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17/06/2010

n°535 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 15-06 -: Fin - : L’OTAN ne pouvait pas ne pas être au courant...

n°535 - Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine - 15-06 -: Fin   - : L’OTAN ne pouvait pas ne pas être au courant...


L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

535 du 15-06

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis       :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

  

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

2 Annexe

2-1 Hiram Lee : Une directive secrète prépare de nouvelles guerres américaines au Moyen-Orient et en Asie centrale.

2-2 Michel Warshawsky  : Un vrai scandale .... ... de présenter ainsi la question !

2-3 Etat voyou.

2-4 Rannie AMIRI : La carrière de Shimon Peres, le roi des hypocrites d’Israël. 

2-5 La Belgique, complice de crimes de guerre ? 



2 Annexe

2-1 Hiram Lee : Une directive secrète prépare de nouvelles guerres américaines au Moyen-Orient et en Asie centrale.

Un article à la une du New York Times de mardi révèle l’existence d’une directive secrète signée par le général David Petraeus, chef du commandement central américain, donnant l’ordre d’accroître les opérations militaires secrètes de par le Moyen-Orient, l’Asie centrale et la Corne de l’Afrique.

Le document de 17 pages intitulé « Joint Unconventional Warfare Task Force Execute Order » fournit en essence à l’armée américaine carte blanche pour mener des actes d’agression contre quasiment n’importe quel pays.

Parue en septembre 2009, cette directive appelle à la création d’un réseau de corps expéditionnaires et d’unités de collecte de renseignement qui vont « pénétrer, perturber, vaincre ou détruire » n’importe quelle cible dans n’importe quel pays désigné par l’armée américaine. Ces forces vont mener des opérations clandestines qui « ne peuvent pas et ne seront pas accomplies » par d’autres moyens militaires.

Une fois entrées dans le pays ciblé, les forces américaines vont aussi « préparer l’environnement » à des attaques militaires de grande envergure. En plus du personnel militaire, dit le Times, la directive de Petraeus recrute « des hommes d’affaire étrangers, des universitaires ou autres » pour des efforts «de vigilance continue sur la situation », soit en d’autres termes pour l’espionnage.

Les Etats-Unis vont cibler des pays considérés comme hostiles ainsi que des pays avec lesquels ils entretiennent des relations amicales. Parmi les pays cités par le Timescomme cibles potentielles on compte l’Iran, l’Arabie saoudite et la Somalie. Le Times rapporte aussi que le document « semble autoriser des opérations spécifiques en Iran, très probablement pour la collecte du renseignement sur le programme nucléaire du pays ou l’identification de groupes dissidents qui pourraient être utiles pour une offensive militaire à venir. »

Tandis que le gouvernement Obama indique publiquement qu’il va contrer la soi-disant menace nucléaire iranienne en faisant appel à des sanctions plus importantes des Nations Unies et des embargos commerciaux, la directive de Petraeus donne clairement à penser qu’Obama a en tête quelque chose de bien plus sinistre encore. Le Times cite des représentants américains disant que la directive «autorise aussi des missions de reconnaissance qui pourraient ouvrir la voie à de possibles frappes militaires en Iran si les tensions concernant ses ambitions nucléaires s’intensifient. »

On pense déjà que cette directive secrète a constitué le travail préparatoire de l’offensive de l’armée américaine au Yémen qui a débuté en décembre 2009.

Des soldats des Forces spéciales américaines avaient pénétré dans ce pays pour entraîner son armée et se joindre à elle pour attaquer Al Qaïda dans la Péninsule arabique que l’on dit être membre affilié d’Al Qaïda au Yémen. En décembre, le président Obama avait donné l’ordre de frappes aériennes sur des b timents abritant soi-disant des militants et qui avaient coûté la vie à des dizaines de civils. Des navires de l’armée américaines ont aussi envoyé des volées de missiles sur le pays.

Le Times reconnaît avoir accepté de ne pas révéler toutes les informations contenues dans le document de Petraeus, dont le journal dit avoir vu une copie. Citant des « inquiétudes soulevées par un représentant du Commandement central des Etats-Unis quant à la sécurité des troupes, » le journal rapporte qu’il a accepté de supprimer certains détails concernant les déploiements de troupes.

Ainsi, « le journal de référence »politiquement libéral joue son rôle dans la promotion des desseins agressifs de l’armée américaine et le maintien des Américains dans l’ignorance sur les détails les plus cruciaux de ces opérations secrètes. Bien que le Times n’en dise rien, cette directive d’opérations secrètes, qui va au-delà des directives similaires sous le gouvernement Bush, n’aurait pas pu paraître sans l’assentiment du président Obama. Ceci souligne le fait que le gouvernement Obama poursuit et amplifie la politique du militarisme et de la guerre menée sous Bush et se prépare à étendre les actes d’agression militaire américains bien au-delà des confins de l’Irak et de l’Afghanistan.

L’utilisation de forces d’opérations spéciales militaires comme agents du renseignement à travers le Moyen-Orient et l’Asie centrale permet au gouvernement de placer les opérations d’espionnage sous la juridiction du Commandement central des Etats-Unis et du général Petraeus. Contrairement aux activités de l’Agence centrale du renseignement (CIA), les opérations secrètes d’espionnage menées par l’armée ne nécessiteront pas légalement l’assentiment du président ni ne seront soumises au contrôle du Congrès.

Hiram Lee

wsws

http://comprendrelemonde.fr:80/monde/amerique/2393-une-directive-secrete-prepare-de-nouvelles-guerres-americaines-au-moyen-orient-et-en-asie-centrale/


2-2 Michel Warshawsky  : Un vrai scandale .... ... de présenter ainsi la question !

Nb : Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

1. L’idéologie sioniste est la tentative de résoudre la question juive par l’immigration en Palestine et la constitution d’une société juive qui permettrait la normalisation sociale des Juifs.

2. Le sionisme était l’idéologie et le mouvement d’une petite minorité de la jeunesse juive petite-bourgeoise d’Europe de l’Est, confrontée à une exacerbation de l’anti-sémitisme dans l’empire tsariste en crise, à la fin du 19e siècle.

Dans leur grande majorité, les Juifs se sont opposés au sionisme ou y ont été indifférents jusqu’à la montée de Hitler au pouvoir en Allemagne.

La bourgeoisie juive d’Europe occidentale et centrale rejetait le sionisme et choisissait de s’assimiler dans la société capitaliste et la classe bourgeoisie. La classe ouvrière juive d’Europe de l’Est concevait l’émancipation des Juifs dans le cadre de l’émancipation de la classe ouvrière et participait activement à ses organisations et ses luttes de classe. L’essentiel de la petite bourgeoisie rejetait, pour des raisons sociales ou religieuses, la solution sioniste. La marginalité du sionisme apparaît clairement si l’on considère que sur les deux millions de Juifs qui émigrèrent de l’empire tsariste entre 1882 et 1914, afin de fuir l’antisémitisme et la misère, seuls quelques milliers choisirent de rejoindre la Palestine.

3. La colonisation de la Palestine et la création d’une société et d’un état juifs indépendants impliquaient nécessairement :

a) l’expulsion de la population arabe indigène ;

b) une alliance permanente avec l’impérialisme qui seul était capable de donner au mouvement sioniste le soutien politique, financier et militaire nécessaire à la réalisation de ses objectifs ;

c) la création d’une société européenne, étrangère au monde arabe qui l’entourait et en conflit permanent avec lui. Ce caractère « occidental » de l’état juif est à la source du conflit inéluctable entre l’état juif et sa population d’origine orientale.

4. Le sionisme est un colonialisme de type unique et particulier. Si, comme tous les autres colonialismes, il a spolié la population indigène de son pouvoir politique et économique, ce ne fut pas pour l’exploiter dans son propre intérêt, mais pour l’expulser de sa terre et de sa patrie, afin de bâtir, sur les ruines de la société palestinienne antérieure une société juive, de haut en bas. Le sionisme s’est bâti politiquement et économiquement, à côté de la société arabe indigène, réduisant petit à petit les dimensions de la Palestine arabe, grâce à sa supériorité technologique et militaire et au soutien de l’impérialisme.

5. En 1914, il y avait en Palestine 85.000 Juifs, dont environ 30.000 Juifs orientaux, vivant en Palestine depuis de nombreuses générations, et environ 15.000 Juifs orthodoxes d’origine occidentale, venus en Terre Sainte pour des raisons religieuses n’ayant rien à voir avec le sionisme. Jusqu’en 1933, la communauté juive en Palestine va augmenter jusqu’à 175.000, ce qui, comparé à une société palestinienne de plus d’un million de personnes, restait largement insuffisant pour constituer un état juif. Avec la prise du pouvoir par les Nazis en Allemagne, la situation de la colonie juive en Palestine va changer qualitativement. De 1933 à 1940, 235.000 Juifs vont rejoindre la Palestine, emmenant avec eux un capital non négligeable, des connaissances technologiques avancées et un niveau culturel que ne connaissait pas la colonie juive avant 1933. C’est la crise du capitalisme en décomposition et l’incapacité des directions traîtres du mouvement ouvrier à trouver une issue révolutionnaire à cette crise qui donneront au mouvement sioniste les moyens humains et matériels nécessaires à la création de l’état juif.

(NDE : Rien sur l'inadmissible et illégitime résolution 181 !!!!!!!!!!!!)

6. Le refus des puissances impérialistes d’offrir une nouvelle patrie aux 250.000 rescapés de l’holocauste nazi, et l’incapacité du régime stalinien à proposer une alternative crédible et libératrice à ces centaines de milliers de Juifs déracinés, vont pousser ces derniers à trouver refuge en Palestine, et donner au mouvement sioniste un soutien international qui va permettre à Ben Gurion de proclamer, le 14 Mai 1948, la création de l’état juif en Palestine. Cette « solution » à la tragédie des rescapés du judaïsme d’Europe orientale et centrale va engendrer une tragédie non moins réelle : l’expulsion de plus d’un million d’Arabes Palestiniens de leur patrie, la destruction de leurs villages et la création d’un peuple de réfugiés aspirant à récupérer sa patrie volée.

7. La création de L’Etat d’Israël va provoquer un bouleversement dans les relations entre les Juifs du monde et la question juive d’une part, et l’état d’Israël et le sionisme de l’autre. Si jusqu’en 1948, le sionisme œuvre à la création d’un état juif afin de « résoudre » la question juive et d’offrir un refuge aux Juifs persécutés par l’anti-sémitisme, à partir de 1948, les Juifs vont être appelés par le mouvement sioniste à se mettre au service de l’état juif et à le renforcer politiquement et financièrement. Au lieu d’immigrer en Israël pour se sauver de l’antisémitisme, les Juifs sont appelés à immigrer en Israël pour sauver l’état juif. C’est ce qui explique l’attitude pour le moins ambiguë des dirigeants sionistes face à l’antisémitisme qu’ils considèrent comme un moindre mal, comparé au « danger » d’assimilation.

8. De 1948 à 1967, le sionisme va connaître une période ascendante de renforcement numérique (de 650.000 Juifs à près de 2,5 millions), économique et militaire. La guerre de Juin ’67 consacrera l’état d’Israël comme puissance militaire absolue dans l’Orient Arabe et comme un atout irremplaçable de l’impérialisme américain dans sa lutte contre le mouvement de libération des masses arabes. L’occupation des territoires palestiniens restés hors de la souveraineté sioniste après 1948 va permettre de parachever la mainmise sur l’ensemble de la Palestine historique, et une conjoncture économique exceptionnelle va enclencher un réel développement industriel et une prospérité pour l’ensemble des couches de la société israélienne.

9. Mais l’apogée de l’état juif sera aussi le début de son déclin. L’apparition sur la scène politique régionale et internationale du mouvement national palestinien, un changement progressif du rapport de forces à l’avantage des états arabes, et l’influence destructrice de l’occupation sur la société israélienne vont ouvrir une crise sociale globale, dont la guerre d’Octobre 1973 ne sera que le signe annonciateur. La crise économique grave, l’isolement international, l’incapacité de résoudre- militairement ou politiquement - la question palestinienne, la grave crise de direction et de perspectives - sont les différentes facettes de la crise du sionisme que rien ne semble pouvoir entraver. Même la victoire diplomatique réelle que représente le traité de paix signé avec le plus grand état arabe et la légitimité qu’il donne au colonialisme sioniste, n’ont pas été capables de donner un second souffle à l’état juif, et d’empêcher le désarroi la démoralisation, l’émigration (plus d’un demi-million de Juifs au cours des 10 dernières années) qui touchent de plus en plus profondément les masses juives d’Israël.

10. La colonisation sioniste a engendré une classe ouvrière juive-israélienne qui, tant que le sionisme pouvait lui garantir la sécurité et un progrès permanent de niveau de vie, était prête à se battre et à faire des sacrifices pour maintenir l’état juif face au monde arabe hostile. Mais plus la crise du sionisme s’exacerbe plus il devient évident que le prix que les travailleurs juifs ont à payer en termes de vies humaines, de niveau de vie, de qualité de vie, devient exorbitant ; et tout semble montrer que l’avenir sera pire encore. C’est parce que le sionisme, loin d’avoir créé un refuge pour les Juifs persécutés, apparaît de plus en plus comme un piège meurtrier pour ceux qu’il était censé sauver, que l’on peut affirmer qu’il existe une base objective à la rupture de l’union sacrée en Israël et à la collaboration entre les ouvriers juifs-israéliens et le mouvement national palestinien dans la lutte contre le sionisme.

Les Palestiniens ont à y gagner une nouvelle patrie, les Juifs la paix et la sécurité.

Thèses extraites de l’étude "Origine et dynamique du sionisme" par Michel Warshawsky et Georges Taut, revue Quatrième Internationale, 1982.

 L’intégralité de cette étude a été publié dans un Cahiers de formation marxiste de la LCR (voir la rubrique E-Shop )

Michel  Warshawsky

IFEX

http://npa.jeunes.free.fr/spip.php?article319


2-3 Etat voyou.

Il y a sur la planète un ETAT qui :

            - Ne respecte pas les résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies le  concernant

           -  Ne signe pas les traités internationaux qui pourraient le déranger :

- traité de Non prolifération des armes nucléaires

- traité d’interdiction des essais nucléaires

- traité sur le droit de la mer

- Ne tient aucun compte des positions de la Cour Internationale de Justice  condamnant la construction du mur

- Bombarde ses voisins quand l’envie lui prend : Irak, Liban, Syrie

- Pratique, depuis son origine, les assassinats, enlèvements, séquestrations … d’opposants politiques dans n’importe quel endroit du monde (par exemple : Palestine 1948 : assassinat de Folke Bernadotte, envoyé spécial de l’ONU ; Rome 1986 : enlèvement de Mordechai Vanunu, citoyen israélien ; Dubaï 2010 : assassinat de Mahmoud Al-Mabhouh , dirigeant du Hamas.

- Forme, équipe des  forces spéciales ou des groupes paramilitaires qui suscitent des guerres civiles ou tuent les opposants dans leur pays. La liste est longue Nicaragua, Colombie, Soudan, Géorgie, Irak (Kurdistan), Liban, Inde  …..

et vient de tuer des militants apportant des vivres et des médicaments aux emprisonnés de Gaza

Et il y a sur la planète un Etat qui n’est jamais sanctionné

Parce qu’il est protégé par le maitre impérialiste : les Etats-Unis qui

Exercent  leur droit de veto au Conseil de Sécurité chaque fois que cet Etat est menacé de sanctions

-         Lui fournissent un soutien financier permanent

-         Lui donnent accès librement à leur marché et à leur technologie militaire

-         Lui ouvrent la porte ou l’associent aux organisations internationales qu’ils contrôlent : OCDE, OTAN sous la forme de l’accord de coopération signé en décembre 2008

-         Ne ripostent pas quand  en 1967 l’armée de cet Etat attaque un navire militaire  US  de soutien technique et sans armement  et tue 34 marins. (USS LIBERTY attaqué lui aussi à l’extérieur des eaux territoriales)

Les Etats-Unis savent qu’Israël est un Etat voyou mais ne disent rien parce que c’est   LEUR ETAT VOYOU

 Et Il y a sur la planète des états complices du maitre impérialiste qui le laissent poursuivre cette politique de soutien à un Etat voyou et soutiennent cette politique :

France bien sûr, et aussi Grande Bretagne, Allemagne, Italie, Espagne, Canada, Japon, Australie,  et de nombreux autres sans oublier l’Union Européenne qui le traite aussi avantageusement que ses membres.

 

MAINTENANT, CA SUFFIT !

Les peuples qui ont soutenu et soutiennent par tous les moyens à leur disposition (manifestations, missions civiles, boycott…) la lutte du peuple palestinien pour la reconnaissance de tous ses droits  - y compris le droit au retour - exigent de leurs gouvernements que, par tous les moyens de droit à leur disposition, ils sanctionnent

ISRAËL, L’ÉTAT VOYOU !

(Comité comprendre et agir contre la guerre, Marseille)


2-4 Rannie AMIRI : La carrière de Shimon Peres, le roi des hypocrites d’Israël. 

"Le vrai hypocrite est celui qui ne se rend plus compte qu’il est un hypocrite, celui qui ment en toute sincérité" - André Gide

"Car je t’ai cru pur et lumineux, toi qui es plus ténébreux que l’enfer, plus sombre que la nuit" - William Shakespeare

Cela fait longtemps que la communauté internationale s’est entichée du Président actuel et ancien Premier Ministre d’Israël, Shimon Peres. Il a la réputation d’être une voix raisonnable et pacifique comme la colombe au milieu de faucons intransigeants et il tempère les inquiétudes et calme les critiques par des paroles apaisantes mais vides préconisant le dialogue et la création d’un état palestinien. En réussissant à faire croire au monde entier qu’il existe une différence notable entre sa position "de gauche" et l’extrême droite israélienne, il a démontré qu’il était le roi des fourbes.

Peres a recommencé la semaine dernière lors de sa rencontre le Président Dmitry Medvedev après la célébration du Jour de la Victoire à Moscou et avant la première visite officielle du leader russe en Syrie. Il n’a pas raté l’occasion de travestir à nouveau la vérité en affirmant que des missiles Scuds étaient envoyés au Liban tout en soutenant, sans se rendre compte de la contradiction, qu’Israël n’avait aucun intérêt à exacerber les tensions avec la Syrie.

Avant le début des "négociations de proximité" sous arbitrage des USA, il a aussi demandé à l’envoyé spécial au Moyen Orient Georges Mitchell que les "questions de sécurité" soient prioritaires dans les négociations "étant donné que depuis que l’armée (israélienne) et les colons ont évacué Gaza des milliers de roquettes sont lancées sur les communautés israéliennes"

Gaza

En revenant sur le retrait israélien du territoire occupé de Gaza à la fin de 2005, Peres a oublié de mentionner ce qu’Israël a fait ensuite à la population la plus dense de la planète. Après les élections parlementaires libres, démocratiques et incontestées de janvier 2006 (qui donna au Hamas la majorité des sièges au Conseil Législatif Palestinien) Israël a fermé ses frontières hermétiquement.

Quand il est devenu clair que la faction du Fatah de l’Autorité Palestinienne du Président Mahmoud Abbas - le leader de Cisjordanie dont les israéliens appréciaient la souplesse et la collaboration - ne contrôlerait plus Gaza, un siège terrible et inhumain a été imposé à la petite enclave. Les produits de première nécessité comme la nourriture, le fuel, l’électricité, l’eau potable, l’huile de cuisson, les vêtements et les médicaments ont été interdits d’accès. Ce fut une forme odieuse de punition collective qui est considérée par la Convention de Genève de 1949 comme un crime de guerre. Mais Peres, prix Nobel de la paix, n’a aucun état d’ me a ce sujet.

L’écrasant embargo a duré 18 mois. La malnutrition des enfants augmentant avec le désespoir des habitants de Gaza, est-il surprenant que ceux qui étaient maintenus captifs dans cette prison à ciel ouvert - avec des réserves de nourriture et d’eau potable diminuant sans cesse- lancent des roquettes rudimentaires et aveugles sur leurs geôliers ? De fait, ils les envoyaient le plus souvent en réponse aux provocations des Forces de Défense Israéliennes (IDF). En comparaison des armes sophistiquées de l’IDF, les roquettes de fabrication artisanale qui carburent aux fertilisants étaient de simples catapultes. Elles n’ont pas occasionné la moindre perte à Israël tout au cours de l’année dernière.

Et faut-il rappeler la sauvage attaque de Gaza par Israël en décembre 2008, avec l’utilisation illégale de bombes au phosphore blanc, le meurtre délibéré de civils (dont beaucoup agitaient des drapeaux), la destruction des b timents et des réserves de nourriture de l’ONU, des mosquées, des écoles, des ponts, des ambulances, des postes de police et en fait de toute l’infrastructure civile ? Il suffit de lire les rapports de Richard Falk, Rapporteur Spécial de l’ONU pour les Droits Humains dans les Territoires Occupés de Palestine, et du juge Richard Goldstone qui a mené la Délégation d’Etudes sur le Conflit de Gaza de l’ONU.

Inutile de préciser que les conséquences ont été catastrophiques : plus de 1400 personnes tuées - principalement des civils dont un tiers d’enfants ; 100 000 réfugiés ; 500 000 personnes sans eau potable ; 4000 maison complètement détruites et 45 000 endommagées ; 1 500 fabriques et locaux commerciaux ainsi que les immeubles de l’ONU (y compris 4 écoles) et presque 50% de la terre cultivable inutilisable (chiffres de 2009 d’après le Bureau Central Palestinien de Statistiques, le Centre Palestinien des Droits de l’Homme et différentes ONG).

Le blocus israélien dure toujours avec quelques "aménagements". En mars, pour la première fois en trois ans, Israël a autorisé 10 camions de chaussures et de vêtements à entrer à Gaza. Les matériaux de construction, les crayons de couleur pour les enfants et les livres sont toujours interdits d’accès.

L’exigence de Peres, que la "sécurité d’Israël soit le point central des négociations indirectes" surtout avec en toile de fond le retrait de l’armée israélienne de Gaza [2005], est absurde et insultante ; comme si le démantèlement de colonies illégales était un acte si héroïque qu’on pouvait fermer les yeux sur les crimes de guerre commis par la suite. Quelle sécurité reste-t-il a sauvegarder quand les Palestiniens de Gaza manquent toujours de nourriture, d’abri et de vêtements ?

L’impudence d’invoquer Gaza pour illustrer les besoins de sécurité d’Israël mise à part, Peres demeure une source intarissable de désinformation et d’obscures manipulations.

Il s’est fait le porte-parole le plus diligent d’Israël pour colporter l’assertion infondée que la Syrie a envoyé des missiles Scuds au Liban. Il persiste aussi à mettre en avant la prétendue menace de l’énergie nucléaire naissance de l’Iran tout en refusant d’envisager qu’Israël puisse signer le Traité de non prolifération nucléaire.

Le père du programme nucléaire militaire d’Israël

C’est lui en effet qui fut l’architecte du développement de l’arme nucléaire d’Israël. En 1953 le Premier Ministre Ben Gourion a nommé le jeune Peres Secrétaire Général du Ministre de la Défense. Au cours des réunions dont le but était de rédiger le Protocole de Sèvres de 1956, Peres a obtenu le concours de la France pour construire un Centre de Recherche Nucléaire dans le Negev.

Le rôle capital qu’il a joué dans le développement de la capacité nucléaire israélienne est développé dans le livre "Shimon Peres - Une biographie" de l’historien Michael Ben Zohar. Selon l’agence de presse Reuters "le livre... détaille la manière dont Peres a servi officieusement d’architecte à la puissance nucléaire israélienne, en se procurant des armes en secret et en achetant un réacteur nucléaire à la France".

Gr ce à Peres, et plusieurs dizaines d’années avant que l’Iran n’enrichisse un seul gramme d’uranium, c’est Israël qui a introduit le premier l’arme atomique dans l’instable Moyen-Orient.

Le massacre de Qana

Le Massacre de Qana a eu lieu pendant la guerre du Liban "Raisins de la Colère" en 1996 et sous l’œil du Premier Ministre Peres.

Pour échapper aux combats, 800 civils libanais s’étaient réfugiés dans une enclave de l’ONU près du village de Qana. Avec un mépris total pour l’ONU autant que pour les civils que l’ONU abritait, l’IDF a bombardé les b timents, tuant 106 innocents et en blessant plus de 100.

Une investigation de l’ONU a conclu qu’il était peu probable que le bombardement soit dû à de grossières erreurs techniques ou de procédure, comme Israël l’avait d’abord prétendu. Après avoir avancé plusieurs justifications successives, Peres finit par accuser le Hezbollah, en utilisant l’excuse éculée du "bouclier humain". D’autres investigations furent moins complaisantes. Un enquête d’Amnistie Internationale aboutit à la conclusion que l’attaque avait été "intentionnelle et devait être condamnée". De même l’organisation pour les droits humains, Human Right Watch a écrit dans son rapport "nous déclarons que ce fut un massacre intentionnel avec usage de missiles et explosifs de la plus haute précision".

Les spécialistes du Moyen-Orient qui reconnaissent la nature expansionniste et néo-coloniale d’Israël constatent que les principaux partis politiques - le Likoud, le labor ou Kadima- défendent ou promeuvent les colonies, les expropriations de terre palestinienne, l’expulsion de leurs habitants et l’exacerbation délibérée des tensions entre les différents pays de la région.

Bien que l’attitude de Peres dans cette affaire soit souvent comparée à celle d’un loup déguisé en mouton, les observateurs intelligents ne s’y trompent pas. Ils voient un loup, un vrai.

Rannie Amiri est un commentateur indépendant spécialiste du Moyen-Orient.

pour consulter l’original : http://www.counterpunch.org/amiri05...

Traduction D. Muselet

24 mai 2010

(Counterpunch)

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/La-carriere-de-Shimon-Peres-Le-roi-des-hypocrites-d-Israel-Counterpunch.html

http://www.legrandsoir.info:80/La-carriere-de-Shimon-Peres-Le-roi-des-hypocrites-d-Israel-Counterpunch.html


2-5 La Belgique, complice de crimes de guerre ? 
A la suite de l'attaque meurtrière israélienne sur la flottille humanitaire Free Gaza, une "carte blanche" (texte ci-dessous) a été rédigée par des professeurs d'Universités et divers acteurs de la société civile. La publication de ce texte a été refusée par les deux quotidiens belges francophones de référence, Le Soir et La Libre Belgique ainsi que par le quotidien français Le Monde. L'argument avancé par les trois journaux est identique : « Manque de place !». Il est à noter qu'entre l'envoi de notre texte à La Libre Belgique et la réception de leur réponse négative : il s'est exactement écoulé 18 minutes ... Les auteurs sont aussi consternés par ce triple refus que par la gravité des faits qui ont suscité le texte. Contournant ce rejet d'ouvrir un débat à la hauteur de l'indignation planétaire qu'à provoqué le dernier crime de l’État d'Israël, nous avons entrepris de faire circuler ce texte en dehors des médias traditionnels. Nous vous invitons à le diffuser largement. Sa circulation massive démontrera la futilité des efforts de ceux qui pensent qu'il est encore possible aujourd'hui d'étouffer un débat légitime et nécessaire. Olivier Mukuna  

La Belgique, complice de crimes de guerre ?

En 2009, le Conseil des droits de l'homme des Nations unies adopte une résolution condamnant l'absence de collaboration d'Israël à l'enquête de la commission conduite par le juge Goldstone. Son rapport concluait que des « actes assimilables à des crimes de guerre et peut-être, dans certaines circonstances, à des crimes contre l'humanité » avaient été commis par l’armée israélienne et des militants palestiniens lors de l’offensive militaire israélienne contre Gaza fin décembre 2008. Que fait la Belgique lors du vote de ladite résolution? Elle s'abstient ! 

 

1,5 millions de Gazaouis survivent dans une bande de terre équivalente à 1% de la superficie du territoire belge, en situation de catastrophe humanitaire depuis l’embargo illégal imposé par Israël en juin 2007. Un convoi civil maritime tente de forcer ce blocus en apportant une aide humanitaire aux assiégés. Il est assailli dans les eaux internationales par les militaires israéliens qui tuent, blessent ou enlèvent un nombre encore indéterminé de civils dont 5 Belges.  Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU vote une résolution relative à la mise en place d'une "mission d'enquête internationale". Que fait la Belgique? Elle s'abstient !

 

Le blocus de Gaza est justifié par la prise du pouvoir par le Hamas en juin 2007. Mais pourquoi celui-ci ne pourrait-il pas exercer le pouvoir, alors qu'il a gagné les élections en janvier 2006 dans l'ensemble du territoire plus ou moins administré par les Palestiniens? En quoi le Hamas serait-il moins légitime que le parti d’extrême-droite du ministre israélien des Affaires étrangères ? 

 

Le Hamas est accusé  de vouloir détruire Israël, ce qui est supposé justifier toutes les sanctions contre les habitants de Gaza. Mais la revendication fondamentale du Hamas, comme de tout le mouvement national palestinien depuis la création d'Israël en 1948, c'est le droit au retour pour les réfugiés expulsés ou ayant fui à l'époque. Au nom de quoi refuse-t-on à des réfugiés de rentrer chez eux après un conflit? De plus, ce droit est sanctionné à la fois par l'article 13 de la Déclaration Universelle des droits de l'homme et par la résolution 194 du Conseil de Sécurité de l'ONU. Mieux, comment peut-on considérer qu'un « peuple » a le droit de « revenir » sur une terre habitée par ses supposés ancêtres il y a 2000 ans, mais que les habitants de cette terre en 1948 ou leurs enfants n'ont pas ce droit ? 

 

En pratique, le mouvement national palestinien, y compris le Hamas, accepte de renoncer à  ce droit et se borne à demander l'établissement d'un Etat palestinien sur les seuls 22% de la Palestine historique conquis par Israël en 1967. Plus globalement, un plan de paix adopté par le Sommet arabe en 2002 propose la reconnaissance d’Israël par les Etats arabes en échange de son retrait des territoires conquis en 1967. Ceux-là même que la résolution 242 du Conseil de Sécurité de l'ONU exige qu'Israël évacue. 

 

Depuis le « processus de paix » d'Oslo, qui remonte à 1993, cette solution -deux Etats pour deux peuples - est bloquée. Mais par qui ? Comment peut-on penser que c'est le faible, celui qui n'a pas d'Etat, qui empêche le fort de lui en octroyer un ? Quand la résistance palestinienne est non violente, on étend la colonisation. Quand elle devient violente, Israël en prend prétexte pour justifier l'arrêt des négociations.

 

Guerre du Liban, blocus et assauts contre Gaza, assassinats ciblés de leaders politiques palestiniens, extension constante des colonies, et aujourd'hui, attaque en haute mer de civils ressortissants de plus de 40 pays différents. A chaque fois, Israël oppose la même justification : sa raison d’Etat prime sur le droit et les institutions internationales. Un tel mépris de la Communauté internationale n’est possible que par la complaisance conciliante des gouvernements des Etats-Unis et de l’Union européenne.

 

Sans doute les pacifistes du Free Gaza Flotilla n’avaient-ils plus grande confiance dans les organisations internationales pour exprimer leur refus du blocus de Gaza. Ils ont cher payé, certains de leur vie, la lâcheté de leurs représentants politiques, souvent si prompts à condamner verbalement Israël pour mieux occulter leur obstruction à toute action coercitive sanctionnant l’état hébreu. La récente adhésion d’Israël à l’OCDE à l’unanimité de ses membres, dont la Belgique, n'est pas faite pour les contredire.

 

Faut-il rappeler qu’en 2007 la Belgique fut le cinquième exportateur d’armes européen vers Israël ? 

 

Faut-il rappeler que les aéroports belges demeurent  des points de passage obligés pour les importations israéliennes ? Que l’Union Européenne est le premier partenaire commercial d’Israël ? 

 

Faut-il rappeler que le droit international reconnait la légitimité de la résistance armée en cas d’occupation ? Que face à la répression coloniale, les peuples recourent bien souvent à la violence, y compris parfois sous des formes terroristes ?

 

Faut-il rappeler que l'immense majorité du monde non occidental, ainsi qu'une partie croissante de notre opinion publique, s'indignent de la duplicité  de nos représentants politiques et considèrent que celle-ci discrédite nos principes et valeurs démocratiques?  

Il convient donc de prendre acte de la complicité passive de nos Autorités et de balayer devant notre porte : comment pouvons-nous en tant que citoyens de Belgique nous désolidariser de l’ethnocide en cours des Palestiniens ? 

Notre intérêt bien compris doit nous mener à répondre positivement à l'appel de la société civile palestinienne demandant le boycott d'Israël tant qu’il violera le droit international.

 Collectif (Bouajaja, Bricmont, Chichah, ...)    

 

Jamila Bouajaja (Economiste ULB)

Jean Bricmont (Professeur UCL) 

Souhail Chichah (Economiste ULB)

 Jean-Marie Dermagne (Avocat et ancien Bâtonnier)

Jamal Essamri (Sociologue)

Oscar Flores (CRER - Coordination de solidarité avec les réfugiés)

Bahar Kimyongür (Membre du Front populaire - Turquie)

Olivier Mukuna (Journaliste)

Monique Mbeka Phoba (Réalisatrice)

Anne Morelli (Professeure ULB)

Nouria Ouali (Sociologue ULB)

Pierre Piccinin (Professeur Sciences-Po Ecole Européenne)

Aurore Van Opstal & Abdellah Boudami (Co-auteurs de « Israël, parlons-en ! ») 



 Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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