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08/06/2010

n°435 - dossiers de l'Afghanistan - 06-06 -: Début : - Les Empires viennent mourir aux pieds des montagnes afghanes.

n°435 - dossiers de l'Afghanistan - 06-06 -: Début : - Les Empires viennent mourir aux pieds des montagnes afghanes.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan 

n°435 du 06-06

C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "dossier de l'Afghanistan" est  visible  sur mes blogs : 

a)   sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

1 Dossiers

1-1Seymour Hersh : les soldats occidentaux commettent des crimes de guerre en assassinant des prisonniers de guerre.

1-2 Philippe Leymarie : Lassitude des Européens en Afghanistan. 

1-3 Londres n'a pas de "calendrier" de retrait…

1-4 Guantanamo : Les dossiers

1 La plupart des détenus de Guantanamo sont des combattants de base...

2 Robert Fisk : Canada - Bâillonnés pour avoir dit la vérité sur Guantanamo.

3 L'Allemagne prête à accueillir des détenus de Guantanamo.

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-2 Dominique Lagarde : Afghanistan, Irak: des guerres très privées.

2-3 A Kaboul, la paix au prix de la mémoire.

2-4 Zouhair Lahna : Les Empires viennent mourir aux pieds des montagnes afghanes.

2-5 Michel Moutot : Abou al-Yazid était-il réellement le «numéro 3» d'Al-Qaeda?.

Suite

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 L’Afghanistan est légalement « un conflit armé non international »

3-2 Dieter Deiseroth: Afghanistan, aux sources de "Enduring Freedom": le droit bafoué, et l’absence de preuves*. 

3-3 Karl Müller : Comment la guerre porte atteinte au droit.

3-4 Manlio Dinucci : Afghanistan – La guerre secrète.

Fin

3-5 David Rothscum : Cinq mythes sur la guerre en Afghanistan.

3-6 Obama marche dans les pas de Bush.

3-7 Anne Applebaum : Les Etats-Unis gaspillent des milliards dans des projets de sécurité.

4 Annexe

4-1 Hiram Lee : Une directive secrète prépare de nouvelles guerres américaines au Moyen-Orient et en Asie centrale.

4-2 Le Moyen Orient entre  le mémorandum de Robert Gates et les manœuvres iraniennes.

4-3 Eric Margolis : L’empire américain est ruiné par ses guerres.

4-4 Le sud du Kirghizistan sous le contrôle du gouvernement.



Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Seymour Hersh : les soldats occidentaux commettent des crimes de guerre en assassinant des prisonniers de guerre. Selon le journaliste Seymour Hersh – qui avait déjà révélé à l’opinion publique les tortures de détenus dans la prison irakienne d’Abou Ghraib par des soldats U.S.- les soldats occidentaux engagés en Afghanistan commettent régulièrement des crimes de guerre en assassinant des prisonniers de guerre désarmés sur le champ de bataille.

A la conférence Global Investigative Journalism qui s’est tenue à Genève, le mois dernier, Seymour Hersh a critiqué l’indifférence du président Barack Obama, face à la question des “corvées de bois” pratiquées par l’Armée U.S.

“Laissez moi vous dire, l’une des grandes tragédies de mon pays c’est que le président Obama ferme les yeux là dessus, parce que des choses tout aussi horribles arrivent aux prisonniers que nous faisons, ceux que nous capturons en Afghanistan,” a déclaré Hersh. “Ces prisonniers, on les exécute directement sur place. Il se passe des choses incroyables là-bas et bien sûr, personne n’en parle. C’est toujours la même chose.”

“La consigne, sur le champ de bataille désormais, c’est qu’ils disent aux soldats, c’est vous qui devez décider, rapidement, en un jour ou deux, si le prisonnier que vous avez fait, si le détenu, est un Taliban.” a expliqué Hersh. “Les soldats ont pour consigne d’extraire le maximum d’informations tactiques immédiates du détenu – contrairement au renseignement stratégique, sur le long terme – et vous devez extraire cette information du prisonnier sans tarder. Et si vous ne pouvez être certain qu’il s’agit d’un Taliban, alors vous devez relacher ce prisonnier.”

Ce que cela signifie, et cela m’a été confirmé par cinq ou six personnes, c’est que les soldats, s’ils n’arrivent pas à prouver que le prisonnier est un Taliban, alors, plutôt que de le laisser repartir, ils préfèrent encore lui tirer une balle, bam ! Et si nous n’avons pas envie de nous salir les mains, il nous suffit de remettre les prisonnier aux soldats Afghans qui sont nos auxiliaires. Généralement, nous n’avons pas le temps de nous éloigner de plus de cinq mètres avant que ne retentissent les coups de feu. Et cela se passe de nos jours, en ce moment même.

La vidéo de la conférence de Seymour Hersh a été mise en ligne sur le compte YouTube de Michael Moore.

Seymour Hersh 

24-05

Hersh a une longue carrière de journaliste d’investigation derrière lui, ayant travaillé de nombreuses années pour The New York Times.

En 1969, c’est lui qui a révélé le massacre de My Lai au Vietnam.

URL de cette brève

http://www.legrandsoir.info:80/+LES-SOLDATS-U-S-EXECUTENT-DES-PRISONNIERS-SUR-LE-CHAMP-DE-BATAILLE+.html

http://libertesinternets.wordpress.com/2010/05/13/les-soldats-u-s-executent-des-prisonniers-sur-le-champ-de-bataille/ 

[Gregor Seither - IES News Service -

12/05

VISIONNER LA VIDEO ICI: http://www.youtube.com/watch?v=9Z8zAKweYcQ&feature=player_embedded#!

http://libertesinternets.wordpress.com/


1-2 Philippe Leymarie : Lassitude des Européens en Afghanistan. 

 « Je suis conscient du fait que les gens en Europe sont fatigués de la guerre en Afghanistan », admettait le vice-président américain Joe Biden, à la mi-mars, lors d’une rencontre avec les membres du Conseil de l’Atlantique Nord à Bruxelles. Ils ne le sont pas moins aujourd’hui… 

Les militaires français viennent de perdre un capitaine, membre d’une Equipe de liaison et de mentorat opérationnel (OMLT, en anglais) : en clair, des « conseillers » en doublure des soldats afghans. Au cours de la même attaque, dans la province de l’Oruzgan, un soldat néerlandais et un interprète afghan ont également été tués. D’autres militaires néerlandais ont été blessés.

C’est le quarante-deuxième soldat français tombé en Afghanistan depuis 2001, le troisième officier, et le huitième mort sur un « engin explosif improvisé ». 3 500 militaires français sont déployés sur le « théâtre », dont 500 se consacrent à la formation, au sens large : c’est le quatrième contingent en effectifs. 

Sur les quarante-quatre nations parties prenantes dans le conflit, la France est pratiquement la dernière à avoir répondu, en février dernier, à la demande US-OTAN de renforts formulée le 30 novembre 2008. Au lieu des 1 500 hommes demandés par Washington, Paris n’avait promis que 80 instructeurs supplémentaires. 

Injonctions d’Obama 

Le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, s’était même vanté, le 23 mars dernier au Sénat, d’avoir ainsi « résisté aux injonctions d’Obama », contrairement à l’talie, l’Espagne, l’Allemagne ou la Grande-Bretagne. Il en avait tiré argument pour justifier le rapprochement avec l’OTAN : « Ce n’est pas parce que nous avons repris notre place dans l’OTAN (saut dans le comité des plans nucléaires) que nous avons perdu toute autonomie et capacité d’initiative sur la sécurité européenne, bien au contraire. » 

La mollesse de l’engagement français – vue côté américain – avait incité la « Red Cell » de la CIA à produire le 11 mars dernier un mémorandum où il est suggéré « d’instiller un sentiment de culpabilité chez les Français, pour avoir abandonné » les Afghans à leur sort : il faudrait notamment susciter des messages de femmes afghanes insistant sur les progrès réalisés dans l’éducation, et favorables à l’intervention de l’OTAN, pour impressionner l’opinion féminine dans l’Hexagone, plus opposée à la guerre que les hommes. 

Policier mondial 

« Ce qui importe, c’est la sécurité dans les rues britanniques. Pas que les jeunes femmes afghanes aillent à l’école », déclarait le 22 mai dernier au Time le nouveau ministre de la défense de Londres, Liam Fox, le jour même où il effectuait son premier « raid » en Afghanistan. Le contingent britannique est le second en nombre, derrière les Américains, avec 10 000 hommes et femmes. « Nous sommes à la limite maintenant, et je souhaite que nos forces rentrent à la maison le plus tôt possible », a ajouté le ministre du nouveau gouvernement libéral-conservateur : « Nous ne sommes pas un policier mondial… Nous sommes là pour que la population britannique et nos intérêts mondiaux ne soient pas menacés. » 

Au début de cette semaine, comme le signale le site Bruxelles-2, observateur vigilant de la politique européenne de défense, le retrait d’Afghanistan est devenu un enjeu de la campagne électorale en Belgique, le parti des socialistes flamands demandant un retrait des troupes belges. Dans un entretien au quotidien Le Soir, le 25 mai, il préconise un début de retrait « dès 2011, en phase et de manière coordonnée avec les partenaires ». 

Agressivité redoublée

 Déjà, aux Pays-Bas, l’engagement militaire en Afghanistan avait provoqué à la mi-février l’implosion du gouvernement de coalition socio-démocrate/démocrate-chrétien. Dans ce pays, comme dans plusieurs pays européens, les socialistes ou socio-démocrates se disent de plus en plus souvent favorables à un rapatriement de leurs contingents déployés en Afghanistan.

C’est également le cas en Allemagne, où la chancelière Angela Merkel a de plus en plus de mal à défendre - devant un Bundestag pour le moins dubitatif, et une opinion largement pacifiste - l’engagement de son pays aux côtés des Américains. La « bavure » du 4 septembre 2008, à Kunduz, l’avait déjà contrainte à remanier son gouvernement. Aujourd’hui, elle en est réduite à traiter d’« irresponsables » les leaders du parti de gauche radicale, Die Linke, seul à réclamer un retrait unilatéral des troupes de la Bundeswehr.

Le contingent allemand - le 3e de l’ISAF – a perdu 43 de ses hommes depuis 2002. Il n’était pas supposé pratiquer un engagement offensif dans la région de Mazar-El-Charif, dont il a la charge, et fait difficilement face à l’agressivité redoublée des nationalistes résistants, dans cette province du Nord longtemps préservée.

Philippe Leymarie
vendredi 28 mai 2010,

http://blog.mondediplo.net/2010-05-28-Lassitude-des-Europeens-en-Afghanistan


1-3 Londres n'a pas de "calendrier" de retrait…

22.05.

Londres n'a pas de "calendrier" de retrait de ses troupes d'Afghanistan, mais elles doivent rentrer "aussitôt que possible", selon les ministres britanniques des Affaires et de la Défense en visite samedi à Kaboul pour la première fois depuis que David Cameron est à la tête du gouvernement.
"Nous faisons le point sur la situation de manière urgente, mais pas au sens où l'on réfléchirait à notre soutien à la stratégie, mais plutôt sur la manière de soutenir la stratégie dans les prochains mois ou années", a déclaré le secrétaire au Foreign Office, William Hague, au
cours d'une conférence de presse à Kaboul.
"Il n'y aura pas de calendrier arbitraire ou artificiel. Nous devons donner le temps et le soutien qu'il faut à la stratégie qui a été décidée", a ajouté M. Hague.
Auparavant, le ministre britannique de
la Défense Liam Fox avait déclaré dans une interview au quotidien Times que les troupes britanniques devaient rentrer "aussitôt que possible" d'Afghanistan.
"Nous ne sommes pas un gendarme universel. Nous ne sommes pas en Afghanistan pour nous occuper de la politique d'éducation d'un pays troublé du XIIIe siècle. Nous sommes là pour éviter que le peuple britannique et nos intérêts globaux soient menacés", a-t-il dit, à un moment où l'insurrection talibane gagne en terrain et en intensité dans le pays.
MM. Hague et Fox, accompagnés du ministre pour le développement international Andrew Mitchell, ont notamment vu le président afghan Hamid Karzaï.
Ce dernier avait été le premier chef d'Etat rencontré par le nouveau Premier ministre britannique David Cameron.
Environ 10.000 soldats britanniques sont déployés en Afghanistan, principalement dans la province du Helmand (sud), l'un des principaux bastions de la rébellion afghane déclenchée par les résistants.
La Grande-Bretagne dispose du deuxième plus important contingent en Afghanistan après celui des Etats-Unis.
286 britanniques ont perdu la vie depuis l'intervention des forces internationales dans ce pays en 2001.
Un soldat du 40e Commando des Royal Marines a ainsi été tué vendredi matin dans l'explosion d'une mine artisanale, l'arme de prédilection des résistants, pendant qu'il faisait une patrouille à pied dans le Helmand.
S'attaquer à la situation en Afghanistan est "une de nos priorités les plus urgentes", avait déclaré à son arrivée le secrétaire au Foreign Office, William Hague, dans des commentaires rendus publics à Londres.
"Cela nous coûtera beaucoup de temps, d'énergie et d'effort et il est donc essentiel que les ministres aient une très bonne compréhension des thèmes", a-t-il ajouté.
"Nous devons accorder notre temps et notre soutien pour assurer le succès de notre stratégie et nous sommes venus pour cela en Afghanistan à la première occasion", a encore affirmé le ministre.
Au cours de leurs entretiens le 15 mai, le président afghan Hamid Karzaï et David Cameron avaient convenu que la relation entre
la Grande-Bretagne et l'Afghanistan "devait être encore renforcée".
De son côté, le secrétaire au Foreign Office, William Hague, avait souligné que l'Afghanistan était pour M. Cameron "la priorité numéro un".
Sur le front des violences contre les forces internationales, trois soldats de l'Otan et un civil travaillant pour les forces internationales ont été tués dans deux incidents dans le sud de l'Afghanistan.
Selon un bilan établi par l'AFP à partir du site internet indépendant icasualties.org, 215 soldats étrangers ont trouvé la mort en Afghanistan en 2010, après une année 2009 de très loin la plus meurtrière pour les forces internationales en huit années de conflit, avec 520 morts.

22-05

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/afghanistan-londres-n-a-pas-de-calendrier-de-retrait-22-05-2010-932567.php


1-4 Guantanamo : Les dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage certaines analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

1 La plupart des détenus de Guantanamo sont des combattants de base...

 La plupart des détenus emprisonnés au centre de détention de Guantanamo (Cuba) sont de simples combattants de base, a rapporté samedi le Washington Post.

Seuls environ 10% des 240 personnes qui étaient détenues à Guantanamo quand le président Barack Obama est arrivé au pouvoir en janvier 2009 sont des "dirigeants, des militants actifs et des intermédiaires impliqués dans des complots visant les Etats-Unis", ajoute le journal qui cite un rapport gouvernemental inédit.

Le restant est composé de combattants ordinaires. Environ 5% n'ont pu être placés dans une catégorie.

Selon le Post, le rapport définitif de la commission d'enquête sur Guantanamo (Guantanamo Review Task Force) recommande que 126 détenus soient transférés dans leur pays d'origine ou dans un pays tiers.

Trente-six détenus devraient être poursuivis en justice par un tribunal fédéral ou une commission militaire et 48 autres devraient être maintenus en détention indéfiniment aux termes du droit de la guerre.

Le rapport, qui a été terminé en janvier, n'a été transmis aux commissions compétentes du Congrès qu'au cours de la semaine, ajoute le journal.

Lors de son entrée en fonctions, le président Obama avait fixé à janvier 2010 la date butoir pour la fermeture du centre de détention controversé mais il a ensuite renoncé à cette échéance, notamment en raison de la résistance du Congrès à accepter un
transfèrement de certains détenus sur le sol américain.

Les Etats-Unis s'efforcent de vider peu à peu le centre de détention de Guantanamo, ouvert en 2002. Début mai, ils étaient encore 181. Ces prisonniers avaient été capturés dans le cadre de la "guerre contre le terrorisme",(…)  en particulier en Afghanistan.

Les Etats-Unis ont transféré 59 détenus dans 24 destinations, dont 35 vers des pays tiers, depuis 2009.

29/05

http://www.portalangop.co.ao/motix/fr_fr/noticias/internacional/2010/4/21/plupart-des-detenus-Guantanamo-sont-des-combattants-base-presse,6d35075b-d20a-40c8-a8e9-926129843a9e.html


2 Robert Fisk : Canada - Bâillonnés pour avoir dit la vérité sur Guantanamo.

J’ai commencé ma chronique de la semaine dernière par ces mots :"Nous savons tout ce qui s’est passé à Guantanamo".

J’avais tort. Grâce aux journalistes de Toronto - jusqu’à ce qu’on leur interdise l’accès de la Cour Martiale de Campagne qui tient lieu de "justice" à cet endroit exécrable - j’en ai appris beaucoup plus.

Etant donné qu’il s’agit d’un citoyen canadien et que le gouvernement canadien ne fait rien pour son ressortissant prisonnier, le cas a été très médiatisé de notre côté de l’Atlantique. Et c’est très bien.

Omar Khadr avait 15 ans quand il a soi-disant (je vais devoir utiliser "soi-disant" tout au long de cet article car il ne s’agit pas d’un procès équitable) tué par balles un soldat des Forces Spéciales Américaines dans l’est de l’Afghanistan en juillet 2002. La semaine dernière, un ancien militaire du nom de Damien Corsetti et surnommé "Le Monstre" à la prison de Bagram où régnaient la terreur et la torture, a reconnu dans une vidéo présentée devant la "Cour de justice" de Guantanamo que Khadr avait été ligoté dans une cage "dans un des pires endroits de la terre". "Nous pouvions quasiment faire tout ce que nous voulions pour terroriser les prisonniers" a déclaré Corsetti.

Il était interdit de battre les prisonniers a précisé "Le Monstre", mais on pouvait brandir des "menaces cauchemardesques" comme de les remettre à l’Egypte ou à Israël où, selon le Globe canadien ou le Mail "ils disparaîtraient". Ce qui en dit long sur Israël. Ou sur ce que les Américains pensent d’Israël. Et sur l’Egypte aussi quand on y pense.

Je dois ajouter que Monsieur Khadr, qui a maintenant 23 ans, était gravement blessé quand il a été amené à Bagram. Comme le dit Monsieur Corsetti "C’était un gamin de 15 ans avec trois trous dans le corps, et des éclats d’obus dans la visage". Le personnel de Bagram (les gardes et ceux qui menaient les interrogatoires) l’avaient surnommé "Chevrotine Bob". Spirituel, n’est-ce pas ?

Je dois aussi ajouter que Monsieur Corsetti n’a pas maltraité Monsieur Khadr. Il a été plus tard acquitté des charges d’abus sur des détenus (dont ne faisait pas partie Khadr) et maintenant il se décrit comme un vétéran handicapé qui suit un traitement pour troubles de stress post-traumatique. En d’autres termes, ce témoin a été un vrai coup de chance pour les avocats de la défense, mais pas pour le gouvernement canadien qui a demandé à l’administration d’Obama de taire le fait que Khadr, en 2003 et 2004, avait fourni des renseignements à des représentants officiels du Département des Affaires Etrangères et à des agents des Services Secrets et des Services de Sécurité Canadiens (CSIS pour ceux que ça intéresse).

La Cour Suprême Canadienne (que j’apprécie car elle semble équitable) a déjà statué que les conditions dans lesquelles Khadr était emprisonné quand le CSIS l’a interrogé "constituent une violation sans équivoque des droits humains internationaux par le Canada".

Un sergent Américain, Joshua Claus, a-t-on découvert pendant les auditions à Guantanamo, avait aussi interrogé Khadr sur ses liens avec les Résistants. Il fut plus tard reconnu coupable d’abus sur les détenus (quoique pas sur Khadr). Claus a aussi avoué qu’il avait violenté un chauffeur de taxi innocent nommé Dilawar qui est mort pendant sa détention à Bagram.

Nous connaissons l’identité de Claus parce qu’il a donné des interviews à la presse, entre autres. Selon le Star de Toronto, en 2008, il a déclaré que ses employeurs précédents "avaient essayé d’insinuer qu’il avait battu et torturé tous ceux à qui il avait parlé". "Omar", a-t-il dit,"a été ma première affaire importante. J’ai passé avec lui beaucoup de temps pour essayer de comprendre qui il était et ce que je pouvais lui dire ou faire pour lui, que ce soit lui apporter de la nourriture supplémentaire ou une lettre de sa famille." Il y a eu beaucoup d’autres révélations à ces auditions, par exemple celle de la technique "terroriser-rassurer" : "terroriser" incluait la menace d’être violé par "quatre grands noirs".

Bref, une autre récit horrible et obscène sur Guantanamo. Mais attendez. On ne peut pas laisser la presse s’emparer d’horreurs pareilles n’est-ce pas ? Surtout si l’on sait que le propre gouvernement de Khadr ne fera rien pour lui. Alors écoutez bien. Le Pentagone a annoncé que plus de la moitié de la presse canadienne - y compris le Globe, le Mail et le Star seront désormais interdits de couvrir les "procédures judiciaires" de Guantanamo parce qu’ils ont dévoilé que Claus menait des interrogatoires, alors que son nom n’avait pas été rendu public à Guantanamo. Bien que ce soit Claus lui-même qui se soit dévoilé dans des interviews qu’il avait données il y a deux ans. Vous y êtes ?

L’information tombée dans le domaine public redevient confidentielle quand elle n’a pas été fournie par le tribunal de campagne à Cuba (Oui, n’oublions pas que Guantanamo est dans ce foutu Cuba). Le Pentagone ne s’est même pas donné la peine d’appeler les reporters concernés, ils ont envoyé des Emails, pour couper court à toute protestation, car il aurait pu y en avoir n’est-ce pas ?

De la justice ? Nous n’en trouverons pas dans cette Cour de justice là. Le père de Khadr était un membre important d’al-Qa’ida. Des médecins américains lui ont sauvé la vie (il y a quelques bonnes personnes dans ces guerres) mais il a été torturé sans l’ombre d’un doute ; et le Canada, (et là je cite les excellents éditoriaux du Globe et du Mail) a participé à ces abus de manière aussi illégale qu’hypocrite. Il a communiqué les résultats de ses propres interrogatoires de Monsieur Khadr à l’accusation à une époque où les informations obtenues sous la torture étaient admises par les commissions militaires.

C’est dommage, mais nous n’entendrons plus beaucoup parler de ce procès, en tous cas pas au Canada. Depuis, le Star, le Globe et le Mail n’ont fait aucune allusion à l’identité de Claus. Ce n’est pas surprenant je suppose. Mais souvenez-vous, moi je vous l’ai dit.

TEXTE ORIGINAL http://www.independent.co.uk/opinio...

Robert Fisk

(The Independent)

18 mai

Robert FISK

Traduction D. Muselet

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Canada-Baillonnes-pour-avoir-dit-la-verite-sur-Guantanamo-The-Independent.html


3 L'Allemagne prête à accueillir des détenus de Guantanamo.

La chancelière allemande Angela Merkel est prête à accueillir des détenus de Guantanamo alors que l'Allemagne avait refusé l'an dernier de répondre favorablement à des demandes américaines en ce sens, affirme samedi l'hebdomadaire allemand Focus.

Le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maizière, a indiqué lors d'une réunion le 17 mai à Berlin avec des responsables chrétiens-démocrates qu'Angela Merkel souhaitait «qu'on aide les Américains», rapporte le magazine.

Cela signifie que l'Allemagne devrait accueillir au moins un des trois détenus proposés par les États-Unis, ajoute le magazine.

Selon l'hebdomadaire Spiegel, les trois détenus sont un Syrien, un Palestinien et un Jordanien.

M. de Maizière prépare avec les responsables de la ville-État de Hambourg et de la région du Brandebourg des mesures pour faciliter le retour à une vie normale de ces détenus qui ont passé plusieurs années dans la prison sur la base navale américaine de Guantanamo, sur l'île de Cuba, poursuit Focus.

Les autorités allemandes voudraient les aider dans leurs démarches pour trouver un logement et un emploi, ajoute le magazine, alors que beaucoup s'inquiètent des conséquences psychologiques des longues années de détention à Guantanamo sur ces prisonniers.

Plusieurs responsables régionaux allemands ont manifesté leur opposition à l'accueil d'anciens prisonniers tant que les États-Unis ne les laisseraient pas entrer sur leur territoire, selon la même source.

Le ministère de l'Intérieur a des doutes sur l'opportunité d'accueillir Ahmed Mahamoud al Shurfa, 34 ans, arrêté en Afghanistan en 2001 après avoir participé à un entraînement dans un camp d'Al-Qaeda.

Berlin avait refusé en juin 2009 de recevoir deux anciens détenus après avoir déjà rejeté une demande pour prendre en charge des Ouïghours, communauté musulmane chinoise.

Les dossiers des deux détenus avaient été présentés au ministère des Affaires étrangères mais celui-ci avait jugé que les informations fournies n'étaient pas suffisantes pour déterminer si ces détenus présentaient un danger en cas d'accueil en Allemagne.

Lors de son entrée en fonction, le président américain Barack Obama avait fixé à janvier 2010 la date butoir pour la fermeture du centre de détention controversé de Guantanamo mais il a ensuite renoncé à cette échéance.

Les États-Unis s'efforcent de vider peu à peu cette prison, ouverte en 2002. Début mai, ils étaient encore 181 détenus contre 240 lors de la prise de fonction d'Obama début 2009.

Samedi 29 Mai

http://www.cyberpresse.ca/international/europe/201005/29/01-4285076-lallemagne-prete-a-accueillir-des-detenus-de-guantanamo.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_europe_287_section_POS2



2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

2-2 Dominique Lagarde : Afghanistan, Irak: des guerres très privées.

La société DynCorp, qui entraîne l'armée afghane, assure aussi avec ses contractors la garde rapprochée du président Karzaï.

Logistique, sécurité, surveillance aérienne... des salariés de sociétés militaires appuient de plus en plus sur le terrain les armées américaine et britannique. Sur le sol afghan, ils sont presque deux fois plus nombreux que les soldats déployés par le Pentagone.

En Afghanistan comme en Irak, les armées américaine et britannique sous-traitent une part de plus en plus importante de leurs activités à des sociétés militaires privées (SMP). A l'échelle de la planète, celles-ci emploieraient près de 1 million de personnes: réunies, elles représenteraient, sur le papier, la deuxième armée du monde. Amorcée il y a une vingtaine d'années, guère plus, la privatisation de la guerre, sous toutes ses formes, est une entreprise juteuse: elle constitue un énorme marché estimé à 170 milliards d'euros par an.

Des opérations de contre-insurrection "clefs en main"

La première société militaire privée est apparue en 1989. Créée par d'anciens commandos sud-africains, installée en Angola sur une base abandonnée par les Soviétiques, Executive Outcomes proposait aux Etats africains menacés par la rébellion des opérations de contre-insurrection "clefs en main". Elle reste à ce jour la seule vraie tentative de privatisation de l'activité combattante.

Apparaît ensuite aux Etats-Unis, dans les années 1990, la Military Professional Resources Inc. (MPRI). Société de droit privé, elle n'en est pas moins étroitement liée au Pentagone. A ses débuts, elle vend surtout ses services aux pays de l'ex-bloc soviétique qui mettent leurs armées aux normes de l'Otan avant d'intégrer l'Alliance atlantique.

A cette époque, les tâches confiées à des contractors privés relèvent pour l'essentiel de la logistique. Lors de la première guerre du Golfe, en 1991, on ne compte qu'un civil sous contrat pour 100 militaires américains. Mais tout change avec la guerre d'Irak. En 2003, lors de l'invasion, le rapport est déjà de 1 à 10. En 2007, pour la première fois, il y a autant de contractors employés par l'US Army que d'hommes en uniforme. Du jamais-vu!

Le 16 septembre de cette année-là, des employés de Blackwater, l'une des plus grosses sociétés militaires privées (aujourd'hui rebaptisée Xe Services LLC), tirent sur un véhicule en plein centre de Bagdad. La fusillade fait 17 morts. La justice américaine est saisie. Blackwater sera finalement écartée du marché irakien.

La société Blackwater a été écartée du marché irakien après que ses employés ont déclenché une fusillade à Bagdad faisant 17 morts.

Ce qui ne l'empêche pas de continuer à travailler aujourd'hui encore pour le gouvernement américain, notamment pour la CIA, en Afghanistan. Deux de ses employés figuraient parmi les victimes de l'attentat du 30 décembre 2009 contre une base américaine à Khost, dans le sud-est du pays.

La société possède une base secrète, près de la frontière avec le Pakistan, d'où elle fait décoller ses propres drones en direction des zones tribales pakistanaises. En principe, la tâche de ces avions sans pilote ultrasophistiqués consiste à identifier des cibles qui seront ensuite "traitées" par d'autres appareils, équipés de missiles et appartenant, eux, à l'armée américaine.

Mais est-ce si sûr? Les bombardements des zones tribales pakistanaises sont devenus une pièce centrale de la nouvelle stratégie de Washington. Entre 2008 et 2009, leur nombre a augmenté de 50%, passant de 36 à 53, et le rythme s'est encore accéléré depuis le début de l'année...

Plus de 100 000 civils travaillent pour le Pentagone

Un rapport du service d'étude du Congrès américain, publié en décembre 2009, estimait à 104 100 le nombre de civils travaillant en Afghanistan pour le seul Pentagone. Les effectifs militaires, à la même époque, étaient de 63 950 soldats. En clair, 62% des hommes qui oeuvraient sur le terrain pour le ministère américain de la Défense étaient des privés - un pourcentage jamais atteint dans l'histoire des Etats-Unis. Le déploiement des renforts (30 000 hommes) annoncés par Barack Obama devrait se traduire par l'embauche de 56 000 contractors supplémentaires.

"En Afghanistan, analyse Olivier Hubac, spécialiste de l'intelligence stratégique et coauteur d'un ouvrage sur la guerre afghane (1), le recours aux contractors fait partie intégrante de la stratégie de l'Otan. Tout ce qui ne constitue pas le coeur du métier de soldat est externalisé afin de permettre aux militaires de se consacrer au combat et aux actions de sécurisation."

 

3 questions à Doug Brooks*

Pourquoi le Pentagone fait-il aussi massivement appel à vos services?

Parce que nous coûtons moins cher.

Environ 80 % de nos effectifs sont des employés locaux, payés au prix du marché local, quelques centaines de dollars. Et même si certains de nos salariés occidentaux touchent aux alentours de 1 000 dollars par jour, cela reste moins cher.

 

Combien gagnent les sociétés?

Pour les contrats au forfait, leur marge bénéficiaire est d'environ 10%.

 

Plusieurs affaires ont récemment défrayé la chronique, mettant en cause la qualité des services rendus par les contractors...

C'est aux pouvoirs publics de prendre leurs responsabilités. L'Etat accorde systématiquement les appels d'offres aux moins chers des postulants, ce qui n'est pas forcément la meilleure façon de procéder.

*Président de l'International Peace Operations Associations, qui rassemble une soixantaine de SMP américaines.

 

Philippe Coste

Quelles sont les tâches confiées au privé? Il y a d'abord tout ce qui relève du "soutien de l'homme" et de la logistique: hébergement, maintenance, ravitaillement, connexions Internet, gardiennage, etc.

La sécurité de tous les "camp-vie" de l'Otan en Afghanistan est ainsi assurée par des sociétés privées.

D'autres services rendus par les contractors relèvent peu ou prou de la délégation de service public: déminage, surveillance aérienne, lutte antidrogue, formation des forces gouvernementales afghanes. Ce dernier marché semble promis à une croissance exponentielle si l'Otan veut atteindre ses objectifs affichés : porter l'armée afghane de 9 000 à 134 000 hommes à la fin 2010, puis à 240 000 hommes en 2013.

L'armée est entraînée principalement par Kellogg Brown and Root (KBR) et par DynCorp. Première SMP en Afghanistan aujourd'hui, cette dernière assure aussi la garde rapprochée du président Hamid Karzaï. La MPRI, elle, spécialisée dans le conseil, est chargée d'élaborer la doctrine militaire de l'Armée nationale afghane - un contrat de 200 millions de dollars - et de former ses chefs de corps. Enfin, l'instruction de la police afghane, dont les effectifs pourraient atteindre 160 000 hommes, est assurée pour l'essentiel par la société Paravant, filiale de Blackwater.

Les SMP font souvent appel à d'anciens militaires anglo-saxons pour les postes les plus qualifiés et recrutent sur place pour les tâches d'exécution. Mais leur présence croissante pose des problèmes de fond.

Auteur d'un ouvrage consacré à la privatisation de la guerre en Irak (2), Georges-Henri Bricet des Vallons estime que cette pratique d'externalisation a atteint aujourd'hui "un point de non-retour". Il n'hésite pas à parler d'une situation de "dépendance", voire d'une "addiction" de l'armée américaine à l'égard des SMP, seules à même de leur fournir une expertise qui leur fait défaut.

En Afghanistan, les mercenaires assurent notamment les tâches de déminage, de surveillance aérienne, de lutte antidrogue...

En Afghanistan, sur les 104 100 contractors employés par le Pentagone en septembre 2009, 9 % étaient américains, 16% étaient des expatriés d'autres nationalités et 75%, afghans. Les SMP assurent aussi la sécurité de nombreuses institutions civiles, qu'il s'agisse de l'ONU, des ONG, de certaines entreprises, voire des maisons d'hôte où séjournent les étrangers de passage.

Mais, sur ce marché plus classique du gardiennage et de la sécurité rapprochée, elles sont de plus en plus concurrencées par des sociétés locales, souvent créées par d'anciens seigneurs de la guerre. L'une des plus importantes est l'Asia Security Group, qui appartient à un cousin du président Hamid Karzaï. Très active également, selon Georges-Henri Bricet des Vallons, la société Sherzai, fondée par un ancien gouverneur de la province de Kandahar, Gul Agha Sherzai.

Des morts non comptabilisés

La privatisation de tâches qui autrefois incombaient aux armées permet de faire la guerre en limitant l'envoi de troupes sur place et en minimisant les chiffres officiels des pertes humaines : les morts des SMP ne figurent dans aucune comptabilité. C'est un sacré avantage pour un gouvernement confronté à une opinion publique fragile et à un Parlement pointilleux... Reste à savoir quelles sont les conséquences sur le terrain de cette pratique.

Docteure en droit public, chargée d'étude à l'Institut de recherche stratégique de l'Ecole militaire (Irsem), le lieutenant-colonel Marie-Dominique Charlier a été pendant six mois, en 2008, l'un des conseillers politiques auprès du général commandant les forces de l'Otan en Afghanistan. Elle est en France l'un des rares experts à avoir réfléchi à ces questions.

Comprendre l'Afghanistan

Venus éradiquer Al-Qaeda, les Occidentaux ont-ils commis la même erreur qu'Alexandre le Grand et l'Armée rouge? Dominique Lagarde, grand reporter à L'Express, présente la mosaïque de peuples totalisant 27 millions d'habitants, détaille la rivalité fondamentale entre les Durrani et les Ghilzai au sein des Pachtouns, explique l'imprévisible tradition de la volte-face tribale et du retournement d'alliance.

Deux sentiments en ressortent. D'abord, la certitude qu'une part de la sécurité du monde se joue, toujours, dans ces vallées périlleuses - et au Pakistan. Ensuite, l'angoisse de voir les Occidentaux, qui ont déjà abandonné leur rêve d'une démocratie afghane, rater leur sortie de scène, si la "réconciliation afghane" escomptée virait à la guerre civile.

Et elle est convaincue que les SMP pèsent directement sur la conduite de la guerre: "Certaines des tâches confiées aux contractors, souligne-t-elle, les mettent au coeur du système. Ils connaissent les opérations, les acteurs, les points de contact. Ils ont, en outre, une expérience d'ensemble du terrain que n'ont pas les militaires. Eux restent sur place entre quatre et cinq ans, alors que nos rotations ne sont que de six mois en moyenne. Cela leur donne une grande légitimité auprès des Afghans et une vraie mémoire."

L'armée française est jusqu'ici restée, pour l'essentiel, à l'écart de cette tendance à l'externalisation. Faut-il en finir avec cette exception culturelle? Marie-Dominique Charlier est de ceux qui estiment que l'évolution est "sans doute inéluctable" car "les guerres modernes sont devenues hybrides" et parce que les SMP sont aussi devenues, pour les Etats qui font appel à elles, des "vecteurs d'influences".

La généralisation de ce néomercenariat pose pourtant un problème de fond qui touche à la finalité même de la guerre.

En Afghanistan comme en Irak, les Etats qui ont engagé des troupes sur le terrain ont pour objectif de stabiliser la situation, dans les meilleurs délais possible, afin de pouvoir amorcer un désengagement. Or les SMP sont, elles, dans une logique économique de retour sur investissement: leurs intérêts financiers sont aux antipodes des intérêts militaires et politiques de l'Otan.

Dominique Lagarde

(1)     L'Enjeu afghan, André Versaille éditeur, 2010

(2)     Irak, terre mercenaire, Ed. Favre, 2010.

24/05

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afghanistan-irak-des-guerres-tres-privees_894324.html


2-3 A Kaboul, la paix au prix de la mémoire.

Nb Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue  es auteurs mais doit être vu comme information

Ahmed Shah Azami est un homme amputé, mutilé, prothèse à crochet au bras droit. Il porte une courte barbe grise et de fines lunettes où perce un regard doux malgré la "peine" qu'il trimbale depuis des années. A voir cet homme démantibulé, à écouter surtout son chagrin inconsolable, on comprend soudain mieux le prix de la "réconciliation" qui se concocte en coulisses en Afghanistan.

A l'heure où le régime de Kaboul tend la main aux résistants afin de sortir de l'impasse d'une guerre de plus en plus meurtrière, Ahmed Shah Azami et bien d'autres victimes de la violence en Afghanistan se dressent, brisent le silence ambiant, pour rappeler que la paix n'est pas l'oubli.

C'était le 9 mai dans un petit hôtel de Kaboul, logé dans une de ces ruelles cabossées, crevées de nids-de-poule, signe déprimant de l'état de la reconstruction de l'Afghanistan, huit ans après la chute du régime taliban. Plusieurs dizaines d'Afghans ordinaires, venus du tréfonds des provinces, s'y étaient rassemblés à l'appel d'un collectif d'associations militant pour une justice de transition.

On pouvait trouver, au choix, des victimes du régime communiste prosoviétique (1978-1992), des victimes de la guerre civile entre factions moudjahidines (1992-1996) et, bien sûr, des victimes du régime taliban (1996-2001). Qui aujourd'hui, au coeur des cercles dirigeants qui trament la future paix, se soucie de l'exigence de justice qu'expriment ces Afghans aux destins brisés ? "Il n'y aura pas de paix durable en Afghanistan si l'on ignore la voix du peuple, particulièrement celle des victimes", avait clamé à l'ouverture de la conférence Nader Naderi, l'un des militants des droits de l'homme les plus en vue de Kaboul.

Le dilemme est classique : paix ou justice ?

A rebours des expériences d'Afrique du Sud ou des Balkans, l'Afghanistan se refuse à réconcilier les deux termes, préférant apparemment sacrifier l'exigence de justice sur l'autel de la future paix.

Une loi d'amnistie vient d'être promulguée qui blanchit tous les auteurs de crimes de guerre avant 2001, ce qui protège de toute poursuite non seulement les chefs de l'ex-régime taliban, mais aussi tous les seigneurs de la guerre, dont beaucoup ont rallié le régime d'Hamid Karzaï. Quant aux résistants actuels qui accepteraient de s'associer au processus de "réconciliation nationale", ils bénéficieront, eux aussi, de cette amnistie.

Ahmed Shah Azami ne comprend pas vraiment. Armé de sa prothèse à crochet, qu'il actionne dans un bruit métallique pour saisir un dossier, il narre son infortune passée. Une mine lui a déchiqueté les deux bras durant l'occupation soviétique, sans qu'il sache si l'engin avait été placé par les Russes ou par les résistants. Puis, après l'effondrement du régime communiste (1992), il est violemment battu - bien qu'infirme - par une faction moudjahidine. Et enfin, sous l'ère talibane, il est à nouveau brutalement frappé par les miliciens du régime qui avaient trouvé chez lui une télévision, cette diabolique machine. Comme si toutes les folies d'Afghanistan s'étaient acharnées sur lui.

Aujourd'hui, Ahmed Shah Azami dit des choses très simples. "Le mot "paix" est un mot magnifique. J'ai moi-même souffert dans ma chair de l'absence de paix. Mais il doit y avoir une justice. Il faut pouvoir poursuivre les responsables de crimes de guerre. Ou alors, il faudrait qu'ils demandent pardon avec humilité." Demander pardon ? On a beau tendre l'oreille, on n'a guère entendu les ex-seigneurs de la guerre ou les résistants solliciter un quelconque pardon. Et c'est bien ce qui inquiète ces victimes, qui redoutent une réconciliation en trompe-l'oeil.

Autre profil, autre tranche de vie de Kaboul. Diana Saqeb est une jeune documentariste éduquée en Iran et aujourd'hui engagée dans le combat pour les droits des femmes afghanes. Elle reçoit dans le salon de la modeste maison où elle a installé sa société de production. Elle est intarissable sur le film qu'elle vient de réaliser, le portrait d'une athlète afghane qu'elle avait suivie à Pékin lors des Jeux olympiques de l'été 2008. Vêtue d'un jean et chevelure dénouée sur l'épaule, Diana Saqeb incarne la petite élite libérale de la capitale afghane angoissée par la nouvelle nuée d'orages qui plombe l'horizon afghan.

Ces sombres nuages, elle les voit enfler depuis deux ou trois ans. Les attaques d'écoles de filles dans les provinces et, plus récemment, les empoisonnements d'écolières, disent ce climat. "Nous voulons tous la paix, explique-t-elle. Mais je ne veux pas d'une paix qui me force à rester cloîtrée chez moi, une paix qui prive les filles d'école. Et, ce qui m'attriste, c'est que le gouvernement de M. Karzaï ne croit pas vraiment dans les droits de l'homme et les droits de la femme. J'ai bien peur qu'il finisse par les vendre aux résistants."

Deux profils, deux contextes, mais une même alarme qui sonne. Ahmed Shah Azami et Diana Saqeb expriment, chacun à sa manière, l'anxiété d'un marché de dupes, d'une paix viciée, d'une réconciliation factice lourde de futures injustices. Mais que pèse leur inquiétude face à la fatigue générale d'une guerre interminable, l'usure des espoirs, la soif de stabilité et la tentation de cyniques arrangements ?

Que vaut leur alerte face à la tentation de l'amnésie afghane ?

14.05.

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/05/14/a-kaboul-la-paix-au-prix-de-la-memoire_1351632_3232.html


2-4 Zouhair Lahna : Les Empires viennent mourir aux pieds des montagnes afghanes !!

Je me souviens des derniers jours que j’ai passés en Afghanistan juste après les attentats du 11 septembre 2001. J’ai du évacuer le pays avec mes collègues humanitaires d’Aide Médicale Internationale laissant derrière nous les afghans face à leur sort, qui se décidait à des milliers de kilomètres, dans un bureau ovale. La plupart des Afghans ordinaires sont des ruraux, ils ne connaissaient ni New York, ni Oussama Ben Laden. Le ciel leur est tombé dessus, ensuite ils ont vu débarquer chez eux des soldats arrogants, leurs donnant des ordres et leurs infligeant des forfaits. C’est du déjà vu !!
Après le choc des attentats du World Trade Center. L’émotion fût immense, ne donnant plus place à la raison. Les coupables nommés sans preuves ni jugement. La loi du Far-West s’abat sans que cela fasse sourciller qui que se soit. Les pays arabes et musulmans dont sont issus les méchants désignés n’étaient pas en reste. Cédant aux amalgames savamment concoctés, ils ont béni à leurs tour cette expédition. La terreur aveugle ne faisant pas partie des enseignements de l’Islam, la condamnation fût unanime. Les rares voix qui demandaient des preuves ou qui disaient que le Pentagone n’a pas été attaqué par un avion, étaient tout simplement ignorées sinon stigmatisées.
Les jours qui ont suivi les attentats du 11 septembre et la requête des Résistants vis à vis des américains de leur fournir des preuves que le forfait a été commis par leur hôte d’alors Oussama Ben Laden.  Des principes de base, que bien des musulmans ont oublié : On ne livre jamais un musulman à un Non musulman sans preuves de sa culpabilité. L’opinion publique internationale croyait les affirmations des responsables américains et de leurs services secrets comme des vérités absolues sans aucune preuve matérielle. Alors les américains ont exécuté leur 1er plan, celui d’envahir ce pays « facile »  l’Afghanistan, prélude à un autre réputé plus important et plus coriace, l’Iraq. Là encore, un autre alibi celui des ‘’ Armes de Destruction Massives’’ a été avancé et martelé et il s’est avéré un mensonge caractérisé.
Force est de constater que les Think tanks américains d’alors, va-t-en guerre, grisés par la superpuissance militaire, ignorent les enseignements de l’histoire des peuples. Bientôt une dizaine d’année de ‘’guerre contre le terrorisme’’ sur le sol Afghan et les résultats sont loin d’être satisfaisants même pour les meneurs de cette expédition. Bien au contraire, le camp des Résistants s’est revigoré, soutenu par une population farouche et un terrain favorable. Sans parler de la légitimité religieuse dont les combattants tirent leurs forces.
 M. Barack OBAMA, le curieux prix Nobel de la paix a choisi sa « bonne guerre »  en augmentant le contingent américain de 40 000 soldats supplémentaires, dépassant les cent mille soldats. Quand le Soft Power ne marche pas comme partout ailleurs dans les autres pays musulmans sans gloire, les américains passent au Hard Power et toute leur puissance de feu. Et désormais, on utilise dans les guerres des mercenaires, qui échappent à la justice en cas de bavures. Leurs morts  ne sont plus comptabilisés évitant ainsi d’annoncer un nombre réel de combattants décédés, afin de ne pas égratigner la sensibilité de l’opinion publique américaine. Quand aux pertes humaines afghanes et des familles détruites, ils n’ont pas d’importance aux yeux de leurs agresseurs. Une fois l’adversaire déshumanisé, le soldat ou le mercenaire pourra lui infliger tous les supplices imaginables. Dans l’esprit de pas mal de personnes, les afghans en général et les combattants résistants en particuliers sont des gens archaïques qui n’ont pas les mêmes ‘’valeurs universels’’ que l’occident évolué, par conséquent leur mort n’a pas la même importance et leur asservissement pourrait être légitime.
 Imprégné par ces idées reçus et reniant ses propres valeurs humaines dans ce conflit, l’opinion publique internationale reste atone. Tétanisée , l’intelligentsia occidentale ne réagit que mollement à toutes les exactions commises par les armées dans ce pays depuis 2001. Rappelons que les objectifs premiers étaient la capture des dirigeants de la fameuse organisation Al Qaida et de bannir les Résistants. Aucun des objectifs n’a été atteint.  Les dirigeants d’Al Qaida se sont évaporés ; Quand aux fameux Résistants caricaturaux, force est de constater qu’ils sont de plus en plus importunant et résistants. Détournés des objectifs premiers, on nous annonce actuellement la volonté à aider le pays vers « la bonne gouvernance »  et bien entendu « la libéralisation de la femme ». La femme afghane a bon dos. Le joker qu’on sort toujours pour convaincre l’opinion publique occidentale de la légitimité de tuer un peu plus et de bombarder un peu plus. C’est pour faire le bien des peuples, alors c’est légitime. Drôle de concept et drôles de public qui se laisse convaincre par de pareilles aberrances.
   Quand j’ai été à Peshawar, au Pakistan, j’avais vu une fresque qui a attiré mon intention dans le hall d’un hôtel. L’image d’un cavalier plié de fatigue sur sa monture errant entre les steppes, les montagnes en arrière plan. Le jeune administrateur afghan qui travaillait pour Aide Médicale Internationale m’a appris, sans dissimuler sa fierté, qu’il s’agit d’une relique d’un des rares soldats qui ont échappé à la mort lors d’une des expéditions anglaises. Trois expéditions anglaises, trois échecs plus ou moins grinçants pour les Anglais et une certitude : Que l’Afghanistan est indomptable. La suite de ce qui est advenu de l’empire Britannique est connue.
Les Soviétiques n’ont pas eu plus de bonne fortune. Le Président communiste NAJIBULLAH,  installé par les communistes, en voyant les troupes Soviétiques partir en Mai 1988 ne s’en doutait, ni de son destin funeste,  ni du démantèlement de l’Union Soviétique et par ricochet de tout le bloc de l’Est. Cette débandade à l’Est nous dit-on était du fait de l’Oncle Sam. Pas si sûr !!! Le président mal élu Hamid KARZAI, un poil ‘transculturé’,  devrait  s’intéresser à l’histoire, parce qu’elle a tendance à bégayer dans un pays si attaché à la tradition.
 Les Afghans, installés dans leur culture, immuable depuis des siècles, l’utilisent  comme antidote à la puissance  technologique Américaine. La foi musulmane donne aux combattants Résistants, une proximité avec la mort, sans en avoir peur, le martyr faisant partie de leur culture. D’autant plus qu’ils défendent leur terre contre des envahisseurs ‘’ impies’’. Ils ne font pas de différence entre les nationalités de la coalisation de l’ISAF ou de l’OTAN. Considèrent Hamid KARZAI, ses ministres et ses soldats comme des traîtres qu’il faut combattre au même titre que les envahisseurs. Et pour finir, ils n’acceptent aucune négociation et restent bien évidement réfractaires à toutes les tentatives de corruption. C’est que les afghans appartiennent à un royaume insolent qui ne tolère pas  le colonialisme.  
 La machine médiatique est en marche, elle aveugle les opinions internationales. S’efforçant de leur donner une vision tronquée des réalités du terrain. Tous les experts militaires et humanitaires savent qu’il ne s’agit plus qu’une guerre d’usure, et que cette guerre de Goliath contre David ne peut être gagnée. Des voix s’élèvent pour conseiller aux américains un calendrier de  retrait des soldats, afin d’aménager une porte de sortie honorable. Mais ils sont confrontés à la fois à l’arrogance des Yankees qui entraînent tout l’OTAN dans son sillage ;  et aux  manœuvres des Sionistes qui ne peuvent laisser des résistants afghans catalogués Jihadistes Salafistes sortir vainqueurs de cette confrontation. La défaite inéluctable selon les experts et les observateurs,  risquera par contre,  de mettre sur la table des questions cruciales en Occident sur l’intérêt des armées hyperpuissantes et coûteuses payées par l’argent des contribuables. Et surtout faire des émules dans pas mal d’endroits du monde musulman à feu et à sang depuis des décennies.
Zouhair Lahna

Ancien vice président d’Aide Médicale Internationale

Samedi 29 Mai

http://www.alterinfo.net/Les-Empires-viennent-mourir-aux-pieds-des-montagnes-afghanes-_a46674.html 


2-5 Michel Moutot : Abou al-Yazid était-il réellement le «numéro 3» d'Al-Qaeda?.

Nb Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue  es auteurs mais doit être vu comme information

Une nouvelle fois, la mort d'un cadre d'Al-Qaeda est saluée en Occident comme l'élimination du fameux «numéro 3» mais, au total, huit «numéros 3» sont morts depuis la création du réseau d'Oussama ben Laden, ce qui fait peser des doutes sur cette hiérarchisation.

L'Égyptien Moustafa Abou al-Yazid, dont la mort a été annoncée par Al-Qaeda, était sans conteste un membre important de l'organisation jihadiste, reconnaissent des experts internationaux.

Mais peut-on vraiment lui donner un tel rang, alors que huit responsables, eux-aussi baptisés «numéros 3», se sont succédé, depuis la fondation d'Al-Qaeda en 1988 ?

«Qualifier al-Yazid de numéro 3, c'est lui prêter beaucoup plus d'influence qu'il n'en n'avait», assure à l'AFP un officier du renseignement occidental, spécialisé dans ‘’l'antiterrorisme.’’

«Ce n'était pas un opérationnel, mais plutôt un historique, de la première heure. C'est une réussite importante sur le plan symbolique mais cela n'aura pas beaucoup d'impact sur le terrain», ajoute cet expert sous couvert de l'anonymat.

Le concept de «numéro 3» est symptomatique de l'utilisation d'une grille de lecture occidentale, qui privilégie un sens hiérarchique des organisations, appliquée à une réalité qui fonctionne tout autrement, à base d'une collégialité beaucoup plus complexe et difficile à comprendre, préviennent des experts.

Ainsi pour le français Jean-Pierre Filiu, auteur notamment des «Neufs vies d'Al-Qaeda», «cette fonction de numéro 3 est surtout mise en avant par les services occidentaux pour valoriser la neutralisation d'un cadre jihadiste d'importance, engagé aux côtés de Ben Laden et de Zawahiri, le tandem dirigeant de l'organisation».

Derrière Oussama ben Laden et l'Egyptien Ayman al-Zawahiri, sur les huit «numéro 3» qui se sont succédé, quatre ont été tués dans des bombardements américains en Afghanistan, puis au Pakistan, deux ont été capturés au Pakistan et transférés sous responsabilité américaine, un est décédé de mort accidentelle (noyé dans le lac Victoria, en Afrique) et un autre de maladie, rappelle Jean-Pierre Filiu.

«La structure d'Al-Qaeda est tout sauf démocratique», ajoute-t-il.

«Derrière les numéros 1 et 2, c'est plus flou. Tant que le sanctuaire afghan existait, avant le 11 septembre 2001, il n'était pas difficile de voir dans le chef militaire, qui a le contrôle sur le recrutement, la formation opérationnelle et les directives opérationnelles, le numéro 3. Depuis, c'est beaucoup moins clair».

Il n'en reste pas moins «qu'Abou al-Yazid est sans conteste le plus important dirigeant d'Al-Qaeda éliminé depuis l'investiture du président Obama», estime-t-il. «En tout état de cause, l'étau semble se resserrer autour de Ben Laden et d'al-Zawahiri, qui chercheront sans doute à se dégager par des provocations terroristes au Pakistan même, voire au-delà».

Michel Moutot
Agence France-Presse
Paris

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/201006/01/01-4285829-abou-al-yazid-etait-il-reellement-le-numero-3-dal-qaeda.php


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