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28/06/2010

n°439 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 26/06 - : Suite et Fin :- : Du cuivre, du lithium, du fer, de l'or, du niobium et du cobalt....

n°439  - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 26/06 - : Suite et Fin :- : Du cuivre, du lithium, du fer, de l'or, du niobium et du cobalt....


 


                          Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

                              Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan

   n°439                                                                                                                             26/06/09

                   C.De Broeder    &   M.Lemaire                       

 



Le Dossier " 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan " est visible  sur ...

a) Sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

 

c) Sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-4 Fred Kaplan : Les équipements hi-tech ont peut-être changé le visage de la guerre, mais pas sa nature.

1-5 P.W. Singer : Laisser les drones faire la guerre à notre place.

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 L’Afghanistan « est sur la bonne voie », déclare le secrétaire général aux parlementaires de l’OTAN

3 Annexe

3-1John Kozy : Le projet diabolique et criminel appelé États-Unis d'Amérique

 


1-4 Fred Kaplan : Les équipements hi-tech ont peut-être changé le visage de la guerre, mais pas sa nature.

Sommes-nous entrés dans l'ère de la guerre robotisée?

Des insectes cyborgs équipés de dards mortels sont-ils sur le point d'envahir les champs de bataille? P.W. Singer et Brad Allenby, pour Slate, semblent de cet avis.

Eh bien, permettez-moi d'en douter.

Certes, des appareils téléguidés, que l'on appelle parfois «drones», survolent de plus en plus fréquemment l'Afghanistan et le Pakistan. Ils embarquent des caméras haute résolution et des missiles redoutablement précis, lancés et guidés par des pilotes assis devant des «consoles de contrôle au sol» installées dans une base de l'US Air Force, à Creech, Nevada.

L'année dernière, pour la première fois de son histoire, l'armée de l'air américaine a formé davantage de personnes au pilotage de ces appareils télécommandés plutôt qu'à celui d'avions conventionnels.

L'armée de terre n'est pas en reste et s'est équipée d'une multitude de mini-caméras montées sur des missiles, ou capables de regarder derrière un coin de rue ou à l'intérieur de bâtiments suspects. Sans parler des D2R2 qui savent détecter et désarmer les bombes improvisées.

Super.

Mais je maintiens que ces divers progrès n'ont pas modifié la nature profonde de la guerre. Ces machines sont des outils tactiques, mais ils n'annoncent pas de révolution stratégique. De plus, ils sont toujours totalement dépendants des humains. Et, dans la mesure où l'armée américaine va continuer à se concentrer sur la lutte anti-guérilla plutôt que sur la guerre conventionnelle, l'intervention humaine restera encore très longtemps indispensable.

Faisons un peu d'histoire.

Le concept fondateur de ces armes ultra-perfectionnées a été formulé dans les années 1970, quand l'armée et la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) étaient à la recherche de nouvelles technologies qui auraient pu aider l'OTAN à repousser une invasion soviétique en Europe occidentale. Albert Wohlstetter, un petit génie que la DARPA avait engagé en free-lance, trouve alors deux pistes prometteuses. Le «véhicule piloté à distance» (VPD), c'est-à-dire un modèle réduit d'avion équipé d'un moteur de tondeuse à gazon, qui avait deux heures d'autonomie et pouvait porter 12 kilos de munitions. Et de nouveaux systèmes de guidage fonctionnant avec des lasers, des ondes millimétriques et les signaux d'un système GPS encore embryonnaire, systèmes capables de guider un missile avec une précision de quelques mètres.

Wohlstetter eu alors l'intelligence de faire fusionner ces deux projets. Dans un rapport écrit en 1975 et depuis lors déclassifié, il proposait de monter sous le VPD une caméra qui aurait filmé le sol et retransmis les images à une base, d'où un pilote aurait contrôlé l'appareil. Le VPD pouvait également embarquer une bombe, elle aussi larguée par le pilote et dirigée par le nouveau système de guidage.

Cette idée sera transformée en un programme d'armement baptisé «Assault Breaker» qui, au cours des vingt cinq années suivantes, va permettre de développer des systèmes d'armes pour l'armée de terre, la marine et l'armée de l'air, dont les drones qui survolent aujourd'hui l'Irak, l'Afghanistan et le Pakistan.

La fin de la guerre froide, qui coïncide à peu près avec l'invasion du Koweït par Saddam Hussein, donne un nouvel élan au projet, dans lequel les stratège de l'armée de l'air voient la possibilité de réaliser leur vieux rêve d'une guerre entièrement menée, et gagnée, du ciel.

Deux colonels de l'Air Force, David Deptula et John Warden, établissent une liste de 84 cibles en Irak, principalement situées à Bagdad, des points névralgiques du commandement militaire irakien. Il suffirait de détruire ces cibles (ce qui était désormais possible grâce aux «munitions intelligentes», comme on appelait alors les munitions à systèmes de guidage avancés) pour que le régime de Saddam Hussein s'effondre tel un château de cartes.

Les cibles furent détruites mais le régime tint bon.

A l'époque, il est vrai que nous n'avions que peu de munitions intelligentes. Elles coûtaient très cher (250 000 dollars l'unité) et elles n'étaient pas si intelligentes que ça. En effet, elles étaient guidées par des lasers que la fumée et la poussière difractaient, ce qui leur faisait souvent manquer leur cible. Au cours des neuf mois que dura l'opération Desert Storm, seul 9% des bombes larguées étaient «intelligentes». Et à la fin de la campagne, l'Air Force dû utiliser les bons vieux B-52 pour raser les positions irakienne avec des bombes normales, comme à l'époque de la guerre du Vietnam. Et même après tout cela, il fallut encore envoyer plus de 500 000 hommes pour repousser l'armée irakienne hors du Koweït.

A la fin des années 1990 apparaissent des bombes vraiment intelligentes, les JDAM (Joint Direct Attack Munitions). Il s'agit en fait de modules adaptables sur n'importe quelle bombe conventionnelle de l'arsenal américain. Ces modules ne coûtent que 25 000 dollars et sont guidés par un GPS, dont le signal n'est pas brouillé par la fumée ou le mauvais temps. C'est également à ce moment que sont lancés de nouveaux VPD, les drones de type Predator.

Le grand projet de Wohlstetter se concrétise enfin.

Depuis, tout le monde a entendu l'histoire de cet officier des forces spéciales qui patrouillait de nuit aux abords de Mazar-i-Sharif, une petite ville d'Afghanistan, le 15 octobre 2001. Grâce à ses jumelles équipées pour la vision nocturne, il repère un groupe de combattants talibans. Il sort son ordinateur portable, entre les coordonnées de l'ennemi et appuie sur «envoyer». Un drone Predator, en attente à plus de 7 000 mètres d'altitude, reçoit le message et le retransmet à une base en Arabie Saoudite. Là, un officier américain renvoie un autre signal qui dirige le Predator au-dessus de la zone concernée. Une caméra embarquée filme les talibans et renvoie l'image à la base, où l'officier ordonne au pilote d'un B-52, qui patrouillait dans ce secteur, d'attaquer la cible. Le pilote entre les coordonnées de la cible dans le récepteur GPS d'une de ses JDAM. Il largue la bombe qui atteint son objectif, explose et tue les talibans.

Entre le moment où l'officier des forces spéciales a entré les coordonnées sur son portable et celui où le pilote a largué la bombe, il s'est écoulé 19 minutes. Dix ans auparavant, cet enchaînement aurait pris trois jours. Quelques années plus tôt, il n'aurait tout simplement pas pu avoir lieu.

Au cours des semaines suivantes, la même chose se reproduit dans tout l'Afghanistan: une frappe aérienne incroyablement précise, suivie d'une offensive au sol menée par des Afghans assistés par de petits groupes de soldats, de marines, de bérets verts ou de conseillers de la CIA.

Au bout de cinq semaines, les talibans désertent Kaboul et les alliés des Américains prennent leur place.

Avant la fin de l'année, un gouvernement provisoire dirigé par Hamid Karzai, et bénéficiant d'un soutien international, est mis en place. Le ministre de la Défense, Donald Rumsfeld peut claironner que cette victoire prouve le bien-fondé de la «révolution» qu'il a imposé dans la conduite de la guerre.

Mais il a parlé un peu vite. Tout d'abord, comme nous l'avons appris depuis, les talibans étaient loin d'être vaincus et dès que notre attention se tourna vers l'Irak, ils commencèrent à revenir. Ce n'est pas que nous avions gagné la bataille mais perdu la guerre. C'est plutôt que nous n'avions pas fini la guerre.

Ensuite, et c'est le sujet qui nous intéresse, nos armes extraordinaires n'ont pas remporté les batailles, et encore moins la guerre, toute seule. Après les premières frappes de JDAM, les talibans ont appris à se camoufler afin d'échapper aux caméras des drones. Et des combats particulièrement violents ont eu lieu au printemps 2002, des mois après les fanfaronnades de Rumsfeld.

Avec le recul, on constate que les JDAM ont en fait joué le même rôle que l'artillerie ou les frappes aériennes, avec certes une meilleure précision et une rapidité inégalable. Mais ce sont toujours les troupes au sol, des êtres humains avec des bottes et un fusil, qui doivent attaquer l'ennemi et le vaincre.

A ce titre, la révolution, si révolution il y a bien eu lieu, n'a pas concerné la conduite de la guerre, mais simplement l'armée de l'air américaine. Loin d'avoir réalisé le rêve d'une guerre menée exclusivement du ciel, l'arrivée des drones a ramené l'Air Force à sa mission première: soutenir les troupes au sol.

Il faut alors rappeler que ces armes ne sont en aucun cas des «robots autonomes», selon l'expression employée par Allenby. D'ailleurs, l'Air Force a fait machine arrière et les appelle désormais des «véhicules pilotés à distance», notamment parce qu'elle s'est aperçue que ces engins mobilisent beaucoup plus de personnel qu'on pourrait le croire.

Il n'y a pas de pilote dans l'avion, mais le cockpit est bien le seul endroit où il n'y a pas d'être humain. Aujourd'hui, 108 Predators, Reapers et Global Hawks, les principaux VPD dont dispose l'Air Force, effectuent en permanence 42 patrouilles aériennes. (Avant la fin de l'année, ils en feront 50 et en 2013, ce sera 65). Il faut 3 VPD pour chaque patrouille, un qui survole la zone en altitude, un qui s'en approche et un qui doit rentrer à la base pour entretien.

Au sol, à la base de Creech dans le Nevada, chaque patrouille mobilise 43 personnes qui tournent pour faire les trois huit. Il faut notamment sept pilotes, sept opérateurs système et cinq coordinateurs de mission. Chaque équipe est appuyée par une unité de renseignement basée au QG de la CIA, à Langley, en Virginie. Chaque unité de la CIA comprend, pour chaque patrouille, 66 personnes, dont 34 opérateurs caméra et 18 spécialistes du renseignement. (Tous ces chiffres sont fournis par les relations publiques de l'armée de l'air).

Un jour, peut-être, une machine analysera les images, fera la différence entre alliés, ennemis et civils, et décidera s'il faut faire feu ou non. Mais, même avec beaucoup d'imagination, ce jour n'est pas prêt d'arriver. De plus, les évolutions récentes de la doctrine militaire, dans l'armée de terre ou chez les marines, repoussent encore plus loin une telle éventualité.

Pour remporter la lutte contre la guérilla, comme en Afghanistan (et, depuis 2007, en Irak), il est bien sûr indispensable d'envoyer des troupes terrestres au combat, mais il faut surtout que ces troupes apprennent à connaître le terrain et les chefs locaux, afin de rassembler des informations tactiques utiles et de comprendre les besoins de la population pour pouvoir, du moins en théorie, satisfaire ces besoins en collaborant avec les autorités civiles.

Le général Stanley McChrystal, chef du commandement américain en Afghanistan, a établi de nouvelles règles d'engagement destinées à minimiser les pertes civiles, au point d'exposer nos troupes à un risque accru. Il s'agit bien sûr de stratégie et non d'éthique: plus nous tuons de civils, plus nous montons la population contre nous et plus les insurgés trouvent facilement de nouvelles recrues.

Mais une chose est sûre. Si nos soldats, au sol ou depuis les airs, prennent parfois des civils pour des combattants ennemis, un robot commettra bien plus souvent ce type d'erreur. Certes, Singer et Allenby sont conscients de ce risque. Mais ils exagèrent considérablement son imminence.

Fred Kaplan

Traduit par Sylvestre Meininger

Samedi 12 Juin 2010

http://www.slate.fr/story/22883/guerres-technologiques-gagnent-pas-avec-merveilles


1-5 P.W. Singer : Laisser les drones faire la guerre à notre place.

La robotique bouleversera en profondeur les conflits armés... et notre mode de vie.

Il y a quelques semaines, je discutais au téléphone avec un journaliste à propos des critiques du sénateur texan John Cornyn contre le Ministère de la sécurité intérieure (Homeland Security).

Il lui reproche de tarder à livrer des drones Predator que le Texas compte utiliser pour surveiller sa frontière avec le Mexique. En parlant, je jetais parfois un œil sur mon écran d'ordinateur pour voir ce qu'il arrivait à mes deux plus précieuses possessions, mon équipe de foot virtuelle et mes placements financiers. Si tout allait bien pour les «Raging Pundits», on ne pouvait pas en dire autant de Wall Street. Le cours de certaines sociétés d'envergure nationale et même internationale avait chuté de 60 % en quelques minutes, et l'action d'Accenture ou de Boston Beer allait tomber à un centime avant de remonter à 40 dollars quelques instants plus tard.

Rapprochons les deux évènements. Un homme politique peste parce que le gouvernement fédéral ne lui a pas envoyé de robot pour patrouiller le long de ses frontières. Au même moment, notre système financier part en vrille, échappant à tout contrôle parce que les algorithmes sur lesquels les grandes sociétés financières fondent leur activité se sont mis à se comporter de manière étrange et imprévisible. En pensant à tout cela, j'ai eu l'impression de me retrouver dans I, Robot (le roman d'Isaac Asimov, pas le navet avec Will Smith). A la fin du livre, l'humanité s'est habituée à vivre aux côtés des robots et une intelligence artificielle dirige une économie devenue bien trop complexe pour être laissée aux mains des traders.

Quand l'armée américaine a envahi l'Irak en 2003, elle ne possédait qu'une poignée d'avions télécommandés, couramment appelés «drones», mais dont la désignation précise est «systèmes aéromobiles sans pilote.» Aujourd'hui, nous en avons plus de 7.000, qui vont du Predator long de 15 mètres au micro-appareil qu'un soldat peut porter dans son sac à dos. Nos forces d'attaque n'utilisaient aucun «véhicule terrestre sans conducteur», mais nous en avons désormais plus de 12.000, comme le Packbot, qui fait la taille d'une tondeuse à gazon, ou le Talon, un peu plus petit, tous les deux capables de détecter et de désarmer les bombes artisanales cachées au bord des routes. Le Packbot est fabriqué par la même société qui produit le robot aspirateur Roomba. Cette société s'appelle iRobot.

Ces machines pourtant bien réelles peuvent nous sembler sorties tout droit d'un film de science-fiction, mais il ne faut pas oublier que nous n'en sommes qu'à la première génération, l'équivalent de ce que fut la Ford T pour l'automobile ou le Flyer des frères Wright pour l'aviation. A ce titre, l'Air Force et l'armée de terre viennent d'établir des feuilles de route qui prévoient d'utiliser toujours plus de robots autonomes et armés. Si, face à des évolutions si rapides et profondes, on peut facilement rester bouche bée, un peu comme les traders à Wall Street il y a quelques semaines, il faut se rappeler que nous avons déjà traversé des bouleversements semblables. De nombreux experts comparent nos systèmes «sans pilote» aux véhicules «sans chevaux» du début du 20ème siècle. Or l'automobile joue aujourd'hui un rôle central dans nos sociétés. Elle a permis de mécaniser l'industrie, le transport et la guerre, mais elle a aussi changé radicalement l'organisation des grandes villes, donné beaucoup de pouvoir à des nomades du Moyen-Orient qui vivaient sur des terres désertiques dont personne ne voulait, et contribué au réchauffement de la planète.

Comme l'automobile, la poudre à canon, l'imprimerie ou la bombe atomique, la robotique promet de bouleverser en profondeur nos modes de vie. Cette nouvelle technologie semble receler un potentiel extraordinaire, mais ce qui compte avant tout, c'est la manière dont elle va changer nos sociétés. Nous ne connaissons pour l'instant ni la nature ni l'étendue de ces changements, mais si nous voulons les contrôler, il faut commencer par poser les bonnes questions.

Comment l'armée va-t-elle absorber ces nouvelles technologies?

En l'espace de quelques années, malgré la lenteur d'une bureaucratie souvent rétive au changement, l'armée américaine est passée de zéro à des milliers de robots. Malheureusement, comme me l'a expliqué un capitaine de l'Air Force, l'attitude dominante n'est pas «Réfléchissons afin d'optimiser», mais plutôt «J'en veux plus!»

Il faudra donc que le Pentagone résiste à l'habituelle tentation d'acheter des systèmes compliqués, peu flexibles et hors de prix, équipés de microprocesseurs plaqués or fabriqués dans les circonscriptions des membres du Congrès chargés de choisir les fabricants de ces mêmes systèmes.

Il est également indispensable d'organiser un débat sur la façon dont il faut utiliser ces robots, ce que les militaires appellent une «doctrine». Car la doctrine peut décider de l'issue d'une guerre, selon qu'elle orientera les États-Unis vers la version moderne de la Ligne Maginot ou de la Blitzkrieg. Et un tel débat ne concerne pas uniquement les questions tactiques, mais également la formation des soldats et l'organisation de l'armée. Quel type d'aide et de soutien faudra-t-il apporter aux personnes qui utiliseront ces nouvelles technologies et qui, si elles ne sont pas engagées physiquement sur le champ de bataille, sont pourtant exposées à de nouveaux types de stress? Quelles évolutions de carrière pourrons-nous leur proposer afin que l'inertie d'une organisation aussi vaste que l'armée ne l'empêche pas de s'adapter à ces changements? Il faudra aussi repenser le rôle des combattants et des civils à l'intérieur de ce nouvel espace technologique. A ce titre, est-il normal que 75% du travail d'entretien et de chargement des munitions sur le Predator aient été sous-traités à des entreprises privées, dont l'une des plus controversées, Blackwater/Xe?

Dans une guerre, comment les robots sont-ils perçus ?

A la date du 3 mai 2010, les véhicules américains sans pilote avaient effectué 131 frappes en territoire pakistanais, soit trois fois plus que le nombre de sorties effectuées par des avions conventionnels au début de la guerre du Kosovo, il y a dix ans. Selon les critères qui prévalaient alors, nous sommes en guerre avec le Pakistan. Mais alors, pourquoi estimons-nous ne pas être en guerre avec ce pays? Serait-ce parce que ces attaques sont planifiées et décidées par la CIA et non par l'armée? Une chose est sûre, cet état de fait a considérablement réduit l'ampleur du débat concernant ces frappes. Mais sommes-nous retombés dans les mêmes ornières qu'en 1961, lorsque la CIA maquilla des bombardiers B-26, en violation des conventions internationales, pour les envoyer soutenir l'invasion de la baie des Cochons, avec le résultat que l'on sait?

Nous sommes dans une situation pour le moins curieuse: la seule véritable guerre aérienne dans laquelle les États-Unis sont engagés n'est pas dirigée par un général de l'Air Force, mais par un ancien élu de la Californie au Congrès. Cela signifie non seulement que des civils américains utilisent des armes de guerre contre d'autres pays, mais aussi que ce sont des civils, notamment des juristes, qui doivent trancher des questions complexes liées aux concepts et à la stratégie opérationnels ou aux règles d'engagement. Or ils n'ont été ni formés ni élus pour de telles missions.

La perception qu'a l'ennemi de ces questions est tout aussi importante. A environ 10.000 kilomètres des États-Unis, nos frappes «précises» et «efficaces» sont perçues comme «cruelles» et «lâches» par la presse du Moyen-Orient. «Drone» est devenu un terme péjoratif dans la langue urdu et des groupes de rock pakistanais chantent une Amérique qui a perdu tout sens de l'honneur.

Contrairement à ce que prétendent les médias des deux camps, les hommes et les femmes qui pilotent nos armes robotiques font des efforts surhumains pour minimiser les pertes civiles, et celles qu'ils occasionnent sont insignifiantes comparées à celles causées dans n'importe quelle autre guerre passée. Mais cela ne change rien au fait que ces efforts ne parviennent pas à redorer notre blason dans certaines régions du monde. Et si nous n'arrivons pas à reprendre le contrôle du récit qui est en train de s'écrire, les États-Unis risquent de se retrouver dans le rôle d'Israël à Gaza, où les attaques ciblées de Tsahal contre des chefs du Hamas ont pour effet collatéral de pousser de plus en plus de jeunes garçons à rejoindre les rangs de l'organisation islamiste.

Les lois peuvent-elles suivre?

Les systèmes sans pilote ne sont pas seulement utilisés en zone de combat. Le ministère de la sécurité intérieure va les employer pour surveiller les frontières et la police locale cherche aussi à en obtenir (le comté de Miami-Dade vient d'obtenir une autorisation). Mais si la plupart des robots sont utilisés pour lutter contre la criminalité, repérer les feux de forêt, retrouver des survivants du tremblement de terre à Haïti ou colmater les fuites de pétrole (pour reprendre quelques exemples d'utilisations concrètes), certains sont utilisés à des fins moins louables. A Taiwan, des voleurs en ont utilisé pour cambrioler des appartements, et, en Arizona, les «milices des frontières», qui opèrent à la limite de la légalité, ont envoyé des drones effectuer des patrouilles non autorisées par l'Etat.

Ce phénomène de prolifération va nous obliger à aborder des questions qu'on ne se pose pas habituellement à propos des robots, comme par exemple celles des autorisations légales et de la formation. Par ailleurs, les robots enregistrent et accumulent des informations de toutes sortes. Selon un juge fédéral à qui j'ai parlé, cela va poser des problèmes en terme de protection de la vie privée et de validité des preuves recueillies de cette manière, problèmes qui remonteront certainement jusqu'à la Cour suprême. Le deuxième amendement de la Constitution m'autorise-t-il à posséder et à utiliser des armes robotiques? Pour l'instant, on dirait une blague, mais où faut-il tracer la limite, et en se basant sur quoi? A Atlanta, un patron de bar a construit un «robot anti-clochard» équipé d'une caméra infrarouge, d'un projecteur, d'un haut-parleur et d'un canon à eau. Il s'en sert pour chasser les SDF et les dealers qui s'installent sur le parking de son établissement.

Le problème n'est pas tant que les robots prennent des décisions à notre place, mais plutôt que le rôle joué par les être humains dans le processus de décision est déplacé géographiquement et chronologiquement. De quelques mètres pour le robot anti-clochard, de milliers de kilomètres pour les Predators ou de plusieurs années dans le cas des concepteurs de ces machines. Or ces décisions humaines influent lourdement sur le comportement de ces systèmes. En 2007, en Afrique du Sud, suite à un «problème logiciel», un canon anti-aérien automatique a tué neuf soldats pendant un entraînement. Enquêter et rendre une décision de justice sur de tels accidents, qui font penser à la célèbre scène de RoboCop, n'a rien d'évident.

Le progrès technologique semble accélérer à un rythme exponentiel, mais nos institutions peinent à suivre. Ainsi, les lois de la guerre, telles que définies par la Convention de Genève, ont été écrites à l'époque où les gens écoutaient Al Jolson en 78 tours et où une maison coûtait en moyenne 7.400 dollars. Comment ces lois s'appliquent-elles lorsqu'une arme du 21éme siècle comme le MQ-9 Reaper est utilisée contre un insurgé qui viole ces mêmes lois en se cachant dans une maison habitée par des civils ?

Les États-Unis vont-ils prendre le chemin du Commodore 64?

La robotique est un secteur industriel en pleine expansion, où les volumes de ventes se comptent déjà en milliards de dollars et dont la courbe de croissance s'annonce exponentielle. Le rôle croissant qu'elle tient dans la conduite de la guerre la place dès aujourd'hui au centre des questions de sécurité nationale. Malgré cela, et à la différence de la Corée, ou même de la Thaïlande, les États-Unis n'ont pas de stratégie nationale dans ce domaine. Comment comptons-nous concurrencer les 43 pays qui fabriquent, achètent et utilisent des robots militaires, dont certains alliés comme le Royaume-Uni ou l'Allemagne, mais aussi des rivaux comme la Russie, la Chine ou l'Iran? Pourrons-nous garder une longueur d'avance, ou allons-nous rester sur le bord de la route, comme tant d'autres pionniers de l'innovation technologique?

A ce propos, l'état de notre secteur industriel et le niveau de nos écoles en mathématique ou en science ont de quoi nous inquiéter. Par exemple, les États-Unis forment aujourd'hui moins d'ingénieurs qu'en 1986. Mais pas d'inquiétude, l'offre de diplômes dans le domaine des « parcs, loisirs, bien-être et forme physique» a augmenté de 500%.

Que devons-nous attendre de la révolution «open source»?

En terme de complexité, les robots n'ont rien à voir avec les porte-avions ou les bombes atomiques. La plupart des pièces qui les composent peuvent être achetées, et même fabriquées, assez facilement. La Luftwaffe d'Hitler n'a jamais réussi à traverser l'Atlantique pendant la Deuxième Guerre mondiale, mais un aveugle âgé de 77 ans vient de le faire avec un drone qu'il a construit lui-même. Il apparaît donc inévitable que ces technologies finissent par tomber en de mauvaises mains. Ainsi, le Hezbollah a utilisé quatre drones contre Israël au Liban et, selon la rumeur, Al-Quaeda aurait cherché à utiliser des drones pour attaquer un sommet du G-8.

Comme l'a rappelé la commission d'enquête sur les attentats du 11 septembre 2001, une telle tragédie a été rendue possible par notre «incapacité à imaginer l'inimaginable». Nous serons très probablement confrontés aux mêmes difficultés dans le domaine de la robotique. C'est pourquoi nous devons établir des stratégies militaires et de sécurité intérieure qui gouverneront l'utilisation de ces technologies sophistiquées, mais qui prendront aussi en compte la manière dont nos adversaires risquent de les utiliser contre nous. Cela signifie élargir le spectre des menaces contre lesquelles nos différentes agences doivent se préparer. Il faudra également établir un cadre légal définissant qui peut avoir accès à ces technologies, ou nous risquons fort de voir nos ennemis nous attaquer avec nos meilleures armes.

On peut bien sûr être tenté de ne pas prendre tout cela très au sérieux. Et il est vrai qu'un débat portant sur des lois applicables uniquement aux robots semble plus à sa place dans une convention de science-fiction que dans une conférence organisée par Slate à Washington. Mais souvenez-vous de ces vieilles chimères: le sous-marin de Jules Verne, «l'aéroplane militaire» de A. A. Milne, les «cuirassés terrestres» de H. G. Welles (rebaptisés «tanks» par Winston Churchill) et, bien sûr, la bombe atomique. Ce qui n'était qu'imaginaire il y a quelques décennies et devenu réalité à une vitesse incroyable.

Il est donc indispensable que des gens sérieux se penchent sur ces problèmes sérieux qui ne vont pas manquer de se poser bientôt. D'autant qu'avec les robots, on ne peut pas faire comme à la Bourse: annuler les opérations d'achat-vente qui nous dérangent et faire comme si rien ne s'était passé.

P.W. Singer

Dimanche 13 Juin 2010  

Traduit par Sylvestre Meininger

http://www.slate.fr/story/22883/guerres-technologiques-gagnent-pas-avec-merveilles



2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 L’Afghanistan « est sur la bonne voie », déclare le secrétaire général aux parlementaires de l’OTAN

Le 1er juin, le secrétaire général de l’OTAN, M. Anders Fogh Rasmussen, a pris la parole à la session de printemps de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, qui se tenait à Riga (Lettonie). Il a parlé de l'importance de la mission de l'Alliance en Afghanistan et de l'orientation stratégique à long terme de celle-ci.

Extraits
«[...] Je veux, en particulier, de parler avec vous de la priorité actuelle de l'Otan, l'Afghanistan, et comment vous pouvez aider à faire de notre engagement un succès.[...]
 

Neuf ans ont passé depuis que les premières forces internationales ont été déployées en Afghanistan.  Et il n'est pas surprenant qu'il y ait des doutes au sujet de cette mission aujourd'hui. Au fur et à mesure que nous nous éloignons du 9 / 11, de plus en plus de gens se demandent si notre sécurité est vraiment touché par ce qui se passe en Afghanistan. Ils se demandent si le prix que nous payons en vaut la peine. Et ils se demandent si ce combat peut réellement être gagné.  

Je comprends très bien ces questions. Mais comme la plupart des gens dans cette salle, je suis un homme politique. Je crois fermement qu'il est de notre responsabilité, en tant que politiciens, de diriger. Pour expliquer à nos populations ce que nous devons faire ensemble.

Et sur cette opération, mon avis est très clair. Cette mission doit réussir. Elle peut réussir. Et si nous sommes résolus, elle va réussir.  

Elle doit réussir parce que l'Afghanistan est toujours en première ligne dans la lutte contre le terrorisme international. Il y a moins dix ans, l'Afghanistan était le camp d'entraînement des terroristes internationaux de plus d'une douzaine de pays. Quand les résistantss ont été renversés, ils ont perdu ce havre de paix. Mais ils se battent maintenant pour le récupérer.

Est-ce important? Permettez-moi de vous poser cette question: combien de personnes auraient trouvé la mort il y a quelques semaines à Times Square si la voiture piégée avait explosé? [Eh? on a déjà quitté l'Afghanistan?? RM] Combien de citoyens de combien de pays à travers le monde en auraient été victimes? Nous avons tous eu beaucoup de chance que cette bombe n'ait pas explosé£. Mais il ne faudrait pas être aveugle sur ce que cela signifiait.

 Le fait est que si nous quittions prématurément l'Afghanistan, les Résistantss seraient de retour. Et avec eux Al-Qaïda. Le terrorisme se propagerait à travers l'Asie centrale et en Europe. L'instabilité se propagerait au Pakistan voisin [Ce Pakistan si stable actuellement-RM].  -  le Pakistan qui possède l'arme nucléaire - et à l'ensemble de la région Et nous serions une fois de plus face à des attaques dans nos aéroports, dans nos métros et dans nos rues. C'est un coût que nous ne pouvons tout simplement nous permettre. 

L'autre côté de la médaille, c'est ce à quoi ressemblera à l'Afghanistan, si nous maintenons le cap, et terminons le travail que nous avons commencé. Le terrorisme ne trouverait plus de havre, plus d'abri sûr, et plus d'inspiration en Afghanistan. Les Afghans - y compris les femmes et les filles - auraient plus de liberté politique, plus d'éducation et de meilleurs soins de santé que jamais auparavant. Et l'Afghanistan deviendrait un symbole puissant de la région, et au-delà, que le changement est possible. [Et tout le monde pourra enfin reprendre ses cutters et liquides explosifs - tel le dentifrice- en voyageant en avion. L'émotion nous étreint - RM] 

Certains d'entre vous sont peut-être en train de se dire : Jolie vision, Secrétaire général. Mais nous avons vu les titres des journaux ces dernières semaines, des attaques des résistantss sur nos troupes et nos bases. Est-ce que le succès est possible? Est-ce qu'on peut y arriver ?

Ma réponse est simple: oui. Cette mission peut réussir. Malgré la diffusion continue de mauvaises nouvelles, il y a des progrès réels accomplis vers la rencontre du véritable objectif de notre mission.

Cet objectif est politique. Changer les fondements politiques dans les principaux domaines stratégiques de l'Afghanistan. Marginaliser les éléments les plus extrêmes. Isoler du reste de la population ces terroristes qui ne déposeront jamais les armes. Renforcer le gouvernement élu. Cela donnera aux citoyens une vie meilleure. 

Notre stratégie pour atteindre cet objectif est actuellement déployée dans le centre de Helmand Central et à Kandahar. C'est le coeur du pays Résistants. Ils savent que s'ils perdent le soutien là-bas, ils le perdent là où cela les frappe le plus. Alors, ils se défendent - minant les routes pendant la nuit et terrorisant la population locale. Voilà pourquoi cela va lentement. 

Mais cela va dans la bonne direction. Pour la première fois, les dirigeants politiques locaux se réunissent pour choisir librement leur propre avenir. 3000 enfants, parmis lesquels de nombreuses filles, sont maintenant dans les écoles nouvellement construites. Les marchés sont en plein essor. Et les gens ont de plus en plus  confiance pour sortir et voyager sur les routes. 

Cela prendra plusieurs mois avant que nous ne sachions si ce progrès est irréversible. Cela dépendra pour beaucoup de savoir si le gouvernement afghan pourra s'acquitter de ses responsabilités envers son propre peuple, et nous les aidons à le faire. Mais les premiers signes sont que notre stratégie peut marcher, et qu'elle marche.

Ceci m'amène à mon dernier point: si nous gardons le cap, nous aqllons réussir. La feuille de route politique à venir est déjà claire.  [...]

Les choses bougent, et dans la bonne direction. C'est pourquoi ce n'est pas le moment de vaciller. Ce n'est pas le moment de donner aux Résistants l'idée fausse que nous pouvons être chassés. C'est le temps d'envoyer un signal clair - que nous resterons aussi longtemps qu'il le faudra pour terminer le travail. 

Le récent déploiement de troupes envoie ce signal. Nous avons maintenant les forces combattantes dont nos commandants besoin. Mais il nous manque encore quelques centaines de formateurs. Et j'en appelle à vous tous pour, de retour dans vos capitales, voir ce que vous pouvez faire pour combler cette lacune.

C'est très simple. Le plus tôt nous former les forces afghanes [les farces armées afghanes...], le plus vite ils pourront prendre l'initiative. Nous avons besoin d'investir un peu plus maintenant, afin que nous puissions, dans un proche avenir, commencer à faire moins. [...]» 

Original et intégral sur http://www.nato.int/cps/en/natolive/opinions_63981.htm



3 Annexe

3-1John Kozy : Le projet diabolique et criminel appelé États-Unis d'Amérique

Le gouvernement étasunien utilise la loi pour nuire aux gens et protéger les dirigeants

La loi est un crime majeur, bien plus grand que les activités qu’elle proscrit, et vous n’avez aucun moyen de vous en protéger.

Les gouvernants se protègent eux-mêmes. 

La loi ne protège pas les gens.

Elle est simplement un outil de châtiment.

Elle peut tout juste être utilisée, souvent sans succès, pour se dédommager du malfaiteur. 

Elle n’efface jamais le crime.  Exécuter le meurtrier ne ramène jamais sa victime à la vie.Mettre en prison les arnaqueurs de Ponzi ne vous rend pas votre argent perdu.  Et assigner BP en justice ne rendra pas les marais de Louisiane, ne ramènera pas la faune marine détruite, ou toute autre forme de vie sauvage, et ne rendra pas aux victimes ce qu’ils ont perdu.Suivez attentivement ce qui se produira dans les vingt prochaines années pendant que le gouvernement usera de la loi pour protéger BP, Transocean, et Halliburton tandis que les réclamations de tous ceux affectés par la marée noire disparaîtront dans les sables mouvants du système légal étasunien.

Jim Kouri, citant des études du FBI, écrit que « certains traits de caractères révélés par des tueurs en série ou des criminels peuvent être observés chez un grand nombre de membres de la sphère politique »; ils partagent les caractéristiques des psychopathes, qui sont hermétiques à l’altruisme, comme l’empathie envers leurs victimes ou le remords ou le sentiment de culpabilité vis-à-vis de leurs crimes. Ils possèdent les traits de personnalité du menteur, du narcissique, de l’égoïste et du vaniteux. Ce sont les personnes auxquelles nous avons confié notre destin. L’échec des États-Unis d’Amérique chez eux et dans le monde est-il si incroyable ?

Certains peuvent prétendre que tout ceci est une affirmation audacieuse, extrême.  J’étais moi-même surpris en lisant les données de Kouri. Mais pour les illustrer, il est facile de trouver des preuves anecdotiques. Lors de la dernière campagne présidentielle, John McCain a répondu ‘Bomb, bomb, bomb’ à la question portant sur l’Iran. Personne au gouvernement n’a exprimé le plus petit remords au sujet du meurtre de dizaines de milliers de gens à la fois en Irak et en Afghanistan, qui n’avaient absolument rien à voir avec les événements du 11 septembre, ni au sujet du ciblage prémédité de femmes et d’enfants par des drones sans pilote au Pakistan. Qu’est-ce qui distingue les tueurs en série de ces officiels du gouvernement ? La seule chose c’est qu’ils ne tuent pas eux-mêmes mais délèguent leurs crimes à d’autres. Mais c’est exactement ce que la plupart des parrains de Cosa Nostra faisaient.
Donc, certaines questions doivent être posées : le gouvernement des États-Unis est-il devenu une entreprise criminelle ?

La nation est-elle dirigée par des psychopathes ? Comment expliquer l’appauvrissement de la population, la promotion du complexe militaro-industriel et de guerres sans fin avec leurs massacres et génocides, la dégradation de l’environnement, le désintéressement de la détérioration infrastructurelle et le soutien, à l’étranger, de gouvernements autoritaires et corrompus (souvent appelés démocraties) ?  Pire que cela, pourquoi les entreprises peuvent-elles s’enrichir durant ces guerres pendant que les populations sont elles invitées à se sacrifier ? Pourquoi le gouvernement n’a-t-il jamais essayé d’empêcher de tels profits ? Ce n’est pas tant qu’il n’en soit pas capable.  Dans le langage commun, faire du mal au peuple est considéré comme un  crime.
Ce l’est encore bien plus lorsque ce mal est fait par les gouvernements, les systèmes légaux, ou les entreprises. Le gouvernement utilise la loi pour faire du mal au peuple ou protéger les dirigeants des conséquences du mal qu’ils font constamment au peuple. Il n’y a qu’à voir comment aucun responsable de la Massey Energy Company n’a jamais été poursuivi pour le désastre de la mine de charbon d’Upper Big Branch. Quand les entreprises sont accusées de malversation, elles répondent souvent que ce qu’elles ont fait était légal, mais légal n’est pas synonyme de juste.  Lorsque les criminels parviennent au pouvoir, ils légalisent la criminalité. 
A moins que le gouvernement des États-Unis ne modifie son comportement, la nation est condamnée. Aucun membre du gouvernement ne semble se rendre compte que la dissimulation encourage la méfiance, la méfiance la suspicion, et que la suspicion mène ensuite à la censure.  Le manque de prise de conscience de la part du gouvernement n’est-il pas une preuve de psychopathologie criminelle ?

John Kozy

John Kozy est professeur de philosophie et de logique à la retraite qui tient un blog sur des sujets politiques, économiques et sociaux. Après avoir servi dans l’armée US pendant la guerre de Corée, il passa vingt années comme professeur d’université et les vingt années suivantes comme écrivain. Il a publié un manuel en logique formelle commerciale, dans des revues académiques et quelques magazines commerciaux, et a signé des éditoriaux de journaux à titre d’invité.

Vous pouvez trouver ses travaux sur le net à l’adresse http://www.jkozy.com/  et vous pouvez lui écrire à partir de la page d’accueil du site web.
Article original en anglais : The Psychopathic Criminal Enterprise Called America, The Government uses the Law to Harm People and Shield the Establishment,

publié le 4 juin 2010. 
Traduction : Pascal Sacré pour Mondialisation.ca

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=19699



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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