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11/09/2010

n° 499 - Irak nouvelle ère - 10/09/10 : - : Suite :- : L'Irak dit retrouver sa souveraineté.


 n° 499  - Irak nouvelle ère - 10/09/10 : - : Suite :- : L'Irak dit retrouver sa souveraineté.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre


Irak- Nouvelle ère

n° 499                                                      10/09/10

C.De Broeder & M.Lemaire



 Le " Dossier d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) Sur le site de Eva Resis   :  no-war.over-blog.com  

c) Sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com    

d) Sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

1-3 Le bilan SELON des médias pro-USA.

1 La guerre de l'Irak a coûté (ndlr : jusqu’à présent) 709 milliards de dollars aux contribuables

2 Des milliards de dollars ont été gaspillés dans la reconstruction en Irak.

3 Nouri al-Maliki : «L'Irak devient aujourd'hui un pays souverain».

4 Irak : une nouvelle aube ?

5 Abir Taleb : Un pas vers l’inconnu.

6 Salam al-Khavaji : Les Irakiens redoutent une déstabilisation accrue après le retrait de l’armée américaine.

2 Les Brèves

2-1    Conflit interne Bagdad-Kurdistan pour le partage de la manne pétrolière…

2-2    Affaire « Pétrole… sans nourriture »

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1 Gilles Munier : Tarek Aziz peut enfin parler.


1-3 Le bilan SELON des médias pro-USA.

1 La guerre de l'Irak a coûté (ndlr : jusqu’à présent) 709 milliards de dollars aux contribuables

01/09/2010

L'Office du budget du Congrès américain (CBO) a publié un bilan des coûts de 709 milliards de dollars de la guerre en Irak.
" Ces chiffres représentent tous les frais militaires américains, dont des sommes consacrées à la formation des forces irakiennes et aux opérations diplomatiques en Irak", selon ce même bilan.
2008 a été l’année la plus coûteuse, durant les huit années de présence militaire américaine en Irak", note le rapport de la CBO. Et ce, alors que selon une organisation observatoire indépendante aux Etats-Unis, environ 54 milliards de dollars des impôts que payent les contribuables américains ont été dépensés pour la reconstruction de l'Irak, et que plus de 10% de ces sommes ont été gaspillés dans des projets de construction inutiles ou inachevés.

http://french.irib.ir


2 Des milliards de dollars ont été gaspillés dans la reconstruction en Irak.

Une prison de 40 millions de dollars (31,5 millions d’euros) vide, dans le désert près de Bagdad.

Un hôpital pour enfants de 165 millions de dollars (130 millions d’euros) inoccupé.

Une station d’épuration de 100 millions de dollars (78,7 millions d’euros) à Fallouja, où les eaux usées continuent de s’écouler dans la rue.

Tandis que les soldats américains quittent l’Irak, des centaines de projets de construction ont été abandonnés ou demeurent inachevés.

Une prison de 40 millions de dollars (31,5 millions d’euros) vide, dans le désert près de Bagdad. Un hôpital pour enfants de 165 millions de dollars (130 millions d’euros) inoccupé.

Plus de cinq milliards de dollars (3,9 milliards d’euros) ont ainsi été gaspillés, selon les services de l’inspecteur général spécial pour la reconstruction en Irak (Sigir) après analyse de plus de trois cents audits. La somme disparue représente plus de 10 % des 53,7 milliards de dollars (42,3 milliards d’euros) dépensés par les Etats-Unis pour rebâtir l’Irak, note l’organisme de surveillance créé par le Congrès américain et dirigé par Stuart Bowen.

Des centaines de commissariats, d’infrastructures de sécurité, des ports pétroliers comme à Oum Qasr (sud) ont été remis en état. Mais dans de nombreux cas, des projets mal ficelés voire irréalistes, une mauvaise répartition des tâches, des doublons et des malfaçons ont abouti à faire partir des milliards de dollars en fumée.

L’exemple de gâchis le plus flagrant est une prison avec sa douzaine de miradors et de hauts murs en béton qui a surgi dans le désert à Khan Bani Sadr, au nord de Bagdad. Les seuls signes de vie aperçus il y a peu dans cet établissement conçu pour 3 600 détenus sont un poste de garde à l’entrée, et deux agriculteurs exploitant un champ voisin.

Le gouvernement américain, qui avait confié en 2004 la construction de cette prison à l’entreprise californienne Parsons, a résilié le contrat en juin 2006, en raison des retards pris par rapport au calendrier prévisionnel et des "dépassements massifs" des coûts initiaux. L’entreprise a répondu avoir fait ce qu’elle pouvait, dans une région en proie à l’insurrection et aux violences. Les Etats-Unis ont finalement abandonné le projet en juin 2007 et remis l’établissement au ministère de la justice irakien, qui a refusé d’"achever, occuper et assurer la sécurité" de cette prison, selon le Sigir. Des matériaux de construction d’une valeur dépassant 1,2 million de dollars (950 000 euros) ont été abandonnés sur place. "Quarante millions de dollars gâchés dans le désert", souligne Stuart Bowen.

La coordination avec les autorités irakiennes laisse aussi à désirer. Shaymaa Mohammed Amin, directrice du comité de reconstruction et de développement de la province de Diyala, au nord-est de Bagdad, raconte ainsi comment les Américains lui ont livré une clinique... construite sans escaliers.

Une autre fois, poursuit-elle, ils ont mis en service une usine fabriquant du miel de datte, un aliment qui ne fait pas partie des priorités dans un pays où plusieurs écoles de la région manquent du nécessaire. Ces équipements, "nous avons été presque forcés de les prendre. Des sommes énormes ont été gâchées", constate Mme Amin.

A Fallouja, dans le centre du pays, les Etats-Unis avaient confié en 2004 à l’entreprise FluorAMEC un contrat pour la construction d’une nouvelle station d’épuration. Mais il était irréaliste "de penser que FluorAMEC pouvait entamer la construction de ce projet, et encore moins le terminer, alors que de violents combats se déroulaient quotidiennement" alors contre l’insurrection, a conclu un audit. L’usine de retraitement est aujourd’hui pratiquement terminée, avec quatre ans de retard et plus de trois fois le coût de départ. Les capacités de la station ont été revues à la baisse, et elle ne pourra servir qu’un tiers de la population. Il manque de toute façon les canalisations nécessaires pour raccorder les égouts de certains quartiers à la station d’épuration, selon la municipalité. Résultat, les eaux usées continuent à se déverser dans certaines rues.

A Bassora (sud), un hôpital pédiatrique dont la construction devait être achevée en décembre 2005 n’a toujours pas ouvert ses portes. Le budget initial de 50 millions de dollars (39,4 millions d’euros) a largement été dépassé, pour atteindre 165 millions de dollars (130 millions d’euros). Quant aux équipements médicaux, censés être à la pointe du progrès, ils sont déjà dépassés

Publié le : lundi 30 août

http://www.egaliteetreconciliation.fr/Des-milliards-de-dollars-auraient-ete-gaspilles-dans-la-reconstruction-en-Irak-3994.html


3 Nouri al-Maliki : «L'Irak devient aujourd'hui un pays souverain».

Nb : Ndlr : La publication de l'article ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue ou l'analyse des auteurs mais doit être vu comme information

Le premier ministre irakien Nouri al-Maliki a estimé mardi, au dernier jour de la mission de combat de l'armée américaine dans ce pays, que l'Irak était désormais «un pays souverain et indépendant» assurant que son armée était capable d'y assurer la sécurité.

«C'est un jour qui restera dans les mémoires de tous les Irakiens. L'Irak devient aujourd'hui un pays souverain et indépendant», a estimé M. Maliki dans un discours retransmis par la chaîne publique Iraqiya.

«Malheureusement, nous sommes confrontés à une campagne de scepticisme et nous sommes sûrs que son objectif est d'empêcher le retrait», a-t-il déclaré.

«Je vous réaffirme que les forces de sécurité irakiennes sont capables d'assumer leurs responsabilités», a martelé le chef du gouvernement.

Plus de sept ans après la chute de l'ex-dictateur Saddam Hussein, la situation est encore loin d'être stabilisée en Irak, théâtre d'un regain d'attentats ces dernières semaines. Et faute d'accord entre les partis politiques, aucun nouveau gouvernement n'a toujours été formé à la suite des élections du 7 mars.

Venu en Irak pour marquer avec les troupes le début d'une nouvelle page de la présence militaire américaine, le vice-président américain Joe Biden devait profiter de cette visite pour exhorter de nouveau les dirigeants irakiens à mettre de côté leurs intérêts pour forger un gouvernement incluant toutes les tendances.

Comme il s'y était engagé peu après son investiture en janvier 2009, le président Barack Obama annoncera officiellement mardi soir (minuit GMT) la fin de la mission de combat de ses troupes en Irak lors d'un discours prononcé dans le cadre solennel du Bureau ovale de la Maison-Blanche.

Compte tenu du regain de violences, ce retrait a soulevé l'inquiétude quant à la capacité des forces irakiennes à prendre le relais de la sécurité.

M. Biden s'est efforcé de dissiper les craintes.

«Ca va aller pour nous, et ça va aller pour eux», a-t-il brièvement déclaré lundi soir aux journalistes qui l'interrogeaient sur le regain de violences.

L'armée américaine organisera mercredi en présence de M. Biden, une cérémonie pour le début de sa nouvelle opération en Irak, dite «Aube nouvelle» («New Dawn»), qui portera essentiellement sur l'entraînement des forces de sécurité locales.

Le contingent américain compte actuellement 49.700 hommes, contre 170.000 en 2007, au plus fort des violences confessionnelles.

Aucune manifestation de joie particulière n'est attendue dans les rues irakiennes, contrairement à ce qui avait été observé fin juin 2009 lorsque les forces américaines s'étaient retirées des villes.

«Aujourd'hui, ce n'est pas un tournant. J'étais au café avec des amis hier et personne ne parlait de la fin de la mission de combat», a déclaré Yasser al-Moussaoui, un informaticien de Bagdad de 32 ans. «Cela intéresse plus les Américains.»

Dans un contexte politique incertain à Bagdad, beaucoup d'Irakiens appréhendent surtout le retrait total fin 2011 des Américains.

Le chef de l'état-major irakien, le général Babaker Zebari, a même jugé récemment prématuré le retrait américain, exhortant les États-Unis à demeurer dans son pays jusqu'à ce que l'armée soit complètement prête en 2020.

«Si les hommes politiques continuent à se battre pour les fauteuils, la situation va s'aggraver», a confié Salah Abou al-Qassim, un commerçant du marché de Chorja, dans le centre de Bagdad.

M. Biden, dont c'est la sixième visite en Irak depuis janvier 2009, devait notamment s'entretenir avec les chefs des deux principales listes au Parlement, M. Maliki et l'ex-chef du gouvernement Iyad Allawi, dont les ambitions sont souvent citées parmi les raisons du blocage actuel.

«Sans un gouvernement élu, il va être difficile pour l'Irak de régler les grandes questions qui demeurent», a déclaré lundi soir aux journalistes à Bagdad son conseiller pour la sécurité nationale, Tony Blinken.

Jacques Clement
Agence France-Presse
Publié le 31 août

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/201008/31/01-4311270-lirak-devient-aujourdhui-un-pays-souverain.php?utm_source=bulletinCBP&utm_medium=email&utm_campaign=retention


4 Irak : une nouvelle aube ?

Nb : Ndlr :La publication de l'article ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue ou l'analyse des auteurs mais doit être vu comme information.

De la Tempête du désert déclenchée par George W. Bush à l'Aube nouvelle annoncée par Barack Obama, sept années auront passé.

Cette guerre d'Irak, « guerre stupide », avait déclaré alors l'actuel président américain, guerre que nous n'avons pas voulue, aura sans doute été l'une des plus néfastes qu'ait connue le Moyen-Orient. Pour abattre un dictateur abominable, on a cassé un pays.

Le bilan est effrayant pour les Irakiens : 250 000 morts, des dizaines de milliers de blessés, 700 000 veuves, un à deux millions d'orphelins (on ne sait pas), entre trois et quatre millions de personnes déplacées à l'intérieur ou à l'extérieur du pays... Côté américain, des milliers de morts (4 500), des dizaines de milliers de blessés (30 000).

De plus, le pays est ravagé, les réseaux d'électricité déficients, la production de pétrole inférieure à ce qu'elle était sous Saddam Hussein. La population, en grande difficulté, souffre.

Des choix politiques erronés ont provoqué ce désastre, à commencer par la dissolution soudaine et brutale de l'armée irakienne et de l'administration en place. On a ainsi plongé dans la misère et la révolte officiers, soldats et fonctionnaires. De là, sont nées les factions extrémistes et fondamentalistes qui ont pu s'armer aisément dans les dépôts de Saddam Hussein laissés à l'abandon et sans surveillance par l'armée américaine. Celle-ci, en outre, a fermé les yeux pendant trop longtemps sur les pillages, les violences, les règlements de comptes qui ont suivi . Tout était fait pour conduire au chaos.

Le pari du développement

Aujourd'hui, l'Irak, pays artificiel, certes, mais comme beaucoup d'autres dans cette région, est plus divisé que jamais. Les élections de mars n'ont pas dégagé de majorité de gouvernement, mais révélé l'éparpillement politique qui divise les diverses populations, même au sein des ethnies ou des religions. L'armée, elle-même en voie de reconstruction, est traversée par différents courants. C'est la désunion générale.

La guerre a cessé, c'est vrai. Les Américains peuvent donc dire qu'ils ne sont plus en guerre. Ils s'en vont, au moins partiellement, et les Irakiens sont soulagés, mais il n'y a rien à la place et ils s'en inquiètent car l'expression violente des conflits internes se poursuit, exigeant forces spéciales et « conseillers » américains. Certains hauts dignitaires de l'armée irakienne estiment même que ces conseillers devraient rester jusqu'en 2020.

En ce qui concerne l'extérieur, l'Iran poursuit ses objectifs et ses calculs à long terme. L'Irak est, en effet, son premier marché et la vieille idée religieuse de regroupement des chiites demeure. La Syrie veut garder de l'influence sans pour autant se mettre à dos l'Arabie Saoudite qui, elle-même, s'inquiète du retrait américain. Ces derniers, dit-on, aimeraient que le futur gouvernement irakien ait une politique claire et non hostile à l'Iran. La situation est donc encore plus complexe qu'avant la guerre. Le rêve de George W. Bush qui, par la guerre, voulait « épargner de grands dangers au monde et instaurer la démocratie », s'est évanoui en fumée et mué en destruction.

Aujourd'hui, avec Aube nouvelle, Barack Obama transfère les responsabilités des militaires combattants à des militaires bâtisseurs chargés de la reconstruction du pays. Que ne l'ont-ils intensifiée plus tôt ! Mais la corruption qui a englouti des sommes faramineuses va-t-elle cesser pour autant ? Si oui, de vrais investissements productifs pourraient enfin être réalisés. C'est un nouveau pari qui commence, dans la difficulté, mais celui-là vaut mieux que celui de la guerre.

Plus d'informations dans le journal Ouest-France

04 septembre 2010

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Irak-une-nouvelle-aube-_3632-1498277_actu.Htm?xtor=RSS-4&utm_source=RSS_MVI_ouest-france&utm_medium=RSS&utm_campaign=RSS


5 Abir Taleb : Un pas vers l’inconnu.

Nb : Ndlr : La publication de l'article ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue ou l'analyse des auteurs mais doit être vu comme information Les Etats-Unis ont annoncé officiellement la fin de leur mission de combat dans le pays le 31 août.

Une mission qui s’achève sur un bilan peu reluisant : instabilité politique, insécurité et problèmes économiques majeurs.

Longtemps souhaité par les Irakiens qui voyaient en la présence américaine une sorte de « colonialisme », le retrait des forces américaines est aujourd’hui perçu comme un soulagement par les uns et comme une source d’inquiétude quant à l’avenir par les autres. En effet, l’incapacité de la classe politique iraqienne de mettre sur pied un nouveau gouvernement, cinq mois après les législatives du 7 mars dernier, ainsi que l’insécurité chronique ne font rien pour ramener la confiance parmi la population iraqienne.

Sept ans et demi après la chute de Saddam Hussein, les Etats-Unis mettent donc fin à leur mission au moment où le pays connaît un regain de violences que des experts attribuent à un climat politique délétère. Le niveau des attaques est sans commune mesure avec celui des années 2006 et 2007, quand chaque mois 2 000 personnes trouvaient la mort dans les violences confessionnelles entre sunnites et chiites ou des attentats commis par les insurgés.

Mais, depuis le début de l’année, 300 Iraqiens périssent chaque mois de mort violente. Cette montée de l’insécurité coïncide avec l’impasse politique. Le premier ministre sortant Nouri Al-Maliki affirme que ce regain de violences n’est que l’ultime convulsion d’une insurrection à l’agonie, mais beaucoup d’Iraqiens considèrent que l’impasse dans laquelle se trouve la jeune démocratie s’explique par les ambitions personnelles de leurs dirigeants.

L’effectif de l’armée américaine est désormais de 49 700 — soit moins du tiers de ce qu’il était en 2007 — et devrait se maintenir à ce niveau jusqu’à l’été 2011 afin de se consacrer à la formation des forces iraqiennes.

Obama rassurant mais pas convaincant

Se voulant rassurant, le président Barack Obama a affirmé samedi que « la guerre est en train de se terminer » en Iraq, pays « souverain et indépendant ».

La Maison Blanche a affirmé que les Iraqiens étaient capables d’assurer leur propre sécurité. Le président Barack Obama « est certain que le processus de transition d’une mission de combat (des soldats américains) en Iraq à une prise de contrôle de leur sécurité par les forces iraqiennes a été couronné de succès », a déclaré le porte-parole adjoint de la Maison Blanche, Bill Burton. Les Iraqiens « sont capables de prendre en charge leur propre sécurité », a insisté M. Burton.

Pas si sûr, pensent les observateurs. Ce qui inquiète le plus, c’est la crise politique ; la lutte pour le pouvoir pouvant se transformer en lutte confessionnelle. Le chef des forces américaines en Iraq, le général Ray Odierno, ne l’a pas caché, il a fait part de son inquiétude face à la crise politique. « Les gens sont très frustrés et cela représente un danger potentiel si les politiciens n’y prennent pas garde », a-t-il dit.

Les experts évoquent également le climat politique délétère. Cité par l’AFP, Brian Fishman, de New America Foundation de Washington, estime que le retrait des forces américaines « va certes laisser un plus grand espace pour les groupes armés mais le vrai problème, c’est l’impasse politique. Plus elle durera, plus des gens soutiendront ouvertement ou discrètement la violence comme moyen d’ébranler le système ». Le risque est donc là : s’il n’y a pas rapidement de coalition gouvernementale, beaucoup de cicatrices liées au confessionnalisme risquent de se rouvrir.

Or, en décidant ce retrait, M. Obama joue surtout une carte politique interne. A l’approche des élections de mi-mandat, il tient une promesse électorale et tente de gagner l’opinion publique en sa faveur. Dans les faits, la réalité est bien plus complexe et la confiance affichée du président américain en l’avenir de l’Iraq est peu convaincante. Les troupes de combat américaines peuvent se targuer d’avoir renversé un dictateur sanguinaire, mais pour ce qui est de la stabilité politique, du terrorisme et de la cohabitation avec le voisin iranien, leur bilan est bien plus incertain. La présence d’Al-Qaëda en Iraq représente toujours des menaces importantes.

Aussi, l’affaiblissement de l’Iraq après la chute du pouvoir sunnite de Saddam Hussein a levé un obstacle devant l’Iran chiite, au grand dam des Etats arabes du Golfe, qui voient désormais la République islamique comme la principale menace dans la région, ce qui en fin de compte fait les affaires de Washington.

http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2010/9/1/marab0.htm

2/9/2010


6 Salam al-Khavaji : Les Irakiens redoutent une déstabilisation accrue après le retrait de l’armée américaine.

Interview accordée par Salam al-Khavaji à RIA Novosti
Le 31 août est le jour de l’achèvement officiel de la mission militaire des États-Unis en Irak.

Ce jour a débuté dans un silence crispé à Bagdad : la ville est pratiquement vide, les habitants redoutent une recrudescence des attentats et une escalade de la violence. Ils préfèrent donc ne pas quitter leurs maisons.
Les rues sont patrouillées par des détachements renforcés de l’armée.
L’armée irakienne a également investi les innombrables postes de contrôle qui parsèment la capitale du pays. Il semble que les autorités locales fassent davantage confiance à l’armée qu’à la police.
Toutefois, la majorité des observateurs estiment que les forces irakiennes ne sont pas encore en mesure d’assurer l’entière responsabilité de la sécurité intérieure et de la protection des frontières du pays.
Conformément à l’accord(…)  passé en novembre 2008 entre Washington et Bagdad, près de 50 000 militaires américains devront rester en Irak après le retrait des troupes de combat américaines prévu pour le 1er septembre 2010.

Ces 50 000 militaires continueront à former les forces irakiennes à la sécurité et à leur accorder un soutien lors des opérations militaires. Ces unités sont sensées quitter l’Irak d’ici 2012.
La situation politique actuelle en Irak est compliquée : les principales forces politiques continuent leur lutte pour le pouvoir et cela fait six mois qu’elles n’arrivent pas à former un nouveau gouvernement.

De ce fait, l’intégrité même des forces de sécurité est menacée car l’armée et la police irakiennes ne reposent pas sur un principe ethnique.
Après le départ des Américains, toutes ces structures de sécurité laborieusement édifiées par eux, risquent de s’éparpiller pour aller rejoindre divers groupes ethniques hostiles et ce sera la fin de l’armée irakienne.
Ce danger paraît parfaitement réel dans les conditions où la méfiance règne entre les communautés kurdes et arabes, sunnites et chiites.
On redoute également en Irak que le vide politique apparu après le départ des Américains ne soit rempli par les puissances régionales, à savoir par l’Iran chiite, d’un côté, et par les États arabes sunnites, de l’autre. Cela pourrait conduire à une recrudescence de l’animosité religieuse, plus violente encore qu’en 2006-2007.
Les Irakiens se sont opposés pendant sept ans à l’occupation américaine, notamment en recourant à la résistance armée. Ils sont, sans aucun doute, heureux qu’elle touche à sa fin. En même temps, ils sont anxieux et se demandent si l’Irak est en mesure de s’opposer tout seul aux menaces intérieures et extérieures.
De nombreux Irakiens espéraient en 2003 que l’arrivée des Américains conduirait à une amélioration de la qualité de leur vie. Ils ont en effet pu accéder à la télévision par satellite et à la téléphonie mobile interdites sous Saddam Hussein, toutefois ils sont obligés de constamment faire face à des pénuries d’électricité et d’eau et à une dégradation des systèmes d’éducation et de santé.

Salam al-Khavaji

01/09/2010

http://fr.rian.ru/discussion/20100901/187337325.html



2 Les Brèves

Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

Marc

2-1  Conflit interne Bagdad-Kurdistan pour le partage de la manne pétrolière…

Alors même que les troupes américaines se retirent progressivement d'Irak, c'est au sein même de la population que les tensions se creusent, certes encore une fois sur fond de fortes odeurs de pétrole ...

Le ton monte en effet entre le gouvernement central de Bagdad et la région autonome du Kurdistan. L'objet de la discorde : la signature d'un accord avec l'allemand RWE en vue d'exploiter des champs gaziers situés dans la partie kurde de l'Irak.

En réaction aux vives critiques émise par le gouvernement central de Bagdad, lequel désapprouve l'opération, le responsable des relations extérieures du gouvernement du Kurdistan, Falah Mustafa, s'est en pris vivement au ministère irakien du Pétrole.

Alors que la veille, ce dernier avait qualifié "d'illégal" l'accord avec RWE, Falah Mustafa a déclaré dans un communiqué que le Kurdistan n'attendrait pas "les ordres d'un ministère inapte qui a dépensé des milliards de dollars sans fournir aucun service élémentaire, comme l'électricité et l'énergie, ces dernières années".

"Tout contrat ou accord signé en dehors du cadre légal, c'est à dire avec la Somo (State Oil Marketing Organization), est illégal", affirmait préalablement un communiqué du ministère. Précisons à cet égard que ladite Somo, dépendante du ministère, est un organisme chargé de collecter les revenus pétroliers et de signer des contrats dans le domaine. "Personne, en dehors du ministère, n'a le droit de signer un contrat d'exportation du pétrole ou du gaz", martelait par ailleurs le communiqué.

"Nous sommes convaincus que les contrats pétroliers entre le gouvernement du Kurdistan et les compagnies étrangères sont légaux et conformes à la Constitution car ils ont été signés selon la législation du Kurdistan", estime néanmoins pour sa part M. Mustafa.

Pour rappel, le Kurdistan n'exploite à l'heure actuelle que le champ gazierde Hormok, près de Kirkouk. Celui-ci produit environ 160 millions de pieds cubes par jour depuis octobre 2008 en vue d'alimenter les centrales électriques de la région.

A noter que la réaction du gouvernement irakien est loin d'être une "première" : la mise en oeuvre de contrats passés entre les compagnies pétrolières et le Kurdistan irakien provoque régulièrement l'ire du gouvernement central irakien sur fonds de partage de la manne pétrolière. Si le 6 mai dernier, les deux parties avaient certes trouvé un accord qui devait permettre la reprise des exportations et de la production, interrompue depuis octobre 2009, il n'a toutefois jamais été appliqué.

Le problème demeure en suspens dans l'attente de la nomination d'un nouveau gouvernement irakien.

A lire également :

. Irak : remise en cause du contrat signé avec RWE (Allemagne

. Kurdistan irakien : 1ères exportations de pétrole

. MOL (Hongrie) / OMV (Autriche) et Dubai : accords pour alimenter Nabucco via le Kurdistan irakien

. Différend Irak/Norvège sur le paiement des exportations de pétrole

. Irak : Allawi et Maliki rompent leurs négociations

http://www.leblogfinance.com/2010/08/irak-conflit-interne-bagdadkurdistan-pour-le-partage-de-la-manne-petroliere.html
http://www.leblogfinance.com/assets_c/2010/08/Kurdistan_Oil_Map-115848.html 

2-2 Affaire « Pétrole… sans nourriture »

 

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU a annoncé le 19 juillet 2010 (1) que de « nombreux besoins » en nourriture, et en abris pour les « personnes déplacées »euphémisme utilisé pour désigner les Irakiens victimes des opérations de nettoyage ethnique organisées par les milices pro-iraniennes -  prévus par son Plan d’action 2010 ne pourront pas être assurés, faute de moyens financiers.

 Extraits du communiqué :

- Les distributions de nourriture à 800.000 femmes enceintes et allaitantes et à des enfants mal-nourris ont dû être suspendues, 

- Les distributions de nourriture à 960.000 enfants allant à l'école ont également été suspendues,

- Les conditions d'existence de 500 000 personnes affectées par la sécheresse dans les gouvernorats de Soulimaniya et Dohouk sont menacées,

- Le plan d'action pour aider 22.500 familles déplacées vulnérables avec des abris d'urgence va devoir être suspendu. Des milliers de ménages vont devoir continuer à vivre dans des abris de fortune, sans pouvoir se protéger des conditions climatiques extrêmes.

 

Où passe l’argent du pétrole ?

Sept ans après l’invasion de l’Irak et le renversement du Président Saddam Hussein, le régime de Bagdad rongé par la corruption (2) quémande toujours des fonds à des pays donateurs, mais avec de moins en moins de résultat. Cette année, sur 187,7 millions de dollars  requis pour la mise en œuvre du plan humanitaire de l’ONU, seulement 12% des promesses de financement ont été honorés. Et pour cause : selon Hussein al-Sharistani, ministre du Pétrole, les revenus pétroliers irakiens se montent à 171 milliards de dollars pour la période 2006 /2009. L’Irak produit aujourd’hui 2,5 millions de barils de brut par jour. Question : où passe l’argent du pétrole ?

A Bagdad et à Erbil (Région autonome du Kurdistan), les contrats dits de reconstruction sont signés avec des entreprises étrangères en fonction des avances sur commissions qu’ils génèrent. Tant pis si les travaux ne sont pas réalisés, pour des raisons de sécurité ou pour engagements non tenus (3). L’inculpation récente de Tarek Aziz pour « dilapidation des deniers publics » - décision prise sans doute pour relancer l’affaire « Pétrole contre nourriture » et faire chanter des personnalités étrangères – ne trompe pas les Irakiens qui savent que l’argent du pétrole engraisse les comptes bancaires ouverts dans des paradis fiscaux par les politiciens et les chefs de milices parvenus au pouvoir en 2003.

Paru le 21 juillet sur le blog « France-Irak Actualité » - http://www.france-irak-actualite.com

 

Notes :

(1) Iraq : le manque de fonds menace la distribution de l’aide alimentaire

 http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=22456&...=

(2) L’Irak est un pays les plus corrompus au monde, selon l’ONG Transparency International (rapport 2009).

(3) Lire : Sarkozy et le commerce franco-irakien / Arnaques et pièges en tous genres

http://www.france-irak-actualite.com/pages/Sarkozy_et_le_...

(4) Irak : quand le pétrole assure des revenus juteux

http://www.leblogfinance.com/2010/07/irak-quand-le-petrol...

 

Rédaction et traduction : Gilles Munier, Xavière Jardez 


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