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04/09/2010

n°53 - journal d'Iran - 10-8 au 04-09 : - : Fin - Etats-Unis et Iran... A deux doigts de la guerre


n°53 - journal d'Iran  - 10-8 au 04-09 : - : Fin   - Etats-Unis et Iran... A deux doigts de la guerre


journal d'Iran   n°53 du 10-8 au 04-09

.                                           C.De Broeder      &    M.Lemaire



a) Le "Journal d'Iran" est  visible  sur les blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

2 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

2-1 Ramin Mihmanparast: « les médias doivent être conscients de la guerre « douce » menée par nos ennemis ».  

2-2 Jean Taffazoli :Manipulations Médiatiques sur l’Iran.

3 Les brèves

3-1 La première centrale nucléaire d'Iran est prête.

3-2 "Le Brasier" : Bladerunner 51 : le bateau le plus rapide du monde…

4 Dossier & Point de vue

4-1 Richard Hétu : Les probabilités d’une attaque contre l’Iran

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Abdel Bari Atwan. : Etats-Unis et Iran... A deux doigts de la guerre.

 



2 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

2-1 Ramin Mihmanparast: « les médias doivent être conscients de la guerre « douce » menée par nos ennemis »  

 Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ramin Mihmanparast déclaré que les médias devraient rester vigilants face à la guerre « douce » menée par les ennemis.
Il s’est exprimé en ces termes de retour de son déplacement à la ville sainte de Khom, samedi après avoir rencontré un certain nombre d'érudits religieux.
S’adressant aux médias et à la presse, il a estimé que ce serait une erreur pour les médias de se concentrer sur des sujets fabriqués de toutes pièces par les ennemis.
Il a dit que les médias iraniens devraient essayer de réduire les tentatives ennemies en choisissant de refléter les points de vue des responsables de manière professionnelle pour neutraliser les complots des ennemis.
Se référant aux allégations des ennemis sur les droits de l'Homme et la lutte contre le terrorisme, Ramin Mihmanparast a déclaré qu’à l’ère de la « guerre « douce » contre la République Islamique d’Iran, les médias ne devraient pas attendre les atteintes ennemies pour frapper en dévoilant les faiblesses et les comportements inhumains et immoraux de nos ennemis ».
Réagissant face aux agissements et les techniques des ennemis dans la poursuite de la « guerre douce », il a estimé que de nos jours, « les chefs d'Etat des pays occidentaux qui sont eux-mêmes embourbés dans des crises sociales décident de défendre et de soutenir une femme qui est condamné à mort pour avoir trahi puis tué son mari avec l’aide d’autres hommes avec qui elle entretenait des relations adultères et de qui elle s’est faite la complice.
Il a ajouté que « nos médias ont pour devoir de rappeler au monde que les prises de position contradictoires et inhumaines de l’Occident qui apporte son soutien à cette femme et choisissent de se taire face au massacre de cinq mille femmes et enfants palestiniens innocents à Gaza ».
Notant dans son discours que l'Iran est la plus grande victime du terrorisme, il a ajouté que l'Occident a attaqué l'Irak et l'Afghanistan et tué 110 000 personnes innocentes en prétendant qu'il tentait de combattre le terrorisme.
Toutefois, s’est-il interrogé, ces invasions en Irak ou en Afghanistan ont-elles permis d’éradiquer le terrorisme ou bien encore de le développer dans ces pays?
L’incitation aux mouvements séparatistes dans le Kurdistan et au Khûzistân engendrant des dissensions entre musulmans chiites et sunnites, l’imposition de la guerre et l’adoption de sanctions, les différends sur l'énergie nucléaire et la guerre la révolution islamique constituent quelques-unes des erreurs commises par les Etats-Unis parce qu'ils ne connaissent pas le peuple iranien et s'appuient sur des analyses faites par certains individus véreux.

30/08/2010

httphttp://www2.irna.ir


2-2 Jean Taffazoli : Manipulations Médiatiques sur l’Iran.

a) Ce mensonge sur la lapidation de Sakineh en Iran

Tous les deux ou trois ans, on nous refait le même coup. Et tous les deux ou trois ans, je me remets en colère. Car force est de constater que ça marche. On reprend les mêmes et on recommence.

« Ah lala tu sais pas, en Iran, tu sais, ce pays de sauvages, ils vont la-pi-der une femme. Sakineh qu’elle s’appelle ! »

Attention lumière !!!

Les faits :

Fin 2006, une femme et deux hommes sont arrêtés en Iran dans une affaire de meurtre.

L’un des trois accusés se trouve être le commanditaire du meurtre de M. Mohammadi-Ashtiani, et justement, cet homme est l’amant de la veuve du défunt.

Au cours de son enquête, la police iranienne découvre que la dame entretient plusieurs relations extra-conjugales avec dont deux au moins sont prouvées.

L’assassin est mis en prison et n’est pas condamné à mort, car il bénéficie du « pardon » de l’un des fils de Mme Mohammadi-Ashtiani.

Mme Mohammadi-Ashtiani, quant à elle est condamnée à mort par pendaison.

Aucun fait officiel ne permet d’affirmer qu’un autre type de condamnation ait pu exister.

Juin 2009 : dans un contexte de tensions sur la question de la possession et le déploiement de technologies nucléaires par l’Iran et ses propositions de vente d’uranium enrichi à la Chine, les élections présidentielles sont lourdement perturbées par les manifestations du mouvement « vert » créé à l’instar des mouvements de résistance de la diaspora iranienne, et vivement soutenu par des financements américains (les Etats-Unis diffusent plus de 15 chaînes en langue persane à destination des jeunes iraniens, parmi lesquelles NITV-National Iranian TV, VOA Persian, etc).

Suite aux émeutes, la vidéo d’une jeune iranienne morte d’une balle dans la tête fait le tour du monde. Fait marquant, la vidéo est transmise aux médias par le Mouvement des Moujahedin du Peuple pour la Résistance Iranienne, un groupuscule communiste que Washington avait placé sur la liste des groupes terroristes jusqu’en 2009 justement.

Juillet 2009 : Clothilde Reiss, jeune « étudiante » au CNRS et fille de M. Reiss, directeur du CEA, transmet un « mémoire » à l’ambassade française de Téhéran, dont le sujet porte sur les centrales nucléaires et qui est destiné au CEA justement « dans le cadre d’un stage »… accompagné d’un dossier de photos explicites concernant les émeutes à Ispahan. Accusée d’espionnage, elle est arrêtée et jugée publiquement, en même temps que plusieurs britanniques. Son cas pris très au sérieux par l’Elysée, a contribué à calmer les ardeurs de l’Etat Français, accusé, avec la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, d’avoir fomenté le soulèvement étudiant en question. A cet instant, l’Iran demande aux Etats-Unis de libérer les diplomates Iraniens enlevés par la CIA en Irak en 2001 et détenus à Guantanamo « sans motif valable ».

Mai 2010 : Ali Vakili Rad, présumé coupable du meurtre de Shapour Bakhtiar est libéré à Paris.

Dans la même semaine, l’extradition de l’ingénieur iranien Majid Kakavand vers les Etats-Unis est refusée. Son crime : avoir acheté des pièces détachées d’électronique sur un célèbre site d’enchères américain dont le grand patron est d’ailleurs franco-iranien…

Une semaine plus tard, Clothilde Reiss est libérée… quelle coïncidence.

b) Coopération nucléaire avec l’Iran
Juin 2010 : La France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et les Etats-Unis refusent la proposition Brésilo-Turque de coopération nucléaire avec l’Iran et mettent en application de nouvelles sanctions. Deux semaines plus tard, V. Poutine signe un train d’accords avec l’Iran, violant le traité sur les sanctions.

Juillet 2010 : le Human Rights Watch, organisme américain, dirigé par un procureur de New-York et proche des mouvements sionistes, dénonce le cas de Sakineh Mohammadi-Ashtiani, et parle de lapidation imminente. Une vidéo, de mauvaise qualité, mainte fois diffusée par des sites activistes et sur laquelle on distinguerait ce qui ressemble à une lapidation, mais trahie par un logo turque en bas de l’écran et où les personnages ne parlent pas Persan, accompagne le récit sur la plupart des sites. Surtout, une photo de la dame, qui avait bizarrement déjà servi il y a 5 ans dans une autre histoire de pseudo-lapidation nous est présentée comme portrait de Mme Mohammadi-Ashtiani (je vous laisse faire quelques recherches Google pour vous en rendre compte par vous-même). Bizarrement, certains sites vont même jusqu’à expliquer que Mme Ashtiani était enceinte de 6 mois et qu’elle a fait une fausse couche à l’annonce de son exécution… enceinte de qui, on se le demande… ! En France, Bernard Henry Lévi, dont on ne commentera plus les affinités sionistes, organise une pétition signée en grande pompe par ses fidèles. Aux Etats-Unis, Hillary Clinton s’est dite « profondément concernée » par l’affaire et a appelé l’Iran « à respecter les libertés fondamentales ». Par contre, elle a omis de s’émouvoir du sort de Linda Carty, 59 ans, femme de citoyenneté britannique, vivant aux Etats-Unis et condamnée à mort par injection léthale alors qu’elle n’a cessé de crier son innocence.

Et sinon, c’est quand qu’on arrête de vous faire croire qu’on lapide des gens en Iran et surtout à Tabriz, ville de 3.6 millions d’habitants ? Que l’on soit pour ou contre la condamnation à mort, c’est une chose, mais salir l’image d’un pays comme ça pour satisfaire des objectifs politiques, c’est autre chose. Pour rappel, en Iran, il y a plus de femmes étudiantes qu’en France, plus de femmes qui travaillent et même plus de femmes qui conduisent. Le problème de la situation de la femme en Iran n’a jamais été aussi grand que dans l’esprit de la ménagère moyenne occidentale…

Pour finir, juste pour le fun, août 2010 : Les Etats-Unis arrêtent un chercheur de l’université de Princeton accusé d’avoir violé l’embargo sur l’Iran en recevant de l’argent de sa famille

Jean Taffazoli

Article placé le 31 août 2010, par Frédéric Courvoisier (Genève)

http://www.mecanopolis.org/?p=19346http://www.mecanopolis.org/?p=19346



3 Les brèves

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

3-1 La première centrale nucléaire d'Iran est prête.

Ndlr : la publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le  point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

La Russie mettra en route la première centrale nucléaire d'Iran le 21 août, ont annoncé vendredi Moscou et Téhéran, une installation qui fait grincer des dents dans les pays occidentaux qui accusent Téhéran de chercher à se doter de l'arme atomique.

L'agence nucléaire russe Rosatom a indiqué que le combustible nucléaire russe serait alors chargé dans le réacteur de la centrale de Bouchehr, dans le sud de l'Iran, première étape vers sa mise en service effective.

«Le combustible sera chargé dans le réacteur le 21 août. À partir de ce moment, Bouchehr sera considérée comme une installation nucléaire», a expliqué à l'AFP le porte-parole de Rosatom, Sergueï Novikov.

Le chef de l'Agence fédérale russe de l'énergie atomique, Sergueï Kirienko sera présent à Bouchehr pour assister à la procédure, a souligné M. Novikov.

Le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Ali Akbar Salehi, cité par les agences iraniennes Irna et Fars, a confirmé l'annonce russe en précisant que 165 barres de combustible seront transférées le 21 août dans le bâtiment du réacteur avant d'être placées dans son coeur.

«Après trois à quatre mois, le bloc énergétique sera à sa puissance minimale de 1%», a ajouté un autre porte-parole de Rosatom, Vladislav Botchkov, sans indiquer pour autant dire quand la centrale serait réellement mise en service et produirait de l'électricité.

Bien plus optimiste, M. Salehi a assuré de son côté que Bouchehr entrerait en production aux environs de la mi-septembre.

La construction de cette centrale avait été officiellement achevée en février 2009 et la Russie avait ensuite livré le combustible nucléaire nécessaire à son fonctionnement.

Ce projet avait été initié par le groupe allemand Siemens avant la révolution islamique de 1979, puis interrompu peu après le déclenchement de la guerre Irak-Iran en 1980. En 1994, la Russie avait repris le chantier qui devait initialement être achevé en 1999.

L'Iran est sous le coup de sanctions renforcées de l'ONU, la communauté internationale soupçonnant Téhéran de chercher à se doter de l'arme atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil.

Les pays occidentaux, États-Unis en tête, ont manifesté leur préoccupation quant à la mise en service de la centrale de Bouchehr.

Les responsables russes ont pour leur part souligné que le développement de Bouchehr se faisait sous le contrôle de la Russie, allié historique de l'Iran, et de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

La Russie, bien que de plus en plus agacée par l'intransigeance iranienne sur son programme d'enrichissement d'uranium, a toujours souligné que la centrale de Bouchehr n'avait aucun rapport avec le programme nucléaire controversé de Téhéran.

Le premier ministre russe, Vladimir Poutine avait déjà indiqué en mars que Bouchehr fonctionnerait dès cet été, une mise en service jugée «prématurée» par la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton.

Cette dernière avait souligné qu'il fallait que le régime iranien «rassure le monde ou que son comportement change en raison de sanctions internationales» pour pouvoir «poursuivre son programme nucléaire civil

Agence France-Presse

13 août 2010

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/201008/13/01-4306202-la-premiere-centrale-nucleaire-diran-est-prete.php?utm_source=bulletinCBP&utm_medium=email&utm_campaign=retention


3-2 "Le Brasier" : Bladerunner 51 : le bateau le plus rapide du monde…
L'Iran va produire en série une réplique du Bladerunner 51, souvent présenté comme le bateau le plus rapide du monde, en l'équipant de missiles et torpilles pour être utilisé dans le Golfe, c'est ce qu'a déclaré, ce mardi, le général Ali Fadavi, commandant de la marine des Gardiens de la révolution, cité par l'agence Fars.
"Le Bladerunner est un bateau britannique qui a le record de vitesse du monde. Nous avons obtenu un exemplaire de ce bateau (...) Nous avons fait des modifications pour qu'il soit capable de lancer des missiles et des torpilles", a précisé le général Fadavi. "Les Gardiens de la révolution en seront équipés en grand nombre" d'ici à un an, a-t-il ajouté.
Le général Fadavi n'a pas expliqué comment l'Iran s'était procuré cet exemplaire du Bladerunner 51, indiquant simplement qu'il avait été acheminé "via l'Afrique du Sud".
Il a également affirmé qu'un navire américain avait tenté d'intercepter la vedette avant son entrée dans les eaux iraniennes de l'Océan indien il y a 18 mois, mais que l'Iran avait envoyé des forces pour la protéger.
Le chef de la marine des Pasdaran a fait cette annonce lors d'une cérémonie à l'occasion de la remise de douze vedettes rapides équipées de lance-missiles et torpilles aux Gardiens de la révolution.
Le Bladerunner 51, vedette de 16 tonnes et 15,5 mètres, peut atteindre une vitesse maximale de 65 noeuds (120 km/h) selon son constructeur. Le bateau, propulsé par deux moteurs de 1.000 cv chacun, a effectué en 2005 un tour des Iles britanniques en un peu plus de 27 heures, à une vitesse moyenne de 63 noeuds (116 km/h).
"Le Brasier" :

14 août 2010
http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.asax?id=1498118§lauguage=fr


4 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

4-1 Richard Hétu : Les probabilités d’une attaque contre l’Iran

Dans un article étoffé publié dans le nouveau numéro du mensuel The Atlantic et intitulé «Le Point de non-retour», le journaliste Jeffrey Goldberg estime à plus de 50% les probabilités d’une attaque israélienne contre les installations nucléaires d’Iran.

Goldberg en vient à cette conclusion après avoir parlé à plusieurs responsables israéliens et américains. Son article contient un portrait fascinant de Benjamin Netanyahu, dont les décisions semblent être dictées en partie par son besoin de s’affirmer face à un père qui a toujours vu d’un mauvais oeil les démarches de paix avec les Palestiniens, y compris celles que son fils a entreprises lors de son mandat précédent à titre de premier ministre.

Goldberg rappelle que la politique iranienne de Netanyahu est également dictée par son refus d’envisager «un culte messianique apocalyptique en possession d’armes nucléaires». De son côté, l’administration Obama répète à qui veut l’entendre qu’elle ne rejette pas l’option militaire pour freiner les ambitions nucléaires de l’Iran. Cela dit, il est clair qu’elle n’est pas intéressée à une troisième guerre au Moyen-Orient, selon Goldberg. Quant aux Israéliens, ils ne se feraient aucune illusion concernant les conséquences de frappes israèliennes contre l’Iran. Je cite un extrait de l’article de Goldberg sur ce sujet (merci à patafouin pour la traduction) :

Peu importe s’ils (les Israéliens) réussissent à détruire les centrifugeuses, les usines de missiles et d’ogives, ou qu’ils échouent misérablement à seulement érafler le programme nucléaire iranien – ils ont de bonnes chances de changer le Moyen-Orient pour toujours, de déclencher des représailles meurtrières, et même une guerre régionale totale pouvant mener à la mort de milliers d’Israéliens et Iraniens, et possiblement d’Arabes et d’Américains aussi; de créer une crise pour Barack Obama qui réduirait le conflit afghan à une bagarre d’écoliers en regard de sa signification et sa complexité; de rompre les relations entre Jérusalem et Washington, qui est le seul allié notable d’Israël; de solidifier par inadvertance le règne quelque peu ténu des mollahs de Téhéran; de causer une escalade des prix du pétrole à des niveaux cataclysmiques jamais vus depuis l’automne 2008 et peut-être même depuis le choc pétrolier de 1973; de placer les communautés de la diaspora juive en danger mortel, en faisant d’eux des cibles d’attaques terroristes commanditées par l’Iran, comme ils le furent par le passé, d’une façon limitée mais néanmoins mortelle; et d’accélérer la conversion d’Israël d’un refuge pour un peuple persécuté autrefois admiré à un peuple de lépreux parmi les nations.

L’article de Goldberg contient des détails inédits concernant la campagne de George W. Bush pour freiner les élans belliqueux de Dick Cheney et de ses alliés vis-à-vis de l’Iran. L’ex-président se moquait notamment des commentateurs néoconservateurs William Kristol et Charles Krauthammer en les appelant les bombing boys.

Richard Hétu

11 août 2010 |

Depuis juin 1994, Richard Hétu est le correspondant de La Presse à New York

http://blogues.cyberpresse.ca/hetu/a-propos/

http://blogues.cyberpresse.ca/hetu/2010/08/11/les-probabilites-dune-attaque-contre-liran/



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

5-1 Abdel Bari Atwan. : Etats-Unis et Iran... A deux doigts de la guerre.

Pour que les Etats-Unis lancent leurs bombardiers et missiles sur l’Iran, il ne manquerait plus qu’un prétexte... quitte à le fabriquer de toutes pièces, écrit Abdel Bari Atwan.

Scène sur un porte-avions américain - Les Etats-Unis, Israël (et la France ?) sont-ils sur le point de lâcher leurs engins de mort sur la république iranienne ?

L’amiral Mike Mullen, président du collège des Chefs d’état-major [Joint Chiefs of Staff], a annoncé dimanche que les Etats-Unis ont depuis quelques temps déjà mis au point un plan pour une frappe sur l’Iran. Il semblerait que nous devons nous attendre à une autre guerre majeure qui changera la carte politique et la vie des peuples de cette partie du monde, et pour des décennies.

Avec l’avantage de la rétrospective, il s’agit clairement d’une pratique israélienne et américaine de vouloir recueillir une approbation publique avant de lancer la première attaque, trouvant des prétextes pour la guerre comme ils l’ont fait avec l’invasion du Sud du Liban en 2006 (qui d’après Israël était une guerre de représailles contre le Hezbollah qui avait capturé deux de ses soldats) et la sinistre farce des Armes de Destruction Massive [ADM] avant l’invasion de l’Irak en 2003 par une coalition sous commandement des Etats-Unis.

Le Président Bush avait réellement décidé - au cours des discussions avec son allié Tony Blair, alors premier ministre de la Grande-Bretagne - du moment de la guerre contre l’Irak huit mois avant de lancer l’opération. Ces deux-là ont alors entamé le processus de démonisation, nécessaire pour convaincre leurs publics que l’action militaire était justifiée. Les politiciens, les médias et les porte-parole aux Nations Unies faisaient tous partie des pièces composant cette machinerie.

Il y a plusieurs indicateurs montrant que des préparatifs sont en cours pour une nouvelle guerre et que la question est à présent concentrée sur le fait de trouver un prétexte pour lancer les bombardiers et missiles à long portée israéliens et américains. Voici lesquels :

Premièrement : la décision du Tribunal international spécial pour le Liban sur l’assassinat de Rafic Hariri sera rendue publique le mois prochain. Des fuites suggèrent que le Hezbollah sera accusé d’être impliqué. Son dirigeant Sayyed Hassan Nasrallah a déjà insisté sur le fait qu’il ne tiendrait pas compte des accusations, expliquant que le Tribunal était politisé, et que les preuves ont été fabriquées. Cela signifie qu’une position peut être prise au niveau international pour condamner le Hezbollah, donnant ainsi un feu vert à une agression israélienne contre lui.

Deuxièmement : les États-Unis ont exercé de très fortes pressions - caractérisées par des menaces et des intimidations - sur l’Autorité palestinienne de Ramallah pour qu’elle revienne à des négociations directes avec Israël. Le 29 Juillet, lors de sa réunion au Caire, le Comité pour l’Initiative de paix arabe a exhorté le président Abbas à entamer des pourparlers directs, en dépit du fait que la partie israélienne n’ait fait aucune concession sur l’une des questions majeures, telle que celle des illégales activités de colonisation. Nous avons constaté que chaque fois que Washington préparait Israël à la guerre, il y avait une série de rencontres israélo-égyptiennes à Charm el-Cheikh, des coups d’envoi pour des négociations israélo-palestiniennes, le tout avec des promesses d’un engagement américain en faveur d’un très prochain Etat palestinien indépendant.

Troisièmement : le mois dernier Netanyahu, premier ministre d’Israël, a tenu une réunion extrêmement cordiale avec Barack Obama à la Maison Blanche. C’était très différent d’une rencontre antérieure caractérisée par l’absence de résultats et des antagonismes. Les deux hommes ont convenu de relancer les négociations de paix, présentant Israël comme voulant la paix malgré son massacre, le 31 mai dernier, de militants pacifistes sur la Flottille de la Liberté pour la bande de Gaza.

Quatrièmement : Six soldats israéliens ont été récemment tués en Roumanie lorsque leur engin s’est écrasé lors de manoeuvres conjointes... Il y a des spéculations selon lesquelles la Roumanie et la Géorgie ont pris la place de la Turquie comme allié d’Israël et comme pont vers l’Europe. La Turquie a fermé son espace aérien à Israël pour protester contre le massacre de la Flottille et contre le blocus de la bande de Gaza.

Cinquièmement : Les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite ont interdit l’utilisation du téléphone mobile BlackBerry du fait que ses scripts de communication ne sont pas soumis à la surveillance des services de sécurité. Ils ont expliqué que l’interdiction se justifiait par les préparatifs pour des mesures d’urgence en cas de guerre. Il y a plus de 400 000 Iraniens dans la région du Golfe, et les journaux répandent des rumeurs sur des cellules dormantes iraniennes parmi eux.

Sixièmement : la visite commune surprise de la semaine dernière du roi saoudien Abdullah bin Abdul Aziz et du président syrien Bachar al-Assad à Beyrouth ; ils y ont exhorté les dirigeants des organisations rivales à convenir d’une trêve, face à l’anxiété croissante au sujet une nouvelle guerre civile si le Hezbollah se retrouvait accusé de l’assassinat de Rafic Hariri. Cela met en évidence un plan israélien pour attaquer le Liban.

Septièmement : Israël a achevé les essais de son système de défense anti-missile, « le dôme de fer », le 20 juillet. La Syrie a été récemment accusée d’avoir fourni des missiles Scud au Hezbollah .

Huitièmement : pour la première fois depuis plusieurs années, des roquettes ont été lancées contre Israël depuis le désert du Sinaï. On pense qu’il s’agissait de fusées à longue portée de type Grad (russe). Ceci survient comme un avertissement à Israël, disant que la réplique à une agression ne viendrait pas seulement du Sud-Liban mais aussi du Sinaï et de la bande de Gaza.

L’amiral Mullen faisait preuve de raison quand il a dit être préoccupé par les coûts élevés d’une autre guerre à la fois en termes de vies humaines et en termes économiques. Les résistants islamistes et les troupes iraniennes sont de redoutables combattants qui sont prêts à mourir plutôt que de hisser le drapeau blanc, au contraire des régimes arabes si friands de capiutaltions. La guerre en Afghanistan dure depuis neuf ans, et depuis sept ans en Irak. Le Hezbollah a résisté à l’agression israélienne pendant plus de trente-quatre jours et n’a pas été brisé, et le Hamas n’a pas été vaincu après plus de trois semaines de guerre lorsque Israël a envahi Gaza l’hiver 2008-2009. Ce fut le début d’un tournant dans l’opinion mondiale, Israël se révélant être un Etat voyou raciste qui commet des crimes de guerre et viole toutes les lois internationales.

Le président Obama a annoncé hier que toutes les troupes américaines en première ligne quitteront l’Irak en Septembre. Il ne veut pas que ses troupes deviennent des otages en cas de guerre avec l’Iran. Dans ce qui se révèle être d’une grande ironie historique, les Iraniens sont le plus fort contingent dans l’actuel régime irakien sous l’égide des Etats-Unis.

La récente réconciliation saoudo-syrienne n’est pas une garantie de stabilité au Liban, ces pays exerçant une moins grande influence comparée à celle de l’Iran dont les liens avec les branches politiques et militaires du Hezbollah sont bien connus.

Mohammad Baqer Zolghadr, vice-ministre iranien dans les affaires de sécurité intérieure a averti hier que dans le cas d’une attaque, l’Iran ripostera contre Israël comme contre les intérêts américains dans le Golfe. Ses missiles Shahab-3 à longue portée de 2000 km sont certainement capables de cela.

Nous n’excluons pas la possibilité que toutes ces menaces soient tout simplement un autre chapitre dans la longue guerre psychologique entre Téhéran et Washington. Mais la résistance des Talibans et le retrait des Néerlandais, des troupes polonaises et australiennes du théâtre afghan commencent à ressembler à une défaite pour l’OTAN.

Se pourrait-il que, après avoir fait machine arrière en Irak et avoir échoué à apporter la paix en Palestine, les Etats-Unis et les États arabes dits modérés souhaitent affronter un nouveau champ de bataille ? Telle est la stratégie d’un joueur qui face à ses pertes, prend des risques encore plus grands dans l’espoir de tout gagner, alors qu’il finit par tout perdre.

Les guerres en Irak et en Afghanistan n’ont en rien contribué à améliorer la sécurité américaine, bien au contraire : les Etats-Unis sont entraînés dans des guerres coûteuses et épuisantes, le processus de paix s’est effondré en même temps que l’économie et, surtout, la menace d’Al- Qaida n’a pas diminué mais s’est au contraire renforcée, et cette organisation n’a cessé de s’étendre à travers le monde.

Abdel Bari Atwan

11 août 2010

Abdel Bari Atwan est palestinien et rédacteur en chef du quotidien al-Quds al-Arabi, grand quotidien en langue arabe édité à Londres. Abdel Bari Atwan est considéré comme l’un des analystes les plus pertinents de toute la presse arabe.



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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