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10/06/2010

n°44 - Dossier & Point de vue l d'Iran - 09-06 – Suite :- L’accord tripartite nucléaire: une superbe gifle aux ennemis de l'Iran!

n°44 - Dossier & Point de vue l d'Iran - 09-06 – Suite  :- L’accord tripartite nucléaire: une superbe gifle aux ennemis de l'Iran!



Dossier d'Iran     n°44 du 09-06

                                C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "dossier d'Iran" est  visible  sur les blogs : 

a) sur mes blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail,une seule adresse :fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Patria grande :  “Il y a des gens qui ne savent pas faire de politique sans ennemi”.

2-2 Fidel Castro Ruz : L’Empire et la guerre.

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Thierry Meyssan : Basculement stratégique au Proche-Orient.

3-2 L’Iran désarme les Etats-Unis et leurs alliés.

3-3 Hassan Moali : Le projet de sanctions soulève des réserves…Washington atomise le consensus contre l’Iran.



2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 Patria grande :  Il y a des gens qui ne savent pas faire de politique sans ennemi”.

Président Lula: “Où a-t-il été écrit que les Etats-Unis doivent être le shérif du Moyen Orient et du Monde ?”

“La recette d’un nouveau protagoniste ne plaît à personne, mais : où est-il écrit que les États-Unis doivent être le sherif du Moyen-Orient et du monde ?”, a affirmé Lula au journal Valeur Économique, l’un des organisateurs d’un séminaire réalisé à Madrid, sur l’économie brésilienne.

“Les États-Unis ne peuvent pas considérer notre médiation avec l’Iran comme une confrontation mais comme une avancée, parce qu’ils devraient avoir conversé avec le président (Mahmoud) Ahmadinejad”, a affirmé le président brésilien.

“La vérité crue est : l’Iran était vendu en tant que démon, qui ne voulait pas  négocier; l’Iran a décidé de s’asseoir à la table de négociation, je veux voir si les autres vont accomplir ce qu’ils voulaient que l’Iran fît”, en négociant à leur tour, a-t-il déclaré. “Il y a des gens qui ne savent pas faire une politique sans ennemi”, a-t-il condamné. Le Brésil a  apporté une “contribution au multilatéralisme qui devrait être pris  en compte” après s’être offert à négocier la question nucléaire iranienne, a-t-il ajouté.

Lula a défendu de cette manière la médiation auprès de la Turquie pour signer un accord de transfert du combustible nucléaire de l’Iran, comme une manière d’éviter les sanctions que les États-Unis préconisent contre Téhéran dans le Conseil de Sûreté de l’ONU auprès des puissances nucléaires.

Le mardi, le jour après l’accord entre la Turquie, l’Iran et le Brésil pour l’enrichissement d’uranium iranien dans un territoire turc, le secrétariat nord-américain d’État, Hillary Clinton, a annoncé qu’un consentement existait pour une quatrième ronde de sanctions contre Téhéran.

Patria grande

Traduit par danielle Bleitrach

21 mai

http://socio13.wordpress.com/2010/05/21/il-y-a-des-gens-qui-ne-savent-pas-faire-de-politique-sans-ennemi-president-lula-ou-a-t-il-ete-ecrit-que-les-etats-unis-doivent-etre-le-sherif-du-moyen-orient-et-du-monde/


2-2 Fidel Castro Ruz : L’Empire et la guerre.

Extrait

….Il existe un second problème, encore plus grave, face auquel les États-Unis n’ont pas de réponse : le conflit créé autour de l’Iran. Quelque chose que l’on voyait venir clairement à partir du discours prononcé par le président Barack Obama, le 4 juin 2009, à l’Université islamique d’Al-Azhar, au Caire.

Dans des Réflexions que j’avais écrites quatre jours plus tard, une fois en possession de la version officielle de son discours, j’en avais cité de nombreux passages pour en signaler l’importance. J’en reprends ici quelques-uns :

« Nous nous rencontrons en une période de tension entre les États-Unis et les musulmans partout dans le monde…

« …le colonialisme … a privé de nombreux musulmans de leurs droits et de leurs chances… une guerre froide où des pays à majorité musulmane ont été trop souvent considérés comme des sous-traitants, sans égard pour leurs propres aspirations. »

Un raisonnement et d’autres vraiment impressionnants dans la bouche d’un président afro-étasunien, des vérités aussi évidentes que celles que contenait la Déclaration de Philadelphie du 4 juillet 1776.

« Je suis venu chercher un nouveau commencement entre les États-Unis et les musulmans du monde entier, qui se fonde sur un intérêt et un respect mutuels…

« Comme le dit le saint Coran : "Sois conscient de Dieu et dis toujours la vérité." »

« En tant que président des États-Unis, je considère qu’il est de ma responsabilité de lutter contre les stéréotypes sur l’Islam, où qu’ils apparaissent.

Il a continué à égrener des thèmes scabreux, compte tenu de l’univers de contradictions insolubles où se débat la politique des USA.

« Au milieu de la Guerre Froide, les États-Unis ont joué un rôle dans le renversement d’un gouvernement iranien démocratiquement élu. Depuis la révolution islamique, l’Iran a joué un rôle dans des actes de prises d’otages et de violences contre des Américains, militaires et civils.

« Les liens solides entre l’Amérique et Israël sont bien connus. Cette relation est indestructible.

« Beaucoup attendent, dans des camps de réfugiés en Cisjordanie, à Gaza et aux alentours, une vie de paix et de sécurité qu’ils n’ont jamais pu mener.

Nous savons aujourd’hui qu’une pluie de phosphore blanc et d’autres engins inhumains et cruels lancés avec une furie vraiment nazi-fasciste tombe fréquemment sur la population de Gaza. Il n’empêche : les affirmations d’Obama semblaient vibrantes et parfois sincères, tandis qu’il ne cessait de les répéter au milieu de l’agitation fébrile qu’engendre toute arrivée à heure fixe de l’avion Number One des forces de l’air étasuniennes.

Hier, 31 mai, la communauté internationale a été bouleversée par l’assaut, en eaux internationales, à des dizaines de milles de la côte de Gaza, de presque une centaine de soldats des forces spéciales d’Israël, débarqués d’hélicoptères en pleine nuit, tirant sans sommation sur des centaines de personnes pacifiques de différentes nationalités, causant – selon la presse – non moins de vingt morts et des dizaines de blessés. Parmi les personnes attaquées, qui apportaient des marchandises aux Palestiniens assiégés dans leur propre patrie, il y avait des Étasuniens.

Quand Obama a parlé à l’Université islamique d’Al-Azhar du « renversement d’un gouvernement iranien démocratiquement élu », il a aussi ajouté : « Depuis la révolution islamique, l’Iran a joué un rôle dans des actes de prises d’otages et de violences contre des Américains, militaires et civils », il se référait au mouvement révolutionnaire déclenché par l’ayatollah Rouhollah Khomeiny, qui, de Paris, sans une seule arme, avait liquidé les forces armées du plus puissant gendarme sur lequel les USA pouvait compter dans le sud de l’Asie. Il était difficile que la plus puissante nation du monde résiste à la tentation d’y installer un des ses bases militaires, au sud de l’URSS.

Voilà plus de cinquante ans, les États-Unis y avaient écrasé une autre révolution absolument démocratique, en renversant le Premier ministre Mohammad Mossadegh, qui avait été élu le 24 avril 1951 et dont le Sénat avait voté, le 1er mai, le projet de nationalisation du pétrole qui avait été son drapeau de lutte.

Il avait déclaré : « Nos longues années de négociations avec des pays étrangers n’ont pas donné de fruits à ce jour. » Il voulait parler, bien entendu, des grandes puissances capitalistes qui contrôlent l’économie mondiale.

L’Iran, devant l’intransigeance de la British Petroleum, qui s’appelait alors l’Anglo-Iranien Oil Company, prit possession de ses installations.

Le pays n’était pas en mesure de former des techniciens. La Grande-Bretagne avait retiré son personnel qualifié et avait répondu en bloquant l’envoi de pièces et les marchés. Elle dépêcha sa flotte de guerre en formation de combat. La production pétrolière de l’Iran diminua de ce fait de 214 400 000 barils en 1952 à 10 600 000 en 1953. Profitant de circonstances si favorables, la CIA organisa le coup d’État qui renversa Mossadegh, lequel mourut trois ans plus tard. La monarchie fut restaurée et un puissant allié des USA s’installa au pouvoir en Iran.

Les États-Unis n’ont jamais rien fait d’autre avec les autres pays. Dès sa formation sur les sols les plus riches de la planète, cette nation n’a jamais respecté les droits des populations indigènes qui y avaient vécu durant des millénaires ni de populations africaines qui furent importées comme esclaves par les colonisateurs anglais.

Je suis sûr, toutefois, que des millions d’Étasuniens intelligents et honnêtes comprennent ces vérités.

Le président Obama aura beau prononcer des centaines d’allocutions pour tenter, en forçant la vérité, de concilier des contradictions qui sont inconciliables, songer à la magie de phrases bien articulées tout en faisant des concessions à des personnalités et à des groupes absolument immoraux, concevoir pour lui-même des mondes fantastiques que des conseillers sans scrupules, connaissant ses tendances, sèment dans son cerveau, rien n’y fera...

Deux questions incontournables : Obama pourra-t-il jouir des émotions d’une seconde élection présidentielle sans que le Pentagone ou l’État d’Israël, qui se moque dans son comportement des décisions des États-Unis, utilise ses armes nucléaires en Iran ? Comment sera la vie sur notre planète après ça ?

Fidel Castro Ruz
Le 1er juin 2010

URL de cet article : http://www.legrandsoir.info/L-Empire-et-la-guerre.html



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Thierry Meyssan : Basculement stratégique au Proche-Orient.

L’échec du remodelage du Grand Moyen-Orient a laissé le champ libre à une nouvelle alliance, celle du triangle Téhéran-Damas-Ankara. La nature ayant horreur du vide, Moscou comble l’espace laissé vacant par Washington. Le vent a tourné et il souffle fort. En quelques mois, c’est tout l’équilibre régional qui a été bouleversé.

La nouvelle donne au Proche-Orient : le triangle Turquie-Iran-Syrie

L’équilibre du Proche-Orient a été entièrement modifié au cours des derniers mois. Tout d’abord, les capacités et les positions de plusieurs acteurs ont changé.

 Les forces armées israéliennes, qui avaient enchaîné victoire sur victoire durant des décennies, ne sont plus capables de maîtriser le terrain. Au cours de leur offensive contre le Liban (2006), puis contre Gaza (2008), elle ont montré qu’elles ont accru leur puissance de destruction, mais qu’elles ne parviennent plus à atteindre les objectifs qu’elles se fixent, en l’occurrence détruire le Hezbollah et le Hamas.
En outre, leur arsenal, alimenté autant que de besoin par les Etats-Unis, ne garantit plus leur domination. Leurs chars sont devenus vulnérables aux RPG russes, alors qu’ils formaient l’outil central de leur blitzkrieg. Leur marine est menacée par les missiles sol-mer livrés par
la Chine au Hezbollah et désormais dotés des système anti-brouillage qui leur manquaient en 2006. Enfin, leur domination aérienne ne résistera pas longtemps à la prolifération des S-300 russes, en cours de livraison dans la région.

 La quasi-indépendance du Kurdistan irakien organisée par les Etats-Unis, le développement économique de ce quasi-Etat sous tutelle israélienne, et le soutien trop visible des USA aux séparatistes kurdes du PKK ont contraint les militaires turcs à un revirement complet. L’Alliance atlantique n’apparaît plus comme la garante de l’intégrité territoriale turque et Israël devient un ennemi.
Si Ankara veille à ménager Washington, le ton n’a cessé de monter avec Tel-Aviv depuis l’algarade opposant Recip Erdogan à Shimon Peres lors du Forum de Davos, à l’incident diplomatique relatif à la série télévisée
La Vallée des loups.

 Le chaos irakien et la création du quasi-Etat du Kurdistan ont contraint les Etats riverains à se concerter pour se protéger de la contamination. D’autant que Washington a tenté de les déstabiliser tous pour les tenir à l’écart du jeu irakien. Ainsi les Etats-Unis et Israël ont soutenu en sous-main les séparatistes kurdes de Turquie (PKK), ceux d’Iran (Pejak) et ceux de Syrie.
Par conséquent, l’axe Iran-Syrie a fait place à un triangle Iran-Syrie-Turquie. Celui-ci dispose d’une légitimité historique sans équivalent.
Depuis
la Révolution islamique, l’Iran est le chef de file des chiites. Après la destruction du Baas irakien par Paul Bremmer, la Syrie est devenue le leader incontesté du camp laïque. Enfin, la Turquie, héritière du califat, est le berceau du sunnisme. A eux trois, ces Etats couvrent la presque totalité du champ politique proche-oriental.
Cette alliance clos le chapitre du Divide et Impera (diviser pour régner), que les puissances coloniales avaient su appliquer pour dominer cette très vaste région. Elle met particulièrement un point final à
la Fitna, c’est-à-dire à la guerre civile musulmane entre sunnites et chiites. Déjà le roi Abdallah d’Arabie saoudite avait invité le président iranien Ahmadinejad à faire avec lui le pèlerinage à La Mecque, dont il est le gardien. Mais la Turquie est l’héritière des Ottomans, et à ce titre incarne le sunnisme historique.
De plus, pour Ankara, ce nouveau triangle élargit enfin un horizon bouché par les interminables atermoiements de l’Union européenne.

 La dé-baasisation de l’Irak, c’est-à-dire la chasse ouverte contre les anciens cadres administratifs du pays, a provoqué un exode massif. En six ans, plus d’un million d’Irakiens ont été accueillis en Syrie. Cette hospitalité arabe inclut l’accès gratuit sans contrepartie aux établissements scolaires et universitaires ainsi qu’à l’ensemble du système de santé. Dans un premier temps, cette ample vague migratoire a provoqué une grave crise économique dans le pays, mais une fois digérée, elle lui apporte des cadres très qualifiés et une nouveau dynamisme.

 Les troubles organisés par les Etats-Unis au Yémen ont contraint la famille royale saoudienne à soutenir la politique du roi Abdhallah d’apaisement avec la Syrie et l’Iran.

Par voie de conséquence, le clan libano-saoudien Hariri a été prié de se réconcilier avec le président Bachar el-Assad et de reconnaître la légitimité de l’armement de la Résistance libanaise.
Du coup, le résultat ambigüe des élections législatives truquées —gagnées en voix par la coalition conduite par le général Aoun et le Hezbollah, mais gagnées en sièges par la coalition pro-US formée autour du clan Hariri et de l’extrême-droite chrétienne— a changé de signification et ouvert la voie à un gouvernement d’union nationale. Tandis que des chefs de guerre comme le socialiste Walid Jumblatt opéraient un virage à 180° pour s’aligner sur le sens du vent.

Cependant, cette évolution est fragile, Washington ayant peut-être la possibilité de déstabiliser la nouvelle troïka.
Quoi qu’il en soit, plusieurs tentatives de renversement de Bachar el-Assad par des généraux corrompus ont été éventées avant même qu’ils ne puissent passer à l’acte.
Les multiples attentats orchestrés par
la CIA dans les provinces non-persanes d’Iran n’ont pas donné le signal de révoltes séparatistes. Tandis que la révolution colorée, organisée par la CIA et le MI6 à l’occasion de l’élection présidentielle, a été noyée par une marée humaine. Aux quelques dizaines de milliers de contestataires des quartiers nord de Téhéran a répondu une manifestation monstre de 5 millions de personnes.
Enfin, Washington semble dans l’incapacité d’user une nouvelle fois du Gladio pour instaurer une dictature militaire en Turquie. D’une part parce que la nouvelle génération de généraux turcs n’est plus arc-boutée au kémalisme et d’autre part parce que le gouvernement démocrate-musulman de l’AKP s’est appliqué à démanteler l’Ergenekon (version actuelle du Gladio turc).

Washington et Tel-Aviv peuvent aussi monter des dossiers mensongers pour justifier d’actions militaires.
Ainsi ont-ils laissé entendre depuis 2007 qu’Israël aurait découvert et bombardé un centre de recherche militaire nucléaire en Syrie et que l’Iran conduirait un vaste programme de même nature. Plus récemment, les mêmes puissances ont accusé
la Syrie d’avoir fait entrer des Scud au Liban.
Toutefois ces imputations ne résistent pas plus à l’analyses que celles délivrées par le secrétaire d’Etat Colin Powell au Conseil de sécurité des Nations Unies à propos des prétendues armes de destruction massive irakiennes. Les diverses inspections de l’AIEA n’ont mit en évidence que des activités civiles, et la force de maintien de la paix des nations Unies au Liban a démenti la présence de Scud dans le pays.

L’entrée en scène de la Russie

La perte d’influence des Etats-Unis est si palpable que le général David Petraeus, commandant en chef du Central Command a sonné l’alarme à Washington. A ses yeux, le jeu joué par les Israéliens non seulement en Palestine, mais surtout en Irak, a plombé les projets états-uniens dans la région.
Plus encore, l’enlisement des GI’s en Irak et en Afghanistan en fait des otages de
la Turquie, de la Syrie et de l’Iran, seuls en mesure d’apaiser les populations révoltées.
Dans une complète inversion des rôles, l’allié stratégique du Pentagone est devenu un boulet, tandis que ses ennemis régionaux sont ses boucliers.

Prenant acte de l’échec du remodelage US du Grand Moyen-Orient, Moscou s’est repositionné sur la scène régionale lors du voyage du président Dmitry Medvedev à Damas et Ankara.

Concernant les conflits avec Israël, la Russie a réaffirmé que le règlement politique devait être fondé sur les résolutions pertinentes de l’ONU (incluant l’inaliénable droit au retour des Palestiniens) et les principes de la conférence de Madrid (restitution des territoires occupés, dont Jérusalem-Est et le Golan syrien, en échange d’un Traité de paix).
En outre, Dmitry Medvedev a confirmé la préférence russe pour la solution à deux Etats. Compte tenu de la présence d’un million d’ex-Soviétiques en Israël, Moscou veut prévenir un exode prévisible en cas de chute du régime sioniste. Dans cette perspective, il a souhaité une réconciliation entre le Fatah et le Hamas, et a rencontré Khaled Mechaal, le leader politique de
la Résistance palestinienne, alors même que celui-ci est qualifié de « terroriste » par les Etats-Unis. Il s’agit bien d’un pas décisif de la Russie : le président Medevedev avait refusé par trois fois de recevoir M. Mechaal de passage à Moscou, il a cette fois eu une entrevue avec lui, et qui plus est à Damas. A cette occasion, le président russe a souligné l’urgence croissante de la situation humanitaire à Gaza et déploré le désintérêt de Washington à résoudre ce drame.
Enfin, faisant allusion aux menaces israéliennes de bombarder les convois d’armes passant de Syrie au Liban, il a mis en garde Tel-Aviv contre une escalade de la tension.

La Russie soutient le rapprochement politique et économique en cours entre l’Iran, la Syrie et la Turquie. Les trois Etats leaders au Proche-Orient sont entrés dans une phase d’intense coopération. En quelques mois, ils ont ouvert leurs frontières et libéralisé leurs échanges à marche forcée. Leurs économies bloquées par les années de guerre ont été soudainement ventilées. La Russie entend ne pas rester à l’écart de cette nouvelle zone de prospérité. Immédiatement, Ankara et Moscou ont abrogé la nécessité de visas pour leurs ressortissants. Ainsi un Turc peut entrer sans formalité en Russie alors qu’il n’y est toujours pas autorisé ni aux USA, ni dans l’Union européenne, bien que la Turquie soit membre de l’OTAN et candidate à l’UE.

Moscou a créé des instances permanentes de concertation à haut niveau, aux plans diplomatique et économique, avec Damas et avec Ankara, qui contrastent avec la politique des Etats-Unis.
En début d’année, la secrétaire d’Etat US, Hillary Clinton, avait sommé
la Syrie de prendre ses distances avec la Résistance. Pour toute réponse le président Bashar el-Assad s’était immédiatement affiché aux côtés de son homologue iranien Mahmoud Ahmadinejad et du secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah et avait signé un document ironiquement qualifé de « Traité de distance réduite ». La rencontre avait été improvisée de sorte que Khaled Mechaal n’avait pas eu le temps de s’y rendre, mais le Hamas était associé à la démarche.
Mettant ses menaces à exécution, le président Barack Obama a répliqué en reconduisant pour deux ans des sanctions économiques contre
la Syrie.

Rosatom et Atomstroyexport, qui terminent la construction d’une centrale nucléaire civile en Iran (Bushehr) et sont en discussion pour de nouvelles, en construiront une autre en Turquie pour 20 milliards de dollars. Elle devrait être inaugurée dans sept ans. Un projet similaire est à l’étude en Syrie. Le manque d’électricité, dans une région qui a souffert des bombardements israéliens, est le principal handicap au développement économique. Du point de vue proche-oriental l’empressement russe à construire ces centrales n’est pas tant imputable à un appétit commercial qu’à une volonté de donner aux peuples concernés le moyen d’accélérer le développement économique que les Occidentaux leur ont si longtemps interdit.
En outre Stroitransgaz et Gazprom vont assurer le transit du gaz syrien vers le Liban, Beyrouth étant empêché par son voisin israélien d’exploiter ses importantes réserves off shore.

Au plan militaire, la Russie a pris livraison de sa nouvelle base navale en Syrie. Celle-ci lui permettra de rétablir l’équilibre en Méditerranée dont elle est plus ou moins absent depuis la dissolution de l’URSS. Elle a également confirmé la prochaine livraison de missiles S-300 à Téhéran afin de protéger l’Iran des menaces de bombardement états-uniennes et israéliennes.

Tout en stigmatisant les provocations iraniennes, les diplomates russes ont répété qu’ils ne croient pas aux accusations occidentales à propos de prétendus programmes nucléaires militaires iranien ou syrien. Alors que le protocole des Etats riverains de la Caspienne ne prévoit qu’une fourniture d’armes à l’Iran si celui-ci était attaqué, le président Medvedev a évoqué une possible intervention directe de la Russie et mis en garde les Etats-Unis contre une guerre en Iran qui dégénérerait en Troisième Guerre mondiale. Sur ce fondement, il a apporté son soutient au projet de dénucléarisation de la région, c’est-à-dire de démantèlement de l’arsenal nucléaire israélien. L’affaire vient d’être portée devant l’AIEA.

Moscou attache une importance particulière à aider la Turquie à régler ses contentieux séculaires avec la Grèce et l’Arménie, incluant les conflits de Chypre et du Haut-Karabagh. De la sorte, Ankara pourrait s’éloigner définitivement de Tel-Aviv et de Washington et reprendre sa complète indépendance. Des pas importants, mais insuffisants, ont été accomplis par le président Abdullah Gül vis-à-vis d’Erevan. Passant outre 95 ans de haine, la Turquie et l’Arménie ont établi des relations diplomatiques. D’autres avancées devraient suivre vis-à-vis d’Athènes avec la bénédiction du patriarche orthodoxe Cyril Ier de Moscou. De ce point de vue, la visite de Recip Erdogan en Grèce est un événement historique qui relance le processus de réconciliation en Mer Egée, amorcé dans les années 30 et interrompu par la Seconde Guerre mondiale.

Bouleversant la stratégie US en Mer Noire et dans la Caspienne, Ankara a accepté un gigantesque investissement russe pour la construction d’un pipe-line reliant Samsun à Ceyhan. Il devrait permettre d’acheminer le pétrole russe de la Mer Noire vers la Méditerranée sans avoir à emprunter les détroits, impropres au transit de matières polluantes. Identiquement, Ankara étudie sa possible participation au projet de gazoduc russe South Stream. Si celle-ci devait être confirmée, elle rendrait inutile le projet concurrent des Etats-Unis et de l’Union européenne, Nabucco.

En définitive, le soutien russe garantit la pérennité du triangle Téhéran-Damas-Ankara face à l’hostilité des Etats-Unis et de l’Union européenne. L’équilibre stratégique du Proche-Orient vient de basculer. L’onde de choc pourrait se propager au Caucase.

Thierry Meyssan

Analyste politique français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Il publie chaque semaine des chroniques de politique étrangère dans la presse arabe et russe. Dernier ouvrage publié : L’Effroyable imposture 2, éd. JP Bertand (2007).

15 mai 2010

http://www.voltairenet.org:80/article165394.html


3-2 L’Iran désarme les Etats-Unis et leurs alliés.

L’Iran a tenu parole. Téhéran a en effet notifié hier à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) l’accord irano-turco-brésilien sur un échange d’uranium.

Cela suffit-il pour rassurer le club nucléaire en embuscade ? 

Pas si sûr.

Mais pour la communauté internationale, l’Iran a fait un pas, un grand pas même aux yeux de Lula et Erdogan.

Hier donc, des diplomates iraniens ont remis la lettre de notification de l’accord tripartite signée par le chef de l’Organisation de l’énergie atomique iranienne, Ali Akbar Salehi, au cours d’une réunion à la résidence du directeur général de l’AIEA, le Japonais Yukiya Amano, à Vienne. Des diplomates turcs et brésiliens étaient présents au cours de cette rencontre d’une quarantaine de minutes. Dans ce document, Téhéran stipule que « la République islamique d’Iran annonce son accord avec le contenu de la déclaration tripartite (Iran-Turquie-Brésil), et affirme que ses différents articles sont liés entre eux et que chacun a une importance particulière », selon des extraits publiés par l’agence de presse iranienne Irna. Téhéran s’est ainsi acquitté de sa mission. Reste maintenant la lecture qui sera faite sur les « permanents » du conseil de sécurité eux qui ont déjà brandi la menace de sanction au lendemain même de la conclusion de cet accord tripartite.

Ban Ki-moon souffle …

Le secrétaire général de l’ONU semblait optimiste hier dans sa conférence de presse. « …Cet accord, s’il est agréé par l’AIEA, peut constituer une importante mesure de confiance de nature à ouvrir la voie à une solution négociée du problème nucléaire iranien », a-t-il glissé. Mais Ban Ki-moon sait qu’il n’y peut rien quand bien même cet accord lui paraît être un début de solution. C’est donc naturellement qu’il s’en est remis aux vrais décideurs qui, eux, obéissent à d’autres logiques que celle qui consiste à dire le droit international sans partie pris. Mais aux yeux du monde, c’est tellement important que le SG des Nations unis dise ce qu’il pense de cet accord en tant que personnalité morale censée défendre la paix dans le monde. Les autres, sous la bannière étoilée des Etats-Unis, peuvent évidemment frapper qui ils veulent et quand ils veulent avec l’étendard de l’ONU, n’en déplaise à Ban Ki-moon, et avant lui Koffi Annan quand il s’est agi de l’invasion de l’Irak. Cela étant dit, l’accord irano-turco-brésilien, signé le 17 mai à Téhéran, prévoit l’échange en Turquie de 1200 kg d’uranium iranien faiblement enrichi (3,5%), contre 120 kg de combustible enrichi à 20% fourni par les grandes puissances et destiné au réacteur de recherche nucléaire à des fins médicales de Téhéran.

En attendant l’oracle

L’Iran devra maintenant attendre de l’Agence, conformément à l’article 6 de la déclaration, d’informer le groupe de Vienne (Etats-Unis, Russie, France) pour connaître la réponse de ce groupe. Si c’est positif, cela enclenchera les négociations sur les détails de l’échange du combustible, comme l’a expliqué hier Ali Akbar Salehi dans sa lettre à l’AIEA. Dans le cas contraire, ce serait tout simplement une nouvelle impasse dont il est difficile de deviner les développements. Le vice-président du Parlement, Mohammad Reza Bahonar, avait averti le 20 mai que Téhéran dénoncerait l’accord si le Conseil de sécurité lui infligeait de nouvelles sanctions.
Pour cause, malgré la nouvelle offre, les Etats-Unis sont parvenus la semaine dernière à convaincre
la Chine et la Russie de soutenir un projet de résolution du Conseil de sécurité de l’ONU prévoyant une quatrième série de sanctions contre l’Iran. Instigateur de l’accord avec Téhéran, le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, a estimé que la remise du document prouvait la bonne volonté de Téhéran dans ce dossier. Dans une déclaration, le ministère turc des Affaires étrangères a appelé pour sa part l’AIEA et les pays du groupe de Vienne à donner une réponse positive à cet accord. La balle est désormais dans le camp des puissants.

http://www.elwatan.com/Elle-a-remis-le-document-de-l

Publié par ismael.mulla@orange.fr à 10:13

Edition du 25 mai 2010

http://alqods-palestine.blogspot.com:80/

http://alqods-palestine.blogspot.com/2010/05/elle-remis-le-document-de-laccord.html


3-3 Hassan Moali : Le projet de sanctions soulève des réserves…Washington atomise le consensus contre l’Iran.
Comme il fallait s’y attendre, les autorités iraniennes ont dénoncé la manœuvre américaine d’enfourcher le cheval des sanctions au lendemain de l’annonce de l’accord triangulaire entre l’Iran, le Brésil et la Turquie sur le nucléaire
Pour Téhéran, les grandes puissances, à leur tête les Etats-Unis, ne font que « se discréditer » à travers cette menace de durcissement des sanctions. « La question des sanctions est dépassée, les grandes puissances se discréditent dans l’opinion publique en ignorant l’initiative irano-turco-brésilienne », a réagi Ali Akbar Salehi, chef de l’Organisation de l’énergie atomique iranienne.

En effet, l’examen du projet de sanctions contre l’Iran, piloté par les Etats-Unis mais soutenu par les cinq membres du Conseil de sécurité, est tombé comme un cheveu sur la soupe de Téhéran.

Pour cause, c’est la première fois que l’Iran appose son paraphe sur un document officiel stipulant l’acceptation d’une proposition d’échange de combustible nucléaire sous la férule du Brésil et de la Turquie. Cette initiative, saluée notamment par la Chine, la Russie et même la France, n’a pourtant pas trouvé grâce aux yeux des Etats-Unis qui s’en sont fait un malin plaisir – Clinton a parlé ironiquement de « cadeau » fait à l’Iran au congrès – de brandir les sanctions, histoire de court-circuiter cette lueur d’espoir de reprendre langue avec Téhéran. Et cela n’a forcément pas plu en Iran. Le patron du programme nucléaire iranien n’a pas hésité à accuser les grandes puissances de vouloir limiter l’action des deux pays émergents que sont le Brésil et la Turquie. « Ces pays sentent que pour la première fois, les pays émergents peuvent défendre leurs droits sur la scène internationale sans avoir besoin des grandes puissances, et c’est dur à accepter pour elles », a commenté Ali Akbar Salehi.
En attendant l’AIEA
Pour rappel, la proposition irano-turco-brésilienne prévoit l’échange en Turquie de 1200 kilos d’uranium iranien faiblement enrichi (3,5%) contre 120 kilos de combustible enrichi à 20% fourni par les grandes puissances et destiné au réacteur de recherche nucléaire à finalité médicale de Téhéran. Bien que ce soit un geste de bonne volonté, résultat d’une négociation sereine, les Etats-Unis et leurs alliés au Conseil de sécurité et bien sûr Israël ont tôt fait de réduire cet accord à un événement anecdotique. Ils mettent en avant le fait que l’Iran ait annoncé en même temps son intention de continuer à produire de l’uranium enrichi à 20%. Pour Washington, cela suffit pour maintenir le doigt sur la gâchette. Pour autant, Téhéran réaffirme sa volonté de donner corps à l’accord triangulaire. M. Salehi a ainsi indiqué, hier, que Téhéran « prépare la lettre » destinée à confirmer sa proposition officiellement à l’Agence internationale de l’énergie nucléaire (AIEA). L’Iran, le Brésil et
la Turquie ont présenté leur proposition comme une première étape vers un règlement global de la crise nucléaire iranienne, rendant de nouvelles sanctions sans objet. Mieux encore, trois des cinq membres permanents du Conseil de sécurité que sont la Chine, la Russie et la France ont jugé l’offre « positive ». Mais la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, est « rassurée » que cette soudaine bienveillance des trois pays est circonstancielle. « Il ne s’agissait que d’une simple tentative de ‘’faire baisser la pression’’ contre Téhéran ». Mme Clinton qui a annoncé un projet de sanctions plutôt musclé contre l’Iran estime que c’est « la meilleure réponse que nous puissions fournir aux efforts entrepris à Téhéran ces derniers jours ». Ainsi, Washington veut à travers le nouvel arsenal restreindre les ventes d’armes à l’Iran et les investissements iraniens à l’étranger, en donnant des moyens de contrôle accrus à la communauté internationale. M. Salehi a espéré, hier, que cette nouvelle résolution ne serait pas adoptée, estimant qu’il y avait au Conseil de sécurité « des gens rationnels (...) qui empêcheront une telle décision ».

Et il semble qu’il n’a pas tort puisque Lavrov a exprimé, hier, ses réticences sur l’unilatéralisme américain de vouloir forcer la décision au Conseil de sécurité.

Aussi, le Brésil et la Turquie, deux pays « amis » des Etats-Unis, risquent de ne pas apprécier ce cinglant discrédit de l’oncle Sam.
Hassan Moali

20 mai
http://www.elwatan.com/Washington-atomise-le-consensus


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