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09/05/2010

n° 482 - Les Dossiers d'Irak - 09/05/10 -: Suite : - :Tom Hayden : l’Administration US prévoit de rester en guerre pour les 80 prochaines années.

° 482  - Les Dossiers d'Irak - 09/05/10 -: Suite : - :Tom Hayden : l’Administration US prévoit de rester en guerre pour les 80 prochaines années.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

n° 482                                                           09/05/10

C.De Broeder & M.Lemaire



 


Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

c) sur le site de Robert Bibeau :  : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

d) sur le site de eva R-sistons:  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 


Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

Dossier & Point de vue.

1-3 Chris Hedges : Tout le monde s’en fiche.

1-4 Tom Hayden : l’Administration US prévoit de rester en guerre pour les 80 prochaines années.

1-5 Les Etats-Unis : une vraie menace pour la paix et la sécurité internationales.  

1-6 Maud Vallereau : Prison secrète à Bagdad: le rapport qui accable.

1-7 eva R-sistons : Urbicide, sociocide, mnémocide: Les dernières trouvailles de l'Occident assassin.

1-8 Des entreprises européennes prennent part au commerce mondial de matériel le plus souvent utilisé pour commettre des tortures ou d'autres formes de mauvais traitements.

1-9 Les banques continuent d’investir dans les armes à sous-munitions.

1-10 L'invalidation de l'élection de plusieurs députés plonge l'Irak dans la crise.

 



1-3 Chris Hedges : Tout le monde s’en fiche (TruthDig).

Cela fera bientôt dix ans que nous sommes en guerre en Afghanistan et bientôt huit en Irak.

Des centaines de milliers d’Irakiens et des milliers de civils Afghans et Pakistanais ont été tués.

Des millions ont été poussés vers des camps de réfugiés.

Des milliers de nos propres soldats et marines sont morts ou sont estropiés physiquement ou psychologiquement. Nous finançons ces guerres, qui n’ont pas de véritable soutien populaire, en empruntant des milliers de milliards de dollars qui ne pourront jamais être remboursés, tandis que les écoles ferment, les états tombent en faillite, les services sociaux sont rognés, nos infrastructures tombent en ruines, des dizaines de millions d’Américains sont réduits à la misère, et le véritable taux de chômage approche les 17 %.

Une inertie collective, suicidaire nous entraîne vers une insolvabilité nationale et l’effondrement de l’empire. Et personne ne proteste.

Le mouvement pacifiste est mort, malgré les efforts héroïques d’une poignée de groupes tels les Vétérans d’Irak Contre la Guerre, le Parti des Verts et Code Pink.

Tout le monde s’en fiche.

Cette apathie de masse a pour origine la profonde division entre les libéraux, qui sont majoritairement blancs et bien éduqués, et notre classe ouvrière déshéritée, dont les enfants qui n’ont guère de possibilités de trouver un emploi décent, n’ont souvent pas d’autre choix que l’armée.

Les libéraux, dont les enfants fréquent plus souvent une université d’élite qu’un corps de marines, n’ont pas combattu le NAFTA (Accord de libre échange de l’Amérique du Nord) en 1994 et le démantèlement de notre industrie. Ils n’ont rien fait lorsque deux ans plus tard les Démocrates ont saccagé les aides sociales et ils sont restés impassibles lorsque nos banques ont été offertes aux spéculateurs de Wall Street.

Ils ont ratifié, en soutenant les Démocrates Clinton et Obama, le pillage mené par les entreprises privées au nom de la globalisation et d’une guerre sans fin, et ils ont ignoré le sort réservé aux pauvres. Pour toutes ces raisons, les pauvres n’accordent que peu d’intérêt aux protestations morales des libéraux. Nous avons perdu toute crédibilité. Nous sommes détestés, et à juste titre, pour notre complicité tacite dans l’assaut mené contre les travailleurs et leurs familles.

Cependant, notre passivité à engendré quelque chose de plus qu’un aventurisme impérial et un sous-prolétariat structurel. Un coup d’état en douce effectué par un gouvernement contrôlé par des intérêts privés s’est transformé en une néo-feodalité où il n’y a plus que des maîtres et des serfs. Et ce processus ne peut pas être renversé par le biais des mécanismes traditionnels de la politique électorale.

Jeudi dernier je me suis rendu à Washington pour rejoindre le Représentant Dennis Kucinich pour une conférence sur les guerres en cours. Kucinich a profité de cet événement organisé dans l’enceinte du Congrès pour dénoncer une nouvelle demande de Barack Obama pour une rallonge supplémentaire de 33 milliards de dollars pour la guerre en Afghanistan.

Le Démocrate du Ohio a présenté une proposition de loi, soutenue par 16 élus, qui exige un débat à la Chambre des Représentants sur la poursuite de la guerre en Afghanistan. Kucinich est le seul membre du Congrès à condamner publiquement l’autorisation accordée par l’administration Obama pour l’assassinat d’Anwar al-Awlaki, un religieux américain qui vit au Yémen et qui est accusé d’entretenir des liens avec le kamikaze du vol de Détroit à Noël. Kucinich avait aussi invité le journaliste d’investigation Jeremy Scahill, l’écrivain/militant David Swanson, et le Colonel de l’armée à la retraite Ann Wright ainsi que le vétéran de la guerre en Irak Josh Steiber.

La réunion, qui s’est tenue dans la bâtiment Rayburn, nous a brutalement rappelé notre insignifiance. Il n’y avait que quelques jeunes assistants parlementaires. Aucun autre membre du Congrès n’était présent.

La majorité du public était composée d’environ 70 militants pacifistes qui, comme d’habitude dans ce genre d’événement, avaient été rejoints par un groupe hétéroclite de théoriciens du complot qui pensent que le 11/9 est l’œuvre du gouvernement et que le feu Sénateur Paul Wellston, mort dans un accident d’avion, a été assassiné.

Scahill et Swanson ont donné une litanie de statistiques troublantes qui montrent comment les entreprises privées ont pris le contrôle des différents pouvoirs.

Les entreprises privées ont réussi à prendre le contrôle de notre sécurité intérieure et de nos agences de renseignement.

Elles dirigent notre économie et gèrent nos systèmes de communication.

Elles possèdent les deux partis politiques principaux.

Elles ont construit un appareil militaire privé.

Elles pillent les caisses de l’état selon leur bon vouloir.

Et elles sont devenues inattaquables. Ceux qui dénoncent le coup d’état sont tenus à l’écart du débat public et sont marginalisés, comme Kucinich.

« Nous n’avons aucun système de communication dans ce pays, » a dit Swanson, qui est le co-fondateur d’une coalition pacifiste (AfterDowningStreet.org) et qui a mené sans succès une campagne pour la destitution de George W. Bush et Dick Cheney. « Nous avons un cartel médiatique privé qui se confond avec l’industrie de l’armement. La démocratie ne les intéresse pas. Le Congrès est à leur solde. Il est totalement corrompu par l’argent. Nous nous battons la coulpe à cause de notre inertie et de notre incapacité à imposer notre volonté, mais pour nous la barre est placée très haut. Il nous faudra travailler très très dur et faire de très gros sacrifices pour pouvoir exercer une influence sur ce Congrès si nous espérons le faire sans mettre la main à la poche et nous offrir des médias dignes de ce nom. Les parlementaires hypocrites du Congrès parlent toujours d’argent, de comment il faut faire attention à ne pas le dépenser n’importe comment, sauf lorsqu’il s’agit de financer des guerres. C’est de l’hypocrisie, mais qui ira les dénoncer ? Pas leurs collègues, pas leurs financiers, pas les médias, personne à part nous. Nous devrions le faire, mais en général nous ne le faisons pas parce que de temps à autre ils changent le parti au pouvoir et que nous sommes toujours partie prenant dans l’un ou l’autre. »

Scahill – qui a effectué un remarquable travail d’enquête sur la sous-traitance y compris la société Blackwater, rebaptisée Xe – a expliqué comment la gestion des guerres en Irak et Afghanistan a été méthodiquement transférée par le Pentagone à des sous-traitants privés qui n’ont pas de comptes à rendre. Il a regretté le manque de soutien à un projet de loi présenté par le Représentant Jan Schakowsky, projet connu sous le nom de Stop Outsourcing Security (SOS) Act, H.R. 4102 (Interdiction de la sous-traitance en matière de sécurité – NdT), qui aurait « écarté les entreprises privées des fonctions qui devraient être réservées aux forces armées et aux fonctionnaires du gouvernement des Etats-Unis. »

« Il s’agit là d’une des dures réalités de notre temps, où on peut proposer une loi qui énonce quelque chose d’aussi simple que « nous ne devons pas sous-traiter à des entreprises privées les questions de sécurité nationale » et ne trouver que 20 membres du Congrès pour le soutenir, » a dit Scahill. « La triste réalité est que le Représentant Schakowsky sait que l’industrie de l’armement est bipartisane. Elle finance les deux camps. Pendant un moment on a cru que le sous-traitant était devenu une sorte de nouveau Israël. On ne pouvait pas trouver un seul membre du Congrès pour les critiquer parce qu’il y en a tellement qui sont dépendants de financements privés pour garder leur siège à la Chambre des Représentants ou au Sénat. Je crois aussi que l’élection d’Obama, comme pour de nombreux autres sujets, a éliminé cette possibilité et que la Maison Blanche enverrait ses émissaires pour intimider les membres du Congrès qui ne suivraient pas la ligne du parti. »

« La totalité du gouvernement a été privatisée », a poursuivi Scahill. « En fait, la totalité des ceux qui gagnent 100.000 dollars ou moins dans ce pays pourraient aussi bien donner tous leurs biens directement aux sous-traitants plutôt que de payer le gouvernement. C’est pour vous dire à quel point la société a été privatisée, à quel point le gouvernement a été sous-traitée dans ce pays. Il y a 18 agences de renseignement, militaires et civiles, et 70% de leur budget est consacré à des sous-traitants privés qui travaillent à la fois pour le gouvernement des Etats-Unis et des entreprises privées et des gouvernements étrangers. Nous avons massivement sous-traité les opérations de renseignement dans ce pays tout simplement parce que nous avons massivement tout sous-traité. 69% de toute la main d’œuvre du Pentagone, et je ne parle pas uniquement des théâtres d’opération, est désormais privatisée. En Afghanistan, les statistiques sont époustouflantes. L’administration Obama est infiniment pire en Afghanistan en matière de mercenariat et autres sous-traitants privés que l’administration Bush. En ce moment, en Afghanistan, il y a 104.000 sous-traitants privés du Ministère de la Défense aux côtés des 68.000 soldats américains. Le rapport est pratiquement du simple au double entre le nombre de soldats salariés du gouvernement américain et les employés de sociétés privées. Sans compter les 14.000 sous-traitants du Département d’Etat présents en Afghanistan. »

« Dans quelques mois, en très certainement avant un an, les Etats-Unis auront jusqu’à 220.000 ou 250.000 personnes financées par l’état en train d’occuper l’Afghanistan. Nous sommes loin des 70.000 soldats que ceux qui prêtent un peu d’attention pensent que les Etats-Unis ont en Afghanistan. » a dit Scahill. « Nous parlons d’un pays où, selon le conseiller à la sécurité nationale du président, le général James Jones, se trouvent moins de 100 membres d’Al Qaeda incapables de frapper les Etats-Unis.

C’était pourtant la raison invoquée de notre présence en Afghanistan. C’était pour poursuivre les auteurs des attentats du 11/9. »

Josh Stieber a pris la parole en dernier.

Stieber a été déployée avec l’armée en Irak entre février 2007 et avril 2008. Il était membre de la compagnie Bravo 2-16, celle impliquée dans l’attaque par des hélicoptères Apache en juillet 2007 contre des civils irakiens, montrée dans une vidéo récente publiée par Wikileaks. Stieber, qui a quitté l’armée comme objecteur de conscience, a publiquement demandé pardon au peuple irakien.

« En aucun cas il ne s’agit d’un cas exceptionnel, » a-t-il dit en parlant de la vidéo, qui montre des pilotes d’hélicoptère en train de mitrailler avec nonchalance des civils, dont un photographe de l’agence de presse Reuters et des enfants, dans une rue de Bagdad. « C’était inévitable étant donné les conditions. Nous livrions de nombreux combats à l’époque. Une bombe pouvait exploser au bord d’une route ou un sniper pouvait tirer de n’importe où. La paranoïa était constante, nous étions constamment sous pression. Lorsqu’on place des gens dans une telle situation au milieu de civils, c’est le genre de choses qui arrivera et qui est arrivé et continuera d’arriver tant que notre pays ne s’en préoccupe pas. Maintenant que cette vidéo a été rendue publique, il est de notre responsabilité de reconnaître que c’est à cela que ressemble cette guerre au quotidien. »

Je me sentais déprimé en sortant du bâtiment Rayburn pour aller prendre le train et rentrer chez moi. Les voix de la raison, les voix du bon sens, celles qui ont un contenu moral, comme celles de Kucinich ou Scahill ou Wright ou Swanson ou Stieber, n’ont que peu de chances d’être entendues. Les libéraux, qui n’ont pas compris les objectifs inavouables du gouvernement privé et ceux de ses maléfiques serviteurs du Parti Démocrate, ont leur part de responsabilité. Mais même une classe libérale éclairée aurait eu du mal à combattre les grotesques numéros de carnaval et de théâtre politique qui ont provoqué cet aveuglément collectif. Nous avons tous été subjugués. Et avec les milliers d’innocents en Irak, en Afghanistan, au Pakistan et ailleurs, nous serons tous dévorés.

Chris Hedges

4 mai 2010

http://www.truthdig.com/report/item...

Traduction "non Chris, t’es pas tout seul, enfin presque" par VD pour le Grand Soir


1-4 Tom Hayden : l’Administration US prévoit de rester en guerre pour les 80 prochaines années.

Quelle est la marge de manœuvre de Barack Obama pour mettre fin aux guerres initiées après le 11/9 ?

On ne peut évidemment pas s’arrêter à son discours devant les troupes à Baghram ou encore à ses sorties sur la menace nucléaire terroriste, qui semblent davantage guidées par une certaine propagande déjà souvent employée mais qui connaît ses limites. Au-delà de ces discours, quelle est véritablement sa vision de l’avenir du monde et de la place des États-Unis sur le futur échiquier international ? Le député de Californie Tom hayden nous dresse ici un tableau consternant de ce qui ressort de certains documents décrivant la "Longue Guerre" voulue par certains milieux de l’Administration US.

Notre gouvernement prévoit de rester en guerre pendant les 80 prochaines années.

Ça pose un problème à quelqu’un ?

Sans débat public et sans en référer au Congrès, certains responsables du Pentagone et des personnes partageant la même optique ont fait leur une doctrine dite de la Longue Guerre, qui prévoit un « arc d’instabilité » s’étendant de l’Europe à l’Asie du Sud du fait de groupes rebelles et dont la durée serait de 50 à 80 ans. Selon l’un de ses architectes, l’Irak, l’Afghanistan et le Pakistan ne sont que « de petites guerres au sein d’une grande. »

Considérez l’aplomb d’une telle idée. Une guerre non déclarée de 80 ans engloberait les 20 mandats présidentiels à venir, s’étendant loin dans le futur d’électeurs encore à naître. Le coût humain pour les États-Unis des interventions en Irak et en Afghanistan approche maintenant des 5000 morts, nombre à multiplier par un coefficient élevé pour obtenir le nombre de blessés. En tenant compte des morts américains du 11-Septembre, nous voilà à 8000 morts jusqu’à présent, dans cette première décennie de la Longue Guerre. Et si les forces armées américaines sont déjà fortement sollicitées aujourd’hui, essayez de vous représenter sept autres décennies de combat.

Le coût économique est également inimaginable. Selon les économistes Joseph E Stiglitz et Linda Bilmes, la guerre d’Irak coûtera à elle-seule 3 000 milliards de dollars. Ces coûts, ajoutés aux programmes déficitaires des dernières années, « ne laissent virtuellement aucune marge de manoeuvre aux initiatives intérieures de Monsieur Obama et de ses successeurs, » selon une analyse budgétaire réalisée par le New York Times en février. Le fait de continuer à financer la Longue Guerre par du déficit budgétaire dépouillera les jeunes générations d’aujourd’hui des ressources nécessaires à leur avenir.

Le terme «Longue Guerre» a été appliqué pour la première fois en 2004 aux conflits post- 11 Septembre impliquant l’Amérique par le général John P. Abizaid, alors à la tête de l’ U.S. Central Command , et par le Chef d’État-major des Armées, le général Richard B. Myers, en 2005, alors qu’il s’apprêtait à partir à la retraite.

Selon David Kilcullen, un conseiller haut placé en contre-insurrection auprès du général David H. Petraeus et partisan de la doctrine de la Longue Guerre, le concept a été affûté depuis « une succession de bureaux aveugles enfouis à l’intérieur du Pentagone » par une petite équipe qui a réussi à faire pression pour que le terme soit intégré en 2006 dans la Quadrenial Defense Review, le schéma militaire à long terme de la nation. Le Président George W. Bush a déclaré lors de son allocution sur l’État de l’Union en 2006 que « notre propre génération est engagée dans une longue guerre contre un ennemi déterminé. »

Le concept a petit à petit gagné en crédibilité. Un reporter du Washington Post reconverti dans l’écriture, Thomas E. Ricks, a utilisé « La Longue Guerre » comme titre de son livre sur l’Irak publié en 2009, dans lequel il prédisait que les États-Unis n’en étaient qu’à la moitié de leur phase de combat sur ce théâtre d’opérations.

L’expression s’est immiscée dans le langage juridique. La juge de la Cour d’appel fédérale Janice Rogers Brown, enfant chérie de la droite américaine, a récemment émis un avis en faveur de la détention permanente des prisonniers parce que sinon, « chaque campagne réussie dans une longue guerre déclencherait l’obligation de relâcher les combattants taliban capturés lors d’affrontements antérieurs. »

Parmi les analystes de la Défense, Andrew J. Bacevich, un vétéran du Vietnam qui enseigne à l’université de Boston, est le critique le plus en pointe de la doctrine de la Longue Guerre, dénonçant le fait qu’elle soit issue « d’un petit groupe de spécialistes auto-entretenus et auto-proclamés » qui voient l’opinion publique comme « un objet de manipulation » dans la mesure où ils ne lui accordent pas la moindre considération.

La Longue Guerre a atteint un rythme de croisière, bien que le terme soit absent de la Quadrenial Defense Review divulguée par le Secrétaire à la Défense Robert M. Gates en février. Un commentateur a noté la préférence affichée dans le document pour en finir  avec « nos guerres actuelles avant de penser aux suivantes. »

Toujours est-il que nous menons des guerres qui s’enchaînent les unes aux autres sans qu’il soit possible d’y voir clairement un terme. Les divisions politiques en Irak pourraient compromettre le retrait complet des troupes U.S. prévu pour 2012.

Alors que le niveau des troupes diminue en Irak, il a été porté à 100.000 en Afghanistan, où l’émissaire Richard C. Holbrooke a eu cette fameuse formule selon laquelle la réussite sera acquise « quand nous la verrons. » La guerre afghane a repoussé al-Qaïda au Pakistan, où des officiers de renseignement U.S. collaborent clandestinement avec l’armée pakistanaise. Récemment, nos forces spéciales ont monté des opérations clandestines au Yémen.

Ça ne finit jamais. L’expert britannique en sécurité Peter Neumann a dit au King’s College que l’Europe était le « centre névralgique » du Jihad mondial du fait des terroristes immergés dans des havres protégés par des lois garantes des libertés civiques. Cela pourrait-il signifier que l’OTAN serait amenée à occuper l’Europe ?

Il est temps que la Longue Guerre soit placée sous les projecteurs et fasse l’objet de consultations aux Congrès et d’examens par les médias. Le peuple américain a droit à la parole dans la détermination d’une stratégie qui affectera son futur et celui de ses petits-enfants. Il existe au moins trois importantes questions à traiter lors de débats publics :

Quel est le rôle de la Longue Guerre dans la politique des États-Unis aujourd’hui ? Est-ce que le Pentagone ou le président peuvent imposer de telles décisions bellicistes sans débat et sans ratification du Congrès ?

Qui exactement est l’ennemi dans cette Longue Guerre ? Est-ce qu’al-Qaïda (ou le «fondamentalisme islamique») est considéré comme un ennemi unifié au même titre que la «conspiration communiste internationale» était censée l’être ? Est-ce qu’une Longue Guerre peut être engagée avec un simple blanc-seing pour agir contre tout groupe décentralisé situé dans n’importe que pays, de l’Europe à l’Asie du Sud ?

Par-dessus tout, quel sera le coût d’une Longue Guerre mesuré en dollars payés par le contribuable américain, en vies d’Américains, et en respect du monde extérieur envers l’Amérique ? Est-ce tenable ? Sinon, quelles sont les options alternatives ?

Le Président Obama a implicitement fait part de son propre désaccord avec la doctrine de la Longue Guerre sans en rejeter ouvertement le terme. Il a plaidé pour un retrait de toutes les troupes U.S. d’Irak d’ici à 2012, différant en cela de ceux qui, comme Ricks, prédisent la poursuite des combats, aboutissant à une occupation à la façon de la Corée. Obama plaide également pour entamer le retrait des troupes américaines d’Afghanistan d’ici à l’été 2011, par opposition à ceux qui exigent que nous restions jusqu’à une victoire non définie. Obama a dit aux cadets de West Point que « l’engagement de nos troupes en Afghanistan ne peut pas être indéfini, car la nation que je suis le plus intéressé à construire est la nôtre. »

Ces perspectives sont naïves aux yeux des néoconservateurs et de certains, au Pentagone, pour qui la Longue Guerre remplit le vide laissé par la fin de la Guerre Froide.

Ils essaieront de piéger Obama dans une Longue Guerre en exigeant des bases permanentes en Irak, en ralentissant les retraits américains d’Afghanistan les réduisant à un goutte-à-goutte, et en défendant les opérations secrètes au Pakistan. Là où la violence s’embrase, il sera blâmé pour s’être désengagé prématurément. Là où la situation se stabilise, il lui sera suggéré par ses conseillers que c’est grâce au fait d’avoir maintenu des bottes sur le terrain. Nous continuerons à dépenser des dollars que nous n’avons pas dans des guerres sans fin.

Les questions latentes doivent être débattues maintenant, avant que le futur lui-même ne soit configuré pour la guerre.

Tom Hayden(*),

Los angeles Times 

(*) Tom Hayden était un leader des mouvements des étudiants, des droits civiques, pour la paix et pour l’environnement dans les années 1960. Il a effectué 18 années comme membre de l’Assemblée législative de Californie, où il a présidé des comités sur le travail, l’enseignement supérieur et les ressources naturelles.

Il est l’auteur de dix livres, parmi lesquels «Street Wars» (New Press, 2004). Il est professeur à l’Occidental College, à Los Angeles, et a été intervenant à l’Institut de Politique de Harvard à l’automne dernier.

Notes :  

Également connu sous le nom de CENTCOM, il s’agit de l’une des dix structures de commandement, dites United Combattant Command, dépendant du département de la Défense des États-Unis.

Sa zone d’influence s’étend du Moyen-Orient à l’Asie centrale (NdT).

1er avril 2010

Traduction Gavrouchka pour ReOpenNews

24/4 

GeantVert

http://www.reopen911.info/News/2010/04/24/los-angeles-times-ladministration-us-prevoit-de-rester-en-guerre-pour-les-80-prochaines-annees/


1-5 Les Etats-Unis : une vraie menace pour la paix et la sécurité internationales.

Dans une lettre, à l'adresse du président du conseil de sécurité, du secrétaire général de l'ONU et du président de l'Assemblée générale, l'ambassadeur permanent de la RII, à l'ONU, a considéré les Etats-Unis comme une vraie menace pour la paix et la sécurité internationales qui portent atteinte à la crédibilité du TNP. A la suite de l'annonce des politiques nucléaire des Etats-Unis et des allégations sans fondement contre le programme nucléaire de l'Iran, accompagnées des déclarations des autorités américaines concernant une éventuelle utilisation de l'arme nucléaire contre l'Iran, l'ambassadeur de la RII, à l'ONU, Mohammad Khazaï, dans une lettre à l'adresse du président du Conseil de sécurité, du secrétaire général et du président de l'Assemblée générale, a vivement protesté contre ces allégations, avant de qualifier d'inhumains et contraires aux engagements et aux règlements internationaux, les articles irréalistes dudit rapport, ainsi que les menaces des autorités américaines contre l'Iran. L'ambassadeur iranien, auprès de l'ONU, a présenté, dans sa lettre, les cas de violations des Conventions internationales et des principes régissant la non prolifération, avant de demander au Conseil de sécurité et aux autres organes onusiens de déclarer leur opposition sérieuse à de telles politiques nucléaires contradictoires et à la menace d'attaque nucléaire d'un pays qui est dépourvu d'arme nucléaire et qui est signataire du TNP. Dans une partie de cette lettre remise, mardi, au Conseil de sécurité et publiée comme document officiel, il est écrit: "Le gouvernement américain a publié, le 6 avril 2010, son rapport sur l'examen de ses positions nucléaires dit "NPR Nuclear Posture Review." Ce document qui est la base de la stratégie et de la politique nucléaire des Etats-Unis contient divers points, comme les allégations sans fondement contre le programme nucléaire de l'Iran. Certaines autorités américaines, dont le président et ses secrétaires d'Etat et à la Defense ont menacé, explicitement, l'Iran d'attaque nucléaire, sur la base d'hypothèses totalement erronées." Poursuivant sa lettre, l'ambassadeur iranien a réitéré que de telles allégations bellicistes que l'on peut qualifier de chantage nucléaire contre un pays dépourvu d'arme nucléaire et signataire du TNP, sont une violation flagrante du Droit international par Washington et, notamment, l'article 2 de la Charte onusienne, ainsi que la résolution 984 du Conseil de sécurité, adoptée, en 1995, concernant l'interdiction du recours à la force contre aucun pays. De telles allégations explicites ou implicites ne sont pas seulement une déclaration ou intention, mais un document officiel, dans lequel, Washington a menacé d'attaque nucléaire un pays qui en est dépourvu et qui est signataire du TNP. Et de telles prises de positions prouvent, une nouvelle fois, l'approche militaire des autorités américaines, dans différentes questions, et la menace nucléaire ne peut certainement pas être une bonne solution pour le règlement de ces questions. Khazai ajoute, dans sa lettre, que la RII, en tant que victime des armes de destruction massive, s'est engagé, sérieusement,  au cours de ces dernières années, à  oeuvrer à l'instauration d'un monde dénucléarisé. Cet engagement ne se limite pas à la parole, mais s'attache, en pratique, à appliquer, totalement, le TNP, la Convention des armes biologiques et les Conventions des armes chimiques. En outre, la RII rejette le développement, le stockage et l'usage des armes nucléaires, conformément à son éthique et à ses principes religieux, et ses activités nucléaires sont et resteront toujours pacifiques. 40 après l'application du TNP et alors que les autorités américaines prétendent déployer des efforts, dans la voie de la non prolifération des armes nucléaires, nous devons rappeler que les Etats-Unis  sont le seul pays à avoir utilisé l'arme nucléaire, à Hiroshima et Nagasaki,  tuant 200.000 êtres humains, et  ont, dans un acte illicite, menacé un pays signataire du TNP et dépourvu d'arme nucléaire d'attaque nucléaire,  élaborant leurs plans militaires sur cette base. Khazai a précisé que les membres du TNP, non seulement, ne doivent pas ignorer de tels chantages nucléaires, au 21ème siècle, et les tolérer, mais encore, ils doivent prendre des mesures drastiques pour l'anéantissement totale des armes nucléaires, en tant que seule garantie contre l'usage ou la menace de l'usage de ces armes. A ce propos, l'ONU et les organes concernés doivent faire front à la menace de l'usage de l'arme nucléaire.

http://french.irib.ir/

15/04


1-6 Maud Vallereau : Prison secrète à Bagdad: le rapport qui accable.
Des détenus auraient été violés et torturés dans une "prison secrète" à Bagdad, selon un rapport de l'organisation Human Rights Watch.
Le rapport est accablant.

Révélée par le Los Angeles Times le 19 avril dernier, la prison clandestine, située dans l’ancien aéroport de Mouthana, dans l'ouest de Bagdad, est de nouveau mise en cause, dans un rapport publié ce jour, de l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch ((HRW).
Les détenus de cette ancienne prison ont témoigné du supplice enduré lors de leur détention.
L'unité militaire qui dirigeait l'ancien centre pénitencier serait, selon certaines sources, directement lié aux services du Premier ministre.

Mais l'intéressé, Nouri al Maliki, a nié le caractère secret de la prison et démenti toute implication dans ces tortures.
Après les premières accusations du journal américain, il avait annoncé sa fermeture.
Le rapport de HRW s’appuie sur les témoignages de 42 des 300 prisonniers - essentiellement sunnites - récemment transférés de la "prison secrète", vers le centre de détention Roussafa. Ils seraient quelque 430 détenus à avoir été incarcérés dans la prison clandestine. Pour la majorité, originaire de la province de Ninive, ils avaient été arrêtés en septembre et décembre 2009 par l'armée irakienne, soupçonnés de complicité avec les insurgés djihadistes d'Al Qaeda.
Les témoignages de l'horreur
Interrogés à la prison de Roussafa, "les 300 prisonniers étaient regroupés au bloc 19, lorsque nous les avons rencontrés. Nous ne pensions pas recueillir autant de témoignages, ni dévouvrir une telle horreur derrière les récits, même si certaines de nos informations faisaient état de mauvais traitements", explique à Metro, Olivier Bercault de HRW, joint par téléphone à Bagdad.
"Les témoignages recueillis laissent penser que la torture était la norme à Mouthana", a indiqué Joe Stork, le directeur adjoint d'HRW pour le Moyen-Orient. Des témoignages pris très au sérieux, "la plupart des détenus avaient des cicatrices et des blessures. Les conditions dans l'ancienne prison semblaient déplorables", explique Olivier Bercault.
Frappés, fouettés, violés, brulés ou encore humiliés, tous les détenus racontent le même calvaire et les mêmes méthodes infligés par leurs bourreaux. Pour les faire parler, les enquêteurs, les pendent par les pieds "quand ils s'évanouissaient, ils étaient ranimés par des chocs électriques sur leurs parties génitales et sur leur corps", décrit le rapport.
"Ils m'ont électrocuté en posant des électrodes sur mon pénis et m'ont sodomisé avec un bâton. J'ai été contraint de signer des aveux que je n'ai même pas pu lire", témoigne un détenu. Un autre raconte comment après avoir réclamé des soins d'urgence pour un codétenu victime d'une hémorragie cérébrale après avoir été torturé, les gardiens "ont sorti l'homme de la cellule. Ils l'ont ramené ensuite en disant qu'il allait bien. Il est mort une heure plus tard".
Ces témoignages ne sont pas sans rappeler les mauvais traitements et les tortures infligés en 2004, à des prisonniers irakiens, par une unité de l'armée américaine dans la prison d'Abou Ghraib, près de Bagdad.
"Le gouvernement doit poursuivre en justice tous les responsables de ces brutalités systématiques", a réclamé Joe Stork, appelant à une enquête indépendante.
Maud Vallereau

28 04
Metrofrance.com


1-7 eva R-sistons : Urbicide, sociocide, mnémocide: Les dernières trouvailles de l'Occident assassin.
Les dernières inventions de l'Occident pour mieux détruire

 L'imagination de l'homme ne connaît aucune limite pour détruire.  
 On nous parle tous les jours de la Shoah (passée) des Juifs, en oubliant d'ailleurs les Tsiganes et les autres victimes de la barbarie des camps de la honte.

Et on se tait scandaleusement sur les "Shoah" d'aujourd'hui. Il y en a à la pelle, à commencer par celle du peuple Karens en Birmanie.

Sur http://r-sistons.over-blog.com/article-shoah-des-irakiens-nouveaux-concepts-sociocide-mnemocide-cancers-47540727.html
, vous verrez le sort réservé aux Communautés indiennes en Colombie lorsqu'elles gênent les multinationales, ou aux paysans qui revendiquent l'application du Droit : Têtes coupées, fours crématoires, Indiens jetés vivants aux caïmans, etc, et cela par milliers ! Silence de nos médias, plus prompts à s'inquiéter de la popularité de Chavez auprès de son peuple... Et que dire du génocide en Irak, accompli par ceux-là mêmes qui se prétendent les dépositaires du Bien, de la Liberté, de la Démocratie, peuple lui aussi "élu" pour être un modèle, mais aux USA cette fois ?
 
 Bilan de l'opération irakienne :
 - Un million et demi de morts (essentiellement des civils)
 - Cinq millions de réfugiés
 - Enfants nés avec des malformations à cause du phosphore blanc et de l'uranium appauvri
 - Manque d'eau potable, d'électricité, de soins de santé
 - Destruction du Système d'Enseignement (génération perdue)
 - Intimidations, enlèvements, meurtres d'universitaires, de journalistes, de médecins, d'ingénieurs, de leaders spirituels... Assassinats ciblés. Aucune enquête sur les meurtres, pas de coupables, pas de jugements... Il s'agit d'
"éliminer la classe intellectuelle qui aurait pu devenir le fondement d'un nouvel Etat démocratique". Elle est belle, la démocratie imposée par l'Occident ! Et nous devons prendre les USA comme modèle, nous aligner sur cet Etat, participer à ses guerres impériales, dérouler le tapis rouge devant ses dirigeants ? Avons-nous perdu la tête ? Nous devons TOUS devenir anti-Américains si nous aimons la paix, la justice, la vérité, si nous aimons notre prochain ! Et toutes ces atrocités se font pour que les financiers et les industriels puissent se goinffrer davantage ?    
 Et cela ne suffit pas, on fait la même chose en Afghanistan, au Pakistan, au Yemen, partout... C'est ça, le Prix Nobel de la Paix ? Sommes-nous tombés sur la tête ? Parce qu'Obama est noir, souriant, avenant, beau parleur, nous devons nous réconcilier avec l'Amérique de Bush qui a commis des crimes d'Etat, de guerre, contre l'humanité ? Mais Obama est pire, et hypocrite, en plus !
 Et cela ne suffit pas, après tous ces carnages d'ailleurs non couverts par la Presse immonde, on veut faire la même chose avec l'Iran, le Vénézuela, la Syrie, le Liban... et ne parlons pas de Gaza !  
 Et on veut aussi immoler sur l'autel de Mâmon la Chine et la Russie ?

Aucune voix ne s'élève pour dénoncer cela ?

Non, on préfère fustiger ceux qui, naturellement, sainement, dénoncent les atrocités de l'Occident carnassier ?  
 Mais ce n'est pas tout ! Les tueries, les bombardements, les assassinats ciblés ne suffisent pas, voici maintenant de nouveaux concepts pour réduire à néant les peuples : L'urbicide (destruction des villes), le sociocide (destruction de sociétés), le mnémocide (destruction de la mémoire
collective) ! Mais nous sommes cinglés, ou quoi ? On poursuit un Milosevic devant le Tribunal de la Haye alors qu'il commet des atrocités en défendant son peuple agressé sauvagement, et on déroule les tapis rouges devant ceux qui commettent des guerres d'agression, des génocides, des exactions, des crimes de masse, des actes d'une barbarie inouïe, tout cela pour du fric ? Combien d'années de prison pour la soldate américaine qui s'est amusée en photographiant les prisonniers irakiens humiliés ? Et les VRAIS auteurs de ces crimes courent toujours ? Les vrais commanditaires échapperont-ils à la Justice parce qu'ils sont haut-placés et Anglo-Saxons ou Israéliens ?
Qu'est-ce que ce deux poids deux mesures infâme ? Les peuples en ont assez des crimes impunis, des criminels comme Bush qui reçoivent des millions en donnant des conférences sur leur métier de Président ! Le monde est tombé sur la tête !

L'Occident est une vomissure qui ne mérite que le mépris !

eva R-sistons à l'intolérable
Lundi 29 Mars 2010

http://r-sistons.over-blog.com/


1-8 Des entreprises européennes prennent part au commerce mondial de matériel le plus souvent utilisé pour commettre des tortures ou d'autres formes de mauvais traitements.

Un nouveau rapport d'Amnesty International et de l'Omega Research Foundation montre que des entreprises européennes prennent part au commerce mondial de matériel le plus souvent utilisé pour commettre des tortures ou d'autres formes de mauvais traitements.
Menottes murales, poucettes métalliques, ainsi que « manches » et « menottes » destinées à administrer des décharges électriques de 50 000 V à des détenus figurent parmi les « instruments de torture » dont il est question dans le rapport From Words to Deeds rendu public mercredi 17 mars.
Ces transactions commerciales persistent malgré l'introduction en 2006 de dispositions européennes interdisant le commerce international d'équipements de police et de sécurité conçus pour la torture et les mauvais traitements.
Les dispositions de 2006 régulent aussi le commerce d'autres équipements couramment utilisés dans le monde entier pour torturer.
Ce rapport fera l'objet de discussions formelles lors de la réunion de la Sous-commission des droits de l'homme du Parlement européen, qui doit avoir lieu jeudi 18 mars à Bruxelles.
Amnesty International et l'Omega Research Foundation demandent à la Commission européenne et aux États membres de l'Union européenne (UE) de combler les lacunes juridiques mises en évidence par le rapport, et aux États membres de mettre en œuvre et de faire respecter la règlementation en vigueur.
« L‘introduction à l'échelon européen de mesures de contrôle du commerce des “instruments de torture”, qui a fait suite aux campagnes menées pendant une décennie par les organisations de défense des droits humains, a constitué une avancée juridique historique, a déclaré Nicolas Beger, directeur du Bureau européen d'Amnesty International. Toutefois, trois ans après l'entrée en vigueur de ces mesures, plusieurs États européens n'ont toujours pas correctement mis en œuvre ni fait respecter ces dispositions. »
« Les recherches que nous avons effectuées montrent que malgré la nouvelle règlementation, plusieurs États membres, dont l'Allemagne et la République tchèque, ont depuis 2006 autorisé l'exportation d'armes de police et d'instruments de contrainte vers au moins neuf pays où Amnesty International a constaté que du matériel de ce type était utilisé pour commettre des actes de torture, a ajouté Brian Wood, responsable des questions militaires, de sécurité et de police à Amnesty International.
Par ailleurs, seuls sept États ont respecté l'obligation qui leur est faite de publiquement rendre compte de leurs exportations relevant de ce règlement. Nous craignons que certains États ne prennent pas ces obligations légales au sérieux. »
Certaines faiblesses du règlement permettent également aux fournisseurs des organes responsables de l'application des lois de faire le commerce d'équipement dépourvu de toute utilisation autre que d'infliger des tortures ou d'autres mauvais traitements.
« S'étant engagés à combattre la torture où qu'elle soit perpétrée, les États membres doivent maintenant traduire leurs paroles en actes. Ils doivent règlementer de manière véritablement efficace le commerce européen d'équipement de police et de sécurité, et veiller à ce que ce type d'articles ne se retrouvent pas dans la panoplie type du tortionnaire », a conclu Michael Crowley, chercheur à l'Omega Research Foundation.
Voici certaines des principales constatations rendues publiques dans le rapport :
•    entre 2006 et 2009, la République tchèque a autorisé l'exportation d'entraves, d'armes à décharge électrique et d'aérosols de produits chimiques à six pays où la police et les forces de sécurité avaient déjà par le passé utilisé des équipements de ce type pour perpétrer des actes de torture et d'autres formes de mauvais traitements ;
•    l'Allemagne a autorisé des exportations d'entraves pour les chevilles et d'aérosols de produits chimiques vers trois pays de ce type ; 
•    des fournisseurs d‘équipement destiné aux responsables de l'application des lois en Espagne et en Italie proposent à la vente des « menottes » ou des « manches » destinées à administrer des décharges électriques de 50 000 V à des détenus. Une faille juridique permet leur vente, bien que des ceintures incapacitantes à électrochocs globalement similaires soient interdites à l‘importation et à l'exportation à travers l'Union européenne ;
•    en 2005, un pays membre de l'UE, la Hongrie, a annoncé son intention d'introduire l'utilisation de ceintures incapacitantes à électrochocs dans ses prisons et postes de police, malgré l'interdiction frappant l'importation et l'exportation de ces ceintures au motif que le recours à celles-ci constitue un acte de torture ou un mauvais traitement ;
•    seuls sept des 27 États membres de l'UE ont publiquement fait état des autorisations qu'ils ont accordées pour l'exportation d'équipements de police et de sécurité tombant sous le coup du règlement européen, bien que tous les États membres soient légalement tenus de se plier à cette obligation ;
•    le rapport souligne également l'étendue de ce commerce au sein de l'Union européenne, et la nécessité pour les États membres de mener un véritable travail d'information afin d'aviser les entreprises concernées des obligations qui sont les leurs. 
Cinq États membres ont affirmé ne pas avoir connaissance de l'existence sur leur territoire de fabricants (Belgique, Chypre, Italie, Finlande, Malte) ou d'exportateurs (Belgique, Chypre, Italie) d'équipement relevant du règlement.
Le rapport montre cependant que des entreprises établies dans trois de ces cinq pays (Belgique, Finlande et Italie) ont ouvertement déclaré, dans des entretiens accordés aux médias ou sur leur site Internet, qu'elles proposaient des articles régis par ce règlement, souvent fabriqués dans des pays tiers.

POUR EN SAVOIR PLUS

From Words to Deeds (rapport, 17 mars 2010)
Guinée : "Vous ne voulez pas des militaires, on va vous donner une leçon": Les événements du 28 Septembre 2009 au stade de Conakry
 (rapport, 24 février 2010)

16 mars 2010

http://www.amnesty.org/fr/news-and-updates/legal-loophole...


1-9 Les banques continuent d’investir dans les armes à sous-munitions.

146 institutions financières, originaires de 15 pays ont investi 31,5 milliards d’euros dans la production de sous-munitions annoncent les ONG Netwerk Vlaanderen et IKV Pax Christi, dans un rapport actualisé sorti ce mercredi. La majorité de ces investissements proviennent de pays qui ont signé un accord de non prolifération des sous-munitions en 2008 à Oslo.

Un membre de l'Halo Trust Team, soutenue par l'ONU, montre une mine anti-personnelle posée en Afghanistan durant la guerre contre les Soviétiques. © EPA

Différentes institutions financières, banques, fonds d’investissements ou de pensions, ont investi à hauteur de 43 milliards de dollars dans des entreprises produisant des armes à sous-munitions. Ces armes, roquettes et mines anti-personnelles par exemple, ont la particularité de contenir plusieurs bombes en une.
Elles permettent d’occuper une zone importante tout en limitant le nombre de munitions utilisées. Une des principales critiques formulées à leur encontre relève de leur capacité à s’activer, même longtemps après la fin d’un conflit, notamment les mines. Ces munitions, pas toujours mortelles causent généralement de graves mutilations.
Ce chiffre provient du rapport détaillé, « worldwide investments in cluster munitions: a shared responsibility”, proposé par les ONG Netwerk Vlaanderen et IKV Pax Christil. Il choque d’autant plus qu’une convention, signée par 94 Etats - dont les principaux pays européens - à Oslo en 2008, interdit l’emploi, la production, le stockage et le transfert d’armes à sous-munitions. Les pays acheteurs subissent souvent un embargo sur les armes comme le Soudan, ce qui n’empêche nullement les entreprises de vendre, et les investisseurs de financer.
Dans le nouveau classement des banques pratiquant des investissements nuisibles,
BNP-Paribas-Fortis, Axa – 730 millions d’euros -, Citybank – 417 millions d’euros– et Deutsche Bank – 293 millions d’euros– occupent le haut du pavé avec un risque très élevé selon Netwerk Vlaanderen. Les banques belges ne sont pas en reste. KBC et Dexia occupent l’échelon inférieur où les risques sont considérés élevés.
Ces différentes institutions ont financé une huitaine d’entreprises notamment les américaines Alliant Techsystems ATK, L-3 Communicaitons, Lockheed Martin et Textron ; et les sud-coréennes Poongsan et Hanwha. Les investissements financiers s’élèvent à 3,3 milliards d’euros, l’octroi de crédit à 3,6 milliards et au moins 8,6 milliards pour la détention ou la gestion d’actions et d’obligations.
De nombreuses associations militent depuis des années pour l’arrêt des investissements dans la production des sous-munitions. "C'est inacceptable que ces institutions continuent d'investir dans ces armes qui tombent sous la législation internationale et qui tuent ou blessent des gens depuis des dizaines d'années", a insisté Esther Vandenbroucke de Netwerk Vlaanderen.

Guillaume Bur,

avec belga.

20/4


1-10 L'invalidation de l'élection de plusieurs députés plonge l'Irak dans la crise.

L'instance judiciaire de la commission électorale irakienne a invalidé lundi 26 avril les suffrages exprimés en faveur de 52 candidats aux élections législatives de mars accusés de sympathie avec le Baas de l'ancien dictateur Saddam Hussein, dont deux avaient été élus. Cette décision pourrait modifier l'issue du scrutin, remporté de justesse par la liste Irakia de l'ancien premier ministre Iyad Allaoui.

Ce dernier a annoncé lundi soir qu'il avait demandé aux avocats de son parti de faire appel de l'invalidation des résultats. "Nous sommes très préoccupés par certains groupes qui contrôlent le processus politique en Irak", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à Ankara. Il avait jugé un peu plus tôt que ces développements soulignaient la nécessité d'avoir des observateurs étrangers sur le terrain.

"Il s'agit de l'assassinat du processus démocratique. Il n'existe pas d'élection dans le monde qui annule les votes et c'est pourtant ce qui se passe, c'est un crime contre la volonté des électeurs", a déploré Haïdar al-Mollah, un des porte-parole de la liste Irakia. "Nous avons préparé une lettre pour (l'envoyé spécial de l'ONU en Irak, Ad) Melkert pour tenter d'en finir avec cette comédie. Nous sommes visés et on cherche à annuler nos sièges", a-t-il dit à la télévision.

La liste Irakia a obtenu 91 des 325 sièges parlementaires, soit deux de plus que l'Etat de droit (EDD) du chef du gouvernement sortant, Nouri al Maliki. L'élection d'un de ses candidats a été annulée par la commission de révision, mais selon plusieurs membres de la liste d'Allaoui cette décision ne devrait pas remettre en cause leur victoire électorale, dans la mesure où le code électoral autorise le remplacement d'un candidat jugé inéligible par un autre représentant du même parti.

Saad al Raoui, un des neuf membres de la commission électorale indépendante, dont la commission de révision fait partie, juge lui aussi peu probable que la décision rendue lundi modifie l'issue des élections. "Je ne pense pas que cela affectera le nombre de sièges du bloc. Irakia a obtenu des millions de voix, alors ce ne sont pas 5 000 ou 10 000 qui vont le modifier", a-t-il dit.

RISQUE DE CRISE INSTITUTIONNELLE

Dans le cas contraire, tout revers parlementaire d'Irakia risquerait de raviver la colère de la minorité sunnite, qui a largement soutenu la liste laïque d'Allaoui. Les candidats jugés inéligibles ont un mois pour faire appel. Des verdicts plus lourds de conséquences sont attendus mardi, lorsque la même commission se prononcera sur le sort de six à neuf membres d'Irakia élus le 7 mars.

L'ONU et les Etats-Unis ont reconnu que le scrutin avait été équitable et exempt de fraudes malgré des imperfections. L'EDD a toutefois demandé un nouveau décompte des voix, estimant que 750 000 bulletins étaient frauduleux. Une commission d'examen a accédé la semaine dernière à cette requête pour l'ensemble des bureaux de vote de la capitale, soit deux millions et demi de bulletins, mais la commission électorale a demandé comment procéder à ce nouveau décompte.

L'ambassadeur américain à Bagdad, Christopher Hill, s'est dit inquiet du retard pris dans la formation du gouvernement, près de deux mois après le scrutin. "Nous approchons de la période de deux mois et nous sommes inquiets face au processus qui traîne en longueur", a-t-il dit aux journalistes.

26.04.

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/04/26/l-invalidation-de-deputes-elus-plonge-l-irak-dans-la-crise_1342987_3218.html#xtor=AL-32280184


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