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15/05/2010

n°331- Dossier d'Afghanistan - 14-05 -: Début - : Les raisons de la guerre des États-Unis en l’Afghanistan.

n°331- Dossier d'Afghanistan - 14-05 -: Début  - : Les raisons de la guerre des États-Unis en l’Afghanistan.




Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan n°331 du 14-05

C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "dossier de l'Afghanistan" est  visible  sur mes blogs : 

a)   sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

1  Dossiers

1-1 Henry Allen : L’agonie du siècle américain.

1-2 ArmyTimes : Chaque jour, 18 vétérans US en moyenne font une tentative de suicide.

1-3 Guillaume Bur : Les banques continuent d’investir dans les armes à sous-munitions.

1-4 Les raisons de la guerre des États-Unis en l’Afghanistan.

1-5 Dave Lindorff : Mêmes délits, mêmes crimes.

1-6 Guantanamo : Les dossiers.

1 Procès du Canadien Omar Khadr,  à Guantanamo.

2 Comparution d’Omar Khadr.

3 Le Pentagone leur refuse l’accès à Guantanamo.

4 Justin Massie : Quelle OTAN pour le Canada?

Fin  

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-2 Jérôme Diaz : « Donnons de la dignité aux Afghans ! ».

2-3 ArmyTimes : Chaque jour, 18 vétérans US en moyenne font une tentative de suicide.

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 La guerre d'influence de l'Inde et du Pakistan en Afghanistan.

3-2 Manola Romalo : Entretien avec Pascual Serrano « La censure est le propre du pouvoir ».

3-3 Chris Hedges : Pétrole et 11 Septembre 2001

4  Pièce jointe

Discours de Joseph Biden au Parlement européen.



 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Henry Allen : L’agonie du siècle américain.

Le rêve américain se meurt, et avec lui le siècle de magistère sur le monde que l’Amérique s’était promise à elle-même, au nom d’une destinée manifeste qui n’est plus qu’une illusion dont il convient de se défaire, écrit Henry Allen, qui collabore au Washington Post depuis 39 ans et a obtenu en 2000 un prix Pulitzer pour son œuvre critique.

 Le rêve se meurt.

Voici ce qu’il était : une croyance que le monde avait un amour particulier pour les Américains, pour notre ardente innocence, notre spontanéité un peu gauche, pour notre volonté de partager l’évidente et véritable lumière de la démocratie avec ceux qui se battent encore dans les ténèbres de l’histoire, pour notre énergie imprévisible, notre musique syncopée et nos sourires de joueurs de baseball. Ajoutez à cela la majesté de montagnes violettes et les frissons parcourant des blés couleur d’ambre, et vous voyez de quoi il s’agit [1].

Il est difficile de dire à quel moment précisément est né ce rêve.

Est-ce avec le tour du monde de la Grande Escadre Blanche [2] de Teddy Roosevelt ?

Avec la guerre menée par Woodrow Wilson afin de rendre le monde plus sûr pour la démocratie ?

En 1940, Henry Luce, qui disait aux Américains chaque semaine dans « Time and Life » qui ils étaient, a proclamé « le siècle américain. »

La Seconde Guerre mondiale l’a réalisé.

Ce rêve est devenu le mien avec les bobines d’actualités et les pages du magazine Life, après la Seconde Guerre mondiale, lorsque j’ai vu les images des Français et des Italiens jetant des fleurs à nos troupes qui les libéraient des nazis, de GI rentant à la maison avec leurs fiancées européennes, d’enfants allemands au milieu de décombres, regardant le ciel et encourageant les avions américains qui leur apportaient de la nourriture durant le pont aérien de Berlin.

Né en 1941, j’étais encore très jeune, mais assez grand pour considérer que ces vérités allaient de soi : Nous n’avions pas conquis ; nous avions libéré.

Nous étions toujours les bons, placés du bon côté Malgré les récriminations à propos des Yankees incultes et grossiers, tout le monde, en secret, voulait vivre comme les Américains.

Lorsque ces gens nous jetaient des fleurs, c’étaient nos amis, et non pas des collaborateurs, comme ces femmes françaises dont les villageois ont rasé la tête lorsque leurs petits amis allemands sont partis avant l’arrivée des Américains. Ces femmes sont restées sur place, bien sûr - personne ne voulait être une épouse de guerre de nazis dans l’Allemagne de l’après-guerre.

Ils ont perdu, nous avons gagné. Rien ne permet de se faire autant d’amis qu’une victoire totale, du genre de celles que nous n’espérons même plus. C’est ainsi qu’au Japon, frappé deux fois par la bombe, les jeunes gens ont adopté le baseball

L’Amérique allait diriger le monde, non pas à son profit, mais - pour la première fois dans l’histoire - pour le bien de la planète.

Rêve merveilleux !

Il a subi quelques déconvenues, mais a survécu à notre échec en Corée, notre défaite totale au Vietnam, à notre retrait du Liban, à la catastrophe Somalienne du « Blackhawk Down ».

Il nous a survécu, alors que nous nous ridiculisions, quand notre sauvetage des otages en Iran a sombré dans le chaos la poussière du désert, sans un coup de feu de l’ennemi. Nous ne pûmes même pas ramener tous nos morts pour les enterrer.

Nous avons bombardé un hôpital psychiatrique à la Grenade, pendant que nous libérions le monde de quelque vague menace communiste.

Nous avons bombardé une usine produisant de l’ibuprofène en Afrique, en représailles à une attaque contre notre ambassade à Nairobi. Nous avons bombardé l’ambassade de Chine durant notre guerre aérienne pour libérer le Kosovo.

Le rêve a même survécu à George W. Bush, qui a déclenché une guerre pour débarrasser l’Irak des armes de destruction massive.

Il n’y avait pas d’armes, mais nous avons continué le combat pour sécuriser la démocratie en Irak et avons fini par des séances de torture de masse à Abou Ghraib, qui ont donné ces photos souvenirs si colorées de nos GI Joes et Janes.

Les enfants irakiens jouent-ils déjà au baseball ?

Barack Obama a remporté l’élection présidentielle grâce à une campagne électorale promettant une meilleure guerre, encore plus grande, dans l’Afghanistan voisin. Comme toujours, obéissant au mandat du rêve américain, nous envahissons un pays sans aucune autre raison que son propre bien. C’est ce que les gens ne semblent pas comprendre.

Comme dans la vallée de Korengal, en Afghanistan, que les soldats américains ont abandonné mercredi dernier, cinq ans après l’avoir envahi pour y apporter la vérité, la justice et le modèle américain à des Afghans qui en retour nous ont haï.

Nous leur avons donné de l’argent, toutes sortes de friandises. Mais ils nous haïssaient.

Nous les avons suppliés de nous laisser construire une route qui les relierait au monde extérieur. Ils ont haï la route. Et puisque nous ne l’avions pas compris, ils ont fait exploser six ouvriers du chantier de construction de cette route.

Ils nous haïssaient à un point tel que nous avons du les acheter - 23 000 litres de carburant et une grue - pour nous laisser partir, sans qu’ils nous tuent pour le plaisir.

Nous étions des étrangers. En fait, beaucoup de gens détestent les étrangers. (C’est pourquoi on les appelle les « étrangers ».)

Les gens n’aiment les étrangers que lorsqu’ils viennent en petit nombre pour dépenser de l’argent puis repartir ; ou lorsqu’ils viennent en armées, pour chasser d’autres étrangers encore plus détestés, puis repartent. J’ai pris un jour le thé avec la femme d’un chef de village indonésien. Elle se rappelait comment les Japonais avaient été acclamés pour les avoir libérés des néerlandais, jusqu’à ce qu’ils déportent les hommes dans des camps de travail. Ensuite, les iliens ont applaudi les Américains qui avaient chassé les Japonais.

Nous ne faisons pas l’objet d’un amour particulier. Nous avons nos propres vertus, et nous nous sommes rapprochés plus que toute autre nation de la réalisation de ce commandement de Jésus enjoignant d’aimer nos ennemis. Mais nous nous éveillons de ce rêve.

Et pourtant, nous nous accrochons à lui. John Kennedy avait promis que nous accepterions de payer n’importe quel prix, supporterions n’importe quel fardeau, pour parvenir à le réaliser. Et Ronald Reagan nous a comparés à « une ville sur une colline », vers laquelle les regards du monde se tournaient. Obama électrise ses auditoires lorsque se déploie sa rhétorique messianique de sauveur du monde.

Désormais, tout se passe comme si, sans ce rêve, nous ne serions pas l’Amérique, et qu’un candidat à la présidence ne peut l’emporter sans y croire.

Pourtant, le capitaine Mark Moretti, le commandant de nos forces à Korengal, s’est exprimé ainsi : « Je pense que partir est la bonne chose à faire. »

Le rêve se meurt. Ne le réanimez pas, s’il vous plaît.

Henry Allen,

[1] Référence aux paroles de l’hymne patriotique America the Beautiful - ndlr

[2] Surnom donné à l’escadre de l’US Navy qui a accompli un tour du monde de 1907 à 1909 - ndlr

http://contreinfo.info:80/article.php3?id_article=3041

Henry Allen,

Washington Post,

21 avril 2010


Publication originale Washington Post, traduction Contre Info


[1] Référence aux paroles de l’hymne patriotique America the Beautiful - ndlr

[2] Surnom donné à l’escadre de l’US Navy qui a accompli un tour du monde de 1907 à 1909 - ndlr

http://contreinfo.info:80/article.php3?id_article=3041


1-2 ArmyTimes : Chaque jour, 18 vétérans US en moyenne font une tentative de suicide.

Des nouvelles données font apparaître en moyenne 950 tentatives de suicide chaque mois parmi les anciens combattants, lesquelles sont traitées d’une façon ou d’une autre au ministère des Affaires des anciens combattants.

En plus des milliers de tués par la résistance irakienne ou afghane, il faut comptabiliser les milliers de suicides exécuter durant ou après la démobilisation.

Soumis à des stress constants et à de multiples scènes d’horreur, qu’ils en soient responsables ou non, les soldats américains reviennent profondément traumatisés.

Leurs suicides seront-ils considérés comme des "dommages collatéraux" ?

Terme si généreusement employé lorsqu’il s’agit de victimes irakiennes ou afghanes ?

Sept pour cent des tentatives réussissent, et 11 pour cent de ceux qui ne réussissent pas à la première tentative essayent à nouveau dans les neuf mois qui suivent.

Ces chiffres, qui apparaissent à un moment où le VA [US Department of Veterans Affairs] renforce ses programmes de prévention du suicide, montrent qu’ont lieu environ 18 tentatives de suicides par jour parmi les vétérans, dont 5 en moyenne reçoivent déjà des soins venant du VA.

L’accès aux soins semble être un facteur clé, selon les autorités. Une fois qu’un ancien combattant est pris en charge dans programme de soins organisé par le VA, les programmes de dépistage sont en place pour identifier les personnes ayant des problèmes, et des efforts particuliers sont déployés pour repérer ceux qui sont considérés à haut risque, tels un contrôle systématique s’ils sont pas présents aux rendez-vous.

Un élément clé de ces nouvelles données montre que le taux de suicide est plus faible pour les anciens combattants âgés de 18 à 29 ans et qui ont recours aux services de santé du VA, que pour ceux qui ne font pas. Cela conduit les responsables du VA à estimer que quelque 250 vies ont été sauvées chaque année grâce aux traitements prodigués.

La « suicide hotline » du VA a reçu environ 10.000 appels par mois venant de militaires encore en service ou non. Le numéro est le 1-800-273-8255. Les militaires et les anciens combattants devraient ensuite sélectionner la touche 1 pour accéder aux services pour les anciens combattants.

Le Dr. Janet Kemp, coordonnateur national au VA pour la prévention des suicides, cédite la hotline d’avoir sauvé quelques 7000 anciens combattants qui étaient tentés par un acte de suicide - en plus d’avoir fourni des conseils et de l’aide.

Les tentatives de suicide des vétérans d’Iraq et d’Afghanistan demeurent le premier sujet de préoccupation. Dans l’exercice 2009, fermé le 30 septembre, ont été répertoriées des tentatives de suicide de la part de 1621 hommes et 247 femmes qui ont servi en Irak ou en Afghanistan, 94 hommes et 4 femmes faisant une tentative qui a abouti.

En général, selon les employés du VA, ce sont en moyenne les femmes qui tentent de se suicider le plus souvent, mais les hommes sont plus susceptibles de réussir dans cette tentative, principalement parce que les femmes utilisent des moyens moins violents et meurtriers alors que les hommes sont plus enclins à utiliser des armes à feu.
Les tentatives de suicide chez les anciens combattants semblent respecter ces tendances.

 24 avril 2010 –

ArmyTimes.com –

Vous pouvez consulter cet article à : http://www.armytimes.com/news/2010/...
Traduction : Info-Palestine.net

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=8598


1-3 Guillaume Bur : Les banques continuent d’investir dans les armes à sous-munitions.

146 institutions financières, originaires de 15 pays ont investi 31,5 milliards d’euros dans la production de sous-munitions annoncent les ONG Netwerk Vlaanderen et IKV Pax Christi, dans un rapport actualisé sorti ce mercredi. La majorité de ces investissements proviennent de pays qui ont signé un accord de non prolifération des sous-munitions en 2008 à Oslo.

Différentes institutions financières, banques, fonds d’investissements ou de pensions, ont investi à hauteur de 43 milliards de dollars dans des entreprises produisant des armes à sous-munitions. Ces armes, roquettes et mines anti-personnelles par exemple, ont la particularité de contenir plusieurs bombes en une.
Elles permettent d’occuper une zone importante tout en limitant le nombre de munitions utilisées. Une des principales critiques formulées à leur encontre relève de leur capacité à s’activer, même longtemps après la fin d’un conflit, notamment les mines. Ces munitions, pas toujours mortelles causent généralement de graves mutilations.
Ce chiffre provient du rapport détaillé, « worldwide investments in cluster munitions: a shared responsibility”, proposé par les ONG Netwerk Vlaanderen et IKV Pax Christil. Il choque d’autant plus qu’une convention, signée par 94 Etats - dont les principaux pays européens - à Oslo en 2008, interdit l’emploi, la production, le stockage et le transfert d’armes à sous-munitions. Les pays acheteurs subissent souvent un embargo sur les armes comme le Soudan, ce qui n’empêche nullement les entreprises de vendre, et les investisseurs de financer.
Dans le nouveau classement des banques pratiquant des investissements nuisibles,
BNP-Paribas-Fortis, Axa – 730 millions d’euros -, Citybank – 417 millions d’euros– et Deutsche Bank – 293 millions d’euros– occupent le haut du pavé avec un risque très élevé selon Netwerk Vlaanderen. Les banques belges ne sont pas en reste. KBC et Dexia occupent l’échelon inférieur où les risques sont considérés élevés.
Ces différentes institutions ont financé une huitaine d’entreprises notamment les américaines Alliant Techsystems ATK, L-3 Communicaitons, Lockheed Martin et Textron ; et les sud-coréennes Poongsan et Hanwha. Les investissements financiers s’élèvent à 3,3 milliards d’euros, l’octroi de crédit à 3,6 milliards et au moins 8,6 milliards pour la détention ou la gestion d’actions et d’obligations.
De nombreuses associations militent depuis des années pour l’arrêt des investissements dans la production des sous-munitions. "C'est inacceptable que ces institutions continuent d'investir dans ces armes qui tombent sous la législation internationale et qui tuent ou blessent des gens depuis des dizaines d'années", a insisté Esther Vandenbroucke de Netwerk Vlaanderen.

Guillaume Bur, avec belga.

20/4


1-4 Les raisons de la guerre des États-Unis en l’Afghanistan.

En complément d’article, voici un bref historique publié sur Alexander’s Gas & Oil Connections, sur les raisons de la guerre des États-Unis en l’Afghanistan :

04-08-08 Question : sur la remarque d’Ahmadi-Nejad disant que les États-Unis ont utilisé le prétexte des attentats du 11 Septembre pour attaquer l’Afghanistan et l’Irak :

Sean McCormack, porte-parole du département d’Etat américain répond : “Eh bien, je n’ai pas lu tous ses commentaires, mais pour le prétexte, nous sommes allés en Afghanistan, car c’est de là que l’attentat est parti.

11 octobre 1996 : les pipelines sont la clé de  “L’une des grandes valeurs du 21e siècle”
Le
Daily Telegraph publie un article intéressant sur la politique des pipelines en Afghanistan.
Derrière les affrontements tribaux qui ont profondément affecté l’Afghanistan se trouve l’une des grandes valeurs du 21ème siècle, les fabuleuses réserves d’énergie de l’Asie centrale…

“Les dépôts sont énormes”, a déclaré un diplomate de la région. “Le Kazakhstan à lui seul pourrait contenir plus de pétrole que l’Arabie saoudite. Le Turkménistan est déjà connu pour ses réserves de gaz classées au cinquième rang mondial.” [Daily Telegraph, 10/11/1996]

4 décembre 1997 : des représentants des taliban visitent Unocal au Texas
Les représentants des taliban sont invités au siège d’Unocal au Texas pour négocier leur soutien pour les pipelines. A l’époque, George W. Bush, le futur président, était gouverneur du Texas. Les taliban semblent consentir à un accord de deux milliards de dollars pour les pipelines, mais ils ne feront affaire que si les États-Unis reconnaissent officiellement le régime taliban. Les taliban rencontrent des officiels des États-Unis. Selon le
Daily Telegraph, “Le gouvernement américain, qui par le passé avait qualifié la politique des taliban contre les femmes et les enfants de méprisable, semble désireux de plaire aux fondamentalistes pour décrocher le contrat lucratif des pipelines.

Selon un correspondant de la BBC régionale : “La proposition de construire un gazoduc à travers l’Afghanistan fait partie d’une course à l’international pour profiter du développement des ressources de la mer Caspienne riche en énergie.” [BBC, 12/4/1997; Daily Telegraph, 12/14/1997]
On a affirmé que les taliban ont rencontré des responsables d’Enron au Texas (conf. 1996-11 septembre 2001).  A l’époque,  Enron, basé au Texas, avait des intérêts financiers importants dans les pipelines (conf.  24 Juin 1996).

Les taliban ont également rendu visite à l’universitaire Thomas Gouttierre, de l’université du Nébraska et consultant pour Unocal, qui a également été rétribué par la CIA pour son travail en Afghanistan (conf. 1984-1994 et décembre 1997). Gouttierre les a emmenés visiter le Mont Rushmore. [Dreyfuss 2005, pp. 328-329]

12 février 1998 : Le Vice président d’Unocal préconise les pipelines afghans devant le Congrès
Le Vice-président d’Unocal, John J. Maresca – devenu plus tard ambassadeur spécial en Afghanistan – témoigne devant
la Chambre des représentants que, jusqu’à ce qu’un gouvernement unique, unifié, favorable soit mis en place en Afghanistan, le pipeline trans-afghan ne sera pas construit.
Selon lui, un pipeline à travers l’Afghanistan permettrait de produire dans le bassin de
la Caspienne 20% de tout le pétrole hors OPEP dans le monde d’ici 2010. [Congrès américain, 12/2/1998]

Mi-avril 1998:  Les officiels américains rencontrent les taliban; promouvoir les pipelines afghans.
Bill Richardson, ambassadeur américain à l’ONU, rencontre les responsables des taliban à Kaboul. (Toutes ces réunions sont illégales, car les Etats-Unis reconnaissent toujours officiellement le gouvernement que les taliban ont chassé, comme étant le dirigeant légitime de l’Afghanistan.)
Des responsables américains en poste désignent le projet sur le pétrole et les gazoducs comme  “
une fabuleuse opportunité” et sont particulièrement motivés par la perspective “de contourner l’Iran, ce qui offre une autre voie pour les pipelines.” [The Boston Globe, 20/9/2001]
Richardson tente de persuader les taliban de livrer ben Laden aux Etats-Unis, tout en promettant de mettre fin à l’isolement international du régime taliban s’ils coopèrent. [Reeve 1999, p. 195]

21 juillet 2001: Un officiel américain menace les taliban d’une éventuelle action militaire en octobre si (le projet des) pipelines n’est pas poursuivi.
Trois anciens responsables américains, Tom Simons (ancien ambassadeur américain au Pakistan), Karl Inderfurth (ancien sous-secrétaire d’État aux Affaires du Sud asiatique), et Lee Coldren (ex-experts sur l’Asie du Sud au Département d’Etat) se réunissent avec les agents du renseignement pakistanais et russes dans un hôtel à Berlin. [Salon, 16/8/2002] Il s’agit de la troisième conférence non-officielle d’une série appelée “Brainstorming sur l’Afghanistan.”
Les représentants des taliban ont assisté aux précédentes réunions, mais celle-ci a été boycottée en raison de l’aggravation des tensions. Toutefois, l’ISI pakistanais rend compte de la réunion aux taliban. [
The Guardian, 22/9/2001]

Lors de la réunion, Coldren transmet un message des fonctionnaires de Bush. Il dira plus tard: “Je pense qu’il y a eu une discussion sur le fait que les États-Unis ont été tellement dégoûtés par les taliban qu’ils pourraient envisager une action militaire.” [The Guardian,  26/9/2001]
Les comptes rendus varient, mais l’ancien Secrétaire pakistanais aux Affaires étrangères Niaz Naik dira plus tard que de hauts responsables américains à la réunion lui ont raconté que l’action militaire pour renverser les taliban en Afghanistan est prévue “avant que les premières neiges ne commencent à tomber en Afghanistan, vers la mi-octobre au plus tard. ” Le but est de tuer ou de capturer ben Laden et le chef taliban, et e Mollah Omar, de renverser le régime taliban, et d’installer à sa place un gouvernement de transition afghan modéré.
La Russie et l’Ouzbékistan participeraient également.

Naik dit aussi: “On pouvait douter que Washington renoncerait à son plan, même si les taliban livraient immédiatement Ben Laden.” [BBC, 18/9/2001]
Une menace particulière est posée lors de cette réunion : les taliban peuvent choisir entre “un tapis de bombes” – l’invasion – ou “un tapis d’or” – les pipelines. [Brisard et Dasquié, 2002, p. 43.]
Naik soutient que la déclaration des “tapis ” est de Tom Simons. Simons affirme : “I
l est possible qu’un espiègle participant américain, après quelques verres, ait pu penser qu’il était malin d’évoquer des tapis d’or et des tapis de bombes. Même les Américains ne peuvent résister à la tentation d’être espiègle.” Naik et les autres participants américains nient le fait que les pipelines aient été sujet à problème lors de la réunion. [Salon, 16/8/2002]

2 août 2001: Dernière tentative pour sécuriser le marché sur les pipelines : des officiels américains rencontrent secrètement l’ambassadeur taliban.
Christina Rocca, directrice des affaires asiatiques au département d’État, rencontre secrètement l’ambassadeur taliban à Islamabad, apparemment dans une dernière tentative pour conclure un marché sur les pipelines. Rocca était précédemment en charge à
la CIA des contacts avec les groupes de guérilla islamique; elle a supervisé la livraison de missiles Stinger aux moudjahidin afghans dans les années 1980. [Irish Times, 19/11/2001; Brisard et Dasquié, 2002, pp. 45; Salon, 8/2/2002]
Vers la même époque, les responsables de l’ambassade américaine à Islamabad ont eu des entretiens secrets avec Rasoli Hameed, le chef de la sécurité des taliban.

9 février 2002: Les dirigeants pakistanais et afghans relancent l’idée de pipelines en Afghanistan
Le président pakistanais Pervez Musharraf et l’afghan Hamid Karzaï annoncent leur accord pour “
coopérer dans tous les domaines d’activité“, y compris le projet du gazoduc d’Asie centrale, qu’ils disent être “dans l’intérêt des deux pays.” [Irish Times, 9/2/2002; Gulf News, 2/9/2002]

14 février 2002 : Les bases militaires s’alignent sur la route des pipelines afghane
Le quotidien israélien
Ma’ariv note : “Si l’on regarde la carte des grandes bases américaines créées [durant la guerre en Afghanistan], on est frappé de voir qu’elles sont totalement identiques à l’itinéraire de l’oléoduc projeté vers l’Océan Indien. ”
Ma’ariv précise également  : “
Oussama Ben Laden ne comprenait pas que ses actions servaient les intérêts américains … Si j’étais un partisan de la théorie du complot, je penserais que ben Laden est un agent américain. N’en étant pas , je ne peux que m’étonner de la coïncidence “. [Chicago Tribune, 18/3/2002]
envoyé par ReOpen911. – 

Source: http://truthgonewild.blogspot.com

Traduction apetimedia pour ReOpenNews


1-5 Dave Lindorff : Mêmes délits, mêmes crimes.

Plaidoyer pour la destitution de Barack Obama 

En 2005-2006, j’ai écrit un livre « The Case for Impeachement » (« plaidoyer pour une destitution » – NdT) dans lequel j’ai présenté des arguments en faveur d’une destitution du Président George W. Bush et du Vice-président Dick Cheney, ainsi que d’autres hauts responsables de l’administration Bush/Cheney tels que Condoleezza Rice, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld et le ministre de la Justice Alberto Gonzales, pour crimes de guerres et violation de la constitution des Etats-Unis.

A présent, lorsque je mentionne le titre du livre, parfois certains me demandent, sur le ton de la plaisanterie, si je me réfère au président actuel, Barack Obama.

C’est triste à dire, mais le temps est venu, à peine 14 mois après l’entrée en fonctions du nouveau président, de répondre que oui, ce président, et certains de ses subordonnés, sont coupables eux aussi de crimes de guerre – dont beaucoup sont les mêmes que ceux commis par Bush et Cheney - pouvant mener à une destitution.

Commençons par la guerre en Afghanistan, qu’Obama a personnellement pris en charge par une escalade qui verra le nombre de soldats US dans ce pays (sans compter les mercenaires embauchés par le Pentagone) s’élever à 100.000 d’ici le mois d’Août prochain.

Ce président a autorisé l’emploi de drones Predator (avions sans pilotes) pour mener une campagne de bombardements contre le Pakistan ce qui a pour effet d’étendre illégalement la guerre en Afghanistan vers un autre pays sans l’autorisation du Congrès. Ces avions sans pilotes sont connus pour tuer beaucoup plus de passants innocents que d’ennemis, ce qui rend leur emploi comme armes fondamentalement illégal. De plus, cette vague d’attaques contre le Pakistan constitue une guerre d’agression contre un pays tiers, si le mot « guerre » a encore un sens, et par conséquence une violation de la Charte des Nations Unies. L’acte de déclencher une guerre d’agression contre un pays qui ne représente aucune menace imminente pour l’agresseur est considéré par la Charte et la Charte du Tribunal de Nuremberg comme le plus grave de tous les crimes de guerre.

Le président, en tant que commandant en Chef, en collusion avec le ministre de la justice Eric Holder, à bloqué toute poursuite contre ceux qui ont autorisé et appliqué la torture contre des prisonniers pendant la guerre en Irak, la guerre en Afghanistan et aussi la soi-disant guerre contre le terrorisme – notamment le juge de la Cour d’Appel Jay Baybee et le professeur de droit à l’université de Berkeley John Woo qui, comme avocats du ministère de la Justice, ont rédigé les memos qui justifiaient l’usage de la torture – et qui permettent encore aujourd’hui la poursuite de telles pratiques contre les prisonniers. Tout ceci constitue une violation claire des Conventions de Genève qui font partie intégrante, de par les traités signés, de la Constitution des Etats-Unis. Selon ces traités, les responsables dans la chaîne de commande qui permettent ou s’abstiennent de punir les auteurs de torture se rendent eux-mêmes coupables de torture.

En tant que Commandant en Chef, le Président Obama a aussi supervisé une stratégie en Afghanistan qui consiste à étendre les attaques contres les civils. Comme en Irak sous l’administration Bush, la phase actuelle de la guerre en Afghanistan provoque plus de morts parmi les civils que parmi les combattants ennemis, à cause de l’emploi d’armes telles que des hélicoptères dotés de canons, des bombardements aériens, des bombes à fragmentation, etc, ainsi que le recours à des tactiques de raids nocturnes contre des zones habitées censées abriter des insurgés – des raids qui se soldent fréquemment par la mort de nombreux hommes, femmes et enfants innocents. Il est significatif de constater que la récente exécution de sang froid de 9 étudiants, âgés entre 11 et 18 ans, par des forces dirigées par les Etats-Unis n’a donné lieu à aucune poursuite ni enquête. Au contraire, l’affaire est étouffée et ignorée, avec l’évident accord de la Maison Blanche et des chefs du Pentagone.

De plus, il est largement admis que le Général Stanley McChrystal, qui a dirigé une opération à grande échelle d’escadrons de la mort en Irak avant d’être nommé à son poste actuel, est actuellement en train de diriger une campagne similaire d’assassinats en Afghanistan – une campagne qui rappelle le sinistre Programme Phénix dans les années 60 au Vietnam – qui se solde par de nombreux morts chez les Afghans innocents.

En politique intérieure, le président a autorisé la poursuite des détentions sans procès de centaines de prisonniers à Guantanamo et dans d’autres prisons, dont la base aérienne de Bagram en Afghanistan. Son directeur à la Sécurité Nationale a même déclaré que la politique de l’administration actuelle était que les citoyens américains qui seraient considérés par le gouvernement d’être des combattants ennemis ou des terroristes pourraient faire l’objet d’exécutions extra-judiciaires. Des crimes d’état officiellement assumés constituent une violation flagrante de la Constitution qui précise clairement que chaque Américain bénéficie de la présomption d’innocence et du droit à un procès équitable.

Le président a aussi poursuivi, et d’une certaine façon même renforcé, le programme de Bush/Cheney d’espionnage sans mandat des communications électroniques de millions d’Américains par l’Agence de Sécurité Nationale (NSA). Une partie de ce programme, la surveillance d’une organisation caritative islamique vient d’être déclarée illégale par un juge fédéral dans une affaire qui l’opposait à l’administration Bush/Cheney, mais que la présente administration persistait à défendre. Il n’est pas encore connu si l’administration Obama décidera de faire appel de ce jugement. Alors que l’affaire en question ne constitue pas un crime de la part de l’administration Obama, il est cependant clair qu’elle représente la pointe d’un gigantesque iceberg d’espionnage intérieur, et le fait que l’administration déploie autant d’efforts pour clore ce procès ou le gagner indique qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé et que la NSA agit ainsi à une très grande échelle. En fait, si cette affaire a atterri un jour devant un tribunal, c’est uniquement parce qu’un rapport qui décrivait les détails de la surveillance avait été envoyé par erreur par courrier électronique aux victimes de la surveillance.

Et pendant que nous y sommes, je voudrais dire aussi qu’il y a suffisamment d’éléments pour destituer le secrétaire au Trésor Timothy Geither qui, lorsqu’il dirigeait la Réserve Fédérale de New York, parait avoir été complice d’une tentative pour étouffer la fraude massive de Lehman Brothers, puis en tant que secrétaire au Trésor, a participé à la plus grande distribution d’argent des contribuables à plusieurs des plus grandes banques du pays.

L’énumération des violations de la Constitution et des crimes commis montrent que ce président, comme son prédécesseur, et pratiquement depuis son premier jour de mandat, perpétue les actions criminelles et anticonstitutionnelles qui menacent l’existence même d’un gouvernement constitutionnel aux Etats-Unis.

En termes simples : le Président Barack Obama, et son ministre de la Justice Eric Holder, son ministre de la Défense Robert Gates, son ministre de l’Economie Geithner, devraient être destitués pour crimes de guerre et crimes contre la Constitution.

Bien sûr, après avoir assisté pendant deux ans à un Congrès Démocrate faillir sans honte à son devoir de lancer une procédure de destitution contre le Président Bush et le Vice-président Cheney ainsi que leurs subordonnés criminels, je ne me fais aucune illusion quant à la destitution du président actuel.

Cela dit, je crois qu’il est important de faire savoir publiquement que ce président, comme son prédécesseur, mérite la destitution pour de graves délits et crimes.

Dave Lindorff

ARTICLE ORIGINAL
http://www.counterpunch.org/lindorf...

4 avril 2010

Traduction - dans l’expression "premier président noir des Etats-Unis", les seuls mots qui comptent sont "président " et "Etats-Unis" - par VD pour Le Grand Soir

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Plaidoyer-pour-la-destitution-de-Barack-Obama.html



1-6 Guantanamo : Les dossiers.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage certaines analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

1 Procès du Canadien Omar Khadr,  à Guantanamo.

Le jeune Omar Khadr, un citoyen canadien arrêté par les Américains en Afghanistan à l'âge de 15 ans, comparaît à partir d'aujourd'hui sur la base navale de Guantanamo pour les audiences préliminaires à son procès devant un tribunal militaire d'exception.
Aujourd'hui âgé de 23 ans, le frêle adolescent qu'il était au moment de son arrestation est devenu un grand jeune homme à la barbe fournie. Il est le dernier Occidental encore détenu dans la prison ouverte par George W. Bush.
Son procès va être l'occasion de tester pour la première fois grandeur nature les tribunaux militaires d'exception tels qu'ils ont été réformés par l'administration Obama et le Congrès cet automne. Faute d'un autre lieu pour les accueillir dans l'immédiat, ces tribunaux militaires se réunissent, comme les anciens, à Guantanamo, dont la fermeture a été reportée sine die.
Omar Khadr est poursuivi pour "crimes de guerre", accusé d'avoir lancé une grenade qui a tué un officier américain et d'avoir rejoint volontairement le Jihad.

AFP

28/04


2 Comparution d’Omar Khadr.

Omar Khadr comparaît pour avoir jeté une grenade qui a tué un officier américain.

Les audiences préliminaires du premier procès devant les tribunaux militaires d’exception remodelés par Obama, celui du Canadien Omar Khadr, ont créé la polémique cette semaine à Guantanamo.

Aujourd’hui âgé de 23 ans, Omar Khadr a refusé deux fois, jeudi et vendredi, de se rendre dans la salle d’audience située dans la base navale américaine à Cuba, au motif que ses gardes lui infligeaient des « humiliations », selon les médias américains et canadiens sur place.

Jeudi matin, il s’est plaint de douleurs à l’œil gauche dont il a perdu l’usage lors de la bataille qui a conduit à son arrestation en septembre 2002 en Afghanistan, et a refusé de chausser les lunettes noires de plongée qu’il est censé porter entre sa cellule et le tribunal.

Enfant-soldat
Vendredi, il a refusé d’être fouillé aux jambes et n’a par conséquent pas été autorisé à se rendre en salle d’audience.

Jeudi après-midi, le jeune homme qui souffre beaucoup des éclats d’obus restés dans son oeil, a assisté les yeux baissés à la projection d’un film dans lequel on le voit notamment assis en tailleur en train de fabriquer des bombes artisanales en souriant, selon les mêmes sources.

Il s’agit d’une des pièces à conviction majeures en possession de l’accusation qui lui reproche entre autres d’avoir jeté une grenade qui a tué un officier américain, mais les joues rebondies et la moustache naissante de l’adolescent dans cette vidéo de mauvaise qualité trahissent sa jeunesse.

Ses avocats et les associations de défense des droits de l’homme protestent vigoureusement contre le principe qu’il soit jugé par les Etats-Unis pour « crimes de guerre » alors que sa situation s’apparente à celle d’un enfant-soldat. Il avait arrêté en 2002 en Afghanistan à l’âge de 15 ans.

Ces audiences préliminaires ont en outre pour but de déterminer si les procureurs pourront utiliser à charge des déclarations qu’il assure avoir faites en Afghanistan puis à Guantanamo sous la menace, la contrainte, voire la torture.

http://www.lequotidien.re/actualites/france-monde/105611-guantanamo-tribunaux-exception-comparution-omar-khadr.html


3 Affaire Khadr : Le Pentagone leur refuse l’accès à Guantanamo.

 Trois journalistes canadiens se voient interdire l'accès à la base américaine de Guantanamo, où ils couvraient les audiences préliminaires en vue du procès pour crimes de guerre d'Omar Khadr, a indiqué jeudi le Pentagone. (…)

Les journalistes du Toronto Star, du Globe and Mail et du service de nouvelles Canwest auraient violé un interdit de publication du nom d'un témoin.

Dans une lettre envoyée aux médias, le Pentagone affirme qu'en vertu de ces violations, ces journalistes ne pourront assister dans l'avenir aux procédures des commissions militaires.

Au cours des huit derniers jours, les avocats de la défense ont tenté d'établir que le Canadien a été torturé dans le but de lui soutirer des déclarations incriminantes.

Parmi les témoins appelés à la barre figurait un interrogateur de la prison de Bagram, en Afghanistan.

L'homme a témoigné avoir terrorisé Omar Khadr, alors un jeune de 15 ans grièvement blessé, en lui racontant l'histoire «fictive» d'un garçon afghan détenu par les États-Unis mort après avoir été violé en groupe.

Le Pentagone voulait que le témoin soit identifié seulement à titre d'interrogateur no 1 et qu'on ne rapporte pas son nom, pourtant largement diffusé au cours des procédures ayant mené à sa condamnation pour agression sur un détenu.

L'homme avait aussi accordé précédemment une entrevue au Toronto Star.

La journaliste du Star Michelle Shephard, qui a écrit un livre sur Omar Khadr et sa famille, a qualifié la décision de «ridicule».

Les États-Unis accusent Omar Khadr, capturé en Afghanistan en juillet 2002, d'avoir lancé une grenade ayant tué un soldat américain et rendu un autre aveugle.

Les journalistes également écartés sont le correspondant du Globe and Mail à Washington, Paul Koring, et Steven Edwards de Canwest.

Carol Roseberg, une journaliste américaine du Miami Herald, a aussi été informée qu'elle ne pouvait retourner sur la base.

La mesure concerne seulement les journalistes cités et ne s'étend pas aux médias concernés.

Néanmoins, l'interdit pourrait s'étendre aux médias s'il y a d'autres «violations», prévient la lettre, qui précise qu'un appel de la décision peut être logé.

Les audiences sont interrompues -- il n'est pas clair quand elles reprendront -- et les médias sur la base américaine doivent quitter les lieux vendredi.

(Presse Canadienne)

06/05

http://lcn.canoe.ca/lcn/infos/national/archives/2010/05/20100506-200808.html


4 Justin Massie : Quelle OTAN pour le Canada?

Le ministre fédéral des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a rencontré ses homologues de l'alliance atlantique en Estonie les 22 et 23 avril. Le but de la réunion était de discuter de l'avenir de l'OTAN à la lumière du conflit en Afghanistan. Conjuguée aux rumeurs d'une possible intervention militaire canadienne en République démocratique du Congo (RDC), cette réunion représentait donc une occasion privilégiée de considérer l'avenir de la politique étrangère du Canada, à la suite de son désengagement militaire de Kandahar prévu cet été.
Quelle OTAN pour le Canada?

La question peut paraître triviale, mais la réponse est loin de l'être.

Le Canada a appuyé toutes les initiatives majeures de l'OTAN depuis sa création, dont la décision de prendre part à des conflits internationaux en ex-Yougoslavie, en Afrique, au Moyen-Orient et en Afghanistan. Ce qui veut dire que l'avenir de l'alliance est de première importance afin de prévoir la future politique étrangère et de défense canadienne. Or, le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay, a énoncé publiquement il y a quelques semaines les préférences canadiennes à ce sujet.
Changements de politique
Il y a premièrement la question des opérations militaires expéditionnaires telles qu'en Afghanistan. Pour le Canada, le succès de l'OTAN dans ce pays est plus important que la nature de ce succès. Le gouvernement fédéral a ainsi ajusté l'objectif de sa politique afghane en fonction des changements de politiques de certains membres de l'OTAN, passant de la volonté d'éliminer al-Qaïda à celui d'établir une démocratie libérale et, aujourd'hui, à celui d'assurer la stabilité du pays, qui passe par un contrôle afghan de tout le territoire.
Ainsi, plutôt que de se limiter à traquer et à éliminer les membres de la nébuleuse terroriste ou encore à instaurer un régime de «bonne» gouvernance en Afghanistan, le Canada prône aujourd'hui l'«afghanisation» du conflit. Cela signifie la conclusion d'ententes politiques et financières avec certains résistants ayant combattu contre les forces occidentales et l'acceptation d'un gouvernement afghan passablement corrompu. La pacification de l'Afghanistan semble peut-être contradictoire avec l'exportation par l'OTAN des «valeurs démocratiques et humaines», dont a fait mention le ministre MacKay, mais elle est cohérente avec la stratégie de sortie privilégiée par l'OTAN.
Soutien militaire
Mais plutôt que de tirer de l'expérience afghane la leçon de ne plus s'engager dans de telles aventures, le gouvernement canadien juge plutôt que l'OTAN a la responsabilité de déployer des forces militaires partout où la sécurité de l'un de ses membres est en jeu. L'alliance doit avoir une politique «proactive», selon le ministre MacKay, visant à défendre la sécurité de ses membres au sens le «plus large» du terme, et ce, à une «plus grande échelle» qu'actuellement.
Le raisonnement du gouvernement canadien est que de telles opérations donnent une raison d'être à l'OTAN, empêchent «que les menaces n'atteignent nos propres frontières», en plus de permettre une présence canadienne et européenne dans les opérations menées par les États-Unis.
Ces trois raisons paraissent toutefois douteuses. D'abord, faire la guerre afin de légitimer une organisation internationale ne paraît pas très raisonnable. Ensuite, la plupart des analystes gouvernementaux et non gouvernementaux reconnaissent que la capacité d'al-Qaïda à commettre des actes de terrorisme international à partir de l'Afghanistan est aujourd'hui quasi nulle. L'OTAN a, autrement dit, atteint son objectif initial. Et plusieurs jugent que l'intervention militaire en Afghanistan a augmenté la probabilité d'attentats terroristes en Amérique du Nord et en Europe par l'entremise du développement du «terrorisme local», c'est-à-dire celui mené par des résidants de pays occidentaux.
Élargissement de l'alliance
Enfin, la volonté de rendre plus multilatérales les interventions militaires américaines est certes plus légitime, mais elle va à l'encontre de la nouvelle doctrine canadienne: l'appropriation régionale. Il s'agit de promouvoir la gestion régionale des conflits, par l'Union africaine par exemple, au détriment d'une opération dirigée par les grandes puissances. On devrait ainsi attendre du ministre Cannon qu'il fasse la promotion d'un rôle de soutien politique, financier et logistique de l'OTAN auprès de la mission des Nations unies en RDC plutôt qu'une intervention directe et massive du Canada.
Il y a aussi la question de l'élargissement de l'alliance. Le ministre MacKay a réitéré l'appui du Canada à l'adhésion de l'Ukraine et de
la Géorgie à l'OTAN. Compte tenu de la nouvelle politique étrangère ukrainienne et de la guerre entre la Géorgie et la Russie de 2008, il est difficile d'expliquer l'engouement du gouvernement Harper, qui a d'ailleurs pour effet notable d'exacerber encore davantage les relations tendues entre le Canada et la Russie. [...]
Il faut espérer une révision par M. Cannon de certaines idées proposées par M. MacKay. Il semble effectivement préférable de privilégier le soutien militaire d'organisations régionales par rapport à des interventions militaires directes de l'OTAN, de même que de prôner une politique d'engagement et d'accommodation plutôt que d'affrontement à l'égard de
la Russie.

Justin Massie - Professeur adjoint à l'École supérieure d'affaires publiques et internationales de l'Université d'Ottawa et chercheur associé à la Chaire de recherche du Canada en politiques étrangère et de défense canadiennes de l'UQAM. 

27 avril 2010 

http://www.ledevoir.com/politique/canada/287754/politique-etrangere-quelle-otan-pour-le-canada 


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