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05/07/2010

n°537 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 03-07 : - Début : - "Israël" crée sa propre commission d'enquête, du café sans caféine.

n°537 - Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine - 03-07 : - Début  : - "Israël" crée sa propre commission d'enquête, du café sans caféine.



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

537 du 03-07

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis       :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

  

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



 

Sommaire

Tiré a part

 L’OTAN aurait dû défendre la Turquie face à Israël.

1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

1-1 Flottille:

1 "Israël" crée sa propre commission d'enquête, du café sans caféine.

2 Flottille: Paris juge positive la commission d'enquête israélienne…

3 Des mensonges israéliens pour justifier l’attaque meurtrière contre la flottille.  

4 L. Moulard  : Le Cynique, la Tortue et l'Imbécile.

5 Sanctionner Israël  : Lancement de mandats d’arrestation à travers le monde entier?

6 La Belgique, complice de crimes de guerre ?

2 Annexe

2-1 Nidal : La « mouvance pro-palestinienne » - Les mots sont importants.

2-2 Des Juifs contre Israël aux USA : plus nombreux, plus affichés, plus organisés.

2-3 Holger Apfel :  "il faut arrêter l’industrie de la shoah".

2-4 Chut! Détournement d'uranium hautement enrichi par un Etat voyou.  

2-5 Richard Gazarik : Relance de l'hypothèse d'un lien dans l'ouest de la Pennsylvanie avec le nucléaire israélien.

2-6 Protestez contre la politique discriminatoire de la répartition de l'eau.

2-7 Chavez devant Assad:Israël est un pays de crimes qui sera mis à sa place un jour.

2-8 Quand la drogue devient une arme de guerre...

 



Tiré a part

 L’OTAN aurait dû défendre la Turquie face à Israël.

Dans le monde versatile des alliances, il y a des attitudes qui laissent perplexe et celle de l’OTAN en est une : le raid meurtrier de la marine sioniste contre la flottille d’aides humanitaires pour Gaza aurait dû susciter une action concertée, de la part de l’Alliance, dans la mesure où la Turquie en est un membre actif et qu’à ce titre, elle a le droit de bénéficier de la protection de ses alliés.
Dans un récent article paru sur le site web « Information Clearing House », l’Américain William Blum, écrivain et historien de formation, relève ce paradoxe : pour lui, le désastre qui s’est produit, dans les eaux de la Méditerranée, est la conséquence logique de la double tragédie qu’a connu le Judaïsme, au siècle dernier, la tragédie de l’holocauste et celle de la création d’Israël. Au vu des événements qui rythment les relations internationales, Blum ne peut qu’avoir une vision très noire de l’avenir du monde. « Le monde où nous vivons semble aller droit à la confrontation. », estime-t-il. « Imaginez que la Turquie, en qualité de membre de l’Alliance Atlantique Nord appelle celle-ci à la rescousse, pour faire face à une agression armée de Tel-Aviv ; cet appel à l’aide ne peut, par principe, être ignoré, en vertu de l’article 5 de la Charte fondatrice de l’Organisation, le même article qui a servi de référence aux pays membres, pour qu’ils prêtent main forte aux Américains, une fois ceux-ci engagés, dans la guerre en Afghanistan, suite aux attentats du 11 septembre 2001. » Et Blum d’ajouter : « Car peut-on appeler autrement qu’un « casus belli », clair et net, à l’adresse d’Ankara, le fait qu’un navire immatriculé, en Turquie, et transportant des aides humanitaires, pour une population encerclée, soit pris d’assaut, dans les eaux internationales, et qu’il y perde, de surcroît, 9 de ses passagers, au cours d’un combat inégal ?… »
« Mais la réalité est que l’OTAN ne renoncera jamais à soutenir Israël. », reconnaît l’auteur. « Dire que les Américains, les Britanniques, les Français ou les autres Etats membres appuieraient, militairement, la Turquie, si, d’aventure, celle-ci en formulait la demande, relève de la puérile crédulité. Ce refus occidental sera, d’ailleurs, justifié, de la manière la plus ridicule qui soit. Seront avancés des arguments les uns plus illogiques, plus abracadabrants que les autres, et les alliés finiront par dire qu’aucune action n’est possible ». Mais quelle sera la réaction turque ?
« Dans une seconde phase, pronostique Blum, la Turquie pourrait être tentée d’appeler ses partenaires, au sein de l’OTAN, à abandonner leur soutien tous azimuts à Israël, mais a-t-elle quelque chance d’être entendue ? Bien sûr que non. Là aussi, comme ailleurs, la fin de non recevoir sera catégorique, car il n’est pas question de délaisser Israël, seul, face à ses déboires, dans un monde, où toute prise de position anti-sioniste est taxée d’antisémitisme. »
Selon Blum, la réaction la plus logique que les Turcs devraient manifester, face à ce rejet, consisterait à ce qu’ils claquent, tout bonnement, la porte, à l’OTAN, une alliance qui n’a d’alliance que le nom. Si Ankara opte pour cette option « radicale », son exemple risque d’être suivi par l’Azerbaïdjan et cinq autres petites républiques d’Asie centrale, « furieuses, elles aussi, de voir leurs intérêts faire toujours l’objet de compromissions entre les grandes puissances ». Pour l’auteur, « ce désistement général ne peut que déboucher sur une profonde crise de confiance, au sein de l’OTAN, avec, à la clé, l’émergence des questions sensibles que les petits membres évitaient, jusque là, de se poser. Ces derniers pourraient se demander, par exemple, pourquoi ils devraient s’impliquer là où les Américains le veulent, en Afghanistan, au Kosovo, en Irak, sous prétexte que la sécurité nationale du Big Brother est visée ? Cette grande interrogation fait, d’ailleurs, écho à celles posées, il y a quelques jours, par Charlie Rose, au vice-Président américain, Joe Biden, à un vice-président monté sur ses grands chevaux et qui prétendait : « Il faut exercer un maximum de pression sur Israël, de façon à ce qu’il autorise le transit de matériau de construction vers Gaza. », Rose a rétorqué : « Et bien M. le vice-président, que veut dire, exactement, exercer des pressions ? Avez-vous menacé Israël de lui couper les centaines de milliards d’aides militaires et économiques qui lui sont destinés, chaque année ? Avez-vous inséré le nom des autorités israéliennes sur la liste noire des gens qui sont interdits d’accès au territoire américain ou qui risquent de voir bloqués leurs comptes bancaires ? Tout le monde connaît le bilan catastrophique d’Israël, en matière des Droits de l’Homme ; c’est un gouvernement qui a à son actif le crime de guerre et le crime contre l’humanité. Ce sont des fautes graves, passibles de poursuite judiciaire, dans tout pays démocratique. Avez-vous réclamé que de telles poursuites soient engagées, à l’encontre des officiels israéliens, quand ils se rendent sur le territoire américain ou dans d’autres Etats démocratiques ? et puis, comment se fait-il que les Etats-Unis d’Amérique n’ont pas, eux-mêmes, pris l’initiative d’exporter des matériaux de construction vers Gaza ? »
Selon Blum, le double langage de l’administration américaine et son laxisme, face à Israël, finiront par scandaliser les Américains, car, comment la conscience collective de la société peut-elle se conformer à des contractions aussi flagrantes que celles-ci : « Alors qu’Israël qualifie de terroristes les pacifistes, à bord de la « flottille de la liberté », ceux là même qui ont tenté les mains nues de se défendre, face à l’assaut de ses commandos, les Américains, eux, se souviennent des passagers de l’avion détourné, le 11 septembre 2001, comme autant de héros, pour avoir cherché à désarmer les preneurs d’otages. »
Blum en vient, d’ailleurs, à dépoussiérer deux autres affaires identiques à celle de la « flottille de la liberté ». « En 2009, écrit-il, la marine sioniste s’est attaquée à un bateau transportant des médicaments qui voguait dans les eaux internationales vers Gaza ; une ancienne congressiste, Cynthia McKinney, se trouvait à bord. Quelque 28 ans plus tôt, c'est-à-dire, en 1967, une attaque similaire de la marine sioniste visait un autre navire américain, « USS Liberty ». Le raid a couté la vie à 34 Américains et en a blessé 173 autres ». Et Blum poursuit : « Quelle fut la réaction du Président Nixon, à l’époque, presque la même que celle du Président Obama, à savoir, un petit coup de colère suivi de vains regrets ».
« On aurait aimé que, dans le cas de la « flottille de la liberté », la ministre des A.E, Hillary Clinton, s’en prenne à Israël, un peu comme elle l’a fait, face à la Corée du nord. A Pyongyang, qui venait de frapper un navire de son voisin du sud, elle a lancé une mise en garde catégorique, « comme quoi les Nord-Coréens feraient mieux de renoncer à ce genre de provocations et de menaces et de s’engager, sagement, sur la voie du démantèlement de leurs armes nucléaires. Clinton a, clairement, laissé entendre que le raid ne resterait pas sans impacts sur le pays qui l’a planifié…. ». « Pour quelle raison, se demande Blum, la diplomatie américaine ne tient pas un langage similaire envers Israël, alors que ce pays n’a pas hésité à revendiquer, haut et fort, l’opération armée contre le convoi maritime pour Gaza et qu’il reconnaît lui-même avoir en sa possession des bombes atomiques. »
A la fin de son article, Blum relève l’hypocrisie du président, quand Obama annonce que « personne n’est au-dessus des lois », mais qu’il refuse, dans le même temps, de donner son aval à une action en justice contre Bush et Cheney ; ou encore, lorsqu’il affirme que « l’avenir n’appartient pas aux pays qui stockent les missiles », alors que l’arsenal américain ne cesse de s’agrandir, de jour en jour. « Le temps est, peut-être, venu, pour que les Américains cessent de jouer les incrédules. Il est grand temps, pour eux, de se dresser contre ceux qui les prennent pour des imbéciles.»

18 Juin 2010

http://french.irib.ir/

 

 



1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

1-1 Flottille:

1 "Israël" crée sa propre commission d'enquête, du café sans caféine.

"Israël" qui a catégoriquement rejeté le principe d'une mission d'enquête internationale a annoncé la création de sa propre "commission d'enquête".
Celle-ci sera dirigée par un juge en retraite de la Cour Suprême israélienne, Yaakov Tirkel, 75 ans, et comprendra deux "observateurs" étrangers, mais qui n'auront même pas le droit de voter sur les travaux et les conclusions de la commission.
Le mandat de ces deux étrangers: Lord Trimble, ancien chef du Parti unioniste d'Ulster (protestant), et Ken Watkin, un ex-avocat général de l'armée canadienne sera également limité.
La mise en place de cette "commission publique", approuvé à l'unanimité par le gouvernement israélien, répond à deux impératifs, a expliqué lundi le Premier ministre Benjamin Netanhyahu: "Préserver la liberté d'action de nos soldats et prouver que nos actions étaient de caractère défensif et donc justifiées" sur le plan du droit international, selon ses prétentions. 
Netanyahu a confirmé que ladite commission ne pourrait interroger directement les militaires impliqués, à l'exception du chef d'état-major Gaby Ashkénazi.
Selon un communiqué du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu, cette commission aura pour mission d'"enquêter sur les aspects relatifs à l'action entreprise par "Israël" pour empêcher des navires d'atteindre les côtes de Gaza". Le gouvernement Netanyahu attend avant tout d'une telle commission une justification légale et à postériori du raid meurtrier.
Le communiqué explique que cette commission, qui pourra auditionner "n'importe quelle personne ou organisation", se penchera sur "les raisons sécuritaires à l'origine de l'imposition du blocus maritime de Gaza et la conformité de ce dernier au droit
international". De même, elle vérifiera si l'arraisonnement du 31 mai pour appliquer le blocus maritime a respecté la législation internationale.
Enfin, elle "examinera les actions des organisateurs et des participants de la flottille, et établira leurs identités". Israël a accusé les passagers de la "Flottille de la liberté" qui s'étaient défendu d'avoir "déclenché les violences", et pour certains d'être liés à des soi-disant "organisations terroristes". 
Cependant, les médias et des juristes israéliens ont critiquée la création d'une telle commission avant même sa naissance, la jugeant "peu crédible".  
Un ancien ministre de la Justice et juriste reconnu, Amnon Rubinstein, a ainsi affirmé que "de même qu'il existe du café sans caféine, il existe des commissions d'enquête sans enquête".  
Le Yediot Aharonot, titrait dès la semaine dernière sur une "commission light". "Ce ne sera pas une commission d'enquête, cela se résumera au mieux à un séminaire docte sur des questions de droit international", affirmait son éditorialiste.
Attendue depuis des jours, la décision, annoncée tard dimanche soir, survient après des négociations apparemment ardues avec l'administration Obama. 
Dimanche, Ottawa et Washington ont salué la création de WASHINGTION ET OTTAWA SALUENT LA CREATION DE CETTE COMMISSION cette commission la qualifiant d'"important pas en avant". Les Etats-Unis ont en outre souhaité que ses travaux soient terminés "rapidement" et ses conclusions présentées à la communauté internationale.  
Rappelons que le 31 mai à l'aube, la marine israélienne avait intercepté dans les eaux internationales une flottille chargée d'aide qui tentait de "briser" le blocus de la bande de Gaza imposé par "Israël" depuis 4 ans. Neuf activistes turcs sont tombés en martyre lors de cet assaut.

14/06

 

2 Flottille: Paris juge positive la commission d'enquête israélienne…

La présence d'observateurs internationaux,  qui n'auront même pas le droit de voter sur les travaux et les conclusions de la commission créée par "Israël" "est un élément positif", c'est ce qu'a estimé, lundi, le ministère français des Affaires étrangères. 
   "Nous espérons que cette commission sera, conformément à la déclaration présidentielle du Conseil de sécurité des Nations unies du 1er juin, en mesure de mener des travaux crédibles, transparents, impartiaux et dans le respect des normes internationales", a ajouté la porte-parole adjointe du Quai d'Orsay, Christine Fages en réponse à une question pour savoir si cette commission répondait aux attentes françaises.  
Le gouvernement israélien a approuvé lundi à l'unanimité la création d'une "commission publique", avec la participation de deux observateurs étrangers, pour enquêter sur le raid. 
La commission, présidée par le juge en retraite de la Cour Suprême israélienne, Yaakov Tirkel, 75 ans, a pour mission d'examiner la conformité de l'arraisonnement israélien et du blocus maritime imposé depuis quatre ans contre la bande de Gaza, avec le droit international.

14/06/2010.

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=142047&language=fr

 

3 Des mensonges israéliens pour justifier l’attaque meurtrière contre la flottille.  

Mentir pour se sortir du pétrin est une spécialité sioniste par excellence.

Depuis l’attaque meurtrière contre la flottille, les dirigeants en sortent de toutes les couleurs pour la justifier. Des mensonges tellement gros qu’ils sont incroyables.  
Il en est ainsi pour la dernière déclaration du chef des renseignements israéliens Youval Diskin, lequel a prétendu que le Hamas et le Jihad islamique ont désormais en leur possession quelques 5000 roquettes d’une portée de 40 Km.  
Selon le chef du Shin Beth, "la plupart des roquettes sont produites localement. Le Hamas dispose de 4.000 roquettes et le Jihad islamique d'un millier. Des dizaines de roquettes ont été passées en contrebande par des tunnels. Le Hamas dispose en outre de quelques roquettes d'une portée supérieure à 40 km qui peuvent atteindre le centre d'Israël".  
S’exprimant lors d'une réunion de la commission de la Défense et des Affaires étrangères du Parlement israélien, Diskin donnait ce chiffre, sans en préciser les sources, dans la perspective de contrecarrer les efforts européens pour alléger le blocus qui fait l’objet de tentatives de plus en plus osées de la part de militants internationaux pour le briser.
  "Un éventuel allégement des procédures pour l'importation de marchandises à partir d'Israël ne poserait pas de problème. La contrebande dangereuse pour la sécurité d'Israël passe par les tunnels reliant le Sinaï (égyptien) au sud de la bande de Gaza", a-t-il ajouté.
Selon le chef du Shin Beth, le Sinaï "attire les réfugiés d'Al-Qaïda qui arrivent d'Irak en passant par la Jordanie. Toute sorte d'autres terroristes venant de la bande de Gaza s'y retrouvent aussi de même que des complices du Hezbollah libanais".
Sachant que durant l’offensive israélienne Plomb durcie contre la Bande de Gaza, déclenchée pour contrecarrer les roquettes palestiniennes, ces dernières ont été presque inefficaces.

En témoigne le nombre des tués israéliens qui n’ont pas dépassé les 13, alors que le nombre des victimes palestiniennes s’est élevé à 1300.
De plus le fait d’avancer le chiffre de 5.000 roquettes relève d’un mensonge tellement gros qu’il se renverse contre ceux qui le profèrent. Il insinue que le blocus imposé contre la Bande de Gaza a été inefficace et justifie non pas sa poursuite, mais sa levée !! Car inefficace !   
 http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=142314&language=fr V

 

4 L. Moulard  : Le Cynique, la Tortue et l'Imbécile.

Les cyniques diront que rien ne bouge avant qu'il n'y ait un mort.

Et les cyniques ont raison.

Mais les cyniques ajouteront que le conflit israélo-palestinien dure depuis si longtemps que même les neuf morts de la flottille humanitaire Free Gaza ne vont pas être suffisants pour créer l'impulsion mettant fin à cette guerre fratricide. Et les cyniques préciseront que les neuf morts étaient turcs, et qu'en relations internationales, qu'on le veuille ou non, un Turc ne vaut pas un Américain. Qu'aurait fait Obama si, à la place des Turcs, neuf Américains étaient morts ?
Au lieu de se concentrer sur le substitut qu'a constitué le blocus de Gaza, il n'aurait peut-être pas transigé sur la commission d'enquête "
internationale et indépendante" et aurait imposé cette proposition de l'ONU à Israël.

Mais revenons à notre mouton, car ces neuf morts ont participé à ébranler un peu plus le tabou israélien aux Etats-Unis.

Pendant des années, le débat aux Etats-Unis a été étouffé voire muselé par les puissants lobbies juifs américains, en particulier l'AIPAC (American Israel Public Affairs Committee).

Tout discours sur Israël passait au travers d'un spectre binaire : soutien à la politique de Tel-Aviv ou ennemi de l'Etat hébreux, voire antisémite. Et quand bien même ceux qui montaient au créneau pour critiquer la politique israélienne étaient juifs -  comme les journalistes de gauche Tony Judt, Eric Alterman ou le centriste Joe Klein - étant difficile de les taxer d'antisémitisme, on a créé rien que pour eux une nouvelle appellation contrôlée : "self-hating jew" (juif qui se déteste). Voilà comment discréditer quiconque voulant remettre en cause le meilleur allié des Etats-Unis.
Situation familière à la situation française - mais n'allons pas trop vite en besogne -,
les Américains se voulaient plus royalistes que le roi. Journaliste dans le magasine de gauche The Nation, Eric Alterman expliquait, il y a 3 ans : "Pendant des années, nous avons vécu une situation ubuesque : il y avait davantage de débat et de liberté de ton dans la presse israélienne que dans les médias américains."
Les années Bush n'ont pas aidé, la politique des néocons au Moyen-Orient suivant pratiquement les contours de la politique du parti conservateur israélien mené par Ariel Sharon puis Benyamin Netanyahu, le Likoud.
Le journaliste de
Mediapart Thomas Cantaloube explique : "Mearsheimer et Walt (qui ont publié le livre Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, en 2007) et, dans leur foulée l’ex-président Jimmy Carter, auteur en 2007 d’un ouvrage, Palestine : la paix, pas l’apartheid, ont donc subi la volée de critique réservée à ceux qui ne suivaient pas l’alignement des politiques américaines et israéliennes. Mais comme ces auteurs étaient plus difficiles à faire taire, ou même à écarter à coup d’insultes, que d’autres penseurs critiques comme Noam Chomsky ou Norman Finkelstein, la tonalité du débat a commencé à changer".
S'ensuit la création du lobby juif de gauche J-Street, l'intense activité des blogueurs et des événements importants au Moyen-Orient : la guerre au Liban en 2006, la guerre de Gaza, le rapport Goldstone et aujourd'hui, le raid meurtrier sur la flottille humanitaire Free Gaza.
Et Cantaloube d'ajouter : "
Les juifs américains n'ont plus à choisir entre Bush et Sharon mais entre Obama et Netanyahu."
Mais bien que des voix s'élèvent aux Etats-Unis pour mettre en garde contre le danger stratégique que représente un soutien inconditionnel à Israël (à savoir le général Petraeus face au Congrès et l'ancien diplomate Anthony Cordesman dans une tribune reprise par le journal le Monde sous le titre "Israël est-il devenu un risque stratégique pour les Etats-Unis"), la relation presque consanguine entre les deux Etats dépasse le cadre rationnel du réalisme. S'ajoute à cela l'énorme poids financier de l'AIPAC au Congrès, le lobby pro-israélien finançant les campagnes électorales de dizaines de sénateurs et représentants.
Le processus pour infléchir les esprits et la politique américaine prendra donc des années, mais aujourd'hui, on en est au point où le plus petit mouvement est bon à prendre.
En France, un débat monopolisé par quelques intellectuels médiatiques
Suite au raid meurtrier et à l'ouvrage de Régis Debray publié fin mai et intitulé
A un ami israélien (en l'occurrence à Elie Barnavi, ancien ambassadeur d'Israël en France), la scène médiatique française a été le lieu de nombreux débats, en grande partie monopolisés par les intellectuels habituels du genre Bernard-Henri Lévy, Claude Lanzmann, Alain Finkelkraut...
Elisabeth Lévy, journaliste au
Point, s'est jointe à la meute en accordant une interview à Lanzmann intitulée "Debray ne comprend rien à Israël". Sur Médiapart encore, Debray s'exprime : "Je m'attendais à pire, l'accueil fut moins virulent que je ne le pensais. Le Crif, Lanzmann, les radios communautaires ont accompli leur devoir : ce sont des fanatiques qui rencontrent une culpabilité française, tout simplement. Leur prépondérance médiatique s'accorde avec une sorte de repentance. Je trouve savoureux de voir Lanzmann, juif français plus israélien que les Israéliens, m'accuser de ne rien comprendre à Israël, dont un ancien ambassadeur en France, Elie Barnavi, me crédite d'avoir pigé l'essentiel. C'est symptomatique de l'hiatus entre l'extrémisme de la diaspora et le réalisme autochtone."
Bien sûr, les critiques professionnels peuvent finir par être ennuyeux, mais de la part d'intellectuels, on pourrait s'attendre à un peu plus d'argumentation que "
comment voulez-vous discuter avec le Hamas ? C'est une organisation terroriste qui veut et qui prône la destruction d'Israël. Et vous voudriez discuter avec eux ?" (Elisabeth Lévy).

Une argumentation qui se mort la queue sans jamais interroger le bien-fondé d'un consensus qui veut qu'on ne discute pas avec les méchants pour les punir de leurs mauvaises paroles. Bien sûr, les mots ont un poids, mais que se cache-t-il derrière la rhétorique du président Ahmadinejad et celle du Hamas sur la destruction de l'Etat hébreux ? Une surenchère médiatique destinée à placer l'Iran dans une position de tête de la contestation internationale face à une certaine hégémonie occidentale, et le Hamas dans un position de tête de la contestation palestinienne face à Israël, devant le Fatah, parti du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.
A côté de cela, lorsque l'on s'interroge sur les moyens possibles pour montrer à Israël son désaccord, on boycotte des films israéliens dans les festivals internationaux et dans des cinémas comme la chaîne Utopia, quand bien même le milieu artistique israélien est l'un des plus critiques à l'égard du gouvernement israélien et produit des œuvres comme
Valse avec Bachir, sur le rôle qu'a tenu Tsahal lors du massacre de Sabra et Chatila en 1982.
Puis le romancier suédois Henning Mankell, qui a participé à la flottille Free Gaza, se demande s'il ne va pas interrompre la traduction de ses romans en hébreu, punition évidemment très douloureuse pour le gouvernement israélien, et des musiciens annulent leurs spectacles en Israël alors qu'ils auraient ainsi eu une fenêtre relativement sûre pour apporter de l'air frais et quelques critiques bienvenues à l'Etat hébreu.
Décidément, les Palestiniens ne sont pas aidés.

L. Moulard   

17/06/2010

 http://french.pnn.ps/index.php?option=com_content&task=view&id=4922

 

5 Sanctionner Israël  : Lancement de mandats d’arrestation à travers le monde entier?

Nations Unies, le 4 juin 2010 (IPS).

Si, tel que nous le pensons, le Conseil de sécurité de l’ONU reste politiquement impuissant et refuse de sanctionner Israël pour le meurtre de neuf civils pro-palestiniens tués sur un bateau acheminant de l’aide humanitaire à Gaza, quelles sont les autres avenues possibles?

Des sanctions formelles et informelles venant des différents États, un à un?

Le lancement de mandats d’arrestation à travers le monde entier?
Deux experts en droit constitutionnel, le Professeur Richard Falk, Rapporteur spécial de l’ONU concernant les Territoires Occupés et Micheal Ratner, Président du Centre newyorkais pour les Droits Constitutionnels, évoquent différentes possibilités.

L’impasse au Conseil de sécurité de l’ONU doit rappeler aux forces de la société civile que la justice pour les Palestiniens ne peut être obtenue que par une résolution de conflit de la base vers le sommet telle que la campagne de délégitimation qui a si bien marché dans la lutte pour vaincre le racisme en Afrique du Sud, déclarait Falk.
À la question demandant comment punir ou pénaliser Israël pour les atrocités commises, si des actions doivent être prises en dehors du Conseil de sécurité de l’ONU, Falk a précisé qu’il y avait deux types de réponses punitives possibles :

Premièrement, par la mise en place de solides initiatives diplomatiques telle que la détérioration des liens commerciaux et de relations relatives à la sécurité d’Israël ainsi que l’avance la Turquie et d’autres États. Des États peuvent aussi adopter des sanctions formelles ou informelles à son endroit.

Deuxièmement, par le biais d’initiatives de la société civile ayant pour objectif la délégitimation d’Israël tel que par un tribunal citoyen, de dire Ratner, où les citoyens blessés de divers pays peuvent lancer, chacun de leur pays, des poursuites judiciaires visant les responsables israéliens qui ont commandé ces attaques dont ils ont été victimes dans les eaux internationales.

«Des mandats d’arrêts internationaux devraient être lancés contre eux. Les dirigeants israéliens doivent comprendre qu’ils peuvent se prévaloir d’une impunité en Israël, mais qu’ils sont en périls lorsqu’ils en sortent » a-t-il dit.

Adapté de : « A Global Civil Society Campaign to De-Legitimise Israel? », écrit par Thalif Deen et publié le 4 juin 2010 par l’Agence Inter Press Service (IPS).
PAJU (Palestiniens et Juifs Unis) no 488 le 18 juin 2010

http://www.ipsnews.net/news.asp?idnews=51724

Distribué  par  PAJU (Palestiniens et Juifs  Unis)

WWW.PAJUMONTREAL.ORG

 

6 La Belgique, complice de crimes de guerre ?

A la suite de l’attaque meurtrière israélienne sur la flottille humanitaire Free Gaza, une "carte blanche" (texte ci-dessous) a été rédigée par des professeurs d’Universités et divers acteurs de la société civile.

La publication de ce texte a été refusée par les deux quotidiens belges francophones de référence, Le Soir et La Libre Belgique ainsi que par le quotidien français Le Monde.

L’argument avancé par les trois journaux est identique : « Manque de place ! ». Il est à noter qu’entre l’envoi de notre texte à La Libre Belgique et la réception de leur réponse négative : il s’est exactement écoulé 18 minutes ...

Les auteurs sont aussi consternés par ce triple refus que par la gravité des faits qui ont suscité le texte. Contournant ce rejet d’ouvrir un débat à la hauteur de l’indignation planétaire qu’à provoqué le dernier crime de l’État d’Israël, nous avons entrepris de faire circuler ce texte en dehors des médias traditionnels. Nous vous invitons à le diffuser largement.

Sa circulation massive démontrera la futilité des efforts de ceux qui pensent qu’il est encore possible aujourd’hui d’étouffer un débat légitime et nécessaire.

Olivier Mukuna

15 juin 2010

La Belgique, complice de crimes de guerre ?

En 2009, le Conseil des droits de l’homme des Nations unies adopte une résolution condamnant l’absence de collaboration d’Israël à l’enquête de la commission conduite par le juge Goldstone.

Son rapport concluait que des « actes assimilables à des crimes de guerre et peut-être, dans certaines circonstances, à des crimes contre l’humanité » avaient été commis par l’armée israélienne et des militants palestiniens lors de l’offensive militaire israélienne contre Gaza fin décembre 2008. Que fait la Belgique lors du vote de ladite résolution ? Elle s’abstient !

1,5 millions de Gazaouis survivent dans une bande de terre équivalente à 1% de la superficie du territoire belge, en situation de catastrophe humanitaire depuis l’embargo illégal imposé par Israël en juin 2007. Un convoi civil maritime tente de forcer ce blocus en apportant une aide humanitaire aux assiégés. Il est assailli dans les eaux internationales par les militaires israéliens qui tuent, blessent ou enlèvent un nombre encore indéterminé de civils dont 5 Belges. Le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU vote une résolution relative à la mise en place d’une "mission d’enquête internationale". Que fait la Belgique ? Elle s’abstient !

Le blocus de Gaza est justifié par la prise du pouvoir par le Hamas en juin 2007. Mais pourquoi celui-ci ne pourrait-il pas exercer le pouvoir, alors qu’il a gagné les élections en janvier 2006 dans l’ensemble du territoire plus ou moins administré par les Palestiniens ? En quoi le Hamas serait-il moins légitime que le parti d’extrême-droite du ministre israélien des Affaires étrangères ?

Le Hamas est accusé de vouloir détruire Israël, ce qui est supposé justifier toutes les sanctions contre les habitants de Gaza. Mais la revendication fondamentale du Hamas, comme de tout le mouvement national palestinien depuis la création d’Israël en 1948, c’est le droit au retour pour les réfugiés expulsés ou ayant fui à l’époque. Au nom de quoi refuse-t-on à des réfugiés de rentrer chez eux après un conflit ? De plus, ce droit est sanctionné à la fois par l’article 13 de la Déclaration Universelle des droits de l’homme et par la résolution 194 du Conseil de Sécurité de l’ONU. Mieux, comment peut-on considérer qu’un « peuple » a le droit de « revenir » sur une terre habitée par ses supposés ancêtres il y a 2000 ans, mais que les habitants de cette terre en 1948 ou leurs enfants n’ont pas ce droit ?

En pratique, le mouvement national palestinien, y compris le Hamas, accepte de renoncer à ce droit et se borne à demander l’établissement d’un Etat palestinien sur les seuls 22% de la Palestine historique conquis par Israël en 1967. Plus globalement, un plan de paix adopté par le Sommet arabe en 2002 propose la reconnaissance d’Israël par les Etats arabes en échange de son retrait des territoires conquis en 1967. Ceux-là même que la résolution 242 du Conseil de Sécurité de l’ONU exige qu’Israël évacue.

Depuis le « processus de paix » d’Oslo, qui remonte à 1993, cette solution -deux Etats pour deux peuples - est bloquée. Mais par qui ? Comment peut-on penser que c’est le faible, celui qui n’a pas d’Etat, qui empêche le fort de lui en octroyer un ? Quand la résistance palestinienne est non violente, on étend la colonisation. Quand elle devient violente, Israël en prend prétexte pour justifier l’arrêt des négociations.

Guerre du Liban, blocus et assauts contre Gaza, assassinats ciblés de leaders politiques palestiniens, extension constante des colonies, et aujourd’hui, attaque en haute mer de civils ressortissants de plus de 40 pays différents. A chaque fois, Israël oppose la même justification : sa raison d’Etat prime sur le droit et les institutions internationales. Un tel mépris de la Communauté internationale n’est possible que par la complaisance conciliante des gouvernements des Etats-Unis et de l’Union européenne.

Sans doute les pacifistes du Free Gaza Flotilla n’avaient-ils plus grande confiance dans les organisations internationales pour exprimer leur refus du blocus de Gaza. Ils ont cher payé, certains de leur vie, la lâcheté de leurs représentants politiques, souvent si prompts à condamner verbalement Israël pour mieux occulter leur obstruction à toute action coercitive sanctionnant l’état hébreu. La récente adhésion d’Israël à l’OCDE à l’unanimité de ses membres, dont la Belgique, n’est pas faite pour les contredire.

Faut-il rappeler qu’en 2007 la Belgique fut le cinquième exportateur d’armes européen vers Israël ?

Faut-il rappeler que les aéroports belges demeurent des points de passage obligés pour les importations israéliennes ? Que l’Union Européenne est le premier partenaire commercial d’Israël ?

Faut-il rappeler que le droit international reconnait la légitimité de la résistance armée en cas d’occupation ? Que face à la répression coloniale, les peuples recourent bien souvent à la violence, y compris parfois sous des formes terroristes ?

Faut-il rappeler que l’immense majorité du monde non occidental, ainsi qu’une partie croissante de notre opinion publique, s’indignent de la duplicité de nos représentants politiques et considèrent que celle-ci discrédite nos principes et valeurs démocratiques ?

Il convient donc de prendre acte de la complicité passive de nos Autorités et de balayer devant notre porte : comment pouvons-nous en tant que citoyens de Belgique nous désolidariser de l’ethnocide en cours des Palestiniens ?

Notre intérêt bien compris doit nous mener à répondre positivement à l’appel de la société civile palestinienne demandant le boycott d’Israël tant qu’il violera le droit international.

Jamila Bouajaja (Economiste ULB)
Jean Bricmont (Professeur UCL)
Souhail Chichah (Economiste ULB)
Jean-Marie Dermagne (Avocat et ancien Bâtonnier)
Jamal Essamri (Sociologue) 
Oscar Flores (CRER - Coordination de solidarité avec les refugies)
Bahar Kimyongür (Membre du Front populaire - Turquie)
Olivier Mukuna (Journaliste)
Monique Mbeka Phoba (Réalisatrice)
Anne Morelli (Professeure ULB)
Nouria Ouali (Sociologue ULB)
Pierre Piccinin (Professeur Sciences-Po Ecole Européenne)
Aurore Van Opstal & Abdellah Boudami (Co-auteurs de « Israël, parlons-en »)

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