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03/08/2010

n°493 - Analyse - Géopolitique et stratégie - Réflexion d'Irak - 02/08/10 - : Fin - : Les Etats-Unis en guerre dans 75 pays...

n°493 - Analyse -  Géopolitique et stratégie - Réflexion d'Irak - 02/08/10  - : Fin   - : Les Etats-Unis en guerre dans 75 pays...



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  Dossiers 'Géopolitique et Stratégie' d'Irak

n°493                            02/08/10

C.De Broeder      &       M.Lemaire



Le " Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak " est visible  sur ...

a) sur mes  blog :  http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                           http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

2 Annexe

2-1 La Chine publie un rapport sur les droits de l'homme auxpublie un rapport sur les droits de l'homme aux Etats-Unis

2-2 Roger Waters : Le message engagé d’un musicien de légende.

2-3 L’origine des guerres.

3  Histoire de l'Irak

3 -1 Les vérités du président Saddam Hussein (entretien n°16)

32 Entretien n°17 - FBI-Saddam Hussein (23 mars 2004)

3-3 Entretien n°18 - FBI-Saddam Hussein (28 mars 2004)





3  Histoire de l'Irak

3 -1 Les vérités du président Saddam Hussein (entretien n°16)

Baghdad Operation Center
19 mars 2004
Entretien conduit par George L. Piro
Rapport traduit de l’arabe en anglais par le FBI
Traduction en français : Xavière Jardez
Titres, sous-titres et notes : Gilles Munier
____________________________
Projection d’un documentaire de propagande occidentale (1)
Pour connaître la vérité, il faut s’adresser aux personnes concernées
Avant le visionnage, Hussein a expliqué que toute personne présente les faits en fonction de ses croyances et de son expérience de la vie. Malgré cela, elle peut aussi être influencée par l’opinion des autres. C’est ainsi qu’une personne exposant ses informations sur l’Irak ou un autre pays, le fait sous trois angles. Le premier est « une échelle divine », selon ses propres croyances. Le deuxième est une échelle prenant en compte son expérience de la vie dans son propre pays. Le troisième et dernier se fonde sur ce qu’elle sait de son pays par les Nations unies et le droit international. Hussein a alors demandé à l’interviewer : «Et, vous qui projetez le film : quel est votre point de vue ? ». Pour Hussein, le savoir lui permettrait de répondre aux questions et commenter au mieux.
L’interviewer a dit à Hussein qu’il fallait écouter tous les faits afin de découvrir la vérité. Hussein a demandé : « Comment saurez-vous que c’est la vérité ? ». Il a ajouté qu’il utilisait des médias occidentaux, probablement biaisés, afin de déterminer la vérité. Il a ajouté : « Vos forces armées occupent mon pays. Vous êtes libre. Je suis prisonnier ». Il a ajouté que si quelqu’un cherche la vérité, il doit s’adresser directement aux personnes concernées. Quant au sud de l’Irak en 1991, après la guerre, Hussein a dit qu’il fallait parler « à ceux qui ont été violés, telles les femmes » par ceux qui avaient été envoyés par l’Iran. Ces mêmes individus ont commis, entre autre, des pillages, des massacres, des incendies. Il pense que l’on doit contacter ceux qui sont de son avis.
Hussein a déclaré que ce documentaire, préparé en Occident et diffusé pour la première fois en Amérique, n’est pas un film neutre, produit par des individus neutres. Ce film est probablement empreint des enseignements du Christ, des lois américaines, du droit international et du style de vie aux Etats-Unis. Hussein a souligné qu’il ne voulait pas mettre l’interviewer mal à l’aise mais, a-t-il ajouté, ce dernier doit « apprendre la vérité telle qu’elle est » et non pas comme Hussein la lui présente, ni comme le film la raconte.
Les « traîtres se sont soulevés
sur l’ordre d’un pays étranger »
L’interviewer a alors commencé la projection du documentaire d’une heure environ. Hussein a dit que la scène montrant les chiites dans le sud de l’Irak « pouvait être vue ailleurs, même aujourd’hui ». Il a ajouté que les chiites filmés à Kerbala, dans la mosquée, n’étaient ni enfermés ni encerclés comme il y était décrit. Se rapportant aux paroles du reporter, à propos de tanks irakiens s’approchant de la mosquée, Hussein a demandé : « Où sont les tanks ? ». Il a ajouté que la déclaration entendue dans le documentaire selon laquelle le Président Bush « avait encouragé » les chiites à se soulever contre le gouvernement irakien « est l’aveu d’un crime » (2).
Hussein a demandé alors la date de réalisation du documentaire, le nom du commentateur et le nom de l’organisation non-gouvernementale pour laquelle le reporter travaillait.
A propos de la scène montrant des chiites fuyant le sud de l’Irak vers le territoire kurde du nord, Hussein a remarqué qu’ils « ne semblaient pas avoir peur, qu’ils semblaient heureux ». Il a ajouté que les individus en question semblaient être des Kurdes, pas des chiites.
Après 23 minutes de projection, Hussein a déclaré qu’il était l’heure de ses exercices et de sa prière. Quand l’interviewer lui a fait remarquer que les exercices pouvaient être repoussés à plus tard, Hussein a répondu : « Je pense que c’est assez pour l’instant ». La suite du documentaire pourrait être visionnée un autre jour, a-t-il dit : « Pourquoi cette hâte ? ».
Sur les murs de la mosquée de l’Imam Hussein : le sang de « camarades » exécutés
Sans être sollicité ou questionné, il a fait quelques commentaires. Il a noté que le documentaire établit que les chiites se sont soulevés contre le gouvernement irakien avec les encouragements du Président Bush. Hussein a déclaré que les « traitres se sont soulevés sur l’ordre d’un pays étranger » et ont déclaré la guerre à leur propre pays.
Hussein a affirmé que l’interview de l’ayatollah Khoei (3) portait en lui une contradiction par rapport aux événements. Selon le commentateur, Khoei croyait en l’aspect pacifique de sa religion. Hussein a constaté que la réponse de Khoei aux questions du commentateur indique qu’il n’accepte pas que politique et terreur/violence se combinent. Selon Hussein, cela est en contradiction flagrante avec les actions des chiites.
Sur le compte-rendu de la conduite des chiites, il a réaffirmé : « Nous pouvons assister à cela n’importe où » car, selon lui, si un insurgé ne rend pas ses armes, il faut les lui enlever de force. Il a ajouté que les chiites avaient fait du mausolée de l’Iman Hussein le quartier général de leur résistance et que le sang couvrant les murs intérieurs du sanctuaire n’était pas celui de chiites tués au cours de l’assaut des forces gouvernemental, mais celui de « camarades » irakiens exécutés dans le bâtiment (4).
Hussein a dit que l’individu présenté dans le documentaire, la langue prétendument coupée, peut tout simplement être un muet. Le documentaire ne fournit aucune information sur les raisons ou les personnes qui lui ont coupé la langue sauf qu’il s’agit des services secrets irakiens.
Hussein est d’avis que les Kurdes que l’on voit marchant et quittant leurs villages peuvent vouloir « émigrer » ou peut-être s’éloigner d’une zone de combat.
Hussein a demandé si le commentateur avait posé la question aux chiites à propos de ce qu’ils avaient perdu lorsque « les criminels sont venus occuper leur ville ». Il a déclaré être désolé pour la personne qui visionnerait ce documentaire sans connaître la vérité. Il a posé une question toute rhétorique : « Qui aurait pu penser que les chiites se comporteraient de cette façon, en réponse à des événements survenus il y a 1300 ans » ?
Hussein a accepté de poursuivre le visionnage du film et de le commenter.
____________
Note :
(1) Documentaire : « La dernière guerre de Saddam Hussein ».
(2) Le 15 février 1991, George Bush (père) ayant déclaré sur
la Voix de l’Amérique et sur des tracts jetés par avion: « L’armée irakienne et le peuple irakien doivent prendre leur destin en main et forcer Saddam Hussein, ce dictateur, à se retirer », les milices chiites et les agitateurs pro-iraniens passèrent à l’action dans le sud du pays. Le soulèvement fut promptement et durement réprimé.
(3) Le Grand ayatollah Abul-Qassim al-Khoei, mort en août 1992, était le guide spirituel des chiites se réclamant de
la Haouza de Nadjaf. Un de ses disciples, l’ayatollah Ali al-Sistani, lui a succédé. Le 10 avril 2003, lendemain de la chute de Bagdad, Abdul Majid al-Khoei, un des fils d’Abdul-Qasim, qui dirigeait à Londres la Fondation Al-Khoei, a été assassiné près du sanctuaire de l’Imam Ali à Nadjaf. Il était considéré comme un agent du MI6, service secret britannique. Le régime de Bagdad a accusé Moqtada al-Sadr du meurtre.
(4) En 1992, lors du soulèvement chiite dans le sud de l’Irak, les dirigeants locaux du parti Baas, et souvent leur famille, furent massacrés par des agents pro-iraniens.

© X.Jardez et G. Munier – Traduction en français et notes juillet
http://www.france-irak-actualite.com/


07:15 3-2 Entretien n°17 - FBI-Saddam Hussein (23 mars 2004)

Entretien n°17                                                       

Baghdad Operation Center

23  mars 2004

Entretien conduit par George L. Piro

Rapport traduit de l’arabe en anglais par le FBI

Traduction en français : Xavière Jardez

Titres, sous-titres et notes : Gilles Munier  

Projection d’un documentaire de propagande occidentale (2)   

Saddam Hussein (Détenu de Haute Valeur n°1) a été interviewé le 23 mars 2004 dans un bâtiment de détention militaire à l’Aéroport International de Bagdad (AIB), Bagdad, Irak. Hussein a fourni les informations suivantes :

Avant le début de l’entretien, Hussein a été avisé que la discussion du jour serait la continuation de la précédente. Elle comprendrait la projection de la portion restante du documentaire sur la situation dans le sud de l’Irak en 1991, dans la foulée de la première guerre du Golfe.

Réalisé en 1993,  le film est intitulé « La dernière guerre de Saddam Hussein »  et le narrateur est Michael Wood.  L’interviewer a commencé la projection des 22 minutes et 30 secondes restantes.

 

Hussein a mis en doute l’origine du chiffre de 300 000 victimes, fourni par le narrateur, comme étant le nombre estimé de chiites tués dans le sud de l’Irak par les forces gouvernementales. L’interviewer a fait remarquer que ce chiffre avait déjà été discuté lors de la projection précédente et  que la source en était le gouvernement irakien. D’après le documentaire, le gouvernement irakien avait informé les Kurdes du nombre de chiites tués, et l’interviewer a ajouté  que ce message s’apparentait à  un avertissement donné aux Kurdes pour le cas où ils défieraient le gouvernement.

« Maintenant qu’ils m’ont appréhendé, qu’ils me jugent »

Le film décrit les scènes des actions du gouvernement contre les Arabes des marais dans le sud de l’Irak, notamment l’empoisonnement de l’eau causant la mort des poissons, la destruction des villages et l’assèchement des marais.  Hussein a noté que certaines scènes ne semblent pas avoir été filmées dans les marais. Dans la suite du documentaire, une scène montre une femme arabe des marais parlant du traitement de son peuple par le gouvernement irakien. Elle déclarait qu’ils ne leur restaient rien et qu’ils devaient quitter leur  maison avec simplement quelques biens. Hussein a ri et demandé : « Qu’avait-elle avant ? Des roseaux ? ».  

Le documentaire montre d’autres scènes et offre des commentaires sur le traitement des chiites du sud de l’Irak, des Kurdes du nord et des Arabes des marais. Le film discute de la possibilité de juger Hussein pour ces atrocités. Hussein a déclaré : « Maintenant qu’ils m’ont appréhendé, qu’ils me jugent ».  

Le film se termine approximativement après cinquante-cinq minutes et cinquante secondes. A la question de Hussein sur la date de sa réalisation, on lui répond qu’il a été fait en 1993.

Sur la nomination de certains importants dignitaires  à des postes dans le sud de l’Irak en 1991, avec la responsabilité de s’occuper du soulèvement chiite, Hussein a déclaré : « Nous y avons mis des personnes qui devaient gérer la situation ». Hussein a nié avoir déclaré qu’il ne voulait pas savoir comment ces soulèvements avaient été réduits, mais seulement connaître les résultats. Hussein a demandé : « Qui a dit que je ne voulais pas savoir comment ? ». Après que l’interviewer lui eut rappelé qu’il avait fait cette déclaration, précédemment, il a précisé que n’importe qui aurait eu pour objectif  de faire cesser les troubles et « la trahison ».

 

L’interviewer a noté que le documentaire montre, entre autres, le coût humain pour mettre un terme à la trahison. Hussein a noté que rien n’est manifeste dans ce film. Selon Hussein, on y voit des individus appréhendés par des officiels irakiens et d’autres officiels qui « se sont mal conduits en les frappant ». Il a reconnu qu’on y voit aussi des scènes de sujets différents.  

La conversation a, ensuite, porté sur une discussion relative à la définition de la trahison comparée à la révolution. L’interviewer a rappelé à Hussein qu’il avait visionné une portion du film où il était dit que le Président Bush avait encouragé les chiites à se révolter contre le gouvernement irakien en 1991. Il a rappelé à Hussein qu’il avait déclaré que les chiites, suite à ce soutien,  s’étaient retournés contre leur pays et qu’il les avait considérés, selon ses termes, comme des traitres. L’interviewer a observé que, si on considère les diverses tentatives de coups et les coups qui ont réussi en 1959, 1963 et 1968, certains pourraient décrire le Parti Baas de la même manière et, a poursuivi l’interviewer, qualifier de trahison un soulèvement qui échoue et de révolution, un coup qui réussit. Hussein a dit : « Je n’ai rien à dire »,  ajoutant « cela ne mérite pas que je commente». Il a qualifié le documentaire de subjectif, réalisé pour justifier « ce qui était fait contre l’Irak », y compris la partition du pays.  

Hussein a déclaré que tout accusé doit avoir la possibilité de se défendre. Il a, alors, demandé si l’Irak avait eu l’occasion  de se défendre contre les informations contenues dans ce film.  Etait-il approprié de questionner le Président de l’Irak sur un « film de propagande » ? Il a ajouté « Nous devrions arrêter ce programme ». Il a assuré qu’il avait répondu à toutes les questions de l’interviewer et  a affirmé qu’il ne commenterait plus des films de ce genre.

Je ne dirai que des choses positives sur mes camarades

Hussein a reconnu que Mohammed Hamza al-Zubaidi (1) et Kamal Mustapha Abdallah (2) avaient été envoyés à Nasiriyah en 1991 pour réduire le soulèvement chiite. Kamel Hussein a pareillement été envoyé à Kerbala, Ali Hassan al-Majid à Bassora et Izzat Ibrahim al-Douri à Hilla.

Hussein a décrit Al-Zubaidi comme un « de nos camarades du parti », haut membre de la direction, devenu Premier ministre.

Pour lui, tout Irakien était bon jusqu’à ce qu’il prouve le contraire et Al-Zubaidi était « bon ». Il a reconnu que ce dernier était l’un des rares chiites à avoir atteint une position élevée dans la direction. A la question de savoir s’il était respecté par ses collègues, Hussein  a dit : « C’était une autre histoire », refusant d’expliquer en détail cette répartie. Il a réitéré qu’il ne dirait que des choses positives concernant ses camarades. Si on se fie aux réponses de Hussein, on peut en déduire, que Al-Zubaidi n’était pas - selon l’interviewer - dans les bonnes grâces de ses collègues. Hussein a répondu que l’interviewer pouvait penser ce qu’il voulait, soit en bien ou en mal, à propos d’Al-Zubaidi, que c’était sa réponse.

Hussein a reconnu qu’Abdallah était un lointain cousin, membre du Parti, qu’il avait servi en tant qu’officier dans l’armée irakienne mais qu’il « n’était pas au gouvernement ». Abdallah avait assumé les mêmes tâches que tout autre officier et il ne se souvenait pas des endroits où il avait été assigné. A la question de savoir si Abdallah avait occupé le poste de Secrétaire général de la Garde Républicaine et la Garde Républicaine Spéciale, Hussein s’est étonné, disant : « Je croyais que nous parlions de ce qui s’était passé dans le sud ». L'interviewer a estimé qu'il était important de savoir ce que Hussein pensait des membres de la direction irakienne. Ce dernier a répondu qu'il avait confiance en en eux, qu'ils exercent une fonction au parti, au gouvernement ou dans l'armée, jusqu'au jour où une de ces personnes se "conduirait mal". Il a ajouté que s’il ne disait pas que quelqu’un était « mauvais », c’est qu’il était bon. Il a précisé que, pour lui, une « mauvaise » personne était quelqu’un qui se conduisait en totale contradiction avec la confiance qu’il avait placée en lui. 

Hussein a déclaré que, durant la guerre avec l’Iran, la Garde Républicaine (GR) avait été envoyée sur le front, laissant Bagdad et le Palais présidentiel sans protection. C’est ainsi que fut créée la Garde Républicaine Spéciale (GRS), d'abord sous la forme de compagnies, puis de régiments. A cette époque, de nombreux jeunes officiers - dont Abdallah - ont été incorporés. Cependant, les commandants des GR et des GRS n'étaient pas obligatoirement membres de la famille de Hussein.

« Je n’ai peur de personne.

Je ne crains que Dieu »

Quelles instructions la direction politique a-t-elle données à Al-Zubaidi et à Abdallah quant à la réponse à apporter à la révolte chiite dans le sud du pays ? Hussein a dit : « J’ai déjà répondu lors de la dernière session ». Il a ajouté que, pareillement, il avait expliqué comment les informations sur la situation étaient communiquées à la direction. L’interviewer a noté que Al-Zubaidi et Abdallah étaient détenus par les forces de la coalition. Hussein a demandé : « En quoi peuvent-ils me servir ? ». Il a demandé de manière rhétorique : « Pensez-vous que je répondrais en fonction de qui est en prison ? ». Il a ajouté : « Je n’ai peur de personne. Je ne crains que Dieu ». Ses réponses ne dépendent pas de savoir si un tel est en prison ou vivant ou mort mais de ce qu’il pense être la vérité. Hussein a dit qu’il n’était pas le genre de personne à faire porter le blâme par un mort, comme blâmer Hussein Kamel qui n’est plus. Il a ajouté : «  Je ne parlerai que pour moi ». Hussein a conseillé à l’interviewer d’aller parler directement à Al-Zubaidi et  Abdallah car « ils se connaissent mieux ».

 

Hussein a répété ce qu’il avait déclaré précédemment à savoir : « J’accepterai tout ce que dira une personne que vous interrogez qui désire alléger son fardeau à condition que cela ne ternisse pas ma réputation ».

L’interviewer a mis fin à l’entretien parce qu’il ne voulait pas retarder son heure de prière et de repas. Hussein a dit : « Tout gouvernement qui veut diminuer ses péchés aux yeux de Dieu, devrait faire ainsi ». « Les péchés des  gouvernements sont nombreux ». Hussein a conclu en disant qu’il était bien que l’interviewer ne l’empêche pas de prier car cela lui ferait un péché de moins.

Note :

(1) Mohammed Hamza al-Zubaidi, ancien membre du Conseil de Commandement de la Révolution (CCR), ancien Premier ministre (15 septembre 1991 au 5 septembre 1993), a été arrêté par la milice d’Ahmed al-Chalabi le 21 avril 2003. Il est mort en 2005, victime d’une « attaque cardiaque » au cours de son internement.

(2) Kamal Mustapha Abdallah Sultan al-Tikriti, commandant de la Garde républicaine, n°10 sur la liste des dirigeants les plus recherchés, s’est rendu aux troupes d’occupation, à Bagdad, le 17 mai 2003.

© X.Jardez et G. Munier – Traduction en français et notes

http://www.france-irak-actualite.com/article-entretien-n-17-fbi-saddam-hussein-23-mars-2004-54039971.html


3-3 Entretien n°18 - FBI-Saddam Hussein (28 mars 2004)

Entretien n°18                                                       

Baghdad Operation Center

28  mars 2004

Entretien conduit par George L. Piro

Rapport traduit de l’arabe en anglais par le FBI

Traduction en français : Xavière Jardez

Titres, sous-titres et notes : Gilles Munier

  Des documents du parti Baas passés au crible

  Saddam Hussein (Détenu de Haute Valeur n°1) a été interviewé le 28 mars 2004 dans un bâtiment de détention militaire à l’Aéroport International de Bagdad (AIB), Bagdad, Irak. Hussein a fourni les informations suivantes :

  Hussein a été averti, dès le début de l’entretien, que celui-ci serait la continuation des rencontres précédentes sur les soulèvements chiites  dans le sud de l’Irak en 1991.  

Hussein a dit qu’il était normal que le dirigeant d’un parti politique, comme le Baas,  connaisse le plus de membres possible du Parti. Cependant, il lui était difficile de faire la connaissance de membres du Baas, en dehors de ceux qui en étaient à la tête. Néanmoins, il avait essayé d’en connaître autant que faire se peut, comme il avait tenté d’aller à la rencontre du plus grand nombre de simples citoyens irakiens.

Saddam ne pouvait pas être au courant

de tout ce qui se passe

L’interviewer a posé une question sur le système de communication entre les divers échelons du Parti, de la base au niveau national, et sur le volume d’informations mis à la portée des dirigeants haut placés. Hussein a répondu que ces derniers recevaient des informations de la même manière que les Démocrates et les Républicains aux Etats-Unis. Quand une directive était émise par la direction, des instructions étaient  adressées à tous les membres du Parti. Si un membre envisageait une certaine action, sa requête était transmise à la direction irakienne par les canaux appropriés. On a demandé à Hussein quels étaient ses sentiments sur la nécessité d’être tenu au courant de la situation locale. Il a déclaré : « Il y a une différence entre le désir et la réalité ».  

L’interviewer a déclaré que des documents, décrivant les soulèvements de 1991 et les activités du Parti Baas au cours de cette période, ont été découverts après l’invasion des forces de la coalition en 2003 (1). Le traducteur a lu à Hussein de larges extraits de copies de deux documents rédigés en arabe. Le premier, daté du 11 avril 1991, sous le numéro 7/1/383, signé par Hussein Hamza Abbas, secrétaire général de la Section du Commandement Saddam avait été adressé au secrétaire général de la Section du Commandement de Wasit. Dans ce document, Abbas expliquait et clarifiait sa conduite au cours des  « troubles de mars 1991 ». Le second, daté d’avril 1991, sans numéro, était signé par Anwar Saeed Omar, secrétaire général de la Section du Commandement de Wasit. Il était adressé à un membre, vraisemblablement plus élevé du commandement, mais non désigné.  Ce document explique que certaines actions entreprises au cours de « ces troubles » dans les villes de Bassora et Wasit, en mars 1991, incluaient l’arrestation d’environ 700 militaires et civils, à Bassora. Dans la lettre, Omar déclare que des comités d’interrogatoire ont été formés et qu’il avait été responsable du Second Corps de Comités.  Omar écrit qu’il a, personnellement, exécuté  deux individus le jour même où il a commencé les interrogatoires. Il ajouté, de plus, que quarante-deux personnes furent exécutées après quatre jours d’interrogatoire.

A la question portant sur la contradiction apparente entre les actions décrites dans ces documents et le système judiciaire irakien, Hussein a répondu : « Où est la contradiction ? ». Il a ajouté, les comités furent formés, les interrogatoires eurent lieu et le jugement fut rendu. Hussein a demandé : «  Quelle était l’alternative ? ».

Saddam conteste le droit de l’interviewer de poser des questions sur les évènement internes de 1991

L’interviewer a observé que ces documents semblent  décrire une situation selon laquelle l’enquête sur ces individus n’avait pas été le fait d’un organisme neutre. L’exigence d’une enquête neutre avait, auparavant, été débattue par Hussein eu égard à la situation au Koweït et les crimes apparemment commis par les forces militaires irakiennes au cours de l’occupation en 1991. L’interviewer a, de plus, noté que les individus ne semblaient pas avoir eu la possibilité de se défendre, ce que Hussein avait précédemment considéré comme primordial. Hussein a dit : « Je  n’ai rien dit à propos des Koweitiens », précisant  que « le Koweït et cette question sont deux choses différentes ». Ces documents parlent d’actes de « trahison et de sabotage ». Hussein a affirmé que les deux individus avaient pu se défendre. L’interviewer a noté qu’il apparaît que non et qu’ils avaient été exécutés sur le champ. Hussein a répondu : « Peut-être. Peut-être pas », et ajouté que ce rapport peut ne pas fournir tous les détails. Hussein a précisé que l’auteur s’était peut-être vanté pour manifester sa loyauté et son aptitude à accomplir la tâche demandée. Il a mis en doute la validité du rapport. Si tout cela est vrai, a-t-il déclaré, le jour où les Américains décideront de poursuivre les individus qu’ils ont capturés pour ces crimes, et où les Irakiens reprendront  la direction de leur pays, ces derniers  enquêteront sur cette affaire.

Hussein a contesté le droit de l’interviewer de poser des questions sur les événements internes à l’Irak de 1991. Il a demandé : « Est-ce que c’est parce que vous êtes un employé du gouvernement américain ? ». L’interviewer a observé qu’il essayait de démêler les faits de la fiction et de consigner l’histoire comme elle s’était passée.  

Hussein a déclaré qu’il lui était difficile de commenter lesdits documents sans en avoir tous les détails. Il a mis en doute l’allégation de l’interviewer selon laquelle les deux individus n’avaient pas eu  l’occasion de se défendre et le fait même qu’ils aient été exécutés. 

Note :

(1) Les Américains - aidés notamment par la milice d’Ahmed Chalabi - et les Iraniens s’étaient organisés dans la perspective de l’invasion pour mettre la main sur les documents officiels du parti Baas, des ministères et des services secrets.  La traduction d’un certain nombre de ces derniers, déclassifiés, a été publiée aux Etats-Unis.

© X.Jardez et G. Munier – Traduction en français et notes

http://www.france-irak-actualite.com/article-entretien-n-18-fbi-saddam-hussein-28-mars-2004-54412876.html



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