bout d'une demi-heure, les résistants cessent de tirer. Les Marines continuent d'approcher.

Un soldat afghan sous les ordres du commandant Amanullah, un homme du nord qui a combattu les Soviétiques et rassure par sa nonchalance quand il marche sans baisser la tête sous les tirs, est certain d'avoir vu un résistant près de la mosquée.
Soldats afghans et Marines investissent une maison et interrogent le chef de famille, la cinquantaine, à la peau burinée. "Ca se passe devant chez toi et tu n'as rien vu, rien entendu, comme d'habitude", s'énerve le commandant Amanullah.
L'homme jure qu'il allait prendre le thé devant ses champs de pavot et s'est mis à l'abri au premier coup de feu.
Les Marines se déploient autour de la maison. "Eh les gars ! N'allez pas sur cette route, c'est plein de mines artisanales", lance un Marine.
Les résistants n'ont pas été localisés et les soldats décident de reprendre leur patrouille et de fouiller quelques maisons. Des enfants jouent dans la rue, la vie semble avoir repris son cours.
Certains viennent à la rencontre des Marines pour leur serrer la main.
"Les résistants nous dérangent. Tous ces tirs...", dit Zaman, un fermier.
Zaman, pas plus que son père, ou tous les hommes rencontrés, ne savent où se cachent les résistants. Ils assurent que ces derniers sont partis depuis des semaines, depuis le début de l'opération Mushtarak, à Marjah et ses environs, la plus vaste offensive de l'Otan et de l'armée afghane depuis la chute des résistants fin 2001.
"Ils mentent tous, bien sûr, parce qu'ils ont peur. Ils ne diront jamais où ils sont. Les résistants ont dû cacher leurs armes et sont quelque part dans une de ces fermes", explique le sergent Kayser.
Dans la cour d'une ferme, le sujet de préoccupation de trois Afghans n'est pas l'attaque contre les Marines. "Vous tuez nos chiens. Si vous continuez, la population va vous détester", dit l'un d'eux.
"Vous savez qui a tiré ?", demande le sergent Kayser.
L'Afghan a la longue barbe blanche montre vaguement la direction du camp des Marines.
"Vous promettez mais ne tenez pas votre parole", poursuit l'homme.
"Quelles promesses ?", demande le sergent.
"De ne plus venir la nuit", dit l'homme. "On ne fouille plus vos maisons la nuit, on patrouille pour tuer les résistants", rétorque le sergent.
"Patrouillez, ok, mais ne tirez pas sur nous", lance l'Afghan.
"On ne vous tire pas dessus", répond le sergent.
Sur le chemin du retour, des tirs retentissent à moins de trois kilomètres, dans le district voisin de Sistani. Des Marines essuient le feu de résistants.
"C'est censé être un endroit calme. Mais rien n'est simple ici", lâche le lieutenant Smith.

26.03.

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/a-marjah-les-marines-toujours-sous-le-feu-des-résistants-ennemis-invisibles-26-03-2010-864184.php


2-2 le général McCrystal joue la transparence.

Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur, mais doit être vu comme information

PS : La publication de l'article doit être vu comme information.

A Paris, le chef suprême de la coalition en Afghanistan a dressé un tableau plutôt sombre de la guerre  reconnu des « fautes » et cajolé les militaires français.

L’uniforme est vert olive et la tonalité du propos – lucidement – saumâtre. Vendredi, le général Stanley McCrystal, commandant en chef des forces américaines et de l’Otan en Afghanistan, était de passage à Paris pour une opération séduction et un utile rappel de la réalité. Le très haut gradé (qui a quatre étoiles sur l’épaulette… et l’oreille du président Obama) s’est exprimé devant les cadres de l’armée tricolore avant de répondre à quelques journalistes. « 2010 sera une année critique. Il y aura plus de morts et plus de blessés », a asséné le militaire avec un franc-parler peu commun. Nous voilà donc prévenus : « La guerre peut encore être gagnée », mais le chemin sera long et douloureux.

McCrystal a délivré deux informations capitales. Dans quelques semaines va s’engager la bataille de Kandahar, du nom d’une grande ville du sud du pays (fondée par Alexandre le Grand pour la petite histoire) : c’est le fief historique des talibans. La coalition doit s’en assurer le contrôle. D’autre part, le général a laissé entendre que lui-même (et donc une partie des troupes américaines) ne quitterait pas le pays en 2011. Certes, Barack Obama a programmé le début d’un désengagement militaire pour l’an prochain. « Mais nous développerons à partir de 2011 un partenariat stratégique avec l’Afghanistan », a indiqué le général (sans autres précisions).

« Des fautes et des erreurs »

« Depuis 2001, nous avons commis beaucoup d’erreurs, a reconnu McCrystal, et d’abord du fait d’une méconnaissance de la société afghane. » Il a en effet fallu du temps pour que le général et l’un de ses prédécesseurs, le général David Petraeus, fassent admettre à leurs dirigeants que « la solution n’est pas purement militaire mais politique », qu’il ne s’agit pas « d’éradiquer les insurgés », mais d’établir un gouvernement national crédible. « Chaque fois que nous faisons souffrir un Afghan, nous faisons souffrir un être humain et nous portons un coup à notre propre cause », a froidement déclaré le chef de guerre.

Le message est clair : les Américains et la coalition (dont la France) ne sont « pas là pour imposer la démocratie », ni pour défourailler à tout va, pas plus que pour brûler les champs de pavot dont la culture soutient l’économie tout entière et fait vivre les familles.

Après le dur rappel de la réalité, le général a multiplié les propos louangeurs, qui auraient presque ressemblé par moments à de la flagornerie : « Les troupes françaises sont exceptionnelles. » McCrystal réclamait à Obama 40.000 hommes supplémentaires. Il en a obtenu 30. 000, et Paris a royalement concédé… 80 militaires de plus destinés à accélérer la formation de l’armée afghane. Mais le général est ravi : « La seule chose que je demande aux Français est de continuer leur excellent travail. » Aujourd’hui, 3.750 soldats français sont présents sur le sol afghan.

17/04

http://www.francesoir.fr/armee-etranger-terrorisme/afghanistan-le-general-mccrystal-joue-la-transparence



2-3 Ramzy Baroud : Afghanistan : et l’agonie continue.

La lâcheté intellectuelle des propagandistes de Washington ne doit pas aveugler la majorité sur le fait que la guerre en Afghanistan est moralement indéfendable et militairement vouée à l’échec, écrit Ramzy Baroud.

Aucune raison morale ne peut être invoquée pour défendre la guerre en Afghanistan...

Washington et ses propagandistes dans les médias essaient depuis des années de nous vendre cette absurde guerre en Afghanistan. Alors qu’ils tentent de nous convaincre que la guerre est basée sur une logique militaire sans faille et sur la morale, elle reste en réalité une aventure tragique, sans objectifs interprétables, impliquant plusieurs pays, des agences privées et toutes sortes d’entreprises cherchant de rapides profits.

La lâcheté intellectuelle de certains ne doit pas aveugler la majorité sur le fait que la guerre en Afghanistan est moralement indéfendable et militairement vouée à l’échec.

La décision des Etats-Unis de poursuivre leur brutal aventurisme militaire en Afghanistan ne peut être compris que dans le cadre de sa logique politique limitée et extrêmement égoïste.

Commençons par écarter certaines des hypothèses ridicules qui ont imprégné cette guerre depuis son lancement en 2001. Tout d’abord, on nous a dit que la guerre avait pour objectif d’éliminer Al-Qaïda. Pourtant, un responsable aujourd’hui à la retraite, d’une agence de la CIA et qui a servi au Moyen-Orient et en tant que responsable dans la lutte contre le terrorisme, a affirmé que « Al-Qaïda est fini en Afghanistan » Il a en outre fait valoir que « l’administration Obama, comme celle qui l’a prédédé, prétend que nous luttons là-bas contre le terrorisme. Ce n’est tout simplement pas vrai. C’est purement une question de contre-insurrection. »

En effet, même les pires faucons de guerre font peu d’efforts pour définir le lien entre les Résistants et Al-Qaida. Si le lien est malgré tout imposé, il est alors aisé de démontrer les liens avec Al-Qaïda dans les zones tribales du Pakistan, incitant alors à « une action » dans cette partie du pays, et non pas en Afghanistan.

Grâce à cette « stratégie » militaire aléatoire des États-Unis et de leurs alliés, Al-Qaida s’est étendu dans toutes sortes de directions et de nombreuses ramifications ont poussé dans diverses parties du monde. Sans disposer d’un commandement central dans le sens militaire du terme, des groupes et des individus inspirés par Al-Qaida agissent aujourd’hui pour des objectifs localisés en répondant à différents stimuli.

Donc, si ce n’est pas al-Qaida qui inspire l’énorme mais futile escalade militaire en Afghanistan, alors qu’est-ce donc ? C’est là que les idéalistes entrent en jeu. On parle de construction de nation, d’une démocratie de style occidental, de sécurité régionale et ainsi de suite. Certains d’entre eux croient vraiment à ce qu’ils disent, et tous ne croient pas que l’actuelle et mortelle escalade militaire conduite par le général Stanley McChrystal dans les zone rurales, donnera les résultats escomptés. Pourtant, ils contribuent à l’illusion que les bonnes intentions — à commencer par la propagande initiale sur le sauvetage des femmes afghanes, puis la « libération » par rapport aux résistants étrangers, puis la démocratie et la construction de la nation, et ainsi de suite — avaient quelque chose à voir avec cette guerre sanglante.

Avec leur insistance à utiliser cette terminologie positive, ils contribuent à faire bénéficier les élites politiques de Washington — et aussi de Kaboul — du bénéfice du doute selon lequel si nous pouvons être en désaccord avec leurs méthodes, nous devons malgré tout avoir confiance en leurs intentions.

Il incombe à ceux qui sont inspirés par la démocratie et aux amateurs de la construction de nations, de se souvenir que Washington a beaucoup fait pour étouffer les mouvements véritablement démocratiques dans le monde depuis son occupation de l’Afghanistan en 2001. La Palestine et le Liban restent les exemples les plus frappants. Quant à la construction nationale, comparons les montants astronomiques investis dans le financement de cette guerre destructrice en Afghanistan et le soutien au régime fantoche corrompu de Kaboul, avec les sommes minuscules consacrées au renforcement de l’infrastructure économique datant de l’âge de pierre dans ce pays.

Le budget militaire américain rien que cette année devrait dépassé 693 milliards de dollars, sans compter les 42 milliards de dollars mis de côté pour la sécurité intérieure.

Selon CostofWar.comhttp://www.costofwar.com], les coûts de la guerre en Afghanistan ont dépassé à eux seuls 256 milliards de dollars. Les deux guerres en Afghanistan et en Irak approchent maintenant le seuil de 1000 milliards de dollars.

La guerre en Afghanistan ne saurait être défendue pour aucune raison morale. Le nombre officiel de décès parmi les civils afghans en 2009 est estimé à 2412. Le nombre de morts est probablement beaucoup, beaucoup plus élevé, puisque ces chiffres ne tiennent pas compte des nombreux civils tués dans les villages éloignés dans les zones du sud et de l’est, lesquelles ne sont pas accessibles aux étrangers. La mort de ces innocents devrait à elle seule imposer le silence à ceux qui parlent encore d’éthique et de morale dans cette guerre désastreuse.

Mais tout le monde n’est pas si ouvertement égaré dans son évaluation de la guerre. Certains comprennent bien que la guerre en Afghanistan est une aventure politique et stratégique qui cherche à s’auto-justifier. Ils l’acceptent pourtant naïvement, comme le fait un Con Coughlin dont l’article récent dans The Telegraph avait comme titre révélateur : « L’Inde et le Pakistan doivent enterrer la hache de guerre pour que les Résistants puissent être écrasés. »

Le rapprochement indo-pakistanais n’est considéré comme bénéfique que dans la mesure où il permettrait « d’écraser » quelqu’un d’autre. Et considérant que ce « quelqu’un d’autre » n’est pas une bande de résistants dépourvus de but, mais une insurrection populaire bien implantée et motivée, le prix de cet « écrasement » est susceptible d’entraîner la mort de dizaines de milliers de personnes innocentes. Coughlin utilise le même langage hautain et abstrait de « groupes islamistes » à écraser, à défaut de comprendre ou d’analyser les caractères distincts de chaque situation, que ce soit en Afghanistan, au Pakistan ou ailleurs. Au lieu de cela, Coughlin exprime sans aucune gêne son souci du danger que ces résistants font peser pour « la survie de la classe dirigeante » à Islamabad. Voici donc l’impérieuse raison qui fait que Richard Holbrooke, l’envoyé spécial de Washington pour la région fait feu de tout bois sur la nécessité de garantir la survie des classes dirigeantes, non seulement à Islamabad, mais aussi à Kaboul et New Delhi.

La guerre en Afghanistan s’est transformée en « trouver un objectif en allant de l’avant [find-an-objective-as-you-go] » dans une aventure militaire qui mène nulle part. Cette guère s’avère inutile et indéfendable à tous points de vue, qu’ils soient politiques ou militaires ou moraux. En outre, comme Haviland Smith en a conclu dans sa sinistre évaluation : « il n’est pas vraiment important que nous nous voyons nous-mêmes comme de bienfaisants libérateurs, il importe seulement que les Afghans nous considèrent comme des occupants étrangers. » Quand accepterons-nous de regarder cette réalité en face ?

 

Ramzy Baroud (http://www.ramzybaroud.net) est écrivain et publie pour PalestineChronicle.

Ses écrits sont publiés par de nombreux journaux, quotidiens et anthologies à travers le monde.

Son avant-dernier dernier livre : La Seconde Intifada : une chronique du combat du peuple (Pluto Press, Londres) et le dernier tout récemment publié : Mon Père était un combattant de la liberté : l’histoire non dite de Gaza (Pluto Press, London).

1e mars 2010 - Communiqué par l’auteur
Traduction de l’anglais : Nazem

http://nasr-moqawama.blogspot.com/

 

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=8451


2-4 Enrique Roman : Le Pentagone accusé de financer les résistants Taliban par l'entremise de Karzai.

Deux alliés des Etats-Unis dans leur principale zone de ‘conflit’, le Moyen Orient et l’Asie centrale, ont osé élever la voix contre l’administration actuelle en un bref laps de temps.

En premier lieu, Israël, qui a boudé la visite du vice-président Joseph Biden en annonçant sans préavis la construction de nouveaux établissements dans l’est de Jérusalem.

L’autre voix discordante est celle de l’Afghanistan, dont le président Hamid Karzaï, jusqu’ici l’homme de Washington dans cette guerre déboussolée, a réagi avec violence aux critiques formulées par Barack Obama lors de sa récente visite, contre la corruption gouvernementale.

Dans ce qui a été interprété comme une tentative de prendre ses distances par rapport aux forces d’invasion, Karzaï a soutenu que s’il y avait eu fraude aux dernières élections, c’était les Occidentaux qui s’en étaient chargés, nommément les observateurs des Nations unies et de l’Union européenne.

Ses réflexions sur la présence des troupes d’occupation ont laissé coi ses interlocuteurs : « Dans cette situation, c’est à peine s’il existe une différence entre invasion d’une part, assistance et coopération de l’autre. » Et d’ajouter que si les soldats étrangers sont perçus comme des envahisseurs et les soldats du gouvernement afghan comme leurs mercenaires, l’insurrection des résistants « pourrait devenir un mouvement de résistance nationale ».

Le sens même de la guerre en Afghanistan, qui a déjà suscité pas mal de polémiques, revient donc à l’ordre du jour. Aux déclarations de Karzaï s’ajoutent l’invitation qu’il a faite au président iranien Mahmoud Ahmadinejad et ses menaces d’alliance avec les résistants. On ne s’en étonnera pas : nombreux sont ceux, du côté étasunien, à voir dans le président afghan non pas une perspective de solution mais au contraire une complication supplémentaire.

On le sait : en matière de politique, ce qui fait surface n’est souvent que la pointe de l’iceberg dont le volume réel, dans le cas de l’Afghanistan, est incommensurable, puisque gonflé par des intérêts obscurs et inavouables. Les exemples ne manquent pas.

On attend toujours les résultats d’une enquête ouverte à la demande du Congrès étasunien sur la dénonciation, il y a quelques mois, d’un fait insolite : 10% des dépenses du Pentagone en contrats logistiques au profit de cette guerre aboutiraient aux mains des résistants.

C’est le célèbre journaliste Aram Roston, de The Nation, qui aurait levé le lièvre. Son article très documenté a ensuite été repris par d’autres Les révélations de Roston étaient pour le moins déconcertantes : « Des militaires des Etats-Unis à Kaboul estiment qu’au moins dix pour cent des contrats logistiques du Pentagone – des centaines de millions de dollars - consistent dans des paiements versés à l’insurrection. » A quoi des fonctionnaires afghans ajoutent : « C’est de là que provient la plus grosse part de leurs revenus. »

La dénonciation pourrait viser plusieurs coupables. Comme en Irak, des entreprises privées complètent la logistique militaire étasunienne et font ainsi de bonnes affaires. Roston détaille la participation à ce négoce de figures importantes de la famille Karzaï, dont certaines ont été liées, à une période ou une autre, aux résistants. Il évoque aussi le soutien apporté par ces entreprises à la création d’institutions qui s’occupent de faire monter la pression politique sur Washington.

Ainsi, fait aujourd’hui partie de la direction de la Campaign for a U.S.-Afghanistan Partnership, une institution de création récente qui fait du lobbying politique, un certain Ahmed Wardak, fils du ministre afghan de la Defense et président de NCL Holdings, une des principales sociètés privées associées à la guerre.

Ou encore Ahmad Rateb Popal, le traducteur du ministre des Affaires étrangères des résistants avant l’invasion de 2001, un homme que l’on voyait sur les écrans de télévision avec un turban noir, une barbe fournie et les traces de la guerre contre l’Union soviétique : une main et un bras difformes et un pansement sur l’œil. Popal, cousin du président Karzaï, contrôle aujourd’hui le Watan Group, un consortium spécialisé dans les télécommunications, la logistique et la sécurité.

Ces entreprises florissantes ont pour mission de protéger les convois d’armes et d’autres livraisons destinés aux troupes occidentales depuis le Pakistan jusqu’au territoire afghan.

Ces convois empruntent des passages creusés dans l’imposante cordillère dominée par des tribus armées, des seigneurs de la guerre et des groupes de résistants.

« En fait, les sociètés en question ne protègent pas les convois destinés aux troupes des Etats-Unis. Pour la simple raison qu’elles n’en ont pas les moyens. Il leur faut la coopération des résistants », écrit le journaliste Bruce Wilson. Et Roston précise : « Le vrai secret du transport par camion est d’assurer le passage sur des routes dangereuses. Le cadre étasunien avec qui j’ai parlé a été clair et précis : ‘ L’Armée paye les résistants pour qu’ils ne tirent pas. Cet argent provient du département de la Defense’. Tout le monde confirme ses dires. »

Jean McKenzie, du Global Post, raconte qu’un agent de ces firmes dans la province de Helmand négociait avec un fournisseur local un chargement de canalisations à faire venir du Pakistan. Le fournisseur a facturé 30% de plus que le prix réel : une somme à verser aux résistants pour garantir que le chargement arrive à bon port.

La doctrine de la contre-insurrection de l’administration Obama a fait de l’argent une arme puissante, et ceci a servi à grossir le chiffre d’affaires des firmes sous contrat. Les transports routiers de NCL Hodings, assurent les journalistes, lui ont rapporté 2,2 milliards de dollars, soit 10% du produit intérieur brut de l’Afghanistan.

Au moment où ces données scandaleuses ont été publiées, le représentant John Tierney, président du Sous-comité de sécurité nationale et des relations extérieures, a informé qu’une enquête préliminaire avait permis de réunir assez de preuves pour lancer une enquête exhaustive

Mais l’enquête n’est toujours terminée, et on ignore si elle le sera un jour. NCL Holdings a intenté un procès à Aram Roston, indiquant que Wardak avait été informé des opportunités de contrats de transports routiers en Afghanistan par le site web consacré aux affaires fédérales du gouvernement des Etats-Unis.

Même les partisans de l’administration de Barack Obama multiplient les critiques contre la guerre. Quant aux troupes d’occupation, elles parcourent les chemins qu’ont connus d’autres armées et distribuent de coquettes sommes à leurs ennemis dans une guerre criminelle, impopulaire et inutile.

 April 18,

http://www.granma.cu/frances/2010/abril/juev15/Pentagone.html


2-5 Eric Margolis: Karzai, la marionnette qui a coupé ses fils.

"Puis, Karzaï a laissé tomber une bombe, en affirmant que les USA occupaient l’Afghanistan pour dominer la région de la mer Caspienne, riche en énergies, et non en raison des talibans ou de l’inexistante Al-Qaida." : je n'ai pas retrouvé une autre source sur cet aveu intéressant?

Henry Kissinger a déclaré un jour qu’il était plus dangereux d’être l’allié de l’Amérique que son ennemi.

Dernier exemple en date : Hamid Karzai, le président installé par les américain en Afghanistan, qui a de sérieux ennuis avec des patrons à Washington vraiment en colère.

L’administration Obama veut faire porter le blâme pour l’échec américain à vaincre les talibans à un Karzai largement impuissant, qui est un ancien « atout » de la CIA. Washington a accusé Karzaï d’avoir truqué les élections l’an dernier. C’est vrai, mais les États-Unis avaient « pré-truqué » ces élections afghanes en excluant toutes les partis qui s’opposent à l’occupation occidentale. 

Washington, qui soutient des dictateurs et des élections truquées dans tout le monde musulman, a eu l’audace de s’en prendre à Karzaï pour cause de corruption et de bourrage des urnes. Et ce au moment où le Pentagone organisait une prise de contrôle totale du Pakistan par les militaires.

 L’administration Obama ne cache pas qu’elle souhaite remplacer Karzai. On pourrait presque entendre Washington crier : « piètre marionnette ! »

Karzai a riposté en accusant les Etats-Unis de truquage des élections. Il a demandé à plusieurs reprises aux militaires américains de ne plus tuer tant de civils afghans. 

Puis, Karzaï a laissé tomber une bombe, en affirmant que les USA occupaient l’Afghanistan pour dominer la région de la mer Caspienne, riche en énergies, et non en raison des talibans ou de l’inexistante Al-Qaida. Karzai a déclaré que les talibans « résistaient à l’occupation occidentale ». Les États-Unis auront bientôt 100 000 soldats en Afghanistan, plus 40 000 soldats de l’OTAN.

Karzai a même affirmé en plaisantant à demi qu’il pourrait rejoindre les talibans

Washington a eu une attaque d’apoplexie. Une campagne de propagande pernicieuse a été déclenchée contre Karzaï. Le New York Times, l’un des porte-paroles de l’administration Obama, ardent partisan de la guerre en Afghanistan, a appelé au renversement de Karzaï et à son remplacement par un général plus complaisant.

Le pro-américain Peter Galbraith, qui avait été démis de ses fonctions aux Nations Unies à Kaboul, a déclaré aux médias que Karzaï pourrait être à la fois drogué et fou.

Au-delà de cette querelle - qui ne manque pas de comique - il existe une divergence croissante entre les Afghans et Washington. Après 31 ans de conflit, près de trois millions de morts, des millions de réfugiés, et une pauvreté terrible, les Afghans aspirent à la paix.

Durant les deux dernières années, Karzaï et les seigneurs de guerre qui sont ses alliés ont eu des pourparlers de paix avec les Taliban en Arabie Saoudite.

Karzaï sait que le seul moyen de mettre fin au conflit en Afghanistan est de donner sa place à la majorité pachtoune de la nation et à son bras armé, les talibans. Le compromis politique avec les talibans est la seule - et inévitable - solution.

Mais l’administration Obama, mal conseillée par les néoconservateurs de Washington et les tenants de la ligne dure, est déterminée à « remporter » une victoire militaire en Afghanistan (quoi que cela puisse signifier) pour sauver la face en tant que grande puissance et imposer un règlement qui lui laisse le contrôle stratégique sur l’Afghanistan.

Les États-Unis ont donc contrecarré les pourparlers de paix de Karzaï en obtenant du Pakistan - qui a reçu 7 milliards de dollars US - l’arrestation de hauts responsables talibans réfugiés dans le pays qui participaient aux négociations de paix en cours avec Kaboul.

C’était au tour de Hamid Karzaï d’être en colère. Il a alors commencé à défier ouvertement ses patrons américains et à adopter une position indépendante. La marionnette a coupé les fils.

L’audace retrouvée de Karzaï est due au fait que l’Inde et la Chine sont impatientes de prendre la place de la domination US/OTAN/Anglaise sur l’Afghanistan. L’Inde déverse de l’argent, des armes, envoie ses agents en Afghanistan et forme les forces gouvernementales. La Chine, plus discrètement, entre en scène pour exploiter les richesses minières récemment découvertes en Afghanistan, qui sont d’une valeur de 1000 milliards de dollars, affirme Karzai s’appuyant sur une étude géologique effectuée par l’administration US.

La Russie, qui n’a toujours pas digéré sa défaite des années 1980 en Afghanistan, observe les vicissitudes de l’Amérique avec une évidente réjouissance, non dépourvue d’un désir de se venger quelque peu. Moscou a ses propres ambitions en Afghanistan.

J’ai longtemps suggéré que la meilleure option pour Karzaï serait de prendre ses distances avec la tutelle américaine et de demander le retrait de toutes les forces d’occupation étrangères.

C’est une entreprise risquée, certes. N’oublions pas l’avertissement de Kissinger. Karzaï pourrait se retrouver mort. Mais il pourrait aussi devenir un héros national et le meilleur candidat pour diriger un Afghanistan indépendant que tous les groupes ethniques pourraient accepter.

Hélas, les États-Unis continuent de faire la même erreur en recherchant des clients dociles plutôt que des alliés qui soient réellement légitimes et populaires

Eric Margolis, Toronto Sun,

11 avril 2010 

Publication originale Toronto Sun, traduction Contre Info

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3032


2-6 Elisabeth Bumiller : Les USA envoient des femmes au front.

Des commandos féminins de Marines vont chercher à établir des contacts avec les villageoises afghanes (…)

Il fallait « libérer les femmes » - c’était le grand argument pour envoyer contre l’un des pays les plus pauvres du monde la plus puissante machine de guerre de la planète, qui depuis cela, inflige chaque jour d’indicibles souffrances aux femmes et aux enfants.

Maintenant qu’il est évident que l’armée US et ses alliés de l’OTAN sont à bout de souffle et que la prétendue reconstruction n’est en vue nulle part, on a recours au « facteur féminin » : des Marines femmes sont chargées- une idée des généraux US - de gagner la confiance des femmes afghanes, au moyen de queues de cheval, jeux avec les enfants et bavardages, afin « d’obtenir des informations ». [Zeit-Fragen]  

Ces femmes Marines à Camp Pendleton, Californie, seront envoyées le mois prochain dans la province afghane du Helmand pour essayer de gagner les femmes des campagnes afghanes.  

Dans un cours récent sur la « conscience culturelle »les membres de l’infanterie de marine US ont pris des notes très précises sous la dictée d’un instructeur qui les formait aux règles à respecter lors des conversations avec les villageois afghans : Ne commencez pas à les mitrailler de questions !

Brisez la glace en jouant avec leurs enfants !

Ne laissez pas l’interprète monopoliser la conversation !

  Et n’oubliez pas : « Si vous vous coiffez avec une queue de cheval », leur a expliqué Maria Kelpinski, instructrice, « faites-la dépasser sous votre casque pour qu’on voie que vous êtes une femme.»

    Ici, au camp Pendleton, dans les sauvages sous-bois californiens, ce ne sont plus les marines de papa que l’on forme à intervenir en Afghanistan, mais 40 jeunes femmes qui préparent une expérience d’avenir de l’armée US.
Ces femmes Marines à Camp Pendleton, Californie, seront envoyées le mois prochain dans la province afghane du  Helmand pour essayer de gagner les femmes des campagnes afghanes. 

 Elles seront le mois prochain les premiers membres  du « commando d’intervention  féminin »- c’est le nom que les militaires donnent aux unités de 4 à 5 personnes qui accompagneront les hommes en  patrouille dans la province d’Helmand afin de mettre de leur côté les campagnardes afghanes, tabou pour les hommes venus de l’extérieur.

  Les équipes chargées de rencontrer  les femmes dans leurs maisons, d’évaluer leur besoin d’aide et de collecter des informations, constituent un élément de la campagne du général Stanley A. McChrystal pour gagner les « esprits et les cœurs » (hearts and minds) afghans.

  Ses officiers disent qu’on ne peut gagner la confiance de la population afghane en ne parlant qu’avec une moitié d’entre elle. « Nous savons que nous pouvons faire quelque chose »,  dit la Captain Emily Naslund, officier en chef de son équipe et sous-chef du commando.

   Comme les 39 autres femmes, la Captain Naslund s’est portée volontaire pour ce programme et fait preuve d’une rayonnante pétulance, mais pas d’une ignorance naïve des frustrations et dangers qui la guettent. La moitié de ces femmes a déjà servi, la plupart en Irak.

  « Nous savons toutes que ce que nous espérons ne sera pas, en général, ce que nous obtiendrons en définitive, » nous a dit le Sergent Melissa Hernandez, 35 ans, qui s’est proposée parce qu’elle aspirait à autre chose  que son job de bureau à Camp Victory, le Q.G. de l’armée US à Bagdad.

Une quarantaine de femmes seront réparties en unités qui accompagneront les hommes en patrouille pour rencontrer les femmes afghanes dans leurs maisons.

   Les équipes devraient travailler comme des politiciens qui vont de porte en porte pour s’informer des préoccupations des électeurs. Les équipes doivent aller dans les villages et obtenir du plus âgé des hommes le droit de parler aux femmes, dresser un camp, distribuer du matériel scolaire et des médicaments, boire du thé, parler avec les gens et dans l’idéal obtenir des informations sur le village, les revendications locales et les résistants.

   Quoi qu’il advienne : ces équipes reflètent le degré d’adaptation auquel a dû se plier l’armée Us en neuf ans de guerre, et non seulement dans la conduite des opérations, mais aussi dans la redistribution des rôles entre hommes et femmes dans ses propres rangs. Le corps des Marines, réputé pour être  celui qui fonctionne le plus à la testostérone, ne compte que 6% de femmes, et toujours officiellement exclues des unités combattantes.

   Mais bien que les femmes aient déjà été chargées de tâches très dangereuses telles que le déminage ou l’espionnage, les commandos féminins, grâce à des tours de prestidigitation bureaucratiques utilisés aussi bien par l’armée US que les Marines en Irak et Afghanistan, sont « attachés» à des unités exclusivement masculines  de la First Marine Expeditionary Force, ce qui constitue pour les femmes une source de fierté et les stimule. « Quand j’en ai entendu parler, j’ai dit : « Oh, d’accord, allons-y ! », nous dit le Caporal Vanessa Jones, 25 ans.

  L’origine de ces équipes remonte au « programme des lionnes », en Irak, où l’on avait eu recours à des Marines femmes pour fouiller les femmes irakiennes aux barrages routiers. L’an dernier l’armée et les Marines avaient créé des commandos féminins ad hoc, mais les femmes avaient été renvoyées précipitamment à des tâches  de cuisinières ou d’ingénieurs.

  Les femmes de Pendleton sont parmi les premières à avoir été formées exclusivement pour ce type de missions. «  Tous les Marines voudraient sortir de l’enceinte de barbelés », selon la caporale Michele Greccho-Lucchina, 22 ans (elle entend par là : être chargés de tâches à l’extérieur des bases). « Les raisons de notre engagement sont diverses, mais cela c’est le principe de base des Marines. »
La Caporale Michele Greco-Lucchina, au centre, dirige un groupe pendant un exercice de "conscience culturelle" le mois dernier à Camp Pendelton.

   Les femmes disent qu’elles n’aiment pas combattre et travaillent dans des zones largement nettoyées (des activistes). Mais face à une guerre sans lignes de front, elles ont suivi une remise à niveau approfondie d’entraînement au combat qui les a préparées à tendre des embuscades  et leur a donné une  formation de snipers.

  Lorsqu’elles patrouilleront, les femmes seront armées de fusils M-4, plus courts et plus maniables que les M-16 réglementaires des hommes, mais - c’est ce qu’on leur a dit à l’instruction - si elles se trouvent dans un camp afghan protégé extérieurement par des sentinelles - elles doivent, si elle se sentent en sécurité, déposer leurs fusils et ôter leur attirail intimidant de casques et de gilets pare-balles.

  On leur a également enjoint de faire preuve de compréhension pour les coutumes locales et de porter un foulard sous leur casque, ou, si elles ont trop chaud et sont gênées, de le porter autour du cou pour se couvrir la tête dès qu’elles retirent leur casque.

 Des Marines qui ont travaillé avec les équipes ad hoc en Afghanistan, ont déclaré que les campagnardes, que les gens de l’extérieur ne voyaient pratiquement jamais, avaient plus d’influence que les chefs masculins ne pouvaient se l’imaginer et qu’en gagnant la bienveillance des femmes afghanes on réduirait la méfiance des femmes et des hommes à l’égard des troupes usaméricaines.

  Le Captain Matt Pottinger, un employé des services secrets stationné à Kaboul et qui a collaboré à la création et à la formation du premier commando féminin, a écrit récemment qu’un homme à la barbe grise  a ouvert sa porte à un commando de femmes qui s’était rendu dans un village du Sud de l’Afghanistan en leur disant : « Vos hommes viennent ici pour se battre, mais nous savons que les femmes viennent pour nous aider. » Avec embarras il avait aussi avoué, a écrit le  Captain Matt Pottinger dans le Small Wars Jounal, une publication en ligne, que les femmes étaient « un beau spectacle pour [ses] yeux plus très jeunes.»

  Les femmes des campagnes afghanes, qui se rencontrent à la fontaine et se racontent les nouvelles du village, sont souvent des mines d’informations sur l’organisation sociale d’un district ainsi que sur les activistes et personnages influents - des données essentielles pour les combattants usaméricains.

   En plusieurs occasions les femmes auraient, selon un mail du Captain Pottinger, fourni des informations fondamentales sur certains résistants ou fabricants de bombes.

  Au cours de leurs entretiens avec les femmes afghanes les Marines doivent leur poser des questions fondamentales, par exemple quel est le plus gros problème du village. Les réponses alimenteront  une banque de données qui servira de fil conducteur aux personnels militaires et humanitaires. Madame Kielpinski, l’instructrice, a par exemple déclaré : « Si la population déclare que l’irrigation est son plus gros problème, et que votre unité  aide  à l’améliorer, c’est un énorme succès. »

  Pour l’instant les femmes s’inquiètent encore de ce qu’elles auront à affronter d’inconnu. La Captain Clair Henry, 27 ans, commandante d’une équipe, dit que, comme tout officier, elle se fait du souci pour ses subordonnées. «  On est en train d’engager les Marines dans une voie périlleuse », dit-elle, « et en définitive on aimerait bien être sûr qu’on les a correctement formées et qu’elles sont bien préparées, au physique et au moral. »

Elisabeth Bumiller
Traduit par Michèle Mialane.

Édité par Fausto Giudice

Jeudi 25 Mars 2010

Source : Letting Women Reach Women in Afghan War
Article original publié le 6/3 
Michèle Mialane et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteure, la traductrice, le réviseur et la source.
URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=10208&lg=fr

http://www.alterinfo.net/Les-USA-envoient-des-femmes-au-front-Des-commandos-feminins-de-Marines-vont-chercher-a-etablir-des-contacts-avec-les_a44250.html


2-7 Quelle place pour les femmes dans les combats terrestres ?

L'interdiction faite aux femmes dans l'armée américaine de participer à des combats terrestres est de plus en plus remise en question au sein de l'état-major à la lumière des conflits en Afghanistan et en Irak qui ont exposé, de fait, les femmes soldats au feu ennemi.

«Je crois qu'il est temps de regarder ce que les femmes font vraiment en Irak et en Afghanistan et de réexaminer notre politique», a récemment déclaré le chef d'état-major de l'armée de Terre, le général George Casey.

Ces commentaires ont coïncidé avec l'annonce par l'armée d'un projet de levée de l'interdiction faite aux femmes de servir dans les sous-marins, jusqu'ici un bastion masculin.

Malgré une politique visant à maintenir les femmes en dehors des unités combattantes, ces dernières ont été confrontées en Irak et en Afghanistan à des résistants qui ne se battent pas selon des lignes de front traditionnelles. Certaines y ont gagné des médailles récompensant leur bravoure.

Plus de 220 000 femmes ont jusqu'ici combattu en Irak et en Afghanistan pour l'armée américaine, et 120 ont été tuées, selon le Pentagone.

«Mon meilleur interrogateur de combat était une femme soldat, mon meilleur mécanicien de char était une femme soldat», souligne John Nagl, un ancien lieutenant-colonel qui a combattu en Irak, expliquant à l'AFP qu'il lui a fallu surmonter des obstacles administratifs pour leur permettre d'occuper ces postes.

Président du centre de réflexion Center for New American Security, John Nagl pense que des règles écrites dans les années 1990 pour définir le rôle des femmes dans l'armée sont obsolètes.

Ce sera au ministre de la Defense, Robert Gates, de décider s'il convient de changer d'approche. Son porte-parole, Geoff Morrell, reconnaît que «dans les faits beaucoup de femmes en uniforme participent à des missions de combat chaque jour, qu'elles soient pilotes d'hélicoptères, qu'elles fassent partie du personnel médical ou qu'elles s'occupent du soutien logistique».

Le comportement exemplaire des femmes soldats dans la première guerre du Golfe (1990-91) avait mené à une première vague de réformes, les autorisant à participer à des combats aériens et navals.

L'Irak et l'Afghanistan pourraient avoir un effet similaire concernant les combats terrestres, estime Nancy Duff Campbell, coprésidente du cercle de réflexion National Women's Law Center.

Elle souligne que les commandants veulent les meilleurs éléments dans leurs unités, sans considération de sexe, et qu'il est temps d'imposer «des règles sexuellement neutres».

Mais du côté droit de l'échiquier politique, certains se demandent si envoyer des mères au combat, en particulier des mères célibataires, est une bonne idée. «Quel effet cela fait-il à ces enfants de voir maman partir faire la guerre ?», s'interrogeait récemment l'écrivain Mary Eberstadt dans les colonnes du Washington Post.

Alexis Hutchinson, une mère célibataire travaillant dans l'armée de Terre, a récemment défrayé la chronique en refusant un déploiement en Afghanistan, expliquant que personne ne pouvait s'occuper de son bébé.

Elle a été inculpée au pénal avant que les charges contre elle ne soient abandonnées.

La levée de l'interdiction qui leur est faite de participer aux combats au sol n'est qu'une question de temps, pour John Nagl, car il s'agit «simplement de reconnaître une vérité qui a déjà été écrite sur le champ de bataille en lettres de sang et de sueur».

01 mars

http://www.cyberpresse.ca/international/etats-unis/201003/01/01-4256273-quelle-place-pour-les-femmes-dans-les-combats-terrestres.php?utm_source=bulletinCBP&utm_medium=email&utm_campaign=retention


 

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