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11/07/2010

n° 71 - Journal des Guerres de l'Otan. 17-06 - 09-07 : - Fin :- : Les armes nucléaires de l'OTAN fin de partie ou redéploiement ?

n° 71 - Journal des Guerres de l'Otan.   17-06 - 09-07 : - Fin :- : Les armes nucléaires de l'OTAN fin de partie ou redéploiement ?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal des Guerres de l'Otan.

n° 71- 13-09

C.De Broeder & M.Lemaire



 Le " Journal des Guerres de l'Otan " est  visible :

a)   sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis      : no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

 3  Dossiers

3-3 Conrad Schetter : «Les richesses du sol ne changeront rien».

3-4 Roland Marounek : Vers une Otan « Nuclear-Free » ?.

3-5 Jean-Marie Collin : Les armes nucléaires de l'OTAN fin de partie ou redéploiement ?

3-6 Niall Green : L’Ukraine abandonne la candidature à l’OTAN.

3-7 Rick Rozoff : Menace d’un nouveau conflit en Europe : Une Grande Albanie parrainée par l’Occident.

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3-3 Conrad Schetter : «Les richesses du sol ne changeront rien».

Conrad Schetter, chercheur au Centre de Bonn sur l’Asie (Bonner Asienzentrum) revient sur les révélations lundi du New York Times sur l’existence de considérables ressources en minerais rares, enfouies sous le sol afghan. Leur valeur est estimée à 1000 milliards de dollars.

Le Temps: Comment expliquer que l’information du NYT, que détenaient semble-t-il déjà les Russes du temps où ils occupaient l’Afghanistan, sorte aujourd’hui au grand jour?

Conrad Schetter: Le NYT a, semble-t-il, des relations privilégiées avec la Maison-Blanche.

Le quotidien est parvenu à plusieurs reprises ces derniers temps à publier des informations confidentielles. En l’occurrence, il est bien sûr difficile de juger dans quelle mesure la Maison-Blanche avait intérêt à ce que ces informations soient publiées maintenant. Ce qui est sûr, c’est qu’on assiste depuis six mois à un regain d’activité diplomatique autour de l’Afghanistan: rencontres du président Karzaï avec le président chinois [Hu Jintao], avec [Mahmoud] Ahmadinejad, visite de [secrétaire d’Etat Robert] Gates à Kaboul… Pourquoi les Américains sont-ils tout à coup nerveux de voir Karzaï rencontrer les dirigeants chinois ou iraniens? Et pourquoi tout à coup cette assurance tranquille du président afghan, qui semble très sûr de lui? Avec l’existence de telles ressources, Karzaï se trouve bien sûr dans un autre rapport de forces. Il n’est plus le président d’un pays pauvre, ce qu’il était encore au début de l’année.

– Hamid Karzaï lui-même viendrait de découvrir l’ampleur de ces richesses?

– En Afghanistan, de telles rumeurs existent depuis le début de la guerre. Mais on ne connaissait aucun détail. Je pense que le président lui-même a appris très tard l’existence et l’ampleur de ces richesses.

– Hamid Karzaï estime que c’est «la meilleure nouvelle qu’ait apprise» son pays depuis des années? Une bonne nouvelle pour l’Afghanistan? 

– Pour Karzaï lui-même, c’est certainement une bonne nouvelle. En jouant les alliances avec les grandes puissances les unes contre les autres, il peut renforcer son pouvoir. Il pourra utiliser ces ressources pour lier davantage à lui sa clientèle, pour s’enrichir, enrichir son clan. Il ne faut pas oublier que le gouvernement afghan est l’un des plus corrompus du monde! L’an passé, le ministre des Mines a dû démissionner après qu’on eut appris que la Chine lui avait promis 30 millions d’euros s’il cédait aux Chinois les droits d’exploitation d’une mine de cuivre à proximité de Kaboul! L’exploitation de ces richesses ne changera en revanche rien pour l’essentiel de la population. Même l’effet sur l’emploi risque d’être minime.

Lorsque les Chinois construisent une route en Afghanistan, ils amènent leurs ouvriers avec eux! L’exploitation des ressources minières créera peut-être 10 000 à 30 000 emplois. Alors que le taux de chômage est proche de 50% !

Je crains plutôt une nouvelle déstabilisation. Pour un pays entouré comme l’Afghanistan de grandes puissances, dont beaucoup comme la Chine ou l’Inde possèdent l’arme nucléaire, les conditions de départ sont défavorables. Regardez des pays tels que la République démocratique du Congo, l’Angola, la Sierra Leone ou le Liberia: l’existence ou la découverte de vastes ressources sont devenues la source de conflits supplémentaires. Il est intéressant de voir que, alors que les infrastructures dans le pays sont catastrophiques, l’Iran et la Chine ont construit ces derniers temps des voies de chemin de fer et des routes vers l’Afghanistan. Le pays n’est même pas prêt à exploiter ses ressources. Ses voisins le seront bientôt.

Il serait naïf de croire que l’Afghanistan, un des pays les plus pauvres du monde, puisse devenir une sorte de Suisse d’Asie centrale. Je m’attends plutôt à une course contre la montre entre grandes puissances et entreprises internationales pour s’assurer l’accès à ces richesses. Ce sont eux qui ont le know how pour exploiter ces ressources.

– Quelles seront les conséquences de ces ressources sur les résistants?

– Une grande partie de ces ressources serait située dans le sud-est du pays, là où les talibans sont le plus fort. Cela risque de les renforcer. Les résistants possèdent en Afghanistan un pouvoir géostratégique. Le Pakistan les utilise pour agir dans la région. Les Pakistanais chercheront à utiliser les talibans pour renforcer leur possibilité d’accéder à ces nouvelles ressources. 

– Le président Horst Köhler a démissionné fin mai après des déclarations maladroites pouvant laisser entendre que la Bundeswehr était engagée en Afghanistan pour des raisons économiques. L’article du NYT jette un regard nouveau sur cette démission?

– Je ne crois pas. Il est vrai que l’Allemagne s’intéresse depuis plusieurs années à la région, mais plus particulièrement à l’Asie centrale (Turkménistan, Ouzbékistan et Kazakhstan), pour ses réserves en gaz et en pétrole. A Berlin, on a toujours pensé qu’en Afghanistan il n’y avait rien à aller chercher. Je n’ai jamais eu un seul instant, au cours de mes conversations avec des politiciens allemands, le sentiment que l’engagement militaire en Afghanistan pouvait être motivé par des raisons économiques. Je pense que Horst Köhler a été maladroit.

Conrad Schetter


3-4 Roland Marounek : Vers une Otan « Nuclear-Free » ?.

Une brochette de hauts gradés US du Joint Forces Command a diffusé au début de cette année un plaidoyer détaillé pour que l’Otan se débarrasse des armes nucléaires tactiques qui sont toujours entreposées dans les pays non nucléaires, à savoir la Belgique, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et la Turquie.

De manière très résumée, leurs arguments principaux sont à peu près les suivants, - quoique exprimés en termes plus châtiés

Les armes nucléaires entreposées deviennent obsolètes et coûtent cher, en entretien, en en exigence de mise à jour etc. ; elles empêchent donc d'acheter des trucs plus directement utiles pour les guerres de l'Otan

Avec le formidable développement des armes conventionnelles, elles ont beaucoup perdu de leur intérêt militaire même. Les armes conventionnelles modernes détruisent tout aussi bien.

Leur suppression médiatique donnerait un beau rôle à l'Otan, et ferait beaucoup mieux passer le bouclier anti-missile, et autres politiques agressives de l'Otan

De toute manière, ce ne serait en quelque sorte que pour amuser la galerie, puisque les 3 pays nucléaires de l'Otan garderaient eux toutes leurs bombes, et pourraient toujours les utiliser au besoin dans le cadre de l'Alliance

Ces arguments sont certainement très intéressants, et ont le mérite de la logique ; ils s’opposent directement à ce que le « groupe d’experts » dirigée par Madeleine Albright défend dans ses analyses et recommandations pour le nouveau concept stratégique de l’Otan qui doit être adopté au prochain sommet de Lisbonne : « Tant qu’il y aura des armes nucléaires, l’Otan devra maintenir des forces nucléaires sûres et fiables, au niveau minimum requis par l’environnement de sécurité du moment, en partageant largement les responsabilités pour ce qui est de leur déploiement et de leur soutien opérationnel. Tout changement de cette politique, y compris dans l’implantation géographique des déploiements nucléaires en Europe, devra être décidée par l’Alliance tout entière. » - c’est à dire concrètement qu’il est hors de question qu’un pays satellite de l’Alliance des Pays Libres puisse décider souverainement et démocratiquement de sa politique nucléaire.

Le document montre en tout cas qu’il y a des désaccords au sein de l’Otan, et qu’il ne faudrait pas interpréter trop rapidement une éventuelle ‘dénucléarisation’ en trompe-l'œil comme une victoire du camp pour la paix. Ce n’est pas d’une Otan « nuclear free », plus présentable, dont l’humanité a besoin, mais plutôt d’un monde « Nato free ».

La traduction de ce document se trouve sur notre site à l’adresse : www.csotan.org/textes/doc.php?art_id=492&type=documents

Roland Marounek


3-5 Jean-Marie Collin : Les armes nucléaires de l'OTAN fin de partie ou redéploiement ?

Extrait

Contrairement à une idée reçue, la France et le Royaume-Uni ne sont pas les seules puissances nucléaires en Europe. En effet, depuis 1954, dans le cadre de l’OTAN, les États-Unis stationnent des forces nucléaires dans plusieurs pays du continent. Reliques de la Guerre froide, ces forces devaient originellement faire face à la supériorité des troupes conventionnelles du pacte de Varsovie. De plus de 7 000 armes nucléaires tactiques, réparties dans une dizaine d’États européens au milieu des années 1970, l’arsenal n’a cessé de diminuer, à la suite de l’éclatement de l’URSS, pour parvenir au chiffre de 350 armes en 2007. Depuis le début de la décennie, la question de l’utilité de ces armements, et donc indirectement d’un possible retrait, est de plus en plus souvent évoquée.
En toute discrétion entre 2005 et 2008, les États-Unis ont dénucléarisé deux de leurs plus grandes bases européennes, Ramstein (Allemagne) et Lakenheath (Royaume-Uni). Elles abritaient au total 180 bombes nucléaires. Indéniablement, ce désarmement apporte un nouvel éclairage sur cette posture nucléaire de l’OTAN. À ce titre, les 240 bombes restantes ont sans doute définitivement perdu leur rôle militaire au profit d’un rôle politique. Les raisons de ce retrait ne se limitent pas seulement à des problèmes de sécurité dans ces bases. Non, d’autres problématiques comme l’évolution de l’Alliance atlantique, la politique de chacun des pays hôtes, le renouvellement des flottes à capacité duale, l’utilité stratégique, sans compter la pression de l’opinion publique soutenue par des organisations pacifistes, contribuent et vont contribuer à limiter ce stationnement d’armes. Désormais seuls l’Allemagne,
la Belgique, les Pays-Bas, l’Italie et la Turquie ont sur leur territoire des armes nucléaires américaines, mais pour combien de temps encore ? Demain, l’Europe va-t-elle être une zone libre d’armes nucléaires américaines ?

Jean-Marie Collin 

www.grip.org/fr/siteweb/dev.asp?N=simple&O=708


3-6 Niall Green : L’Ukraine abandonne la candidature à l’OTAN.

Lors du vote le 3 juin, le parlement ukrainien a abandonné l’engagement antérieur du pays de rejoindre l’alliance militaire de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) dominée par les Etats-Unis. Le projet de loi soumis par le président Viktor Ianoukovitch stipule que l’Ukraine est un pays non aligné bien qu’il puisse coopérer avec l’OTAN et les autres blocs militaires tels l’Organisation du traité de sécurité collective (CSTO) menée par la Russie.

Lors d’une autre action destinée à améliorer les relations stratégiques avec Moscou, Ianoukovitch a consenti en avril à un nouvel accord avec le président russe Dmitri Medvedev sur l’avenir de la Flotte de la mer Noire basée dans le port de Sébastopol en Crimée, une province d’Ukraine. La flotte russe restera stationnée dans cette base au moins encore pendant 25 ans après l’expiration du bail en 2017.

Ianoukovitch avait refusé de proroger le bail russe de la base de Sébastopol au-delà de cette date. La Russie maintient depuis 1783 une flotte dans ce port.

L’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN a toujours été refusée par une solide majorité de la population.

En échange, la Russie accordera une réduction du prix du gaz naturel qu’elle livre à l’Ukraine. Kiev paiera à présent 230 dollars les 1.000 mètres cube de gaz sibérien, soit 100 dollars de moins que précédemment. L’on estime que la baisse du prix du gaz, en plus du montant du loyer que la Russie verse pour la base, pourrait correspondre à 40 milliards de dollars pour l’économie ukrainienne durant les 25 prochaines années.

Alors que certains commentateurs ont qualifié l’accord de Sébastopol comme un signe qu’Ianoukovitch a réintégré l’autorité de Moscou, la démarche semble avoir pour but de permettre à Kiev de se mouvoir plus efficacement entre la Russie et l’Union européenne (UE) à l’Ouest. « Nous voulons nous tourner vers l’occident, » selon les propos d’un porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, « Mais la meilleure façon de le faire est de bénéficier du gaz venant de l’Est. »

« Le principal facteur de la prévisibilité et de la cohérence de la politique étrangère de l’Ukraine est son statut de non-alignement, » a dit le premier ministre Mykola Azarov au parlement.

Ianoukovitch, un représentant du patronat ukrainien de la partie orientale du pays, occupait le poste de premier ministre de 2001 à 2004 sous l’ancien président Leonid Kuchma. Puis il a perdu les élections présidentielles de 2004 en faveur d’Iouchtchenko après un troisième tour de scrutin et des accusations de fraude électorale.

Ianoukovitch a été élu à la présidence en janvier en remplacement de Viktor Iouchtchenko. Iouchtchenko, dirigeant de la « Révolution orange » de 2004, l’une des soi-disant révolution de couleurs soutenues par Washington en vue de mettre en place des régimes pro américains dans les anciens Etats soviétiques, était un fervent defenseur de l’adhésion ukrainienne à l’OTAN.

La Russie est profondément opposée à une plus grande expansion de l’OTAN à l’intérieur de l’ancienne URSS et elle était tout particulièrement hostile aux efforts entrepris par Washington et Iouchtchenko d’incorporer l’Ukraine, de par sa population la deuxième plus grande république ex-soviétique, dans l’OTAN. Jusqu’à la prise de pouvoir du gouvernement Iouchtchenko, l’Ukraine et la Russie maintenaient des industries de defense hautement liées et partageaient les installations militaires.

L’abandon de la demande d’adhésion de l'Ukraine à l’OTAN ne visait pas seulement à apaiser Moscou. Les principales puissances européennes, notamment l’Allemagne, étaient opposées à l’entrée dans l’alliance de l’Ukraine et de l’autre ancien candidat soviétique à l’adhésion, la Géorgie. Berlin ne voulait pas contrarier Moscou avec lequel il entretient des relations commerciales et stratégiques vitales concentrées dans le secteur énergétique.

Ce fut tout particulièrement après la guerre de 2008 entre la Russie et la Géorgie initiée par l’attaque lancée par le président géorgien Mikheil Saakashvili contre les troupes russes stationnées dans la région séparatiste de l’Ossétie Sud, qu’il devint clair que Berlin et Paris n’étaient pas disposés à soutenir l’entrée de deux nouveaux régimes pro américain et anti russe dans l’alliance.

La première visite à l’étranger effectuée par Ianoukovitch après son entrée en fonction a été consacrée à rencontrer les dirigeants de l’Union européenne (UE) à Bruxelles. Tout comme le gouvernement Iouchtchenko, Ianoukovitch cherche à engager le pays sur la voie de l’adhésion à l’UE et de laquelle l’économie ukrainienne s’efforce d’obtenir des investissements directs à grande échelle, notamment dans les secteurs énergétique et industriel.

En dépit de l’amélioration des relations avec la Russie, l’élite ukrainienne reste méfiante à l’égard des ambitions du Kremlin. Ianoukovitch a repoussé dernièrement une offre de fusion du géant de gaz naturel Gazprom contrôlé par l’Etat pour Naftogaz, la plus grande compagnie énergétique d’Ukraine. L’offre russe aurait conféré un rôle dominant à Gazprom dans le réseau de gazoducs de l’Ukraine par lequel transite la majorité des livraisons de gaz naturel de la Russie à l’UE.

Ianoukovitch cherche à obtenir des investissements pour le réseau vieillissant de gazoducs de l’Ukraine et est aussi à la recherche d’investissements européens. Le président ukrainien a déclaré que le contrôle des gazoducs du pays « ne peut être concédé qu’en échange d’investissements par la Russie et par l’Europe. »

« De tels investisseurs obtiendraient des parts de propriété. Mais un contrôle russe total, non, ce sont des paroles vides de sens, » a dit Ianoukovitch le 4 mai dans une interview accordée à la presse.

Il y eut une série de querelles entre l’ancien gouvernement Iouchtchenko et la Russie au sujet du prix que l’Ukraine devrait payer pour l’acheminement du gaz naturel à travers son territoire. Comme dans le cas de bien d’autres anciennes républiques soviétiques, l’Ukraine a reçu historiquement du gaz naturel de la Russie à des tarifs bien inférieurs à ceux du marché international et a énormément profité des exportations de ce gaz vers le marché européen. Cependant, à partir de 2005, le Kremlin a augmenté le prix en accusant les entreprises ukrainiennes de voler du gaz ; deux autres conflits majeurs ont eu lieu en 2007-8 et en 2008-9, dont le dernier a laissé une grande partie de l’Europe centrale sans approvisionnement adéquat en gaz naturel pendant plusieurs jours en plein hiver.

Etant donné que la Russie et l’Ukraine ont convenu en octobre 2009 d’un nouvel accord gazier pour l’année à venir, de nouvelles querelles sont probables. La Russie est fortement tributaire des exportations de pétrole et de gaz naturel vers l’Europe, et la baisse des prix de l’énergie incitera Moscou à réclamer des paiements plus élevés de la part des pays de transit de gazoducs tels l’Ukraine et la Biélorussie.

Toute perturbation des approvisionnements de gaz ou une chute de la demande des exportations pétrochimiques et métallurgiques de l’Ukraine pourraient précipiter à nouveau le pays dans une grave récession. Il y a également le risque que l’Ukraine pourrait être ciblée pour connaître le même traitement de la part des marchés financiers mondiaux que la Grèce avec les coûts de l’emprunt forcés à la hausse par les paris des spéculateurs contre l’insolvabilité du pays.

Au cours des deux dernières années le capital étranger s’est retiré de l’Ukraine en raison de la vulnérabilité du pays à la crise économique mondiale qui a éclaté fin 2008. L’économie de l’Ukraine a rétréci de 15 pour cent en 2009 et la croissance économique est restée fragile cette année. Le pays a reçu un prêt de 16 milliards de dollars du Fonds monétaire international (FMI) pour stabiliser sa monnaie et étayer le secteur financier.

Les espoirs d’Ianoukovitch en vue d’un soutien politique et économique de l’UE ont été accueillis par une réponse froide de Bruxelles et des capitales nationales de l’Europe. L’UE s’efforce de maintenir l’unité de ses membres pour empêcher son écroulement et aucun dirigeant de l’UE n’a suggéré de délai pour l’adhésion ukrainienne.

Afin d’encourager une politique européenne plus active en Ukraine par rapport à la Russie, Ianoukovitch a déclaré récemment qu’il « aimerait obtenir la même réponse rapide de l’Union européenne que celle que j’ai reçue de la Russie. » Se plaignant de ce que l’UE traînait les pieds au sujet des visa et des accords commerciaux qui sont considérés comme les premiers pas vers une adhésion à l’UE, Ianoukovitch a dit à la BBC : « Aujourd’hui l’Ukraine est prête à s’associer à l’Europe, à condition que l’Europe soit prête à s’associer à l’Ukraine… Sont-ils prêts ou non ? »

L’Ukraine a une dette publique correspondant à 36 pour cent du produit intérieur brut (PIB) et un déficit budgétaire de 21 milliards de dollars ou 11 pour cent du PIB, en 2009 – un taux similaire à celui de la Grèce.

Le nouveau gouvernement affirme que ce déficit a été réduit de moitié grâce à une augmentation des rentrées d’impôts, une situation qui a été défiée par certains économistes qui croient que les recettes de l’Etat ont été surestimées.

Ianoukovitch a jusque-là rechigné à mettre en avant le genre de réductions des dépenses publiques annoncées par l’Irlande, la Grèce et l’Espagne. Toutefois, confronté aux mesures d’austérité exigées par les agences de notations internationales, les institutions financières et le FMI, Ianoukovitch a annoncé le 3 juin un plan de réformes promettant de réduire le déficit budgétaire d’environ 3 pour cent du PIB d’ici 2013-14.

Il y a eu des appels, à la fois de l’élite patronale de l’Ukraine et de commentateurs internationaux, de réduire radicalement les subventions de l’Ukraine aux particuliers, subventions réduisant les prix d’environ 30 pour cent par rapport au prix du marché. Dans son édition du 3 juin, le magazine Economist a qualifié la subvention du gaz de « lourd boulet pour le trésor public » en mettant en garde Ianoukovitch qu’il devait « appliquer des réformes qui pourraient le rendre impopulaire. »

Niall Gree

Mondialisation.ca,

Le 17 juin 2010

WSWS

Article original, WSWS, paru le 12 juin 2010.

Mondialisation.cahttp://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=19775


3-7 Rick Rozoff : Menace d’un nouveau conflit en Europe : Une Grande Albanie parrainée par l’Occident.

L’Europe peut être perchée au-dessus du précipice de son premier conflit armé depuis les 78 jours de bombardement de la guerre de l’OTAN contre la Yougoslavie en 1999 et l’invasion armée de la Macédoine qui a suivi lancée à partir du Kosovo occupé par l’OTAN deux ans plus tard.

Avec l’accession formelle, en avril, de l’Albanie à l’OTAN comme membre à part entière et la victoire de la réélection (au moins formellement) qui a suivi, du premier ministre de la nation Sali Berisha, le théâtre est prêt pour la réalisation du projet de nouveau retraçage des frontières de l’Europe du Sud-est à la recherche d’une grande Albanie.

Les étapes précédentes dans cette direction ont été la guerre menée par les États-Unis et l’OTAN contre la République Fédérale de Yougoslavie il y a dix ans pour le compte de l’ainsi dite Armée de Libération du Kosovo (AKL, en albanais UÇK) et de connivence avec elle, une violation criminelle du droit international qui s’est terminée par l’arrachage de la province serbe du Kosovo en même temps à la Serbie et à la Yougoslavie.

50 000 soldats de l’OTAN versés dans le Kosovo en juin 1999, accompagnés par les dirigeants et les combattants de l’ALK basés en Albanie, sous les auspices de la Résolution 1244 des Nations Unies qui, entre autres, condamnait les "actes terroristes commis par l’une ou l’autre partie "et" [réaffirmait] l’engagement de tous les états membres pour la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République Fédérale de Yougoslavie et des autres états de la région, conformément à l’acte final d’Helsinki et à l’annexe 2".

Les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN n’avaient pas l’intention de respecter les dispositions de la résolution 1244 de l’ONU et ils ont montré leur mépris pour un document qu’eux-mêmes avaient signé en réarmant les combattants de l’ALK, qui pendant des années avaient attaqué, enlevé et assassiné des civils de toutes provenances ethniques et en transformant l’ancien groupe armé sécessionniste en Corps de Protection du Kosovo.

La Résolution 1244 de l’ONU ordonnait expressément que l’ALK et ses gangsters affiliés devaient être désarmés, alors les puissances de l’OTAN ont contourné cette exigence par un tour de passe-passe en fournissant à l’ALK de nouveaux uniformes, de nouvelles armes et un nouveau nom. Mais pas un nouveau commandant. Celui qui a été choisi pour ce rôle a été Agim Ceku, commandant de l’armée croate durant la brutale campagne Opération Tempête de 1995 "la plus grande offensive terrestre européenne depuis la seconde guerre mondiale" [1] - et chef d’état-major de l’ALK au cours de sa guerre commune avec l’OTAN contre la Yougoslavie quatre ans plus tard.

Encouragée par le soutien militaire de l’Occident dans la réalisation de son programme séparatiste, l’ALK a lâché ses groupes affiliés contre la Serbie du Sud et la Macédoine : l’Armée de Libération de Presevo, Medveda et Bujanovac dans le premier cas à partir de 1999 et l’Armée de Libération Nationale dans le second, qui a commencé les attaques à l’intérieur de la Macédoine à partir de sa base au Kosovo en 2001.

Seule la capitulation du gouvernement de la Serbie après octobre 2000 et un semblable fléchissement sous la pression - pression occidentale – du gouvernement de la Macédoine en 2001 ont satisfait les longues attentes des extrémistes armés pan-albanais dans les deux nations pour une éventuelle unification au-delà des différentes frontières nationales avec le soutien des États-Unis et de leurs alliés de l’OTAN.

La confirmation décisive du soutien occidental est arrivée en février 2008 avec la déclaration unilatérale d’indépendance des forces séparatistes du Kosovo. L’ancien chef de l’ALK et protégé de l’Amérique Hashim Thaci, alors premier ministre en titre, a proclamé la sécession d’avec la Serbie et la plupart des nations de l’OTAN se sont précipitées pour gratifier l’entité illégale d’une reconnaissance diplomatique.

Vingt mois après, plus des deux-tiers des pays du monde, y compris la Russie, la Chine et l’Inde, n’ont pas légitimé cette abomination par la reconnaissance, mais l’Occident est resté inébranlable dans son mépris pour le droit international et dans le soutien apporté aux extrémistes violents au Kosovo, qui ont des ambitions plus vastes pour l’ensemble de la région, ambitions encouragées par l’appui consistant des États-Unis et de l’OTAN et la conviction que l’Occident poursuivra ce soutien à l’avenir.

L’Albanie étant maintenant un état membre à part entière de l’OTAN et en tant que tel sous la protection de la clause d’assistance militaire mutuelle de l’article 5 de l’Alliance, les appels à une Grande Albanie au détriment du territoire de plusieurs autres pays européens sont devenus plus forts et plus acharnés.

En réponse à la campagne grandissante pour étendre le modèle du Kosovo au sud de la Serbie à la Macédoine, au Monténégro et même en Grèce (Épire), il y a deux mois le Ministre des Affaires étrangères russe Sergei Lavrov a admonesté les nations qui envisagent de reconnaître le statut d’état du Kosovo en leur conseillant de "réfléchir très attentivement avant de prendre cette décision très dangereuse qui aurait un résultat imprévisible et qui n’est pas bonne pour la stabilité de l’Europe. » [2]

Neuf jours plus tard le premier ministre albanais Berisha a déclaré sans détours que « le projet de l’unité nationale de tous les Albanais devrait être un phare directeur pour les politiciens en Albanie et au Kosovo. » Il a dit avec insistance que « l’Albanie et le Kosovo ne doivent en aucun cas se considérer mutuellement comme des états étrangers. » [3]

Un commentateur russe a répondu à cette déclaration en avertissant que "toute tentative de mise en œuvre de l’idée d’une Grande Albanie est similaire à la réouverture d’une boîte de Pandore. Cela pourrait déstabiliser la situation dans les Balkans et déclencher une guerre sur le continent, semblable à celle de la fin des années 1990." [4]

Parlant du " projet d’une soi-disant Grande Albanie qui embrasse tous les territoires des Balkans où vivent des Albanais ethniques, y compris le Kosovo, certaines régions de la Macédoine, le Monténégro et plusieurs autres pays ", l’analyste politique russe Pyotr Iskenderov a dit que « la déclaration de l’indépendance du Kosovo et la reconnaissance de cet acte illicite par les États-Unis et les principaux membres de l’Union Européenne ont stimulé la mise en œuvre de l’idée d’une soi-disant Grande Albanie. » [5]

Le reste de la Serbie est également affecté - la vallée de Presevo dans le sud de la nation où la Serbie proprement dite, le Kosovo et la Macédoine se rejoignent - et pareillement la Grèce si l’on doit croire un rapport de 2001. À l’époque Ali Ahmeti, fondateur et commandant de l’ALK, puis chef de l’Armée Nationale de Libération (ANL) qui avait commencé à lancer des attaques meurtrières contre la Macédoine depuis sa base dans la ville de Prizren au Kosovo, a été signalé comme ayant glorifié une Armée de Libération de Chameria dans la région d’Epire du Nord-Ouest de la Grèce, une armée équipée d’un arsenal d’armes impressionnant.

Le drapeau national introduit après février 2008 contient une esquisse du Kosovo avec six étoiles blanches au-dessus de lui. Alors qu’il n’a pas été reconnu pour des raisons évidentes, les étoiles sont supposées représenter les nations ayant des populations albanaises ethniques : le Kosovo, l’Albanie, la Serbie, la Macédoine, le Monténégro et la Grèce.

L’entraînement militaire et l’aptitude au combat des groupes séparatistes et irrédentistes pan-Albanais sont en train d’être augmentés à un niveau plus élevé que jamais auparavant par les principaux pays de l’OTAN. En mars la Force du Kosovo dirigée par l’OTAN (KFOR) a commencé à remanier le Corps de Protection du Kosovo, lui-même un avatar de l’Armée de Libération du Kosovo, en une armée nationale embryonnaire, la Force de Sécurité du Kosovt o, dont le chef d’état-major est le Lieutenant General [1] Sylejman Selimi venant en transition directe du poste de commandant du Corps de Protection du Kosovo. Un sympathique reportage d’information de décembre dernier a décrit plus précisément son nouveau poste comme Chef d’Etat-major de l’Armée de la République du Kosovo. [6]

La Force de Sécurité du Kosovo (FSK) comme le Corps de Protection du Kosovo avant elle est vantée dans les cercles occidentaux comme une prétendue force de police multiethnique ; elle n’est ni multiethnique, ni une force de police, mais une armée naissante, une armée que l’autoproclamé président du Kosovo, le président Fatmir Sejdiu en juin dernier a caractérisée comme étant "une force moderne qui se construit en conformité avec les standards de l’OTAN". [7]

Dans le même mois l’OTAN a annoncé que l’armée du Kosovo prototype serait prête en septembre et "que l’OTAN devrait augmenter ses capacités de contrôle au sein de la FSK afin d’assurer le meilleur renforcement des capacités de la FSK ". [8]

Un rapport antérieur du Kosovo a également démontré que les nouvelles forces armées de l’entité illégitime ne seraient rien d’autre qu’un accessoire militaire de l’OTAN : « La force de sécurité doit être entraînée par des officiers de l’armée britannique, les uniformes ont été fournis par les États-Unis et les véhicules ont été fournis par L’Allemagne.

« La Force de Sécurité du Kosovo doit être conforme aux standards de l’OTAN. » [9]

En février l’Italie a annoncé qu’elle ferait un don de 2 millions d’euros et l’ Allemagne qu’elle donnerait 200 véhicules militaires pour l’armée dans le processus. Le Commandant suprême allié de l’OTAN en Europe de l’époque, le général John Craddock, s’est rendu au Kosovo pour lancer la création de la Force de Sécurité du Kosovo et il a visité le Camp d’Entrainement National de la FSK à Vucitrn, voyage au cours duquel il a dit "Je suis satisfaits de l’état d’avancement à ce jour. À la fin de la première phase de recrutement nous avons quelque 4.900 candidats pour environ 300 postes dans la FSK dans cette première tranche de recrutement ". [10]

En mai de cette année, le Ministère de la Defense britannique a signé un accord avec la Force de Sécurité du Kosovo balbutiante pour "donner une formation aux membres de la FSK en différents domaines conformément aux standards de l’OTAN."

L’Ambassadeur britannique au Kosovo Andrew Sparks a été cité comme disant "Nous espérons qu’après la signature de cet accord et l’expansion de notre coopération, le Kosovo parviendra à devenir un membre de l’OTAN." [11]

Comme les soldats d’Albanie auxquels l’OTAN a apporté une expérience des zones de combat en Irak et en Afghanistan, la nouvelle armée du Kosovo sera, comme les forces armées des autres nouvelles nations de l’OTAN, utilisée pour les guerres à l’étranger. Un exemple récent, en août le chef du Quartier Général de la Macédoine, le General Lieutenant Colonel Miroslav Stojanovski, "a souligné que plus d’ un quart de la composition des unités du service combattant de l’AMR (Forces Armées Macédoniennes), soit 1.746 soldats ont participé aux missions de paix," ce qui signifie les déploiements de l’OTAN. [12] Cependant plus de soldats macédoniens ont été tués en 2001 par l’Armée de Libération Nationale avatar de l’ALK qu’il y en a de morts à ce jour en Afghanistan et en Irak.

Un rapport d’information de mai dernier a apporté davantage de détails sur l’envergure initiale et l’objectif à long terme de la nouvelle armée du Kosovo : "Selon la Constitution de la République du Kosovo, la FSK est censée avoir 3 000 soldats actifs et 2 000 réservistes. Ils sont organisés conformément aux standards de l’OTAN. Il y a également la possibilité de leur déploiement à l’étranger, garantie de la situation mondiale dans l’avenir." [13]

Lorsque le nouveau Secrétaire général de l’OTAN Anders Fogh Rasmussen a rendu sa première visite en tant que tel au Kosovo en août pour rencontrer le Commandant de la KFOR Giuseppe Emilio Gai, le Président du Kosovo Fatmir Sejdiu, le premier ministre Hashim Thaci et le Ministre des Forces de Sécurité du Kosovo Fehmi Mujota, "le Président du Kosovo Fatmir Sejdiu a déclaré qu’il espère que l’état participera aux opérations de maintien de la paix de l’OTAN à l’étranger. » [14] L’Afghanistan est le premier déploiement apparent.

Six ans plus tôt Agim Ceku avait offert les troupes du Corps de Protection du Kosovo aux États-Unis en vue de la guerre et de l’occupation en Irak comme contrepartie du maintien des troupes de l’OTAN au Kosovo.

L’OTAN a déployé des soldats venant de nations comme la Géorgie, l’Azerbaïdjan, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne et la Finlande en Afghanistan pour la formation dans le cadre des conditions de combat dans la réalité, pour les utiliser plus près de chez eux une fois revenus comme l’ont reconnu ouvertement des officiers des armées des nations ci-dessus nommées. Plusieurs milliers de soldats d’Albanie et du Kosovo endurcis par les opérations dans la zone de guerre afghane seront de formidables forces combattantes pour de futurs conflits dans les Balkans.

La distinction entre les forces armées de l’Albanie et du Kosovo, devient en grande partie académique. En août le premier ministre albanais Berisha a publié un déclaration sans équivoque selon laquelle "l’idée d’unité nationale est fondée sur les principes et les idéaux européens.... De ce fait le Premier ministre du Kosovo Hashim Thaci, et moi-même travaillerons en vue de la suppression de tous les obstacles qui empêchent les Albanais de de sentir unis quel que soit l’endroit où ils vivent," ajoutant que " il ne doit pas y avoir d’administration des douanes et l’Albanie et le Kosovo ne devraient pas se considérer mutuellement comme des pays étrangers...." [15]

L’Albanie est maintenant un membre complet de l’OTAN et comme l’Alliance elle-même pourrait être appelée à réagir si les autorités du Kosovo provoquaient une confrontation avec des voisins comme la Serbie, et la Macédoine et l’Albanie insistent pour affirmer qu’elles et le Kosovo ne sont pas des "pays étrangers." Si l’Albanie intervient au nom de sa « nation frère » dans un conflit militaire avec un adversaire non-Alliance, l’OTAN deviendra impliquée ipso facto.

En septembre, les ministères des affaires étrangères de la Russie et de la Roumanie ont exprimé leurs graves préoccupations concernant l’évolution dans et se rapportant au Kosovo. La Roumanie est un des trois seuls pays membres de l’OTAN qui n’ont pas reconnu l’indépendance du Kosovo, les deux autres étant l’Espagne et la Slovaquie. Toutes ces trois nations craignent que le précédent du Kosovo puisse contribuer à l’éclatement par la force de leurs propres pays.

Le porte-parole du ministère russe des affaires étrangères, Andrei Nesterenko, a déclaré qu’un " conflit potentiel considérable " persistait au Kosovo et qu’il attendait des représentants de la communauté internationale qu’ils agissent avec impartialité pour empêcher de "nouvelles provocations anti-serbes".

Il a ajouté que "les événements dans la province montrent qu’un conflit potentiel considérable " demeure et que les plus récent affrontements inter-ethnies ont été un résultat du désir des Albanais du Kosovo pour compresser à tout prix le territoire serbe ethnique" et que "dans l’ensemble, le problème du Kosovo reste un des plus sérieux problèmes posés à la sécurité de la région. » [16]

Nullement découragée, l’OTAN a annoncé le 16 septembre sur son site web de la KFOR que « la Force de Sécurité du Kosovo (FSK) a acquis la capacité opérationnelle initiale (COI).

« La décision a été rendue après l’exercice Lion Agile, qui était le point d’aboutissement d’un peu plus de sept mois de dur labeur de la KFOR et de la FSK pour recruter, former et équiper la force.

« Le prochain objectif de la FSK est de parvenir à la pleine capacité opérationnelle. La KFOR va encadrer et soutenir ce processus qui devrait prendre 2 à 5 ans. » [17]

Le jour précédent le nouvel ambassadeur U.S. au Kosovo, Christopher Dell, avait signé le premier accord interétat des États-Unis avec l’entité dissidente, démontrant "l’engagement de l’Amérique pour un Kosovo indépendant," avec Fatmir Sejdiu et Hashim Thaci. Le président putatif Sejdiu a déclaré à l’occasion : "Cet accord élève cela au niveau de la coopération d’état entre les États-Unis et le Kosovo, pas seulement par le biais des divers organismes des USA et du Kosovo, comme ce fut le cas jusqu’à maintenant. » [18]

Ce que l’extension du "Kosovo indépendant" laisse présager a été indiqué fin septembre lorsque les policiers serbes ont découvert une importante cache d’armes dans la Vallée de Presevo près des frontières Serbie-Macédoine-Kosovo qui comportait " des mitrailleuses, des bombes, des lance-fusées, 16 grenades à main et plus de 20 mines, ainsi qu’un grand contingent de munitions"[19] et plus tard au début du mois d’octobre lorsque la police des frontières macédonienne a été "attaquée avec des armes automatiques alors qu’elle menait une patrouille de routine le long de la frontière du Kosovo...." [20].

Ce qui peut également être en magasin a été révélé tardivement le mois dernier lorsque l’Allemagne a déporté les premiers des 12. 000 Roms (gitans) qu’elle renvoie de force au Kosovo. Vers l’exclusion, la persécution, les attentats et la mort. Les Roms qui restent sont en train de mourir dans les abris où la mission intérimaire d’administration des Nations Unies au Kosovo (MINUK) les abandonne après la prise de la province par l’OTAN et l’ALK en juin 1999. é « Les camps, près d’un complexe fermé de mine et de fonderie qui comprend un monceau de scories de 100 millions de tonnes de matières toxiques, ont été envisagés comme une mesure temporaire après qu’un quartier qui avait été un foyer pour 9 000 tsiganes a été détruit par les Albanais ethniques alors que les forces de sécurité serbes avaient quitté la zone dans les derniers jours du conflit du Kosovo en juin 1999. » [21]

Quelques semaines avant la Russie avait averti qu’elle envisageait "l’arrêt de la mission de l’OSCE [Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe] au Kosovo instituée pour protéger les droits des communautés ethniques inacceptables."

L’ambassadeur de Russie à l’OSCE, Anvar Azimov, a déclaré « De telles mesures, sanctionnées par personne, sont unilatérales et ont une incidence sur l’activité globale sous le mandat de cette mission ». [22]

Le 5 septembre une source de nouvelles serbe a signalé que plus de 200 000 réfugiés du Kosovo ont été enregistrés en Serbie, comprenant des Serbes ethniques, des Roms, des Gorans et autres non-Albanais. Ce nombre excluait ceux qui n’étaient pas inscrits, ceux qui avaient fui vers d’autres pays comme la Macédoine et ceux chassés de leurs foyers mais restés au Kosovo.

Au cours des dix dernières années des centaines de milliers de résidents du Kosovo, y compris Albanais ethniques, ont été assassinés et chassés de la province. Des organisations de Roms ont estimé que le nombre des Roms, des Ashkalis et des Egyptiens ainsi touchés se comptent avec six chiffres. Des Serbes, des Gorans, des Turcs, des Bosniaques, des Monténégrins et autres victimes de la terreur raciale et de l’extermination au Kosovo se comptent également en centaines de milliers.

Les médias occidentaux ont affirmé régulièrement depuis dix ans maintenant que le Kosovo était à 90 pour cent albanais ethnique. Il pourrait bien en être ainsi maintenant après de telles expulsions à grande échelle, mais les chiffres ci-dessus réfutent que c’était auparavant le cas dans une province de pas plus de deux millions d’habitants.

Après la première déclaration du Premier ministre albanais que son pays et le peuple du Kosovo et les siens sont un, le Ministre des affaires étrangères russe Sergei Lavrov a publié une condamnation de cette déclaration et par forte implication de l’Ouest : « Nous sommes très préoccupés par la déclaration du Premier ministre albanais.

« Nous sommes convaincus qu’il devrait y avoir des réactions appropriées à la déclaration - tout d’abord, de l’UE et également de l’OTAN. Nous n’avons pas encore eu ces réactions. Nous espérons que, malgré le fait qu’aucune des déclarations publiques ne sont venues des capitales européennes, les négociations avec les autorités albanaises sont en route ». [23]

"Moscou est préoccupée par les déclarations de Tirana sur « l’indispensable unification de tous les Albanais » "[24]

À moins que les commentaires de Lavrov n’aient été que strictement rhétoriques, il lui faudra attendre longtemps avant que les responsables des USA, de l’OTAN et de l’Union européenne ne fassent quelques déclarations, beaucoup moins critiques, sur les demandes de Berisha et de ses homologues du Kosovo et de Macédoine pour une grande Albanie unifié (ou un Grand Kosovo). Les nations de l’OTAN ont armé, entraîné et doté d’ un soutien logistique l’Armée de Libération du Kosovo dans sa guerre contre les forces de sécurité serbes et yougoslaves à la fin des années 1990 ; ils entrèrent en marchant côte à côte avec l’ALK dans le Kosovo et l’ont institutionnalisée comme Corps de Protection du Kosovo la même année ; ils ont tiré son Armée de Libération Nationale d’une cuisante défaite de la part de l’Armée Macédonienne en 2001 ; Ils l’ont recréée à nouveau cette année en tant que noyau d’une future armée nationale du Kosovo, la Force de Sécurité du Kosovo ; et ils ont reconnu la déclaration unilatérale de l’indépendance d’un Kosovo dirigé par l’ ex chef de l’ALK Hashim Thaci l’an dernier.

Il n’y a aucune raison de croire que Washington et Bruxelles abandonneront maintenant leurs clients et leur projet de subversion et de mutilation de quatre pays voisins pour créer un super-état étendu Albanie-Kosovo ethniquement purifié, en proie au crime, alors que ce dernier approche de sa réalisation.

Le 6 octobre Berisha a été à Pristina, la capitale du Kosovo, "pour signer un certain nombre d’accords. Selon [Berisha], son gouvernement travaillera mener à bien les projets d’infrastructure qui prévoient une unification des systèmes économiques de l’Albanie et du Kosovo, la création de voies de communications pour expédier des marchandises et pourvoir à la migration économique de la population. [25]

Un compte-rendu de nouvelles italien de la visite a signalé que "l’Albanie a également cédé au Kosovo le port adriatique de Shendjin (Shengjin), donnant ainsi à l’état nouvellement indépendant une issue vers la mer." [26]

Selon les propres termes de Berisha, "le port de Shengjin est maintenant l’issue à la mer du Kosovo ".[27] Accès à l’Adriatique que la Serbie n’a plus depuis l’éclatement de l’Union de la Serbie et du Monténégro il y a trois ans.

Son homologue, l’ancien chef de bande Hashim Thaci, s’est fait l’écho de la déclaration précédente de son invité en disant "Les Albanais vivent dans de nombreux pays, mais nous sommes une seule nation. Les pays de la région ont deux pays amis au Kosovo et en Albanie, pays partenaires, pour la coopération, la paix et stabilité, pour l’investissement dans la région et pour l’intégration européenne." [28]

Le premier ministre albanais a été cité sur le site web du président du Kosovo le 7 octobre promettant que "l’Albanie aidera le Kosovo de toutes les manières possibles. L’Albanie est résolue à renouveler, de la manière la plus rapide possible, tous ses liens infrastructurels avec le Kosovo. Dans les quatre prochaines années, la construction de l’autoroute Qafe Morine–Shkoder sera terminée et cela donnera au Kosovo occidental un accès rapide à la mer. L’année prochaine, mon gouvernement mettra en œuvre une étude de faisabilité et élaborera le projet d’un chemin de fer Albanie-Kosovo. De nombreuses autres lignes infrastructurelles sont et seront construites. [29]

Berisha a également rencontré le commandant de la Force du Kosovo de l’OTAN (KFOR), le Lieutenant général allemand Markus Bentler et il a dit "Les troupes albanaises pourraient faire partie de la KFOR" avant de déposer une couronne sur la tombe d’ Adem Jashari, le premier commandant de l’ALK. [30]

Le jour précédent de la réunion Berisha-Thaci à Pristina, l’accommodant gouvernement serbe du Président Boris Tadic et du Ministre des affaires étrangères Vuk Jeremic se sont avérés d’accord sur les raisons pour lesquelles les intentions de l’OTAN et les intentions pan-albanaises dans la région ont rencontré peu d’opposition. Jeremic, tout en déclarant pour la forme que sa nation n’adhérerait pas à l’OTAN dans l’avenir immédiat (bien qu’elle ait rejoint le programme transitoire de Partenariat pour la Paix), a déclaré « Nous poursuivons une étroite coopération parce que l’OTAN est le facteur le plus important pour assurer la sécurité dans le monde. »

Un site d’actualités russe informant de cette affirmation a rappelé à ses lecteurs que " en 1999 les forces aériennes de l’OTAN ont bombardé Belgrade et d’autres villes serbes en soutenant les séparatistes albanais du Kosovo. Puis plus de 3 000 Serbes sont morts et des dizaines de milliers de personnes ont été blessées. L’OTAN a également fait la promotion de la séparation du Kosovo de la Serbie...." [31]

A la fin du mois dernier l’amiral américain James Stavridis, chef du Commandement Européen des USA et Commandant Suprême Allié en Europe de l’OTAN, ont assisté à une réunion de Charte de l’Adriatique que Washington a signé avec l’Albanie, la Macédoine, la Croatie, la Bosnie et le Monténégro en 2003 pour les préparer eux et en réalité l’ensemble des Balkans à l’adhésion à l’OTAN. Stavridis est ensuite parti pour la Croatie pour superviser les manœuvres de guerre multinationales Jackal Stone 09 dont l’objectif était "d’améliorer avec succès la capacité des participants à mener des opérations de contre-insurrection."le

Co-organisé par le Commandement des Opérations Spéciales Europe des États-Unis , le commandant de ce dernier, le Major General Frank Kisner a vanté le succès de l’exercice : « Cette planification ininterrompue a réuni les représentants de 10 Nations et leur a permis d’exécuter efficacement une multitude de tâches dans les airs, sur terre et sur mer. [32]

Jackal Stone 09 a été le premier exercice militaire mené en Croatie depuis son entrée dans l’OTAN au début de cette année. Des responsables des États-Unis et l’OTAN ont à maintes reprises affirmé qu’après la Croatie et Albanie, la Macédoine, la Bosnie et le Monténégro allaient les premiers devenir membres à part entière et que la Serbie et le Kosovo viendraient ensuite.

Le 2 octobre la Bosnie a présenté au Secrétaire général de l’OTAN Anders Fogh Rasmussen une demande formelle d’un plan d’action pour l’adhésion, à l’OTAN une demande de facto d’adhésion à part entière. Rasmussen a déclaré, « je crois que cette demande est la meilleure route pour une stabilité durable dans la région euro-atlantique. C’est ma vision pour que tous les pays des Balkans occidentaux soient intégrés dans l’OTAN. » [33]

L’OTAN a utilisé plusieurs prétextes pour une intervention militaire dans les Balkans au cours des quinze dernières années, bon nombre de ces prétextes étant contradictoires comme avec le Kosovo contre la République serbe de Bosnie et avec le Kosovo dans son ensemble contre le Nord Kosovska Mitrovica. Son intention, cependant, n’a pas varié et elle persiste : pour absorber chaque nation et pseudo-nation de la région dans ses rangs et recruter parmi ses nouveaux membres et partenaires pour des guerres plus lointaines.

Le séparatisme armé a été l’outil utilisé pour commencer l’éclatement de la République fédérale socialiste de Yougoslavie en 1992, un processus qui a maintenant fragmenté cette nation en ses six républiques fédérales constitutives et dans le cas du Kosovo arraché une province à une ancienne république.

Mais la refonte des frontières nationales, avec les perturbations et la violence qu’elle implique inévitablement, n’est pas terminée.

Le Kosovo est indiscutablement une boîte de Pandore au fond de laquelle l’espoir n’attend pas nécessairement. Il reste une étincelle potentielle, capable d augmenter le danger, comme on l’a vu précédemment, pour "déstabiliser la situation dans les Balkans et déclencher une guerre sur le continent, similaire à celle de la fin des années 1990."

Notes

1) Wikipedia

2) Black Sea Press, August 6, 2009

3) Voice of Russia, August 20, 2009

4) Ibid

5) Ibid

6) New Kosova Report, December 20, 2009

7) Kosovo Times, June 9, 2009

8) Kosovo Times, June 8, 2009

9) Kosovo Times, May 27, 2009

10) NATO, Supreme Headquarters Allied Powers Europe, February 18, 2009

11) Southeast European Times, May 21, 2009

12) Makfax, August 17, 2009

13) New Kosova Report, May 20, 2009

14) Focus News Agency, August 13, 2009

15) Sofia News Agency. August 16, 2009

16) Tanjug News Agency, September 4, 2009

17) NATO, Kosovo Force, September 16, 2009

18) Beta News Agency, September 15, 2009

19) Tanjug News Agency, September 23, 2009

20) Makfax, October 2, 2009

21) Washington Times, May 3, 2009

22) FoNet, September 11, 2009

23) Russia Today, October 5, 2009

24) Voice of Russia, October 6, 2009

25) Ibid

26) ADN Kronos International, October 6, 2009

27) B92, October 6, 2009

28) B92, Beta News Agency, Tanjug News Agency, October 6, 2009

29) President of the Republic of Kosovo, October 7, 2009

30) Beta News Agency, October 7, 2009

31) Voice of Russia, October 5, 2009

32) United States European Command, September 28, 2009

33) NATO, October 2, 2009

Rick Rozoff est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.

Notes

[1] général de corps d’armée

Rick Rozoff

12 octobre 2009,

Traduction : André Compte pour Mondialisation.ca

Comité Valmy

source : www.mondialisation.ca



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