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01/09/2010

n° 450 - journal de l'Afghanistan - 09-08 au 31-08 : Début - : La coalition perd la guerre.


n° 450 - journal de l'Afghanistan - 09-08 au  31-08 : Début  - : La coalition perd la guerre.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



journal de l'Afghanistan

La coalition perd la guerre.

n° 450 - du 09-08 au  31-08

C.De Broeder & M.Lemaire



Avant propos

La guerre menée par le terrorisme contre ses adversaires déclarés est tout à fait invraisemblable.

Pour être crédible, cette histoire exigerait triplement et simultanément une excessive stupidité des terroristes, une incompétence extravagante des services policiers, et une folle irresponsabilité des médias. Cette invraisemblance est telle qu'il est impossible d'admettre que le terrorisme soit réellement ce qu'il prétend être’.

(MICHEL BOUNAN)

 

·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

Ps : Avant de vous lancer dans la lecture du journal, noter ceci: 'Al Qaïda'  & Al-Zarqaoui, Ben Laden Mollah Omar  = concept réducteur inventé par les Usa, pour désigner la résistance. Idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

 


 Le "journal de l'Afghanistan" est  visible :

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

d) sur le site de eva R-sistons: - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire.

Tiré à part :

Gilles Dorronsoro : En attendant la chute de Kaboul.

Stephen Gowans : A propos des droits des femmes en Afghanistan

André Gunthert : Un portrait pour la guerre.

Femme mutilée: les résistants Taliban nient.

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

Les civils afghans payent le plus lourd tribut de la guerre.

a) Manifestation après la mort de 2 Afghans, tués par l'Otan

b) Colère après un nouveau massacre commis par l’OTAN

Fin

1 Analyse & déclaration :

Résistance

Occupants:

2 Occupation de l'Afghanistan 

Les forces en présence

3 Politique

occupants 

4 Lutte pour la libération du territoire

Détails.

L'Afghanistan en chiffre. 



L'Afghanistan en chiffre du 08-08 au 31/08/10

 

 

 

tués

blessés

 

 

 

Usboys / Autres boys

 48 + x

 18 + x

 

 

 

Policiers, armée et collaborateurs

 56+ x

 47 + x

 

 

 

Peuple Afghan

 5 + x

 5 + x

 


Tiré à part :

Gilles Dorronsoro : En attendant la chute de Kaboul.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

Contrairement à l'optimisme de commande qui teinte les déclarations de la conférence de Kaboul, la détérioration de la sécurité s'est accélérée depuis quelques mois, la perspective d'un gouvernement afghan capable d'assurer l'essentiel de sa défense en 2015 est totalement irréaliste et la question centrale de l'ouverture de négociations avec les Résistant a été une nouvelle fois évacuée. 

La guérilla poursuit avec méthode une stratégie d'étranglement du dispositif allié qui menace maintenant les bases du régime.

L'insécurité est telle que la route qui relie la capitale à Mazar-i Sharif, la troisième ville du pays, est régulièrement coupée par l'insurrection, au point qu'il est dangereux de l'emprunter pour des étrangers. (La route vers Kandahar, la deuxième ville du pays, est interdite depuis des années.)

Le nord-est de l'Afghanistan est largement pénétré par les résistants, y compris dans les zones non Pachtounes, ce qui montre la généralisation de l'insurrection aux zones jusque-là calmes.

Mal conçue, l'opération de Marjah s'est conclue par un échec prévisible des forces américaines, qui remet en cause les principes même de la contre-insurrection menée par l'OTAN. 

Les résistant se battent avec acharnement contre les troupes américaines dans la région de Kandahar et ont systématiquement assassiné tous les notables qui voulaient travailler avec la coalition.

En raison des consignes strictes pour limiter les pertes civiles, les soldats occidentaux voient et tuent fort peu d'résistants, mais subissent des pertes importantes.

Avec 102 morts en juin, nous sommes désormais près du niveau des pertes en Irak dans la phase la plus violente. Alors que l'administration afghane contrôle un territoire de plus en plus limité, les structures parallèles mises en place par les résistants se développent rapidement. Le cœur de la stratégie de contre-insurrection – convaincre la population de soutenir le gouvernement – ne peut pas fonctionner dans ces conditions. Contrairement au mantra de la coalition, les pertes actuelles n'annoncent pas une amélioration pour l'an prochain, car la guérilla a étendu ses opérations à la presque totalité du territoire et pourrait être en position de remporter des victoires tactiques.

IMPOPULARITÉ

En posant le principe de l'afghanisation de la guerre dans un délai de quatre ans, la coalition fait preuve d'un irréalisme qui est, au moins dans les conversations privées, parfaitement reconnu. L'armée afghane sera incapable de résister à une poussée résistante à cette date. La progression du nombre de soldats et de policiers ne doit pas dissimuler les limites de la formation, notamment pour les officiers, et l'importance du turn-over. Le plus grave est cependant l'absence de perspectives politiques. Le renvoi du ministre de l'intérieur et du chef du renseignement, proches de l'OTAN, est un signe de l'autonomie accrue de Karzai. Mais celle-ci ne se traduit pas par une plus grande crédibilité du gouvernement afghan. Ce dernier se referme sur des réseaux de plus en plus étroits, ses appuis tendent à s'effriter chez les ethnies non pachtounes qui s'inquiètent de leur progressive marginalisation au sein des instances de décision. Son impopularité atteint des sommets à la fois chez les Pachtounes et dans les autres ethnies. Rappelons que probablement moins de 15 % des Afghans ont voté pour lui aux élections d'août 2010. Rien n'indique que le régime sera moins corrompu ou bénéficiera d'un soutien populaire en 2014. Les élections législatives prévues en septembre ne correspondront pas, même d'assez loin, aux normes démocratiques et le prochain Parlement sera probablement encore plus miné par la corruption et le népotisme.

DIALOGUE POLITIQUE 

Dans ce contexte, l'idée de rallier les résistants par une amnistie (dépôt des armes, acceptation de la Constitution) reflète, pour utiliser un understatement, d'une lecture un peu optimiste des rapports de force. D'autant que le président Karzai ne parvient pas à ouvrir des négociations avec l'insurrection en raison de sa faiblesse. En réalité, si aucune initiative n'est prise, les Résistant reprendront Kaboul militairement dès le départ des forces internationales. Et qu'on ne s'y méprenne pas : le retrait aura lieu quelle que soit la situation militaire sur le terrain, car les opinions publiques sont de plus en plus opposées à cette guerre (aux trois-quarts pour les opinions européennes). 

Un dénouement catastrophique – la prise de Kaboul par les forces résistantes – ne peut être évité que par un dialogue politique.

Ceux-ci préfèreront en effet une solution négociée plutôt que de (re)devenir un paria sur la scène internationale comme dans les années 1990.

Anticipant leur victoire, les Résistant veulent dès maintenant projeter l'image d'une organisation responsable, c'est pourquoi ils ont globalement une attitude moins stricte avec la population et ne sont pas nécessairement opposés à laisser les ONG travailler dans les zones qu'ils contrôlent. Si les négociations sont bien menées, les pays occidentaux peuvent espérer obtenir des garanties internationales d'un gouvernement de coalition, notamment sur le non retour d'al Qaida.

Plus que l'expression d'une stratégie, le refus de négocier est lié aux contraintes de la politique intérieure américaine. Hillary Clinton se voit mal engager des négociations avec un mouvement responsable de sévères violations du droit des femmes et la Maison Blanche hésite devant le risque politique et les attaques probables des Républicains. Les pays européens et, au moins pour l'instant, la nouvelle diplomatie de l'UE n'ont pas le poids suffisant pour se démarquer de la politique américaine.

La paralysie qui en résulte nous rapproche un peu plus chaque jour de l'inéluctable.
Gilles Dorronsoro, professeur de science politique à la Sorbonne

Gilles Dorronsoro est actuellement "visiting scholar" à la Carnegie Endowment for International Peace (Washington D.C.).

Ses recherches portent sur la situation politique en Afghanistan et la question kurde en Turquie.

LEMONDE.FR

27.07.10
http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/07/27/en-attendant-la-chute-de-kaboul_1392498_3232.html#xtor=AL-32280184

 

Stephen Gowans : A propos des droits des femmes en Afghanistan

Alors que des inquiétudes sont exprimées au sujet des « précaires droits des femmes en Afghanistan en train de disparaître » [1], il fut un temps où les droits des femmes afghanes ont été beaucoup plus forts, et plus forts encore parmi les gens qui partageaient une culture commune avec les Afghans, mais vivaient dans l'Asie centrale soviétique.

Alors que les journalistes américains attirent l'attention pour s'inquiéter qu'un retrait des troupes américaines, et l'éventuel retour des résistants au gouvernement, mettrait en péril le peu les droits que les femmes ont acquis, le journalisme de l'establishment US a exprimé peu de préoccupations quant à la perte des droits des femmes, lorsque Washington a soutenu les Moudjahiddines dans leur lutte contre un gouvernement progressiste à Kaboul qui cherchait à libérer les femmes afghanes de l'emprise de pratiques traditionnelles.
Voici ce que dit le reporter du New York Times, Alissa J. Rubin:

Les précaires droits des femmes en Afghanistan ont commencé à disparaître. Les écoles de filles ferment; les femmes qui travaillent sont menacées; les défenseurs sont attaqués, et les familles terrifiées confinent de plus en plus leurs filles à la maison. Comme les gouvernements afghan et occidentaux explorent la voie de la réconciliation avec les résistants, les femmes craignent que la paix dont ils rêvent pourrait se faire au prix des droits qui se sont améliorés depuis que le gouvernement résistant a été renversé en 2001.[2]

Le reportage de Rubin s'inscrit dans le cadre d'une offensive de propagande qui se joue dans les journaux et magazines américains pour obtenir le soutien pour la poursuite de l'occupation de l'Afghanistan par les États-Unis et ses alliés de l'OTAN. Cette campagne est révélée de manière peut-être la plus flagrante  dans le numéro du 29 Juillet du Time, dont la couverture, pour citer le magazine de rédacteurs,

 ...est puissante, choquante et inquiétante. Il s'agit d'un portrait de Aicha, une timide jeune femme de 18 ans afghan qui a été condamné par un commandant résistant d'avoir le nez et les oreilles coupés pour fuir ses beaux-parents abusifs. Aicha a posé pour la photo et dit qu'elle veut que le monde entier voit l'effet qu'aurait une résurgence des résistants pour les femmes de l'Afghanistan, dont beaucoup se sont épanouies au cours des dernières années. Sa photo est accompagnée d'une histoire puissante de notre reporter Baker Aryn sur la façon dont les femmes afghanes ont embrassé les libertés qui sont venus de la défaite des Résistant - et comment elles craignent un renouveau résistant.

Qu'arrivera-t-il si nous quittons l'Afghanistan? demande le magazine Time.

Les éditeurs de magazine auraient montré un plus grand sens de l'histoire si ils avaient demandé: Est-ce que ceci serait arrivé si nous n'avions pas soutenu les Moudjahidine dans les années 1980? Washington a soutenu la réaction islamique en Afghanistan, recrutant et finançant des dizaines de milliers de jihadistes pour renverser un gouvernement qui cherchait à libérer les femmes de la misogynie de l'Islam traditionnel.
Il n'y a rien de bon à dire sur la perspective d'une renaissance des résistants. Les conditions pour les femmes sombreront en effet à un niveau de barbarie si les extrémistes islamiques reviennent au pouvoir. Mais l'idée que les responsables de la politique étrangère américaine se soucient d'un iota des conditions des femmes en Afghanistan, ou que le plus sûr moyen de garantir les droits des femmes afghanes est de maintenir les troupes américaines fermement en place, ne tient pas compte de l'histoire de la politique étrangère américaine dans la région, et ignore aussi un point que Rubin lui-même évoque : que Washington est en train d'explorer la voie de la réconciliation avec les résistants. 
L'utilisation par Rubin du mot «réconciliation» est pertinente. Washington avait une relation de travail avec les résistants qui remonte à 1995, quand elle a financé et conseillé ce mouvement naissant via
la CIA, en partenariat avec l'agence de renseignement pakistanais, l'ISI, et l'Arabie saoudite. [3] Washington n'avait alors aucun état d'âme sur le traitement barbare réservés aux femmes, et pour les raisons expliquées ci-dessous, n'en a sans doute pas plus aujourd'hui. Le département d'État a maintenu des relations amicales avec les extrémistes sunnites jusqu'en 1999, quand tous les officiels résistants étaient payés par le gouvernement américain. [4]
Qu'il y ait des préoccupations bien plus élevées pour les décideurs à Washington que les conditions des femmes dans les sociétés fondamentalistes est attesté par l'énorme soutien que l'Arabie saoudite reçoit du gouvernement US. Le Royaume est un allié stratégique de Washington et une source de profits colossaux pour les entreprises pétrolières américaines et les banques d'investissement US, à travers lesquelles les Saoudiens recyclent leurs pétrodollars.

Et tandis qu'on ne dit presque jamais rien aux États-Unis sur la condition des femmes en Arabie saoudite, les femmes saoudiennes sont soumises à des pratiques tout aussi barbares et occultées que celles que les Résistants ont infligées aux femmes afghanes. [...].

La présence de troupes US dans la péninsule arabique n'a pas mis fin à ces pratiques barbares.
Une autre preuve de la suprême indifférence  de Washington pour les droits des femmes à l'étranger est attestée par le rôle qu'il a joué dans la destruction d'un gouvernement progressiste en Afghanistan qui visait à libérer les femmes de l'emprise des pratiques traditionnelles. Dans les années 1980, Kaboul était « une ville cosmopolite. Les artistes et les hippies ont afflué vers la capitale. Des femmes ont étudié l'agriculture, l'ingénierie et des affaires à l'université de la ville. Les femmes afghanes avaient des emplois au gouvernement. »[5] Il y avait des membres féminins du parlement, et les femmes conduisaient des voitures, et voyageaient et se rendaient à des rendez-vous, sans avoir besoin de demander la permission à un tuteur mâle. Que ceci soit révolu, est en grande partie dû à une décision secrète faite à l'été 1979 par le président américain Jimmy Carter et à son conseiller à la sécurité nationale Zbigniew Brzezinski pour attirer "les Russes dans le piège afghan et donner  à l'URSS sa guerre du Vietnam " en finançant et en organisant des terroristes islamistes pour lutter contre le nouveau gouvernement à Kaboul dirigé par le Parti démocratique du peuple de l'Afghanistan. [6]
L'objectif du PDPA était de libérer l'Afghanistan de son retard. Dans les années 1970, seulement 12 pour cent des adultes étaient alphabétisés. L'espérance de vie était de 42 ans et la mortalité infantile l'une des plus élevés au monde. La moitié de la population souffrait de la tuberculose et un quart de la malaria. 
La plus grande partie de la population vivait dans les campagnes, gouvernées par des propriétaires et de riches mollahs. Les femmes - soumises aux pratiques islamiques traditionnelles du mariage forcé, mariage des enfants, isolement des femmes, subordination aux hommes, et burqa - vivaient dans des conditions particulièrement barbares. [7]
À l'opposé, les bolcheviks avaient élevé le niveau de vie des tadjik, turkmène et ouzbek frères des Afghans en Asie centrale soviétique et avaient délivré les femmes de la misogynie de l'Islam traditionnel. Le confinement des femmes, la polygamie, la dot, les mariages dans l'enfance, le port du voile (ainsi que la circoncision des hommes, assimilés par les bolcheviks à de la maltraitance d'enfants) avaient été mis hors la loi. Les femmes étaient recrutées à des postes administratifs et étaient encouragées - si ce n'est obligées - de travailler hors du foyer. Ceci suivait l'idée de Friedrich Engels que les femmes ne pouvaient être libérées de la domination des hommes que si elles avaient un revenu indépendant. [8]
En 1978, le gouvernement de Mohammed Daoud, que le PDPA avait d'abord soutenu, mais en avait été de plus en plus été déçus, tua un membre du parti populaire. Cela suscita des manifestations de masse, auxquelles Daoud répondit par l'ordre d'arrêter les dirigeants du PDPA. Toutefois, avant que cet ordre n'ait pu être exécuté, le PDPA ordonna à ses partisans dans l'armée de renverser le gouvernement. La rébellion fut un succès, et Noor Mohammed Taraki, chef de file d'une aile radicale du parti, fut porté au pouvoir.
La Révolution d'Avril avait été une réaction spontanée aux plans du gouvernement Daoud d'arrêter les dirigeants du PDPA et de réprimer la gauche, et pas la réalisation d'un plan élaboré avec la complicité de Moscou pour prendre le pouvoir. Bien que le nouveau gouvernement ait été pro-soviétique et que les Soviétiques allaient rapidement intervenir militairement à sa demande, pour tenter de supprimer la réaction islamique soutenue par les USA, Moscou n'était pas derrière la prise du pouvoir. [9] 
Le nouveau gouvernement annonça immédiatement une série de réformes. Les dettes des paysans pauvres serait annulés et une Banque de développement agricole serait créé pour fournir des prêts à faible taux d'intérêt aux paysans, dans essayer d'éliminer les pratiques de prêts usuraires des prêteurs et des propriétaires. La propriété foncière fut limitée à
15 acres et de grandes propriétés découpées et redistribuées aux paysans sans terre. [10] 
En même temps, les femmes seraient libérées des contraintes de l'Islam traditionnel. [...] L'âge du consentement pour les filles de se marier fut porté à 16 ans. Et les étudiants des villes furent envoyés à la campagne pour enseigner à la fois les hommes et les femmes à lire et à écrire. [11]
Alors que certains progrès ont été réalisés, en particulier à Kaboul, où le soutien au PDPA était le plus fort, les réformes n'ont jamais pris racine dans les campagnes, où le gouvernement a agit trop rapidement, suscitant une opposition déterminée des riches propriétaires et des mollahs, qu'il n'avait pas le pouvoir de réprimer militairement. [12] Le recrutement au djihad, par Washington, de dizaines de milliers de moudjahiddines en provenance de pays musulmans, y compris le millionnaire d'origine saoudienne Oussama ben Laden, a finalement contribué à la décision soviétique de retirer ses forces militaires, et au renversement du gouvernement PDPA, quelques années après que les Soviétiques aient quitté le pays. Bientôt, les résistants, soutenus par les Etats-Unis, le Pakistan et l'Arabie saoudite, allaient ramener l'Afghanistan, une fois de plus, au Moyen Age, après que le pays ait fait quelques pas déterminé vers la modernité, sous la direction du PDPA. De manière significative, ce furent les Bolcheviks en Asie centrale soviétique et les marxiste-léniniste du PDPA en Afghanistan, qui avaient agi pour améliorer les conditions des femmes, tandis que les États-Unis se sont alliés avec des fanatiques religieux, qui ont imposer - et continuent d'imposer en Arabie saoudite - un barbare règne patriarcal sur les femmes.
Pour Washington [...] les profits sont au-dessus des droits des femmes. Les communistes, par contraste, furent inspirés par les buts de libérer les paysans de l'arriération féodale et de briser l'emprise de l'Islam traditionnel sur le sort des femmes. Les seconds ont agi comme chevaliers du progrès humain et du droit des femmes, les premiers, comme des captifs de la logique de l'impérialisme. La libération des femmes de la misogynie des résistants et des Saoudiens ne se fera pas par l'intermédiaire de Washington. Quiconque s’inquiète de la renaissance des résistants et la perte des quelques gains que les femmes afghanes ont péniblement acquis sous un gouvernement fantoche soutenu par le Pentagone, devrait espérer, au contraire, la renaissance des communistes. Ils ont une grande expérience au service de la libération de la femme. Le bilan de Washington, par contraste, n'est pas un de ceux qui inspirent confiance.

Notes 

1. Alissa J. Rubin, “Afghan women fear the loss of modest gains”, The New York Times of July 30, 2010.

2. Rubin. 

3. Michael Parenti, “Afghanistan, Another Untold Story”, Michael Parenti Political Archives, December, 2008, updated in 2009. http://www.michaelparenti.org/afghanistan%20story%20untold.html

4. Parenti.

5. “Women’s rights in Saudi Arabia,” Wikipedia, http://en.wikipedia.org/wiki/Women’s_rights_in_Saudi_Arabia
San Francisco Chronicle, November 17, 2001. Cited in Parenti.

 

 

6. From an interview in Le Nouvel Observateur,  translated by William Blum, available at  Http://www.globalresearch.ca/articles/BRZ110A.html

Paris, 15-21 January 1998,

 [Original ici (---] 

Nouvel Observateur : - L'ancien directeur de la CIA Robert Gates l'affirme dans ses Mémoires (1) : les services secrets américains ont commencé à aider les moudjahidine afghans six mois avant l'intervention soviétique. A l'époque, vous étiez le conseiller du président Carter pour les affaires de sécurité, vous avez donc joué un rôle clé dans cette affaire. Vous confirmez ?

 

Zbigniew Brzezinski : (2) Oui. Selon la version officielle de l'histoire, l'aide de la CIA aux moudjahidine a débuté courant 1980, c'est-à-dire après que l'armée soviétique eut envahi l'Afghanistan, le 24 décembre 1979. Mais la réalité, gardée secrète jusqu'à présent, est tout autre : c'est en effet le 3 juillet 1979 que le président Carter a signé la première directive sur l'assistance clandestine aux opposants du régime prosoviétique de Kaboul. Et ce jour-là, j'ai écrit une note au président dans laquelle je lui expliquais qu'à mon avis cette aide allait entraîner une intervention militaire des soviétiques.

N.O : Malgré ce risque, vous étiez partisan de cette “covert action” [opération clandestine]. Mais peut-être même souhaitiez-vous cette entrée en guerre des Soviétiques et cherchiez-vous à la provoquer?
Z.B : Ce n'est pas tout à fait cela. Nous n'avons pas poussé les Russes à intervenir, mais nous avons sciemment augmenté la probabilité qu’ils le fassent.
N.O : Lorsque les Soviétiques ont justifié leur intervention en affirmant qu'ils entendaient lutter contre une ingérence secrète des Etats-Unis en Afghanistan, personne ne les a cru. Pourtant, il y avait un fond de vérité … Vous ne regrettez rien aujourd’hui ?

Z.B : Regretter quoi ? Cette opération secrète était une excellente idée. Elle a eu pour effet d'attirer les Russes dans le piège afghan et vous voulez que je le regrette ?

Le jour où les Soviétiques ont officiellement franchi la frontière, j'ai écrit au président Carter, en substance : “Nous avons maintenant l'occasion de donner à l'URSS sa guerre du Vietnam.” De fait, Moscou a dû mener pendant presque dix ans une guerre insupportable pour le régime, un conflit qui a entraîné la démoralisation et finalement l'éclatement de l'empire soviétique. 

N.O : Vous ne regrettez pas non plus d'avoir favorisé l'intégrisme islamiste, d'avoir donné des armes, des conseils à de futures terroristes ? 

Z B : Qu'est-ce qui est le plus important au regard de l'histoire du monde? Les résistants ou la chute de l'empire soviétique? Quelques excités islamistes ou la libération de l'Europe centrale et la fin de la guerre froide?

N.O : “Quelques excités”? Mais on le dit et on le répète: le fondamentalisme islamique représente aujourd'hui
Une menace mondiale. 

Z.B : Sottises! Il faudrait, dit-on, que l'Occident ait une politique globale à l'égard de l'islamisme. C'est stupide, il n'y a pas d'islamisme global. Regardons l'islam de manière rationnelle et non démagogique ou émotionnelle. C'est la première religion du monde avec 1,5 milliard de fidèles. Mais qu'y a-t-il de commun entre l'Arabie Saoudite fondamentaliste, le Maroc modéré, le Pakistan militariste, l'Egypte pro-occidentale ou l'Asie centrale sécularisée? Rien de plus que ce qui unit les pays de la chrétienté... »

 

7. Albert Szymanski, Class Struggle in Socialist Poland: With Comparisons to Yugoslavia, Praeger, 1984a. 

8. Albert Szymanski, Human Rights in the Soviet Union, Zed Books, London, 1984b. 

9. Szymanski, 1984a. 

10. Szymanksi, 1984a.

11. Szymanksi, 1984a.

12. Irwin Silber, Afghanistan – The Battle Line is Drawn, Line of March Publications, 1980.

Stephen Gowans,

 9 août 2010

http://gowans.wordpress.com/2010/08/09/women%E2%80%99s-rights-in-afghanistan/

http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-a-propos-du-droits-des-femmes-en-afghanistan-55221214.html

 

André Gunthert : Un portrait pour la guerre.

Comme en réponse aux fuites massives sur le conflit afghan publiées par Wikileaks, une image.

En couverture du Time de cette semaine (édition du 9/08/2010), le portrait d’Aisha, beau visage creusé en son centre d’une blessure atroce – le nez coupé.

Une punition infligée l’an dernier par sa propre famille à l’issue d’un procès pour avoir fui un mariage forcé.

Le titre choisi par le magazine américain ne laisse pas de doute sur l’interprétation de cette torture barbare: “What happens if we leave Afghanistan” (“Ce qui se passera si nous quittons l’Afghanistan”).

Alors qu’on apprend que la jeune femme a rejoint les Etats-Unis pour une opération de chirurgie reconstructrice, le débat fait rage entre faucons et colombes, qui qualifient la publication de l’image de “pornographie de guerre” (“war porn”).

Terrible constat de l’échec de 9 ans d’occupation, le message de cette photo peut en effet se retourner comme un boomerang contre ses émetteurs. Certains décryptent le choix de cette image-choc comme le signe d’une escalade désespérée de la part des partisans d’un conflit de plus en plus impopulaire.

Si l’image de la souffrance d’Aisha semble rejoindre la courte liste des icônes qui, de Kim Phuc à Neda, s’inscrivent dans la mise en scène médiatique des guerres, il faut souligner deux caractéristiques qui l’isolent de la série. Alors que l’image de la victime féminine est habituellement utilisée comme symbole pour dénoncer le conflit, celle-ci sert à l’inverse à légitimer la poursuite de l’occupation.

Ce retournement du schéma explique l’autre différence essentielle de cette icône: au lieu d’une photographie de reportage prise sur le vif, il s’agit d’un portrait soigneusement posé (réalisé par Jodi Bieber pour le magazine), comme celui d’un mannequin ou d’une célébrité, qui rend plus affreux encore le contraste entre la mise en scène de la beauté et la blessure ouverte.

On peut voir dans cette photographie un écho paradoxal à l’un des plus célèbres portraits du XXe siècle, celui de la jeune afghane par Steve McCurry, publié en 1985 par le National Geographic. Au-delà de la victimographie de guerre, façon gueules cassées, la couverture du Time raconte que le comble de la barbarie est l’agression contre la beauté.

Dans le cas d’Aisha, on peut redouter que le magazine ne nous inflige dans quelques mois l’épreuve de comparaison après reconstruction, qui fournira l’attestation définitive du bien-fondé de l’invasion américaine (avec mes remerciements à Pascal Kober).

André Gunthert

Vendredi 6 août 2010

http://culturevisuelle.org/icones/1001

 

Femme mutilée: les résistants Taliban nient.

La photo d’une jeune afghane mutilée figurant début août en une du magazine américain Time, est perçue comme un acte «désespéré de propagande» par les résistants Taliban, qui nient en être responsables, a rapporté lundi le centre de surveillance des sites internet islamistes SITE.

Les résistants affirment que Time ment en les accusant d’avoir coupé le nez et les oreilles d’Aisha, 18 ans, après qu’elle a fui son foyer dans la région d’Oruzgan, (centre) l’an dernier.

«Cet acte désespéré de propagande par le magazine Time a montré à la planète les excès auxquels les médias sont prêts à recourir pour satisfaire les Etats-Unis, même au prix de leur intégrité journalistique», a dénoncé un porte-parole des résistants dans un communiqué cité par SITE.

Le communiqué en anglais a été publié samedi sur le site de l’Emirat islamique. Il accuse les Américains de «publier ces mensonges pour détourner l’attention des gens de leur défaite nette et honteuse».

Opération en Californie

Le communiqué ajoute que les résistants Taliban ont condamné l’attaque dont a été victime Aisha et précise que «couper le nez et les oreilles d’un être humain, qu’il soit vivant ou mort, est illégal et interdit.

Aisha a raconté au magazine qu’elle avait été mariée à un résistant, et que ce dernier lui avait coupé le nez et les oreilles, pour s’être échappée de chez elle.

Laissée pour morte par sa famille, elle a été recueillie par l’armée américaine.

La jeune Aisha va prochainement bénéficier d’une opération de chirurgie réparatrice gratuite en Californie.

Le rédacteur en chef de Time, Richard Stengel, avait justifié la publication de la photo en assurant qu’«Aisha a posé car elle voulait que le monde voie les conséquences, pour les femmes, d’un renforcement des résistants».

AFP

août 2010
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/df171b6c-a58c-11df-8a27-aa621318a7dd/Femme_mutil%C3%A9e_les_résistants_nient



Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

Les civils afghans payent le plus lourd tribut de la guerre.

Un rapport de la mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan publié la semaine dernière a révélé que le nombre de civils tués était en hausse de 31% au cours du premier semestre 2010, avec un bilan de 1.271 morts sur cette période.

Vendredi, le président afghan Hamid Karzaï a demandé à Barack Obama, au général David Patraeus, commandant des forces américaines et de l'Isaf, et à l'ambassadeur américain à Kaboul de revoir leur stratégie pour limiter le nombre de victimes civiles.

15 août, 

AP

a) Manifestation après la mort de 2 Afghans, tués par l'Otan

Des centaines de villageois bloquaient mercredi une route fréquentée de l'est de l'Afghanistan pour protester contre la mort d'un père et de son fils dans une opération de l'Otan, a indiqué à l'AFP le responsable de la police locale.

Des centaines de villageois bloquaient mercredi une route fréquentée de l'est de l'Afghanistan pour protester contre la mort présumée d'un père et de son fils dans une opération de l'Otan, a indiqué à l'AFP le responsable de la police locale.

L'opération des forces internationale a été menée mardi soir dans le district de Surkh Rod, dans la province de Nangarhar.

"Les forces de la coalition sont entrées dans une maison et ont tué un père et son fils. Ils ont aussi arrêté trois personnes. Il s'agissait de civils innocents, de fermiers, sans lien avec un groupe insurgé", a déclaré Abdul Ghafor, le porte-parole de la police de la province.

Quelque 600 villageois ont alors bloqué la route en scandant "Morts aux Américains" et "Mort à Karzaï", a constaté un journaliste de l'AFP.

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b) Colère après un nouveau massacre commis par l’OTAN

Des centaines de villageois ont crié « mort aux Etats-Unis » tandis qu’ils bloquaient une route principale en Afghanistan oriental après que les forces de l’OTAN aient massacré trois personnes lors d’une incursion.

Les représentants du village de Zarin Khil dans la province de Wardak ont déclaré que des troupes des Etats-Unis avaient donné l’assaut à une maison où vivait une famille et ont abattu trois des fils avant d’emmener leur père en prison, selon un chef de la police locale.

Shahedullah Shahed, un porte-parole pour la province, a indiqué qu’environ 300 manifestants ont bloqué la route reliant Kaboul et le sud de l’Afghanistan pendant plusieurs heures.

 « La nuit dernière, les forces de la coalition et les forces afghanes sont entrées dans une maison capturer un commandant résistant. Pendant l’attaque, malheureusement, trois civils ont été tués, » a indiqué Shahed à l’agence de presse AFP, ajoutant que quatre personnes suspectées d’être des combattants anti-gouvernementaux ont été capturées.

L’ISAF, la force internationale dirigée par l’OTAN, a indiqué que ceux qui ont été abattus lors de l’incursion dans la zone de Sayed Abad étaient suspectés d’être des « résistants » et qu’un commandant résistant avait été fait prisonnier.

La version de l’OTAN invalidée par celle des villageois

Les villageois ont affirmé qu’il n’y avait aucun combat avant que les troupes n’entrent dans la maison.

« Ils dormaient dans une chambre et soudain les soldats ont brisé la fenêtre, et ils ont tiré sur eux et les ont tués, » dit Mahmoud Khan, un parent [des victimes] qui vit dans le village, et cité par l’agence Associated Press.

La question des civils tués et blessés est une question sensible en Afghanistan, où presque 150 000 troupes étrangères d’occupation sont en guerre depuis presque neuf ans.

L’ONU a indiqué cette semaine que le nombre de civils tués ou blessés était en hausse d’un tiers dans la première moitié de 2010,

Mais au moins 386 civils ont été tués par l’OTAN (que l'OTAn reconnait) ou les forces du gouvernement afghan, dont 41 pendant les opérations de recherche et capture telles que des incursions de nuit, selon l’ONU.

Dans un incident mercredi, une femme a été tuée dans les échanges de tirs entre l’ISAF et des combattants [résistance afghane] dans la province méridionale de Helmand, a déclaré l’ISAF.

14 août

Al Jazeera

Voici la vidéo de cette manifestation:

http://www.youtube.com/watch?v=Gz59cJw8m5E&feature=player_embedded

17-08

Deux civils ont été tués et cinq blessés mardi dans l'explosion d'une moto piégée visant un convoi de la police dans le sud de l'Afghanistan, a indiqué à l'AFP un responsable de la police afghane.

La bombe, fixée sur une moto garée sur un pont, a explosé avant le passage des policiers.

Europe1.fr

21-08

L'Otan a  reconnu avoir tué ‘par erreur’ une femme et deux enfants lors d'un raid aérien visant des résistants dans la province de Farah (sud-ouest).

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