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30/05/2010

n°484 - Journal d'Irak - 07/05 au 29/05/10 - : Fin : - L’omerta médiatique : Pas de solution sans la résistance.

n°484 - Journal d'Irak - 07/05 au 29/05/10 - : Fin  : - L’omerta médiatique : Pas de solution sans la résistance.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journal d'Irak

n°484                 du 07/05                   au 29/05/10

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com 

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



4 Lutte pour la libération du territoire

Pertes déclarée des occupants.

Les armées répugnent à donner des chiffres officiels

Opérations signalées par le Front du Djihad et du Changement en avril 2010

1 avril

11h12 : Explosion d’un  IED (Engin explosif improvisé) au passage d’une patrouille américaine à Diwaniya (sud de l’Irak).

11h26 : Tir d’un missile C5K sur une base américaine à l’ouest de Bagdad par Jaish al Tabi’in (Armée des Croyants).

16h33 : Attaque d’une patrouille américaine près de la mosquée al-Kabeer, à Tikrit.

2 avril 

16h09 : Explosion d’un IED au passage d’une patrouille américaine à Tikrit.

16h33 : Deux mercenaires étrangers (contractors) tués à l’ouest de Bagdad, lors de l’explosion d’une bombe au passage de leur convoi.

3 avril

23h42 : Tirs de mortiers sur la Zone verte à Bagdad.

5 avril

18h06 : Mort d’un soldat américain à Bagdad, répertoriée comme « accident ».

7 avril

10h04 : Destruction d’un véhicule blindé, au centre de Kirkouk.

11 avril

10h32 : Attaque d’une base américaine à la roquette Katyusha, à Al Musayyeh (nord de Babylone)

10h38 : L’Armée Rashedeen attaque un véhicule blindé à Abou Graib, tuant ou blessant des membres de son équipage.

10h43 : Explosion d’un IED au passage d’une patrouille américaine à l’est de Baquba.

10h49 : L’Armée Rashedeen diffuse la vidéo du tir de deux missiles Grad sur une base américaine située près de l’aéroport de Bagdad.

11h18 : Attaque d’une patrouille américaine à Mossoul, alors que les troupes d’occupation ont soi-disant quitté les villes : un Hummer endommagé, des militaires tués ou blessés.

11h22 : Attaque de base aérienne américaine Al-Huriya à Kirkouk avec des roquettes Katyusha.

11h56 : Attaque de plusieurs patrouilles américaines à Al Dabs (ouest de Kirkouk), à l’occasion du 7ème anniversaire de l’occupation de l’Irak : tirs d’obus de mortiers et de missiles C5K, explosions d’IED.

12 avril 

12h49 : Explosion, à  Bagdad, d’une bombe au passage d’une patrouille américaine et de militaires gouvernementaux.

14 avril

7h31 : Explosion d’un IED au nord de Ramadi au passage d’un véhicule de police.

15 avril

7h36 : Un policier irakien tué à Mossoul par un tireur qui parvient à s’échapper.

7h41 : Cinq soldats du régime de Bagdad blessés par une bombe, à Jalawlaa (sud-ouest de Qanaqin).

20 avril

9h03 : Tir de 2 rochets sur Camp Echo, à l’ouest de Diwaniya.

21 avril

7h58 : Explosion d’un IED au passage d’un convoi américain, à Wassit.

8h06 : Destruction d’un Hummer de l’armée irakienne, au nord de Hilla (province de Babylone).

22 avril

7h35 : Cinq policiers gouvernementaux blessés par l’explosion d’IED, au sud-est de Baquba.

26 avril

19h38 : Explosion d’une bombe au passage d’une patrouille de policiers gouvernementaux, au sud-ouest de Kirkouk.

19h52 : Explosion d’un IED lors du passage d’une patrouille, à Diwaniya.

 

16/05

Une base militaire américaine située dans la province irakienne de Babylone a fait l’objet de tirs de roquettes. "Cinq roquettes ont été tirées sur la base militaire américaine de ‘Calso’ située au nord de la province de Babylone.", a déclaré à l’IRIB une source bien informée, lors d’un contact téléphonique, depuis la ville irakienne de Nadjaf.

 http://french.irib.ir/index.php/info/moyen-orient/item/95031-irakn-attaque-contre-une-base-militaire-americaine-a-babylone

22/5

Deux militaires américains sont morts dans des incidents séparés dans le nord de l'Irak, a annoncé samedi l'armée américaine. Selon un communiqué, un soldat de la Division-Nord a été tué vendredi près de Mossoul.

Un second communiqué fait état de la mort jeudi d'un autre soldat de la Division-Nord des suites de blessures qui n'étaient pas liées à des combats.

AP



Les combats par provinces

1-1 Bagdad

10-05

Bagdad et plusieurs communes autour de la capitale irakienne ont été la cible lundi d'une série d'attaques.

A l'aube dans la capitale, six barrages de sécurité ont été attaqués par des groupes armés qui ont tué sept membres des forces de l'ordre irakiennes, a-t-on appris de source proche du ministère de l'Intérieur.

Des bombes ont en outre explosé à proximité de trois autres "checkpoints", faisant plusieurs blessés, a-t-on précisé de même source.

AP

10-05

Une bombe mise à feu au passage d'une patrouille de police a par ailleurs coûté la vie à deux civils dans le sud de Bagdad, l'explosion d'une voiture piégée à Tarmia, dans la banlieue nord de la capitale, a fait trois morts et 16 blessés.

AP

10-05

Dans la capitale irakienne, des tirs et des attentats à la bombe ont visé des points de contrôle militaires faisant neuf morts et 24 blessés, en majorité des membres des forces de sécurité, a indiqué une source au ministère de l'Intérieur.
http://www.almanar.com.lb/

11/5

Cinq policiers irakiens ont été tués et 14 autres blessés dans l'explosion d'une bombe placée en bord de route près d'un marché de Bagdad, apprend-on au ministère de l'Intérieur. Des policiers s'étaient rendus dans le quartier de Doura, dans le sud de la capitale irakienne, après l'explosion d'un premier engin et ont été piégés par le déclenchement d'une seconde bombe, a-t-on dit de source ministérielle.

De source policière, on parle de six morts et 15 blessés.

AP

11-05

Une série d'attaques apparemment coordonnées contre la police et l'armée ont fait au moins dix morts tôt lundi matin à Bagdad, selon la police.

AP

12-05

Sept personnes ont aussi été blessées par l'explosion d'une bombe dans le centre de Bagdad matin au passage d'un véhicule de la police.

AFP

13/5

Jeudi, une bombe a explosé en bordure de route près d'une patrouille de police sur la place al-Nahda dans le centre de Bagdad, faisant un mort et huit blessés, dont cinq policiers, selon les services de sécurité et des sources médicales.

AP


1-2 Province d'Anbar (vaste territoire à l'ouest de Bagdad comprenant les villes de Amiriya, Baghdadi, Diyarah, Falloujah, Habbaniyah, Haditha, Haqlaniyah, Hawija Hit, Houssabayh, Karabilah,  Khaldiyah, Koussaïba, Mahawil, Oubaïdi, Ramadi (capitale de la province d'Al-Anbar,) Kaïm (à la frontière avec la Syrie), Sindjar & Zaidan

 

Falloudja, à 50 km à l'ouest de Bagdad,

10-05

Quatre personnes, dont deux policiers, ont été tuées dans des attentats contre des maisons appartenant à des membres des forces de sécurité.
http://www.almanar.com.lb/

 

Mahmoudiya,

12-05

Deux soldats ont été tués et sept blessés alors qu'ils tentaient de désarmorcer une bombe sur une route menant à Mahmoudiya, à 30 km au sud de Bagdad,

AFP

 

Suwayrah

10-05

Un double attentat a été perpétré lundi matin à Suwayrah, à 40km au sud de Bagdad.

Une première bombe avait été installée dans une voiture stationnée et la seconde en bordure de route.

Un responsable du ministère de l'Intérieur a fait état d'un bilan de huit morts et 28 blessés, tandis qu'un policier basé dans la ville voisine de Kut parlait d'au moins de 71 blessés.

http://fr.news.yahoo.com/3/20100510/twl-irak-violences-1def439.html

AP

 

Tarmiya (45 km au nord de Bagdad),

10-05

Parmi les victimes, figurent  un civil et trois gardes du corps du maire de la ville de Tarmiya (45 km au nord de Bagdad), Mohammed Jassem al Mashhadani, dont le convoi a été visé par une bombe. Le maire a été blessé dans l'attaque avec 15 autres personnes.
http://www.almanar.com.lb/


1-4 Province de Ninive (Mossoul (capitale de la région nord du pays - à 375 km au nord de Bagdad,) Hawijah, Kassak"(70 km au nord-est de Mossoul) & Tall Afar )

Mossoul

10-05

Près de Mossoul (nord), au moins deux personnes ont été tuées lorsqu'un kamikaze a déclenché sa voiture piégée près d'un point de contrôle, selon le colonel irakien Rebwar Younis. Le barrage était contrôlé de façon conjointe par les forces de sécurité irakiennes et kurdes. http://fr.news.yahoo.com/3/20100510/twl-irak-violences-1def439.html

AP

10-05

Deux peshmergas (combattants kurdes) ont péri dans un attentat  près de Mossoul, à 350 km au nord de Bagdad.

http://www.almanar.com.lb/

20-05

Cinq Irakiens, dont trois policiers, ont été tués dans la ville, un foyer encore important de l'insurrection irakienne, a indiqué la police.
Trois personnes, dont un policier, ont été tuées dans un attentat suicide visant un point de contrôle dans le quartier de Chifa, dans le centre de Mossoul.
Deux autres policiers ont été tués dans des tirs, là encore ayant visé un point de contrôle.
Mossoul est l'une des villes où les attentats et les attaques contre les forces de sécurité sont quotidiens.

AFP

24-05

Des hommes armés ont abattu lundi à Mossoul, dans le nord de l'Irak, un député élu le 7 mars sur la liste du bloc laïque Irakia de l'ancien Premier ministre Iyad Allaoui, rapporte la police.

Le député Bashar Mohammed Hamid al Akidi a été blessé à la poitrine lors d'une attaque devant son domicile, dans l'ouest de Mossoul, et a succombé peu après à ses blessures, précise la police. Son chauffeur a été blessé dans l'attaque.

De nombreux employés du gouvernement et responsables de la police ont été visés par des attaques avant et depuis les élections, mais Adiki est le premier député assassiné.

Deux candidats du bloc, a-t-il ajouté, avaient été tués avant les élections.

Adiki était un homme d'affaires de 33 ans.

AP



L’Irak en chiffres (depuis le début de la guerre de conquête en mars 2003l



Peuple

 

Civils tués (depuis l'occupation)   

1 366 647 ( chiffre  minimum)

Civils blessés (depuis l'occupation) 

 1.148.120 ( chiffre très très minimum)

Civils violés (par les troupes d'occupations)

2.507     (voir Ibrahim Allousch

Civils/Résistants arrêtes : (une dizaine par jour...)

8.945   (chiffre minimum)

Résistants (décrit tel quel ) tués

4.121 ( chiffre minimum)

Résistants (décrit tel quel ) blessés

3.888   (chiffre minimum)

En prison

1.900 (chiffre minimum)

Embargo

750.000 enfants (chiffre minimal)

Embargo

750.000 adultes (chiffre moyen)

 

 

Militaires irakiens tués pendant l'invasion

45.596 (chiffre minimal)

Civils tués pendant l'invasion

120.200 (chiffre minimal)

 

 

Coalition

 

Nombre de Soldats tués (ou morts...) 

34.705

Soldats rapatriés (blessés ou malades)

74.4102

(*) dont 10% meurent en cours de route ou à l'hôpital)

 

Disparus (dans la nature)

1.014

Désertions

5.501

Mutinerie

2 corps + 25

Aide psychologique

66.108***

Suicides

Mercenaires tues                                                                                 

5.683 (chiffre très minimal)

933

non-combattants accidentés,

27 103

Policiers/soldats/miliciens irakiens  tués

13.224

Policiers /soldats/miliciens irakiens blessés

27176 (chiffre minimal)

Policiers /soldats irakiens disparus (dans la nature)

13.916

 

 

Autres tués (collaborateur)

5718

Autres blessés (collaborateur)

9.770

 

 

Nombre d'attaques de la résistance de 2003 à 2008:

Oléoducs, les infrastructures pétrolières & d'électricité

164.001,

464 attaques (grand minimum)

Infrastructures du rail

195 attaques (idem)

Hélicoptères

104  ++              (idem)

Avions (& drone)

28 ++



Ces   totaux sont obtenus par le recoupement (si possible) des chiffres des pertes communiqué par la résistance & les médias occidentaux + XINHUANET



Number Of Iraqis Slaughtered In US War And Occupation Of Iraq "1,331,578"


Cost of U.S. War and Occupation of Iraq

725.142.028.728

28-05 - 11.33

http://www.costofwar.com/

http://www.nationalpriorities.org/costofwar_home
For more details, click here.


5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

 

5-1 Vidéo : la stratégie du choc.

http://www.dailymotion.com/video/x61ckm_la-strategie-du-c...

 

 


5-2 Gilles Munier : L’omerta médiatique : Pas de solution sans la résistance.

Le 7 mars, les bureaux de vote à peine ouverts, les agences de presse annonçaient que les Irakiens bravaient le terrorisme pour mettre leur bulletin dans l’urne.

Depuis deux mois, le bilan de Nouri al-Maliki en matière de sécurité était présenté comme positif. Autrement dit, on avait l’impression que ne restait dans la clandestinité que l’ « Etat islamique d’Irak », dont fait partie Al-Qaïda au Pays des deux fleuves, accusé des attentats aveugles à Bagdad (25 janvier - 37 morts), à Baqouba (3 mars - 33 morts) et à Nadjaf (6 mars - 3 morts) ; et soupçonné de ceux du 26 janvier, du 1 février et du 6 mars à Bagdad (respectivement 54, 22 et 36 morts).

Telle n’était évidemment pas la situation.

Entre le 1 janvier et le 7 mars, Heyetnet.org, l’agence de presse du Front du Djihad et du Changement, un des principaux regroupement résistant, a rendu compte d’une trentaine d’opérations conduites par les Brigades de la Révolution de 1920, Ansar al-Sunna, l’Armée des moudjahidine, l’Armée al-Rashidin, l’Armée Tabi’in et la Ligue al’Iraq al-Jihadiya, à Bagdad, Bassora, Tikrit, Taji, Kirkouk, Baqouba… c'est-à-dire pratiquement dans tout le pays.

Qui en a entendu parler ?

Il s’agissait d’attaques au mortier de la Zone verte, de quartiers généraux des forces américaines, des ambassades américaine et britannique, d’aéroports.

Des véhicules blindés ont été détruits, des G.I’s et des auxiliaires irakiens tués.

Qui en a entendu parler ?

Pas de solution sans la résistance

Les journalistes occidentaux n’ont aucune excuse pour expliquer ce silence.

A la différence des autres fronts de la résistance, tous aussi actifs, mais qui méprisent les médias ou communiquent mal, le Front du Djihad et du Changement alimente régulièrement son site d’information en anglais sur Internet. Harith al-Dari, son porte parole, secrétaire général de l’Association des Oulémas musulmans, réagit rapidement aux événements.

Par exemple, il n’a pas hésité à condamner en janvier l’assassinat d’un cheikh de la tribu Obeid à Abou Ghraib, puis l’attentat visant des pèlerins chiites à Kerbala le 4 février (40 morts).

Il a commenté les résultats des élections législatives, mais ses analyses ne retiennent pas l’attention de la presse occidentale.

Pourtant, tout le monde sait qu’aucune solution n’est possible en Irak sans un dialogue avec la résistance.

En revanche, la moindre déclaration de Omar al-Baghdadi, improbable dirigeant de l’Etat islamique d’Irak, tué pour la énième fois mi-avril, était rapportée avec célérité.

Question d’attaché de presse, sans doute ! C’est, en effet, SITE Intelligence Group qui transmet ses communiqués aux médias. Cette société basée à Houston (Texas), dirigée par Rita Katz, juive d’origine irakienne, diplômée de l’université de Tel-Aviv, surveille les activités des organisations islamiques radicales sur Internet pour le compte de Pentagone et du FBI.

Pour que l’omerta sur les activités de la résistance irakienne cesse, les médias devront attendre le feu vert du Pentagone. Cela n’en prend pas le chemin. Depuis le 7 avril, parallèlement aux attentats attribués à grand bruit à Al-Qaïda - alors que Téhéran serait impliqué - la résistance a revendiqué une à deux opérations par jour sans que la presse en rende compte. Tant que 50 000 GI’s seront basés en Irak et que l’Iran manipulera ses agents locaux, la résistance ne déposera pas les armes. Eric Olson, commandant l’U.S. Special Operations Command, le sait. Au lendemain des législatives, il a annoncé que le « retrait » d’Irak ne concernerait pas 4 500 membres des Forces spéciales.

Gilles Munier

(Afrique Asie – mai 2010)


5-3 Gilles Munier : Un crime au Kurdistan irakien.

L’Agence de sécurité de la Région kurde (SAKR), service de renseignement plus connu sous le nom de Parastin, accuse le parti d’opposition kurde Gorran d'avoir attisé les tensions au Kurdistan irakien en la rendant responsable de l'assassinat du journaliste Sardasht Osman. Le jeune homme (23 ans) a été enlevé en plein jour, le 4 mai, devant l’université Salah Eddine (Saladin) à Erbil, où il étudiait. Les gardiens de l’établissement dépendant de l’Unité Zerevani, du PDK (Parti démocratique du Kurdistan, dirigé par Massoud Barzani, président de la Région autonome), ne sont pas intervenus. Sardasht Osman dénonçait la corruption et le népotisme au Kurdistan. Il avait publié un article satirique titré : « Je suis amoureux de la fille de Massoud Barzani » où il énumérait les avantages – exorbitants - dont bénéficient les membres de la famille Barzani, et – surtout -  brisé un tabou en signalant que les palais du président kurde sont protégés par des Israéliens.

Deux balles dans la tête

   Ayant fait l’objet de menaces de mort, Sardasht Osman avait écrit en janvier dernier : « Ces derniers jours, pour la première fois, on me dit que ma vie touche à sa fin, et, comme ils disent, que ma permission de respirer ne sera bientôt plus valable, mais je ne crains ni la mort ni la torture, j'attends ce rendez-vous pour voir mes meurtriers, et je prie pour recevoir une mort tragique digne de ma vie qui fut tragique… J'ai contacté ensuite le brigadier de la police d'Erbil qui m'a dit : "Le portable qui vous menace est extérieur à ce pays!"; il m'a dit aussi qu'à Erbil rien ne se passe, et il m'a répété que je devais avoir un problème personnel. J'ai alors pensé, avec un sourire, qu'il avait peut-être raison et que Nicolas Sarkozy* pouvait m'avoir téléphoné et menacé ! » (1).

   La camionnette où l’ont jeté ses ravisseurs a passé sans difficulté plusieurs postes de contrôle tenus par le PDK. Son corps, portant des traces de torture et deux balles dans la tête, a été retrouvé, le 6 mai, sur une autoroute près de Mossoul. Le Parastin, dirigé par Masrour Barzani (fils de Massoud Barzani), a été aussitôt accusé du meurtre. A l’annonce de la mort de Sardasht Osman, plusieurs centaines d’étudiants ont manifesté devant le siège du PDK à Erbil et à Soulimaniya, 74 journalistes kurdes ont demandé à Hillary Clinton que les Etats-Unis « réagissent de façon appropriée à l’incident ».

Masrour Barzani sur la sellette

   Ce n’est pas la première fois que Masrour Barzani s’en prend violemment à des journalistes.

En février 2006, il avait ordonné à ses gardes du corps de tirer - en plein Vienne – sur l’écrivain Kamal Saïd Qadir. Cet intellectuel kurde – citoyen autrichien – connu pour ses articles fustigeant la nomenklatura d’Erbil, avait eu la mauvaise idée d’aller en 2005 au Kurdistan pour se rendre compte de la situation. Arrêté, il avait été condamné à … 30 ans de prison, puis libéré quelques mois plus tard grâce aux pressions exercées par l’Autriche.

   Au Kurdistan irakien, le Parastin et le Dazgay Zaniyari (son alter ego dans le camp de Jalal Talabani) sont régulièrement accusés de détentions arbitraires, de torture, d’exécutions sommaires, et de nettoyage ethnique à Kirkouk et dans les régions limitrophes.

(1) La mort de Serdest Osman et les jeunes Kurdes en colère – Lire dans cet article, la traduction de sa lettre à Massoud Barzani.

http://sohrawardi.blogspot.com/2010/05/la-mort-de-serdest-osman-et-les-jeunes.html

* Nicolas Sarkozy est présenté au Kurdistan irakien comme un des grands supporters du clan Barzani. Lors d’une conférence organisée le 29 janvier dernier, au Sénat français, Masrour Barzani, chef du Parastin, s’est fait le chantre des droits de l’homme. Boris Boillon, ambassadeur de France à Bagdad, qui intervenait à la tribune, ne tarissait pas d’éloges sur la façon dont le Kurdistan irakien est gouverné !

Lire : Les entreprises françaises, cibles de la résistance (AFI-Flash n°103)

 http://www.france-irak-actualite.com/article-irak-les-entreprises-fran-aises-cibles-de-la-resistance-49188479.html

Gilles Munier

Mardi 18 mai


5-2 Livres

1 La chute - Interrogatoires de Saddam Hussein par le FBI : Une traduction française tendancieuse

On est en tout cas en droit de se demander si le but de cette version orientée n’est pas de justifier la diabolisation de Saddam Hussein et, a posteriori, l’agression américaine.

La chute - Interrogatoires de Saddam Hussein par le FBI

Une traduction française tendancieuse

Pour ceux qui ont lu, en anglais, le rapport de George Piro sur ses entretiens avec Saddam Hussein, de février à mars 2004, la version française publiée par les Editions Inculte pose le problème de la fidélité due à un document historique.

En effet, l’étonnement du lecteur bilingue va grandissant à mesure qu’il découvre les modifications apportées au témoignage, les passages tronqués…

Pourquoi, par exemple, avoir sauté le paragraphe sur l’opération militaire simulée informatiquement, organisée début 1990 par le général Norman Schwarzkopf, qui annonçait la Première guerre du Golfe ?

Présenter l’ouvrage comme des «Interrogatoires » plutôt que des « Entretiens » annonce la couleur. Pour le FBI et pour Saddam Hussein qui en avait fait une condition, il s’agissait d’un dialogue.

Certes, la traductrice rend plus fluide la lecture d’un texte original austère. Les lourdeurs et les répétitions inhérentes à tout rapport de police - le contenu primant sur la forme - il allait de soi de les gommer. Mais, elle met sa probité intellectuelle en question en plaçant dans la bouche de Saddam des expressions comme « guerre du Kippour» », au lieu de « guerre d’Octobre ou du Ramadan », et « Golfe persique » au lieu de « Golfe arabe ». Là, on ne peut plus parler de traduction, mais d’adaptation tendancieuse…

Jean-Pierre Luizard, chercheur au CNRS, n’a sans doute pas lu le texte qu’il a préfacé, à moins qu'il ne faille mettre son aveuglement sur le compte de son tropisme pro-iranien !

On est en tout cas en droit de se demander si le but de cette version orientée n’est pas de justifier la diabolisation de Saddam Hussein et, a posteriori, l’agression américaine.

Titrer le livre : « La chute », référence au film sur les derniers jours de Hitler, n’est évidemment pas innocent.

Gilles Munier


2 Khalil al-Douleïmi * Saddam – Les secrets d’une mise à mort.

Khalil al-Doulaïmi avait promis à Saddam Hussein, dont il était le principal avocat, de rendre public ce qu’il lui révélait, notamment sur ses derniers combats : prise de Bagdad, débuts de la résistance, clandestinité, arrestation, rôle de l’Iran dans le guerre, détention, procès, plan d’évasion.

L’auteur n’ayant pas assisté au face à face courageux du Président irakien avec la mort, a recueilli la relation faite par un témoin. En annexe, des documents apportent des éclairages inédits dont la presse internationale s’est bien gardée de rendre compte, comme la lettre de Moqtada al-Sadr remerciant Saddam pour les condoléances qu’il lui avait présenté après l’assassinat de son père, attribué aux Iraniens. De quoi s’interroger sur les mystères de Bagdad, quand on sait que le chef de l’Armée du Mahdi l’aurait accueilli d’un « Comment vas-tu tyran ! » le jour de l’exécution, et sans doute fait partie de ses bourreaux.

Saddam – Les secrets d’une mise à mort est le témoignage d’un patriote passionné, pour qui « les faits sont têtus » et toute vérité bonne à dire. C’est un document historique de première main, qu’il faut lire - et faire lire -  pour contrebalancer, ne serait-ce qu’un peu, la propagande véhiculée par les centaines de livres et les milliers d’articles diabolisant le président irakien et noircissant le régime baasiste. Comme l’écrit Geneviève Moll, ancienne rédactrice en chef des « Quatre vérités » sur Antenne 2, dans sa préface, l’ouvrage «explique la rancœur de la rue arabe à l’égard de l’Occident et pourquoi Saddam Hussein, depuis son exécution montrée d’une manière indécente sur toutes les télévision du monde, est devenu un martyr musulman ». 

* Saddam, les secrets d’une mise à mort, par Khalil al-Doulaïmi - éditions Sand, 288 p.- 14 euros.


5-4 Pascual Serrano : Mensonges et falsifications sont les nouvelles formes de censure dans les pays "démocratiques".
Entretien de Pascual Serrano « La censure est le propre du pouvoir »
par Manola Romalo 

En tant qu`information alternative aux grands médias, le journaliste espagnol Pascual Serrano (Valence, 1964)  fonda en 1996 le journal électronique indépendant « Rebelión ». 

En 2006-2007 il a été assesseur éditorial au canal de télévision alternatif de Caracas, Telesur.. Pascual Serrano écrit pour une dizaine de journaux, tels : « Público », « Diagonal », « Mundo obrero », « El otro país” et “Le Monde Diplomatique”.
Vous démontrez dans vos essais que la fonction principale des grands médias de la presse, de la radio, de la télévision et de l`Internet est de « convaincre l`ensemble des populations de leur adhésion aux idées des classes dominantes ».  Comment parviennent-ils à obtenir ce consensus de la part du grand public ? 
À cet effet les médias utilisent de nombreuses techniques qui dépendent en particulier de chaque cas et du profil social des récepteurs. Mais où ils ont le plus de succès, c`est dans le fait de nous convaincre que le contenu de leurs informations est neutre, objectif et impartial…Le public croit qu`il a devant soit quelque chose d`aseptique. Le secret consiste à réaliser une  « intentionnalité informative » de telle sorte que le citoyen ne s`en aperçoive pas. L`époque ou on nous faisait ingurgiter d`interminables discours ou des articles d`opinion séducteurs est passé.  Dans d`autres circonstances, les médias présentent en tant qu`opinion de la majorité des citoyens uniquement l`opinion éditoriale du média respectif. De la même façon, le langage est manipulé pour servir les intérêts des classes dominantes. Des mots et des concepts qui ne doivent plus exister dans l`imaginaire collectif, par exemple celui de « classes sociales »,  disparaissent.

Généralement nous croyons que seules les dictatures censurent les médias. Mais la nouvelle forme de censure emploie des méthodes bien plus subtiles. Quels sont ses principaux mécanismes ?
La censure traditionnelle consistait à interdire que se transmettent les informations ou les opinions qui ne plaisaient pas au pouvoir. 
Aujourd`hui, au nom de la liberté d`expression,  on diffuse des mensonges et des falsifications avec une totale impunité. De cette façon la vérité termine occultée entre mensonges et trivialités, le résultat est le même qu`avec la censure.  D`autres fois on omet des éléments de contexte o bien des antécédents indispensables pour comprendre un événement controversé, fait qui censure l`événement dans toute sa complexité

Le 26 mars, Wikileaks a dénoncé le plan de la CIA de lancer une campagne en Europe, principalement en France et en Allemagne, ayant comme but d`influencer l`opinion publique en faveur de la guerre d`Afghanistan. (1Cette information a  été passée sous silence par tous les grand média de ces deux pays. Qui filtre l`information ?

Les grands médias de communication sont uniquement les supports des puissants groupes économiques- Les intérêts, les valeurs et les principes de ces groupes vont servir comme filtres pour choisir ce qui sera publié ou pas.  De la même façon  vont influencer  d`autres lobbys nécessaires, qui ne sont pas forcément des actionnaires. Par exemple : les annonceurs, les entreprises avec lesquelles les médias travaillent, les gouvernements amis, etc. …

Occultant le fait que le gouvernement du Venezuela a pris des mesures pour protéger sa population de la spéculation des entrepreneurs,  l`agence d`État Germany Trade & Invest écrivait dans un rapport, fin janvier 2010: « Le désavantage pour les entrepreneurs est le fait qu`il leur est enlevé le moyen de supra-facturation.»  Ces « désavantages » seraient-ils la cause de la guerre médiatique déchainée par les pays néolibéraux contre le président Hugo Chávez ?
Les gouvernements progressistes d`Amérique Latine sont un défi pour le modèle néolibéral des pays riches. Ils ont démontré qu`ils ont l`appui des masses populaires, qu`ils gagnent à tour de bras les élections, que le peuple défend au-delà des urnes ces gouvernements avec une passion impressionnante, qu`ils ont obtenu des améliorations sociales inimaginables sous les régimes néolibéraux des années `90, que l`état peut (et doit) jouer un rôle important dans l`économie et dans les secteurs stratégiques, que les ressources naturelles doivent être publiques et nationales. Tout cela suppose une perte de terrain pour la progression du néolibéralisme et ne pouvait provoquer qu`une réaction agressive de la part des pouvoirs économique mondiaux. C`est à travers les médias de communications - aujourd`hui les champs de bataille prioritaires -  que s`obtient l`adhésion de l`opinion publique, condition sine qua non pour imposer les agressions suivantes.

Quels moyens ont les citoyens pour reconnaitre les vraies informations des  mensonges. Quelles références intellectuelles ont-ils comme choix ?
Le journalisme se passe de même qu`en médecine : vous devez avoir confiance dans un média de communication ou bien dans un journaliste de la même manière que vous vous confier à un chirurgien pour qu`il opère votre cœur. Puisque normalement nous ne pouvons pas aller en  Afghanistan pour vérifier ce qui s`y passe, nous devons avoir confiance en celui qui nous rapporte les faits de ce pays.

Le premier pas est de savoir qui est le patron du média de communication, quelle entreprise ou quels intérêts se trouvent derrière. Il pourra  mériter notre confiance uniquement si nous savons qu`il s`agit d`un projet indépendant des groupes d`entrepreneurs.

De même, nous devons détecter les analystes et les journalistes honnêtes et rigoureux, spécialisés dans différents thèmes. Dans mon livre « Désinformation » je fais des propositions en ce sens.

D'autre part, nous devons connaitre l`éventail des mouvements sociaux pour pouvoir leur demander conseil. Ils connaissent les sources et manient de précieuses informations que les grands médias ne nous offrent pas.  
1. http://rawstory.com/rs/2010/0326/cia-paper-reveals-strategies-manipulate-european-opinion-afghanistan/ 
Source: hintergrund 

Publications récentes de Pascual Serrano : 
« Perles, gros mensonges, sottises et tricheries des médias de communication » (2006, 2007, Vol.1 et Vol. 2). 
« Médias violents. Mots et images pour la haine et la guerre » (2007). 
« Désinformation. Comment les médias occultent le monde » (2009). « Le journalisme est la nouvelle » (avril, 2010).   

Pascual Serrano « La censure est le propre du pouvoir »
Manola Romalo 

http://www.mleray.info/article-les-nouvelle-formes-de-censures-des-pays-dits-democratiques-50048615.html  



6 Les brèves

Ndlr : la publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyses ou le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information.

6-1 Irak: Maliki échoue à ravir la première place des législatives.

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a échoué dimanche à ravir la première place du scrutin législatif à son rival laïc Iyad Allawi après un nouveau décompte qui a confirmé l'absence de fraudes à Bagdad contrairement à ses allégations.

La commission électorale a maintenu les résultats annoncés il y a six semaines, ouvrant désormais la voie à la formation du prochain gouvernement, que pourrait néanmoins diriger M. Maliki après un accord avec les formations chiites rivales.

"Il n'y a pas de changement dans la répartition des sièges pour les différentes listes à Bagdad et en Irak et les plaintes déposées par les différents groupes politiques ont été étudiées et réglées", a affirmé à l'AFP Saad al-Rawi, un membre de la commission électorale.

"Il y a eu des changements minimes de 3.000 voix sur 2,5 millions de suffrages par rapport au premier décompte", dus à des erreurs techniques des assesseurs, a de son côté indiqué lors d'une conférence de presse le porte-parole de la commission Qassem al-Obeidi.

"Les accusation de fraudes et de manipulations n'étaient absolument pas fondées", a-t-il insisté.

Il a confirmé que comme, lors du premier décompte, la liste de M. Maliki avait obtenu 26 sièges et le Bloc irakien de l'ancien Premier ministre laïc Iyad Allawi 24. L'Alliance nationale irakienne (ANI), qui regroupe deux formations chiites conservatrices, a recueilli 17 sièges et un autre est revenu au Front de la Concorde (sunnite).

Les deux derniers sièges reviennent aux minorités religieuses.

Fin avril, la commission électorale, sur l'insistance de la liste de l'Etat de droit (AED) de M. Maliki, avait accepté un nouveau décompte manuel uniquement dans la province de Bagdad, la plus importante du pays puisqu'elle doit répartir 70 sièges.

Elle doit désormais transmettre ce nouveau décompte pour ratification à la Cour suprême, qui a déjà entre ses mains les résultats des 17 autres provinces.

Au niveau national, M. Allawi était arrivé en tête des législatives avec 91 sièges, contre 89 à Nouri al-Maliki, 70 à l'ANI et 43 à l'Alliance kurde.

L'ancien Premier ministre laïc considère qu'il lui revient, selon la Constitution, de former le nouveau gouvernement car sa liste est arrivée en tête alors que les deux coalitions chiites, qui ont décidé de former un seul groupe parlementaire, sont d'un avis opposé.

Les résultats de Bagdad sont confirmés alors que M. Maliki a accru ses chances d'être reconduit dans ses fonctions en obtenant la levée du veto à sa candidature de la part des partisans du chef chiite Moqtada Sadr en échange de la libération de leurs prisonniers.

Reste une inconnue qui pourrait encore modifiée la répartition des sièges: "Aucune décision finale n'a encore été prise sur neuf candidats", a affirmé le porte-parole de la commission électorale.

L'instance juridique de la commission électorale doit se prononcer sur le cas de neuf députés élus qui sont menacés de perdre leur siège en raison de leurs liens présumés avec l'ancien parti Baas de Saddam Hussein.

Si elles étaient invalidées, leurs voix seraient annulées et, comme il s'agit d'un système proportionnel, il faudrait donc redistribuer les sièges dans les provinces concernées.

Sept des neufs députés appartiennent à la liste de M. Allawi. Quatre ont été élus à Bagdad et les trois autres à Ninive (nord), Anbar (ouest) et Babylone (centre).

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5i7LC6U7JayhtLAWSP9RX0UGi4l8g


6-2 Les entreprises françaises, cibles de la résistance ?

Le 25 mars dernier, le Parti Baas irakien clandestin et le Front pour le Djihad, la Libération et le Salut national (JLNSF)présidés par Izzat Ibrahim al-Douri - ont averti les entreprises étrangères, et pétrolières en particulier, que les contrats signés avec le « gouvernement irakien fantoche » sont « nuls et non avenus ».

Assimilant les sociétés étrangères commerçant avec l’Irak à des forces occupantes, ils déclarent qu’elles sont, de ce fait, des « cibles légitimes » pour les organisations de la résistance.

En France, il faut espérer que le Medef ait fait circuler l’information car ce n’est pas sur le site Internet du Quai d’Orsay ou de l’ambassade de France en Irak que les cadres faisant l’aller-retour à Bagdad trouveront l’information. Au contraire…

A la tête de l’Etat et au gouvernement français, comme au Pentagone, la méthode Coué prévaut.

Le 29 janvier dernier, lors d’un colloque « Le Proche-Orient à l’heure nucléaire », organisé au Sénat par la Fondation Robert Schumann, Boris Boillon, ambassadeur de France à Bagdad, a dressé un tableau idyllique de la situation en Irak : sécurité maîtrisée, contrats mirifiques à la pelle. En 2008, la France n’avait qu’une infime partie du marché irakien, en 2009, elle allait « exploser les compteurs »… Les Américains, disait-il, « veulent laisser les clés d’une maison en bon état avant de partir ». L’Ambassadeur se montrait plus convaincant qu’un porte-parole de Nouri al-Maliki. Heureusement que Jean-François Poncet, ancien ministre des Affaires étrangères, qui présidait la conférence, l’a fait redescendre sur terre. Cela permit à l’assistance d’apprendre qu’il fallait quand même se déplacer avec des gardes du corps et en voiture blindée et si un chef d’entreprise était victime d’un attentat, c’est - selon les propres termes de Boillon - qu’il n’avait « pas d’bol » ! Question sécurité d’ailleurs, le représentant du ministère des Affaires étrangères irakien, qui intervint après lui, était moins optimiste. Il avoua qu’il avait récemment échappé à un attentat.

 

Mais, pour finir, quelle idée d’avoir invité Masrour Barzani à parler des « droits de l’homme » et de « démocratie ». C’était surréaliste ! Fils de Massoud Barzani, président de la Région autonome du Kurdistan, il dirige l’Asayish, le redoutable service secret kurde, accusé d’assassinats, d’enlèvements et de tortures. Heureusement qu’en préalable, Jean-François Poncet avait déclaré sur un ton interrogatif et malicieux, qu’au Kurdistan « si on n’est pas un Barzani, on n’est pas grand-chose ».

Lire :

Sarkozy et le commerce franco-irakien (AFI-Flash n°90 – 3/4/09)

http://www.france-irak-actualite.com/pages/Sarkozy_et_le_commerce_francoirakien_avril_2009-1982461.html


6-3 L'armée turque bombarde des positions kurdes en Irak.

L'aviation turque a bombardé jeudi 20 mai plusieurs dizaines de positions des rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le nord de l'Irak. Vingt avions de combat ont participé aux opérations, qui visaient des positions du PKK, une organisation armée kurde de Turquie, dans la région autonome kurde du nord de l'Irak. Près de cinquante cibles ont été visées au cours du raid, qui s'est poursuivi pendant toute la journée sur la base de renseignements transmis par les Etats-Unis, selon une chaîne d'information, NTV. L'agence de presse Anatolie a indiqué que les frappes avaient été organisées pour anéantir un groupe de rebelles s'approchant de la frontière turque à partir de leurs camps du nord de l'Irak.

NTV a ajouté que l'opération était jugée comme étant un succès, même si aucune perte n'était encore confirmée chez les rebelles. L'agence de presse kurde Firat News, considérée comme le porte-voix du PKK, a confirmé que l'aviation turque avait effectué deux bombardements sans faire de victimes parmi les rebelles. L'armée n'a pas pour le moment diffusé de communiqué.

Ce raid, le deuxième au cours de ce mois, fait suite à une série d'attaques du PKK contre des cibles militaires dans le sud-est de la Turquie, peuplé en majorité de Kurdes. Plusieurs soldats ont été tués dans ces attaques. Le précédent bombardement remonte au 7 mai. L'armée avait alors affirmé avoir détruit des positions à partir desquelles le PKK faisait feu sur ses hélicoptères.

Le PKK, qualifié d'organisation terroriste par la Turquie et de nombreux autres pays, a pris les armes en 1984 pour obtenir l'indépendance du Sud-Est anatolien. Il revendique aujourd'hui l'autonomie de la région. Le conflit a fait quarante-cinq mille morts. La reprise des affrontements entre le PKK et les forces de sécurité intervient chaque année au printemps, la fonte des neiges permettant aux rebelles de quitter leurs bases des montagnes turques et du nord de l'Irak.

20/5

AP


6-4 Irak: accord pour l'exploitation de trois champs pétroliers.

L'Irak a signé lundi un accord avec deux compagnies chinoise et turque pour l'exploitation de trois champs pétroliers, c'est ce qu'a annoncé à la presse le ministre du Pétrole Hussein Chahristani.
"C'est une très bonne journée dans l'histoire de la production pétrolière de l'Irak avec le développement des très importants champs à Missane. Il s'agit des champs de Bazargan, Fakka et Abou Gharb, près de la frontière avec l'Iran", a dit le ministre lors de cérémonie de signature.

"Ils avaient été offerts lors de la première séance d'enchères, mais sans résultat en raison du prix de la rémunération du contrat de service proposé par le ministère", refusé par les compagnies, a-t-il ajouté.
"Après plusieurs contacts avec les compagnies pétrolières chinoise CNOOC et turque TPAO, un accord a été trouvé sur le prix de la rémunération fixé à 2,3 dollars par baril", a-t-il précisé.
 La Chinese national offshore oil corporation et la Turkish petroleum corporation se sont engagées à produire d'ici six ans dans les trois champs situés dans la province de Missane, au sud-est de Bagdad, 450.000 barils/jour contre 100.000 b/j actuellement et à être rémunérées 2,3 dollars le baril comme le proposait le ministère.
Les réserves des champs de Baragan, de Fakka et d'Abou Gharb, sont estimées à 2,6 milliards de barils.
Dans ce cartel, CNOOC aura 63,75% des parts, TPAO 11,25% et la compagnie irakienne 25%.

17/05

ALMANAR


6-5 Le Kurdistan irakien, futur membre de l’OCDE ?

Dans une interview accordée au site kurde Rudaw.net (18-05-2010)*, Mahir Kaynak, ancien directeur du MIT (Milli İstihbarat Teşkilat), service de renseignement turc, a déclaré qu’après le retrait des forces américaines d’Irak (et de sa région autonome), les Kurdes irakiens devront choisir entre se rapprocher de la Turquie et le statu quo, c'est-à-dire vivre avec les Arabes qui les haïssent du fait de leur collaboration avec l’ennemi.
Mahir Kaynak pense qu’en cas de sécession du Kurdistan irakien, les Américains reconnaîtront le nouvel Etat, leur but étant, depuis la guerre de 2003, de partitionner l’Irak. Les Kurdes, dit-il, devront alors choisir parmi leurs voisins – Turcs, Perses, Arabes - celui qui correspond le mieux à leur intérêt. Selon lui, un Kurdistan indépendant pourrait - s'il le souhaite - fusionner avec la Turquie. Si c’était le cas, un statut de région fédérale lui serait accordé.
Pour Kaynak, l’existence de cette région fédérale kurde ne modifierait pas le statut des Kurdes de Turquie, population ayant, dit-il, la même origine raciale que les Turcs et ne vivant pas seulement dans le sud-est du pays, mais dans toute l’Anatolie.
La fusion du Kurdistan irakien avec la Turquie déboucherait sur l’entrée du Kurdistan (irakien) dans l’OCDE et un jour, peut être, dans l’Union européenne. Les pays de l’OTAN auraient alors le haute main sur les réserves de pétrole du nord de l’Irak et, surtout, sur le plus important château d’eau du Proche-Orient…

Exclusive interview with ex-MIT Director on Kurds and KRG, par Bawr Cham
http://www.rudaw.net/details.aspx?lang=English&page=articles&c=Exclusive Interviews &id=22112 *
http://www.france-irak-actualite.com/


6-5 Les brèves signé Gilles Munier  

1 La grande évasion

Le 2 avril, vingt-cinq prisonniers politiques se sont échappés du Centre de détention al-Ghazlani, à Mossoul, en creusant un trou dans le mur de leur cellule.

http://www.uruknet.de/?s1=1&p=64755&s2=03

 

2 Sécurité –

Selon le Général Qassem Atta porte-parole du Commandement des opérations pour Bagdad, Bagdad compte 1 400 checkpoints. Si la situation sécuritaire le permet, il envisage de réduire ce nombre de 5%. 

(Azzaman- 27/3/10)

 

3 Registre électoral -

Le nombre des députés irakiens est passé de 275 à 325 en se basant sur une estimation approximative de l’augmentation de la population, le recensement prévu fin 2009 ayant été reporté pour des raisons de sécurité. Le registre électoral des électeurs résident en Irak se base sur le listing des cartes de rationnement datant de l’époque de Saddam Hussein. Celui des Irakiens résident à l’étranger (1 250 000 personnes)… n’existe pas, ce qui favorise la fraude.

 

Turcomans

Alors qu’ils n’étaient représentés que par un seul député au Parlement – notamment en raison du boycott des législatives de 2005 – les Turcomans (ou Tukmènes) ont 7 élus, dont 5 sur la liste Iraqiya de Iyad Allaoui. Pour Orhane Ketene, porte-parole du Front Turkmène irakien, cela leur permet de peser dans les négociation en cours pour former la prochaine majorité. Leur attitude dépendra de la position des principaux partis concernant l’unité de l’Irak - à laquelle ils sont attachés - et du sort réservé à Kirkouk. Un statut inspiré de celui de la ville de Bruxelles est à l’étude, mais ne convient pas aux Kurdes qui veulent l’annexer.

Les Turcomans sont environ 3 millions en Irak, répartis principalement dans les provinces de Mossoul, de Kirkouk et de Diyala. Ils sont nombreux à Bagdad. Orhane Ketene signale que les tribus Karagulis et Bayats, dans le centre du pays, sont d’origine turcomanes.

http://www.aina.org/news/20100401194220.htm

 

Résistance –

 Plusieurs membres de la résistance irakienne se sont réunis à Damas, le 29 avril, parmi lesquels des représentants du courant baasiste dirigé par Mohammad Younis al-Ahmad. Le n°2 de cette fraction, Ghazwan Qubaissi, a déclaré : « Il n’y a pas de différence entre les baasistes réunis ici et ceux en Irak… Tous contribuent à la libération du pays ».

 

« Madame CIA » -

 Des partis politiques irakiens ont accusé Sandra Mitchell (surnommée Madame CIA), conseillère technique en chef de la mission de l’ONU chargée de superviser les législatives, de diriger en sous-main la Haute Commission électorale indépendante, et d’avoir falsifié les résultats des élections.

 

Talabani, président ? –

Les partis kurdes (PDK-UPK-Komal) se concertent pour  proposer la réélection de Jalal Talabani à la présidence de la République. Le Gorran (Changement) ne votera pour lui que si les différends qui l’opposent à l’Union patriotique kurde (UPK - le parti de Talabani) sont résolus, à commencer par la libération de ses militants, arrêtés pendant de la campagne électorale.

 

Prisons secrètes de Maliki –

Le secrétariat de Maliki a admis que 431 citoyens iorakiens avaient été incarcérés dans des prisons secrètes, mais que 275 d’entre eux avaient été transférés dans des prisons officielles, et 75 autres libérés.

Questions : où sont passés les 81 prisonniers manquants ?

http://news.antiwar.com/2010/04/19/maliki-detained-hundreds-of-sunnis-in-secret-baghdad-prison

 

Novlangue –

Dans la langue des troupes d’occupation étasuniennes, on sait que les explosifs placés au bord des routes sont des IED (engins explosifs artisanaux), les voitures piégées des VBIED. Depuis l’explosion de plusieurs immeubles et magasins à Bagdad – attribuées à Al-Qaïda – il faut savoir que HBIED veut dire « maison piégée avec des engins explosifs ». 

 

Espérance de vie

Selon les Indicateurs du développement dans le monde 2009 de la Banque mondiale, l’espérance de vie en Irak était de 65 ans en 1990, et de 71 ans en 1996. Elle est redescendue à 67 ans en 2007.

http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportID=88701

 

Pauvreté –

Selon Mahdi Muhsen, directeur de l’Organisation centrale des statistiques et de des technologies de l’information, ¼ des Irakiens vit au-dessous du seuil de pauvreté – estimé à 2 dollars par jour -  et dans certaines régions le taux de chômage avoisine les 30%. (Azzaman- 9/4/10)

 

Anciens manuscrits juifs –

Abdul-Zahra al-Taliqani, porte-parole du ministère irakien du Tourisme, accuse le Mossad d’être impliqué dans le vol d’anciens manuscrits juifs, sortis d’Irak avec l’aide de l’armée étatsunienne sous prétexte de restauration. Certains auraient été mis en vente en Israël.

http://www.uruknet.de/?s1=1&p=64448&s2=24

 

Prisons koweitiennes –

Six Irakiens détenus depuis la Première guerre du Golfe ont pu rencontrer leur famille, pendant trois jours, sous l’égide de la Croix-Rouge Internationale. Il s’agit de la seconde autorisation accordée depuis 1991.

http://gulfnews.com/news/gulf/kuwait/families-visit-iraqis-jailed-in-kuwait-since-1991-war-1.602688

 

Mort et résurrection d’Al-Qaïda au Pays des deux fleuves

Abou al-Walid Abd al-Wahhab al-Mashadani, “ministre” de la Sharia de l’“Etat islamique d’Irak” (ISI) a confirmé, le 24 avril, la mort de deux des dirigeants de son organisation : l’Egyptien Abou Ayyoub al-Masri – chef d’Al-Qaïda au Pays des deux fleuves - et de Abou Omar al-Baghdadi, « calife » de l’ISI. Ils ont été tués le 18 avril, a-t-il précisé, au cours d’une attaque aérienne menées par les « forces ennemies », dans la région du lac Thar-Thar, au sud de Tikrit.

Les noms de leurs successeurs seront connus prochainement.

 

Izzat Ibrahim, toujours dans la clandestinité

Suite à l’opération lancée contre Al-Qaïda, le quotidien irakien Al-Sabah al-Jedid a annoncé la découverte d’une grotte, dans le Djebel Hamrin (près de Tikrit), qui aurait été occupée par Izzat Ibrahim al-Douri, chef du Parti Baas irakien clandestin.

La nouvelle, transformée - par on ne sait qui - en « Izzat Ibrahim arrêté » a été diffusée sans vérification par les agences Agentur (Allemagne), Sify (Inde), puis par Novosti (Russie).

Evidemment, aucun démenti n’a ensuite été publié pour signaler que l’information était fausse.

Avis de recherche : Izzat Ibrahim al-Douri

     « 10  million de dollars, mort ou vif » !


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