Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

08/08/2010

n° 444 - journal de l'Afghanistan - 07-08-10 - :Début : - : Au-delà de la violence et de la non-violence : la Résistance comme culture.

n° 444 - journal de l'Afghanistan - 07-08-10 - :Début : - : Au-delà de la violence et de la non-violence : la Résistance comme culture.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



journal de l'Afghanistan

n° 444 - du 07-08-10

C.De Broeder & M.Lemaire



Avant propos

La guerre menée par le terrorisme contre ses adversaires déclarés est tout à fait invraisemblable.

Pour être crédible, cette histoire exigerait triplement et simultanément une excessive stupidité des terroristes, une incompétence extravagante des services policiers, et une folle irresponsabilité des médias. Cette invraisemblance est telle qu'il est impossible d'admettre que le terrorisme soit réellement ce qu'il prétend être’.

(MICHEL BOUNAN)

 

·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

Ps : Avant de vous lancer dans la lecture du journal, noter ceci: 'Al Qaïda'  & Al-Zarqaoui, Ben Laden Mollah Omar  = concept réducteur inventé par les Usa, pour désigner la résistance. Idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

 



 Le "journal de l'Afghanistan" est  visible :

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

c) sur le site de Robert Bibeau :  : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

d) sur le site de eva R-sistons:    - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire.

Tiré à part :

Ramzy Baroud : Au-delà de la violence et de la non-violence : la Résistance comme culture.

La guerre atteint son paroxysme. 

L’aveu d’un échec.

Défaite : Les Britanniques se retirent du district de Sangin.

Doutes sur la stratégie.

Le mirage du retrait ...

William Blum : C’était quoi déjà, l’objectif de cette guerre ?

Suite

La guerre qui coûte 1 "trillion" de dollars.

Le fondateur du site Wikileaks a défendu la publication dans la presse de milliers de documents confidentiels.

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge.

40 à 45 civils tués dans une attaque dans le sud.

L'OTAN reconnaît avoir tué au moins douze civils.

Et à Kaboul ?

Manifestation.

Paroles & action du président...

Obama fixera le retrait de l'Isaf à 2014.

Yahia Gouasmi : Les victimes d'Obama.

L’Afghanistan au cœur des débats.

Mettre fin aux jours d’un combattant

Fin

1 Analyse & déclaration

2 Politique

1) collaborateurs afghans

(suite au prochain N°)



Tiré à part :

Ramzy Baroud : Au-delà de la violence et de la non-violence : la Résistance comme culture.

Extrait

"La Résistance n’est pas une bande d’hommes armés acharnés à faire des ravages.

Ce n’est pas une cellule de terroristes complotant pour faire exploser des immeubles.

La véritable résistance est une culture.

C’est une réponse collective à l’oppression.

Comprendre sa vraie nature n’est cependant pas facile.

 Aucun octet d’information ne serait assez approfondi pour expliquer pourquoi des gens, en tant que peuple, résistent. Même si une tâche aussi ardue était possible, les médias pourraient ne pas vouloir la transmettre, car elle entrerait directement en conflit avec les interprétations majoritaires de la résistance violente et non-violente.

L’histoire de l’Afghanistan doit rester fidèle au même langage : al-Qaeda et les Résistants.

Le Liban doit être représenté en termes de Hezbollah menaçant soutenu par l’Iran.

Le Hamas de Palestine doit être à jamais montré comme un groupe militant ayant juré la destruction de l’Etat juif.

Toute tentative d’offrir une lecture alternative revient à sympathiser avec des terroristes et à justifier la violence.


L’amalgame volontaire et l’utilisation abusive de la terminologie a rendu presque impossible de comprendre, et donc de résoudre réellement les conflits sanglants.
Même ceux qui se présentent comme des sympathisants des nations résistantes contribuent souvent à la confusion.

Les militants des pays occidentaux ont tendance à adhérer à une compréhension académique de ce qui se passe en Palestine, en Irak, au Liban ou en Afghanistan.

C’est ainsi que certaines idées se perpétuent : les attentats-suicide, c’est mal ;

la résistance non-violente, c’est bien ;

les roquettes du Hamas, c’est mal ;

les frondes, c’est bien ;

la résistance armée, c’est mal ;

les veillées devant les bureaux de la Croix-Rouge, c’est bien.

Nombre de militants citeront Martin Luther King Jr., mais pas Malcom X.

Ils distilleront une connaissance sélective de Gandhi, mais jamais de Guevara.

 

Ce discours soi-disant « stratégique » a volé une grande partie de ce qui pourrait être une connaissance précieuse de la résistance – tant comme concept que comme culture".

Entre la compréhension réductionniste dominante de la résistance comme violence et terrorisme et la défiguration « alternative » d’une expérience culturelle fructueuse et convaincante, on a perdu la résistance en tant que culture.

Les deux définitions dominantes n’offrent que des représentations étriquées. Les deux montrent ceux qui tentent de relayer le point de vue de la culture de résistance comme des gens qui sont presque toujours sur la défensive. Ainsi, nous entendons régulièrement les mêmes déclarations : non, nous ne sommes pas des terroristes ; non, nous ne sommes pas violents, nous avons vraiment une culture riche de résistance non-violente ; non, le Hamas n’est pas affilié à Al-Qaeda ; non, le Hezbollah n’est pas un agent iranien.

Ironiquement, les écrivains, intellectuels et universitaires israéliens ont beaucoup moins de preuves à fournir que leurs homologues palestiniens, bien que les premiers aient tendance à défendre l’agression et les seconds à défendre, ou du moins à essayer d’expliquer, leur résistance à l’agression. Tout aussi ironique est le fait qu’au lieu de chercher à comprendre pourquoi des gens résistent, beaucoup souhaitent débattre de comment réprimer leur résistance.
Par résistance comme culture, je fais référence à la définition d’Edward Said de la catégorie de « culture [comme] moyen de combattre contre l’extinction et l’effacement. » Lorsque des cultures résistent, elles ne magouillent pas et ne jouent pas à la politique. Pas plus qu’elles ne brutalisent avec sadisme. Leurs décisions - qui consistent à s’engager ou non dans la lutte armée ou d’avoir recours à des méthodes non-violentes, de viser des civils ou non, de coopérer avec des éléments étrangers ou non – sont toutes purement stratégiques. Elles ont à peine une incidence directe avec le concept de résistance lui-même. Mélanger les deux suggestions est manipulatoire ou simple ignorance.
Si la résistance est « l’action de s’opposer à quelque chose que vous désapprouvez ou avec lequel vous n’êtes pas d’accord », alors une culture de résistance est ce qui se produit lorsqu’une culture entière parvient à cette décision collective de combattre cet élément désagréable – souvent une occupation étrangère. La décision n’est pas calculée. Elle est engendrée par un long processus dans lequel la conscience de soi, l’affirmation de soi, la tradition, les expériences collectives, les symboles et beaucoup d’autres facteurs interagissent de façon spécifique. Cela peut-être nouveau dans le patrimoine des expériences passées de cette culture, mais c’est essentiellement un processus interne.
C’est presque comme une réaction chimique, mais encore plus complexe car il n’est pas toujours aisé d’en séparer les éléments. Ainsi, ce n’est pas non plus facile à comprendre pleinement et, dans le cas d’une armée d’invasion, pas facile à supprimer. C’est ainsi que j’ai essayé d’expliquer le premier soulèvement palestinien de 1987, que j’ai vécu dans son intégralité à Gaza.
« Il n’est pas facile d’isoler les dates ou les événements spécifiques qui déclenchent les révolutions populaires. Une authentique rébellion collective ne peut pas être rationnalisée par une ligne cohérente de la logique qui passe au-delà du temps et de l’espace ; c’est plutôt un cumul d’expériences qui unit l’individuel au collectif, leur conscient et leur subconscient, leurs relations avec leur entourage immédiat et avec celui qui est plus éloigné, tous entrant en collusion et explosant dans une fureur qui ne peut pas être réprimée. » (My Father Was A Freedom Fighter: Gaza’s Untold Story).
Les occupants étrangers ont tendance à combattre la résistance populaire par plusieurs moyens. L’un d’entre eux consiste en une quantité variée de violence qui vise à désorienter, détruire ou reconstruire une nation selon l’image désirée (voir Naomi Klein, The Shock Doctrine). Une autre stratégie est d’affaiblir les composantes mêmes qui donnent à une culture son identité unique et ses forces intérieures – et désamorcer ainsi la capacité de résistance de la culture. La première requiert la puissance de feu, tandis que la seconde peut être atteinte par des moyens de contrôle plus souples. De nombreuses nations du « tiers monde », qui se targuent de leur souveraineté et de leur indépendance, pourraient en fait se révéler être très soumises à une occupation, mais à cause de leurs cultures fragmentées et dominées – par la mondialisation, par exemple – elles sont dans l’incapacité d’appréhender jusqu’à l’ampleur de leur tragédie et de leur dépendance. D’autres, qui peut-être se savent effectivement occupées, possèdent souvent une culture de résistance qui rend impossible à leurs occupants de parvenir à aucun de leurs objectifs convoités.
Ramzy Baroud 

 

27-07

Le site internet d'information Wikileaks, spécialisé dans le renseignement, a diffusé dimanche des milliers d'archives secrètes jetant une lumière crue sur la guerre en Afghanistan, avec des révélations sur les victimes civiles et, notamment, les liens supposés entre le Pakistan et les insurgés.

. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/07/27/97001-201007...

 

La guerre atteint son paroxysme. 

Le porte-parole de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) sous direction de l'OTAN a indiqué mercredi que la guerre avait atteint son paroxysme cette année.
"Nous traversons actuellement la période la plus difficile de la guerre et les résistants sont devenus fantomatiques", a estimé à Kaboul le brigadier-général Josef Blotz, lors d'un point de presse hebdomadaire tenue aux côtés de Zahir Azimi, porte-parole du ministère afghan de
la Défense.
Pou
r exterminer les résistants, l'ISAF continuera à consolider ses forces déployées dans le sud du pays en proie à la guerre, une région perçue comme le bastion des résistants.
"Avec les quelque 30.000 militaires américains et étrangers qui sont arrivés sur place et les renforts plus nombreux qui sont en route, un contingent important de nos forces ont été envoyées vers le sud et le sud-ouest du pays et elles auront une influence cruciale", a-t-il souligné.
Le porte-parole a tenu ces propos une journée après qu'un soldat de l'Armée nationale afghane (ANA) eut ouvert le feu sur des militaires de l'ISAF, tuant trois soldats britanniques et en blessant quatre autres dans la province de Helmand, dans le sud de l'Afghanistan.
Officielement plus de 350 soldats de l'OTAN ont été tués en Afghanistan depuis le début de cette année, dont 34 depuis le 1er juillet. Mardi, sept soldats ont péri en une seule journée.

15.07.

Source: xinhua

 

L’aveu d’un échec.
“Afghanistan: désormais cette guerre est celle des Etats-Unis”, titre The Independent.

L’annonce du prochain retrait des troupes britanniques de la région de Sangin, dans la province de Helmand, sonne comme l’aveu d’un échec.

À l’automne, les 1 400 hommes présents sur place seront remplacés par des Marines de l’armée américaine.

Sur les 312 soldats britanniques morts dans le pays, plus de 100 ont été tués près de Sangin, territoire le plus meurtrier pour les soldats de l’OTAN et considéré comme le bastion des résistants.

“Conserver son statut de principal allié des États-Unis est l’unique raison pour laquelle la Grande-Bretagne combat en Afghanistan”, estime le quotidien.

08.07.2010

http://www.courrierinternational.com/une/2010/07/08/afghanistan-l-aveu-d-un-echec

 

Défaite : Les Britanniques se retirent du district de Sangin.

Les soldats américains prendront d'ici à la fin de l'année la relève des Britanniques dans le district de Sangin, au sud de l'Afghanistan. C'est ce qu'a annoncé hier le ministre britannique de la Défense Lian Fox, devant la Chambre des communes. Il a évoqué des « considérations opérationnelles » pour l'expliquer. « C'est le début de la défaite pour les forces britanniques » et les Américains connaîtront « le même sort », a réagi hier un porte-parole des résistants.

Un officier supérieur cité sous couvert d'anonymat dans « Le Guardian » affirmait cette semaine : « Sangin est une défaite stratégique. » C'est dans cette région qu'ont été tués près du tiers des 312 soldats britanniques tombés en Afghanistan depuis 2001. Un pays où, par ailleurs, six soldats afghans ont été tués - « par erreur » selon la police -dans une frappe de l'Otan.   

 08/07/10   -

Les Echos 

 

Doutes sur la stratégie.

Pourquoi rester ?

Comment partir ?

Pour les stratèges et les responsables politiques en charge de la question afghane, ces interrogations sont quotidiennes depuis longtemps. Tous ont les yeux rivés sur l'horloge.

À Kaboul, elle marque une heure de plus en plus anxiogène. Il y a maintenant 105 mois que la coalition internationale est présente sur le théâtre afghan. Elle a perdu près de deux mille hommes. Cette guerre a maintenant dépassé en durée celle du Vietnam. Et, pour l'heure, aucune solution durable n'a été trouvée pour éviter le retour en force des résistants.

19 juillet 2010

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Afghanistan-dout...

 

Le mirage du retrait ...

La conférence internationale réunissant plus de 70 pays engagés dans l’aide au régime Karzaï qui s’est tenue à Kaboul les 19 et 20 juillet a donné «son soutien à l’objectif du président d’Afghanistan selon lequel les forces armées nationales afghanes doivent mener et conduire les opérations militaires dans toutes les provinces d’ici à la fin 2014». En clair, cela signifie le départ des 140000 soldats de l’Otan qui occupent le pays. Quelle crédibilité accorder à ces nouvelles déclarations d’intention?
Obama avait déjà promis, au lendemain de son élection, que le retrait des troupes commencerait mi-2011. Il s’agissait alors de faire accepter par l’opinion américaine l’envoi de renforts militaires. Aujourd’hui, alors que le limogeage, il y a un mois, du général MacChrystal commandant les troupes de l’Otan, renforce doutes et interrogations, la conférence de Kaboul voudrait laisser croire que l’enlisement dans le bourbier de la guerre peut être évité. Il faut rassurer l’opinion américaine et celle des autres pays de l’Otan de plus en plus hostiles à une guerre qui dure depuis dix ans, coûte de plus en plus cher et dont les prétendus objectifs démocratiques apparaissent clairement comme des mensonges.
Le soutien à Karzaï, ne suffit pas à donner influence et autorité à l’élu de la fraude et de la corruption, ainsi qu’à sa politique de main tendue aux résistantss. Et les 125 millions de dollars d’aide octroyés par le FMI continueront d’alimenter la corruption. Le régime de Karzaï ne tient que grâce à elle. La politique vis-à-vis des résistantss est un fiasco. L’offensive militaire dans le sud du pays n’a en rien stabilisé la situation. Les derniers mois ont vu les attentats et actions militaires des résistantss augmenter. Le déploiement des renforts a accentué l’instabilité du pays mais aussi de toute la région en particulier du Pakistan, une dégradation globale que viennent confirmer les informations divulguées sur le site américain Wikileaks.
La politique visant à mettre en place un État à la fois soumis aux USA et capable de maintenir l’ordre est un échec. Sauf à accepter une défaite qui ressemblerait à une déroute, les USA n’auront probablement pas d’autre choix que de maintenir l’occupation. D’autant qu’en juin, les autorités américaines ont confirmé les énormes richesses minières du pays, en particulier, en fer, cuivre, or, lithium… Objectif stratégique, l’Afghanistan devient aussi un objectif économique dont l’exploitation par les multinationales occidentales exigera le maintien de l’ordre impérialiste.
«
Cette date est le début d’une nouvelle phase, pas la fin de notre implication», a déclaré Hilary Clinton. On peut la croire. Les déclarations d’intentions sur le retrait des troupes d’occupation ne sont pas plus crédibles que les justifications dites démocratiques de la guerre n’exprimaient les objectifs réels des grandes puissances. Derrière les opérations diplomatiques et la propagande officielle se négocient les véritables rapports de forces en fonction des intérêts des grandes puissances.

samedi 31 juillet 2010  

http://www.npa2009.org/content/afghanistan-le-mirage-du-r...

 

William Blum : C’était quoi déjà, l’objectif de cette guerre ?

Chronique de l’Anti-empire

Lorsque les faits dérangent, lorsque le droit international, les droits de l’homme et l’histoire deviennent encombrants, lorsque les crimes de guerre ne peuvent plus être justifiés ou balayés par quelques arguments, lorsque la logique n’est d’aucune utilité, l’actuelle clique de dirigeants politiques américains invoque la vielle rengaine infaillible : le 11 septembre.

Nous devons combattre en Afghanistan parce que... pour d’obscures raisons... ce pays est impliqué dans les évènements du 11 septembre 2001.

- Voici le vice-président Joe Biden : « Nous savons que que les attaques du 11/9 ont été lancées à partir de la région située entre l’Afghanistan et le Pakistan. » (1)

- Voici le sénateur Lindsay Graham (républicain de la Caroline du Sud) : « C’est depuis cet endroit (l’Afghanistan) que nous avons été attaqués le 11/9. » (2)

- Le Représantant Mike Pence, numéro trois des élus républicains de la Chambre des Représentants, a affirmé que les révélations des documents de Wikileaks ne modifiaient pas son opinion sur le conflit en Afghanistan, et qu’il ne s’attendait pas à voir un changement dans l’opinion publique. « Là bas, dans l’Indiana, les gens n’ont pas oublié d’où ont été lancées les attaques du 11/9. » (3)

- Voici le président Obama, il y a un an : « Mais nous ne devons jamais oublier que cette guerre n’est pas un choix, mais une nécessité. Ceux qui ont attaqué l’Amérique le 11/9 complotent pour recommencer. Sans une intervention, l’insurrection des Résistants aboutirait à la création d’un sanctuaire encore plus grand où Al Qaeda pourrait comploter en vue de tuer encore plus d’Américains. » (4)

- Et voici le Président, deux jours après la publication des documents de Wikileaks, parlant de l’Afghanistan et du Pakistan comme « la région à partir de laquelle les attaques du 11/9 ont été lancées et où d’autres attaques contre les Etats-Unis et nos amis et alliés ont été préparées. » (5)

Peu importe que sur les dizaines de milliers de personnes que les Etats-Unis et leurs alliés de l’OTAN ont tué en Afghanistan, pas une seule n’a été identifiée comme ayant eu la moindre implication dans les évènements du 11 septembre 2001.

Peu importe que le « complot visant à tuer des Américains » en 2001 ait été organisé plutôt en Allemagne et en Espagne et aux Etats-Unis qu’en Afghanistan. Pourquoi ces pays n’ont-ils pas été bombardés par Washington ? 

Au fait, de quels moyens faut-il disposer pour comploter l’achat d’un billet d’avion et de quelques leçons de pilotage aux Etats-Unis ? Une salle avec quelques chaises ? Que signifie « un sanctuaire encore plus grand » ? Une salle plus grande avec plus de chaises ? Peut-être même avec un tableau noir ? Les terroristes déterminés à attaquer les Etats-Unis peuvent se réunir pratiquement n’importe où dans le monde, et l’Afghanistan serait probablement leur dernier choix à cause de l’occupation américaine.

Il y a beaucoup de gens en Afghanistan et au Pakistan – parmi ceux qui sont encore en vie – qui éprouvent un profond ressentiment à l’égard de la présence US et des drones qui volent au-dessus de leurs têtes et qui larguent des bombes sur leurs maisons, leurs mariages, leurs funérailles, leurs vies. Tout comme en Irak, la « guerre contre le terrorisme » des Etats-Unis en Afghanistan crée régulièrement, tous les jours, et de façon évidente de nouveaux terroristes anti-américains.

La seule « guerre par nécessité » qui pousse les Etats-Unis à intervenir en Afghanistan est la nécessité de protéger les oléoducs et gazoducs qui partent de la mer Caspienne, la création de bases militaires dans ce pays entouré par la mer Caspienne et le golfe Persique, riches en pétrole, et de faciliter la surveillance et les pressions sur l’Iran voisin. Un pays impérialiste qui se respecte ne peut pas espérer mieux. Aurais-je oublié de mentionner le complexe militaire-industriel-sécurité-renseignement et ses actionnaires qui vont s’enrichir encore un peu plus ? 

Mais la guerre contre les Résistants ne peut pas être gagnée. A moins de tuer tous les Afghans. Les Etats-Unis devraient négocier les gazoducs et oléoducs avec les Résistants, comme l’administration Clinton a tenté de le faire, mais sans succès, puis se retirer en criant « victoire ». Barack Obama pourra surement prononcer un discours éloquent à cette occasion. 

USrael et l’Iran

Si d’aventure les Etats-Unis et Israel bombardaient l’Iran (qui deviendrait ainsi le sixième pays béni par Barack Obama) et que nous nous retrouvions avec un nouveau feuilleton d’horreurs quotidiennes diffusées sur nos écrans de télévision, et que nous découvrions après coup que finalement l’Iran ne fabriquait pas d’armes nucléaires, les grands médias américains et le noble esprit américain se demandera : « Pourquoi ne l’ont-ils pas dit plus tôt ? Cherchaient-ils à nous pousser à bombarder leur pays ? »

Les mêmes questions avaient été posées au sujet de l’Irak, après la découverte que Saddam Hussein n’avait en fait aucune arme de destruction massive. Pourtant, avant l’invasion par les Etats-Unis, les officiels irakiens avaient clairement fait savoir et répété à maintes occasions qu’ils n’avaient pas de telles armes. Ceci m’a été rappelé par une information récente sur Hans Blix, ancien chef des inspecteurs en désarmement des Nations Unies, qui avait dirigé la chasse infructueuse aux armes de destruction massive en Irak. La semaine dernière, il a déclaré devant une commission d’enquête britannique sur l’invasion de mars 2003 que tous ceux qui étaient « certains à 100% de l’existence d’armes de destruction massive » en Irak n’avaient en fait « pas la moindre idée » où les armes pouvaient être cachées. Il a témoigné qu’il avait prévenu le Premier Ministre britannique Tony Blair lors d’une réunion en février 2003 – ainsi que la Secrétaire d’Etat US Condoleeza Rice, au cours d’une autre réunion – que Hussein pouvait bien n’avoir aucune arme de destruction massive. (6)

- En aout 2002, le Premier ministre adjoint irakien Tariq Aziz a déclaré au journaliste Dan Rather sur la chaine CBS : « Nous n’avons aucune arme nucléaire, biologique ou chimique. » (7)

-En décembre, Aziz a déclaré à Ted Koppel sur ABC : « Le fait est que nous n’avons pas d’armes de destruction massive. Nous n’avons pas d’armes nucléaires, biologiques ou chimiques. » (8) 

-Hussein lui-même a déclaré à Rather en février 2003 : « Ces missiles ont été détruits. Il n’y a plus de missiles en Irak qui violent les recommandations des Nations Unies (relatives à l’Irak). Il n’y en a plus. » (9) 

-De plus, le général Hussein Kamal, ancien chef du programme irakien d’armes secrètes, et genre de Saddam Hussein, a déclaré aux Nations Unies en 1995 que l’Irak avait détruit les missiles prohibés et les armes chimiques et biologiques peu après la guerre du Golfe. (10)

Il y a d’autres exemples d’officiels irakiens déclarant que les armes de destruction massive n’existent pas.

Si vous avez encore des doutes sur la dévotion des grands médias à ne jamais mettre en doute les justifications de la politique étrangère des Etats-Unis, examinez ceci : malgré les deux révélations dans les émissions de Dan Rather sur CBS, et les autres révélations mentionnées ci-dessus, en janvier 2008 on trouve le journaliste de CBS Scott Pelley en train d’interviewer l’agent du FBI George Piro, qui avait interrogé Saddam Hussein avant son exécution : 

    PELLEY : Et qu’est-ce qu’il vous à dit sur la destruction des ADM ?

    PIRO : il m’a dit que la plupart des ADM avaient été détruites par les inspecteurs de l’ONU dans les années 90 et que toutes les autres avaient été détruites par les irakiens eux-mêmes. 

    PELLEY : il avait ordonné leur destruction ?

    PIRO : oui

    PELLEY : Alors pourquoi a-t-il gardé le secret ? Pourquoi a-t-il mis son pays en danger ? Pourquoi a-t-il risqué sa propre vie pour perpétuer le mensonge ? (11)

Les choses auraient-elles été différentes si l’administration Bush avait réellement cru les Irakiens lorsque ces derniers affirmaient qu’ils n’avaient aucune ADM ? Probablement pas. Il existe suffisamment de preuves qui montrent que Bush savait qu’ils disaient la vérité, et Tony Blair le savait aussi. Saddam Hussein a mal jugé à quel point ses deux adversaires étaient des psychopathes. Bush était déterminé à vaincre l’Irak, pour le compte d’Israël, pour le contrôle du pétrole ou pour étendre l’empire, même si les choses ne se sont pas déroulées aussi bien que prévues car, étrangement, il semblerait que le peuple irakien n’apprécie guère d’être bombardé, envahi, occupé et torturé.

Le résultat de la politique de Bush en Irak peut se résumer à ceci : il serait difficile de trouver dans l’Histoire beaucoup d’exemples de la destruction d’une nation par une autre réalisée d’une manière aussi complète, en écrasant et pervertissant pratiquement tous les aspects de leur société.

 

A présent Israël pousse Washington à faire la même chose avec l’Iran - sans que Washington ait forcément besoin d’encouragements – d’abord parce qu’Israël est déterminé à être la seule puissance nucléaire du Moyen Orient ; malgré le fait que l’Iran ait déclaré maintes fois aux Etats-Unis et au monde entier qu’il ne fabriquait pas d’armes nucléaires. Mais si l’Iran est effectivement en train de fabriquer de telles armes, il faut se poser la question suivant : existe-t-il une loi internationale quelconque qui dit que les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la Russie, la Chine, Israël, la France, le Pakistan et l’Inde ont droit à l’arme nucléaire mais pas l’Iran ? Si les Etats-Unis avaient pensé que les Japonais avaient la bombe atomique, les villes de Hiroshima et Nagasaki auraient-elles été détruites ? Est-ce qu’USraël pense qu’il n’y a pas encore assez d’horreurs et de souffrances aux infos ?

 

Dans une manœuvre qui fait peut-être partie des préparatifs pour une attaque contre l’Iran, 47 membres de la Chambre des Représentants ont récemment publié une résolution qui déclare que l’Iran représente « une menace immédiate et existentielle à l’état d’Israël ». Pour illustrer cette menace, la résolution cite à plusieurs reprises le président Mahmoud Ahmadinejad qui dit des choses comme : « Si Dieu le veut, nous connaitrons bientôt un monde où les Etats-Unis et le Sionisme n’existeront plus » … appelant à « rayer de la carte ce régime occupant (Israël) ».... « Qu’on le veuille ou non, le régime sioniste, avec ses 60 ans de génocides, de pillages, d’invasions et de trahisons est sur le point de mourir et sera bientôt effacé de la scène géographique »... «Aujourd’hui, le temps est venu pour la chute du pouvoir satanique des Etats-Unis, et le compte à rebours a commencé pour l’empereur de la puissance et de la richesse. » [merci de tenir compte de l’effet de la traduction d’une traduction de traductoin – NdT]

 

Des propos violents, non ? N’est-ce pas ? Nicht War ? [en français et allemand dans le texte – NdT]. Mais à examiner ces propos de plus près... Remarquez que la résolution du Congrès ne cite aucune menace précise ou explicite d’Ahmadinejad quant à une attaque iranienne contre Israël ou les Etats-Unis. Aucune mention ou indication que « Je » ou « Nous » ou « l’Iran » se livrerait à la moindre acte de violence. Dans une autre déclaration, que la résolution ne mentionne pas, le président Iranien a déclaré en décembre 2006 : « le régime sioniste sera bientôt balayé, comme l’Union Soviétique a été balayée, et l’humanité connaitra la liberté. » (12) A l’évidence, il n’appelle à aucune attaque violente contre Israël, car la dissolution de l’Union Soviétique s’est déroulée très pacifiquement. De plus, en juin 2006, le dirigeant suprême iranien, l’Ayatollah Ali Khamenei, a déclaré : « Nous n’avons aucun problème avec le monde. Nous ne menaçons personne dans le monde, et le monde le sait. Nous ne déclencherons jamais une guerre. Nous n’avons aucune intention d’entrer en guerre avec quiconque. » (13) Pourquoi les auteurs de la résolution du Congrès ont-ils omis de citer cette déclaration ?

 

Je crois que l’on peut mieux comprendre les déclarations du président iranien en les voyant comme un métaphore, une vantardise, l’expression d’un voeu, ainsi que le résultat d’une traduction hasardeuse (par exemple, « rayée de la carte » (14)), comme les déclarations d’un homme capable d’affirmer publiquement qu’il n’y a pas d’homosexuels en Iran.

 

Mais plus significatif encore est le fait que la résolution du Congrès ne propose aucun motif pour une attaque iranienne contre Israël ou les Etats-Unis. Pour quelle raison l’Iran utiliserait-il des armes nucléaires contre un de ces deux pays, à part d’être sous l’emprise d’une volonté irrépressible d’un suicide collectif ? En fait, la même question aurait pu être – et auraient du être – posée avant l’invasion de l’Irak. Parmi les nombreuses mensonges qui ont entouré l’invasion, la plus grande de toutes était que si Saddam Hussein avaient eu ces armes de destruction massive alors l’invasion aurait été justifiée.

 

Après tous les mensonges de la mésaventure américaine en Irak, je m’étais offert le luxe de croire - et je ne suis pas le seul – que le gouvernement des Etats-Unis et les médias avaient appris une leçon qu’ils n’étaient pas près d’oublier. Qu’ils avaient été pris la main dans le sac et dénoncés. Mais voilà que ça recommence avec les mensonges sur l’Iran et Ahmadinejad. (Et pendant que j’y suis : non, il n’a jamais nié l’Holocauste).

 

Toujours est-il qu’Israël lui-même ne croit probablement pas à sa propre propagande. En mars de l’année dernière, le Washington Post écrivait : « Un haut officiel israélien à Washington » a affirmé qu’ « il est improbable que l’Iran utilise ses missiles pour attaquer (Israel) à cause de la certitude d’une riposte » (15) Cette phrase est la toute dernière de l’article et, d’après une recherche poussée dans la base Nexis (base de données sur les articles de presse parus dans le monde – réservée aux professionnels, NdT), elle n’a été reprise par aucun autre média anglophone dans le monde.

 

Plus tôt cette année, on pouvait lire dans le Sunday Times de Londres : « le brigadier général Uzi Eilam, 75 ans, héros de guerre et pilier au sein de l’appareil militaire (israélien), pense qu’il faudrait à l’Iran sept ans pour fabriquer des armes nucléaires. Les opinions exprimées par l’ancien directeur général de la Commission à l’Énergie Atomique d’Israël contredit le point de vue exprimé par l’appareil militaire d’Israël et le place en opposition par rapport aux dirigeants politiques. » (16)

 

S’il existe un pays au monde capable d’utiliser des armes nucléaires sans grande considération pour les conséquences d’un tel geste, c’est Israël. Martin van Creveld, professeur israélien d’histoire militaire, et citoyen israélien loyal, a observé en 2002 : « Nous avons les moyens d’entraîner le monde dans notre chute. Et je peux vous assurer que c’est ce qui se passera avant qu’Israël ne sombre. » (17) Pensez à la scène finale du film « Docteur Folamour ». Le type juché sur un missile nucléaire en train d’agiter son chapeau de cowboy, c’est Israël.

 

Rien de tel que le Show Biz

Elle a interprété le concert pour piano en D mineur de Mozart.

Accompagnée par la seule et unique Aretha Franklin.

Lors d’un gala de charité à Philadelphie.

Capitale de la Philadelphia Orchestra.

Devant 8000 personnes 

Qui ont adoré.

Combien savaient que la pianiste était une véritable criminelle de guerre en liberté ?

Coupable de crimes contre l’humanité.

Partisane de la torture.

Avec beaucoup de sang sur ses mains de pianiste.

Dont le style au gouvernement fut empreint d’hypocrisie, de désinformation et de mensonges éhontés ?

Mais le public n’en avait cure

Car nous sommes en Amérique.

Le pays des Gentils.

Et elle, elle combattait les Méchants.

Et nous savons tous que The Show Must Go On.

Alors, messieurs dames, je vous demande d’applaudir, d’offrir une véritable ovation made in USA à notre virtuose chérie, Miss Condoleezza Rice ! 

Notes

(1) State Department Documents and Publications, March 10, 2009

(2) Face the Nation, CBS, July 4, 2010

 3) Washington Post, July 27, 2010

 (4) Talk given by the president at Veterans of Foreign Wars convention, August 17, 2009

 (5) White House press release of Obama’s remarks of July 27, 2010

 (6) Associated Press, July 28, 2010

 (7) CBS Evening News, August 20, 2002

(8) ABC Nightline, December 4, 2002

(9) "60 Minutes II", February 26, 2003

(10) Washington Post, March 1, 2003

(11) "60 Minutes", January 27, 2008. See also : Fairness and Accuracy in Reporting [FAIR] Action Alert, February 1, 2008

(12) Associated Press, December 12, 2006

(13) Letter to the Washington Post from M.A. Mohammadi, Press Officer, Iranian Mission to the United Nations, June 12, 2006

(14) See Anti-Empire Report, October 1, 2008, second part

(15) Washington Post, March 5, 2009

(16) Sunday Times (London), January 10, 2010

(17) Originally in the Dutch weekly magazine, Elsevier, April 27, 2002, pages 52-3 ; picked up in many other international publications
URL de cet article

William Blum
6 août 2010

William
source :
http://killinghope.org/bblum6/aer84.html 

traduction VD pour le Grand Soir qui se demande si Condoleezza Rice a profité de l’occasion pour massacrer aussi Mozart
http://www.legrandsoir.info/C-etait-quoi-deja-l-objectif-de-cette-guerre.html


Les commentaires sont fermés.