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27/06/2010

n°438 - dossier de l'Afghanistan - 25-06 - : Début -:- Le Royaume-Uni en Afghanistan pour sa sécurité, et non pour y bâtir une quelconque "démocratie modèle".dit Cameron…

n°438 - dossier  de l'Afghanistan - 25-06 - : Début -:- Le Royaume-Uni en Afghanistan pour sa sécurité, et non pour y bâtir une quelconque "démocratie modèle".dit Cameron…




Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan n°438 du 25-06

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 Le "dossier de l'Afghanistan" est  visible  sur mes blogs : 

a)   sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

Dossiers

1-1 Préparation de deux grandes offensives de chaque côté de la frontière.

1-2 Le Royaume-Uni en Afghanistan pour sa sécurité, et non pour y bâtir une quelconque "démocratie modèle".dit Cameron…

1-3 Gérard Chaliand : "Une guerre vouée à n’être pas gagnée".

1-4 Le Japon confirme son 'aide' mais demande une gouvernance propre....

1-5 The Guardian : Les Etats-Unis financent des résistants, selon les Afghans eux-mêmes…

1-6 William Maclean : Objectifs US en Afghanistan "durs à atteindre".

1-7 Une «mentalité de Playstation»...

1-8 En Afghanistan, dialogué sans illusions naïves.

1-9 Guantanamo : Les dossiers

1 Brian May : ils ne parviennent pas à trouver refuge ailleurs …

Fin

2  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

2-1 Yahia Gouasmi : Afghanistan: stratégie et pillage.

2-2 Les raisons de la guerre menée par l'impérialisme en Afghanistan ?

2-3 Hocine Malti  : Les guerres de Bush pour le pétrole : l’Afghanistan.

2-4 Eva Golinger : Les secrets des mercenaires Blackwater.

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Rapport : "Expérimentations dans la torture".

3-2 Rapport : "Expérimentations dans la torture".

USA: des médecins ont pratiqué des « expérimentations humaines » pour la CIA.

3-3 Les "Farces armées" afghanes, selon le magazine Time.

3-4  Les Français avancent avec précaution.

4 Annexe

4-1 Discours de Rasmussen à L'Otan : L’Afghanistan « est sur la bonne voie », …


Tiré à part :



1 Dossier & Point de vue

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Préparation de deux grandes offensives de chaque côté de la frontière.

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage ce point de vue, mais doit être vu comme information.

Pour affaiblir l’influence des résistants, les militaires américains et pakistanais préparent deux grandes offensives de chaque côté de la frontière. Mais ils auront bien du mal à atteindre leur objectif.

Décidé par Hamid Karzai après l’attaque menée sur la Jirga par des résistants le 2 juin, le remplacement d’Amrullah Saleh, qui était à la tête de la Direction nationale de la Sécurité depuis 2004, et de Hanif Atmar, ministre de l'Intérieur depuis 2008, agite les Américains. “Saleh et Atmar étaient les plus compétents du gouvernement.(…) 

Pour assurer sa propre survie, Karzai est prêt à prendre des décisions contre l’avis de ses alliés occidentaux et même contre ses propres intérêts”, s’inquiète le New York Times.

Depuis déjà un certain temps, on entend parler de deux grandes offensives contre les résistants et d’autres  résistants  à la frontière afghano-pakistanaise qui devraient être lancées dans les semaines à venir. L’une à Kandahar, dans le sud-est de l’Afghanistan, menée par les forces de l’OTAN sous commandement américain, l’autre dans le Nord-Waziristan, par l’armée pakistanaise. Officiellement, ces deux campagnes ne sont pas liées, mais de leur résultat pourrait dépendre l’issue du conflit régional.
Comme d’habitude, les responsables militaires américains préféreraient des offensives coordonnées entre les forces de l’OTAN et l’armée pakistanaise des deux côtés de la ligne Durand [longue de 2 640 kilomètres, elle a été tracée par les Britanniques en 1893 et tient lieu de frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan], afin de prendre les rebelles en étau et de leur interdire tout repli transfrontalier.

 Ni les forces de sécurité pakistanaises, ni les troupes afghanes et de l’OTAN n’ont réussi à rendre la frontière définitivement étanche aux infiltrations des groupes de résistants .

En réalité, les autorités militaires pakistanaises soulignent qu’elles ont établi beaucoup plus de postes de contrôle à la frontière que les unités de la coalition côté afghan, et que les Américains ont démantelé certains de leurs avant-postes sur le territoire afghan. Les Américains seraient satisfaits si l’armée pakistanaise acceptait enfin d’intervenir contre le réseau Haqqani [dirigé par Jalaluddin Haqqani, qui entretient des liens forts avec Al-Qaida et les résistants afghans et serait caché dans le Nord-Waziristan]. Washington serait encore plus heureux si cette offensive pouvait coïncider avec leur propre campagne militaire contre les résistants afghans à Kandahar. Or les Pakistanais pourraient ne ré­pondre que partiellement à cette attente, en décidant eux-mêmes du moment où lancer leurs opérations dans le Nord-Waziristan et en adoptant une approche sélective dans le choix de leurs objectifs dans cette région tribale [Islamabad entretiendrait des liens amicaux avec certains groupes  résistants . Le réseau Haqqani bénéficierait en outre de la protection des services secrets pakistanais].
Si elles ont lieu, ces deux batailles se livreront sur des terrains différents. Le relief de la région de Kandahar est plat pour l’essentiel, ses terres agricoles fertiles sont ponctuées de modestes collines et environnées d’un désert implacable ; le Nord-Waziristan est surtout montagneux. Dans les deux régions, la population est majoritairement pachtoune, groupe ethnique dont est issue l’écrasante majorité des résistants. On pourrait assister à des combats de rue dans Kandahar et à des attaques de guérilla classique dans les districts ruraux d’Arghandab, Zhari et Panjwal, au milieu des pommiers, des pamplemoussiers et des vignes. Dans le Nord-Waziristan, il faudrait s’assurer le contrôle des principaux centres urbains de Miranshah, Mir Ali et Dattakhel afin de défendre les avant-postes et les lignes de ravitaillement. L’offensive de Kandahar devrait avoir lieu au cours du mois de juin [les renforts militaires ont déjà été envoyés] et prendre fin en août, avant le début du ramadan. Mais le président afghan Hamid Karzai redoute les conséquences de cette opération dans sa province natale. N’importe quel homme politique sensé ne peut que s’inquiéter devant un tel plan militaire et ses conséquences : recours à la puissance aérienne, déplacement forcé des populations et pertes civiles massives.
La
campagnedeKandahar pourrait n’être qu’une répétition de la dernière opération militaire engagée dans la petite ville de Marjah [en février 2010], dans la province voisine du Helmand, où l’offensive, impliquant 15 000 hommes de l’OTAN et de l’armée afghane contre quelques centaines de résistants, a duré plus longtemps que prévu et n’a pas atteint ses objectifs. Passée maîtresse dans l’art de manipuler les médias, l’armée américaine prétendait que l’offensive de Marjah allait tout changer. Cela n’a pas été le cas, et même les journaux américains signalent que les résistants sont de retour à Marjah. Si cette bataille a été si difficile à gérer, on imagine sans peine le problème que risque de représenter Kandahar.
Le choix des mots, véritable stratégie de guerre
Aujourd’hui, c’est la prochaine bataille de Kandahar qui est décrite comme un affrontement décisif. Les généraux et les hommes politiques afghans et américains sont à court d’idées pour justifier ce qui se prépare à une opinion publique peu favorable au nouveau plan militaire. Fini les mots “offensive”, “opération militaire”, “action” et “bataille”. Le président Karzai préfère désormais la notion de “processus” pour décrire la future campagne. Les autorités américaines, elles, utilisent de plus en plus l’expression dari “hamkari baraye Kandahar”, qui signifie “coopération pour Kandahar”. Ce n’est pas la première fois que l’on a recours à une autre langue que le pachto dans le Sud afghan peuplé de Pachtounes. C’est faire preuve d’un manque total de sensibilité, mais il semble que les Américains n’aient toujours pas compris les subtilités culturelles de l’Afghanistan multiethnique, même après neuf ans d’occupation.
Les mots ont leur importance, mais il est surtout essentiel d’adopter une stratégie efficace dans le Nord-Waziristan et à Kandahar tout en limitant le plus possible les souffrances de la population. Les généraux américains et pakistanais vont tester leurs propres stratégies pour répondre aux défis de ces régions, bastions des résistants. Le sort de leurs campagnes dépendra avant tout du soutien de la population locale. A cet égard, l’armée pakistanaise sera dans une meilleure position, car elle opérera parmi ses compatriotes, contrairement aux forces de l’OTAN qui vont devoir se battre dans un pays étranger, parmi une population qui leur est globalement hostile.

08.06

http://www.courrierinternational.com/article/2010/06/08/washington-et-islamabad-resserrent-l-etau


1-2 Le Royaume-Uni en Afghanistan pour sa sécurité, et non pour y bâtir une quelconque "démocratie modèle".dit Cameron…

Nb Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage ce point de vue, mais doit être vu comme information.

Le nouveau Premier ministre conservateur David Cameron a déclaré vendredi que les forces britanniques étaient en Afghanistan pour préserver la sécurité de la Grande-Bretagne et non pour y bâtir une quelconque "démocratie modèle".

A l'occasion de sa première visite au contingent britannique depuis son arrivée à la tête du gouvernement le mois dernier, David Cameron a souligné devant quelque 400 soldats réunis au Camp Bastion, dans le sud du pays, qu'ils étaient là avant tout pour répondre à la menace représentée par Al Qaïda. (…)

"Nous ne sommes pas ici pour bâtir la démocratie parfaite.

Nous ne sommes pas ici pour bâtir une quelconque société modèle.

Nous sommes ici pour aider les Afghans à prendre le contrôle de leur sécurité afin que nous puissions rentrer à la maison", a dit le Premier ministre, qui a quitté l'Afghanistan vendredi en fin de journée. 

Dans son discours, David Cameron a repris les thèmes qui avaient alimenté ses critiques de campagne contre l'attitude de son prédécesseur travailliste Gordon Brown: manque d'explication sur les véritables raisons de la mission britannique en Afghanistan, manque de soutien matériel aux troupes. 

Il s'est aussi nettement démarqué du discours travailliste basé sur la mission démocratique des Britanniques auprès des Afghans et sur l'aide à apporter aux jeunes filles afghanes pour qu'elles puissent accéder à l'éducation et au savoir.

"Je peux résumer cette mission en deux mots: il s'agit de sécurité nationale, de notre sécurité nationale en Grande-Bretagne", a-t-il dit. 

"Nous n'avons pas d'idées utopiques au sujet de la nature de cette mission. Dès que nous en aurons fini avec la formation de ces troupes de sécurité afghanes, nous pourrons rentrer à la maison la tête haute", a ajouté David Cameron.

HOURRAS 

Si les soldats de la coalition quittaient aujourd'hui l'Afghanistan, les camps d'entraînement d'Al Qaïda réapparaîtraient dans le pays, car les Afghans ne sont pas encore prêts à assurer leur sécurité, a-t-il affirmé. 

Il s'est engagé à fournir aux 9.500 soldats du contingent britannique - le deuxième après celui des Etats-Unis - l'équipement dont ils ont besoin, notamment en matière de protection contre les bombes artisanales déposées par les  résistants  sur le bord des routes.

Il a provoqué également les hourras des soldats en annonçant que l'indemnité journalière de mission serait doublée pour atteindre environ 29 livres (34 euros).

Jeudi, David Cameron avait exclu l'envoi de renforts en Afghanistan, tout en estimant que les soldats britanniques ne devraient pas rester "un jour de plus" que nécessaire. 

La Grande-Bretagne a perdu près de 300 hommes en près de neuf ans d'une guerre contre les taliban toujours plus impopulaire auprès de ses compatriotes qui exigent, selon lui, des progrès durant les six derniers mois de l'année en cours, qu'il a qualifiée de "vitale".

 Le coût croissant du conflit inquiète le gouvernement de Cameron, qui cherche désespérément les moyens de réduire les dépenses publiques pour endiguer un déficit budgétaire croissant et a entamé une réévaluation minutieuse de l'effort de guerre en Afghanistan.

 Les effectifs des forces de l'Otan en Afghanistan doivent en principe atteindre un "pic" de 150.000 hommes à la mi-2011, avant de décroître progressivement.

Mais les résistants qui ont tué 18 membres de la coalition cette semaine seulement, semblent aujourd'hui plus actifs que jamais depuis 2001, jetant un doute sur la possibilité d'un désengagement en douceur des forces internationales.

Reuters, 12 juin


1-3 Gérard Chaliand : "Une guerre vouée à n’être pas gagnée".

Gérard Chaliand, géopolitologue, spécialiste des conflits armés, analyse la situation en Afghanistan et la future stratégie des forces de l'Otan.

Pourquoi les forces internationales en Afghanistan sont-elles désunies ?
Par désarroi. La situation s’est délitée : d’une part, le président Obama, qui doit tenir compte de son opinion publique et des prochaines élections, veut retirer ses troupes en 2011. De l’autre, on a chargé le général McCrystal, qui commande les forces de l’Otan dans le pays (Isaf), de créer un nouveau rapport de force plus favorable à la coalition, ce qui prend du temps. Et puis on a aussi Hamid Karzaï, le président afghan, qui joue sa propre carte : il se distancie des Américains pour se rapprocher des résistants, sentant bien qu’il a tout intérêt à négocier avec eux tant que les forces de la coalition ne l’ont pas encore lâché.

Karzaï, les Américains et l’Isaf sont donc en train de prendre des chemins opposés…
Oui, il n’y a plus de cohérence. Le problème de base vient du fait qu’au départ, l’Afghanistan est la victime collatérale de la guerre d’Irak. Entre 2002 et 2006, tout a été fait pour sécuriser Kaboul où des millions ont été dépensés et détournés. Mais dans les campagnes pachtounes, les gens se sont lassés d’attendre l’eau potable et l’électricité. En même temps, les résistants se sont réorganisés, ils ont créé une infrastructure politique clandestine dans les villages dont ils parlent la langue. Ce sont eux qui y rendent la justice, puisque l’Etat de M. Karzaï n’a jamais su contrôler la campagne.

Dans ce contexte, n’est-il pas vain de croire que les nombreuses actions civilo-militaires des forces de l’Otan pour s’allier la population ont un quelconque effet ?
Si. Cette stratégie du général McCrystal vient avec une demi-douzaine d’années de retard. La contre-insurrection, qui est sa stratégie, c’est agir, occuper le terrain, transformer les conditions de façon concrète en étant là avec la population. Mais il est trop tard pour ce type de stratégie ou il faudrait beaucoup de temps ou davantage d’hommes. McCrystal va essayer entre maintenant et l’été prochain de renverser le rapport des forces locales s’il le peut.

Peut-il réussir ?
Je pense que non parce que l’adversaire n’a pas intérêt à se confronter de façon directe aux forces occidentales, juste ce qu’il faut pour leur infliger les pertes qui découragent les opinions publiques sans risquer le tout pour le tout, puisqu'ils savent que dans le cas d'une confrontation directe, la coalition est très nettement supérieure. Ce qu’ils font, c'est qu'ils se fondent dans la population et attaquent par surprise. Car rien ne distingue un taliban qui a caché son arme d'un pachtoune .

C’est donc une guerre vouée à être perdue côté occidental ?
C’est une guerre vouée à n'être pas gagnée. Il s’agit de se créer une sortie honorable, une non victoire décente. C’est tout ce qu’il reste.

Pourquoi l’Otan reste-t-elle encore engagée ?
Pour essayer de renverser la vapeur de façon à ce que, dans le cadre de négociations à venir, ceux qui s’imaginent avoir déjà gagné aient un prix à payer beaucoup plus lourd, et soient moins gourmands. On négocie tout en se tapant dessus: classique.

 Gérard Chaliand

22-06-

Gérard Chalian est l'auteur de "Géopolitiques des empires", avec Jean-Pierre Rageau. Arthaud, 430 p., 29,90 euros.

http://www.metrofrance.com/info/gerard-chaliand-une-guerre-vouee-a-n-etre-pas-gagnee/pjfv!WbwCQssTkDHGOdlHs8PK3w/


1-4 Le Japon confirme son 'aide' mais demande une gouvernance propre....

Le Japon a confirmé jeudi son aide massive à l'Afghanistan, mais a demandé au président afghan Hamid Karzaï une meilleure gouvernance de son pays miné par la corruption.

La deuxième économie du monde a promis l'an dernier de verser d'ici 2013 jusqu'à 5 milliards de dollars d'aide pour reconstruire l'Afghanistan, ravagé par la guerre et la pauvreté.

M. Karzaï a remercié le nouveau Premier ministre japonais Naoto Kan pour le soutien solide du Japon, l'un des plus importants pourvoyeurs d'aide à l'Afghanistan.

"Je rends hommage aux efforts faits par le président Karzaï (...) J'ai dit que j'espérais que les cinq milliards de dollars seront utilisés au profit du peuple afghan et de la paix", a déclaré M. Kan lors d'une conférence de presse.

Selon un communiqué conjoint, "le Premier ministre (Naoto) Kan a demandé des efforts sérieux, y compris en faveur d'une bonne gouvernance, afin que les impôts des citoyens japonais soient utilisés à bon escient".

Dans son dernier rapport annuel, l'organisation anticorruption Transparency International affirme que l'Afghanistan est le deuxième pays le plus corrompu après la Somalie, qui ne possède pas de gouvernement en état de fonctionnement.

Le président Karzaï a promis que l'aide serait consacrée au développement et au retour à la stabilité, d'une façon telle que le Japon "se sentira comblé pour la générosité et les ressources qu'il a dépensées en Afghanistan".

Environ 980 millions de dollars ont déjà été versés, dont plus de 300 millions pour couvrir les salaires des quelque 80.000 policiers afghans.

L'aide japonaise a également permis de construire 650 km d'autoroutes et un nouveau terminal à l'aéroport de Kaboul. Plus d'une centaine d'autobus japonais sillonnent en outre les rues de la capitale afghane.

Le président Karzaï, qui restera jusqu'à dimanche au Japon, a été reçu en audience par l'empereur du Japon Akihito et s'est également entretenu avec le ministre des Affaires étrangères, Katsuya Okada.

17/06

AFP


1-5 The Guardian : Les Etats-Unis financent des résistants, selon les Afghans eux-mêmes…

Nb Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage ce point de vue, mais doit être vu comme information.

Alors que le millième soldat américain vient à peine de tomber sur le champ de bataille afghan, voici un article paru dans le quotidien anglais The Guardian qui remet les pendules à l’heure quant à l’opinion que se fait la population afghane de cette guerre et de ses véritables objectifs.

Pour la plupart des Afghans, il est clair que l’Occident utilise et laisse perdurer le conflit sous de faux prétextes, en alimentant – dans tous les sens du terme – la résistance taliban.

Et cette croyance semble d’autant plus répandue qu’on s’élève dans les milieux les plus éduqués de la société. De quoi faire réfléchir sur notre propre vision occidentale sur cette soi-disant "mission de paix", terme totalement usurpé. 

Car il s’agit bien d’une guerre, initiée au nom du 11-Septembre pour aller chasser ceux qui protégeaient les présumés pirates de l’air

Or nous savons depuis plusieurs années que les preuves liant Ben Laden aux attentats du 11/9 ne sont pas établies et que certains documents pourraient bien avoir été fabriqués.

De plus, les "preuves" ayant servi à convaincre l’ONU de voter la résolution 1378 du 14 novembre 2001 donnant le feu vert au conflit sont toujours classées "Secret défense" par les Américains.

Que contiennent-elles exactement ?

Pourquoi les populations des pays participant aux Forces d’occupation, comme la France, n’ont-elles pas le droit d’en connaître le contenu alors qu’on leur demande de se sacrifier et d’envoyer des soldats tuer et se faire tuer là-bas ?

L’Afghanistan subit une guerre totalement injustifiée, et où de surcroit la France n’a rien à faire.

Nous réitérons une fois de plus notre appel pour la fin de la guerre en Afghanistan et pour le rapatriement  immédiat des soldats français.

Paru dans The Guardian le 25 mai 2010 : Les Afghans pensent que les États-Unis financent les résistants

Des intellectuels et professionnels afghans respectés sont convaincus que l’Occident prolonge le conflit dans le but de préserver son influence dans la région.

Il est pratiquement impossible de trouver quelqu’un en Afghanistan qui ne soit pas persuadé que les États-Unis financent les résistants; ce sont des professionnels afghans hautement qualifiés, ceux qu’emploient l’ISAF, l’USAID, des organisations internationales de médias – et même des conseillers de diplomates américains – qui semblent les plus convaincus.

Un ami afghan parlant un anglais impeccable et qui aime à citer Charles Dickens, Bertolt Brecht ou Anton Chekhov, dit que la raison en est claire. "Les Etats-Unis ont intérêt à prolonger le conflit et à rester en Afghanistan sur le long terme."

La poursuite des batailles entre les forces de la coalition et les résistants en est la meilleure preuve.

"Dans ce pays, nous disons qu’il faut deux mains pour applaudir", dit-il, frappant dans ses mains en guise de démonstration.  "Une seule ne suffit pas."

Ses arguments sont raisonnés, bien qu’il en gâche légèrement l’effet en m’expliquant qu’"aucun juif n’est mort dans les Tours Jumelles".

Il ne s’agit pas seulement des ressources naturelles de l’Afghanistan, mais de sa position stratégique, en toute logique.

Dominer ce pays donnerait aux États-Unis un pouvoir sur l’Inde, la Russie, le Pakistan et la Chine, sans parler de tous les États d’Asie centrale.

"Les Etats-Unis se servent d’Israël pour menacer les Etats arabes, et ils veulent faire  la même chose avec l’Afghanistan, dit-il. Celui qui contrôlera l’Asie dans le futur contrôlera le monde entier."

"Même un enfant de cinq ans sait cela," me dit un journaliste de radio Kaboul plaçant sa  main à quelque distance du sol pour illustrer ses dires. "Regardez Helmand, dit-il, comment se fait-il que 15.000 soldats internationaux et afghans ne parviennent pas à écraser deux mille résistants mal équipés ?"

C’est pareil pour les Britanniques; apparemment, ils veulent rester en Afghanistan encore plus que les Américains. Et la raison pour laquelle ils veulent discuter avec les résistants est qu’ils pensent les faire entrer au gouvernement, consolidant ainsi l’influence du Royaume-Uni.

Ce n’est pas là simplement un vague préjugé ou de sauvages théories conspirationnistes  si répandues au Moyen-Orient. Il y a une analyse très structurée même si un brin alambiquée derrière tout cela. On me pose sans arrêt  la question suivante : si les États-Unis voulaient vraiment battre les résistants, alors pourquoi ne vont-ils pas les attaquer au Pakistan ? La raison en est simple, m’explique un ami "Tant que vous ne vous débarrasserez pas du nid, le problème persiste. S’ils éliminaient les résistants, les États-Unis n’auraient plus aucune raison de rester ici."

Les preuves sont multiples, disent-ils (même si cela tend à inclure la phrase imparable qui consterne tous les journalistes: "tout le monde sait bien que …").

Tout le monde sait bien, par exemple que l’armée nationale afghane dit qu’elle reprend les bases des résistants pour s’approvisionner en rations et en armes identiques à celles que leur  fournissent les États-Unis. Ces derniers financent les « madrasas »,  [ces écoles] produisant de jeunes résistants, aussi bien en Afghanistan qu’au Pakistan..

Les hélicoptères de l’armée des USA  livrent régulièrement des fournitures derrière les lignes des résistants. Les organisations d’aide ne sont rien d’autre que des agences liées à la collecte de renseignements, et elles se rendent dans des régions où l’armée ne peut pas facilement accéder, afin d’obtenir des informations sur le terrain. Même le plus humble des projets de formation de sage-femme est en réalité au service  de l’espionnage.

Un politologue qui travaille comme conseiller auprès d’agences US dans le nord du pays, raconte comment les gens craignent l’influence persistante des Seigneurs de guerre, illustrant ses propos par des descriptions sur la violence et la corruption qui s’étendent jusque dans les domaines de la banque, du gouvernement et du commerce.

Les Afghans détestent ces Seigneurs de guerre, dit-il, mais les États-Unis veulent qu’ils restent en place. "S’ils disparaissaient et étaient remplacés par des personnes compétentes et honnêtes, nous pourrions générer nos propres revenus. Nous pourrions avoir notre propre économie et  demander des investissements extérieurs en toute transparence. Nous aurions une véritable armée, pour nous protéger et servir l’Afghanistan".

Alors pourquoi ces professionnels afghans instruits travaillent-ils pour des gouvernements dont ils sont convaincus qu’ils veulent enfoncer leurs griffes dans leur pays ?

Leur patriotisme n’a rien d’artificiel – avec leurs compétences ils pourraient facilement étudier ou travailler à l’étranger, et pourtant ils choisissent de rester pour construire un avenir meilleur pour leur pays. Les Afghans éprouvent une suspicion  historique envers toute puissance étrangère impliquée dans leur pays, et peut-être qu’avec la résistance d’une nation qui a vu repartir les  occupants les uns après les autres, ils sont prêts à  attendre, convaincus que la volonté des États-Unis se brisera avant la leur.

De toute façon, ils ne veulent pas que l’OTAN parte avant 15, peut-être 20 ans. C’est le temps qu’il faudra pour que les institutions afghanes puissent survivre de façon indépendante. Entretemps, comme m’explique mon ami épris de littérature – qui travaille pour un certain nombre d’organismes américains -  il n’y a pas de contradiction à survivre. "J’aime le Benjamin Franklin qui est dans ma poche", sourit-il. Tant pour le cœur que pour l’esprit.

 Published on mai 31, 2010

GeantVert

Traduction Apetimedia & GV pour ReOpenNews

 http://www.reopen911.info/News/2010/05/31/the-guardian-les-etats-unis-financent-les-résistants-selon-les-afghans-eux-memes/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+Reopen911-News+%28ReOpen911+-+News%29


1-6 William Maclean : Objectifs US en Afghanistan "durs à atteindre".

Nb La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage ce point de vue, mais doit être vu comme information.

Les objectifs que Washington s'est fixés en Afghanistan seront "incroyablement difficiles" à atteindre, estime le coordinateur du comité de sanctions des Nations unies contre les résistants et Al Qaïda, le Britannique Richard Barrett.

Rejoignant un nombre croissant de personnalités occidentales exprimant ouvertement leur pessimisme quant à l'évolution de la situation, il juge que la résistance des résistants et la faiblesse des efforts de réconciliation contrarient les objectifs des Etats-Unis.

Dans une interview à Reuters, Richard Barrett juge par ailleurs "discutable" de justifier la présence militaire britannique dans ce pays par des impératifs de sécurité nationale, comme vient de le faire le Premier ministre conservateur David Cameron.

Prédisant une résistance farouche des résistants à l'offensive de l'Otan pour leur reprendre leur fief de la province de Kandahar, le représentant de l'Onu se déclare en faveur d'un dialogue politique avec les  résistants  islamistes.

"Quel que soit le nombre qu'on en tue, il y en a toujours qui déboulent de la colline. On n'a pas affaire à des gens qui fuient quand on les frappe fort. Ils ne vont pas fuir", explique Richard Barrett.

La stratégie dévoilée l'an dernier par le président Barack Obama après réexamen de l'engagement américain consiste à envoyer des renforts militaires cette année en Afghanistan pour renverser le cours de la guerre avant d'envisager un début de retrait à la mi-2001.

"ON NE VA PAS RESTER LÀ-BAS ÉTERNELLEMENT"

Aux yeux de Richard Barrett, l'offensive dans la province de Kandahar aurait dû être complétée par une offensive politique. Mais les ressources fournies aux officiers américains sont "essentiellement militaires, pas politiques".

"Ce sont les Afghans qui sont chargés de l'aspect politique et, là, il y a une grande faiblesse", fait-il valoir.

Une "jirga" des notables et chefs tribaux convoquée début juin à Kaboul a donné mandat au président Hamid Karzaï d'ouvrir des négociations avec les taliban, mais ceux-ci ont dénoncé cette assemblée comme une farce inspirée par Washington.

"Je ne pense pas que la stratégie ou les objectifs soient mauvais. C'est juste que les objectifs sont incroyablement difficiles à réaliser", affirme Richard Barrett."

Ainsi, explique-t-il, si la coalition prétendait avoir évincé les taliban de la province de Kandahar, il suffirait d'un seul attentat suicide pour démontrer qu'ils sont toujours là. En outre, il sera difficile de définir qui était ou n'était pas un taliban, et qui ne sera plus taliban.

Au sujet du rôle de la Grande-Bretagne, Richard Barrett a estimé "très bonne" sa stratégie globale de lutte antiterroriste et juge atteint l'objectif de chasser Al Qaïda d'Afghanistan après les attentats du 11 septembre 2001.

"Alors pourquoi sommes-nous encore en Afghanistan?" s'interroge-t-il. "On nous dit que, si nous partions, les taliban reviendraient, et Al Qaïda avec eux. Ceci, je crois, est contestable."

Les résistants assurent qu'ils ne permettront à personne, dans un scénario d'après-guerre, de venir en Afghanistan menacer d'autres pays.

Pour Richard Barrett, même si on peut "raisonnablement" douter de leur sincérité, il faut les prendre au mot au lieu de leur dire: "On ne vous croit pas et nous allons rester ici éternellement."

"Car nous n'allons pas rester là-bas éternellement."

William Maclean

(Marc Delteil pour le service français, édité par Gilles Trequesser)

17/06/2010 17:20:03

 (Reuters)

http://www.euroinvestor.fr/news/story.aspx?id=11132030


1-7 Une «mentalité de Playstation»...

Dans la guerre qu'ils mènent depuis 2001 en Afghanistan, les Etats-Unis s'appuient chaque année un peu plus sur les drones, ces avions sans pilote chargés de reconnaître le terrain ou d'éliminer directement des cibles. Mais depuis quelques semaines, certains commencent à s'inquiéter de cette stratégie.

Début juin, l'ONU a demandé à la CIA de stopper ces opérations, et le rapporteur des Nations unies, Philip Alston, a mis en garde l'armée américaine contre une «mentalité de Playstation».

Alors que le débat sur la légalité de telles actions s'intensifie outre-Atlantique, l'état-major militaire préfère se recentrer sur l'aspect humain.

Un reporter du New York Times est ainsi parti visiter la base aérienne de Beale, en Californie, pour y rencontrer des officiers de renseignement issus de la génération Facebook:

Penchés sur des moniteurs qui diffusent en direct des images filmées par les drones, le lieutenant Christopher et une équipe d'analystes ont récemment fait irruption sur plusieurs forums de discussion militaires, se projetant à plus de 11.000 kilomètres pour prévenir les Marines contre les bombes artisanales et les tirs de résistants.

Installés devant quatre écrans d'ordinateurs à la fois, ces bataillons de soldats 2.0 rompus aux réseaux sociaux scrutent la moindre information pour avertir les troupes sur le terrain du moindre mouvement ennemi. Aujourd'hui, on recenserait 4.000 analystes, et l'armée envisagerait d'en enrôler 2.100 de plus dans un futur proche. Mais comme le rappelle le journaliste Christopher Drew, la plupart de ces engagés n'ont jamais été déployés sur le terrain. Aussi crucial soit leur rôle, cette méconnaissance des zones de guerre peut créer un «fossé culturel».

Mais cette mutation peut aussi mener à des bavures, liées à une chaîne de commandement fractionnée et déficiente. Le New York Times cite l'exemple d'une attaque d'hélicoptère au mois de février. Alors que les analystes avaient signalé la présence de plusieurs enfants, le pilote du drone, stationné dans une autre base américaine, n'avait pas reçu l'information, ouvrant le feu et tuant 23 personnes.

Au mois de février, préoccupé par sa stratégie «en ligne», le Département de la Défense avait publié un court mémo (PDF) pour tracer les contours d'un «usage responsable et efficace» des fonctionnalités du réseau.

Mardi 8 Juin 2010

http://www.slate.fr/story/22725/les-reseaux-sociaux-vont-ils-sauver-larmee-americaine


1-8 En Afghanistan, dialogué sans illusions naïves.

Nb  La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage ce point de vue, mais doit être vu comme information.

L'Union soviétique avait tenu dix ans.

Combien de temps tiendront les Etats-Unis et leurs alliés de l'OTAN ?

L'Afghanistan, ce "cimetière des empires", est en train de miner à la fois les ressources et le moral de l'Occident.

Plus de neuf ans après l'intervention américaine contre le régime taliban (au pouvoir de 1996-2001), précipitée par les attentats du 11 septembre 2001, les grands espoirs de reconstruction de l'Afghanistan ont fait long feu.

A mesure que l'insurrection des résistants se consolide, le découragement gagne. Le sentiment d'échec s'installe. Et les appels au dialogue, à la négociation avec la rébellion talibane se multiplient. Chacun admet que la solution ne sera pas militaire, mais politique.

Cette année 2010 est celle des premiers gestes significatifs. A Kaboul, une "Jirga de la paix" (assemblée de la paix), représentant la base du régime du président Hamid Karzaï, a achevé ses travaux le 4 juin en fixant le cadre d'un futur scénario de la paix. L'événement est important. Il clarifie la position de l'Etat afghan : amorcer une négociation avec les résistants. Il en fixe les principes : le dialogue ne peut s'engager qu'avec ceux des  résistants  ayant rompu avec "les réseaux terroristes internationaux". Il propose des mesures de confiance immédiates, comme la libération de prisonniers indûment arrêtés. Le processus n'en est qu'à l'état d'esquisse, fragile et balbutiante. Mais il faut bien commencer quelque part.

Cette initiative de la Jirga de la paix doit être encouragée.

Les Afghans ont assez souffert de cette interminable guerre.

Ils ont droit à une autre perspective que celle d'un renforcement des troupes de l'OTAN, aux effets incertains. La communauté internationale doit se mobiliser pour soutenir le processus qui s'amorce. Il lui faudra - une nouvelle fois - débourser de l'argent pour financer un programme de réintégration dans la vie civile des résistants qui acceptent de déposer les armes. Elle devra aider à la mise en place d'un environnement diplomatique favorable. Certains pays - la Turquie et l'Arabie saoudite - sont voués à jouer un rôle de médiateurs décisif.

Mais il faut se garder de toute illusion, de coupables naïvetés qui pourraient semer les graines de futures crises. En dépit de toutes ses imperfections et de sa corruption, le système politique mis en place à Kaboul depuis 2002 comporte des acquis qu'il serait catastrophique de brader au nom d'une recherche de la paix à tout prix. Une société civile a pris forme, riche en groupes défendant les droits de l'homme et ceux des femmes.

Déjà flotte une petite musique "culturaliste", selon laquelle ces apports "occidentaux" sont étrangers aux "traditions" afghanes. L'argument est classique. Mais nombre d'Afghans, si l'on veut bien prendre la peine de les interroger, sont inquiets du prix politique qu'il faudra payer pour accommoder les résistants.

Ces derniers ont-ils modéré leur idéologie islamiste radicale ? Rien ne vient l'indiquer. Aussi faudra-t-il être d'une vigilance exemplaire pour éviter que la quête d'une porte de sortie ne s'accompagne de cyniques abandons.

Une partie des fonds destinés à l'acheminement de vivres et de munitions aux troupes américaines en Afghanistan serait détournée vers les résistants par les seigneurs de guerre, affirme une sous-commission du Congrès américain dans un rapport publié mardi.

L'argent, des dizaines de milliers de dollars par semaine, serait remis aux résistants afin de s'assurer leur bienveillance, via un contrat de 2,16 milliards de dollars sous lequel 70% de l'eau, des vivres et des munitions sont acheminés sur 200 bases et postes de combats américains en Afghanistan.

«Beaucoup pensent que les seigneurs de guerre des routes qui protègent les camions font des paiements aux résistants pour se protéger, afin de s'assurer un passage sans encombre», lit-on dans le rapport, un document de 86 pages qui doit être débattu mardi devant la commission.

Le rapport cite aussi l'exemple de l'armée italienne qui aurait payé des pots-de-vins pour sa protection. L'armée française qui a pris la succession des Italiens n'aurait pas payé et a subi une violente attaque de résistants en 2008 perdant 10 hommes, indique le document.

Le rapport, qui parle de «corruption» ou «extorsion» de la part de résistants, met en exergue des documents étayant les transferts d'argent.

Il cite notamment des notes d'une réunion entre les sous-traitants afghans et les logisticiens de l'armée qui donnent une estimation du coût de pot-de-vins allant de 1,6 million à 2 millions de dollars par semaine.

Le rapport regrette une «attitude dédaigneuse» envers ce problème de corruption de la part des entités du Pentagone chargé du contrat de transport.

«Il y a un certain nombre de changements constructifs qui pourraient être apportés à l'effort américain» de logistique en Afghanistan, poursuit le texte.

Parmi ces changements, le rapport parlementaire recommande notamment aux autorités américaines d'assumer directement la responsabilité du transport afin d'exercer une surveillance sur les sous-traitants engagés. Il préconise également d'augmenter le rôle des forces de sécurité afghanes sur les routes empruntées par les convois.

| 07.06.

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/201006/22/01-4292390-des-fonds-americains-detournes-vers-les-résistants.php


1-9 Guantanamo : Les dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage certaines analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

1 Brian May : ils ne parviennent pas à trouver refuge ailleurs …

De nombreux détenus restent à Guantánamo parce qu’ils ne savent pas où aller. Ils s’exposent à des persécutions s’ils repartent dans leur pays d’origine et ne parviennent pas à trouver refuge ailleurs. Amnesty International demande aux États de contribuer à la fermeture définitive de Guantánamo en accueillant ces détenus et en leur donnant la possibilité d’une vie nouvelle.

Le 3 février 2010, le Conseil fédéral suisse a accepté de fournir un nouveau lieu de vie à deux frères ouïghours qui ont été maintenus en détention à Guantánamo sans inculpation ni jugement pendant près de huit ans.

Arkin et Bahtiyar Mahmud, qui viennent de la région autonome ouïghoure du Xinjiang, en Chine, auraient couru le risque d’être torturés ou même exécutés s’ils avaient été renvoyés en Chine.

La Suisse a pris cette décision après des années d’action de la section suisse d’Amnesty International, qui s’est mobilisée dans le cadre du projet sur la protection internationale lancé par l’organisation de défense des droits humains. Participent à ce projet des militants d’Europe et d’ailleurs, qui demandent à leurs gouvernements d’accorder une protection aux détenus de Guantánamo quand ceux-ci risquent de subir des violations des droits humains en cas de renvoi dans leur pays d’origine.

Les autres pays ayant accueilli d’anciens détenus de Guantánamo incluent l’Albanie, la Belgique, la France, la Hongrie, l’Irlande, le Portugal et la Slovaquie.

Dans de nombreux cas, ces décisions ont été prises après un fort travail de pression, des démarches auprès des médias et une action associative menés par Amnesty International et d’autres. Dix autres Ouïghours se sont récemment vu offrir une nouvelle résidence provisoire aux Bermudes et aux Palaos.

Malgré ces initiatives positives, il reste à Guantánamo plus de 40 hommes ayant toujours besoin d’une protection humanitaire. Ils sont originaires de Chine, de Libye, de Russie, de Syrie et de Tunisie. Si aucun pays ne se propose pour les aider, certains d’entre eux pourraient être renvoyés chez eux et y subir des sévices, ou passer des mois, voire des années supplémentaires en détention illimitée sous la responsabilité des autorités américaines.

Il s’agit d’hommes que les autorités américaines n’ont, à la connaissance d’Amnesty International, aucune intention d’inculper ni de juger. La seule raison pour laquelle ils sont maintenus en détention tient au manque de lieux sûrs pour les accueillir. Certains d’entre eux sont libérables. Dans les faits, ces hommes ont été abandonnés à Guantánamo.

En janvier 2010, Amnesty International, le Centre for Constitutional Rights, Reprieve et Moazzam Begg, ancien détenu de Guantánamo qui dirige désormais l’organisation Cageprisoners, ont entamé une tournée européenne afin de demander à d’autres États d’accepter des détenus de Guantánamo. La tournée est notamment passée par l’Allemagne, le Luxembourg et la Suède.

Certains États, surtout en Europe, ont demandé avec insistance la fermeture de Guantánamo mais n’ont pas fait le nécessaire pour transformer cet objectif en réalité. Pourtant, dans l’accord conjoint sur la fermeture du centre de détention conclu par les États-Unis et l’Union européenne en juin 2009, certains États membres de l’UE s’étaient dits prêts à contribuer à l’accueil d’anciens détenus, la sélection se faisant au cas par cas.

Consciente que l’adaptation d’anciens détenus de Guantánamo à la vie dans un pays inconnu peut s’avérer difficile, Amnesty International demande aussi aux gouvernements de proposer à ces hommes des mécanismes de soutien pour qu’ils s’habituent mieux à ces conditions nouvelles. Cela suppose notamment de mettre à leur disposition une assistance médicale, juridique, psychologique et sociale. Les sections d’Amnesty International contribuent à ces efforts en contactant les ONG concernées dans leur pays, afin qu’elles prodiguent des conseils d’experts et une aide pratique à ces hommes.

Lakhdar Boumediene, ressortissant algérien, vivait en Bosnie-Herzégovine avant d’y être arrêté. Il a été incarcéré à Guantánamo pendant près de huit ans sans inculpation ni jugement. En mai 2009, il lui a été proposé de vivre avec sa famille en France. Près d’un an plus tard, s’il lui est encore difficile de s’adapter à une situation qui succède à des années de détention, il se fait à sa nouvelle vie avec l’aide d’Amnesty International France. Il a déclaré à Amnesty International : « Ça a été très dur pour moi […] J’ai essayé de me construire une vie. Et maintenant j’ai l’impression d’être comme tout le monde. Je me sens humain. »

Si d’autres pays acceptent de fournir une protection humanitaire à ceux qui se trouvent encore à Guantánamo, d’autres hommes tels que Lakhdar Boumediene auront la possibilité de se reconstruire une vie stable en toute sécurité, et nous nous rapprocherons de la fermeture définitive de Guantánamo.

Brian May

Amesty International,

20 mai 2010,

http://www.reopen911.info/News/2010/06/01/guantanamo-ou-en-sommes-nous/


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