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03/08/2010

n°493 - Analyse - Géopolitique et stratégie - Réflexion d'Irak - 02/08/10 - :Suite - : Les Etats-Unis en guerre dans 75 pays...

n°493 - Analyse -  Géopolitique et stratégie - Réflexion d'Irak - 02/08/10  - :Suite   - : Les Etats-Unis en guerre dans 75 pays...



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  Dossiers 'Géopolitique et Stratégie' d'Irak

n°493                            02/08/10

C.De Broeder      &       M.Lemaire



Le " Dossiers 'Géopolitique et stratégie' d'Irak " est visible  sur ...

a) sur mes  blog :  http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                           http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

2 Annexe

2-1 La Chine publie un rapport sur les droits de l'homme auxpublie un rapport sur les droits de l'homme aux Etats-Unis

2-2 Roger Waters : Le message engagé d’un musicien de légende.

2-3 L’origine des guerres.




2 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

 

2-1 La Chine publie un rapport sur les droits de l'homme aux Etats-Unis.

 La Chine a riposté aux critiques américaines contenues dans un rapport sur les droits de l’Homme, en publiant son propre document sur les droits de l’Homme aux Etats-Unis. « Comme les années précédentes, le rapport américain est plein d’accusations contre la situation des droits de l’Homme dans plus de 190 pays et régions, dont la Chine, mais ferme les yeux sur, ou évite et même dissimule les abus massifs des droits de l’Homme sur son propre territoire », a déclaré le Bureau de l’Information du Conseil des Affaires d’Etat (gouvernement chinois) dans son rapport sur les droits de l’Homme aux Etats-Unis.

Le Rapport sur les droits de l’Homme aux Etats-Unis en 2009 a été publié en réponse au rapport 2009 sur la situation des droits de l’Homme dans le monde, publié le 11 mars 2009 par le Département d’Etat américain.
Le rapport est « préparé pour aider les gens à travers le monde à comprendre la situation réelle des droits de l’Homme aux Etats-Unis », indique le rapport.
Le rapport a passé en revue la situation des droits de l’Homme aux Etats-Unis en 2009 à travers six thèmes : vie, propriété et sécurité personnelle ; droits civils et politiques ; droits culturels, sociaux et économiques ; discrimination raciale ; droits des femmes et des enfants ; violations des droits de l’Homme par les Etats-Unis contre d’autres pays.
Il critique les Etats-Unis pour avoir utilisé les droits de l’Homme comme « outil politique pour s’ingérer dans les affaires intérieures d’autres pays et diffamer l’image d’autres pays au profit de ses propres intérêts stratégiques ».
La Chine conseille au gouvernement américain de tirer des leçons de l’histoire, avoir lui-même une attitude correcte, d’oeuvrer pour améliorer sa propre situation des droits de l’Homme, et de rectifier ses actions dans le domaine des droits de l’Homme.
Il s’agit de la 11e année consécutive que le Bureau de l’Information du Conseil des Affaires d’Etat publie un article sur les droits de l’Homme aux Etats-Unis, en réponse au rapport annuel du Département d’Etat américain.
« A un moment où le monde souffre d’un grave désastre sur le plan des droits de l’Homme, causé par la crise financière mondiale provoquée par la crise des subprimes américaine, le gouvernement américain ignore toujours ses propres problèmes graves en matière de droits de l’Homme et se réjouit d’accuser d’autres pays. C’est vraiment dommage », indique le rapport.

….

Les guerres en Irak et en Afghanistan ont imposé un lourd fardeau sur le peuple américain et causé d’énormes pertes humaines et économiques aux peuples d’Irak et d’Afghanistan, indique le rapport.
L’abus sur les prisonniers est l’un des plus grands scandales concernant les droits de l’Homme aux Etats-Unis.
Selon une enquête menée par le Département de
la Justice des Etats-unis, 2 000 soldats Talibans qui s’étaient rendus sont morts étouffés par les forces armées afghanes contrôlées par l’armée américaine, indique le rapport.
Les Etats-Unis construisent des bases militaires dans le monde entier et des violations des droits de l’Homme des habitants de ces endroits sont souvent observés.
Les Etats-Unis possèdent actuellement 900 bases militaires dans le monde. Plus de 190 000 militaires et 115 000 autres personnes y sont stationnés.
Ces bases causent de graves dégâts et pollutions à leur environnement. Des substances toxiques causées par des explosions de bombes coûtent la vie à des enfants du voisinage.
Selon certaines informations, vers la fin de la présence des bases militaires américaines de Subic et de Clark, jusqu’à 3 000 plaintes sur le viol de femmes philippines ont été déposées contre des militaires américains, mais elles ont été toutes rejetées, ajoute le rapport.

Source: Changement de société

Xinhua  


2-2 Roger Waters : Le message engagé d’un musicien de légende.
Roger Waters, homme et artiste d’exception

Dans un monde où, de la Palestine à l’Irak en passant par l’Afghanistan, tant d’innocents sont brutalisés par des armées barbares, humiliés, privés d’espoir, de liberté, et de tout ce qui fait la dignité humaine, la voix d’artistes renommés qui ont la probité de mettre leur talent, leur signature, à refuser l’ensauvagement, est un rayon d’espoir.

26 juillet

Roger Waters, le légendaire bassiste, guitariste et chanteur du mythique groupe Pink Floyd, aujourd’hui dissout, est l’un de ces artistes d’exception et de courage.

« Divertir les gens ne m’a jamais intéressé, ce que je veux est émouvoir », a-t-il coutume de dire.

Admiré bien au delà du monde du rock, sensible au sort de peuples écrasés par plus fort qu’eux, meurtris par des luttes inégales, Rogers Waters a quelque chose d’important à dire. Il a du reste dédié ses albums aux êtres « tombés à la guerre ». Pour lui, parler des souffrances que les guerres génèrent « c’est contribuer à les éviter, à les faire cesser ».

En 1979, l’album « The Wall », dont il a écrit paroles et musiques, est devenu l’hymne d’une génération. C’était une époque où le mouvement anti-guerre était encore puissant. Il est aujourd’hui éteint. Roger Waters, réfléchi et passionné, sait qu’il a sa part à jouer pour en rallumer la flamme.

Roger Waters joue Happiest Days Of Our Lives et Another Brick In The Wall, Part 2 (live)  [1]

« Quand nous avons sorti cet album, c’était après la fin de la guerre du Vietnam. Aujourd’hui, nous sommes en plein cœur des guerres en Irak et en Afghanistan. Il y a dans « The Wall » un puissant message anti-guerre : ce message qui existait à l’époque de sa sortie existe toujours aujourd’hui » disait-il récemment. Il ne peut supporter de voir des pays entiers jetés dans des guerres absurdes, injustifiées, de plus en plus cruellles et dévastatrices, et rester sans réagir. Ce qui donne tout son sens à sa prochaine tournée : « THE WALL TOUR » :

« La question qui se pose à présent pour moi est la suivante : les technologies de la communication dans notre culture, vont-elles servir à nous éclairer et nous aider à mieux nous comprendre, ou vont-elles servir à nous tromper et à nous tenir à distance ?

Je crois que c’est une question extrêmement pertinente. Il y a un fatras commercial sur le net, et beaucoup de propagande, mais j’ai le sentiment que, juste sous la surface, la compréhension gagne du terrain. Nous devons simplement continuer à blogger, continuer à twitter, continuer à communiquer, continuer à partager des idées. (…)

Cette nouvelle production de The Wall est une tentative de tirer quelques parallèles, pour éclairer les difficultés présentes ; elle est dédiée à toutes les innocentes victimes des années écoulées. (…)

Je crois que nous avons au moins une chance d’aspirer à quelque chose de mieux que la tuerie rituelle du loup qui dévore le loup et qui est notre actuelle réponse à notre peur institutionnalisée de l’autre. (…)

Je pense qu’il est de ma responsabilité, en tant qu’artiste, d’exprimer mon optimisme – optimisme contrôlé – et d’encourager les autres à faire de même. »

Et, pour rendre justice aux victimes des guerres, Roger Waters a invité les familles concernées à exposer, lors des concerts, les photos de leurs chers disparus :

« Je vous fais cette demande à la lumière de ma conviction que beaucoup de ces pertes tragiques en vies humaines, sont évitables. Je me sens en empathie avec les familles de toutes les victimes et je suis tout autant en colère contre “LES POUVOIRS EN PLACE”, qui en sont responsables.

Les humains ont besoin de la protection de l’État de droit. Il faudrait se mettre d’accord sur ce que la loi devrait être maintenant, (un acquis sur lequel nous avons travaillé quelques centaines d’années), mais aussi convenir que, en développant notre compréhension, à la fois de nous-mêmes et de notre environnement, cela devrait nous amener à modifier les lois qui nous gouvernent. La loi ne devrait pas être gravée dans le marbre. Prenez-en note, vous, disciples de Moïse et autres prophètes morts.

Cela m’amène au point suivant. À mon avis, la religion dresse un mur entre nous et la réalité de nos vies. Il y a aussi un mur entre : riches et pauvres, Nord et Sud, l’ancien et le nouveau monde, et le tiers monde. C’est un mur de peur et d’avidité !

Il y a assez de tout dans le monde pour que chacun de nous ait assez à manger ; pour que chacun soit au chaud et au sec et ait une télévision couleur et une voiture. On nous apprend à craindre que, si nous partageons ce que nous avons avec eux [les pauvres], il ne nous restera rien. Nous craignons aussi qu’ils essaient de nous prendre ce que nous avons, et ainsi nous dépensons beaucoup plus en armes que ce dont eux auraient besoin pour leur nourriture, leur logement, leurs vêtements et leur éducation - pour les empêcher de nous prendre ce que nous possédons.

Il y a aussi un autre mur entre nous et la réalité de nos vies. Ce mur s’appelle “les médias”. Ce mur est un outil qui sert à nous détourner de vérités dérangeantes. » [2]

Ses paroles, Roger Waters les confirme par ses actes.

En juin 2006, il a entendu l’appel - à refuser de donner son spectacle à Tel Aviv - que lui avait adressé le mouvement palestinien BDS [3], adhérant ainsi au boycott contre Israël. Il expliquait : « La souffrance endurée par le peuple palestinien depuis quarante ans d’occupation israélienne est inimaginable pour nous qui vivons à l’ouest ; je soutiens leur lutte de libération. J’ai fait changer le lieu du concert, qui aura lieu à Neve Shalom en signe de solidarité avec les voix de la raison, palestiniennes ou israéliennes, qui cherchent un chemin non-violent vers une paix juste. »

Soit dit en passant, Leonard Cohen, pressé à son tour en 2009 de ne pas se produire à Tel Aviv [4], a, lui, maintenu son concert ; et cela fait toute la différence.

En juin 2009, Roger Waters s’est rendu en Palestine occupée où il a visité le petit camp de réfugiés d’Aïda [5]. A l’issue de son voyage il a déclaré [6] :

« Les gens qui n’ont pas vu ce qui se passe ici, ne peuvent pas imaginer quelle impression cela vous fait : les malades, le bouleversement que vous ressentez dans votre cœur quand vous voyez cela, à quel point c’est déprimant ».

Atterré par ce qu’il a découvert, il a promis qu’il reviendrait donner un concert en ces lieux meurtris le jour où le mur de l’apartheid serait démantelé. C’était là, à l’évidence, une manière de réaffirmer son soutien à la campagne de boycottage contre l’État d’apartheid et de mettre le doigt sur le présent atroce et brutal des Palestiniens.

En décembre 2009, dans une lettre pleine d’émotion, il a manifesté publiquement son estime et son plein soutien aux milliers de gens, toutes nationalités confondues, engagés dans des actions concrètes pour forcer Israël à ouvrir les portes de Gaza et alerter l’opinion publique sur cette réalité brûlante :

« Je m’appelle Roger Waters. Je suis un musicien anglais et je vis aux États-Unis (…) Voilà un an, nous avons tous vu, horrifiés, l’agression particulièrement haineuse perpétrée par les forces armées israéliennes contre la population de Gaza ; agression qui n’a toujours pas cessé, puisque le blocus illégal de Gaza se poursuit.

Nous, de l’extérieur, ne pouvons imaginer les souffrances infligées à la population de Gaza, tant par l’invasion que par le blocus. Le but de la « Marche de la liberté » de Gaza est d’attirer l’attention du monde entier sur la situation abominable que vivent les Palestiniens à Gaza. Ceci, dans l’espoir que la gravité de leur sort sera enfin compris de toutes les personnes normales et dignes de la planète, et que en prenant connaissance de l’ampleur des crimes commis contre eux, elles exigeront de leurs gouvernements qu’ils fassent toutes les pressions en leur pouvoir afin qu’Israël lève enfin le blocus de Gaza.

J’utilise le mot « crime » en toute connaissance de cause puisque, aussi bien le blocus que l’invasion militaire ont été déclarés illégaux par les représentants des Nations unies et par les organisations des droits de l’homme les plus en vue.

Si nous ne respectons pas les lois internationales, si certains gouvernements se situent au-dessus des lois, nous ne sommes plus très éloignés de la barbarie et de l’anarchie.

La « Marche de la liberté de Gaza » est un message d’amour qui s’adresse à tous ceux d’entre nous qui considèrent que nous sommes tous frères et sœurs ; que nous sommes tous censés nous soulever pour construire un futur où tout un chacun pourra compter sur la loi et sur l’universalité des droits de l’Homme. Où la vie, la liberté et la poursuite du bonheur ne sont pas l’apanage du « petit nombre ». Donc, à ceux et à celles d’entre vous qui marcheront, je tire mon chapeau. Ce que vous faites est noble et courageux et, lorsque vous aurez atteint votre but, je vous demanderai de dire à nos frères et sœurs palestiniens que, de ce côté-ci, hors des murs de leur prison, nous sommes des centaines de milliers à être solidaires avec eux.

Aujourd’hui, des centaines de milliers, demain, des millions et, bientôt, des centaines de millions. Nous vaincrons. » [7]

29 décembre 2009 - Roger Waters exprime son soutien à la Marche de la liberté

Ceux qui ont suivi cette histoire n’oublieront jamais qu’en cette minute si cruciale où les Palestiniens, emprisonnés dans le ghetto de Gaza, au milieu des ruines, attendaient désespérement un geste de solidarité, Roger Waters était présent. À fin décembre 2009 - période de l’année où, dans nos sociétés, on s’amuse – il se consacrait à aider Gaza. Humain, splendide, solidaire, il composait : "We Shall Overcome" [“Nous vaincrons”], une chanson émouvante et porteuse d’espoir, qui, dit-il, lui a « été inspirée par le sort des Palestiniens - en lutte pour réaliser un Etat palestinien - et les horreurs de la guerre et du blocus qui leur sont imposés par Israël ».

Il accompagnait sa chanson de ce commentaire à l’adresse des journalistes et des gouvernements qui ne font pas ce qu’ils devraient, raison pour laquelle les gens se doivent d’agir à leur place :

« Durant la période du Nouvel An 2009 -2010, un groupe international de 1500 hommes et femmes venant de 42 pays s’est rendu en Égypte pour participer à une « Marche de la liberté » vers Gaza. Ils l’ont fait pour protester contre le blocus actuel de Gaza. Pour protester contre le fait que les habitants de Gaza vivent dans une prison virtuelle. Pour protester contre le fait que, une année après l’attaque terroriste des forces armées israéliennes, qui a détruit la plupart de leurs maisons, hôpitaux, écoles et autres bâtiments publics, ils n’ont aucune possibilité de les reconstruire parce que leurs frontières sont fermées.

Ces « marcheurs de la liberté » voulaient attirer pacifiquement l’attention sur la situation de la population palestinienne de Gaza. Et le gouvernement égyptien, (financé à hauteur de 2,1 milliards de dollars par an, par nous, les contribuables des États-Unis), ne veut pas permettre aux marcheurs d’approcher la bande de Gaza ? C’est une histoire lamentable ! Mais combien prévisible ! Je vis aux États-Unis et pendant ce temps, du 25 décembre 2009 au 3 janvier 2010, je n’ai pas vu la moindre nouvelle au sujet de Gaza, ni au sujet de cette « Marche de la liberté », ni au sujet de ce rassemblement (en Egypte) de manifestants cosmopolites. Quoi qu’il en soit, au vu de ces circonstances, cela m’a incité à enregistrer une nouvelle version de "We Shall Overcome" [“Nous vaincrons”]. » [8]

Quand un homme, un musicien, un poète, est capable de se hisser à ce niveau d’engagement et de loyauté, où tout est sincère et tout est vrai, ses paroles ont un poids énorme. Ce qu’il dit, comme il le dit, lui assure sa pleine grandeur. Et l’estime du public, cette douceur où l’artiste puise sa force.

Les Palestiniens, les Irakiens, les Afghans, et tant d’autres victimes, qui sont les premiers destinataires de son message d’amour, suspendus entre l’angoisse de la mort et l’espoir, savent que cette blessure qui est la leur, le poète, ici Roger Waters, la porte aussi en lui.

Son message va droit au coeur de centaines de milliers de gens qui, depuis les années 70, ont eu le privilège de le côtoyer dans l’un de ses concerts, où l’on se sent unis et solidaires, pour une heure, un soir, à l’écoute de « Mother », de « Wish You Were Here »... Et où, en cette ferveur, on comprend quelque chose de saisissant et vertigineux : qu’il ne dépend que de chacun de savoir si nous sommes capables d’aimer notre prochain, et de refuser que des barbares en uniforme fassent ce que l’on ne tolèrerait pas que l’on nous fasse.

Off their 1975 album, Wish You Were Here ; Pink Floyd’s single, "Wish You Were Here"
Roger Waters - Mother (live)

Silvia Cattori

http://www.silviacattori.net:80/article1279.html


2-3 L’origine des guerres.

Réflexions du compañero Fidel :  

 J’ai affirmé le 4 juillet que les États-Unis ne céderaient pas, et l’Iran non plus : « …l’une, par arrogance de puissants ; l’autre, par la résistance au joug et par la capacité de combattre, comme cela est arrivé si souvent dans l’histoire de l’homme. »  

Dans presque toutes les guerres, une des parties souhaite l’éviter, et parfois les deux. En l’occurrence, celle-ci éclatera, même si l’une de parties ne le désire pas, comme cela arriva lors des guerres mondiales de 14-18 et de 39-45, séparées par vingt-cinq ans à peine.

La boucherie fut effroyable. Ces guerres n’auraient pas éclaté sans des erreurs de calculs préalables des deux parties qui défendaient des intérêts impérialistes et croyaient pouvoir atteindre leurs objectifs sans de si terribles coûts.  

Dans le cas présent, l’une des parties défend des intérêts nationaux absolument justes ; l’autre poursuit des visées illégitimes et des intérêts bassement matériels.

Quand on analyse toutes les guerres qui se sont déroulées dans les annales de l’Histoire, on constate que l’une des parties a toujours visé ces objectifs-ci.

L’illusion qu’il soit possible de les atteindre en l’occurrence sans la plus terrible de toutes les guerres est absolument vaine.

Dans l’un des meilleurs articles publiés sur le site web Global Research, le 11 avril 2010,  Rick Rozoff apporte de nombreux critères incontestables sur les visées des USA. Toute personne qui se veut bien informée doit les connaître.

Selon cet auteur, les USA pensent qu’ « une guerre peut être gagnée sans même avoir été lancée. Il est possible de remporter la victoire si l’adversaire sait qu’il est vulnérable à une attaque instantanée et non détectable, écrasante et dévastatrice, sans qu’il puisse se défendre ou exercer des représailles ».

C’est « un pays qui aspire à rester le seul État dans l’histoire à exercer une domination militaire complète sur terre, dans les airs, sur les mers et dans l’espace. »

« Qui maintient et étend des bases militaires et des troupes, des groupes de bataille formés de porte-avions et de bombardiers stratégiques sur presque toutes les latitudes et longitudes. Qui possède pour ce faire un budget de guerre record depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale : 708 milliards de dollars pour le prochain exercice fiscal. »

« …le premier pays à avoir mis au point et utilisé des armes atomiques. »

« …les USA conservent 1 550 ogives nucléaires déjà déployées et 2 200 (ou 3 500 selon certains calculs) de plus entreposées, et une triade de vecteurs de lancement terrestres, aériens et sous-marins ».

 « Leur arsenal non nucléaire utilisé pour neutraliser et détruire les défenses aériennes et stratégiques, potentiellement toutes les forces militaires importantes d’autres nations, sera constitué de missiles balistiques intercontinentaux, de missiles balistiques adaptés pour être lancés à partir de sous-marins, de missiles de croisière et de bombardiers hypersoniques, et de bombardiers stratégiques « super-furtifs » non détectables par les radars et donc capables de déjouer les défenses terrestres et aériennes. »  

Rozoff énumère les nombreuses conférences de presse, réunions et déclarations de ces derniers mois en provenance des chefs de l’état-major interarmes et de hauts fonctionnaires de l’administration étasunienne.

Il explique les engagements des USA avec l’OTAN et leur coopération renforcée avec leurs alliés du Proche-Orient, autrement dit, en premier lieu, Israël. Il écrit :

« Les USA intensifient aussi leurs programmes de guerre spatiale et cybernétique afin d’être en mesure de paralyser les systèmes de surveillance et de commandement militaires, de contrôle, de communications, d’informatique et de renseignement d’autres nations, les laissant absolument sans défense sauf au niveau tactique le plus élémentaire. »

Il rappelle que la Russie et les USA ont signé à Prague, le 8 avril dernier, le nouveau Traité START qui « ne contient aucune contrainte sur la capacité actuelle ou planifiée des USA en matière d’attaque classique globale rapide. »

Il rapporte de nombreuses nouvelles à ce sujet et donne un exemple éloquent sur les visées des USA :

« Le département de la Défense explore actuellement toute la gamme de technologies et de systèmes concernant la capacité d’attaque classique globale rapide qui pourrait offrir au président des choix plus crédibles et techniquement viables pour faire face à de nouvelles menaces en évolution. »  

Je suis d’avis qu’aucun président, voire le chef militaire le plus expert, n’aurait pas un instant pour savoir quoi faire si les ordinateurs ne l’avaient déjà programmé.

Rozoff, imperturbable, rappelle l’analyse faite par Elaine Grossman sur Global Security Network dans un article intitulé  « Les essais concernant le missile d’attaque globale pourraient coûter 500 millions de dollars » :

« L’administration Obama a demandé 239,9 millions de dollars à des fins de recherche-développement par les services militaires d’une attaque globale instantanée pour l’exercice fiscal 2011…. Si le financement se maintient au niveau prévu dans les années à venir, le Pentagone aura dépensé quelque 2 milliards de dollars pour cette capacité d’attaque globale rapide d’ici la fin de l’exercice fiscal 2015, selon les documents budgétaires soumis au Capitole ce dernier mois. »

Un scénario tout aussi horrifiant au sujet des effets d’une attaque classique globale rapide, cette fois en version maritime, est apparu voilà trois ans dans la revue Popular Mechanics :

« Un sous-marin atomique classe Ohio émerge dans le Pacifique, attendant l’ordre de tir du président. Quand celui-ci arrive, le sous-marin tire un missile balistique Trident-II de 65 tonnes qui atteint en deux minutes plus de 22 000 km/heure. Il s’élève au-dessus des océans et dans l’espace extra-atmosphérique pendant des milliers de kilomètres.

« Au sommet de sa parabole, suspendus dans l’espace, les quatre ogives du Trident se séparent et commencent à redescendre vers la planète.

 « Les ogives, qui voyagent à près de 21 000 km/h, sont remplies de tringles de tungstène, un métal deux fois plus résistant que l’acier.

 « Les ogives détonnent juste au-dessus de l’objectif, répandant sur la zone des milliers de tringles, dont chacune est douze fois plus destructrice qu’une balle calibre 50. Tout ce qui se trouve dans un rayon de 280 m2 autour de cette tempête métallique tourbillonnante est anéanti. »

Rozoff explique ensuite la colonne écrite le 7 avril, sous le titre :

« La surprise nucléaire d’Obama », par l’ancien chef de l’état-major interarmes russe, le général Leonid Ivashov, qui, après avoir fait référence au discours prononcé par le président étasunien à Prague, un an avant – « l’existence de milliers d’armes nucléaires est l’héritage le plus dangereux de la Guerre froide » – et à sa signature de START II dans cette même ville, le 8 avril dernier, affirme :

« L’histoire des USA durant le siècle dernier n’offre aucun exemple que les élites étasuniennes aient fait le moindre sacrifice pour l’humanité ou pour les peuples d’autres pays. Serait-il dès lors réaliste d’attendre que l’arrivée à la Maison-Blanche d’un président afro-étasunien change la philosophie politique de ce pays traditionnellement axée sur la domination mondiale ? Ceux qui croient à quelque chose de pareil devraient alors se demander pourquoi les USA – le pays dont le budget militaire dépasse déjà celui de tous les autres pays du monde réunis – continuent de dépenser des sommes d’argent énormes pour se préparer à la guerre. »

Le général russe affirme :

« Le concept d’Attaque globale rapide implique une frappe concentrée par des milliers d’armes classiques de précision durant deux à quatre heures qui détruirait complètement les infrastructures vitales du pays cible et le forcerait donc à capituler. »

 « Le concept d’Attaque globale rapide vise à maintenir le monopole des USA dans le domaine militaire et à creuser l’écart entre eux et le reste du monde. De pair avec le déploiement de missiles de défense censés blinder les USA face à des frappes de représailles russes et chinoises, l’initiative d’Attaque globale rapide est en train de faire de Washington le dictateur mondial de l’ère moderne. »

 « Par essence, la nouvelle doctrine nucléaire est un élément de la nouvelle stratégie de sécurité étasunienne qu’on pourrait mieux décrire comme stratégie de l’impunité totale. Les USA dopent leur budget militaire, lâchent les rênes de l’OTAN comme gendarme mondial et planifient des manœuvres réelles en Iran pour tester dans la pratique cette initiative d’Attaque globale rapide. Entretemps, Washington parle d’un monde absolument exempt d’armes nucléaires. »

 

Au fond, Obama prétend leurrer le monde en parlant d’une humanité exempte d’armes nucléaires, lesquelles seraient remplacées par d’autres extrêmement destructrices, mais mieux adaptées à la volonté de terroriser les dirigeants des États et de garantir cette nouvelle stratégie d’impunité totale.

Les Yankee croient que la reddition de l’Iran est proche. Dans ce sens, on s’attend à ce que l’Union européenne fasse connaître son propre train de sanctions le 26 juillet.

Les 5+1 se sont réunis la dernière fois le 2 juillet, après que le président iranien Mahmud Ahmadineyad a affirmé que « son pays reprendrait les négociations fin août avec la participation du Brésil et de la Turquie ».

Un haut fonctionnaire de l’UE « a averti que ni le Brésil ni la Turquie ne sera invité à ces conversations, du moins pas à ce niveau ».

« Le ministre des Affaires étrangères iranien, Manouchehr Mottaki, s’est déclaré partisan de défier les sanctions internationales et de continuer d’enrichir l’uranium. »  

Depuis le mardi 5 juillet où l’Union européenne a réitéré qu’elle prendrait de nouvelles mesures, l’Iran a répondu qu’il ne négociera pas avant septembre.

Les possibilités de vaincre cet obstacle insurmontable diminuent de jour en jour.

Ce qui va se passer est si évident qu’on peut le prévoir d’une façon quasi exacte.

Je dois de mon côté faire mon autocritique : j’ai commis l’erreur d’affirmer dans mes Réflexion du 27 juin que le conflit éclaterait le jeudi, le vendredi ou, au plus tard, le samedi. On savait alors que des bâtiments de guerre israéliens naviguaient vers l’Iran aux côtes des forces navales yankees, et que l’ordre d’arraisonner les cargos iraniens avait déjà été donné.

Je n’ai pas fait attention, toutefois, à une étape préalable : que l’Iran refuse concrètement l’inspection de ses cargos. Analysant le langage tortueux de la résolution du Conseil de sécurité imposant des sanctions à ce pays, je n’ai pas fait attention à ce détail sans lequel le mandat de perquisition ne pouvait être pleinement valable.  C’était tout ce qu’il manquait.

Le délai de soixante jours fixé par le Conseil de sécurité le 9 juin pour recevoir des informations sur la mise en œuvre de sa résolution prendra fin le 8 août.

Mais il s’est passé en fait quelque chose de plus lamentable. J’ai travaillé à partir du dernier document élaboré sur ce thème épineux par notre ministère des Relations extérieures, lequel ne contenait pas deux paragraphes cruciaux, les derniers de cette Résolution, que voici :

« 36.  Demande au Directeur général de l’AIEA de présenter dans les 90 jours au Conseil des gouverneurs de l’AIEA et parallèlement, pour examen, au Conseil de sécurité un rapport concernant la suspension complète et durable par l’Iran de toutes les activités mentionnées dans la résolution 1737 (2006) et l’application par ce pays de toutes les mesures prescrites par le Conseil des gouverneurs et des décisions énoncées dans les résolutions 1737 (2006), 1747 (2007) et 1803 (2008) et dans la présente résolution;

 « 37.  Affirme qu’il examinera les mesures prises par l’Iran au vu du rapport demandé au paragraphe 36 ci-dessus, qui doit être présenté dans un délai de 90 jours, et : a) qu’il suspendra l’application des mesures susmentionnées si l’Iran suspend, et aussi longtemps qu’il suspendra, toutes les activités liées à l’enrichissement et au retraitement, y compris la recherche-développement, sous vérification de l’AIEA, pour ouvrir la voie à des négociations de bonne foi permettant de parvenir rapidement à un résultat mutuellement acceptable; b) qu’il mettra fin aux mesures visées aux paragraphes 3, 4, 5, 6, 7 et 12 de la résolution 1737 (2006), aux paragraphes 2, 4, 5, 6 et 7 de la résolution 1747 (2007), aux paragraphes 3, 5, 7, 8, 9, 10 et 11 de la résolution 1803 (2008) et aux paragraphes 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 21, 22, 23 et 24 ci-dessus dès qu’il aura constaté, après réception du rapport visé  au paragraphe précédent, que l’Iran respecte pleinement les obligations que lui imposent ses résolutions pertinentes et se conforme aux exigences du Conseil des gouverneurs de l’AIEA, et que celui-ci l’aura confirmé; c) que, au cas où  il ressortirait du rapport demandé au paragraphe 36 ci-dessus que l’Iran n’a pas appliqué les dispositions des résolutions 1737 (2006), 1747 (2007) et 1803 (2008) et de la présente résolution, il adoptera, en vertu de l’Article 41 du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, toutes autres mesures qui pourraient être requises pour  persuader l’Iran de se conformer à ces résolutions et aux exigences de l’AIEA, et  souligne que de nouvelles décisions devront être prises si de telles mesures additionnelles s’avéraient nécessaires… »   

Un compagnon du ministère, sans doute épuisé par le travail de nombreuses heures consistant à faire des copies de tous les documents, s’est endormi. Si j’ai pu découvrir cet oubli, c’est parce que je désirais avoir toute l’information possible et échanger des vues sur ces questions délicates.  

À mon avis, les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN ont dit leur dernier mot. Deux puissants États dotés d’autorité et de prestige n’ont pas exercé leur droit de veto pour bloquer cette résolution perfide de l’ONU. C’était pourtant là la seule possibilité de gagner du temps à la recherche d’une formule pour sauver la paix, un objectif qui leur aurait procuré plus d’autorité pour continuer de se battre en sa faveur. 

Aujourd’hui, tout pend d’un mince fil.

 

J’ai cherché avant tout à mettre en garde l’opinion publique internationale sur le cours des événements.

J’y suis arrivé en partie en observant ce qu’il se passait, en ma qualité de dirigeant politique qui a affronté de longues années l’Empire, ses blocus et ses crimes inqualifiables. Mais je ne le fais par esprit de vengeance.

Je n’hésite pas à courir le risque de compromettre ma modeste autorité morale.

Je continuerai d’écrire plusieurs autres Réflexions sur ce point en juillet et en août pour aller plus loin, sauf incident qui déclenche les armes meurtrières braquées les unes sur les autres.

J’ai beaucoup apprécié les derniers matchs de la Coupe du monde de football et les matchs de volley-ball de la Ligue mondiale où notre courageuse équipe s’est qualifiée à la tête de son groupe.

Fidel Castro Ruz

Le 11 juillet 2010


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