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13/08/2010

n°52 - Dossier d'Iran - 12-08 – Fin :- : Afghanistan, Irak, demain l’Iran: la vérité fait peur.

n°52 - Dossier d'Iran  - 12-08 – Fin  :- : Afghanistan, Irak, demain l’Iran: la vérité fait peur.



Dossier d'Iran   n°52 du 12-08

                                C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "dossier d'Iran" est  visible  sur les blogs : 

a) sur mes blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse:fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

4-1 Jean Yves Crevel : Sans la France libre, les risques de guerre explosent.

4-2 Message à l’Assemblée nationale lu par le compañero Fidel.

 



4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

4-1 Jean Yves Crevel : Sans la France libre, les risques de guerre explosent.

L’alignement de la France sur la diplomatie U.S. met en péril les fragiles équilibres internationaux.

Le rôle historique de la France a toujours été de s’évertuer à régler DIPLOMATIQUEMENT les conflits. La prise de contrôle des institutions françaises* par les pires atlantistes a conduit notre nation historiquement pacifique et libératrice à suivre honteusement les mercenaires américains.

Le Rafale au service des conflits U.S.

Elle place ainsi les militaires français dans l’obligation de s’assurer de la légalité des ordres qu’ils reçoivent d’un pouvoir illégitime - voire illégal si le Droit était respecté* - d’un pouvoir ennemi de son peuple dont il piétine les intérêts et les choix démocratiques, d’un pouvoir usurpé et dangereux pour la paix du monde.

Ni les Français, ni la France ne sont les ennemis des iraniens et de l’Iran.

Aucune assemblée n’a voté pour déclarer cette guerre.

Pourtant, les avions Rafale et leurs équipages sont embarqués sur l’armada israëlo-américaine qui à traversé la mer Rouge pour se mettre en position d’attaque au sud du détroit d’Ormuz.

La diplomatie kouchnerienne a été la plus résolue pour l’adoption de sanctions va t-en guerre pour asphyxier l’économie iranienne, à tel point que le PDG de Total a osé se faire le défenseur des iraniens privés d’essence par cet embargo !

John McCain lui-même doute publiquement que l’avancement des recherches nucléaires des iraniens soit la vraie raison de l’escalade actuelle...

En réalité, tout le monde sait que ce conflit ne servirait à ceux qui le déclencheraient qu’à faire diversion, pour ne pas avoir à répondre de la faillite vers laquelle ils ont conduit leurs pays. Dans ces circonstances tragiques, espérons que nos militaires sauront apprécier justement ce que signifie leur devoir légal de désobéissance.**

Jean Yves Crevel

vendredi 16 juillet 2010,

 Comité Valmy

http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?article755


4-2 Message à l’Assemblée nationale lu par le compañero Fidel.

Première session extraordinaire de la Septième Législature de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire de la République de Cuba, tenue au palais des Congrès (La Havane), le 7 août 2010, « LII de la Révolution »

Fidel : Au début, voilà huit semaines à peine, j’avais pensé que le danger de guerre imminent était sans retour. Le panorama que j’avais sous les yeux était si dramatique que je ne voyais pas d’autre issue que la survie, peut-être probable, dans la partie de ce continent-ci qui n’avait pas de raison d’être la cible d’une attaque directe et dans certaines autres régions isolées de la planète.

Situation très difficile, quand on sait que l’être humain s’accroche toujours à une perspective, si lointaine qu’elle soit.

J’ai tenté d’agir malgré tout.

J’ai tôt fait, par chance, de me rendre compte qu’il y avait un espoir, et très profond, assurément. Mais si on laissait filer l’occasion, la catastrophe aurait les pires conséquences. Et l’espèce humaine n’aurait plus dès lors aucune possibilité de salut.

Je suis sûr toutefois qu’il n’en sera plus ainsi et que les conditions d’une situation à laquelle nul n’aurait songé encore tout récemment sont en train de se créer.

Un homme aura à prendre une décision en solitaire : le président des États-Unis. Compte tenu de ses multiples occupations, il n’en est sûrement même pas conscient, mais ses conseillers, eux, commencent à le comprendre. On peut le constater à certaines décisions simples, comme celle de mettre fin aux tortures de Gerardo, ce qui ne s’était jamais produit durant ces douze années-ci de haine implacable du système envers Cuba et lui. On pourrait prédire aujourd’hui que le prochain pas sera l’autorisation à Adriana de lui rendre visite ou sa libération immédiate, ou les deux choses à la fois. C’est par elle que j’ai appris que son moral n’avait jamais été plus haut en douze années de prison injuste et cruelle.

Comme l’Iran ne cédera pas d’un pouce face aux exigences des États-Unis et d’Israël, ces deux pays qui ont déjà mobilisé plusieurs de leurs moyens de guerre devront attaquer dès qu’arrivera la date signalée le 9 juin par le Conseil de sécurité,  selon les normes et les conditions requises qu’il a fixées.

Mais il existe des bornes infranchissables aux prétentions de l’homme.

Et l’homme, en ce cas critique, est le président Barack Obama, qui, conformément aux normes du gigantesque Empire, devra donner l’ordre de cette attaque si annoncée et si claironnée.

Mais, au même moment où il donnerait l’ordre, qui est en plus la seule  qu’il pourrait donner, compte tenu de la puissance, de la vitesse et de la quantité industrielle de projectiles nucléaires que les puissances ont accumulés durant une compétition absurde, il décréterait la mort instantanée non seulement de centaines de millions de personnes, dont une quantité innombrable d’habitants de sa propre patrie, mais encore celle des équipages de tous les bâtiments de la flotte étasunienne dans les mers proche de l’Iran. La conflagration éclaterait simultanément dans le Proche-Orient et l’Extrême-Orient et dans toute l’Eurasie.

Le hasard veut que le président des USA soit justement un descendant d’Africain et de Blanc, de mahométan et de chrétien. IL NE LE DONNERA PAS si on fait en sorte qu’il en prenne conscience. C’est ce que nous faisons ici.

Les dirigeants des pays les plus puissants du monde, alliés ou adversaires, hormis Israël, l’exhorteraient à ne pas le faire.

Le monde lui rendra ensuite tous les honneurs qu’il mérite.

L’ordre en place sur la planète ne pourrait pas durer et s’effondrerait aussitôt inévitablement.

Les devises dites convertibles perdraient leur valeur en tant qu’instrument du système qui a imposé aux peuples une contribution illimitée en richesses, sueur et sacrifices.

De nouvelles formes de distribution des biens et services, d’éducation et de direction des processus sociaux apparaîtraient pacifiquement, mais si la guerre éclate, l’ordre social en place disparaîtra abruptement et le prix serait infiniment plus lourd.

On peut réguler la population mondiale, préserver les ressources non renouvelables, éviter les changements climatiques, garantir un travail utile à tous les êtres humains, soigner les malades, garantir les connaissances essentielles, la culture et la science au service de l’homme. Éviter que les enfants, les adolescents et les jeunes du monde périssent dans cette catastrophe nucléaire.

Voilà ce que je voulais vous transmettre, chers compañeros de notre Assemblée nationale.

Je suis en mesure de rendre compte de ce que j’ai dit, de répondre aux questions que vous voudrez me poser et d’écouter ce que vous pensez.

Je vous remercie.



5  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

5-1 Jacques Vergès : les nouvelles sanctions adoptées par l’Union Européenne sont « un crime contre les populations iraniennes. 

Interrogé par le correspondant du bureau de l’Irna à Paris, sur la position iranienne qui dénonce ces sanctions qui ne pourront que compliquer les discussions sur le dossier nucléaire, le très réputé avocat français, Jacques Vergès l’a qualifiée « de correcte » tout en soulignant que les nouvelles sanctions adoptées par l'Union européenne « sont vaines et dangereuses et qu’il s’agit « d’un crime contre les populations iraniennes ».
Sur la détermination de l'Iran à défendre son droit légitime à poursuivre son programme nucléaire pacifique, il a donné raison à l’Iran et s’adressant aux Iraniens, il a assuré «en tant que Français, que les gouvernements français passent mais que le peuple français ne fera pas et ne fera jamais la guerre au peuple d’Iran ».
Réagissant à l’ampleur des sanctions adoptées par l’Union Européenne contre l'Iran et son secteur énergétique et au rôle joué par les États-Unies dans cette démarche, Jacques Vergès a dénoncé l’attitude de l’UE, qui selon lui « s’est comportée comme le caniche des États Unis ».
Interrogé sur la position du président Mahmoud Ahmadinejad qui a assuré que l'Iran reprendrait ce dialogue en septembre mais, à condition notamment de connaître la position des puissances occidentales sur "l’arsenal atomique du régime israélien" et de la présence de nouveaux pays comme la Turquie et le Brésil, l’avocat français a approuvé la position du président iranien soulignant qu’ « il ne saurait y avoir deux poids et deux mesures ».
A la question sur les menaces de certaines puissances occidentales qui n’exclut pas des frappes militaires sur les sites nucléaires iraniens, Jacques Vergès a qualifié ces menaces de « folie comparable à celle d’Hitler attaquant la Russie en 1941 » soulignant que non seulement « cela n’aurait pas d’impact sur le programme nucléaire iranien mais que par contre une attaque militaire mettrait en cause la stabilité non seulement de la région mais du monde ».

 04/08/

http://www2.irna.ir/fr/news/view/line-96/1008042500124429.htm


5-2 Paul-Éric Blanrue : l'Union européenne devrait reconnaître le principe de la souveraineté des nations.

Commentant l’adoption par les ministres des Affaires étrangères de l'Union Européenne (UE) de mesures spécifiques contre l'Iran allant bien au-delà du quatrième train de sanctions décidée en juin par le Conseil de sécurité de l'Onu, l’historien et penseur français Paul-Éric Blanrue, estime que « l'Union européenne (UE) devrait reconnaître le principe de la souveraineté des nations et laisser l'Iran procéder à sa légitime modernisation technologique.
Interrogé par le correspondant de l’Irna à Paris, sur la position iranienne qui affirme que les sanctions ne feront que compliquer les discussions sur le dossier nucléaire, Paul-Éric Blanrue dénonce l’attitude de l’UE qui, dit-il, « met de l'huile sur le feu au lieu de dépassionner le débat.
Il ironise sur l’attitude de l’Occident qui cherche à donner l'impression que Téhéran menace la paix mondiale, « alors que nul n'a jamais été capable de prouver que ses ambitions nucléaires sont de nature militaire.

C'est bien simple : on nous refait le coup des "armes de destruction massive" de Saddam Hussein ! » s’indigne t-il.
« Si l'UE tient vraiment à réagir avec intelligence sur la question du nucléaire au niveau international, son rôle est de commencer par le commencement, c'est-à-dire demander des comptes à Israël, qui développe en secret un programme nucléaire militaire sur le site de Dimona, avec, à ses débuts en 1956, je le rappelle, l'aide du gouvernement français de Guy Mollet et de l'avionneur Dassault, rôle repris ensuite par les États-Unis » estime l’auteur de l’ouvrage « Sarkozy, Israël et les juifs ».
Pour Paul-Éric Blanrue , « il devrait aller de soi qu'un gouvernement ne discute pas sereinement si on le soumet à des conditions qui nient sa légitimité ainsi que la dignité de son peuple ».
S’interrogeant enfin sur le fait que l'UE considère par principe que l'Iran soit un danger pour la paix mondiale, Paul-Éric Blanrue souligne que « c'est manifestement la position belliqueuse d'Israël qui pose problème au Moyen-Orient et menace de mettre le feu aux poudres dans la région.
Il dénonce surtout « l'action souterraine des réseaux pro-israéliens, très puissants en France et au sein de l'UE, mais aussi, bien sûr, l'influence des États-Unis, soutien permanent d'Israël, qui ont, depuis George Bush, placé l'Iran dans "axe du mal", car ce pays menace ses plans d'hégémonie mondiale.
01/08/2010

http://www2.irna.ir/fr/news/view/line-94/1007306739001508.htm


5-3 Sommes-nous à la veille d'une intervention militaire contre l'Iran ?

Sommes-nous à la veille d'une intervention militaire contre l'Iran ?

Fidel Castro l'a affirmé avec véhémence à la fin du mois de juin.

L'ancien ministre de Reagan Paul Craig Roberts faisait le même pronostic en mars dernier en ces termes :  "Aux dernières nouvelles, les militaires des États-Unis acheminent des bombes anti-bunker d'expédition à la base aérienne des États-Unis chez Diego Garcia dans l'Océan Indien.

Le Herald Scotland signale que les experts disent que les bombes sont concentrées pour une attaque sur les installations nucléaires de l'Iran. Le journal cite Dan Plesch, directeur du centre pour des études internationales et de diplomatie de l'Université de Londres : « Ils se dirigent vers la destruction totale de l'Iran. »

La prochaine étape sera la mise en scène d'une « attaque terroriste», un leurre prévu par l'opération Northwoods, et l'Iran sera accusé. Comme l'Iran et sa conduite sont déjà diabolisés, ce leurre suffira pour obtenir le soutien public européen et étatsunien pour bombarder l'Iran. Le bombardement ira au delà des installations nucléaires et continuera jusqu'à ce que les Iraniens soient d'accord sur le changement de régime et l'installation d'un gouvernement de marionnettes. Les médias américains corrompus présenteront la nouvelle marionnette sous le nom de « liberté et démocratie. »"

Il est vrai que Paul Craig Roberts avait fait la même prophétie en 2008 heureusement à tort...

L'envoi d'une flotte de douze bateaux de guerre étatsunien et un israélien dans le Golfe persique en juin dernier a cependant accru les interrogations a ce sujet, tandis qu'un attentat contre une mosquée iranienne à Zahedan le 15 juillet dernier, pose à nouveau la question de l'ingérence des services secrets occidentaux dans la déstabilisation du pays (comme en octobre dernier au Sistan-Balouchistan, le gouvernement iranien met en cause la milice sunnite des Soldats de Dieu, les Joundallah qui serait en contact avec le CIA au Pakistan).

Les prédictions sur les chances réelles de voir une guerre ouverte éclater sont toujours délicates. Faire croire en la possibilité d'une guerre fait partie intégrante du jeu politique pour impressionner l'adversaire. Et cependant il n'est jamais certain que le bluff ne débouchera pas sur un conflit effectif.

Il est clair en tout cas que les Occidentaux ont marqué des points récemment sur le plan du rapport de force politique en obtenant le ralliement de la Russie à une politique de sanctions contre Téhéran. Le 10 juin dernier le Conseil de sécurité de l'ONU a donc pu voter une quatrième série de sanctions prévoyant des interdictions de voyage et des restrictions financières visant plusieurs individus et entités liés aux activités nucléaires de Téhéran, notamment les compagnies maritimes iraniennes et les Gardiens de la Révolution.

Seuls la Turquie et le Brésil très actifs dans la recherche d'une solution diplomatique (Ahmadinejad était à Brasilia en novembre dernier) ont voté contre, le Liban s'est abstenu.

Dans la foulée, les Etats-Unis et l'Union européenne ont adopté leur propre train de sanctions unilatérales contre l’Iran plus sévères que celles prévues par le Conseil de sécurité de l'ONU, notamment en ce qui concerne les investissements énergétiques. La Russie a toutefois condamné ces mesures complémentaires, les jugeant «inacceptables ». Comme le soulignait récemment l'Asia Times, ces mesures pourraient coûter cher à l'Union européenne, qui, à la différence des Etats-Unis, importe du pétrole iranien et pourrait se faire dépasser par les pays asiatique sur ce marché.

Comme si cela ne suffisait pas, des entreprises prennent des initiatives unilatérales non prévues par l'Union européenne. Tel est le cas de Total, qui a décidé d’arrêter de vendre de l’essence à l’Iran. Comme le rappelle Alain Gresh du Monde Diplomatique, "en 1996, le congrès américain avait adopté l’Iran-Libya Sanctions Act, qui permettait de prendre des sanctions contre des sociétés étrangères investissant plus de 20 millions de dollars par an dans le secteur énergétique libyen ou iranien. A l’époque, la France avait refusé de se soumettre à ce diktat. Autres temps, autres mœurs..."
Les
néoconservateurs américains, eux, se préparent à intensifier leur campagne pour une intervention militaire contre l’Iran.

La revue Commentary estime que les sanctions n'ont servi à rien et qu'il faut passer à l'action militaire. De même Jeff Goldberg dans The Atlantic, correspondant du New Yorker et autrefois fervent adepte de la guerre en Irak. D'une manière générale les anciens partisans de la guerre d'Irak retrouvent de la voix sur le dossier iranien, même en Europe. Ainsi le 26 juin dernier, l’ancien Premier ministre espagnol José Maria Aznar, l’ancien ambassadeur américain à l’ONU John Bolton, étaient âux côtés centaines de parlementaires européens, canadiens et du Moyen-Orient à Taverny (région parisienne) pour soutenir l'organisation politico-militaire d'opposition, les Moudjahidines du peuple qui y organisait une grande manifestation. Mais dans cette affaire les jeux d'alliance sont complexes. Si l'on accuse les Moudjahidines du peuple d'être financés par la CIA, et de compter de nombreux soutiens parlementaires aux Etats-Unis (où ils sont pourtant officiellement inscrits sur la liste des organisations terroristes), ceux-ci ont aussi récemment reçu, bien au delà des cercles néoconservateurs, le soutien de 320 députés français, sous l'impulsion de l'apparenté communiste Jean-Pierre Brard, qui ont signé un appel demandant notamment aux Etats-Unis de protéger les Moudjahidines du peuple basés en Irak.

L’Iran de son côté s’est dit prêt à des négociations avec Catherine Ashton (« ministre des affaires étrangères » de l’Union européenne) après le ramadan. D’autre part, l’AIEA a confirmé « avoir reçu la réponse de Téhéran aux interrogations du groupe de Vienne (Etats-Unis, Russie, France) sur la proposition d’échange de combustible nucléaire faite par le Brésil, la Turquie et la République islamique ».

Le 2 août Mahmoud Ahmadinejad a proposé au président Barack Obama un débat télévisé, et a annoncé qu'il s'exprimera à l'assemblée générale des Nations Unies en septembre. La proposition de débat a été immédiatement taxée de "défi" et de "provocation" par les grands médias bellicistes occidentaux.

Noam Chomsky rappelait récemment que l'escalade anti-iranienne des derniers mois, et notamment la militarisation croissante du golfe persique et de la base de Diego Garcia dans l'Océan indien ne contribue qu'à faire reculer le programme de dénucléarisation de la planète officiellement avancé par les grandes puissances.

Lundi 2 août

http://atlasalternatif.over-blog.com/


5-4 Danielle Bleitrach : Effets d’annonce.

Des membres d’un groupe armé soutenu par Téhéran ont été formés en Iran pour préparer une attaque contre des bases américaines en Irak, a affirmé mardi le commandant des forces américaines, le général Ray Odierno.

Selon une dépêche de l’AFP en date d’aujourd’hui. Il s’agit d’un de ces nombreux effets d’annonce qui tendent à montrer une armée nord-américaine ayant apporté la paix en Irak et en butte à la volonté mauvaise des Iraniens.

On y croirait presque et on oublierait que les nord-américains et leurs alliés ont envahi l’Irak et qu’aujourd’hui le pays continue à être à feu et à sang, même si le commandant des forces américaines se félicite qu’il n’y ait que 284 morts irakiens en juin.

Et comme en témoigne la dépêche de l’AFP publié par les Echos, le commandant en question mêle allégrement groupes chiites manipulés par l’Iran, Al Qaïda et tribus sunnites sur lesquelles ont été déversées une pluie de dollars.

Chercherait-on un caus belli contre l’iran ?

C’est tout à fait vraisemblable, en tout cas « on » entretient l’idée de la menace iranienne. 

  » Ces renseignements mettant en cause le mouvement Kataëb Hezbollah ont entraîné un renforcement des mesures de sécurité autour des installations américaines, a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse dans la base de Camp Victory, à l’ouest de Bagdad. »

  »Nous avons des renseignements selon lesquels des éléments affiliés à l’Iran veulent attaquer des bases américaines, et nous les prenons très au sérieux », a-t-il dit, citant nommément Kataëb Hezbollah.

  »La menace d’une attaque iranienne a augmenté ces deux dernières semaines (…) ce qui nous a amenés à renforcer la sécurité autour de certaines de nos bases », a-t-il poursuivi. « Il s’agit d’une nouvelle tentative de l’Iran pour influencer l’action des Etats-Unis en Irak. »

L’armée américaine accuse l’Iran d’utiliser ces groupes armés pour renforcer son influence en Irak qui, quatre mois après les législatives, n’a toujours pas de nouveau gouvernement.

 Actuellement fort de 74.000 hommes, le contingent américain doit être ramené le 1er septembre à 50.000 militaires.

 Le général Odierno a refusé de dire quelles bases étaient visées et est resté évasif quant à une implication éventuelle du gouvernement iranien dans cette menace.

  »C’est toujours très complexe », a-t-il dit.

C’est le moins que l’on puisse dire…

Et la suite de ses propos n’est pas plus évidente quant à l’implication de l’iran. « Ce que nous savons, c’est que les gens qui se préparent à commettre cette attaque ont reçu un entraînement spécial en Iran et sont venus en Irak et nous savons que des experts ont été envoyés d’Iran en Irak pour les aider, et ce au cours, plus ou moins, du mois écoulé », a-t-il poursuivi.

 Le général Odierno a également affirmé que cette menace ne perturberait pas le retrait américain.

  » Les forces de sécurité irakiennes sont capables de maintenir un niveau de stabilité suffisant pour permettre à l’Irak d’avancer politiquement et économiquement », a-t-il dit souligné. Hum! Quatre mois après les législatives il n’y a toujours pas de gouvernement…

 Et « on peut faire beaucoup de choses avec 50.000 militaires » américains, a-t-il expliqué. Oui y compris monter quelques provocations…

 Les nord-américains se félicitent de ce que « les violences ont nettement diminué depuis le pic de 2006 et 2007. Selon des chiffres officiels irakiens, 284 Irakiens ont été tués dans les violences en juin, contre 437 en juin 2009 » Bref un vrai triomphe, nous en sommes à environ 300 civils parce qu’il s’agit bien de civils tués par mois, tandis que l’armée nord-américaine est parquée dans des bases ultra-protégées…

 Le général Odierno a présenté cette baisse comme la conséquence de l’action conjointe des forces irakiennes et américaines, qui a décapité les mouvements armés liés à Al-Qaïda, et entamé leurs capacités opérationnelles. En fait, la stratégie de Peatrus désormais en Afghanistan a consisté à acheter les dirigeants sunnites pour les rallier, certains empochent l’argent et il n’y a … plus que 300 morts irakiens par mois, de quoi se féliciter…

 La mort en avril du chef politique d’Al-Qaïda en Irak, Abou Omar al-Bagdadi et de son chef militaire Abou Ayyoub al-Masri a ainsi compliqué les échanges entre la branche irakienne de la nébuleuse islamiste et l’étranger, selon lui. Bref comme chacun sait il y a autant de liens entre Al Qaida et l’Iran qu’il y en avait entre Ben laden et Saddam Hussein… Ca n’a pas empêché l’invasion pour cause de 11 septembre…

  »Nous n’avons vu aucune communication entre Al-Qaïda en Irak et la direction en Afghanistan et au Pakistan », a indiqué le général Odierno. « C’est quelque chose d’important. »

Il a cependant noté que l’organisation avait toujours des activistes, notamment retranchés dans les étendues désertiques de l’ouest de l’Irak, capables de perpétrer des attaques meurtrières. Quel est le rapport avec l’attaque par l’Iran des bases américaines, pas très évident…

Une situation on le voit à peu près aussi  claire que celle de ce physicien iranien Shahram Amiri. Depuis plusieurs Téhéran affirme  qu’il a été enlevé par la CIA, les Etats-Unis qu’il est resté de son plein grè. Le feuilleton s’est terminé à l’Ambassade du pakistan où depuis 30 ans se trouve le bureau des intérêts iraniens à Washington et où a fini par se réfugier le dit physicien en demandant à rejoindre son pays, ce qui plaide pour la version  des iraniens.

Ce qui est sur c’est que nous avons quitté depuis longtemps le phénomène de l’information pour être dans celui de la rumeur où il s’agit de créer les conditions d’une attaque de l’iran.

Danielle Bleitrach

13 juillet

http://socio13.wordpress.com/2010/07/13/irak-un-groupe-soutenu-par-liran-projette-dattaquer-des-bases-americaines-selon-les-usa/


5-5 Seymour Hersh : L'Administration Bush intensifie ses manœuvres secrètes contre l'Iran.
Selon des sources militaires, des services secrets et parlementaires, actuelles et anciennes, le Congrès a accepté, en fin d'année dernière, une requête de Président Bush pour financer une escalade majeure des opérations secrètes contre l'Iran. Ces opérations, pour lesquelles le Président a cherché à obtenir jusqu'à 400 millions de dollars étaient décrites dans une Conclusion Présidentielle [Presidential Finding] signée par Bush, sont destinées à déstabiliser la direction religieuse du pays. Ces activités secrètes impliquent le soutien à la minorité arabe Ahwazi et aux groupes Baloutchis et autres organisations dissidentes. Ils incluent aussi la collecte de renseignements sur le programme nucléaire iranien présumé.

 Les opérations clandestines contre l'Iran ne sont pas nouvelles. Les Forces d'Opérations Spéciales des Etats-Unis mènent depuis l'année dernière des opérations transfrontalières depuis le sud de l'Irak, avec l'autorisation présidentielle. Celles-ci ont inclus la capture de membres d'Al Quds, l'aile commando de la Garde Révolutionnaire Iranienne, leur transfert en Irak pour les interroger et la recherche de "cibles de haute valeur" dans la guerre contre la terreur du Président. Ces cibles peuvent être capturées ou tuées. Mais la taille et l'étendue de ces opérations en Iran, qui impliquent la CIA et le JSOC (Joint Special Operations Command, le commandement des opérations spéciales interarmes), se sont désormais accrues de façon significative, selon d'anciens et actuels officiels. Un grand nombre de ces activités ne sont pas spécifiées dans la nouvelle Conclusion et des leaders parlementaires se sont posés de sérieuses questions quant à leur nature. 

Selon la loi fédérale, une Conclusion Présidentielle, qui est classée secrète, doit être émise lors du lancement d'une opération des services secrets et, au minimum, les leaders Démocrates et Républicains de la Chambre et du Sénat doivent en être informés, ainsi que les membres de haut rang de leurs commissions respectives des renseignements - ce que l'on appelle l'Equipe des Huit. L'argent pour cette opération peut alors être reprogrammé à partir des affectations précédentes, autant que nécessaire, par les commissions parlementaires idoines, qui peuvent aussi être informées. 

"Cette Conclusion se concentre à saper les ambitions nucléaires de l'Iran et à essayer d'ébranler le gouvernement de Téhéran au moyen d'un changement de régime", a dit une personne au courant de leur contenu, et implique "de travailler avec des groupes d'opposition et de passer de l'argent". Celle Conclusion envisageait tout un éventail nouveau d'activités au sud de l'Iran et dans les zones, à l'est, où l'opposition baloutche est forte, a-t-il dit.

 

Bien que certains parlementaires aient été troublés par des aspects de cette Conclusion - et "il y a eu un grand nombre discussions importantes à haut niveau" à ce sujet, selon cette source bien informée -, le financement de cette escalade a été approuvé. En d'autres termes, certains membres de la direction Démocrate - le Congrès est sous contrôle Démocrate depuis les élections de 2006 - étaient d'accord, en secret, pour se joindre à l'Administration, afin d'étendre les activités secrètes dirigées contre l'Iran, tandis que le candidat présumé du parti Démocrate à l'élection présidentielle, Barack Obama, a dit préférer des pourparlers directs et la diplomatie. La demande de financement est arrivée à la même période où l'Administration assumait le NIE (l'Evaluation nationale des renseignements), publié en décembre, qui concluait que l'Iran avait arrêté ses travaux sur les armes nucléaires en 2003. 

L'Administration a minimisé la signification du NIE et, tout en disant qu'elle était engagée dans la voie diplomatique, elle a continué à mettre l'accent sur le fait qu'une action urgente était essentielle pour contrer la menace nucléaire iranienne. Le Président Bush a mis en doute les conclusions du NIE, et des responsables de la sûreté nationale, dont le Secrétaire à la Défense Robert Gates et la Secrétaire d'Etat Condoleeza Rice, firent des déclarations similaires. (Tout comme le Sénateur John McCain, le présumé candidat présidentiel républicain.) Pendant ce temps, l'Administration a aussi ravivé les accusations selon lesquelles la direction iranienne a été impliquée dans les tueries de soldats américains en Irak : à la fois directement, en envoyant des unités commandos à l'intérieur de l'Irak, et indirectement, en fournissant des équipements utilisés pour la pose de bombes au bord des routes et autres produits de mort. (La véracité de ses accusations a été mise en doute ; le Times, parmi d'autres, a rapporté qu'il "reste des incertitudes importantes sur l'étendue de cette implication.") 

Les dirigeants militaires et civils du Pentagone partagent la préoccupation de la Maison Blanche au sujet des ambitions nucléaires de l'Iran, mais il y a un désaccord sur le fait qu'une frappe militaire serait la solution. Certains officiels du Pentagone pensent, ainsi qu'ils l'ont fait savoir au Congrès et aux médias, que bombarder l'Iran n'est pas une réponse viable à la question de la prolifération nucléaire et que plus de diplomatie est nécessaire.

...

La personne bien au courant de cette Conclusion m'a dit que l'état-major interarmées, dont le président est l'Amiral Mike Mullen, "exerçait une très forte pression en sens contraire" à la pression de la Maison Blanche pour entreprendre une frappe militaire contre l'Iran. De la même manière, un conseiller du Pentagone qui est impliqué dans la guerre contre la terreur a dit "qu'au moins dix officiers généraux, dont des commandants aux combats" - les généraux quatre-étoiles qui dirigent les opérations militaires dans le monde entier - "ont pesé le pour et le contre sur cette question".

 

Le plus critique de ces officiers est l'Amiral William Fallon, qui, jusqu'à récemment, était le chef du Commandement Central des Etats-Unis (CENTCOM) et donc en charge des forces américaines en Irak et en Afghanistan. En mars, Fallon a été forcé de démissionner après avoir donné une série d'interviews exposant ses réserves vis-à-vis d'une attaque armée contre l'Iran. Par exemple, en fin d'année dernière, il avait déclaré au Financial Times que "l'objectif réel" de la politique des Etats-Unis était de changer l'attitude des Iraniens et que "les attaquer, comme moyen d'obtenir ce changement, m'étonne comme n'étant pas le[ur] premier choix."

....

L'accord donné par les dirigeants Démocrates pour engager des centaines de millions de dollars, en vue de plus d'opérations secrètes en Iran, vaut la peine d'être noté, étant donnée l'inquiétude générale d'officiels tels que Gates, Fallon et de nombreux autres. "Le processus de supervision n'a pas tenu le rythme - il a été coopté" par l'Administration, a dit cette personne au courant du contenu de cette Conclusion. "Le processus est rompu et c'est un truc dangereux que nous sommes en train d'autoriser". 

Des Démocrates de premier plan au Congrès m'ont dit qu'ils étaient préoccupés par la possibilité que leur compréhension de l'implication de ces nouvelles opérations diffère de celle de la Maison Blanche. Il y a une question relative à une référence qui se trouve dans les Conclusions, rappelle la personne au courant : une potentielle action létale défensive par les agents américains en Iran. (Début mai, le journaliste Andrew Cockburn a publié des éléments de cette Conclusion dans CounterPunch, le magazine et lettre d'information en ligne.)

Ce langage a été inséré dans cette Conclusion sur l'insistance de la CIA, a dit un ancien agent des renseignements. Les opérations secrètes qui sont exposées dans cette Conclusion se déroulent essentiellement en parallèle à celles du corps expéditionnaire militaire secret, opérant maintenant en Iran, qui se trouve sous le contrôle du JSCO. Selon l'interprétation de la loi par l'Administration Bush, les activités militaires clandestines, contrairement aux opérations secrètes de la CIA, n'ont pas besoin d'être décrites dans une Conclusion, parce que le Président a le droit constitutionnel de commander les forces de combat sur le terrain sans interférence du Congrès. Mais la frontière entre ces opérations ne sont pas toujours claires : en Iran, les agents de la CIA et les correspondants régionaux ont les compétences linguistiques et la connaissance du terrain pour prendre des contacts pour le compte des agents du JSOC, et ils ont travaillé avec eux pour envoyer le personnel, le matériel et l'argent en Iran depuis une base obscure dans l'ouest de l'Afghanistan. En conséquence, le Congrès n'a reçu qu'une vue partielle de la façon dont est utilisé l'argent qu'il a alloué. L'une des missions du corps expéditionnaire du JSOC, la recherche de "cibles de haute valeur", n'était pas directement exposée dans cette Conclusion. Certains parlementaires réalisent de plus en plus que l'Administration Bush, ces dernières années, a regroupé ce qui correspond à une opération de renseignements avec ce qui correspond à une opération militaire, afin d'éviter d'informer complètement le Congrès sur ses agissements.

"C'est une grosse affaire", a dit la personne au courant de cette Conclusion. "La CIA avait besoin de cette Conclusion pour faire son boulot habituel, mais la Conclusion ne s'applique pas au JSOC. Le Président a signé un Décret Présidentiel après le 11 septembre donnant au Pentagone l'autorisation de faire des choses qu'il n'avait jamais pu faire auparavant sans en notifier le Congrès. Il était prétendu que l'armée 'préparait l'espace de bataille' et, en utilisant ce terme, ils pouvaient contourner la surveillance parlementaire. Tout est justifié dans la sémantique pour livrer la guerre mondiale contre la terreur".  

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Ces derniers mois, selon les médias iraniens, il y a eu une montée en puissance de la violence en Iran. Cependant, à ce stade précoce il est impossible d'en attribuer le crédit aux activités de la CIA ou du JSOC ou d'évaluer leur impact sur la direction iranienne. Les reportages de presse sur l'Iran sont minutieusement contrôlés par le Colonel de l'Armée de l'Air à la retraite, Sam Gardiner, qui a enseigné la stratégie au National War College et qui conduit à présent des jeux de guerre centrés sur l'Iran, par le gouvernement fédéral, les groupes de réflexion et les universités. La presse iranienne "est très ouverte pour décrire les tueries qui ont lieu à l'intérieur du pays", a dit Gardiner. C'est, dit-il, "une presse contrôlée qui considère qu'il est plus important de publier ces choses. Nous commençons à voir à l'intérieur du gouvernement." Il a ajouté, "Pratiquement, pas un seul jour ne se passe aujourd'hui où nous ne voyons pas d'affrontement quelque part. Il y a eu trois ou quatre incidents au cours d'un des derniers week-ends et les Iraniens donnent même les noms des officiers des Gardes Révolutionnaires qui ont été tués."

Au début de l'année, un groupe Ahwazi, partisan de la lutte armée, a revendiqué avoir assassiné un colonel de la Garde Révolutionnaire, et le gouvernement iranien a reconnu qu'une explosion avait eu lieu dans un centre culturel à Shiraz, au sud du pays, qui avait tué au moins douze personnes et en avait blessé plus de deux cents et que c'était un acte terroriste et non pas, comme il avait insisté plus tôt, un accident. On ne pouvait pas savoir s'il y avait une implication américaine dans un incident spécifique en Iran, mais, selon Gardiner, les Iraniens ont commencé à accuser publiquement les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et, plus récemment, la CIA, pour certains de ces incidents.

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Beaucoup de ces activités pourraient être entreprises sur le terrain par les dissidents en Iran et non pas par les Américains. Un problème pour "passer l'argent" (pour reprendre l'expression de la personne qui connaît cette Conclusion) dans un cadre secret est qu'il est difficile de contrôler où va l'argent et à qui il bénéficie. Néanmoins, l'ancien responsable des renseignements a dit : "Nous sommes exposés, à cause de notre transfert d'armes et de notre matériel de communication. Les Iraniens auront la capacité de prendre pour argument que l'opposition a été inspirée par les Américains. Combien de fois avons-nous essayé ceci sans poser les bonnes questions ? Le jeu en vaut-il la chandelle ?" Une conséquence possible de ces opérations seraient des mesures sévères violentes iraniennes contre les groupes dissidents, ce qui donnerait à l'Administration Bush une raison d'intervenir. 

La stratégie consistant à utiliser les minorités ethniques pour ébranler l'Iran est viciée, selon Vali Nasr, qui enseigne la politique internationale à la Tufts University et qui est aussi membre du comité de direction du CFR (Council on Foreign Relations). "Ce n'est pas parce que le Liban, l'Irak et le Pakistan ont des problèmes ethniques que cela signifie que l'Iran est confronté à la même question", m'a dit Nasr. "L'Iran est un vieux pays - comme la France ou l'Allemagne - et ses citoyens sont tout aussi nationalistes. Les Etats-Unis surestiment la tension ethnique en Iran." Les groupes minoritaires avec lesquels les Etats-Unis établissent le contact sont soit bien intégrés soit petits et marginaux, sans beaucoup d'influence sur le gouvernement ou beaucoup de capacité à représenter un challenge politique, a dit Nasr. "On peut toujours trouver des groupes militants qui iront tuer un policier, mais travailler avec les minorités se retournera contre nous et nous aliènera la majorité de la population." 

Il se peut que l'Administration ait été d'accord pour compter sur les organisations dissidentes en Iran, même lorsqu'il y avait une raison de croire que ces groupes avaient monté dans le passé des opérations contre les intérêts américains. L'utilisation des éléments baloutchis, par exemple, est problématique, m'a dit Robert Baer, un ancien agent secret de la CIA qui a travaillé pendant près de deux ans en Asie du Sud et au Moyen-Orient. "Les Baloutchis sont des fondamentalistes sunnites qui haïssent le régime de Téhéran, mais on peut les décrire comme faisant partie d'Al-Qaïda", m'a dit Baer. "Se sont des types qui coupent la tête des incroyants - et dans ce cas, [les incroyants] sont les Chiites iraniens. L'ironie est qu'une nouvelle fois, nous travaillons avec des fondamentalistes sunnites, exactement comme nous l'avons fait en Afghanistan dans les années 80." Ramzi Youssef, qui a été condamné pour son rôle dans l'attentat à la bombe du World Trade Center en 1993, et Khaled Cheikh Mohammed, qui est considéré comme l'un des planificateurs des attaques du 11 septembre, sont des fondamentalistes sunnites baloutchis. 

L'un des groupes le plus actif et le plus violent aujourd'hui contre le régime en Iran est le Djoundallah, connu aussi sous le nom de Mouvement de la Résistance du Peuple Iranien, qui se décrit lui-même comme une force de résistance qui se bat pour les droits des Sunnites en Iran. "C'est une organisation salafiste vicieuse dont les fidèles ont suivi les cours de la même madrasa que les Taliban et les extrémistes pakistanais. Ils sont soupçonnés d'avoir des liens avec Al-Qaïda et on pense aussi qu'ils sont liés à la culture du pavot." Le Djoundallah a endossé la responsabilité de l'attentat à la bombe d'un bus rempli de soldats de la Garde Révolutionnaire, en février 2007. Au moins 11 membres de la Garde ont été tués. Selon Baer et les reportages de presse, le Djoundallah fait partie des groupes en Iran qui bénéficient du soutien américain. 

Les communautés de la CIA et des Opérations Spéciales ont aussi des liens de longue date avec deux autres groupes dissidents en Iran : le Moudjahidin-e-Khalq, connu en Occident sous le sigle M.E.K., et un groupe séparatiste kurde, le Parti pour une Vie Libre au Kurdistan, le PJAK. 

Le M.E.K. est sur la liste terroriste du Département d'Etat depuis plus de dix ans. Pourtant, ces dernières années, ce groupe a reçu des armes et des renseignements, directement ou indirectement, des Etats-Unis. Une partie de ces fonds secrets nouvellement autorisés, m'a dit le conseiller du Pentagone, pourrait très bien atterrir dans les coffres du M.E.K. "Le nouveau corps expéditionnaire travaillera avec le M.E.K. L'Administration attend désespérément des résultats". Il a ajouté, "Le M.E.K. n'a pas d'expert-comptable qui vérifie ses comptes et l'on pense que ses dirigeants se sont remplis les poches pendant des années. Si les gens savaient ce que touche le M.E.K. et les sommes qui atterrissent sur ses comptes bancaires ! Et pourtant, cela est pratiquement inutile pour les objectifs qu'attend l'Administration." 

Le parti kurde, le PJAK, que l'on a aussi rapporté comme bénéficiant secrètement des largesses des Etats-Unis, mène des actions contre l'Iran depuis des bases au Nord de l'Irak, depuis au moins trois ans. (L'Iran, comme l'Irak et la Turquie, a une minorité kurde, et le PJAK et les autres groupes ont recherché l'autodétermination sur un territoire qui est à cheval sur ces trois pays.) Ces dernières semaines, selon Sam Gardiner, le stratège militaire, il y a eu une nette augmentation des engagements armés du PJAK contre les Iraniens et des attaques terroristes contre des cibles iraniennes. Début juin, l'agence de presse Fars a rapporté qu'une douzaine de membres du PJAK et quatre gardes frontières iraniens avaient été tués dans un affrontement près de la frontière irakienne ; une attaque similaire en mai avait tué trois Gardes Révolutionnaires iraniens et neuf combattants du PJAK. Le PJAK a aussi soumis la Turquie, un membre de l'OTAN, a des attaques terroristes répétées et le soutien américain dont bénéficierait ce groupe a été une source de friction entre les deux gouvernements.

Gardiner a aussi mentionné un voyage que le Premier ministre irakien, Nouri al-Malaki, a fait à Téhéran en juin. A son retour, Maliki a annoncé que son gouvernement interdirait tout contact entre des étrangers et le M.E.K. - une gifle pour les Etats-Unis qui traitent avec ce groupe. Maliki a déclaré que l'Irak ne voulait pas être le terrain où se préparent les opérations secrètes contre les autres pays. C'était un signe, a dit Gardiner, que "Maliki choisit de plus en plus les intérêts de l'Irak plutôt que ceux des Etats-Unis." En ce qui concerne les accusations américaines de l'implication iranienne dans la mort de soldats américains, a-t-il dit, "Maliki est réticent à jouer le jeu consistant à accuser l'Iran." Gardiner a ajouté que le Pakistan venait juste d'accepter de remettre un dirigeant du Djoundallah au gouvernement iranien. Les opérations secrètes de l'Amérique, dit-il, "semblent nuire aux relations avec les gouvernements, à la fois de l'Irak et du Pakistan, et pourraient bien renforcer le lien entre Téhéran et Bagdad."

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Seymour Hersh

voir l'article complet sur Questions Critiques

New Yorker, le 30 juin 2008
http://questionscritiques.free.fr/dossiers/Seymour_Hersh/Iran_Etats-Unis_Cheney_guerre_300608.htm


5-6 Gareth Porter : Ce qu’Israël attend effectivement de sa campagne de bombardement de l’Iran.

Dans leur délire criminel et belliciste, les Israéliens ont à présent pour objectif de déclencher une guerre avec l’Iran, puis d’obliger les Etats-Unis à la terminer, écrit Gareth Porter.

Bombardements israéliens, avec bombes au phosphore, sur la bande de Gaza l’hiver 2008-2009.

Nul doute qu’une massive campagne de bombardements sur l’Iran verra l’utilisation de la panoplie d’armes les plus meurtrières concoctées dans les laboratoires israéliens et US.

La justification du bombardement israélien de l’Iran avancé par Reuel Marc Gerecht coïncide avec l’ouverture d’une nouvelle campagne du lobby israélien en faveur de la résolution 1553 proposée à la Chambre des représentants par laquelle celle-ci exprimerait son plein appui à une telle attaque israélienne.

Dans cette campagne, il est important de comprendre que l’objectif de Gerecht et du gouvernement de droite de Benjamin Netanyahou est d’appuyer une attaque israélienne afin d’impliquer les États-Unis dans une guerre totale, directe avec l’Iran.

C’est la stratégie adoptée depuis longtemps envers l’Iran, parce qu’Israël ne peut pas mener une guerre en Iran sans la pleine participation des USA. Israël veut être sûr que les USA finiront la guerre qu’il veut lancer.

Gerecht espère ouvertement que toute réaction iranienne à une attaque israélienne déclencherait une guerre totale des USA contre l’Iran. « Si Khamenei a une pulsion de mort, il laissera la garde révolutionnaire poser des mines dans le détroit, entrée du golfe persique » écrit Gerecht. « Ce serait la seule chose qui pousserait le Président Obama a frapper l’Iran militairement... »

Gerecht suggère que la même logique s’appliquerait à tout acte « terroriste iranien contre les USA après une frappe israélienne » ; par cela il entend en fait toute attaque contre une cible US au Moyen-Orient.

Gerecht écrit qu’Obama pourrait être « obligé » de menacer l’Iran de représailles majeures « immédiatement après une attaque surprise par Israël ».

C’est la phrase clé dans cette très longue argumentation de Gerecht.

Obama ne sera pas « obligé » de se joindre à l’agression israélienne contre l’Iran à moins de pressions politiques intérieures irrésistibles.

C’est la raison pour laquelle les Israéliens sont déterminés à rallier une forte majorité au Congrès et auprès de l’opinion publique en faveur de la guerre, coupant ainsi l’herbe sous le pied d’Obama.

Sans la certitude qu’Obama serait prêt à rejoindre la guerre derrière Israël, il ne peut y avoir de frappe israélienne.

L’argument de Gerecht au sujet de la guerre repose sur un scénario cauchemardesque irréel dans lequel l’Iran distribue des armes nucléaires aux extrémistes islamistes dans tout le Moyen-Orient. Mais le véritable souci des Israéliens et de leur groupe de pression, comme l’a dit Gerecht ouvertement par le passé, est de détruire le régime islamique iranien dans un paroxysme de violence militaire étasunienne.

Gerecht a révélé pour la première fois ce fantasme néocon - israélien en 2000 déjà, avant que le programme nucléaire iranien ne soit même pris au sérieux, dans un article écrit pour un livre publié par le Project for a New American Century. Gerecht a affirmé que si l’Iran pouvait être surpris en flagrant délit d’« acte terroriste », la Marine USA « riposterait avec fureur ». L’objet d’une telle réaction militaire, écrivait-il, serait de « frapper les mollahs au pouvoir de manière véritablement dévastatrice ainsi que les institutions répressives qui les y maintiennent ».

Et pour que chacun comprenne ce que cela signifie, Gerecht a été encore plus explicite « c’est-à-dire frapper, non pas à minuit, avec des missiles de croisière pour minimiser le nombre des victimes. Les ecclésiastiques riposteraient presque certainement à moins que Washington n’utilise une force écrasante et paralysante.

En 2006 -2007, le parti belliciste israélien avait des raisons de croire qu’il pouvait saisir le contrôle de la politique des USA assez longtemps pour obtenir la guerre qu’il voulait, parce qu’il avait placé David Wurmser, un de ses agents les plus militants, dans une position stratégique lui permettant d’influencer cette politique.

Nous savons à présent que Wurmser, ancien proche conseiller de Benjamin Netanyahou - alors qu’il était aussi le principal conseiller du vice-président Dick Cheney pour le Moyen-Orient - avait insisté pour que l’armée US utilise une force écrasante contre l’Iran. Après avoir quitté l’administration en 2007, Wurmser a révélé qu’il avait plaidé en faveur d’une guerre des USA contre l’Iran, non pas pour arrêter son programme nucléaire, mais pour obtenir un changement de régime.

« Ce n’est que dans le cadre d’un assaut fondamental contre la survie du régime, que nous vous aurons l’appui d’Iraniens ordinaires » a déclaré Wurmser au journal The Telegraph. L’attaque étasunienne ne devrait pas se limiter aux objectifs nucléaires ; elle devrait viser une destruction complète et massive. « Si nous commençons à tirer, nous devons être prêts à vider notre chargeur. Ne tirez pas sur un ours, si vous n’êtes pas prêt à le tuer ».

Bien entendu, ce genre de guerre ne pourrait pas être lancée à l’improviste. Il faudrait un casus belli pour justifier une attaque initiale limitée qui permettrait ensuite d’escalader rapidement la force militaire étasunienne. En 2007, agissant sur les conseils de Wurmser, Cheney a essayé d’amener Bush à provoquer une guerre avec l’Iran au sujet de l’Irak, tentative que le Pentagone a fait échouer. Alors que Wurmser commençait à susurrer ce conseil dans l’oreille de Cheney en 2006, Gerecht présentait le même argument dans le Weekly standard :

Bombarder les installations nucléaires signifierait que nous déclarons la guerre au régime clérical. Nous ne devons pas nous faire d’illusions à ce sujet. Nous ne resterions pas en coulisse pour observer les mollahs construire d’autres sites. Si les mollahs au pouvoir devaient reconstruire les installations détruites - et il serait surprenant que le régime clérical plie après un premier bombardement - nous devrions frapper jusqu’à ce qu’ils arrêtent. Et si nous avions un doute au sujet de l’emplacement de leurs nouvelles installations (et il est absolument probable que le régime essaierait de les enterrer profondément sous des zones fortement peuplées) et s’il était raisonnable de suspecter une reprise de la construction, nous devrions envisager au minimum d’avoir recours à des forces d’opérations spéciales pour pénétrer dans les sites suspects.

L’idée de lancer une guerre de destruction US contre l’Iran touche à la folie, raison pour laquelle les dirigeants militaires étasuniens lui ont opposé une résistance farouche, tant sous l’administration Bush que sous celle d’Obama. Mais Gerecht montre clairement qu’Israël estime pouvoir utiliser son contrôle du Congrès pour obliger Obama a se soumettre. Les Démocrates du Congrès, se vante-t-il, « sont mentalement dans une galaxie différente par rapport à celle de l’époque Bush ». Bien qu’Israël soit de plus en plus considéré dans le monde comme un État voyou après les atrocités de Gaza et le massacre par des commandos de civils non armés à bord du Mavi Marmara, son emprise sur le Congrès est plus forte que jamais.

En outre, les sondages réalisés en 2006 montrent que la majorité des Étasuniens ont déjà été persuadés d’ appuyer la guerre contre l’Iran - en grande partie parce que plus des deux tiers des personnes sondées avaient l’impression que l’Iran possédait déjà des armes nucléaires. Les Israéliens espèrent apparemment exploiter cet avantage. « Si les Israéliens bombardent maintenant, ils auront probablement le soutien de l’opinion publique étasunienne », écrit Gerecht . « Et peut-être de façon décisive ». Nétanyahou doit être content de pouvoir faire pression sur Barak Obama afin qu’il se joigne à une guerre israélienne d’agression contre l’Iran. Après tout, c’est Netanyahou qui a déclaré en 2001 « je connais l’Amérique. L’Amérique est une chose que l’on peut bouger très facilement une fois qu’on l’a aiguillée dans la bonne direction. Elle ne nous fera pas obstacle ».

* Gareth Porter est historien et journaliste investigateur de l’aspect sécurité de la politique nationale US ; après avoir brièvement enseigné dans une université pendant les années 80, il est devenu indépendant. Il est l’auteur de quatre livres dont le dernier est intitulé Perils of Dominance : Imbalance of Power and the Road to War in Vietnam (University of California Press, 2005). Il écrit régulièrement pour Inter Press Service au sujet de la politique US envers l’Iran et l’Irak depuis 2005.

Gareth Porter

samedi 7 août 2010

Traduction : Anne-Marie Goossens

http://www.commondreams.org/view/20...



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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