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22/08/2010

n° 55 - dossiers de PAKISTAN. - 21-08 : - Début : - : Merd'alors ! Il y a cinq ans que Ben Laden est mort !

n° 55 - dossiers de PAKISTAN. - 21-08 : - Début  : - : Merd'alors ! Il y a cinq ans que Ben Laden est mort !



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de PAKISTAN.  

                                                                               n° 55 - 21-08

     C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "DOSSIER de PAKISTAN" est visible sur les blogs :

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

1 Dossiers

1-1 Oussama Ben Laden

1 Le Pakistan sait où Ben Laden se trouve…

2 Selon Mme Clinton, Oussama serait toujours au Pakistan

Ben Laden et de ses funérailles il y a 10 jours.3 Information sur la mort de3 Information sur la mort de Ben Laden et de ses funérailles il y a 10 jours3 Information sur la mort de Ben Laden et de ses funérailles il y a 10 jours.

4 Richard L. Franklin : Merd'alors ! Il y a cinq ans que Ben Laden est mort !

2-2 Le site 'Wikileaks' rend publiques 92 000 pages de documents...

1 Wikileaks, a diffusé 92.000 documents retraçant la période 2004-2009 de la guerre d'Afghanistan

2 Les acteurs

a) Etats-Unis

RFI : Des révélations sur la guerre en Afghanistan embarrassent les Etats-Unis et le Pakistan.

b) Pakistan

Emmanuel Derville : Pakistan : le double jeu du général Kayani

c) Afghanistan

Kaboul appelle l'Occident à revoir sa stratégie au Pakistan.

d) Grande -Bretagne

Mali Ilse Paquin : David Cameron sème les tempêtes politiques.

1-2 Alain Rodier : Iran, Pakistan, Yémen, Arabie-Saoudite : le jeu complique de la guerre secrète.

1-3 La Suisse et Genève, un havre pour les armées privées?

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Mohammed Hanif. : Touchez pas à nos espions ! 

2-2 Manlio Dinucci : Pise : l’agrandissement de l’aéroport (militaire) officialise l’enthousiaste appui de son administration.

Fin

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Lilitown  : Catastrophes naturelles ou guerres climatiques?

3-2 Les Etats-Unis en guerre dans 75 pays...

3-3 Canempechepasnicolas : La guerre est la pire des solutions.

3-4 Ramzy Baroud : Au-delà de la violence et de la non-violence : la Résistance comme culture.

4 Annexe .

4-1 Isabelle : Une attaque nucléaire à l'horizon ? : L'iode de potassium comme protection efficace contre les radiations nucléaires



1 Dossiers

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

1-1 Oussama Ben Laden

1 Le Pakistan sait où Ben Laden se trouve…

C’est du moins ce que la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a déclaré hier lors d’une entrevue diffusée sur la chaîne Fox News (à partir de 5:44 de la vidéo ci-dessous) :

«Je présume que quelqu’un dans ce gouvernement (…) sait où Ben Laden est, et j’aimerais également le savoir.»

Watch the latest video at video.foxnews.com

Le Mardi 20 juillet 2010 |

http://blogues.cyberpresse.ca/hetu/2010/07/20/le-pakistan-sait-ou-ben-laden-se-trouve/

 

2 Selon Mme Clinton, Oussama serait toujours au Pakistan

Et il serait très utile de le capturer… 

S’exprimant aujourd'hui lors d’une interview télévisée à Islamabad, la ministre des Affaires étrangères zunienne, Hillary Clinton, a annoncé être fermement convaincue [*] que le patron d’Al-Qaïda, Oussama Ben Laden, est toujours quelque part au Pakistan.

« Je crois que Ben Laden est ici, au Pakistan, et il serait très utile que nous parvenions à le capturer, » a déclaré Clinton lors d’une interview intercalée entre des réunions de haut niveau avec des responsables pakistanais.

Plus tôt aujourd'hui, Clinton a annoncé environ 500 millions de dollars supplémentaires d'aide étrangère pour le Pakistan, et a dit avoir un rendez-vous ce soir avec le général en chef de l'armée pakistanaise, Parvez Kayani, vraisemblablement pour l’inciter à accentuer la guerre dans les régions tribales du Pakistan.

Les dires de Clinton concernant où est Ben Laden collent à la supposition consensuelle générale des responsables, mais il semble que ce soit un peu plus qu'une supposition.

Le directeur de la CIA Leon Panetta a admis le mois dernier que la Zunie n'a aucun renseignement concret sur Ben Laden depuis « le début des années 2000. »

Petrus Lombard

22/07/2010

Antiwar, Jason Ditz,

19 juillet 2010

Original : news.antiwar.com/2010/07/19/clinton-osama-still-in-pakistan/

 

Notes du traducteur

On ne peut pas reprocher à Mme Clinton de ne pas lire la presse égyptienne, mais comment cette information aurait-elle pu échapper aux services de renseignement et donc aux dirigeants de Zunie ou d’ailleurs ?

La mort de Ben Laden a été annoncée en fin 2001 par un grand journal égyptien. 

Al Wafd, mercredi 26 décembre 2001. Vol 15 No 4633.

Voici la photo de l’entrefilet paru à l’époque : (ndlr : pas disponible)

Traduction: Al Wafd, mercredi 26 décembre 2001. Vol 15 No 4633.

Traduction de l'article funéraire du journal égyptien : Traduction copyleft de Pétrus Lombard

 

 

http://www.lepost.fr/article/2010/07/22/2160500_selon-mme-clinton-oussama-serait-toujours-au-pakistan.html

 

4 Richard L. Franklin : Merd'alors ! Il y a cinq ans que Ben Laden est mort !

Voici l’entrefilet paru à l’époque :

ALTER INFO

Jeudi 25 Octobre 2007

 ​​​​Il y a plusieurs années, quand je faisais des recherches sur Ben Laden, j'ai appris qu'il souffrait d'une insuffisance rénale progressive. Il a été carrément choisi depuis par la machine de propagande étasunienne pour figurer le symbole d'un Tojo ou d'un Hitler de la Seconde Guerre mondiale. J'ai voulu en savoir plus sur le véritable Ben Laden, par opposition au concept de la propagande.

​​​​J'ai vite appris que ses problèmes rénaux remonte à l'époque où il travaillait pour la CIA dans la guerre d'Afghanistan contre l'occupant soviétique. J'ai appris par les récits d'un tiers que la CIA l'avait fait transporter à l'hôpital étasunien de Dubaï pour une dialyse et d'autres soins médicaux.

​​​​Après que les soviétiques aient été chassés d'Afghanistan, les activités de Ben Laden sont devenues moins publiques. Il a été impliqué dans le financement d'un camp d'entraînement pour résistants en Afghanistan, et sa haine à l'égard de l'impérialisme étasunien est devenu un trait connu de ses concepts idéologiques. Il voulait surtout que les militaires étasuniens quittent sa terre natale d'Arabie Saoudite, certainement un souhait raisonnable. Le mieux que je puisse dire est lui et la CIA ont néanmoins toujours maintenu d'étroites relations, car ils en tiraient profit et appréciaient leurs rôles mutuels dans la libération de l'Afghanistan.

​​​​La longue histoire de la CIA en cheville avec la mafia étasunienne indique une approche très pragmatique dans ses choix de coopération pour son travail. Depuis le premier jour, la CIA a toujours été réaliste au sujet de ses alliés. La CIA a été fondée avec un petit groupe d'anciens membres de l'OSS et quelque chose comme 5.000 espions nazis mondiaux. Il est parfaitement vraisemblable que la CIA trouvait précieuse et très prisée sa relation avec Ben Laden.

​​​​La défaillance rénale de Ben Laden devenait un sérieux problème à l'époque du 9-11, et il aurait acheté deux dialyseurs à Dubaï et déménagé l'un de ses camps en Afghanistan et l'autre vers une destination inconnue. À cette époque, ses jours étaient indubitablement comptés. Même s'il avait une programme de dialyse de fortune, son temps diminuait. La défaillance des fonctions rénales est, après tout, une sentence de mort, et la dialyse prolonge seulement la vie de la victime.

​​​​Naturellement, ce n'est pas un petit truc. Certains patients ont rallongé leur vie de dix ans avec la dialyse, et, plus récemment, lors des essais expérimentaux du CoQ10, 50% des patients ont retrouvé leur fonction rénale et ont pu arrêter complètement la dialyse. (Bien sûr, seul le temps nous dira si le changement est permanent.) Ben Laden a raté ce traitement qui sauve potentiellement la vie.

​​​​Quelqu'un comme Ben Laden, qui était constamment en mouvement et traînait de tous côtés ses propres dialyseurs avec les groupes électrogènes et le carburant, était condamnéà mourir assez vite Il n'est donc pas étonnant qu'il soit mort d'insuffisance rénale, peu de temps après le 9-11.

​​​​Vous pourriez trouver intéressant que Ben Laden ait passé les derniers mois de sa vie dans un hôpital étasunien à Dubaï. À un moment, on pouvait trouver sur Internet des témoignages postés par diverses personnes qui lui ont rendu visite à l'hôpital au cours des derniers mois de sa vie. Je connais seulement un site qui a survécu à l'apparente purge effectuée par le pouvoir en place, et qui fournit toujours la vérité sur les derniers jours de Ben Laden, de sa mort, et de son enterrement. Il comprend une notice nécrologique égyptienne et mène à divers autres articles apparentés. (J'ajoute la nécrologie égyptienne et l'URL du site.)

​​​​Gardez à l'esprit que certains fonctionnaires de la CIA aimaient bien Ben Laden et estimaient que les USA avaient envers lui une grande dette pour son rôle important dans l'éviction des Russes d'Afghanistan ; de sorte qu'il n'est pas étonnant que la CIA ait fait un réel effort pour rendre les derniers mois et semaines de sa vie aussi agréables que possible.

​​​​Il y a longtemps, j'ai envoyé sa nécrologie à mes abonnés, car elle a paru dans un grand journal égyptien. Prêtez attention, la notice nécrologique de Ben Laden est apparue dans tout le Moyen-Orient. Parmi les dirigeants des États, le général Musharraf du Pakistan a publiquement annoncé la mort de Ben Laden, une déclaration qui a depuis disparu d'Internet et que ne reconnaît plus Musharraf. Il joue maintenant avec les USA, affirmant que Ben Laden se cache quelque part sur la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan.

J'ai lu trois nécrologies différentes de journaux Arabes. (Dans chaque cas, la version Arabe était imprimée à côté de la traduction Anglaise.) Elles semblent avoir disparu d'Internet, à une exception près, l'article joint. Les faits sont simples. Il a été enterré en secret dans une tombe anonyme lors d'une cérémonie simple en présence d'environ trois douzaine de partisans.

​​La blogosphère est glorifiées d'être notre dernier sanctuaire de vérité sur la guerre en Irak. C'est parfois exagéré. Par exemple, jamais n'a été vigoureusement propagé le fait que Ben Laden était malade et est mort il y a longtemps, le 16 décembre 2002. Vous pensez que désormais les bloggers et les sites Internet progressistes diffuseront énergiquement les faits sur la mort de Ben Laden il y a cinq ans. À la place, la cabale du PNAC a eu l'autorisation d'exploiter interminablement l'image d'un Ben Laden s'apprêtant à envoyer ses larbins aux USA avec toutes sortes d'armes meurtrières.

​​​​J'ai récemment envoyé un courriel à Citizens for Legitimate Government pour me plaindre du fait que, dans leurs bulletins quotidiens d'informations, par ailleurs excellent, ils renforcent les mensonges du gouvernement et la propagande sur Ben Laden en utilisant un langage qui présuppose qu'il est toujours en vie. J'ai reçu une réponse concédant seulement que Ben Laden « pourrait être mort. » CLG utilise toujours son langage postulant un Ben Laden vivant, et ils sont pratiquement les seuls à le faire.

​​​​Il y a un dernier site Internet qui propose des informations sur la mort de Ben Laden et mène à des sites d'informations apparentées.

À savoir : http://www.welfarestate.com/binladen/funeral/

Traduction approximative de Pétrus Lombard pour Alter Info

http://www.alterinfo.net/Merd-alors--Il-y-a-cinq-ans-que-Ben-Laden-est-mort-_a12820.html?print=1

The Peoples Voice, par Richard L. Franklin, le 25 octobre 2007 


2-2 Le site 'Wikileaks' rend publiques 92 000 pages de documents...

1 Wikileaks, a diffusé 92.000 documents retraçant la période 2004-2009 de la guerre d'Afghanistan.

Nb Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information

Un site Internet fiable, Wikileaks, a diffusé dimanche des archives secrètes jetant une lumière crue sur la guerre en Afghanistan, détaillant notamment les liens entre les services secrets pakistanais, pays pourtant allié officiellement aux Etats-Unis, et les insurgés talibans.

Au total, 92.000 documents retraçant la période 2004-2009 ont été transmis au « New York Times », au quotidien britannique « The Guardian » et à l'hebdomadaire allemand « Der Spiegel ».

Pour ces journaux, ces documents brossent « un portrait dévastateur d'une guerre en train d'échouer », ou illustrent « avec un luxe de détails les raisons pour lesquelles les talibans (lire résistants) sont plus forts qu'à tout autre moment depuis 2001 ».

Emanant notamment de l'ambassade des Etats-Unis à Kaboul, ces rapports font état d'un soutien de Téhéran aux talibans (…)  et d'une corruption à grande échelle qui contrarie la lutte contre la rébellion.

Le Pakistan est accusé d'autoriser des membres de ses services de renseignement à traiter directement avec les talibans.

Selon la Maison-Blanche la publication de tels documents est susceptible de « mettre en péril la vie d'Américains (...) et de menacer la sécurité nationale ». L'Allemagne a pourtant demandé que ces révélations soient « examinées ».

L'Inde a pour sa part protesté contre des livraisons d'armes américaines au Pakistan. 

Les Echos

27/07/10  

http://www.lesechos.fr/info/inter/020688473896.htm


2 Les acteurs

a) Etats-Unis

RFI : Des révélations sur la guerre en Afghanistan embarrassent les Etats-Unis et le Pakistan.

nb Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information

Un site internet a diffusé dimanche 25 juillet des dizaines de milliers d'archives secrètes sur la guerre en Afghanistan avec des révélations sur les victimes civiles et les liens supposés entre les services secrets pakistanais et les insurgés.

Les révélations du site Wikileaks, transmises au New York Times, au quotidien britannique The Guardian et à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel ont suscité la colère de Washington.

Nouveau pavé dans la mare jeté par Wikileaks (un site qui publie depuis sa création en 2006 des documents secrets fournis par des sources anonymes) : la mise en ligne dimanche 25 juillet de 92 000 rapports rédigés par l'armée américaine sur les interventions des forces alliées en Afghanistan.

Des documents dont certains comportent des révélations polémiques : l'allié pakistanais jouerait double jeu, la coalition internationale multiplierait les bavures.

Reprises par le New York Times, le Guardian et Der Spiegel, ces révélations indignent les capitales occidentales.

« Ces informations sont biaisées, tirées par les cheveux et n'ont évidemment rien à voir avec la réalité ».

Le porte-parole du gouvernement pakistanais s'insurge contre la mise en cause du Pakistan, allié officiel des Américains.

Les documents parus sur le site Wikileaks révèlent un soutien actif des services secrets pakistanais aux talibans et des complots pour abattre des officiels afghans. « Les Etats-Unis, l'Afghanistan et le Pakistan sont des partenaires stratégiques pour battre militairement et politiquement al-Qaïda », affirme l'ambassadeur du Pakistan aux Etats-Unis.

Coté américain, on condamne des « fuites irresponsables », susceptibles de « menacer la sécurité nationale ». Mais, à l'instar de Londres, le conseiller national américain à la Sécurité, James Jones, ajoute qu'il invite Islamabad à faire en sorte que « la balance penche définitivement en défaveur d'al-Qaïda et de ses alliés extrémistes ».

En tout cas, ces révélations n'auront « pas de conséquence sur l'engagement en cours aux cotés des Afghans et des Pakistanais ». En plein effort pour minimiser les conséquences de la fuite, la Maison Blanche rappelle que ces documents concernent la période 2004 à 2009. Or, Barack Obama a justement lancé « une nouvelle stratégie en Afghanistan » dès décembre 2009. Entendez : les exactions et trahisons ne sont donc plus d'actualité aujourd'hui.

La réaction des capitales occidentales

Londres déplore « la publication non-autorisée de tout document classifié ». Le porte-parole du gouvernement espère par ailleurs que la fuite ne va pas empoisonner l'atmosphère en Afghanistan parce que les documents dévoilés recèlent des secrets qui pourraient attiser les tensions entre partenaires. Le Pakistan y est, par exemple, soupçonné d'apporter un soutien actif aux talibans et ce en dépit de son statut officiel d'allié à la cause américaine.

L'Allemagne, elle, ne condamne pas le site internet qui publie les rapports, elle reconnaît au contraire qu’il est inutile d'embellir la situation. Le ministre allemand des Affaires étrangères a même demandé lundi 26 juillet à ce que les informations sur cette aide supposée du Pakistan aux rebelles afghans soient « examinées » de plus près.

Du côté de l'OTAN, le responsable des opérations de la force internationale en Afghanistan, le général allemand Egon Ramms, s'est dit amusé de cette affaire, tout en réclamant plus de vigilance à l’égard des archives secrètes de la coalition internationale.

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20100726-revelations-guerre-afghanistan-embarrassent-etats-unis-le-pakistan


b) Pakistan

Emmanuel Derville : Pakistan : le double jeu du général Kayani

Nb Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information

Après le scoop de WikiLeaks, questions sur le rôle du chef des armées.

Reconduit le 22 juillet à son poste de chef des armées pour trois ans par le premier ministre Yousuf Raza Gilani, le général Ashfaq Parvez Kayani, 58 ans, suscite de nombreuses interrogations sur son rôle dans le conflit afghan alors que le site islandais WikiLeaks publie des documents confidentiels de l’Otan et du Pentagone mettant en cause le double jeu pakistanais en Afghanistan.

Ces documents internes, accessibles à des milliers de personnes au sein de l’appareil militaire américain ou allié, n’apportent rien de bien nouveau sauf la confirmation que l’Isi (Inter-Services Intelligence), les services secrets pakistanais – dont les agents sont des militaires –, est bien en contact avec les talibans avec qui elle partage des informations et prépare des attentats en Afghanistan.

La plupart des éléments révélés par WikiLeaks provenant des renseignements afghans, hostiles au Pakistan, ils sont sujets à caution. Ils instillent cependant le doute sur le rôle de l’Isi et de ses chefs.

Fils d’un simple soldat, Kayani a commandé l’Isi de 2004 à novembre 2007, avant de prendre la tête de l’armée. Il a la haute main sur le dossier afghan. L’administration Obama comptait sur lui pour faciliter le processus de réconciliation avec les talibans mais il a déçu cette attente. Les insurgés refusent la main tendue par Hamid Karzaï. Il semblerait que les Pakistanais ne les encouragent pas.

Islamabad a une obsession : la présence de son ennemi traditionnel indien en Afghanistan dans ce qu’ils interprètent comme une stratégie de contournement liant New Delhi à Kaboul. Les généraux pakistanais cherchent au contraire à mettre l’Inde hors jeu, pour restaurer leur influence sur la politique intérieure afghane. Ils comptent sur leurs alliés pachtouns, l’ethnie berceau des talibans, pour y parvenir

La déception des Américains est grande et ils s’interrogent sur l’utilité du milliard de dollars d’aide qu’ils accordent chaque année au Pakistan. Les optimistes de l’administration Obama font remarquer qu’Islamabad poursuit ses opérations militaires contre les talibans dans le Nord-Ouest, en particulier dans les zones tribales et la vallée de Swat. Des militaires américains collaborent avec les forces paramilitaires pakistanaises. Le Pentagone a même détaché plusieurs officiers au quartier général des Frontier Corps, à Peshawar.

Mais Washington réclame depuis des mois une vraie offensive contre le réseau islamiste de Jalaluddin Haqqani, bête noire des troupes de l’Otan. Cette organisation est installée au Pakistan, près de la frontière afghane. Kayani a toujours refusé de combattre ce groupe perçu comme un partenaire. « Lorsqu’on déclenche une opération de contre-insurrection, il faut s’assurer du soutien de l’opinion publique, explique le général Athar Abbas, porte-parole de l’armée. Nous devons nous concentrer sur les terroristes qui ciblent nos concitoyens. Le réseau Haqqani n’a jamais mené d’attaque sur notre territoire. »

Rien n’a été entrepris contre les groupes djihadistes pakistanais qui combattent en Afghanistan. Parmi eux, Lashkar-e-Taiba, responsable des attaques de Bombay (175 tués en novembre 2008). Son chef, Hafiz Saeed, continue de prêcher à Lahore alors que les Américains réclament le démantèlement de ce mouvement. Le général Kayani s’y oppose et la prolongation de son mandat à la tête de l’armée ne devrait pas faciliter la fin de la guerre.

S’attaquer à Lashkar-e-Taiba, l’un des mouvements terroristes les plus dangereux, n’est pas facile parce que sa branche humanitaire, active au Pakistan, est très populaire. En cas d’affrontements, Islamabad redoute une vague d’attentats sur son territoire et la déstabilisation en chaîne de l’Afghanistan, puis de l’Asie centrale. La Chine aussi observe, inquiète de voir Al-Qaïda collaborer avec l’insurrection islamiste dans sa province occidentale du Xinjiang, proche de la frontière afghane. Emmanuel Derville

05/08/2010

http://www.valeursactuelles.com/actualit%C3%A9s/monde/double-jeu-g%C3%A9n%C3%A9ral-kayani20100805.html


c) Afghanistan

Kaboul appelle l'Occident à revoir sa stratégie au Pakistan.

Nb Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information

Le site Wikileaks a rendu publiques quelque 92 000 pages de documents. Les archives secrètes contiennent de nombreuses allégations - duplicité du Pakistan, criminalité des États-Unis, corruption en Afghanistan - susceptibles de focaliser l'attention d'un public nord-américain et européen de plus en plus sceptique sur l'utilité de la mission des forces internationales en Afghanistan.

Le gouvernement afghan a appelé mardi les Occidentaux à revoir leur politique à l'égard du Pakistan et arrêter de donner des milliards de dollars à un pays qui «entraîne des terroristes», après la publication d'archives secrètes du Pentagone.

«Il est difficile à avaler pour les Afghans de voir un pays qui reçoit 11 milliards de dollars d'aide à la reconstruction et pour ses forces de sécurité, entraîner dans le même temps des terroristes» qui s'attaquent à l'Afghanistan, a déclaré Rangeen Dadfar Spanta, conseiller à la sécurité du président Hamid Karzaï, à propos du Pakistan et de l'aide civile et militaire qu'il reçoit.

M. Spanta a également appelé les forces internationales et américaines à négocier avec les résistants directement dans les zones tribales pakistanaises, avant qu'ils ne s'infiltrent en Afghanistan.

Dans un communiqué, le Conseil national de sécurité (NSC) du gouvernement afghan estime que les 92.000 documents confidentiels dévoilés dimanche par trois journaux occidentaux montrent l'incohérence de la stratégie occidentale face aux talibans, épinglant lui aussi la mansuétude des alliés envers le Pakistan, accusé par les documents et Kaboul de soutien aux rebelles.

«L'Afghanistan a toujours souligné que le terrorisme devait être combattu sur son lieu d'origine», explique le NSC.

Or «avoir une politique contradictoire et obscure à l'égard de ces forces qui se sont servies du terrorisme pour interférer et semer la destruction chez d'autres, a des conséquences catastrophiques», ajoute-t-il.

Le NSC, comme M. Spanta, font référence aux services secrets pakistanais (ISI), accusés de longue date par Kaboul de soutenir les talibans en leur offrant des refuges dans les zones tribales frontalières de l'Afghanistan, voire d'organiser leurs attaques pour affaiblir l'Afghanistan et défendre les intérêts d'Islamabad.

Le Pakistan, allié du régime des talibans (1996-2001) avant de se rallier aux États-Unis après qu'ils ont chassé les «étudiants en religion» du pouvoir à la fin 2001, a toujours nié tout soutien à la rébellion afghane.

«Au cours des neuf dernières années, des milliers de nos citoyens et de citoyens étrangers ont été tués», souligne le NSC, en appelant ses alliés internationaux à formuler une stratégie plus claire face aux rebelles.

«Ce qui est important à nos yeux, c'est de tirer les leçons de la cruelle vérité que nous connaissons tous. Cela requiert l'adoption d'une stratégie ferme et décisive et l'abandon des stratégies obscures. C'est la seule solution pour mobiliser le peuple afghan contre le terrorisme», ajoute-t-il.

Le New York Times, le Guardian et Der Spiegel ont publié dimanche des milliers d'archives secrètes fournies par le site Internet Wikileaks (92.000 documents qui couvrent la période 2004-2009) sur la guerre en Afghanistan, dénonçant notamment le soutien présumé du Pakistan aux résistants.

Le Pakistan a de son côté dénoncé une opération de propagande «biaisée», jugeant les documents orientés et vides de preuves.

27 juillet

http://www.cyberpresse.ca/international/201007/27/01-4301652-documents-secrets-kaboul-appelle-loccident-a-revoir-sa-strategie-au-pakistan.php


d) Grande -Bretagne

Mali Ilse Paquin : David Cameron sème les tempêtes politiques.

Extrait

Nb Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information

Son effigie a été brûlée au Pakistan.

David Cameron sème les tempêtes diplomatiques en refusant de jouer les tartufes. Par naïveté ou aplomb, le nouveau premier ministre britannique préfère la franchise à la diplomatie.

David Cameron est-il allergique à la langue de bois?

La semaine dernière, le premier ministre britannique a accusé le Pakistan, un pays allié, de jouer un «double jeu» en entretenant des relations avec des groupes terroristes.

Il devra jeter du lest à l'occasion de sa rencontre avec le président pakistanais Asif Ali Zardari, arrivé à Londres hier soir.

Lors d'une visite de trois jours en Inde, grande rivale du Pakistan, le chef du gouvernement britannique a déclaré, le 28 juillet: «Nous ne pouvons tolérer l'idée que le Pakistan puisse promouvoir l'exportation de la terreur en Inde, en Afghanistan ou ailleurs dans le monde.»

David Cameron lançait cet avertissement dans la foulée des révélations de WikiLeaks sur la guerre en Afghanistan.

Les fuites établissaient des liens entre les services de renseignement pakistanais et les résistants talibans.

Furieuse, l'élite politique pakistanaise l'a accusé d'attiser le sentiment antioccidental de la population.

Des officiers de haut rang de l'agence de renseignement pakistanaise ISI ont annulé une rencontre avec leurs homologues britanniques.

Le président du Pakistan, Asif Ali Zardari, veuf de l'ex-première ministre Benazir Bhutto, tuée dans un attentat en 2007, était pressé d'en faire autant avec David Cameron. Mais il a promis de «faire la leçon» au dirigeant du second partenaire économique du Pakistan.

Les deux hommes doivent se rencontrer vendredi…

«Les contribuables britanniques ne veulent pas que je voyage partout dans le monde simplement pour dire ce que les gens ont envie d'entendre», s'est défendu le premier ministre.

David Cameron redonne une voix forte à la Grande-Bretagne, croit l'influent journaliste William Rees-Mogg. «Il vaut mieux que le monde, y compris le Pakistan et Israël, sache la vérité sur nos positions», écrit-il dans le Times.

Mali Ilse Paquin
La Presse

04 août

http://www.cyberpresse.ca/international/europe/201008/04/01-4303662-david-cameron-seme-les-tempetes-politiques.php?utm_source=bulletinCBP&utm_medium=email&utm_campaign=retention



1-2 Alain Rodier : Iran, Pakistan, Yémen, Arabie-Saoudite : le jeu complique de la guerre secrète.

Début mars 2010, les autorités iraniennes annonçaient avoir capturé Abdolmalek Righi, le chef du mouvement d'opposition armé Jundallah (Armée d'Allah) aussi connu sous le vocable de Mouvement de résistance populaire d'Iran (MRPI).

Ce mouvement politico-religieux-mafieux iranien qui réclame une plus grande liberté pour le peuple baloutche de confession sunnite s'est livré depuis 2003 à des opérations terroristes sur le territoire iranien et plus particulièrement dans la province du Sistan-Baloutchistan.

Le 18 octobre 2009 à Pishin, un kamikaze parvenait même à tuer quarante deux personnes dont des hauts responsables du régime parmi lesquels figuraient quinze pasdaran [1].

Ne pouvant plus tolérer cet état de fait, Téhéran a alors entamé un véritable « jeu de billard à trois bandes » digne des meilleurs romans d'espionnage.

L'objectif de l'opération consistait à s'emparer de la personne d'Abdolmalek Righi.

Il y avait longtemps que les services de renseignement iraniens (Vevak, Vezarat-e Ettela'at va Amniyat Keshvar , Ministère du renseignement et de la sécurité nationale) avaient « logé » Righi au sud-ouest du Pakistan où ce dernier bénéficiait d'un accueil bienveillant de la part des autorités pakistanaises. En effet, Islamabad qui a toujours considéré que l'Iran chiite était son plus grand adversaire juste après l'Inde a accueilli -et continue d'accueillir- des opposants au régime iranien sur son sol.

Ne pouvant faire pression directement sur Islamabad car ne possédant pas les bonnes cartes pour cela, Téhéran s'est tourné vers l'Arabie saoudite, puissant allié du Pakistan. Comme par hasard, l'insurrection chiite latente au Nord-Yémen  menée par le clan des al-Houthi (al-Huthiyun) [2] et soutenue secrètement par Téhéran a considérablement accru ses activités à partir de novembre 2009, deux semaines après l'attentat du 18 octobre qui était considéré par Téhéran comme l'action terroriste de trop. Afin d'être certain que Riyad comprenait bien le message, des incursions des rebelles yéménites ont même eu lieu en territoire saoudien au cours desquelles des militaires saoudiens ont été faits prisonniers pour servir d'otages.

Déjà confrontée au problème d'Al-Qaida sur son propre sol, la famille royale des Al Saoud ne pouvait se permettre de laisser s'étendre des désordres dus à un mouvement chiite à sa frontière sud-ouest avec le Yémen. C'est à ce moment là que, par des voies détournées, Téhéran a demandé à Riyad de faire pression sur Islamabad pour que Righi lui soit livré. En échange, l'Iran s'engageait à faire son possible pour ramener le calme au Nord-Yémen. Les services spéciaux pakistanais (ISI, Inter Services Intelligence ) se sont alors  fait un peu tirer l'oreille par leurs homologues saoudiens du Al Mukhabarat Al A'amah , mais les enjeux pécuniaires étant tels (l'Arabie saoudite est le premier partenaire financier du Pakistan), il a été décidé que Righi ferait les frais de la « raison d'Etat ».

Afin de sauver les apparences en ne livrant pas directement Righi aux Iraniens, un scénario a été monté de toutes pièces au début février 2010 lors de la visite au Pakistan du général de division Mohammad Ali Jafari, le commandant du Corps des gardiens de la Révolution iraniens. Pour une raison non connue, Righi utilisant une fausse identité afghane fournie par l'ISI, a été amené à prendre le 23 février le vol QH 454 des Kyrgystan Airways qui reliait Dubaï à Bichkek-Manas. Or l'itinéraire de ce vol passe au dessus de l'espace aérien iranien. Les forces aériennes iraniennes dûment informées par les Pakistanais de la présence à bord de Righi n'ont eu qu'à faire intercepter le Boeing 737 kyrghise par deux F-4E Phantom et à le faire se poser à Bandar Abbas en territoire iranien pour s'emparer de lui. Une fois l'arrestation effectuée, le vol a pu reprendre sans encombre. Pour couronner le tout, les autorités kyrghises qui n'étaient pas dans le coup ont été vivement sermonnées par Téhéran pour avoir accueilli un terroriste sur un de leurs vols! Pour sa part, Righi a ensuite été transféré vers un lieu de détention inconnu à bord d'un Falcon 20E dépendant de la composante aérienne des pasdaran.

Juste après cette arrestation rocambolesque [3], tous les « prisonniers » saoudiens détenus au Yémen par le clan al-Houthi ont été libérés et l'agitation régnant dans la région a soudain baissé en intensité... Téhéran a ainsi honoré sa part de l'accord.

Bien sûr, cette version de l'affaire ne pourra jamais être confirmée par Righi qui a déjà commencé à « avouer » ses crimes (ils sont bien réels, et pour certains, d'une cruauté sans nom) et ses liens avec les services américains et britanniques (ce qui est faux). De toute façon, il sait que, selon la loi en vigueur en Iran, il va finir au bout d'une corde. Ce qui compte désormais pour lui est que la période de rémission qui le sépare de son exécution inéluctable soit la moins « inconfortable » possible. En plus, les Iraniens détiennent déjà son jeune frère qui a été condamné à mort. Il peut aussi représenter un moyen de pression sur lui. Quant au Jundallah, un nouveau chef a pris sa tête. Il s'agit de Muhammad Dahir qui, jusqu'à présent était un parfait inconnu.


[1] Voir Note d'Actualité n°196 du 1er décembre-2009.

[2] Le clan chiite zaïdite des al-Houthis, aussi appelé les Al-Shabab al-Muminin (les jeunes croyants), est entré en rébellion en 2004. Il regrouperait plusieurs milliers de combattants commandés par Abdul-Malik al-Houthi ; son père Yahia Badreddin al-Houthi en est le leader spirituel. Ce mouvement est actif au nord-ouest du pays autour de la ville de Sa'dah. Il s'appuie sur les services secrets iraniens qui lui fournissent une aide logistique importante

[3] Il est possible que Righi ait été livré à l'Iran avant l'interception du Boeing kyrghize qui n'aurait alors servi que de scénario à présenter à la presse. Un élément va dans ce sens puisque Bichkek affirme qu'aucun passager ne manquait à l'appel à l'arrivée.
Alain Rodier

22-03-2010

http://www.aschkel.info/article-iran-pakistan-yemen-arabie-saoudite-le-jeu-complique-de-la-guerre-secrete-47280447.html


1-3 La Suisse et Genève, un havre pour les armées privées?

L’implantation, à Bâle, du groupe Aegis, comptant 20.000 mercenaires, relance la polémique en Suisse. –

A elle seule, la Cité de Calvin recense trois sociétés étrangères actives dans l’espionnage privé. –

Le marché de la sécurité (20 milliards de dollars) se déploie essentiellement en Irak et en Afghanistan.

| 17.08.

Depuis deux semaines, l’implantation du siège social mondial d’Aegis Defense Services à Bâle secoue la Suisse alémanique et les instances fédérales (lire nos éditions du 16 août 2010).

Et pour cause.

La britannique Aegis est, avec les américaines DynCorp et surtout Xe Services (ex-Blackwater) l’une des plus importantes armées privées au monde, intervenant principalement en Irak et en Afghanistan grâce à ses 20 .000 soldats.

Pour une fois unanimes, la gauche et la droite parlementaire réclament du Conseil fédéral une meilleure surveillance de l’implantation de ces groupes multinationaux, qui se partagent un marché estimé aujourd’hui à quelque 20 milliards de dollars. «Lorsque l’une de ces sociétés ayant son siège en Suisse opère en Irak pour le compte des Etats-Unis, cela pose clairement un problème à notre système de neutralité», affirme ainsi Albert Stahel, professeur en sciences politiques à l’Université de Zurich et expert en affaires stratégiques.

Des contrôles inexistants

Dès lors, la problématique de ces entreprises militaires privées (MPC, en anglais) rebondit avec une acuité toute nouvelle en Suisse. D’autant que le Conseil fédéral est incapable de dire combien de sociétés de sécurité sont implantées ou ont ouvert une représentation dans notre pays.

En 2005, le gouvernement avait ainsi refusé de contrôler les dites sociétés, partant de lier leur implantation à une quelconque autorisation, du moment que leurs activités sur notre sol ne sont qu’administratives.

Mieux: «Selon le Centre for Democratic Control of Armed Forces, basé à Genève, affirmait alors le Conseil fédéral, il n’existe en Suisse que très peu de sociétés de sécurité actives sur des territoires en guerre. Elles sont en outre de très petite taille.»

La SonntagsZeitung vient pourtant de révéler que Genève, à elle seule, comptait trois de ces firmes paramilitaires étrangères sur son sol. La plus importante d’entre elles s’appelle Diligence Global Intelligence SA, installée à Genève en février 2009, rue du Conseil-Général. Il s’agit là de la filiale helvétique du groupe américain Diligence LLC, fondée par Nicholas Day et par d’anciens membres du MI5 et de la CIA. Nick Day a même choisi Genève pour y fixer sa résidence principale.

De l’espionnage privé

Diligence Global Intelligence, si elle n’est pas pourvoyeuse de mercenaires, livre de précieux renseignements économiques et géopolitiques.

En clair: une sorte de services d’espionnage privés.

Sur son site Internet, on découvre ainsi que «Genève représente un pas décisif dans le développement du groupe», après ses implantations à Londres, Washington, New York et Moscou. Mais encore: «Notre société opère sous les radars.»

Pour l’heure, pourtant, Diligence n’a pas gagné beaucoup de mandats en Suisse même; dans le monde, par contre, la multinationale britannique et ses spécialistes en espionnage ont déjà traité plus de 1000 «projets», dans 75 pays.

 - On trouve également au bout du lac une filiale du groupe anglais Salamanca, sise au 8, quai du Rhône, et spécialisée dans la protection rapprochée et également dans le renseignement économique.

- Enfin, un troisième groupe américain, spécialisé dans la formation de polices privées et d’agents de renseignements, New Century, est indirectement présent au bout du lac Léman: «Notre présence à Genève est purement administrative, nous a affirmé hier l’un de ses responsables à Londres. C’est une représentation fiduciaire.»

En clair, il s’avère que certains comptes de New Century sont gérés depuis la Cité de Calvin.

http://www.tdg.ch/geneve/actu/suisse-geneve-havre-armees-privees-2010-08-16


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