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19/07/2010

n°443 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 17/07/10 : - Début :- : Les douze travaux de Petraeus.

n°443 - Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 17/07/10 : - Début   :- : Les douze travaux de Petraeus.




                          Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

                              Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan

   n°443                                                                                                                             17/07/10

                   C.De Broeder    &   M.Lemaire                       

 



Le Dossier " 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan " est visible  sur ...

a) Sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) Sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Tiré à part :

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Clément dousset : L'Afghanistan en résistance contre les Etats-Unis .

1-2 Gilles Munier : Stanley McChrystal,« a fucking general ».

1-3 A propos du limogeage du général US Mc Chrystal.

1-4 Patrick Martin: L’option « Hitler » en Afghanistan.

1-5 Petraeus en Afghanistan pour aménager la stratégie américaine.

1-6 La guerre est à un stade critique, juge David Petraeus.

1-7 Les douze travaux de Petraeus.

Fin

1-8 Chems Eddine Chitour : Le bourbier afghan : Est-ce une guerre juste?

1-9 Dave Lindorff : Le financement de la guerre en Afghanistan.

1-10 Naullay : L’Afghanistan, cimetière des empires, et défenseur de la liberté humaine.

1-11 Pascal SACRE : La Guerre est déjà là !

1-12 Michel Chossudovsky : Gaz naturel, pétrole et lithium en Afghanistan: « la guerre en vaut la peine », par Michel Chossudovsky.



Avant propos

·                    Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants ...



1  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Clément dousset : L'Afghanistan en résistance contre les Etats-Unis .

NBNdlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

Près de huit ans après, celui qui était nommé à Kaboul chef du gouvernement intérimaire par l'entremise de Bush et paraissait autant pour les Afghans que pour le monde, le collaborateur des Américains dans un pays occupé se déclare prêt à appeler à la résistance afghane contre les Etats-Unis. Le dimanche 4, s'adressant à des parlementaires, le président Karzaï aurait même menacé de rejoindre les résistants(1).

Cette évolution apparaît presque plus spectaculaire que la progression, pourtant frappante, de l'insurrection intérieure.

En 2002, les résistants, maîtres du pays l'année d'avant, ne contrôlaient plus que quelques territoires du nord est et du sud est.

En 2010 le mouvement du mollah Omar, rejoint par d'autres mouvements comme celui d'Hezb-e-Islami contrôle les deux tiers du pays, se permet des incursions dans Kaboul même et oppose un front quasiment continu de résistance intérieure aux offensives des troupes américaines d' "Enduring freedom".

Métamorphose de Karzaï.

Mais ce qui rend la transformation de Karzaï plus saisissante que l'évolution de la situation militaire c'est qu'elle bouleverse le schéma de pensée des opposants à cette guerre eux-mêmes.

Pour eux, Karzaï incarnait à la fois le tyran impitoyable imposé sous un faux-semblant de démocratie, l'instrument de la politique américaine et le collaborateur traitre à son peuple.

Or chacune de ces images s'est brouillée tour à tour pour en faire apparaître une toute nouvelle passablement opposée aux précédentes et qui me paraît être la bonne.

Des trois anciennes images, sans doute celle du tyran se reconnaît encore.

Il faut malheureusement dire que, dans ce Moyen Orient traversé de passions violentes et que la pression ou l'agression occidentale maintient en convulsion, les despotes ne sont pas rares.

La réélection de Karzaï est sans doute liée à la fraude même si on ne fera croire à personne qu'en pays occupé, il en soit le seul artisan. Il n'en a pas été en tout cas le seul bénéficiaire.

Son principal adversaire Abdhulla en a profité aussi dans les régions où ses partisans dominaient (2). La façon dont Karzaï a traité au moins jusqu'en 2008 ses opposants emprisonnés a fait l'objet de rapports consternants de la part des organisations afghanes de défense des droits de l'homme.

Qu'il se satisfasse d'une corruption dont il profite ainsi que son frère comme l'en accusent les Américains n'est sans doute pas faux. Bref le cliché du satrape dont les medias occidentaux usent et abusent garde un fondement réel.

Ce satrape reste-t-il toujours la chose des Américains ?

Le mépris avec lequel Obama le traite pourrait nous le faire accroire.

Il faut lire sur le site du Figaro et sous la plume de Marie-France Calle le récit de l'équipée du président US en terre afghane, un président qui s'invite à dîner chez Karzaï en le prévenant une heure avant son atterrissage à Kaboul et lui fait la morale dans un entretien de vingt-cinq minutes(3).

A la vérité pourtant ce Karzaï qu'Obama traite avec moins de considération qu'un employé de la Maison Blanche est pour les Turcs, les Saoudiens, les Chinois, les Iraniens un partenaire respecté qui mène une politique étrangère indépendante et plutôt audacieuse.

Au moment où avait lieu à Washington un dialogue stratégique entre les Etats-Unis et le Pakistan, Karzaï passait deux jours à Pékin à converser avec les dirigeants chinois et à chercher un contrepoids à l'oncle Sam auprès d'une puissance qui investit beaucoup en Afghanistan et qui a la capacité financière de réduire la dépendance de son pays à la générosité occidentale.

Mieux encore, dans le même temps où le secrétaire de la défense, Robert Gates, était en visite en Afghanistan, Karzaï recevait chaleureusement à Kaboul Mhamoud Ahmadinejad, son homologue iranien et bête noire des Etats-Unis. Et cela alors même que le Sunday Time affirme que des résistants sont entraînés en Iran (Le monde.fr 22-3-10 :" l'Iran, nouveau camp d'entraînement des résistants afghans")

C'est bien en effet cette troisième image d'un collaborateur docile à l'occupant et d'un traitre à la cause nationale afghane qu'il faut entièrement revoir. Au moins depuis 2008, on voit qu'à chaque bavure de l'armée américaine, Karzaï monte au créneau, diligente des commissions d'enquête et s'emploie à mettre à jour les mensonges des forces d'occupation (4).

Mais en plus de ses protestations officielles contre la façon américaine de mener la guerre anti-résistants, Karzaï mène au moins depuis 2008 des conversations officieuses avec les chefs de l'insurrection.

Cette conduite n'a pas de quoi surprendre qui lit les discours de Karzaï depuis son accession à la présidence en 2004. Déjà à ctte époque il appelait les résistants à réintégrer la société afghane.

Mais cet appel que lance Karzaï après sa réélection de 2009 à ses "frères résistants" n'est plus un appel à déposer les armes sans condition. Il est un appel à une vraie réconciliation nationale qui passe par des négociations.

Sans doute la conférence de Londres en février a-t-elle paru donner un aval anglo-saxon à cette entreprise. Mais le malentendu est évident. D'un côté on semble missionner Karzaï pour acheter un à un les chefs de guerre avec des fonds largement dispensés, bref pour diviser et corrompre. Et d'un autre côté, Karzaï semble bel et bien avoir entrepris une négociation d'envergure avec des chefs historiques comme le mollah Omar, une négociation placée sous les auspices de l'Arabie Saoudite et qui déboucherait sur un accord national avec la quasi totalité de l'insurrection armée à la fois contre l'occupation de l'Afghanistan et contre la soumission à la tutelle américaine.

Réaction de la CIA

Cet accord-là, bien sûr, la CIA et Obama n'en veulent point.

La preuve la plus évidente en a été l'arrestation au Pakistan avec d'autres chefs de l'insurrection afghane du mollah Abdul Ghani Baradar, numéro 2 du mouvement taliban(5).

La réaction du porte-parole de la présidence afghane selon laquelle cette arrestation a un "impact négatif" sur les négociations engagées par Kaboul dévoile en termes diplomatiques la colère de Karzaï devant ce torpillage. Torpillage effectué en coopération avec le gouvernement pakistanais et qui, entre parenthèses, a de quoi irriter la communauté internationale autant que Karzaï lui-même.

En effet Kaboul a confirmé que les Nations unies avaient engagé des négociations avec les résistants et Kai Eide, ancien représentant de l'ONU en Afghanistan, a déploré que les arrestations aient rompu la communication avec les résistants.

Ces arrestations ne sont pas la seule marque d'une coopération nouvelle entre les USA et le Pakistan contre le projet de réconciliation afghane. C'est pratiquement toutes les semaines que les drones de la CIA viennent bombarder le Waziristan et y tuer, avec la sourde complaisance d'Islamabad, combattants et chefs résistants réfugiés dans ce fief taliban en terre pakistanaise.

Depuis août 2008, les Américains y ont mené plus de 90 frappes et tué près de mille personnes(6).

Cette furie meurtrière de la CIA qui est directement responsable des attaques de drones s'accompagne par ailleurs d'une entreprise de propagande pour prolonger voire intensifier la guerre qui vise les alliés les plus réticents des Etats-Unis. Le 29 mars, sur le site de Le Grand Soir, Daniel Tencer a analysé un document marqué "confidentiel/non destiné aux regards étrangers" posté sur le site internet de Wikileaks et qui proposait des stratégies pour manipuler les opinions publiques européennes, surtout en Allemagne et en France(7). Je note particulièrement une phrase de ce rapport qui explique cette inquiétante offensive :"Si certaines prévisions qui annoncent un été meurtrier en Afghanistan se révèlent exactes, l'opposition passive des Français et des Allemands à la présence de leurs soldats pourraient se transformer en une hostilité passablement puissante."

Un "été meurtrier en Afghanistan", c'est bien sans doute ce que redoute Karzaï, un rebond de cette guerre qui compromettrait peut-être définitivement la politique de réconciliation pour laquelle il a clairement opté. A côté des entreprises signalées de la CIA, celle qui consiste à le faire passer pour un drogué, un irresponsable, un malade mental va dans le même sens. Il s'agit de déconsidérer un chef qui n'est certainement pas irréprochable mais qui a fait le choix des intérêts souverains de son peuple contre une puissance qui vise à l'en déposséder.

Entre le pouvoir insurrectionnel et le pouvoir légal la distance dans cet Afghanistan réellement occupé se comble de jour en jour. Les Etats-Unis ne peuvent indéfiniment forcer leurs alliés à une guerre d'un autre âge aux allures coloniales et considérer les autorités et l'armée afghane "officielle" comme les auxiliaires de leur domination. Les propos de Karzaï menaçant de rejoindre l'insurrection sont à prendre au sérieux. Contre les Etats-Unis, c'est tout un peuple qui peut entrer en résistance.

 

Clément Dousset

LePost.fr

http://www.lepost.fr/article/2010/04/12/2028819_l-afghanistan-en-resistance-contre-les-etats-unis.html


1-2 Gilles Munier : Stanley McChrystal,« a fucking general ».
Le général Stanley McChystal, commandant en chef des forces étasuniennes et de l'OTAN en Afghanistan, a été démis de ses fonctions par Barack Obama pour avoir critiqué sa politique et s’être moqué du vice-Président Joe Biden, lors d’un entretien avec un journaliste du magazine Rolling Stone (1).
Un ministre français traité de « fucking gay »
Le quotidien Le Figaro faisait de McChrystal un « nouveau Lyautey » (2), mais s’est gardé de rapporter les passages où le général exprime crûment son peu de considération pour la France.

En visite à Paris, en avril dernier, pour expliquer sa nouvelle stratégie, McChrystal ne cachait pas qu’il détestait la capitale française et qu’il préférait « se faire botter le cul par une salle pleine de gens » plutôt que d'aller dîner avec un ministre français qui l’avait invité. A un colonel américain présent, qui lui faisait remarquer : « C’est ton job », il avait répliqué : « Et ça, ça va aussi avec le job ? », en le gratifiant d’un doigt d'honneur… Mais, ce n’est pas tout, au journaliste de Rolling Stone demandant chez qui il se rendait, l’assistant de McChrystal avait répondu : « Un ministre français. Un enculé de gay ». De qui s’agit-il ? Peu importe. Les Français – à commencer par les familles des
44 soldats morts en Afghanistan (3) - ont matière à s’interroger sur la personnalité de l’homme à la tête des troupes de l’OTAN, et – au-delà de l’événement – aussi sur la façon dont Barack Obama conçoit la concertation entre alliés lors d’une nomination importante. Que penser de l’affront du Président afghan, Hamid Karzaï, à Hervé Morin – ministre de la Défense – le 22 juin, quand sans s’excuser, il a refusé de le recevoir à Kaboul? Trop, c’est trop… Dominique de Villepin a raison de réclamer le rapatriement des soldats français d’Afghanistan (4) et de condamner la réintégration de la France dans le commandement militaire intégré de l’OTAN.
Du sang de civils sur les mains
Parce qu’il a vu le film La bataille d’Alger, de Gillo Pontecorvo, et s’est imprégné des ouvrages du colonel Roger Trinquier et de David Galula sur la guerre anti-insurrectionnelle, le général Stanley McChrystal passe pour un intellectuel. Pour les Irakiens et les Afghans, c’est tout simplement un criminel de guerre, un des officiers américains ayant le plus de sang de civils sur les mains.
En Irak, McChrystal a supervisé les activités du Camp Nama - Nasty Ass Military Area -, près de Bagdad, une prison interdite de visite à la Croix-Rouge, où l’unité secrète Task Force 6-26 expérimentait tous types de tortures (5). Ancien Béret Vert passé par Fort Bragg (6), ses 33 ans dans les forces spéciales sont classifiés. Nommé par Dick Cheney à la direction du Joint Special Operations Command (JSOC), il chapeautait notamment les « brigades de la mort ». On lui attribue les trucages de l’arrestation de Président Saddam Hussein, qui aurait – dit-on - effectué un séjour à « l’infirmerie » du Camp Nama avant son incarcération au Camp Cropper.
En Afghanistan, le séjour de McChrystal peut se résumer au bilan qu’il a dressé, en vidéoconférence, à un soldat qui l’interrogeait sur l’escalade militaire : « Nous avons tué un nombre impressionnant de personnes mais, à ma connaissance, aucune ne s’est révélée être une menace » (7).
Barack Obama n’en a peut être pas fini avec Stanley McKrystal. Il craint que ce spécialiste des coups tordus, très populaire au sein du Parti Républicain, se présente à la prochaine présidentielle (8).
Notes :
(1) The Runaway General, par Michael Hastings (Rolling Stone- 8/6/10)
http://www.rollingstone.com/politics/news/17390/119236
(2) McChrystal, l'anti-Rumsfeld, par Renaud Girard (Le Figaro - 4/12/09)
http://www.lefigaro.fr/international/2009/12/04/01003-20091204ARTFIG00011-mcchrystal-le-lyautey-americain-.php
(3) Huit soldats français ont été tués depuis le début de l’année 2010. Le 6 juin dernier, le nombre des soldats de l’OTAN tués depuis janvier dépassait les 300. Les victimes civiles afghanes « collatérales » se comptent par milliers.
(4) Conférence de Dominique de Dominique de Villepin à Sciences-Po (Paris - 1/2/10)
http://2villepin.free.fr/index.php/2010/02/03/1395-dominique-de-villepin-a-sciences-po-paris-conference-sur-l-afghanistan
(5) In Secret Unit's 'Black Room,' a Grim Portrait of U.S. Abuse, par Eric Schmitt et Carolyn Marshall (New York Times – 19/3/06)
http://uniset.ca/terr/news/nyt_blackroomiraq.html
(6) Le Fort Bragg, situé en Caroline du Nord, est la plus importante base de commandos spéciaux au monde.
(7) Tighter Rules Fail to Stem Deaths of Innocent Afghans at Checkpoints, par Richard A . Oppel Jr (New York Times – 26/3.10)
http://www.nytimes.com/2010/03/27/world/asia/27afghan.html
(8) Cette hypothèse est évoquée depuis son limogeage. Jusqu’ici, son protecteur David Petraeus – 57 ans – passait pour un candidat républicain potentiel pour la présidentielle de 2012. L’opération d’un cancer de la prostate subie par Petraeus en 2009, et l’accident cardiaque dont il a été victime lors d’une audition au Sénat américain, le 15 juin, remettent en question cette éventualité.
Gilles Munier

1er juillet 2010


1-3 A propos du limogeage du général US Mc Chrystal.

Les interrogations et les supputations sur la signification du limogeage du général Mc Chrystal par Obama ne manquent pas. En tout cas, la "grande offensive de l'été" qui devrait conduire à la "sécurisation" totale du territoire afghan commence mal!

La guerre en Afghanistan  ressemble de plus en plus à une débâcle pour les forces militaires otaniennes.

On remarquera au passage, la fusion complète entre l'opération américaine Enduring Freedom et celle de l'ISAF, cautionnée par l'ONU et commandée par l'Otan.

Le nouveau nommé, le général Petraeus en sera le chef suprême. Mais quelles instances, au sein de l'Otan, ont-elles été consultées sur ce changement de commandement?  
Entretemps, le secrétaire général de l'Otan  déclare que tout va bien et que rien ne change. 
La méthode Coué appliquée par Rasmussen a des adeptes en Belgique. Les partis qui ont participé au gouvernement actuel en affaires courantes et qui se préparent pour le gouvernement en gestation ont tous (sauf le SP-A) réitéré leur allégeance à la politique de l'Otan et aucun n'a demandé le retrait des troupes belges d'Afghanistan ni même l'élaboration d'une stratégie de sortie. (CP)
Déclaration du secrétaire général au sujet du commandant de la FIAS (site de l'Otan, 23.6.2010)
"J'ai pris note du fait que le général McChrystal quitte ses fonctions de commandant de la mission dirigée par l'OTAN en Afghanistan. Je remercie le général McChrystal pour les services qu'il a rendus à l'Alliance, ainsi que pour l'effort énorme qu'il a déployé à la tête de la mission de la FIAS. Certes il ne sera plus au poste de commandant, mais l'approche qu'il a contribué à mettre en place est la bonne. La stratégie continue de bénéficier du soutien de l'OTAN, et nos forces continueront à l'appliquer. Nos opérations en Afghanistan se poursuivent, et le rythme ne baissera pas. Nous avons mis en place une équipe militaire solide en Afghanistan. Mon haut représentant civil, M. Mark Sedwill, continuera de diriger l'effort que nous avons engagé sur le plan politique. Et bientôt, un nouveau commandant de la FIAS entrera en fonction. Rien ne doit faire douter le peuple afghan de notre détermination à poursuivre notre mission en partenariat avec lui. Nous continuerons d'ouvrer en faveur de la protection de la population afghane et de la constitution des forces de sécurité afghanes, et nous resterons sur place jusqu'à ce que notre tâche ait été menée à bien"
Samedi 26 juin

Gilles Munier ?


1-4 Patrick Martin: L’option « Hitler » en Afghanistan.

Le limogeage du général Stanley McChrystal, de son poste de commandant en Afghanistan et son remplacement par le général David Petraeus n’est pas, comme le disent les apologistes politiques d’Obama, une défense de principe du contrôle du monde civil sur l’armée. Ce n’est pas non plus, comme voudrait nous le faire croire la ligne officielle émanant de la Maison blanche, juste un changement de personne et non de politique.

Tout porte à croire que ce changement de commandement est la conséquence d’une insatisfaction grandissante des méthodes contre-insurrectionnelles de McChrystal qui n’ont pas réussi à déloger les forces de guérilla conduites par les Résistants et qui contrôlent la plus grande partie du sud et de l’est de l’Afghanistan. Cela présage une augmentation drastique du niveau de violence militaire américaine et particulièrement du taux de victimes civiles parmi la population afghane. Leur « crime » est de sympathiser et de soutenir l’insurrection anti-américaine.

Petraeus se prépare déjà, selon un reportage, à modifier les règles de combat pour permettre un plus grand usage de la force.

Selon un article du journal britannique Independant de dimanche, McChrystal devenait de plus en plus pessimiste quant aux perspectives de succès, notamment après avoir dû remettre à plus tard l’offensive prévue dans la ville clé du sud, Kandahar, bastion des Résistants. Il en aurait rendu compte au ministres de la Défense de l’OTAN au début du mois et « averti qu’il ne fallait pas s’attendre à un quelconque progrès dans les six prochains mois. »

Le journal écrit : « Selon des sources informées, c’est ce compte-rendu autant que l’article du Rolling Stone qui ont convaincu M. Obama de limoger » McChrystal. L’article poursuit, « On a considéré que le général était ’à contre-courant’ dans sa mise en garde aux ministres quand il leur a dit de ne pas s’attendre à des résultats rapides et qu’ils étaient confrontés à ’une insurrection grandissante et qui ne se laisse pas abattre.’ »

Une campagne médiatique a commencé aux Etats-Unis, avec pour fer de lance le New York Times, disant que McChrystal porte un intérêt excessif aux victimes civiles afghanes prises dans la guerre qui se durcit entre les forces américaines et de l’OTAN et les forces de guérilla menées par les Résistants.

Cela a commencé par un article du 22 juin de C.J. Chivers qui décrit la frustration grandissante parmi les officiers supérieurs, sous-officiers et simples soldats en Afghanistan qui se disent « menottés » par McChrystal. Les tactiques du général entraveraient soi-disant « la puissance de feu du côté des forces occidentales - frappes aériennes, attaques à la roquette guidée, barrages d’artillerie et même feu de mortier - pour assister les troupes au sol. »

Ce thème a été repris par différents correspondants du Times dans des commentaires en ligne sur le site Internet du journal, Robert Mackey, John Burns et Dexter Filkins l’ont tous repris à l’unisson, puis par les chroniqueurs du journal, qu’ils soient libéraux ou conservateurs.

Bob Herbert, chroniqueur libéral, s’est soudain découvert une vocation de conseiller en tactiques militaires dans une chronique samedi intitulée « Pire qu’un cauchemar. »Il y dénonce la stratégie contre-insurrectionnelle de McChrystal et Petraeus, déclarant que leurs partisans « semblent avoir perdu de vue un aspect fondamental de la guerre : on ne va pas à la guerre à petits pas. On va à la guerre pour écraser l’ennemi. On le fait avec férocité et le plus rapidement possible. Si on ne le fait pas, si on a des cas de conscience, ou si on ne sait pas le faire, alors on ne part pas en guerre. Les hommes qui ont pris d’assaut les plages de Normandie n’essayaient pas de gagner le coeur et l’esprit de qui que ce soit. »

Il poursuit : « Parmi les inconvénients de cette prudence à la bataille il y a ce manque de volonté dérangeant de fournir à nos propres troupes de combat la couverture des frappes aériennes et d’artillerie qu’ils pensent être nécessaire. »

Ross Douthat, chroniqueur conservateur au Times a soulevé la même question lundi arguant que « le succès est notre ticket pour quitter » l’Afghanistan. Le gouvernement Obama « ne choisit pas entre rester en Afghanistan et se retirer du combat. Il choisit entre deux façons de rester, à savoir une impasse qui se prolonge ou bien une victoire militaire franche. »

Douthat fait remarquer que l’article du Rolling Stone qui a été le déclencheur du licenciement de McChrystal était « ostensiblement une critique de la contre-insurrection, critique antiguerre et de gauche. » Mais en fait, il donnait voix aux « critiques que la stratégie en cours accorde trop d’importance à la vie d’Afghans innocents. » Il cite un autre analyste dont il résume l’article comme étant une critique de la stratégie actuelle « parce qu’elle ne permet pas à nos soldats de tuer suffisamment de personnes. »

Cela pourrait sembler quelque peu exagéré de dire que le général McChrystal, commandant de longue date des forces d’Opérations spéciales, et responsable de l’assassinat de milliers d’résistants durant ses années en Irak, soit considéré comme insuffisamment assoiffé de sang. La logique d’une telle critique a été expliquée en détail dans une analyse significative du numéro de juillet 2010 du Washington Quaterly, le magazine du Center for Strategic and International Studies (Centre d’études stratégiques et internationales), un groupe de réflexion politique majeur de la capitale américaine.

Ecrit par Lorenzo Zambernardi, universitaire italien travaillant à présent aux Etats-Unis, l’article discute de ce qu’il appelle « le trilemne impossible de la contre-insurrection. »

Zambernardi argue : « La contre-insurrection implique trois objectifs principaux, mais dans la pratique réelle un contre-insurrectionnel a besoin de choisir deux de ces trois objectifs... Le trilemne impossible de la contre-insurrection est que, dans ce type de conflit, il est impossible d’accomplir simultanément : 1) la protection des forces,

2) la distinction entre des ennemis combattants et non combattants,

3) l’élimination physique des résistants. »

Selon ce schéma, McChrystal avait choisi les second et troisième objectifs, avec pour conséquence le pic de victimes américaines et de l’OTAN et l’insatisfaction croissante parmi les simples soldats à qui on donne l’ordre de prendre de plus grands risques pour éviter de faire des victimes civiles. L’alternative, écrit l’auteur, est de se concentrer plutôt sur les premier et troisième objectifs. « Un Etat peut protéger ses forces armées tout en détruisant les résistants, mais uniquement en tuant aveuglément des civils, comme l’ont fait les Ottomans, les Italiens et les nazis respectivement dans les Balkans, en Libye et en Europe de l’est.

On pourrait peut-être qualifier ce choix, que l’auteur appelle plus tard « une politique de barbarie » d’ « option Hitler. »

C’est cette direction qu’a prise à présent la politique américaine en Afghanistan : une escalade spectaculaire de la violence dans une guerre qui s’est toujours caractérisée par une brutalité extrême et le mépris de la destruction de vies innocentes.

Telle est la réponse de l’impérialisme américain à son échec à supprimer l’opposition populaire en Afghanistan à la guerre et à l’occupation néo-coloniale de Washington. La motivation pour accroître le bain de sang naît de ce que l’insurrection anti américaine jouit d’un soutien populaire massif. Cette lutte des masses afghanes contre l’occupation étrangère est entièrement légitime.

Des dizaines de milliers de civils afghans ont été tués en plus de neuf ans de guerre, dans ce qui est le plus long engagement militaire de l’histoire américaine. Les frappes aériennes américaines ont touché des célébrations de mariage, des sorties familiales et même des cérémonies d’enterrement.

Des milliers d’Afghans ont été capturés et détenus et torturés dans le tristement célèbre camp de prisonniers de Bagram et autres lieux de par le pays. Les missiles prédateurs américains ont été lancés à partir de drones sur des villages des deux côtés de la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan, faisant des centaines et probablement des milliers de morts.

C’est ce bain de sang qu’Obama a publiquement présenté comme étant la « bonne guerre » lors de sa campagne présidentielle et que l’aile libérale du Parti démocrate embrasse avec enthousiasme jusqu’à ce jour, malgré l’opposition populaire grandissante aux Etats-Unis. Ceux qui prennent les décisions de continuer et d’accroître ce conflit se rendent coupables de crimes de guerre. Ceux qui fournissent les justifications politiques pour « vendre » cette guerre aux Américains sont leurs complices.

Patrick Martin

Mondialisation.ca

3 juillet 2010

Article original, WSWS, paru le 29 juin 2010.


1-5 Petraeus en Afghanistan pour aménager la stratégie américaine.

Le général David Petraeus, nouveau commandant des forces alliées en Afghanistan, est arrivé vendredi à Kaboul, où il entend appliquer la stratégie qu'il a mise en œuvre avec succès en Irak.

L'officier américain a débarqué sur le sol afghan au lendemain de sa confirmation à son nouveau poste par le Sénat et quelques heures après l'approbation, à la Chambre des représentants, d'un financement de 33 milliards de dollars pour l'envoi de 30.000 soldats américains en renfort dans le pays.

Une motion en faveur d'un calendrier de retrait des troupes américaines d'Afghanistan a été rejetée, non sans recueillir 162 voix - le score le plus élevé qu'ait obtenu à ce jour un texte hostile à la guerre au Congrès.

La nomination de Petraeus pourrait constituer, de la part de Washington, un dernier coup de dés pour mettre fin à un conflit de plus en plus coûteux, qui pèse sur les budgets occidentaux au moment où ils peinent à émerger d'une récession internationale.

Une cérémonie officielle de passation de commandement aura lieu dimanche.

Les renforts américains porteront à 150.000 hommes les effectifs militaires étrangers en Afghanistan alors que s'ajuste la nouvelle stratégie. Celle-ci privilégie les opérations contre les taliban dans leurs bastions tout en favorisant des progrès en matière de gouvernance et de développement dans le pays.

Les résistants ont montré vendredi même leur capacité à opérer hors de leurs bastions, en attaquant avant l'aube les locaux d'une société américaine de services logistiques dans la province d'ordinaire peu agitée de Kunduz, dans le Nord afghan.

Un Britannique, un Allemand, un Philippin et deux Afghans ont été tués dans l'attaque ainsi que six résistants.

INVERSER LA TENDANCE

Vendredi également, deux membres de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf), que Petraeus commande à présent, ont trouvé la mort au cours d'une attaque dans l'est du pays, a fait savoir l'alliance.

Petraeus, auteur du manuel de guerre anti-insurrectionnelle de l'armée américaine, l'a appliqué pour inverser la tendance dans la guerre d'Irak. Sa stratégie a été introduite cette année en Afghanistan par le général Stanley McChrystal, qui a été relevé de ses fonctions la semaine dernière pour avoir critiqué l'administration Obama.

Petraeus s'est engagé à poursuivre la même stratégie, mais il a déclaré jeudi à Bruxelles aux commandants de l'Otan qu'une partie des tactiques opérationnelles serait révisée, notamment les raids aériens contre des repaires des taliban présumés.

L'an dernier, une série de raids aériens avaient causé la mort de dizaines de civils, dont 140 en une fois, mais l'action de McChrystal a fortement contribué à réduire ces "dégâts collatéraux", estiment des observateurs.

Petraeus a jugé nécessaire jeudi de réviser toute forme d'opération exposant les soldats à un danger de mort accru.

De nouvelles allégations de corruption dans les rangs gouvernementaux et le changement de commandement des forces étrangères ont jeté ces dernières semaines une lumière crue sur l'effort de guerre en Afghanistan.

Des doutes ont été exprimés à la fois en ce qui concerne la volonté des dirigeants de Kaboul d'oeuvrer pour une meilleure gouvernance et la capacité des forces gouvernementales à assumer la responsabilité des opérations de sécurité.

AP

 


1-6 La guerre est à un stade critique, juge David Petraeus.

La guerre menée en Afghanistan depuis neuf ans se situe à un stade critique, a déclaré dimanche à Kaboul le général David Petraeus en prenant officiellement la tête des 150.000 soldats étrangers sous commandement de l'Otan.

"Nous sommes engagés dans un conflit difficile. Après des années de guerre, nous sommes arrivés à un moment critique", a-t-il dit aux invités de la cérémonie organisée au QG de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf).

"Nous reconnaissons tous la menace que les taliban, Al Qaïda et les autres extrémistes font peser sur ce pays, cette région et sur le monde, a-t-il dit. Nous sommes ici pour gagner."

Petraeus remplace à la tête des forces alliées le général Stanley McChrystal, relevé de son commandement par le président Barack Obama pour avoir critiqué le gouvernement.

Cette relève intervient au moment où les taliban sont le plus en force depuis leur éviction de Kaboul fin 2001 et où l'Isaf voit ses pertes augmenter de jour en jour.

En tenue de camouflage, Petraeus a souligné que sa nomination marquait un changement de commandement mais ne modifiait pas la stratégie en place.

Bien que les pertes du mois dernier aient été les plus lourdes de l'Isaf, il a souligné que l'on gagnait du terrain dans un conflit de plus en plus difficile et qu'un recul des résistants était prévu à l'approche d'une offensive alliée contre les bastions taliban du Sud.

"Rien n'est simple en Afghanistan, a-t-il dit. Mais nous pouvons être encouragés par les progrès qui ont été réalisés en matière de sécurité. Nous devons démontrer au peuple afghan et au monde entier qu'Al Qaïda et ses alliés extrémistes ne pourront plus installer des bastions en Afghanistan."

Le général Petraeus est arrivé vendredi à Kaboul, au lendemain de sa confirmation à son nouveau poste par le Sénat et quelques heures après l'approbation, à la Chambre des représentants, d'un financement de 33 milliards de dollars pour l'envoi de 30.000 soldats américains en renfort dans le pays.

Ces renforts porteront à 150.000 hommes les effectifs militaires étrangers en Afghanistan. La stratégie de Petraeus privilégie les opérations contre les taliban dans leurs bastions tout en favorisant des progrès en matière de gouvernance et de développement dans le pays.

"Nous devons démontrer au peuple afghan et au monde qu'Al Qaïda et son réseau d'alliés extrémistes n'auront plus le loisir de créer des sanctuaires en Afghanistan", a dit Petraeus en préconisant une étroite union des forces internationales et du gouvernement de Kaboul.

La nomination de Petraeus pourrait constituer, de la part de Washington, un dernier coup de dés pour mettre fin à un conflit de plus en plus coûteux, qui pèse sur les budgets occidentaux au moment où ils peinent à émerger d'une récession internationale.

Le nouveau commandant des forces alliées doit non seulement vaincre l'insurrection mais aussi préparer un début de retrait des forces américaines à compter de juillet 2011.

Le général allemand Egon Ramms, responsable des opérations de l'Isaf, a rendu hommage à l'action de McChrystal tout en notant que Petraeus était le "premier choix de l'Isaf" au vu de son expérience en termes de lutte contre les insurrections.

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1-7 Les douze travaux de Petraeus.

Le général David Petraeus va devoir s'atteler à des défis de taille:

Conduire l'offensive dans le sud,

Convaincre les Afghans de sa bonne volonté,

Mais aussi gérer les relations avec un président Hamid Karzaï dont l'étoile ne cesse de pâlir en Occident.

En prenant la tête des forces internationales en Afghanistan, le général David Petraeus va devoir s'atteler à des défis de taille: conduire l'offensive dans le sud, convaincre les Afghans de sa bonne volonté, mais aussi gérer les relations avec un président Hamid Karzaï dont l'étoile ne cesse de pâlir en Occident.

La personnalité du chef de l'État, et la question de sa «fiabilité» comme partenaire dans la guerre contre les résistants, font de plus en plus débat.

En cause, ses relations, parfois difficiles, avec Washington, ainsi que sa politique de la main tendue aux résistants et au voisin pakistanais, doublées d'une inaction coupable en matière de lutte contre la corruption.

C'est dans ce contexte, que le secrétaire américain à la Défense Robert Gates refuse d'appeler «bourbier» malgré une opinion publique de plus en plus hostile, que le général Petraeus est arrivé vendredi à Kaboul.

Lors de sa première apparition publique samedi, il a appelé à «l'union des efforts» pour lutter contre l'insurrection. «Civils et militaires, Afghans et étrangers, nous faisons partie d'une même équipe avec une seule mission», a-t-il dit, soulignant que la coopération n'était «pas une option».

«Tout le monde sait que Karzaï poursuit un agenda personnel, notamment dans ses négociations avec le Pakistan et avec les résistants», estime le politologue afghan Haroun Mir. «Si les États-Unis restent passifs, cela pourrait porter préjudice à Washington», ajoute-t-il.

Après la révocation du général Stanley McChrystal pour des propos irrévérencieux à l'endroit de l'administration de M. Obama, le général Petraeus arrive au pire moment en Afghanistan.

Renforcées par 30 000 soldats supplémentaires, les troupes internationales ont lancé en février une vaste offensive à Marjah, un bastion taliban dans le sud.

L'opération a été qualifiée de «fiasco» par une partie de la presse américaine. Et les résistants reviennent aujourd'hui à Marjah malgré les moyens militaires et l'argent engagés.

L'OTAN est également lancée dans une vaste offensive à Kandahar, le berceau des résistants, mais son commandement a été obligé de différer le gros de l'opération de plusieurs semaines.

Parallèlement, les pertes des forces internationales atteignent un niveau inégalé depuis le début de la guerre, avec 102 soldats tués en juin. Ces pertes sont comparables à celles des forces étrangères prises dans le bourbier irakien aux pires heures du conflit en 2007.

Le général Petraeus a cherché mardi à rassurer sur le cours de la guerre, tout en admettant s'attendre à «de rudes combats» dans les prochains mois.

Il a également promis aux troupes de l'OTAN de revoir les règles d'engagement des soutiens aériens en cas d'attaque d'une unité au sol, que son prédécesseur avait rendues plus strictes pour épargner les civils. Des soldats s'étaient plaints d'être de facto plus vulnérables.

«Nous observons des progrès dans certains domaines au beau milieu du difficile combat en cours en Afghanistan», a déclaré récemment le général Petraeus.

Des observateurs estiment qu'il est toutefois plus apte que son prédécesseur à gérer les aspects politiques de la guerre.

«McChrystal était trop proche de Karzaï et ne pouvait pas le critiquer, même quand c'était nécessaire», estime Haroun Mir. «Petraeus sera plus agressif pour convaincre Karzaï qu'avancer tout seul ne marchera pas».

Le général McChrystal s'est fait apprécier des Afghans, notamment du président, en réussissant à faire diminuer les pertes civiles causées par les forces internationales.

«C'est là-dessus que les Afghans évalueront Petraeus», estime un diplomate occidental en poste à Kaboul.

03 juillet 2010

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/201007/03/01-4295305-les-douze-travaux-de-petraeus.php


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