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26/05/2010

n° 527- Témoignages de Palestine et d'ailleurs. - 24-05 - : -Fin - : Pots de vin et chantage à l'ONU pour la création « d'Israël »

n° 527- Témoignages de Palestine et d'ailleurs. - 24-05 - : -Fin   - : Pots de vin et chantage à l'ONU pour la création « d'Israël »



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 

                                                       



Témoignages

de Palestine & D’ailleurs

  n°527                                                                                                                  24-05

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens...

c) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

d) sur le site de Eva Resis       :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 

Sommaire

2 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

2-1 Leila Mazboudi : Pots de vin et chantage à l'ONU pour la création « d'Israël »

2-2 Derrière Le Blocus De Gaza La Logique Sado-Nazie D’Israël.

2-3 Proche-Orient : Israël négocie et bombarde.  

2-4 Ce que les Israéliens refusent de voir.

2-6 Noam Chomsky.

1 Noam Chomsky sur la politique étrangère d’Obama.

2 Je suis déconcerté par les contradictions de Noam Chomsky sur la Palestine.

2 James Petras : Noam Chomsky et le Lobby pro-israélien : Quatorze thèses erronées.




2 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

2-1 Leila Mazboudi : Pots de vin et chantage à l'ONU pour la création « d'Israël »
Nouvelle révélation qui devrait faire réfléchir sur les facteurs qui ont contribué à la création de l’entité sioniste et la prise de position au sein de l’organisation onusienne : C’est grâce aux  pots de vins et au chantage que l’usurpation de
la Palestine a été décidée. Sur les 33 états des 46 membres qui formaient de l’Assemblée générale en 1947, nombreux sont les pays qui ont perçu des pots de vin afin d’accorder leurs voix en faveur de la résolution onusienne 181 sur la partition de la Palestine.
Cette
divulgation revient à un historien israélien, Benny Morris, l’un des plus "sionisant" de ceux qui furent connus sous l’appellation «  les nouveaux historiens israéliens du post-sionisme ». Elle est étayée dans son nouveau livre intitulé «  1948 : l’histoire de la première guerre arabo-israélienne » dans lequel il brosse l’histoire de l’entité sioniste, minée par les mensonges et les fausses croyances. Son approche même celle présentant les images les plus poignantes contre des Palestiniens n’a rien d’un examen de conscience. Elle vise surtout à justifier aux sionistes toutes leurs agressions, au nom de la création de l'entité sioniste.
Quelques jours avant le vote, raconte Morris, les dirigeants du mouvement sioniste étaient particulièrement perturbés. Après avoir décompté les voix des votants, les résultats s’avéraient être en défaveur de la création de l’entité sioniste.
C’est à ce moment que fut prise la décision de puiser dans le machiavélisme : «  à ce point là, l’un de ces dirigeants sionistes jugea que les moyens propres de dissuasion n’étaient plus suffisants, et qu’il fallait recourir aux moyens sombres, dont les pots de vin et les autres pressions », écrit Morris, signalant que «  les considérations financières ont joué un rôle considérable sur les représentants de pays d’Amérique du sud, dont l’un d’entre eux perçut la somme de 70 mille dollars en contre partie de son vote en faveur de la partition ».
L’historien israélien évoque le cas du Costa-Rica, prétendant qu’il a touché le montant de 45 milles dollars, celui du Guatemala dont le représentant  faisait part d’un zèle quelque peu exagéré selon Morris pour le sionisme et qui, « d’après les documents des archives britanniques  percevait des sommes de la part de mouvements sionistes américains et était en relation avec une juive ».
Un deuxième procédé tout aussi démoniaque fut également utilisé pour la création « d’Israël », celui du chantage. Selon Morris, il était exercé contre ceux qui refusèrent d’être corrompus: ainsi le Libéria s’est vu menacé de ne plus pouvoir vendre son caoutchouc.
Parmi les parties qui l’exercèrent, en général des hommes d’affaires et d’influence sionistes, est mentionné un certain Samuel  Zamouraï dirigeant d’un syndicat américain (la société des fruits unifiée) qui jouissait d’une grande influence dans les Caraïbes.
  Ces procédés ne sont certes pas une nouveauté pour le public israélien. Ils ont été mentionnés par des historiens tels Michaël Cohen et Tom Seguev, lequel avait écrit qu’à cette époque, un budget d’un million de dollars a été assigné pour «  des opérations spéciales ».
Mais pourquoi Morris, selon lequel ils sont bel et bien légitimes car « la création d’Israël était à l’ordre du jour… et la fin justifie les moyens », les rappelle-t-il à un moment où l’entité sioniste sonne plus que jamais la sonnette d’alarme sur son existence. 
«  Un pot de vin est meilleur qu’une troisième guerre mondiale que les Arabes menaçaient  de déclencher si l’état était proclamé », avait-il glissé durant son entretien avec le Yediot Aharonot.
Les propos peuvent éventuellement suggérer, aux yeux du bourreau, le contentieux présent avec l’Iran,
la Syrie, le Hezbollah et le Hamas. 
Mais aux yeux des victimes, ils prouvent une fois de plus l'ampleur de l'arnaque, via les instances internationales.

 22 mai

Source : Al Manar
http://www.almanar.com.lb/...


2-2 Derrière Le Blocus De Gaza La Logique Sado-Nazie D’Israël.

Une logique sadique et un souci du détail dans l’organisation administrative du blocus rappellent les méthodes des Nazis dans le Ghetto de Varsovie, dans les camps d’extermination. Israël en a « tiré les leçons ».

Nourrissons palestiniens condamnés à mourir.

L’organisation israélienne de défense des droits de l’homme Gisha a poursuivi en justice le gouvernement israélien avec pour objectif d’obliger Israël à révéler des informations concernant le contrôle des importations dans Gaza qui maintient la population palestinienne sous blocus, une punition collective définie comme crime de guerre par le Droit International.
Par exemple, les règles qui autorisent l’importation de cannelle et pas de coriandre semblent arbitraires et ça l’est. Mais ce qui est choquant c’est la logique sadique dissimulée derrière et mise en place jusqu’au moindre détail par ceux qui ont le Houpza (arrogance extrême) de prétendre défendre les Juifs de tout nouveau génocide.
Il n’y a rien de plus efficace pour renforcer le sentiment d’impuissance au sein d’une population prisonnière que le fait que tous les détails de la vie quotidienne sont sous le contrôle et le bon vouloir d’un pouvoir invisible et inaccessible et surtout imprévisible. C’est ce qu’on appelle de la subjugation un exercice sadique pour casser toute volonté de résistance chez ceux qui sont soumis à ce régime.
La directrice de Gisha, se défendant d’être experte ne matière de sécurité pour se protéger de toute critique des responsables sionistes à l’affût et prêts à crier « trahison », mais il est bien évident que pour elle :
I« Empêcher des enfants de recevoir des jouets, des fabricants de se fournir en matières premières - je ne vois pas en quoi cela correspond à des besoins sécuritaires israéliens ».
Il est clair que la rhétorique du « sécuritaire « est exploitée par le régime sioniste pour violer au quotidien les droits de base des Palestiniens de Gaza.

Le gouvernement israélien a finalement fourni au tribunal un document répondant de manière tout à fait partielle à la demande de Gisha, mais qui reste néanmoins révélateur de l’état d’esprit sado nazi qui prévaut au sein de l’establishment israélien vis-à-vis de la population palestinienne vivant sous occupation. La BBC en a obtenu une copie.
La raison principale évoquée pour maintenir ce blocus inhumain sur plus de 1.5 millions de Palestiniens dont plus de 50% d’enfants, est définie comme suit :
« Les restrictions sur le transfert de biens est un pilier central des moyens dont disposent l’Etat d’Israël dans le conflit armé qui l’oppose au Hamas ».
Autrement dit Israël avoue textuellement qu’il viole le Droit International sciemment et ce pour forcer la résistance palestinienne à Gaza à se soumettre donc qu’il commet volontairement pour se faire un crime de guerre contre la population civile palestinienne. Un document en plus à verser au dossier des poursuites judiciaires contre les responsables politiques et militaires israéliens pour crimes de guerre à l’encontre de la population palestinienne.
Les autorités israéliennes ont également confirmé l’existence de 4 autres documents qui définissent comment fonctionne ce blocus :
Comment ils procèdent pour répondre aux demandes palestiniennes d’importations dans Gaza,
Comment ils contrôlent les pénuries dans Gaza,
Comment ils donnent leur accord sur la liste de ce qui est autorisé à y entrer,
Et un document intitulé « Consommation Alimentaire dans la Bande de Gaza - Lignes Rouges » qui établit le nombre minimum de calories nécessaires pour les 1.5 millions d’habitants de Gaza selon leur âge et leur sexe ?

Israël a refusé de fournir ces documents sous prétexte que selon les propres termes des autorités israéliennes : « cela causerait du tort à la sécurité nationale et aux relations étrangères ».
Sur le plan organisationnel Israël rivalise d’ingéniosité avec l’organisation nazie de planification du génocide juif même si cela se fait en tablant sur un génocide lent -malnutrition et tout l’éventail de maladies qui s’y rapporte, pénurie de soins, dégénérescence… pour régler ce qui est considéré par les autorités israéliennes mais aussi par la grande majorité des Juifs israéliens comme la plus grande menace contre le régime sioniste : la démographie galopante palestinienne Gaza incluse.
Israël , lorsqu’il ne bombarde pas les Palestiniens avec des bombes au phosphore, à l’uranium appauvri, des missiles remplis de fléchettes, et autres armes sophistiquées qu’il expérimente sur les civils de Gaza avant de les vendre sur le marché international de l’armement, est devenu expert en gestion de la souffrance palestinienne par malnutrition, guerre psychologique, privations de toutes sortes.
On comprend dés lors pourquoi Israël refuse de rendre ces documents publics par crainte bien évidemment des retombées négatives dans ses relations avec les états occidentaux.
Mais le refus des dirigeants politiques comme Obama, Sarkozy, Merkel etc.. de condamner Israël ou même simplement de faire pression pour que cesse ce siège féodal, cette barbarie les rend irrémédiablement complices.
L’histoire les jugera comme tels.

Liste des produits autorisés dans Gaza
www.rafahtoday.org
http://www.planetenonviolence.org/Derriere-Le-Blocus-De-Gaza-La-Logique-Sado-Nazie-
D-Israel_a2179.html


2-3 Proche-Orient : Israël négocie et bombarde.  

Israël qui, depuis 1948, ne cesse de se consolider aux dépens de ses voisins, menace la stabilité du Proche-Orient.
Comme si sa supériorité militaire fait un doute,
la Chambre des représentants américains a approuvé à une majorité écrasante (410 voix contre 4) un projet du président américain, Barak Obama, prévoyant d’octroyer 205 millions de dollars à Israël pour la mise en place de son système de défense contre des roquettes et des missiles de courte portée, intitulé «Iron dome».
Pour le président de la commission des Affaires étrangères de
la Chambre, Howard Berman, c’est une question vitale de protéger «chaque mètre carré d’Israël». Réconforté, Tsahal roulera demain ses mécaniques.
Il débutera son exercice annuel de défense civile. Officiellement c’est pour préparer ses arrières et les services de secours à une éventuelle  attaque massive de roquettes de Hamas ou du Hezbollah.
Selon Nabil Qaouk, un responsable du parti chiite libanais, «les combattants ont reçu pour instruction de se tenir totalement prêts face à la manœuvre israélienne » et «en cas de nouvelle agression contre le Liban, les Israéliens ne trouveront pas un endroit en Palestine où se cacher ».
Nouvelle guerre ? Israël, qui a récemment accusé
la Syrie de fournir des missiles Scud au Hezbollah, avait prévenu qu’il tiendrait le gouvernement libanais pour responsable, et non le mouvement chiite, en cas de conflit armé. Le Premier ministre libanais, Saâd Hariri se rendra demain à Washington pour sa première visite officielle aux Etats-Unis. Selon Oussama Safa, directeur du Centre libanais des études politiques, lors de cette visite,
M. Hariri, qui rencontrera le président Obama, «cherchera à obtenir des garanties de Washington contre une nouvelle aventure israélienne au Liban».
Lors de sa première rencontre, jeudi, avec l’émissaire américain, George Mitchell dans le cadre des négociations indirectes entre Israël et l’Autorité palestinienne, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu s’est dit «prêt à faire des gestes de bonne volonté envers les Palestiniens».
En contrepartie, il leur exige  de s’employer «à donner une atmosphère positive aux entretiens et ne mène pas une campagne internationale contre Israël comme elle l’a fait pour empêcher son adhésion à l’OCDE». Mais les gestes de bonne volonté israéliens sont bien singuliers.
Quelques heures après cette rencontre entre Mitchell et Netanyahu, l’armée israélienne a lancé trois raids aériens sur la bande de Gaza.
Autre geste israélien : Mohammed Abou Teir, un député du Hamas emprisonné depuis près de quatre ans, à peine relâché, qu’il se voit signifier par la police d’El Qods, après un interrogatoire, qu’il est «indésirable» à El Qods.
«Les enquêteurs m’ont dit que je devais rester dans mon village et ne pas venir en ville (El Qods)», dit-il. L’heure a-t-elle sonné pour une nouvelle guerre au Proche-Orient ?

22/05 

http://www.horizons-dz.com/monde/10242.html


2-4 Ce que les Israéliens refusent de voir.

Tous les sujets tabous intéressent l’opinion publique israélienne, sauf la répression contre les Palestiniens.

Ces derniers vivent pourtant à quelques kilomètres de chez eux, constate le poète Yitzhak Laor.

Les Israéliens raffolent des secrets militaires. Leurs best-sellers sont des livres écrits par d’anciens militaires, espions ou responsables du Shabak [service de la sûreté] et du Mossad [service de renseignement].

Toute une culture s’est bâtie autour de “ce dont il est interdit de parler mais qu’il faut savoir à tout prix”. Mais il y a une chose que les Israéliens (ou du moins la plupart d’entre eux) ne veulent pas savoir et qui n’a rien à voir avec le secret militaire. La dernière enquête d’opinion réalisée par le Centre Tami Steinmetz de recherches sur la paix indique que, s’il y a un sujet dont l’opinion israélienne ne veut rien savoir, c’est la répression contre les Palestiniens. Ici, il ne s’agit pas de secret mais de déni.

Une enquête n’était sans doute pas nécessaire. Il suffit de regarder les informations sur une chaîne privée pour comprendre que ce qui se passe dans les Territoires palestiniens n’est pas “vendeur”.

Non seulement les gens ne veulent rien savoir parce qu’ils savent pertinemment qu’il y a quelque chose à savoir (sinon ils ne refuseraient pas de savoir), mais l’armée israélienne est désormais considérée comme l’unique source légitime d’information sur les Territoires.

Or l’armée ment – et c’est une litote. Le vocabulaire dont elle use pour, par exemple, évoquer les tirs contre des manifestants palestiniens non violents est truffé d’euphémismes, et le devoir d’explication ne se fait sentir que lorsque des ONG israéliennes comme B’Tselem diffusent des photos montrant, par exemple, des colons ouvrir le feu sans que l’armée ne bouge le petit doigt. Voilà le genre de choses que les Israéliens ne veulent pas savoir.

Les Territoires sont loin. Les Palestiniens sont loin. Le “mur”, les routes de séparation, l’armée et les journaux télévisés sont responsables de cette hallucination. La “Judée” et la “Samarie” [appellations bibliques de la Cisjordanie] sont pourtant tout près de nous. Les colons vivent parmi nous. Nous les voyons tous les jours, eux et leurs maisons. Ils sont dans l’armée. Ils sont l’armée. Mais la séparation entre, d’une part, ceux qui sont près de nous, qui ont le droit de vote, les armes, les droits et l’appui financier de l’Etat, et, d’autre part, ceux qui vivent à égale distance physique mais qui sont tenus en respect loin de nous, de l’autre côté du mur, des clôtures et des barrages, cette séparation est entretenue par notre refus de savoir, par notre déni.

Les ONG israéliennes défendant les droits de l’homme sont harcelées tout simplement au nom de notre refus de savoir. Il nous est interdit de nous forger librement une opinion sur des faits, des scènes, des voix et des options, toutes choses censées participer à la prise de conscience par l’Israélien – qui vit à cinq minutes – de cette réalité incroyable que représentent quarante-trois ans de dictature militaire exercée sur un autre peuple. Nos arguments sécuritaires sont contredits par un argumentaire diamétralement opposé, selon lequel notre insécurité résulte de la dépossession des Palestiniens, du contrôle que nous exerçons sur leurs ressources naturelles et des entraves infinies que nous imposons à leur vie quotidienne. Mais ce dernier argumentaire ne fait pas le poids face à la perception israélienne du “Nous sommes ici, eux ne sont pas ici”.

Lorsque le principal du lycée Ironi, à Tel-Aviv, a demandé que l’on emmène ses enseignants voir les barrages [israéliens dans les Territoires palestiniens], il s’est fait violemment rappeler à l’ordre par sa hiérarchie. C’est la réalisation d’une prophétie de Karl Marx : “Un peuple qui en opprime un autre forge ses propres chaînes.” On ne saurait mieux décrire notre réalité historique actuelle.

Source : Yitzhak Laor dans Association France Palestine Solidarité, 20 mai 2010, http://www.france-palestine.org/article14712.html

Ecrit par Association France Palestine Solidarité

21/05/2010  

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/05/21/le-grand-malaise-des-juifs-americains_1361102_3232.html


2-5 Les Israéliens s'apprêtent à une catastrophe jamais vue

62 ans après l'usurpation de la Palestine, les Israéliens s'entrainent à la plus grande catastrophe dans leur histoire.
 Des immigrés, des évacués, des réfugiés dans des camps, une terminologie jamais utilisée pour parler des Israéliens, mais aujourd'hui, elle est l'une des principaux titres de la plus grande manœuvre dans l'histoire d'"Israël".
 Le commandement du front intérieur a mis en place un plan détaillé ayant pour objectif de contrôler l'évacuation collective des colons des régions qui seront les cibles d'attaques aux missiles, en cas de guerre.
  Dans ce contexte, le chef du front interne, le général Yaiir Golan, a présenté ce plan au chef d'état major et au ministère de la guerre. Il a notamment parlé de "scénario effrayant", appelant les autorités israéliennes à s'engager à assurer les besoins de ses citoyens et à faciliter leur évacuation des régions qui seront bombardées.  
Toujours selon Golan, il faut aménager les bâtiments publics pour qu'ils puissent accueillir, d'une façon  temporaire les déplacés, pendant la guerre. Il en est de même, pour les endroits souterrains, comme les parkings, a-t-il ajouté.
  Entre-temps, le quotidien israélien Haaretz, a révélé que les responsables sont convenus à installer des camps pour les déplacés dans les réserves naturelles et de leur ouvrir les bases militaires moins exposées au danger.
  Citant un haut responsable dans le commandement du front intérieur, le Haartez a rapporté qu'"Israël" ne pourra plus ignorer le phénomène de déplacés pendant la guerre.
  Pour ce responsable, "Israël" sera obligé à faire face au déplacement des centaines de milliers, durant la guerre

 21/05

http://www.almanar.com.lb  


2-6 Noam Chomsky .

1 Noam Chomsky sur la politique étrangère d’Obama.

Extrait 

AMY GOODMAN : (…) que pensez-vous de l’administration Obama et du conflit Israélo-palestinien ?

NOAM CHOMSKY : Le conflit israélo-palestinien est un cas facile. Il y a un consensus international quasi-total depuis 35 ans maintenant sur ce qu’il convient de faire pour résoudre le problème – du moins à court terme - à savoir : deux états avec des frontières reconnues par toutes les parties, avec, selon les termes employés, « des modifications mineures et acceptées par les deux parties ». C’était d’ailleurs la politique officielle des Etats-Unis jusqu’à ce qu’ils décident un jour de s’évader du monde réel, au début des années 70. Et c’est un point de vue très largement partagé. En 1976, il y a même eu une résolution du Conseil de Sécurité appelant à une solution à deux états. Les Etats-Unis ont opposé leur veto. Et ça n’a pas cessé depuis. Je ne vais pas passer toute l’histoire en revue, mais si on en arrive directement au présent, le consensus est désormais quasi-total. Il y trouve tous les états arabes, et ce depuis longtemps. Il y trouve l’Iran, l’Organisation des Etats Islamiques. Il y trouve le Hamas. En fait, il y trouve tout le monde sauf les Etats-Unis et Israël.

Que dit l’administration Obama ? C’est intéressant. Obama a cette grande vision, mais si vous regardez les choses de plus prés, en oubliant la vision et en examinant les faits, les choses changent. D’un côté, il demande poliment au Israéliens ne plus étendre leurs colonies, ce qui n’a pas de sens, parce que le problème, c’est l’existence même des colonies, pas leur extension. De plus, ces mots n’ont aucun sens. Il ne fait que répéter les propos de Bush. En fait, il cite ce que l’on appelle la Feuille de Route, le soi-disant accord officiel pour aller de l’avant. Il ne fait que le citer. Ca n’a aucun sens, mais ça fait malgré tout partie de sa grande vision.

D’un autre côté, et qui est plus intéressant, peu de temps après sa prise de fonction, il a donné son premier et jusqu’à présent son unique discours sur le conflit israélo-palestinien. C’était au moment où il présentait George Mitchell comme son négociateur, ce qui est un bon choix, si on lui donne les moyens de réussir. C’est à ce moment-là qu’Obama a expliqué ce qu’il avait l’intention de faire. C’était au moment de la main tendue vers le monde musulman. Il a dit, en parlant de la proposition de paix arabe, eh bien voilà ce que j’appelle une proposition constructive – c’était sa façon à lui de flatter les auteurs de la proposition. Puis il a enchainé, en déclarant, « Il est temps que les Arabes se conforment à leur proposition de paix et commencent à normaliser leurs relations avec Israël. » Obama est un homme instruit, intelligent. Je suppose qu’il choisit ses mots avec soin. Il savait parfaitement que ce n’était pas la proposition de paix arabe. La proposition de paix arabe reprenait les termes du consensus international et disait, dans l’éventualité de deux-états, que les états Arabes iraient même au-delà d’une normalisation des relations avec Israël. Obama en a extrait le corollaire, mais a omis la substance, ce qui est une façon comme une autre de déclarer que les Etats-Unis allaient se cantonner dans leur position de refus. Il n’aurait pas pu être plus clair.

Avec cet appel à cesser l’expansion des colonies, il a été un peu plus loin – pas lui, personnellement, mais ses porte-paroles lors des conférences de presse. On leur a demandé si l’administration allait faire quelque chose si Israël refusait. Ils ont répondu « non, c’est purement symbolique ». En fait, ils ont explicitement dit que l’administration ne ferait pas ce que George Bush père, lui, avait fait. George Bush père avait quelques petites punitions qu’il distribuait lorsqu’Israël s’entêtait à désobéir aux Etats-Unis. Clinton les a adoucies et Obama les a supprimées. Il a dit, « non, c’est juste symbolique. » Ce qui revient à dire à Benjamin Netanyahu « allez-y, faites ce que vous voulez. Nous dirons que nous sommes mécontents mais nous le ferons avec un clin d’œil complice, alors allez-y. En attendant, nous participerons, en vous envoyant des armes. Nous vous accorderons un soutien diplomatique et une participation active. » C’est cela, sa vision. Difficile d’être plus clair.

Que pouvons-nous faire ? Nous pouvons essayer de faire en sorte que les Etats-Unis rejoignent le monde réel. Dans ce cas précis, ce serait rejoindre le reste du monde. Rejoignez le monde réel et acceptez le consensus international et cessez de participer activement à son viol, c’est-à-dire aux actions de l’état d’Israël. J’aurais pu dire aux actions de l’état d’Israël et des Etats-Unis. Ce qu’Israël et les Etats-Unis sont en train de faire à Gaza et en Cisjordanie, c’est de détruire l’espoir d’une réalisation de ce consensus international.

Et je crois qu’il n’y pas beaucoup d’alternatives. En fait, de nombreux militants palestiniens eux-mêmes vont jusqu’à dire qu’il faut abandonner la solution de deux états et laisser Israël s’emparer de tous les territoires, éventuellement les annexer, pour ensuite passer à une lutte pour les droits civiques et une lutte similaire à celle contre l’apartheid. Ceux qui disent ça sont aveugles. Cela n’arrivera jamais. Les Etats-Unis et Israël ne laisseront pas faire. Ils continueront de faire exactement ce qu’ils sont en train de faire : étrangler Gaza, le détacher de la Cisjordanie, en violation des accords internationaux et, en Cisjordanie, s’emparer de tout ce qui les intéresse.

NOAM CHOMSKY
interviewee par AMY GOODMAN

Traduction VD pour le Grand Soir. Précision du traducteur : s’agissant d’une interview, le traducteur a tenu à gommer les hésitations du "parler" pour rendre la lecture un peu plus fluide. Merci de signaler les erreurs et coquilles car errare humanum est.

TRANSCRIPTION ORIGINALE EN ANGLAIS http://www.democracynow.org/2010/3/15/noam_chomsky_on_obamas_foreign_policy

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Noam-Chomsky-sur-la-politique-etrangere-d-Obama-sur-sa-propre-histoire-et-sur-l-importance-de-faire-entendre-son-opinion.html


2 Je suis déconcerté par les contradictions de Noam Chomsky sur la Palestine.

Ali Abunimah

J’ai beaucoup d’admiration et de respect pour Noam Chomsky, un des principaux intellectuels de notre temps, dont le travail m’a ouvert les yeux sur un grand nombre de questions. Mais comme beaucoup d’autres, je suis de plus en plus déconcerté par les nombreuses incohérences dans son point de vue sur la Palestine.

Il y a quelques mois, par exemple, j’ai répondu à son opposition au mouvement boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) lors du programme de radio Voix du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord de Khalil Bendib.

Après que Chomsky a été outrageusement empêché par Israël de se rendre en Cisjordanie occupée au cours du week-end, je n’ai pu m’empêcher d’être frappé par une autre contradiction flagrante.

Dans son interview du 17 mai sur Democracy Now, il a dit à Amy Goodman que son itinéraire prévoyait une réunion avec Salam Fayyad, "le premier ministre" non élu de l’ Autorité palestinienne de Ramallah, soutenu par les USA et Israël, qui a été imposé après que les USA ont aidé à renverser le « gouvernement d’unité nationale » qui a suivi les élections de 2006.

Chomsky dit à Goodman : "J’allais rencontrer le premier ministre [Fayyad]. Malheureusement, je n’ai pas pu le faire. Mais son bureau m’a appelé ici à Amman, ce matin, et nous avons eu une longue discussion.

Il mène une politique qui, à mon avis, est tout à fait raisonnable ; il part des faits sur le terrain. C’est presque - je pense que c’est probablement une imitation consciente de la politique sioniste initiale - l’établissement des faits sur le terrain et en espérant que les formes politiques qui vont suivre seront déterminées par ces faits. Et les politiques m’ont l’air raisonnables et saines. La question, bien sûr, est de savoir si, - dans la mesure où Israël et les USA sont des facteurs déterminants - ils permettront leur mise en œuvre. Mais si elles sont appliquées, et si, bien sûr, Israël et les USA renoncent à essayer systématiquement de séparer Gaza de la Cisjordanie, ce qui est tout à fait illégal, si cela continue, oui, on pourrait obtenir un État palestinien viable".

Vraiment ? Chomsky le grand critique des efforts US visant à saper la démocratie et à imposer ses clients dans le monde appuie à présent chaleureusement un régime fantoche appuyé par les USA ? Ne me croyez pas sur parole. Voici ce que Chomsky a dit à propos précisément de la même Autorité palestinienne de Ramallah dont il trouve maintenant "le premier ministre" tellement "raisonnable" lors d’ une conférence à Boston le 21 janvier 2009.

Après avoir décrit longuement comment Israël avait l’intention d’enlever aux Palestiniens d’ Israël et des territoires occupés ce qui leur reste de droits et de compléter la colonisation des terres palestiniennes restantes, Chomsky dit :

Eh bien, ces propositions ne peuvent être appliquées que si elles ne rencontrent pas de résistance. En Cisjordanie, il y a maintenant très peu de résistance, parce que la violence israélienne a en effet affaibli la résistance de la population. Et aussi à cause de ceux qui collaborent parmi les forces palestiniennes. Comme vous le savez certainement, Israël, les USA, et leurs alliés, les dictatures arabes — Jordanie, Égypte — ont entraîné des forces de sécurité - les forces de sécurité du Fatah-dont la tâche principale est de maîtriser la population. En cas de manifestations contre les atrocités perpétrées à Gaza, ce sont ces forces-là qui interviendront au lieu de l’armée israélienne. C’est un schéma typiquement colonial. Toute l’histoire du colonialisme fonctionne comme cela.

Je ne vais pas entrer dans les détails, mais c’est absolument courant, très courant. Comme, disons en Inde, où la population était maintenue sous contrôle principalement par des soldats indiens sous commandement britannique. C’est simplement une procédure typique et naturelle. En Tchétchénie aujourd’hui , les forces militaires tchétchènes maintiennent l’ordre tandis que les Russes restent à l’arrière-plan pour le cas où les choses tourneraient mal. C’est de la routine et c’est le système qui est repris en Cisjordanie. D’accord, ils ont réussi à atténuer les manifestations en Cisjordanie pour pouvoir appliquer leur politique sans problème, mais il leur faut encore faire plier Gaza. À Gaza, on résiste toujours.

Plus loin, Chomsky parle d’Israël qui a renié l’accord de 2005 concernant l’ouverture des frontières de Gaza et qui maintient l’actuel blocus :

Quelques mois plus tard, en janvier 2006, Israël a rejeté l’accord tout comme les USA. Et la raison en était que les Palestiniens avaient commis un crime vraiment grave. Ils avaient mal voté lors d’élections libres. Et cela ne se fait pas. Le parrain n’aime pas ça et par conséquent, vous devez être punis. Et c’est ainsi que la communauté internationale doit écrire des articles vertueux sur notre désir de démocratie, et là encore, c’est ainsi que les affaires internationales fonctionnent et comment notre système culturel fonctionne...

Ce qui est arrivé à Chomsky c’est qu’il soutient, qu’il appuie et qu’il marque de son sceau, ce qu’il a lui-même décrit comme un régime colonial de collaboration ?

18 Mai 2010 - Cet article peut être consulté ici :

Ali Abunimah

samedi 22 mai 2010 - 07h:29

http://aliabunimah.posterous.com/bl...
Traduction : Anne-Marie Goossens

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=8745

http://alqods-palestine.blogspot.com:80/ Vidéo la stratégie du choc

http://www.dailymotion.com/video/x61ckm_la-strategie-du-choc_news?start=367


2 James Petras : Noam Chomsky et le Lobby pro-israélien : Quatorze thèses erronées.

Mais il y a plus grave : la censure qui s’exerce de plus en plus à l’encontre de notre liberté d’expression et l’érosion de nos libertés civiques et de notre liberté académique par un lobby agressif bénéficiant de soutiens puissants tant dans le pouvoir législatif qu’à la Maison Blanche menacent notre démocratie, déjà sérieusement écornée.
Il nous incombe, par conséquent, d’examiner les quatorze thèses erronée de l’éminemment respecté Professeur Chomsky, afin d’aller de l’avant et d’affronter les menaces que représente le Lobby pour la paix, à l’extérieur, et nos libertés civiques, à l’intérieur des Etats-Unis.
Quatorze thèses à dormir debout

1) Chomsky affirme que le Lobby ne serait qu’un lobby parmi d’autres, comme il en existe beaucoup, à Washington.
Ce faisant, il ignore que le lobby s’est assuré des plus confortables majorités au Congrès en faveur de l’allocation à Israël du triple des aides internationales annuelles destinées à l’ensemble de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique latine (pour un montant de plus de 100 milliards de dollars sur les quarante années écoulées).
Le Lobby dispose de cent cinquante fonctionnaires à plein-temps qui travaillent à l’AIPAC (American-Israel Public Affairs Committee), secondés par une armée de lobbyistes de toutes les grandes organisations juives (Anti-Defamation League, American Jewish Committee, American Jewish Congress, etc.) et par les fédérations juives nationales, régionales et locales, qui suivent fidèlement la ligne des "grandes" et sont actives dans le monde politique et dans l’opinion locale au sujet d’Israël, assurant la promotion et le financement de candidats législateurs sur la base de leur adhésion à la ligne du parti définie par le Lobby.
Aucun autre lobby n’associe de cette manière la richesse, les réseaux d’influence jusqu’aux fondements de la société, l’accès aux médias, le levier législatif et l’objectif obsessionnel propre au lobby pro-israélien.

2) Chomsky n’analyse pas les majorités quasi unanimes au Congrès, qui soutiennent année après année tous les privilèges et les aides promus par le Lobby en faveur d’Israël, en matière militaire, économique et migratoire.
Il se garde bien d’étudier la liste des cent initiatives parlementaires couronnées de succès que publie pourtant chaque année l’Aipac, même durant les années marquées par la crise budgétaire, la désintégration des budgets intérieurs destinés à la santé et les pertes en hommes générées par la guerre.

3) L’attribution, relevant du cliché, des objectifs de la guerre aux "grossiums du pétrole", à laquelle procède Chomsky, est totalement infondée. En réalité, les guerres moyen-orientales des Etats-Unis obèrent leurs intérêts pétroliers à plusieurs titres, notamment stratégiques.
Les guerres génèrent une hostilité généralisée envers les compagnies pétrolières entretenant des relations sur le long terme avec des pays arabes. Les guerres (dites "américaines") ont pour résultat de saper la conclusion de nouveaux contrats dans des pays arabes, pour des investissements pétroliers américains.
Les compagnies pétrolières américaines sont bien plus favorables à une résolution pacifique des conflits que ne l’est Israël, et tout particulièrement ses Lobbyistes : toutes les revues spécialisées et tous les porte-parole de l’industrie pétrolière y insistent. Chomsky choisit d’ignorer totalement les activités et la propagande pro-guerre des organisations juives pro-israéliennes et l’absence de propos favorables à la guerre, en revanche, dans les médias de "Big Oil" [les magnats du pétrole, ndt].
Il ignore, de la même manière, la tentative déployée par ces médias de "Big Oil" afin de préserver des liens avec des régimes arabes opposés aux ambitions hégémoniques belliqueuses d’Israël.
Contrairement à ce qu’affirme Chomsky, en allant faire la guerre au Moyen-Orient, les Etats-Unis sacrifient les intérêts vitaux des compagnies pétrolières au profit de la quête israélienne d’hégémonie au Moyen-Orient, sur l’injonction et au profit du Lobby pro-israélien.
Dans la compétition des lobbies, il n’y a absolument pas photo entre le bloc de pouvoir pro-israélien et les compagnies pétrolières, quand il s’agit de favoriser les intérêts israéliens au détriment des intérêts pétroliers, qu’il s’agisse de guerre, ou de contrats pétroliers.
Chomsky n’examine jamais la force relative des deux lobbies en ce qui concerne la détermination de la politique moyen-orientale des Etats-Unis.
En général, ce chercheur habituellement actif à exhumer une documentation quasi introuvable, est particulièrement relax dès lors qu’il s’agirait de dévoiler des documents pourtant d’ores et déjà disponibles, qui anéantissent ses assertions au sujet de Big Oil et du Lobby israélien.

4) Chomsky refuse d’analyser les désavantages diplomatiques qu’encourent les Etats-Unis en opposant leur veto automatique aux résolutions du Conseil de sécurité qui condamnent les violations systématiques des droits de l’homme perpétrées par Israël. Ni le complexe militaro-industriel, ni Big Oil n’ont la moindre prise sur le comportement des Etats-Unis en matière de votes à l’ONU.
Les lobbies pro-israéliens sont les seuls lobbies à exercer des pressions en faveur de tels veto allant à l’encontre des alliés les plus proches des Etats-Unis, de l’opinion publique mondiale et, cela, au prix d’un rôle, quel que soit ce rôle, que les Etats-Unis seraient susceptibles de jouer, en tant que "médiateurs" entre le monde arabo-musulman et Israël.

5) Chomsky refuse d’analyser le rôle du Lobby dans l’élection des membres du Congrès, son financement de candidats pro-israéliens et les plus de cinquante millions de dollars qu’il dépense en dons aux partis, aux candidats et au financement des diverses campagnes électorales.
Avec, pour résultat, un vote à 90 % du Congrès sur les thèmes prioritaires mis en avant par le Lobby, avec le soutien des associations pro-israéliennes locales et régionales qui y sont affiliées.

6) Il n’entreprend pas plus d’analyser le cas de ces candidats battus électoralement par le Lobby, les excuses abjectes extorquées à des membres du Congrès qui ont osé remettre en question les politiques et les tactiques du Lobby, ni l’effet d’intimidation que ces "châtiments pour l’exemple" ont sur tous les autres membres du Congrès. L’effet "boule de neige" des sanctions électorales et des pots de vin est une des explications de ces majorités sans précédent en faveur de toutes les initiatives de l’Aipac. Les pitoyables tentatives déployées par Chomsky afin de mettre un signe d’égalité entre les initiatives pro-israéliennes de l’Aipac et des intérêts politiques américains plus larges est manifestement absurde, pour quiconque a étudié l’alignement des groupes politiques associés à l’élaboration, au soutien, aux pressions et au co-parrainage des mesures de l’Aipac : la puissance du lobby juif excède de très loin son électorat, comme le démontre le déversement de fric (un million de dollars) consacré à la défaite de Cynthia McKinney, une femme représentant la Georgie au Congrès.
Le fait qu’elle ait été réélue, par la suite, essentiellement parce qu’elle a mis la sourdine à ses critiques envers Israël, montre l’ampleur de l’impact du Lobby, y compris sur des Démocrates dignes de ce nom.la puissance du lobby juif excède de très loin son électorat, comme le démontre le déversement de fric (un million de dollars) consacré à la défaite de Cynthia McKinney, une femme représentant
la Georgie au Congrès.
Le fait qu’elle ait été réélue, par la suite, essentiellement parce qu’elle a mis la sourdine à ses critiques envers Israël, montre l’ampleur de l’impact du Lobby, y compris sur des Démocrates dignes de ce nom.

7) Chomsky ignore le pouvoir sans égal qu’a le Lobby de rameuter l’élite. Son congrès annuel attire tous les principaux leaders du Congrès, les membres clés du Gouvernement, plus de la moitié des membres du Congrès, qui jurent soutien inconditionnel à Israël et vont jusqu’à identifier les intérêts d’Israël à ceux des Etats-Unis. Aucun autre lobby n’est en mesure d’assurer une telle participation de l’élite politique, ni ce degré de servilité abjecte, depuis tant de temps, au sein des principaux partis politiques.
Particulièrement important est le fait que l’"électorat juif" représente moins de 5 % de l’électorat américain total, les juifs pratiquants ne représentant que moins de 2 % de la population, et encore, tous ne sont pas des partisans "d’Israël, avant tout", loin de là !
Aucun des principaux lobbies des Etats-Unis, ni
la NRA, ni l’AARP, ni l’Association nationale des Industriels, ni la Chambre Nationale de Commerce ne peuvent convoquer une telle brochette de dirigeants politiques, ni encore moins s’assurer de leur soutien inconditionnel à des lois et des décrets exécutifs favorables à Israël.
C’est rien moins qu’une autorité en la matière, tel que le Premier ministre d’Israël, Ariel Sharon, qui a vanté la puissance du lobby pro-israélien en matière de politique moyen-orientale des Etats-Unis.
Néanmoins, impavide, Chomsky se contente d’affirmer que le lobby pro-israélien ne diffère en rien des autres lobbies, sans faire le moindre effort pour comparer leurs influences relatives, ni leur capacité de mobilisation et le caractère bi-partisan des soutiens dont ils bénéficient, ni leur efficacité en matière d’obtention de l’adoption en urgence de textes législatifs à leur convenance.

8) Dans son analyse de la montée en puissance de la guerre américaine contre l’Irak, le passage en revue par ailleurs méticuleux auquel procède Chomsky de documents relatifs à la politique étrangère, des analyses des liens politiques entre décideurs politiques et centres de pouvoir, est totalement abandonné, en faveur de commentaires impressionnistes totalement vides du moindre fondement empirique.
Les principaux architectes gouvernementaux de la guerre, ses promoteurs intellectuels, leur stratégie publiquement énoncée et publiée pour cette guerre, ont été, dans leur totalité, profondément liés au lobby israélien, et ont apporté de l’eau au moulin de l’Etat d’Israël.
Wolfowitz, le numéro 2 du Pentagone, Douglas Feith, le numéro 3, du Conseil National de Sécurité, et des dizaines d’autres décideurs clés au sein du gouvernement et d’idéologues dans les mass médias étaient des activistes en faveur d’Israël depuis toujours, certains d’entre eux ayant même perdu leur accréditation auprès d’Administrations américaines précédentes, au motif d’avoir communiqué des documents au gouvernement israélien.
Chomsky ignore les documents stratégiques fondamentaux rédigés par Perle, Feith et d’autres Sionocons, dès 1996, afin de réclamer une action belliqueuse contre l’Irak, l’Iran et
la Syrie, qu’ils ont mise en application plus tard, après avoir pris le pouvoir grâce à l’élection de Bush.
Chomsky ignore totalement le bureau de désinformation créé au sein du Pentagone par l’ultrasioniste Douglas Feith – l’ainsi dit "Bureau des Plans Spéciaux" - géré par son collègue sionocon Abram Shumsky, afin d’aiguiller des « données » bidonnées vers
la Maison Blanche, en court-circuitant et en discréditant la CIA et les services du renseignement militaire qui contredisaient cette désinformation.
Un spécialiste non-sioniste du bureau "Moyen-Orient" du Pentagone, la colonelle Karen Kwiatkowski, a décrit avec force détails le flot constant et très à l’aise d’officiers du Mossad et de l’armée israélienne, entrant dans le bureau de Feith et en sortant, alors qu’au même moment des experts américains de très haut niveau s’en voyaient interdire l’accès.
Aucun de ces décideurs politiques clés, qui ont prôné et obtenu la guerre, n’ont eu le moindre contact direct, ni avec le complexe militaro-industriel, ni avec Big Oil, mais tous étaient profondément et activement liés à l’Etat d’Israël et soutenus par le Lobby.
Etonnamment, Chomsky, qui est connu pour sa critique des intellectuels entichés de pouvoir impérial et des universitaires obéissants, suit une voie similaire dès lors qu’il s’agit d’intellectuels pro-israéliens au pouvoir et de leurs collègues universitaires sionistes.
Le problème, ce n’est pas seulement le «lobby» exerçant des pressions depuis l’extérieur, mais bien, en revanche, les comparses dudit lobby à l’intérieur de l’Etat.
9) Fréquemment, Chomsky se moque des critiques formulées du bout des lèvres par les libéraux au sujet de la politique étrangère des Etats-Unis. Néanmoins, il ne soulève pas la moindre objection au sujet du silence absolu des progressistes juifs en ce qui concerne le rôle majeur joué par le Lobby dans la promotion de l’invasion de l’Irak.
A aucun moment il n’engage le débat, ni ne formule de critiques, sur les dizaines de partisans universitaires israéliens de premier plan soutenant la guerre contre l’Irak, l’Iran ou
la Syrie.
En
lieu et place, sa critique de la guerre se contente de tourner autour des leaders de partis, de l’administration Bush, etc… sans jamais tenter de comprendre quelle était la base organisée et les mentors idéologiques des militaristes va-t-en-guerre.
10) Chomsky n’analyse pas l’impact de la campagne concertée et ininterrompue de tous les principaux lobbies et personnalités pro-israéliens américains afin de réduire au silence les critiques d’Israël et le soutien apporté à la guerre par le Lobby.
Le refus de Chomsky de critiquer l’abus fait par le Lobby de l’accusation d’antisémitisme (allégué) afin de détruire nos libertés civiles, de chasser des universitaires de leurs universités et d’autres positions sociales au motif qu’ils ont osé critiqué Israël et le Lobby est particulièrement évident dans le cas de la récente campagne de diffamation à l’encontre des Professeurs Walt et Mearsheimer.
Alors que le Lobby a exercé – on sait avec quel succès – des pressions énormes sur l’Université Harvard, afin qu’elle révoque le Professeur Walt et que, finalement, elle le contraigne à démissionner de son poste de Doyen de
la Kennedy School d’Harvard, Chomsky, se joignant à la meute du Lobby, a condamné leur étude critique exhaustive et leur analyse méticuleuse.
A aucun moment Chomsky ne traite des faits centraux de leur analyse consacrée au pouvoir actuel du Lobby sur la politique moyen-orientale des Etats-Unis. L’ironie veut que Chomsky soit pourtant lui-même une victime occasionnelle des épurations académiques sionistes. Mais, cette fois-ci, il est du côté du manche.
11) Chomsky se refuse à évaluer la puissance du Lobby, par comparaison avec d’autres forces instituées. Ainsi, des hauts gradés de l’armée américaine se sont fréquemment plaints du fait que l’armée israélienne reçoive des équipements sophistiqués de dernière génération avant même qu’ils ne soient devenus opérationnels aux Etats-Unis.
Grâce au Lobby, leurs plaintes sont rarement examinées.
Les industries américaines de la défense (dont certaines ont conclu des contrats de coopération avec des entreprises israéliennes de la défense) se sont plaintes amèrement de la concurrence déloyale d’Israël, ainsi que de la violation par ce pays des accords commerciaux et de la vente illégale par Israël de haute technologie militaire à
la Chine.
Or
, menacé de perdre toutes ses relations lucratives avec le Pentagone, Israël a bel et bien été contraint d’annuler ces ventes à la Chine, au grand dam du Lobby…
Durant la préparation de l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis, beaucoup de responsables militaires, d’active et en retraite, ainsi que beaucoup d’analystes de
la CIA se sont opposés à cette guerre, remettant en question les présupposés et les projections des idéologues pro-israéliens du Pentagone, comme Wolfowitz, Perle, et du Conseil de Sécurité Nationale, du Département d’Etat et du cabinet du Vice-président (comme le sionocon Libby).
Ils ont été mis en minorité, leur avis a été mis à la poubelle par les sionocons et ils ont été sous-estimés par leurs soutiens idéologiques, qui écrivent dans les principaux médias imprimés.
La position des sionocons dans le gouvernement leur permit de dépasser leurs critiques institutionnelles, dans une large mesure du fait que leur opinion et leurs politiques relatives à la guerre étaient acceptées sans aucune critique par les mass médias, en particulier le New York Times, dont la propagandiste de guerre Judith Miller entretient des relations serrées avec le Lobby. Ce sont là des liens et des débats historiques bien connus, dont un lecteur attentif des mass médias comme l’est Chomsky, avait nécessairement conscience, mais qu’il a néanmoins choisi délibérément d’omettre et de dénier, en substituant une critique plus "sélective" de la guerre en Irak, basée sur l’omission de faits pourtant absolument essentiels.
12) Dans ce qui passe pour la « réfutation » chomskienne de la puissance du Lobby, mentionnons son passage en revue historique superficiel des relations américano-israéliennes, dans lequel il cite ces conflits d’intérêts occasionnels à propos desquels, encore plus rarement, le lobby pro-israélien n’a parfois pas eu gain de cause.
Les arguments historiques invoqués par Chomsky ressemblent à un rapport d’avocat beaucoup plus qu’à un inventaire exhaustif du pouvoir du Lobby.
Par exemple, alors qu’en 1956 les Etats-Unis refusèrent de se joindre à l’attaque tripartite franco-britannico-israélienne contre l’Egypte, tout au long des cinquante années suivantes, les Etats-Unis ont financé et livré à Israël une machine de guerre d’un ordre de 70 milliards de dollars, grâce, dans une très large mesure, aux pressions exercées par le Lobby.
En 1967, l’aviation israélienne a bombardé un navire espion recueillant du renseignement pour les Etats-Unis, l’USS Liberty, dans les eaux internationales, tuant ou blessant plus de deux cents marins et officiers américains.
L’administration Johnson – geste sans aucun précédent historique – refusa de sévir, et elle fit taire les survivants de cette agression non-provoquée en les menaçant de la "cour martiale".
Aucune des administrations suivantes n’a jamais soulevé cette question, quant à diligenter une investigation officielle du Congrès, n’en parlons même pas.
Tout au contraire, l’administration Johnson a considérablement augmenté l’aide américaine à Israël et s’est tenue prête à recourir à l’arme atomique pour défendre Israël en un moment critique où ce pays fut sur le point de perdre la guerre d’Octobre 1973.
Cette défense américaine d’Israël aboutit à un très coûteux boycott pétrolier arabe, qui entraîna une hausse massive du prix du pétrole et l’animosité d’anciens alliés arabes, qui menaça la stabilité monétaire mondiale.
Autrement dit, dans ce cas comme dans bien d’autres, le lobby pro-israélien fut plus influent que l’armée américaine dans la prise de décision d’une réplique à un acte d’agression délibérée d’Israël contre des hommes servant le drapeau américain dans des eaux internationales.
Au cours des dernières années, la puissance du Lobby a sérieusement inhibé la poursuite, par le FBI, de dizaines d’espions israéliens entrés aux Etats-Unis en 2001. Le plus qui ait été fait, à ce sujet, ce fut de les muter à un poste pépère.
L’arrestation récente de deux responsables de l’Aipac accusés d’avoir remis des documents gouvernementaux ultra secrets à des responsables de l’ambassade d’Israël à Washington a amené le lobby pro-israélien a mobiliser une campagne médiatique massive afin de tenter de se défendre, en faisant passer un acte d’espionnage à l’encontre des Etats-Unis pour l’exercice de sa liberté d’expression.

Les éditoriaux et tribunes favorables à l’abandon des poursuites ont fait leur apparition dans la plupart des grands journaux, au cours de ce qui fut sans doute une campagne sans précédent en faveur d’agents d’un gouvernement étranger, de toute l’histoire des Etats-Unis.
La puissance et la portée de la propagande du Lobby excèdent de très loin tout pouvoir susceptible de s’y opposer, même si les preuves qui accablent les responsables de l’Aipac sont très étayées, y compris le témoignage d’un responsable clé du Pentagone, dont il a été prouvé qu’il a remis les documents en question aux espions israéliens.
13) Chomsky, pourtant un critique hautement fiable en matière des partis pris des médias, attribue leurs informations anti-ouvrières à leurs liens avec le grand patronat.
Toutefois, dès qu’il s’agit du parti pris massif en faveur d’Israël, il n’analyse jamais l’influence du Lobby israélien, ni le lien entre l’élite médiatique pro-israélienne et le parti pris pro-israélien des médias.
S’agit-il d’un simple problème de point aveugle, ou bien d’une amnésie intellectuelle d’origine idéologique ? Nul ne le sait…
14) Chomsky invoque l’importance d’Israël, pour la stratégie impérialiste des Etats-Unis en matière d’affaiblissement du nationalisme arabe, ainsi que son rôle dans la fourniture d’aide et de conseillers militaires à des régimes totalitaires terroristes (Guatemala, Argentine, Colombie, Chili, Salvador, etc.), dans les cas où le Congrès impose des restrictions à un engagement militaire direct des Etats-Unis dans ces pays.
Nul doute qu’Israël soit au service des objectifs impériaux des Etats-Unis, en particulier dans des situations où des politiques sanglantes sont impliquées.
Mais Israël l’a fait parce qu’il en tirait bénéfice – ses revenus militaires accrus, la conquête de nombreux partisans de la politique coloniale d’Israël, des marchés assurés pour les marchands d’armes israéliennes, etc.

Toutefois, une analyse plus complète des intérêts américains démontre que les coûts générés par le soutien à Israël excède de très loin les bénéfices occasionnels, que l’on prenne en considération les avantages pour les objectifs impériaux des Etats-Unis, ou – a fortiori – l’avantage notable que constituerait une politique étrangère américaine qui soit démocratique.

En prenant en considération les guerres coûteuses et destructrices faites à l’Irak sous la houlette d’Israël et de ses lobbies, la politique pro-israélienne des Etats-Unis a gravement sapé leur capacité militaire de défendre l’empire.
Elle a entraîné une perte de prestige et elle a discrédité les prétentions des Etats-Unis à être les champions de la liberté et de la démocratie.
Du point de vue d’une politique extérieure démocratique, cette politique a renforcé l’aile militariste du gouvernement, elle a sapé les libertés démocratiques aux Etats-Unis mêmes. C’est Israël qui, seul, en bénéficie, bien entendu, parce que la guerre a détruit un de ses principaux ennemis laïcs, tout en permettant à Israël de resserrer son emprise sur les Territoires palestiniens occupés.
L’alignement inconditionnel sur l’Etat colonial israélien a érodé les relations des Etats-Unis avec les pays les plus riches et les plus peuplés du monde arabo-musulman.
En termes de marché, la différence se situe entre des centaines de milliards de dollars d’exportations américaines et la défense inconditionnelle et particulièrement mal avisée d’un récipiendaire d’aides financières massives des Etats-Unis. Les pays arabes sont des acheteurs nets de matériel militaire américain. Au contraire, l’industrie israélienne de l’armement représente, pour les Etats-Unis, un impitoyable concurrent.
Les compagnies américaines du pétrole et du gaz sont des perdants nets en matière d’investissements, de profits et de marchés, à cause des liens entre les Etats-Unis et Israël qui, en raison du marché très limité de ce pays, a très peu à offrir dans chacune des catégories mentionnées ici.
Enfin, le nettoyage ethnique des Palestiniens par Israël et la campagne efficace du Lobby visant à assurer le veto des Etats-Unis à l’encontre de toute résolution internationale placent les Etats-Unis dans le camp d’une torture à grande échelle et légalisée, d’exécutions extrajudiciaires légalisées et de déplacements massifs de populations, totalement illégaux.
Le résultat final, c’est l’affaiblissement du droit international, et une volatilité accrue dans une région de grande importance stratégique. Chomsky ne tient aucun compte des coûts géostratégique et énergétiques, ni des pertes de nos propres libertés, qui résultent directement des guerres au Moyen-Orient au nom et pour Israël, et encore moins de l’ascension d’une forme virulente de néo-maccarthysme sioniste, qui se répand dans l’ensemble de nos institutions universitaires, artistiques et autres, aussi bien publiques que privées.
S’il y a une chose qui démontre éloquemment la croissance du pouvoir des sionistes et l’étendue de leur autoritarisme, c’est bien la campagne brutale et particulièrement efficace contre les Professeurs Mearsheimer et Walt, qui les confirme de manière éclatante.
Conclusion
Dans des circonstances normales, on n’apporterait à juste titre qu’une attention limitée à des polémiques académiques, à moins qu’elles n’aient d’importantes conséquences politiques. Dans le cas qui nous occupe, toutefois, Noam Chomsky est une icône des mouvements anti-guerre américains, et pour tout ce qui passe pour de la dissidence intellectuelle.
Le fait qu’il ait choisi d’absoudre le lobby pro-israélien et les groupes qui lui sont liges, ainsi que leurs supplétifs médiatiques, est un événement politique considérable, en particulier quand les questions de la guerre ou de la paix sont sur la balance, et quand la majorité des Américains est opposée à la guerre.
Laisser "la bride sur le cou" aux principaux auteurs, architectes et lobbyistes favorables à la guerre, voilà qui représente un obstacle indéniable devant la volonté de faire la lumière sur ceux contre qui nous nous battons, et pour quelles raisons. Ignorer le lobby pro-israélien, cela revient à lui laisser les mains libres pour pousser à l’intervention contre l’Iran et
la Syrie.
Pire
, détourner l’opinion des responsabilités de ce lobby, en pointant du doigt des ennemis imaginaires, cela revient à affaiblir notre compréhension, non seulement de la guerre, mais aussi de qui sont les ennemis de la liberté dans notre pays.
Par-dessus tout, cela permet à un gouvernement étranger de jouir d’une position privilégiée, d’où il nous dicte notre politique au Moyen-Orient, tout en proposant des méthodes de police d’Etat et des législations afin de prohiber le débat et d’inhiber le désaccord chez nous, aux Etats-Unis.
Permettez-moi de conclure en disant que les mouvements pour la paix et la justice, tant aux Etats-Unis qu’à l’étranger, sont plus puissants que n’importe quel individu ou que n’importe quel intellectuel – quels que soient leurs états de service passés.
Hier, les principales organisations sionistes nous ont dicté qui nous pouvions ou ne pouvions pas critiquer, au Moyen-Orient. Aujourd’hui, elles nous disent qui nous pouvons critiquer, aux Etats-Unis. Demain, elles nous intimeront l’ordre de baisser la tête et de nous soumettre à leurs mensonges et à leurs tromperies, afin de nous engager dans de nouvelles guerres de conquête, au service d’un régime colonial moralement répugnant.

Par James Petras

Traduction : Marcel Charbonnier

http://www.ism-france.org/news/article.php?id=4566&type=analyse&lesujet=Sionisme



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" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19



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