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08/09/2010

n°143 - Analyse - Géopolitique et stratégie - Réflexion du Liban. - : - 12-09 – Fin - :Israël attaquera t-il le Liban pour lui voler son gaz ?


n°143  - Analyse -  Géopolitique et stratégie - Réflexion  du Liban. - : - 12-09 – Fin  - :Israël attaquera t-il le Liban pour lui voler son gaz ?




Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Dossiers  Analyse, Géopolitique et stratégie du Liban 

n°143 du 09-09

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Le " dossiers du liban" est  visible  sur mes blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis   :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

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 Sommaire :  

2  Annexe

2-1 Mohamed EL BACHIR : Liban : guerre civile ou déflagration régionale ?

2-2 René Naba : L’Arabie saoudite, un pompier pyromane d’enjeux qui la surpassent.

Pièce Jointe

Treizième rapport du Secrétaire général de l’ONU sur le suivi de la cessation des hostilités au Liban.

 


2  Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

2-1 Mohamed EL BACHIR : Liban : guerre civile ou déflagration régionale ?

Suite à la guerre de 2006 au Liban dont le but de guerre israélien était le démantèlement du Hezbollah en tant que force militaire - But de guerre partagé par les puissances occidentales, l’Arabie Saoudite et l’Egypte - le Conseil de sécurité de l’ONU adopta, le 11 août 2006, la résolution 1701 qui instaura le cessez le feu.

Evidemment comme dans toute résolution concernant le Moyen-Orient, dans un paragraphe, consacré à la question palestinienne, il est souligné « qu’il importe et qu’il est nécessaire d’instaurer une paix globale, juste et durable au Moyen-Orient, sur la base de toutes ses résolutions pertinentes, y compris ses résolutions 242 (1967) du 22 novembre 1967, 338 (1973) du 22 octobre 1973 et 1515 (2003) du 19 novembre 2003. » Enfin, dans cette résolution, le Conseil de Sécurité n’omet pas de rappeler l’«  Exclusion de toute force étrangère au Liban sans le consentement du Gouvernement libanais. » (1)

Recommandation contenue explicitement dans la résolution 1559 du 2 septembre 2004 qui, à l’initiative de Paris et Washington, exige le départ des troupes syriennes et le désarmement des milices. L’assassinat du Premier Ministre libanais Rafic Hariri, le 14 février 2005, offrira un formidable levier pour la réalisation de la première partie de la recommandation puisque la Syrie fut considérée, avant toute enquête, comme le commanditaire de cet assassinat par la classe politique pro-occidentale libanaise, appuyée en cela par la France, les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite et l’Egypte. La pression internationale fut telle que le retrait s’est effectué trois mois après l’assassinat et en vingt trois jours (3 avril-26 avril 2005). 

Quant au volet palestinien de la résolution 1701, il est ouvert le 27 novembre 2007 lors de la conférence d’Annapolis. Sous la tutelle du Président américain George Bush, le Président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le Premier Ministre israélien Ehud Olmert s’engagèrent à « ... servir l’objectif de deux Etats - Israël et la Palestine - coexister dans la paix et la sécurité » et « à mettre fin au bain de sang, aux souffrances et aux décennies de conflit entre nos peuples … » (2). Une déclaration dont l’objet final n’était rien moins que l’avènement d’un Etat palestinien en 2008. (2)

On sait maintenant que ces accords connurent le même sort que ceux d’Oslo, au lendemain de la guerre du Golfe. En effet, les accords d’Oslo se conclurent par la deuxième Intifada, le quasi-emprisonnement de Y. Arafat et avec, comme point d’orgue, les opérations militaires israéliennes, « Rampart en Cisjordanie » et « Pluie d’été à Gaza » (2005-2006). Ceux d’Annapolis s’achevèrent par un crime contre l’humanité dans la bande de Gaza. (Opération « Plomb durci » (janvier 2009, rapport Goldstone (3).

Ce bref rappel est fort utile parce que les mêmes scénarii risquent de se reproduire dans la région dans les mois à venir.

Ainsi prend fin le deuxième mandat de Georges Bush, son successeur Barack Obama semble plus disposé envers le peuple palestinien. Il nomme Georges Mitchel comme envoyé spécial et somme Palestiniens et Israéliens d’entamer des négociations indirectes avec la condition « gel de la colonisation ». L’Etat d’Israël n’obtempère pas et continue sa politique de colonisation de la Cisjordanie et de judaïsation de Jérusalem-Est avec en prime un blocus de la bande de Gaza qui fait de celle-ci, une prison à ciel ouvert. Ce qui entraîne le deuxième échec de Georges Mitchel après celui de la « feuille de route 2005 » (4) et la fin des négociations indirectes. Le 31 juillet 2010, changement de braquet de la part de l’Administration américaine puisque Barack Obama ordonne à l’Autorité palestinienne d’entamer des négociations directes sans condition en précisant que tout refus pourrait nuire aux relations palestino-américaines. Sur ce, la Ligue Arabe emboîte le pas à l’Administration américaine en précisant, tout de même, que les palestiniens sont libres dans leur choix. Ce qui n’empêche pas le Président égyptien d’orchestrer un ballet diplomatique cairote entre le Président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le Premier Ministre Netanyahu et le Président S.Pérez afin de préparer le « oui » palestinien. Ce remue ménage diplomatique n’aurait eu aucune signification politique particulière si dans le « ciel libanais » ne pointait pas un orage lourd et menaçant.

En effet, parallèlement à la pression américaine sur les Palestiniens, des rumeurs et des fuites bien orchestrées sur les auteurs de l’assassinat de Hariri polluent de nouveau l’espace politique libanais jusqu’au point de remettre à l’ordre du jour la question de la paix civile. Comme par le passé, l’agitation diplomatique autour de la question palestinienne sert, vis-à-vis des populations arabes, de cache sexe à la politique des dirigeants Saoudiens et Egyptiens et à leurs implications dans le dossier du désarmement du Hezbollah et du nucléaire iranien. 

L’assassinat de Hariri : « Un tremblement de terre » pour un nouveau Moyen-Orient

Pour reprendre l’expression utilisée par le dirigeant du Hezbollah, Hassan Nasrallah, l’assassinat du Premier Ministre Rafic Hariri est « un tremblement de terre » dont l’onde de choc ne cesse de secouer la terre libanaise. Là aussi, un retour dans le passé récent est utile pour mieux saisir les scénarios en cours de réalisation.

Faisant fi de l’avis de l’opposition animée principalement par le Hezbollah et le Courant patriotique de Michel Aoun qui demandait une enquête et le jugement des auteurs de l’assassinat sous la seule autorité du Gouvernement libanais, le Premier ministre libanais Fouad Séniora s’adressa, le 13 décembre 2005, au Secrétaire général des Nations Unies, M. Kofi Annan, pour la création d’un tribunal à caractère international. Ainsi est né le 30 mai 2007, le Tribunal Spécial pour le Liban (TSL, résolution 1757 du Conseil de Sécurité). Il est évident qu’une telle résolution légitime les ingérences extérieures, notamment américaines et françaises. (4) Car il faut garder à l’esprit que trois acteurs majeurs dans la région perturbent la stratégie israélo-américaine : la Syrie, le Hezbollah et l’Iran. Contrairement à ce qu’on pense, il n’y a pas d’inféodation du Hezbollah à la Syrie ou à l’Iran mais entre ces trois acteurs régionaux, existe une convergence d’intérêts stratégiques où se mêlent souveraineté, intégrité territoriale, ambition de puissance régionale et nucléaire.

Enfin, les champs de confrontation et de luttes d’influence entre d’un côté, puissances occidentales, y compris Israël et leurs alliés arabes à majorité sunnite et de l’autre, la Syrie, le Hezbollah et l’Iran, sont multiples : Irak, Palestine, Yémen… Pour simplifier, les contradictions politiques et idéologiques qui minent la société libanaise sont le prolongement de celles qui secouent le Moyen-Orient.

1) Isoler la Syrie de l’Iran

Comme rappelé précédemment, le retrait syrien du Liban fut immédiat. Mais la pression continue de s’exercer sur la Syrie pour d’une part, isoler la Syrie de l’Iran et d’autre part couper les liens politiques et militaires syriens avec la résistance libanaise et le Hamas.

Six mois après le retrait syrien du Liban, le 31 octobre 2005, le Conseil de sécurité de l’ONU adopte le rapport de la Commission d’enquête internationale sur l’assassinat de Rafic Hariri, présidée par le magistrat allemand Detlev Mehlis. La Commission conclut qu’ « après avoir entendu des témoins et interrogé des suspects en République arabe syrienne et avoir établi que de nombreuses pistes désignent directement des agents des services de sécurité syriens comme étant directement impliqués dans l’assassinat, qu’il incombe à la Syrie de clarifier une part considérable des questions non résolues  ». (5)

Pour Mehlis, il existe des « preuves concordantes » (5) d’une implication libano-syrienne. D’où l’emprisonnement, le 30 août 2005, de quatre généraux libanais, responsable du renseignement militaire. Reste à entreprendre les poursuites concernant les responsabilités syriennes au plus haut niveau. Entre temps, il a été prouvé que les généraux furent incriminés sur des faux témoignages. Aussi, quatre ans plus tard, le 29 avril 2009, le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) a ordonné la libération des quatre généraux sans pour autant poursuivre en justice les faux témoins. La piste syrienne fut abandonnée. Ainsi prend fin la mission de Mehlis et le 11 janvier 2006, le Secrétaire Général des Nations unies nomme le belge Serge Brammertz à la tête de la Commission d’enquête internationale.

Reste maintenant à réaliser la seconde partie de la résolution : le désarmement du Hezbollah.

Objectif, une fois atteint, combiné à l’éloignement politique de la Syrie de l’Iran et à l étranglement du Hamas servira doublement : clore le volet palestinien tel que le conçoivent Israélien et Américain et ouvrir le dossier du nucléaire iranien avec… L’option militaire ?

 2) Les germes d’une guerre civile ou régionale ?

Comme rappelé au début, la première tentative pour démanteler la résistance libanaise est dévolue, en juillet 2006, à l’armée israélienne. Une guerre qui fut un échec pour cette dernière. Au contraire, la résistance libanaise sort renforcer politiquement, au-delà de la rue libanaise, sans être affaiblie militairement pour autant. Mais ce n’est que partie remise.

En effet, sans abandonner l’action juridique du TSL, la C.I.A ainsi que d’autres organismes de renseignement américains financent des groupes politico-militaires anti-Hezbollah et encouragent l’infiltration de groupes armés sunnite et de prédicateurs salafistes avec l’aide de l’Arabie Saoudite. (7)

Sur ces points, les déclarations de Jeffrey D. Feltman, assistant de la secrétaire d’Etat américaine et responsable du bureau des affaires du Proche-Orient, et de Daniel Benjamin, coordinateur du bureau de lutte contre le terrorisme sont sans ambiguïtés : « Les Etats-Unis continuent de prendre très au sérieux les menaces que le Hezbollah fait peser sur les Etats-Unis, le Liban, Israël et l’ensemble de la région. » (8) Mais le plus intéressant est la reconnaissance officielle de l’aide directe apportée par les Etats-Unis aux forces libanaises qui luttent contre le Hezbollah. « Les Etats-Unis fournissent une assistance et un appui à tous ceux qui, au Liban, travaillent pour créer des alternatives à l’extrémisme et réduire l’influence du Hezbollah dans la jeunesse. (...) A travers l’USAID et la Middle East Partnership Initiative (MEPI), nous avons contribué depuis 2006 à hauteur de plus de 500 millions de dollars à cet effort… Depuis 2006, notre aide totale au Liban a dépassé le milliard de dollars… » (8)

C’est dans ce programme que s’inscrivent les dizaines de cadres et techniciens libanais travaillant dans les télécommunications, arrêtés pour espionnage au service de l’Etat d’Israël.

Enfin, l’arme juridique que représente le TSL est également prête à être utilisée. Contrairement à Mehlis, l’actuel Président de la Commission d’enquête, le juge Serge Brammertz, a reconstruit la confiance avec Damas. Ce qui vaut d’ailleurs à cette dernière un satisfecit de la part de la Commission. De Puissance coupable, elle passe au rang de puissance coopérante. A ce propos, il faut souligner que de toutes les hypothèses émises sur le ou les commanditaires de l’assassinat, la Commission n’a jamais retenue la patte israélienne donc, exit la Syrie de la liste des coupables, le Hezbollah devient le principal suspect. C’est ce qu’affirmait, au lendemain de la victoire du Hezbollah dans sa confrontation avec l’armée israélienne, le journaliste Georges Malbrunot dans un texte publié dans le Figaro du 19 août 2006. Hypothèse qui de nouveau ressurgit dans l’hebdomadaire allemand Spiegel, en pleine période électorale législative libanaise, en 2008. Ce dernier affirme que « ce ne sont pas les Syriens, mais les forces spéciales de l’organisation chiite qui ont planifié et exécuté l’attentat. » 

Enfin, récemment, dans un article publié le 19 juillet 2010, Malbrunot écrit qu’ « une reconstitution de l’assassinat de l’ex premier ministre libanais Rafic Hariri en 2005 à Beyrouth doit avoir lieu cet automne dans une base militaire au sud de Bordeaux, révèle au Figaro une source policière.  » et il ajoute que « Le Hezbollah se retrouve dans la ligne de mire de la justice internationale. » (9) (Lire également l’article du 21 juillet concernant la visite du commandant en chef des Forces de défense israéliennes Gabi Ashkenazi en France)

Allant dans le même sens, la presse israélienne enrichit les fuites en divulguant un nom : « il y a maintenant officiellement un nom derrière l’attentat qui a coûté la vie à l’ancien Premier ministre libanais Rafik Al-Hariri en février 2005. Il s’agit d’un haut responsable du Hezbollah, Mustapha Badr A-Din, surnommé Elias Saab… » (10) et cite le dirigeant Hassan Nasrallah qui a affirmé dans une conférence de presse qu’ avant son voyage à Washington en mai, Saad Hariri lui a dit que des membres indisciplinés du Hezbollah seraient désignés par l’acte d’accusation.

Enfin, sous le titre « Comment Assad s’est laissé convaincre par Abdallah de l’accompagner au Liban... » Paru dans le journal libanais l’Orient le Jour, Scarlett Haddad souligne en s’appuyant sur une source libanaise proche de la Syrie « que cet entretien a été très animé. Le roi Abdallah aurait demandé à son interlocuteur syrien de « faciliter la solution au Liban et avec les Palestiniens, sinon une nouvelle guerre pourrait éclater dans la région, et cette fois, elle pourrait bien ne pas épargner la Syrie  » (11).

Toutes ces rumeurs, fuites et faits apparaissent comme des échos aux propos tenus par un responsable de l’Administration américaine et par la Porte parole du TSL. Le premier conseille au Président syrien de bien écouter ce que lui dit le roi Abdallah, la seconde rappelle au Gouvernement libanais son devoir de collaborer avec le TSL, quel que soit le commanditaire de l’assassinat. Fondées ou non, toutes ses informations donnent une teneur particulière aux accusations israéliennes et américaines de livraison, par l’Iran et la Syrie, d’armements sophistiqués au Hezbollah et aux propos exprimés devant la Knesset par le commandant en chef des Forces de défense israéliennes Gabi Ashkenazi qui prédit que : « avec beaucoup d’espoirs », la situation se détériorerait au Liban en septembre.

Du côté du Hezbollah, tout en accusant l’Etat d’Israël d’être derrière l’assassinat de Rafic Hariri, son dirigeant Hassan Nasrallah déclare s’opposer à toute coopération avec le TSL si des membres de son organisation, « indisciplinés » ou non, sont inculpés.

Pour le moment, l’intégralité de la classe politique libanaise appuyée par le Président syrien Bachar Assad et le roi Saoudien Abdellah appellent à la sauvegarde de l’Unité Nationale et de la Paix civile. Néanmoins, cette unité politique semble très fragile à cause des profondes divergences politiques et idéologiques qui traversent la société libanaise accentuée par les pressions juridico-politiques extérieures. Ainsi, tous les ingrédients d’une guerre civile ou d’une déflagration régionale sont réunis, seul manque le détonateur, à savoir, la divulgation des noms et la qualité des accusés de l’assassinat de R. Hariri. 

A moins que le Hezbollah se soumette au verdict de la Commission d’enquête de l’ONU pour éloigner le spectre de la guerre civile. Dans ce cas peu probable, il risque, d’une part, l’implosion et d’autre part, la pression intérieure et extérieure serait telle que le processus de désarmement se déclencherait inévitablement. Comme il est également peu probable que le Gouvernement libanais refuse de satisfaire le TSL pour sauvegarder l’Union nationale. Une telle position déboucherait sur une déflagration régionale.

Reste alors l’hypothèse que le Hezbollah appuyé par le Courant patriotique de Michel Aoun, pour ne pas être accusés de saboter l’Union nationale et considérant le TSL comme un instrument politique israélo-américain d’ingérence, déclenchent une guerre contre l’Etat d’Israël avant même l’annonce de la Commission d’enquête. En tout état de causes, il est peu probable que la question du désarmement du Hezbollah, la question palestinienne, l’occupation du Golan et le nucléaire iranien trouvent des réponses diplomatiques.

Mohamed El Bachir
4 août 2010
 

(1) http://blog.francetv.fr/Liban/index...

(2) http://www.un-echo-israel.net/la-de...

(3) http://www2.ohchr.org/english/bodie...

(4) http://www.ism-france.org/news/arti...

(5) http://www.legrandsoir.info/Amalek-...

(6) http://www.libanvision.com/mehlis.htm

(7) http://www.lorientlejour.com/catego... Tahrir_devra_attendre_la_reunion_du_Conseil_des_ministres.html).

(8) http://blog.mondediplo.net/2010-06-...

(9) http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/2...

(10) http://www.israel7.com/2010/07/offi... ;assassinat-d’al-hariri/

(11) http://www.lorientlejour.com/catego...

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Liban-guerre-civile-ou-deflagration-regionale.html


2-2 René Naba :L’Arabie saoudite, un pompier pyromane d’enjeux qui la surpassent.

Le martyr est commun à tous les peuples de la planète. Mais nul part ailleurs qu’au Liban le culte des martyrs ne prend une telle ampleur au point que la vénération posthume des chefs de clan, la plupart fourvoyés dans des causes perdues, ressortit d’une industrie du martyrologe, une rente de situation pour les ayants droits, un passe droit permanent. Sous le halo du martyr couve en fait une vaste mystification. Rafic Hariri (Liban) et Benazir Bhutto (Pakistan) se situaient aux extrémités d’un axe politique ayant vocation à servir de levier de transformation de l’Asie occidentale en «Grand Moyen Orient». Les deux anciens premiers ministres, le sunnite libanais et la chiite pakistanaise, tous deux assassinés à deux ans d’intervalles, présentaient un cas de similitude absolu dans leurs fonctions, les deux d’ailleurs en connexion étroite avec l’Arabie saoudite dans la mesure ou Rafic Hariri était le co-garant avec le Prince Bandar Ben Sultan, le président du Conseil national de sécurité, de l’accord régissant le retour d’exil de l’ancien premier ministre pakistanais Nawaz Charif, rival de Benazir. Une garantie reprise à son compte par Saad Hariri, l’héritier politique du clan Hariri au Liban.

Parrain originel des Talibans d’Afghanistan, l’Arabie Saoudite passe pour avoir été le principal bailleur de fonds du programme nucléaire pakistanais, en contrepartie de l’assistance fournie par le Pakistan à l’encadrement de l’armée de l’air saoudienne dont elle assurera pendant vingt ans la formation de ses pilotes et la protection de son espace aérien. Une bonne entente matérialisée symboliquement par la dénomination de la troisième ville du Pakistan de Faisalabad, l’ancienne Lyallpur, en hommage à la contribution du Roi Faysal d’Arabie au règlement du contentieux entre le Pakistan, 2me plus important pays musulman après l’Indonésie, et, le BenglaDesh, lors de la sécession de son ancienne province sous la conduite de Cheikh Mujjibur Rahman, chef de la Ligue Awami (11).

En dépit de ces fortes similitudes, particulièrement le double parrainage du royaume saoudien au milliardaire libano saoudien et au Pakistan, ainsi que leur positionnement similaire sur le plan de la géopolitique américaine, Rafic Hariri aura droit à un Tribunal Spécial International pour juger ses présumés assassins, mais non Benazir Bhutto, dont pourtant toute la dynastie a été décimée. Dans cette perspective, le destin de Benazir Bhutto ressemble étrangement à celui de l’ancien premier ministre libanais Rafic Hariri, ainsi qu’à celui de l’ancien président égyptien Anouar el Sadate, assassiné en 1981, et à celui de l’éphémère président libanais Bachir Gemayel, le chef des milices chrétiennes, assassiné en 1982. Des dirigeants plus utiles à la diplomatie israélo américaine morts que vifs.

A l’apogée de la diplomatie saoudienne, dans la foulée de l’invasion de l’Irak, en 2003, deux dirigeants arabes, Rafic Hariri (Liban) et Ghazi Al-Yaour (Irak) se sont retrouvés simultanément au pouvoir dans leur pays respectif, porteurs de la nationalité saoudienne. Dans ce contexte, il n’est pas indifférent de noter que Rafic Hariri a été assassiné dans la quinzaine qui a suivi l’élection d’un Kurde Jalal Talabani à la tête de l’Irak et de l’attribution à un chiite de la présidence du conseil des ministres, écartant les sunnites du gouvernement de l’ancienne capitale des abbassides, sur laquelle flottait d’ailleurs à l’époque le nouvel emblème irakien conçu par le proconsul Paul Bremer, aux couleurs israélo-kurdes (bleu blanc et jaune blanc), déclenchant une vague d’attentats sans précédent contre les symboles de l’invasion américaine  en Irak et leurs alliés régionaux. Curieusement, la piste de l’unique personne qui a revendiqué publiquement l’assassinat, Ahmad Abou Addas, le jour de l’attentat depuis la chaîne transfrontière «Al Jazira» a été négligée. L’homme habitant du secteur ouest de Beyrouth, avait disparu de son domicile trois semaines avant l’attentat et sa disparition signalée par son père aux services de police. «Salafiste Jihadiste», selon la désignation dont il se revendiquait, il vouait aux gémonies «tous les dirigeants arabes qui gouvernaient d’une manière contraire à la volonté de Dieu » et tenait des propos hostiles à Rafic Hariri.

Pompier pyromane, le monarque octogénaire, au pouvoir depuis quinze ans, est situé à l’épicentre d’un conflit qu’il n’a cessé d’attiser que cela soit par sa caution à l’invasion américaine de l’Irak, avec pour contrecoup l’élimination des sunnites du centre du pouvoir, que par le rôle précurseur du faux témoin syrien dont le surgissement porte la marque des connexions familiales articulées autour des deux beaux frères du Roi d’Arabie: Zouheir Siddiq est en fait un factotum du général Rifa’at al-Assad, oncle et rival du président Syrien Bachar al-Assad et surtout beau frère du roi d’Arabie. Son faux témoignage est intervenu opportunément en pleine campagne de déstabilisation du président libanais Emile Lahoud, alors que le deuxième beau frère du Roi d’Arabie, le député libanais Nassib Lahoud, postulait à sa succession à la magistrature suprême libanaise (12). Effet d’un pur hasard ? D’une fâcheuse coïncidence ? D’une Magouille familiale ? A-t-elle échappé à la sagacité des enquêteurs internationaux? A la perspicacité des journalistes libanais, particulièrement l’empire médiatique du groupe Hariri et ses alliés du journal An Nahar, théoriciens émérites du jeu politique libanais et moralisateurs de la vie publique? Ou cautionné par eux pour les besoins de la mise en accusation de la Syrie?

Défié sur son flanc sud, au Yémen, par la principale organisation intégriste sunnite du monde musulman de dimension planétaire, Al-Qaida, excroissance rebelle du modèle wahhabite, le Roi Abdallah est mis au défi de l’équation que représente le glorieux palmarès du  Hezbollah, la principale formation paramilitaire du tiers monde, d’obédience chiite, apprenti sorcier d’un enjeu qui le dépasse, démiurge d’enjeux qui le surpassent tant en Irak, qu’au Liban qu’auparavant en Afghanistan.

Face aux risques de manipulation, Walid Joumblatt, un des artisans de la révolte anti syrienne au Liban, a publiquement invité le 24 juillet 2010, son ancien compagnon de route, Saad Hariri, à lever le pied sur cette affaire, qu’il considère comme un élément de division, incitatrice d’une nouvelle guerre civile. A l’appui de sa requête, le chef druze du parti progressiste libanais a cité en exemple son propre cas, avançant que l’assassinat de son père Kamal Joumblatt, en 1977, n’avait pas donné lieu à la mise sur pied d‘un Tribunal international. Le Liban compte une quarantaine de personnalités de premier plan assassinée, dont deux présidents de la République assassinés (Bachir Gemayel et René Mouawad), trois anciens premiers ministres (Riad el-Solh, Rachid Karamé et Hariri), un chef d’état major (le Général François el-Hajj), le chef spirituel de la communauté chiite l’Imam Moussa Sadr et le Mufti sunnite de la république Cheikh Hassan Khaled, deux dirigeants du parti communiste libanais Rizckallah Hélou et Georges Hawi, le chef du Parti socialiste progressiste, le druze Kamal Joumblatt, les députés Maarouf Saad, Tony Frangieh et Pierre Gemayel, l’ancien chef milicien chrétien Elie Hobeika, ainsi que des journalistes Toufic Metni, Kamel Mroueh, Riad Taha, Salim Laouzi, Samir Kassir et Gibrane Tuéni. Joumblatt avouera avoir été abusé par la déposition de faux témoins, en lançant ses accusations contre la Syrie. Il soutiendra publiquement que le vote de la résolution du Conseil de sécurité N°1559, en 2004, enjoignant à la Syrie de retirer ses troupes du Liban a été  une «résolution maléfique en ce qu’ elle sous tendait le déracinement du Liban de son environnement arabe».

Le destin d’un pays ne relève pas des jeux du hasard et l’esprit civique se nourrit d’exemple d’hommes de valeurs. Le Clan Hariri monopolise le pouvoir au Liban d’une manière quasi continue depuis près de 18 ans (1992-2010), à l’exception de la parenthèse Salim el Hoss (1998-2000) et Omar Karamé (2004), du fait du chantage occidental, aux mépris des règles de l’alternance démocratique. Au risque de choquer, trêve de plaisanterie, Rafic Hariri n’est pas l’unique martyr du Liban, mais l’unique martyr au monde à avoir grevé les finances publiques de son pays de l’ordre de cinquante milliards de dollars et de bénéficier, à ce titre, d’un imposant mausolée sur la plus importante place publique de l’une des plus prestigieuses capitales arabes, Beyrouth. L’unique martyr au Monde à truster en sa mémoire les principaux services publics du pays, -de l’unique aéroport international du Liban, l’aéroport de Beyrouth-Khaldé, à l’unique université libanaise à l’unique centre hospitalier universitaire, trois établissements qui portent tous trois désormais son nom-, sans compter l’imposant boulevard du front de mer de la capitale libanaise. Là réside la singularité nullement justifiée d’un homme qui aura été le bailleur de fonds de tous les seigneurs de la guerre du Liban, le prédateur de son parc immobilier, le fossoyeur de son économie.

Entre les deux acteurs majeurs de la vie politique libanaise existe une différence d’échelle, une différence de niveau. Face à un Hassan Nasrallah, impérieux, en dépit de la mort de son fils Hadi au combat, faisant front à Israël qu’il humiliera par sa riposte balistique et sa maîtrise de l’art de la guerre asymétrique, l’héritier avait, il est vrai, fait piètre figure, trois ans plus tôt, en juillet 2006. Chef de la majorité parlementaire et député d’une ville reconstruite par son père, à nouveau détruite par l’aviation israélienne, Saad Hariri, plutôt que de partager le sort de ses concitoyens, plutôt que de se préoccuper des besoins de ses électeurs, se mettra au frais à l’étranger à des milliers de km du champ de bataille, laissant la conduite des opérations à ses rivaux, le Président Emile Lahoud, ostracisé par la communauté internationale, et le chef du Hezbollah, glanant au passage le sobriquet de «planqué de Beyrouth», se couvrant et couvrant de ridicule ses alliés de la coalition pro occidentale, s’inclinant enfin devant son rival chiite propulsé au firmament de la popularité panarabe. Le Hezbollah a rompu, psychologiquement et militairement, le défaitisme ambiant du monde arabe, alors que l’héritier théorise la soumission au Diktat américain au prétexte de protéger son pays d’un cordon de sécurité. Chef d’une formation disposant de la plus forte cohésion idéologique et sociale, bras armé de la stratégie de la contestation de l’hégémonie israélo américaine sur la sphère arabe, Hassan Nasrallah tire sa force de ses exploits, Saad Hariri de son rôle de paravent aux menées israélo américaines. Le moine soldat est un prescripteur essentiel de l’ordre régional, le milliardaire libano saoudien, un prestataire de services pour le compte de ses commanditaires. Autrement dit, le chiite force le destin quand le sunnite le subit.

Le Tribunal spécial sur le Liban se voulait exemplaire à l’effet de dissuader toute récidive. Il se devait de l’être afin d’ancrer dans la conscience du monde la crédibilité de la notion même de justice pénale internationale. Il passera à la postérité comme un cas d’école, le parfait contre exemple d’une bonne administration de la justice. Par ses abus, quelque soit son acte d’accusation, quelque soit son verdict, il porte condamnation du comportement des pays occidentaux, parangon de la démocratie, condamnation du comportement de la magistrature libanaise et du «camp de la liberté au Liban», toutes les composantes de l’hétéroclite coalition occidentale, dont les déviances, porteront, à jamais, les stigmates de leur faillite morale dans une affaire qui avait vocation à faire œuvre de jurisprudence dans le domaine de la justice pénale internationale.

« Il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine… mais pour­ l’univers, je n’ai pas de certitude­ absolue ». Au vu de ce bilan calamiteux, l’auteur de ce panorama soumet à la sagacité de ses lecteurs cette réflexion d’Albert Einstein à l’effet de relativiser le propre jugement des grands acteurs du jeu moyen oriental, particulièrement les acteurs libanais et arabes, sur leur pertinence dans leur gestion des affaires du monde.

Références

10 – Déposition de Jeffrey D. Feltman, assistant de la secrétaire d’Etat américaine et responsable du bureau des affaires du Proche-Orient, et de Daniel Benjamin, coordinateur du bureau de lutte contre le terrorisme, devant une commission du Sénat américain le 8 juin 2010. CF à ce propos le journal libanais «As Safir», en date du 29 juin 2010, sous la plume de Nabil Haitham, affirmant qu’ «une liste de 700 noms de personnes et d’organisations ayant bénéficié de l’aide américaine circule et que certains ont reçu des sommes comprises entre 100 000 et 2 millions de dollars. Le journaliste s’interroge: «Quelles clauses du code pénal ces groupes ou personnes ont-ils violées ? Est-ce que contacter ou agir avec un Etat étranger, et travailler avec cet Etat en échange d’argent à une campagne visant l’une des composantes de la société libanaise – une campagne qui pourrait avoir déstabilisé la société –, est légal ? » (…) Et Haitham se demande pourquoi Feltman a rendu cette information publique, d’autant qu’elle risque d’embarrasser des alliés des Etats-Unis au Liban. Selon lui, l’ambassade américaine à Beyrouth a rassuré ses alliés en leur affirmant que Feltman voulait simplement montrer au Congrès que les Etats-Unis agissaient au Liban et qu’il n’est pas question qu’ils révèlent des noms». A cette somme se superpose le financement de la campagne électorale de la coalition pro occidentale de juin 2009faisnat l’objet de la note 4 relative à l’information New York Times accusant l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis, dans un article intitulé «élections libanaises: les plus chères au monde», d’ingérence dans le processus électoral des prochaines élections législatives de juin 2009, d’avoir injecté près de 700 millions de dollars pour le financement de candidats opposés au mouvement chiite Hezbollah et au financement du voyage d’expatriés libanais, voire de l’achat du vote collectif de communautés entières en faveur de leurs alliés locaux

11 – Troisième ville du Pakistan, dans la province du Pendjab, Lyallpur a été fondée en 1895.  Elle tire son nom de son fondateur Sir Charles James  Lyall, Lieutenant gouverneur du Pendjab du temps de l’Empire britannique des Indes. Longtemps désignée comme «Le Manchester du Pakistan» en raison de sa production cotonnière, Lyallpur est célèbre pour son plan de centre ville qui reprend les couleurs du drapeau du Royaume Uni (l’Union Jack). Elle a été débaptisée en 1977 pour prendre le nom de Faisalabad, en hommage à la contribution du défunt Roi d’Arabie, Faysal ben Abdel Aziz, au règlement du contentieux entre le Pakistan et son ancienne province sécessionniste le BenglaDesh.

12 – Le Roi Abdallah d’Arabie, l’ancien vice président syrien Rifa’at al-Assad et le député libanais Nassib Lahoud sont beaux frères. Ils ont épousé trois sœurs de la famille Fustock, le millionnaire syrien propriétaire d’une écurie de course en France. L’épouse du Roi a joué un rôle actif auprès de sa sœur dans la préparation de la campagne présidentielle du député libanais, finalement disqualifié du fait de son échec aux élections législatives.

Pour aller plus loin

• Hassan Nasrallah l’indomptable

http://www.renenaba.com/?p=2685

• Les tribulations de la presse libanaise

1ère partie: http://www.renenaba.com/?p=298

2me partie : http://www.renenaba.com/?p=302

• Le martyrologe Libanais Tome 1 et 2

1ère partie: http://www.renenaba.com/?p=239

2me partie: http://www.renenaba.com/?p=244

http://www.renenaba.com/?p=2765



Pièce Jointe

Treizième rapport du Secrétaire général de l’ONU sur le suivi de la cessation des hostilités au Liban.
I. Introduction

1. Le présent rapport donne une évaluation détaillée de l’application de la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité depuis mon précédent rapport en date du 26 février 2010 (S/2010/105).

2. La situation dans la zone d’opérations de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) est restée généralement stable au cours de la période considérée. L’état de cessation des hostilités entre Israël et le Liban depuis août 2006 a perduré, ce qui a permis aux parties de jouir de la plus longue période de stabilité de leur histoire récente. Pourtant, bien que les parties demeurent acquises à la pleine application de la résolution 1701 (2006), un certain nombre de violations ont été commises et aucun progrès n’a été enregistré dans la mise en œuvre des principaux aspects de la résolution. On a constaté, au cours de la période à l’étude, un net regain de tension entre les parties, suscité par des accusations de poursuite de transferts d’armes vers le Hezbollah en violation de la résolution 1701 (2006). Cela a fait planer le spectre d’une erreur de calcul de la part de l’une ou l’autre des parties, qui conduirait à une reprise des hostilités dont les conséquences seraient dévastatrices pour le Liban et la région.

3. Malgré cela, le fonctionnement du Gouvernement d’unité nationale au Liban ces six derniers mois s’est traduit par un élargissement du consensus entre les dirigeants du pays sur le maintien de la stabilité intérieure. Des élections municipales se sont déroulées sur l’ensemble du territoire en mai dans un climat généralement calme et pacifique, que ne sont venus perturber que de rares incidents séparés et localisés.

4. Les relations bilatérales entre le Liban et la République arabe syrienne ont continué de progresser. Le Président Michel Sleimane a rencontré le Président Bachir El Assad à Damas le 15 juin. Le Premier Ministre Saad Hariri s’est également entretenu avec le Président El Assad à Damas les 18 et 30 mai. Par ailleurs, une délégation composée de hauts responsables libanais s’est rendue deux fois en visite dans la capitale syrienne au cours de la période considérée pour y réviser des accords entre les deux pays.

5. L’incident de la flottille de Gaza qui s’est produit le 31 mai a fait monter la tension dans la région et eu de fortes répercussions au Liban, où diverses manifestations publiques de protestations contre Israël et de solidarité avec les victimes se sont déroulées sur toute l’étendue du territoire.

II. Application de la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité

6. Depuis la publication de mon précédent rapport sur l’application de la résolution 1701 (2006), des services de sécurité libanais ont continué de coordonner leurs enquêtes sur des réseaux d’espionnage israéliens qui se trouveraient au Liban.

A. Situation dans la zone d’opérations de la FINUL

7. Dans l’ensemble, la situation est restée stable et calme dans la zone d’opérations de la mission au cours de la période considérée. Les Gouvernements libanais et israélien ont réaffirmé leur attachement à la cessation des hostilités et à l’application de la résolution 1701 (2006).

8. Les Forces de défense israéliennes ont continué d’occuper le nord du village de Ghajar et une zone adjacente située au nord de la Ligne bleue, en violation de la résolution 1701 (2006). Nonobstant l’obligation d’Israël de se retirer de la zone, la FINUL a maintenu des contacts étroits avec les deux parties afin de faciliter ce retrait sur la base de sa proposition d’août 2008. Au cours des trois derniers mois, la FINUL et le Bureau du Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le Liban ont eu des pourparlers avec de hauts représentants des deux parties. Les discussions se sont intensifiées récemment en vue de parvenir, sans plus tarder, à un règlement de cette question qui perdure. Le dernier fait en date a été la communication par écrit par le Gouvernement libanais à la FINUL, le 14 juin, de sa position sur la réaction actuelle d’Israël à la proposition de la Force, réaffirmant la souveraineté du Liban sur la zone, rejetant les changements apportés à la proposition et réitérant la volonté du Liban de poursuivre les négociations dans le cadre tripartite.

9. Les intrusions quasi quotidiennes dans l’espace aérien libanais de drones pour l’essentiel, mais également de plus en plus de chasseurs israéliens, se sont poursuivies. Tous les survols du territoire libanais par des appareils israéliens constituent des violations de la souveraineté libanaise et de la résolution 1701 (2006). La FINUL a protesté contre toutes les violations aériennes et demandé à Israël d’y mettre fin immédiatement. Le Gouvernement libanais a lui aussi protesté contre les violations de l’espace aérien et exigé qu’il y soit mis fin toutes affaires cessantes. Le Gouvernement israélien a maintenu que les survols étaient des mesures de sécurité qui étaient nécessaires tant que les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité n’étaient pas intégralement appliquées, alléguant en particulier que l’embargo sur les armes n’était pas respecté.

10. Plusieurs incidents se sont produits à proximité de la Ligne bleue, et des violations terrestres de la Ligne bleue du côté libanais ont été commises au cours de la période considérée. Le 13 avril, un face-à-face tendu a eu lieu entre l’armée libanaise et les Forces de défense israéliennes à proximité du village libanais d’Abbassiya, alors que les Forces de défense israéliennes effectuaient des travaux au sud de la Ligne bleue mais au nord de la barrière technique. La situation a été vite désamorcée grâce à l’intervention de la FINUL et à la liaison établie avec les parties. Le 16 avril, un groupe de civils libanais, dirigé par un parlementaire libanais, a manifesté contre les travaux que les Forces de défense israéliennes effectuaient auparavant dans la zone. Les manifestants ont franchi la Ligne bleue, démantelé une clôture de barbelés à boudin et placé des drapeaux libanais sur la barrière technique israélienne. Des membres de l’armée libanaise ont ensuite franchi la Ligne bleue pour mettre fin à la manifestation et ramener les civils au nord de la Ligne.



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" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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