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13/09/2010

n°548 - Dossier de Palestine - 12-09 -: Fin - : « Farce » à Washington, ou « Faisons comme si le train avançait ».

n°548   - Dossier de Palestine -  12-09 -: Fin  - : « Farce » à Washington, ou « Faisons comme si le train avançait ».



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources                                                        



Dossier de Palestine

n°548                                                     12-09

                                                               C.De Broeder & M.Lemaire   

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

e) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 


Sommaire

 2 Dossier

2-1 Processus de Paix" israélo-palestinien

1 Alain Gresh : "Processus de Paix" israélo-palestinien: « Farce » à Washington, ou « Faisons comme si le train avançait ».

2 Robert Bibeau : Les pourparlers de « paix » Netanyahu-Abbas ont déjà échoué.

3 K. Selim : Barghouti l'exprime clairement : les négociations de paix avec Israël sont vouées à l'échec.

4 Michael Blum : « Pourquoi il faut négocier avec le Hamas ».

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1 Israël usurpe les dépouilles des Palestiniens.

3-2 Le Monde Diplomatique dévoile la plus grande base israélienne d’espionnage.

3-3 Liberté pour Salah Hamouri.

3-4 Vacances militaristes en Israël, financées par la CAF.

3-5 Pacbi : Pour un boycott d’Israël moralement cohérent.

4 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

4-1 Robert Fisk : Israël s'est glissé dans l'Union Européenne sans que personne ne s'en aperçoive


2 Dossier

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

2-1 Processus de Paix" israélo-palestinien

1 Alain Gresh : "Processus de Paix" israélo-palestinien: « Farce » à Washington, ou « Faisons comme si le train avançait ».

Qui croit encore au processus de paix ?

Extraits

Le journal des milieux d’affaire britanniques, le Financial Times, intitulait un éditorial du 23 août 2010 « One final act in the Middle East farce » (« Dernier acte pour la farce du Proche-Orient »).

Le scepticisme est général, et on est loin des illusions qui avaient accompagné le sommet d’Annapolis, en 2007, qui prévoyait la création d’un Etat palestinien avant la fin 2008.

Seuls les protagonistes du sommet qui s’ouvre le 2 septembre à Washington veulent faire semblant d’y croire et ils ont tous de bonnes raisons pour cela :

— Le roi Abdallah II de Jordanie et le président égyptien Hosni Moubarak, parce qu’ils ont besoin de faire croire à leurs opinions sceptiques que l’on avance vers la paix, au moment même où leur pratique autoritaire vise à empêcher tout débat et toute avancée de l’opposition dans les deux scrutins qui se dérouleront en Egypte et en Jordanie en novembre.

— Le président Obama, qui n’a pas tenu les promesses de son discours du Caire du 4 juin 2009 et qui, engagé dans un conflit difficile au Proche-Orient, veut rassurer ses alliés arabes sans déplaire à son allié israélien.

— L’Union européenne, trop lâche pour définir une politique innovante, qui veut simplement faire croire que les centaines de millions d’euros déversés sur l’Autorité palestinienne servent à autre chose qu’à financer l’occupation.

— Le président Mahmoud Abbas, dont la légitimité est de plus en plus contestée, y compris parmi les siens, et qui veut montrer que son choix d’une négociation peut porter ses fruits. D’autant qu’il n’a pas vraiment le choix, puisque tout l’appareil de l’Autorité palestinienne dépend de la manne internationale : des dizaines de milliers de fonctionnaires vivent grâce à cet argent. Et tant pis pour les Palestiniens qui critiquent la reprise des négociations : ils n’ont même pas le droit de s’exprimer, comme le confirme Benjamin Barthe dans le quotidien Le Monde du 27 août (« L’autorité palestinienne censure les opposants aux négociations avec Israël », article qui n’est pas en accès libre sur le site LeMonde.fr). Il n’y a pas que le Hamas pour avoir des pratiques autoritaires, mais celles de « nos » alliés ne nous gênent pas.

— Le premier ministre israélien Nétanyahou, qui a obtenu ce qu’il voulait, des négociations sans conditions préalables, c’est-à-dire avec la poursuite de la colonisation, notamment à Jérusalem-Est (et ailleurs, comme le prouvent toutes les études sur le terrain), avec la démolition des maisons palestiniennes. Ou, dit autrement, avec les mots d’Akiva Eldar dans le quotidien Haaretz du 23 août (« With a victory like this... »), ces négociations s’ouvrent avec des conditions préalables : celles dictées par Israël.

Ceux qui pensent que la paix est pour demain, qu’un Etat palestinien est en construction, devraient lire un autre article de Benjamin Barthe, « A Ramallah, l’impossible réforme de la poste », dans Le Monde daté du 1er septembre : de l’impossibilité de bâtir un Etat sous occupation.

Et aussi, jeter un regard sur cette carte, conçue par Julien Bousac et publiée par Le Monde diplomatique, « L’Archipel de la Palestine orientale ».

Un archipel peut-il être un territoire continu ?

Alain Gresh :

1 septembre

http://www.internationalnews.fr/

 http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=152823&language=fr


2 Robert Bibeau : Les pourparlers de « paix » Netanyahu-Abbas ont déjà échoué.

Les conditions qui auraient pu assurer la réussite de ce complot.

Nos prédictions

Le plus difficile, avec les prédictions, c’est de les soumettre à l’avance. Le 31 décembre 2009, en guise de vœux pour la nouvelle année, nous avions écrit la chose suivante : « La deuxième initiative de l’ex-Président Jimmy Carter que le Président Obama tentera de concrétiser en 2010 sera la « négociation » pour la création d'un bantoustan palestinien emmuré, dirigé par les collaborateurs du Fatah (dissimulés derrière l'OLP et l'Autorité palestinienne, au besoin), avec ou sans l'accord et la collaboration du HAMAS, à eux de choisir. » (1). Jusqu’ici, nous n’avons pas fait d’erreur, mais ce que nous n’avions pas révélé, dans cette prédiction, ce sont les conditions permettant que cet oracle se réalise.

Les conditions préalables

Nous exposons aujourd’hui les conditions qui auraient pu assurer la réussite de ce complot.

La première condition pour la réussite de ce coup fourré, c’était que Mahmoud Abbas, le « Président de l’Autorité sans autorité », dont le mandat est échu depuis 18 mois, puisse se présenter comme un représentant crédible de la nation palestinienne, un porte-parole accrédité, prestigieux, adoubé par sa communauté ou, tout au moins, par une partie importante de sa communauté en Palestine occupée, dans les camps de réfugiés et parmi la diaspora. Pour cela, une ou deux rencontres avec Barak Obama n’auront pas suffit à le faire prendre pour un stratège intègre. Il aurait fallu qu’Abou Mazen, le combattant de l’ombre, puisse proclamer haut et fort ses exigences préalables à toute négociation fructueuse. Le scénario prévu indiquait que le président Obama devait appuyer fortement ces conditions préalables – strictement minimales –, comme l’arrêt de toutes constructions en territoire occupée comme l’exige les lois internationales, l’arrêt de toute colonisation en territoire occupé (comme l’exigent les lois de la guerre), l’arrêt de tout assassinat extra-judiciaire (comme l’exige le droit international), la levée du blocus génocidaire illégal et illégitime contre Gaza, l’arrêt des arrestations arbitraires de Palestiniens.

Le scénario de départ prévoyait que le Premier ministre Benjamin Netanyahu, d’abord récalcitrant, suspicieux et hâbleur, s’opposerait farouchement à ces préalables, puis, que, petit à petit, renfrogné, et feignant la mauvaise humeur, il ferait amende honorable et accepterait tout ou partie de ces demandes, suite aux pressions de plus en plus pressantes du Président américain.

Refus de Netanyahu de coopérer à la mise en scène

Rien n’y fit. Abou Mazen, le « farouche combattant de l’ombre », eut beau réduire ses exigences, oublier Gaza, faire semblant de ne pas voir les assassinats ciblés et le Mur d’annexion en construction, être aveugle aux démolitions qui n’ont jamais cessé en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, ignorer le nettoyage ethnique des Bédouins chassés du Negev, Barak Obama eu beau demander de moins en moins vertement l’arrêt des provocations israéliennes, le chef d’État israélien ne recula jamais de ses positions intransigeantes, rejeta tout préalable de l’occupé et présenta les conditions impératives de l’occupant, auxquels Mahmoud Abbas s’empressa de souscrire, comme en atteste sa déclaration de Washington visant à prouver que son sens de l'humour ne l'a pas encore abandonné : "Nous venons aux pourparlers avec le désir sincère de parvenir à un accord de paix entre les deux peuples qui protégera les intérêts de la sécurité nationale d'Israël, pour qui le plus important est la sécurité.". Les intérêts de la sécurité nationale des Palestiniens sont, et ont toujours été, sans importance et le bouffon Abbas d’en remettre une couche "Il est maintenant temps pour les Palestiniens et les États arabes de saisir la main tendue d'Israël et d’essayer d’égaler l’engagement inébranlable de l'État juif pour la paix par des actions qui leur soient propres.". Qui dit mieux ?

Le dirigeant palestinien, que le scénario original devait rehausser, grandir, auréoler, ceindre de la couronne du dompteur de sionistes, se retrouve aujourd’hui plus ridiculisé et plus discrédité que jamais auparavant, si bien que sa signature ne vaudra plus rien du tout au bas de ce parchemin ridicule qu’il aura peut-être le courage ultime de ne pas signer avant de s’éclipser… Rien n’est moins certain pourtant, car l’emploi international qu’on lui fait miroiter est attaché à ce paraphe qui le disqualifiera et le déshonorera à jamais. Mais s’il signe, que vaudra cette signature? Elle servira tout au plus d’argument de propagande à l’ennemi sioniste qui, exhibant ses « concessions historiques et ses grands sacrifices » à même la terre usurpée des Palestiniens, criera à l’incapacité de faire la paix sur le dos des palestiniens, ces ingrats qui refusent la générosité sioniste qui leur remet 15 à 18 % de leurs terres ancestrales, évidemment livrées sans le sommet des collines, occupés par l’armée israélienne, sans zone côtière, sans le plateau continental où l’on trouve du gaz naturel, sans espace aérien souverain, sans la vallée du Jourdain, cette zone stratégique requise par l’armée d’occupation pour fermer la frontière Est du camp retranché israélien.

Obama démasqué

La deuxième condition pour que le plan Carter-Obama réussisse, à savoir que soit créé et accepté un bantoustan pour tous les Palestiniens (avec droit de retour uniquement dans ledit bantoustan), sur 15 à 18 % des terres de la Palestine du mandat britannique, exigeait que le président américain se pose en casseur de sionistes, qu’il brise les reins des réactionnaires du Likoud et des autres factions fondamentalistes religieuses qui forment la coalition théocratique au pouvoir à Tel-Aviv. Pour cela, un immense coup de barre aurait été nécessaire dans la politique américaine et dans les relations américano-israéliennes. Or entre décembre 2009 et août 2010, Obama n’a pas su opérer ce revirement, ce coup de force, qui lui aurait permis de piéger les Palestiniens et d’offrir au Peuple élu la Terre qui lui fut promise pour l’éternité par les scribouilleurs bibliques du Moyen-Âge.

Le groupe de pression américain J-street avait parfaitement compris la stratégie d’Obama : « J-Street, affirme que ces négociations pourraient être la dernière occasion de sauver la solution à deux États. "La fenêtre d'opportunité pour le progrès est brève et la dernière. Nous croyons que l'avenir d'Israël en tant que foyer juif et démocratique, pour ne pas mentionner les intérêts vitaux des Américains dans la région, sont en jeu », déclarait le vice-président pour la Politique et la Stratégie de J-Street. (2)

Faute d’avoir cassé du sioniste pour leur propre salut, Obama se retrouve aujourd’hui soupçonné de collusion avec l’une des parties présentes aux pourparlers de « paix ». La faction Netanyahu a su naviguer en eau trouble et, par son entêtement, elle a discrédité et son « partenaire » pour les négociations de « paix » et le maître de cérémonie protocolaire, et elle a rendu inopérante la mystification qui voulait présenter le Président Obama en Ponce Pilate de cette crucifixion du peuple palestinien (3).

Bref, quand bien même quelques éditorialistes occidentaux glousseraient et murmureraient leurs bons vœux de succès aux pourparlers de « paix » mort-nés, la coalition au pouvoir en Israël a parfaitement gâché la sauce et sauvé le peuple palestinien d’un autre accord inégal, d’un Oslo III, qu’il aurait rejeté de toute façon.

Pourquoi ce hara-kiri sioniste ? C’est que les intégristes religieux au pouvoir à Tel-Aviv pensent qu’ils peuvent faire d’autres conquêtes et imposer d’autres concessions territoriales aux Palestiniens. L’explication de ces nouvelles conquêtes territoriales se trouve consigné dans une vidéo de propagande diffusée par la télévision israélienne que nous avons présentée et analysée dans un éditorial précédent et que nous reproduisons ici : http://www.youtube.com/watch?v=ytWmPqY8TE0 (4)

Que veulent les Palestiniens, quel doit être l’objectif des négociations ?

Pendant que l’alliance des belliqueux sionistes, des colons juifs réactionnaires, des fondamentalistes religieux et des intégristes hébreux exulte devant ce torpillage des « négociations », qu’elle considère comme une victoire, le peuple palestinien refait son unité sur les bases fondamentales dont il n’aurait jamais du s’écarter, ni à Oslo, ni à Camp David, ni à Genève, non plus qu’a Washington. Un récent sondage de l’Institut palestinien AMRAD révèle que 86 % des Palestiniens appuient la résistance armée, que 91 % réclament un seul État palestinien sur l’ensemble du territoire de la Palestine historique, du Jourdain à la Méditerranée, et que 94 % des Palestiniens souhaitent que l’ensemble de la ville de Jérusalem (partie orientale + partie occidentale) soit la capitale de leur État unifié et décolonisé (5). C’était la position de l’OLP lors de sa création en 1964 et ce devrait l’être encore aujourd’hui. Si l’OLP ne sait pas défendre ces droits fondamentaux inaliénables et comprendre les profonds désirs de la population palestinienne, une autre alliance politique saura représenter la volonté de liberté de ce peuple courageux.

Notes de lecture
(1) « L’année des plus grands dangers. Que 2010 soit une année de résistance. Salut a Gaza l’indomptable ». Nous avions écrit cela à propos du volte-face de l’ex-Président Jimmy Carter : « Certains dénoncent le soi-disant Mea Culpa de Jimmy Carter, qui déclare qu'il n'est pas opposé à l'État d'Israël mais qu'il souhaite simplement que cet État fasse des compromis et accepte l'édification d'un bantoustan palestinien emmuré par l'État israélien. Ces individus démontrent qu'ils n'ont rien compris à la position américaine et au rôle de l'entité sioniste intégrée à l'économie américaine. Ces individus n'ont rien compris au conflit qui oppose les deux factions de l'impérialisme américain à propos d'Israël (leur base militaire permanente au Proche-Orient). ».
(2) « Le but essentiel que les USA poursuivent à travers ces négociations est de faire croire qu’ils gèrent honnêtement le conflit israélo-palestinien. Mais maintenir ce faux-semblant est tout aussi important pour les alliés arabes de Washington, qui ont besoin de justifier publiquement leur collaboration aux projets agressifs des USA.»
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9315
(3)
http://www.ism-france.org/news/article.php?id=14326&type=analyse&lesujet=Initiatives%20de%20Paix
(4) Pour une présentation et une analyse de cette vidéo de Hasbara israélienne, consulter notre éditorial du 24 août 2010. « Négocier ou ne pas négocier avec Israël ? ».
(5) http://www.youtube.com/watch?v=GI-1Rtk-_lM
« Sondage inquiétant à la veille des négociations : 86 % des Palestiniens sont favorables à un recours à la violence » (Guysen International News).
« Inquiétant sondage pour les Israéliens et affligeant pour les Palestiniens, à la veille de la reprise du dialogue direct. Selon une enquête de l'institut palestinien AWRAD (Arab World for Research & Development), réalisée entre le 8 et le 14 Août 2010, sur un échantillon de 3001 personnes résidant en Judée-Samarie et à Gaza 86% des Palestiniens sont favorables à un recours à la violence contre Israël. Pour 91%, la Palestine historique (foyer national palestinien), du Jourdain à la mer, est essentielle ou souhaitable. 94% d’entre eux estiment que Jérusalem toute entière (aussi bien la partie ouest que la partie orientale) doit faire partie de la Palestine. Pour les Palestiniens, les cinq points essentiels à résoudre, pour aboutir à une solution définitive du conflit, sont, par ordre d'importance : l'établissement d'un Etat palestinien souverain et indépendant (91,7%), le statut de Jérusalem (91%), la sécurité pour l'Etat palestinien (86,2%), le droit de retour des réfugiés (83,2%) et les implantations juives en Judée-Samarie (81,3%). »
Source : Blog Robert Bibeau

 Robert Bibeau

2.09.2010

Posté par Adriana Evangelizt

8 septembre

http://palestine.over-blog.net:80/article-les-pourparlers-de-paix-netanyahu-abbas-ont-deja-echoue-56729969.html


3 K. Selim : Barghouti l'exprime clairement : les négociations de paix avec Israël sont vouées à l'échec.

De sa prison, Marwan Barghouti l'exprime clairement : les négociations de paix avec Israël sont vouées à l'échec. Selon le leader palestinien emprisonné dans les geôles de l'occupant, «les Palestiniens feraient mieux de se consacrer à résoudre les profondes divisions qui les séparent».
Ce que dit Barghouti est partagé par de nombreux Palestiniens de tous bords. Beaucoup ne voient dans les discussions qui s'ouvrent à Washington qu'un show destiné à redorer l'image du président Obama à la veille des élections de mid-term en novembre prochain.
Le même processus bégayant entamé il y a presque vingt ans est réactivé encore une fois. Comme toujours, sans que les conditions politiques préalables soient réunies pour assurer, sinon un succès réel, au moins des avancées concrètes sur la création d'un Etat palestinien viable avec Jérusalem pour capitale.
Pour le leader charismatique de la première intifada, il ne saurait y avoir de négociations effectives sans l'adhésion de la majorité du peuple palestinien et sans que les Israéliens acceptent notamment le principe du retour des exilés palestiniens et l'arrêt de la colonisation. Les dirigeants du gouvernement israélien sont loin de faire preuve de la moindre ouverture en ce sens. La coalition droite et extrême-droite au pouvoir, assurée du soutien indéfectible des Occidentaux avec les Etats-Unis en tête, l'affirme avec arrogance, se permettant même de se moquer de son grand allié.
Avigdor Liberman, le ministre des Affaires étrangères, caricature du sioniste ultra, a déclaré que les négociations sous les auspices de Barack Obama étaient un événement «festif». Ce ministre d'apartheid n'a pas tort et, connaissant la nature profonde de la relation entre Israël et les Etats-Unis, où le vassal n'est pas celui qui serait le moins puissant, il joue sur du velours.
De fait, les Israéliens sont installés depuis toujours dans une logique maximaliste fondée sur la supériorité des armes et la garantie de l'impunité, quelles que soient les exactions dont ils se rendent coupables. Les déclarations apaisantes sont systématiquement accompagnées de mesures pratiques qui en sont l'antithèse, dans un scénario où l'on ne peut même plus parler de duplicité tant le mépris du droit et de l'opinion internationale est évident.
Le rapport de force n'est pourtant pas aussi favorable aux Israéliens qu'il a pu l'être dans le passé. La campagne BDS boycott, désinvestissement, sanctions gagne chaque jour en efficacité et l'épisode sanglant de la flottille de la liberté a révélé la nature criminelle du dernier Etat colonial de la planète. La voie de la résistance et de l'unité est effectivement le seul moyen de faire plier un ennemi de plus en plus isolé, même au sein de ses alliances historiques.
Les promesses sans lendemain et les engagements sur la comète sont le salaire habituel des éternels négociateurs de Ramallah. Le miroir aux alouettes masque efficacement la stratégie coloniale de Tel-Aviv. Mais les atermoiements et les déclarations lyriques auxquels sont abonnés les Palestiniens ne rebutent pas une Autorité en fort déficit de légitimité.
Marwan Barghouti a donc raison de mettre en garde contre des pseudo-négociations qui sont un instrument entre les mains de l'occupant pour la poursuite de la colonisation et de la judaïsation de Jérusalem. De sa prison, Marwan Barghouti fait preuve d'une lucidité qu'on aurait aimé trouver chez ses pairs «libres» de Ramallah.

Jeudi 2 septembre 2010

K. Selim


4 Michael Blum : « Pourquoi il faut négocier avec le Hamas »

nb Ndlr :La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage l'analyse de l'auteur, mais doit être vu comme information 

Un colon, journaliste, explique pourquoi il pense qu’il faut parler avec le Hamas (…)

Co-auteur avec Claire Snegaroff de l’ouvrage de référence sur les colons, Michael Blum, journaliste franco-israélien,réside lui-même à El’azar, une colonie de Cisjordanie. …

Au moment où les Etats-Unis tentent de relancer les pourparlers israélo-palestiniens, il nous explique pourquoi, selon lui, il est indispensable pour Israël de négocier avec le Hamas.

 « Alors qu’Israël s’apprête à reprendre des pourparlers avec l’Autorité palestinienne sous l’égide de l’administration américaine, on est en droit de se demander si ces négociations ont une chance de mener à la création d’un état palestinien.

La réponse est claire comme de l’eau de roche, il n’y a aucune chance que le dialogue entre Abbas et Netanyahou puisse contribuer à changer véritablement la situation dans la région, tant que la bande de Gaza est sous le contrôle du Hamas avec lequel il n’y aucun dialogue.

A l’heure actuelle, le Hamas et le Fatah n’arrivent pas véritablement à s’entendre pour former un gouvernement d’union nationale et quand Mahmoud Abbas qui a repoussé la date des élections dans les Territoires palestiniens négocie avec Netanyahou, on est en droit de se demander au nom de qui il parle. Et puis, diront certains, si le Fatah est incapable de négocier avec le Hamas, comment demander à Israël de s’asseoir avec les islamistes qui appellent de leurs vœux la destruction de l’Etat d’Israël.

En Israël, il n’est pas question de négocier avec le Hamas, car on ne parle pas avec des terroristes, or en 1993, quand le gouvernement a accepté de reconnaître l’OLP et de s’asseoir à la même table de négociations qu’Arafat, les dirigeants de l’OLP n’étaient pas moins « terroristes » pour les Israéliens que le sont les dirigeants actuels du Hamas.

Le Hamas ne reconnaît pas l’existence d’Israël, affirment certains Israéliens, mais je me demande en quoi Israël, 62 ans après sa création, a besoin d’être reconnu par le Hamas ?

Israël existe, et a gagné toutes les guerres contre ses voisins et en tant qu’Israélien, la reconnaissance du Hamas m’importe peu. Je suis en faveur d’un dialogue avec les véritables ennemis afin d’arriver à une paix durable dans la région. Parler avec le Hamas, c’est assurer qu’on négocie avec ceux qui apparemment dirigeront dans l’avenir l’ensemble des territoires palestiniens.

Je ne vois aucune différence fondamentale entre le Hamas qui refuse de reconnaître Israël et le Fatah qui refuse d’accepter le terme d’état juif auquel Binyamin Netanyahou tient tellement. On négocie avec le Hamas par l’intermédiaire de l’Egypte et du médiateur allemand pour l’échange de prisonniers contre Gilad Shalit, alors pourquoi ne pas poursuivre les négociations pour arriver à un modus vivendi dans la région ? Il faut négocier avec les islamistes du Hamas sur l’avenir de la bande de Gaza et des territoires palestiniens, sans faire de concessions risquant de mettre en péril l’avenir de l’Etat d’Israël, mais pour justement assurer un avenir meilleur aux Israéliens et aux Palestiniens. »

Michael Blum

Publié par Médiapart

2 septembre

http://alqods-palestine.blogspot.com/



3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

3-1 Israël usurpe les dépouilles des Palestiniens.

Après leur avoir usurpé leur terre et leur histoire, les Israéliens usurpent aux Palestiniens leurs dépouilles, en toute impunité.
Généralement, ce sont les cadavres des martyrs qui sont confisqués des dizaines d’années, durant lesquelles leur sort demeure inconnu pour leurs parents et proches.
C’est le cas par exemple d’Aïcha Abou Zour, ( 48 ans) qui lutte depuis 8 années pou la restitution du cadavre de son fils. En vain.
Ayant chargé un avocat pour au moins savoir où il se trouve, cette femme habitant de le camp de Ballata situé à l’est de la ville de Naplouse, n’est pas parvenu à bout de ses efforts.
« Je ne sais pas s’il est enterré dans le cimetière numéroté, ou s’il se trouve toujours dans les réfrigérateurs de la prison. Ils (les Israéliens) veulent se venger de nous, et nous punir collégialement, en raison de nos fils martyrs », a-t-elle confié au micro de la chaîne de télévision satellitaire qatarie alJazeera.
La restitution du cadavre du martyr Machour Arouri avait ravivé ses espoirs de voir bientôt celui de son fils. Les Israéliens avaient confisqué Arouri durant 34 années.
La libération de cette dépouille a été possible grâce aux récents efforts de la Campagne nationale pour restituer les cadavres des martyrs, dont le coordinateur Salem Khella affirme avoir entre les mains 317 cas similaires.
Les décomptes pas encore achevées ont été entamés depuis deux années, date à laquelle la Campagne a été lancée, après la décision de la Ligue arabe d’adopter le dossier des cadavres palestiniens, par le biais des ambassadeurs arabes. Menaçant entre autre de saisir la Cour internationale de La Haye.
De plus l’éventualité du vol d’organes de ces dépouilles est sérieusement prise en considération. L’année dernière, un journaliste suédois avait révélé pour le journal « Aftonbladet » le cas du martyr Bilal Ghanem tué en 1992, dont les parents soupçonnent l’entité sioniste d’avoir pillé ses organes avant de le leur restituer, « ouvert de la gorge jusqu’au ventre, puis très mal cousu ».
Ce qui explique les raisons pour lesquelles Israël prend son temps pour restituer les cadavres. Elle attend qu’ils soient assez décomposés pour ne rien laisser entrevoir.
http://www.almanar.com.lb

01/09/2010


3-2 Le Monde Diplomatique dévoile la plus grande base israélienne d’espionnage.

Croyez-le... il n'y a pas que le monde qui est sous surveillance, les Israéliens sont aussi bien surveillés. Surtout ceux qui luttent contre le sionisme.

Dans son numéro paru le mois de septembre, le mensuel français « Le Monde diplomatique »  dévoile dans un article intitulé ” Ici travaillent les espions israéliens” et signé par le journaliste néo-zélandais Nicky Hager l’existence d’une des plus grandes stations d’écoute de la planète . 

Elle se situe aux abords du désert du Néguev, à environ deux kilomètres au nord de la colonie d’Ourim, voire à une trentaine de kilomètres de la prison de Beer-Sheva — où les passagers de la « flottille pour Gaza » furent brièvement détenus après l’assaut sanglant du 31 mai dernier —, en direction de la bande de Gaza. 

Cette base, jamais dévoilée jusqu’ici, est constituée de lignes d’antennes satellites interceptant en secret appels téléphoniques, courriers électroniques et autres types de communications émis du Proche-Orient, d’Europe, d’Afrique et d’Asie .  

Interceptant les communications téléphoniques et les échanges de données qui transitent par satellite au-dessus de la région, ainsi que sur certains câbles sous-marins en Méditerranée, cette station est pilotée par l’Unité 8200, une structure de renseignement peu connue, bien que dotée de moyens très importants.

Le périodique français cite une ancienne soldate qui a servi à la base, et qui a déclaré que de puissants ordinateurs sont « programmés pour détecter certains mots et chiffres » dans les conversations téléphoniques, des emails, et d’autres formes de communication .  

Les données déchiffrées sont relayées pour traitement à une base de l’unité 8200 près d’Herzlia (au nord de « Tel-Aviv »), puis sont transmises au Mossad et aux unités de Tsahal .

 L’ancienne soldate précise que son travail consistait à intercepter les appels téléphoniques et les emails en anglais et en français. « C’était un travail très intéressant, qui était axé sur la localisation et l’identification de « communications non routinières ».

Comme chacun peut le constater sur Internet, les images satellites de ce lieu ne sont pas brouillées. L’œil averti y distingue sans peine tous les éléments caractéristiques d’un poste de surveillance électronique. Un grand cercle dans les champs indique l’emplacement d’une antenne de recherche de direction (HF/DF), destinée à l’observation maritime.

La base d’Ourim fut établie il y a des décennies afin de surveiller les communications internationales transitant par le réseau satellitaire Intelsat, relais téléphonique majeur entre différents pays. Son activité s’étendit aux liaisons maritimes (Inmarsat), puis grossit rapidement(…)

Dans ce contexte, le quotidien Haaretz, a notamment cité une interception téléphonique entre l’ancien  président égyptien Jamal Abdel Nasser et le roi jordanien Hussein Ben Talal, au premier jour de la guerre israélo-arabe en 1967.  

LE HEZBOLLAH ET L’UNITE 8200

 Par ailleurs, le quotidien israélien, Yediot Ahranot a révélé en 2009 les conclusions d’une enquête sur une opération du Hezbollah qui a été qualifié de « grande infiltration ».

Le quotidien rapporte que dans la nuit du 19 février 1999, les résistants du Hezbollah avait bombardé le siège de la milice de Lahed à Jezzine, puis ils s’y étaient infiltrés pour planter des engins explosifs, selon l’armée d’occupation israélienne.  

Alors que les milices de Lahed avaient démenti ces informations, insistant sur le fait que le siège avait seulement été bombardé, et que personne ne s’y était infiltré. Raison pour laquelle, l’armée d’occupation a ouvert une enquête.

Un talkie walkie retrouvé près du siège bombardé, a rapidement été expédié, par l’armée d’occupation au siège de l’unité 8200 afin d’intercepter les résistants du Hezbollah.  

Or, cet appareil qui n’a pas été examiné avant son entrée au siège de l’unité 8200, a explosé entre les mains des officiers qui essayaient de le faire fonctionner. Résultat: deux officiers ont  été blessés, dont l’un a perdu la main.  

Sources: Le Monde Diplomatique, AlManar, Haaretz, Yediot Ahranot , SIGNES DES TEMPS

 Al Manar TV,

6 septembre 2010

Posté par Adriana Evangelizt

http://palestine.over-blog.net:80/article-le-monde-diplomatique-devoile-la-plus-grande-base-israelienne-d-espionnage-56735793.html


3-3 Liberté pour Salah Hamouri.

Vendredi 3 septembre 2010

Les soussignés, membres du « Collectif national pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens » tiennent aujourd’hui 4 septembre à manifester solennellement leur indignation devant le fait que depuis 2.000 jours un jeune franco-palestinien de 25 ans, le jeune Salah Hamouri, est en prison dans les geôles israéliennes.

Il n’a commis aucun crime ni aucun délit mais malgré cela il a été condamné à 7 ans de prison par un tribunal militaire israélien d’occupation installé en pleine Cisjordanie.

De naissance franco-palestinien, il n’est« que » Français de jure du fait de l’occupation israélienne de Jérusalem-Est où il réside le prive de la dimension palestinienne de sa bi-nationalité comme sont privés de toute nationalité les Palestiniens vivant dans cette partie de la ville.

Tandis que les autorités françaises se sont portées « au secours » de tous les Français victimes d’arbitraires à l’étranger, dans le cas présent elles restent particulièrement silencieuses et le Président la république refuse même de recevoir, à la différence notable de tous les autres cas connus, Denise Hamouri, la mère de Salah.

Salah Hamouri est aujourd’hui le seul Français dans le monde à être en prison uniquement pour des raisons politiques, lui qui ne cache pas son refus de l’occupation israélienne des Territoires palestiniens occupés, inclus Jérusalem-Est.

Si rien n’est fait pour le libérer, entré en prison à l’âge de 20 ans, Salah Hamouri en sortira à l’âge de 27 ans. Ce n’est pas supportable pour lui ni pour ce que doit défendre la France sans aucune exclusive dans le monde : les droits de l’homme qui sont universels ou ne sont pas.

Le « deux poids, deux mesures » dont est victime Salah Hamouri de la part des autorités française n’a que trop duré.

Nous, soussignés, demandons avec force que celles-ci se mobilisent enfin réellement pour obtenir des autorités israéliennes, comme elles le peuvent, la libération de notre jeune compatriote. C’est la politique qui a mis Salah en prison. C’est la politique, et rien d’autre, qui l’en sortira.

Plus que jamais, en ce 4 septembre 2010, tandis que Salah Hamouri est en prison depuis 2.000 jours alors qu’il devrait être libre nous demandons au Président de la république et au gouvernement d’intervenir fermement pour obtenir la : Libération de Salah Hamouri !

Les premiers signataires :

Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hui (ACCA) - Alliance for Freedom and Dignity (AFD) - Américains contre la guerre (AAW) - Association des Tunisiens en France (ATF) - Association France Palestine Solidarité (AFPS) - Association Nationale des Elus Communistes et Républicains (ANECR) - Association pour les Jumelages entre les camps de réfugies Palestiniens et les villes Françaises (AJPF) - Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC) - Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP) - Collectif des Musulmans de France (CMF) - Collectif Faty Koumba : association des libertés, droits de l’Homme et non-violence - Collectif Judéo-Arabe et Citoyen pour la Paix (CJACP) - Collectif Paix Palestine Israël (CPPI Saint-Denis) - Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orient (CVPR PO) - Comité Justice et Paix en Palestine et au Proche-Orient du 5e arrt (CJPP5) - Confédération Générale du Travail (CGT) - Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) - Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (FASE)- Fédération Syndicale Unitaire (FSU) - Gauche Unitaire (GU) - La Courneuve-Palestine - Le Mouvement de la Paix - Les Alternatifs - Les Femmes en noir - Les Verts - Ligue des Droits de l’Homme (LDH) - Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté, section française de la Women’s International League for Peace and Liberty (LIFPL) - Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) - Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) - Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF) - Parti Communiste Français (PCF) - Parti de Gauche (PG) - Participation et Spiritualité Musulmanes (PSM) - Union Juive Française pour la Paix (UJFP) - Union syndicale Solidaires

Vendredi 3 septembre 2010

Source : Jean-Claude Lefort


3-4 Vacances militaristes en Israël, financées par la CAF.
Le Canard
Enchaîné vient de porter à la connaissance de ses lecteurs les vacances militaristes en Israël organisés par le Bétar, et financées par les Allocations familiales, après que nous ayons dénoncé le scandale.
Le Bétar, rappelle-t-on, fait sa pub pour ses camps d’été en mettant l’accent sur la formation militaire des jeunes, en indiquant qu’il est lui-même une association « enregistrée au ministère chargé de la Jeunesse et des Sports », et que le paiement peut être fait avec les bons de vacances de la Caisse des Allocations Familiales (CAF).
Le reportage du Canard, intitulé « Les jolies colonies de vacances franco-israéliennes », ou comment « les sionistes ultras du Bétar voulaient entraîner des ados au tir avec l’argent des allocs », rend compte de la surprise qui a apparemment saisi les administrations concernées, à la révélation de la manœuvre du Bétar.
Un responsable des Allocs a ainsi expliqué au Canard que quelque chose ne tournait pas rond. Ces bons de vacances sont en effet distribués sous une triple condition : faiblesse des ressources de la famille, neutralité philosophique, politique et religieuse du projet –« ce qui n’est pas exactement le cas du séjour proposé par le Bétar », note le journal avec humour-, et, surtout, l’habilitation des séjours par le ministère de la Jeunesse et des Sports.
Or, le séjour n’a pas cette habilitation ministérielle. « L’accueil sur une base militaire n’est pas un projet pédagogique à nos yeux », a déclaré au journal un représentant du ministère.
Interrogé par le Canard, un certain David, au nom du Bétar, n’y voit que « calomnie ». Non sans arrogance, celui-ci affirme que si le scandale n’avait pas été dénoncé, « la CAF aurait payé sans histoire ».
Les journées de tir, proposées dans le dépliant ? « On faisait ça pour leur faire plaisir, les remercier. En France, à cause de la mentalité pro-palestinienne, ça passe mal », ajoute ce fin analyste.
Mais le comme dit le Canard, « entraîner des ados à l’usage des flingues dans un pays en guerre, c’était pourtant un beau cadeau ».
L’hebdomadaire pro-Sharon « Actualité Juive » appelle de son côté à la défense de ce pauvre Bétar, victime d’une « campagne de calomnie ». Confirmant les enquêtes en cours au niveau de la CAF et de l’administration, le journal s’inquiète quelque peu de la situation, et décrète qu’il est « urgent de se mobiliser ».

http://www.egaliteetreconciliation.fr/Vacances-militaristes-en-israel-financees-par-la-CAF-3430.html

http://pensetouseul.unblog.fr/2010/04/28/vacances-militaristes-en-israel-financees-par-la-caf/


3-5 Pacbi : Pour un boycott d’Israël moralement cohérent.

" Suite à la récente annonce de l’inauguration d’un centre culturel à Ariel, quatrième colonie juive par son importance dans le territoire palestinien occupé, 150 personnalités universitaires, écrivains et intellectuels israéliens ont déclaré qu’« ils ne prendront part à aucune activité culturelle qui se déroulerait au-delà de la Ligne Verte, ne participeront à aucun débat ou séminaire ou conférence dans quelque cadre que ce soit à l’intérieur de ces colonies. » (1)

Quelques-uns sont même allés jusqu’à dire que toutes les colonies israéliennes construites en terre palestinienne occupée sont une violation de la Quatrième Convention de Genève et constituent donc un crime de guerre." 

Vigilance face aux tentatives de détourner ou récupérer la campagne de Boycott, Désinvestissements, Sanctions : un document important de la Campagne Palestinienne pour le Boycott Universitaire et Culturel d’Israël (Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel - PACBI) a été publié pour la première fois dans le n° de septembre 2010 du Bulletin du British Committee for Universities for Palestine (BRICUP) newsletter, puis repris par Electronic Intifada le Pacbi 

09, 2010
http://www.ism-france.org/news/article.php?id=14365&type=analyse&lesujet=Boycott7 septembre 2010.



4 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

4-1 Robert Fisk : Israël s'est glissé dans l'Union Européenne sans que personne ne s'en aperçoive
La mort de cinq soldats israéliens dans un accident d'hélicoptère en Roumanie cette semaine à peine fait les gros titres.

Il y avait un exercice OTAN-Israël.
Bon, d’accord. Maintenant, imaginez la mort de 5 combattants du Hamas dans un accident d'hélicoptère en Roumanie cette semaine.

Nous serions encore en train d’enquêter sur ce phénomène extraordinaire.

Maintenant, voyez-vous, je ne compare pas Israël et le Hamas.

Israël est le pays qui a massacré en toute légitimé plus de 1.300 Palestiniens dans la bande de Gaza il y a 19 mois – dont plus 300 étaient des enfants - alors que les vicieux, suceurs de sang et terroristes membres du Hamas ont tué 13 Israéliens (dont trois d'entre eux s’étaient entretués par erreur).

Mais il y a un parallèle.

Le juge Richard Goldstone, l'éminent juge juif sud-africain, a statué dans son rapport d’enquête de l'ONU de 575 pages sur le bain de sang à Gaza que les deux parties avaient commis des crimes de guerre - il fut, bien sûr, à juste titre, traité de «Méchant» par toutes sortes de supporters d'Israël aux Etats-Unis, à juste titre outrés ; son excellent rapport a été rejeté par sept gouvernements de l'UE - et donc une question se pose : Que fait l'OTAN quand il joue à des jeux de guerre avec une armée accusée de crimes de guerre?

Ou, plus précisément, que fait l'Union Européenne quand elle essaie de se mettre dans les petits papiers des Israéliens?

Dans un livre remarquablement détaillé – si ce n’est légèrement exaspéré – qui paraîtra en Novembre, l'infatigable David Cronin présentera une analyse au microscope de «nos» relations avec Israël. Je viens de terminer la lecture du manuscrit. Cela me laisse sans voix.

Comme il le dit dans sa préface, "Israël a développé des liens politiques et économiques tellement forts avec l'Union Européenne au cours des dix dernières années qu'il est devenu presque un État membre de l'Union sans le dire."
En effet, c’était Javier Solana, le sordide chef de la politique étrangère de l'UE (anciennement secrétaire général de l'OTAN), qui a effectivement déclaré l'an dernier qu'«Israël, permettez-moi de le dire, est un membre de l'Union Européenne sans être membre de l’institution ".

Pardon?

Etions-nous au courant?

Avons-nous voté pour cela?

Qui a autorisé que cela se produise?
Est-ce que David Cameron – qui soutient maintenant avec tant de force l’entrée de la Turquie dans l'UE – est d'accord avec cela? Probablement que oui, car il a continué à se déclarer lui-même être un ami "d'Israël" après que ce pays ait fabriqué une excellente série de faux passeports britanniques pour ses meurtriers à Dubaï.

Comme le dit Cronin, "la lâcheté de l'UE envers Israël est à l'opposé de ses positions fermes prises lorsque des atrocités majeures se sont produites dans d'autres conflits".

Par exemple, après la guerre russo-géorgienne en 2008, l'Union européenne a nommé une mission indépendante pour savoir si le droit international avait été bafoué, et a exigé une enquête internationale sur les violations des droits de l'homme après la guerre au Sri Lanka contre les Tigres tamouls.

Cronin n’esquive pas la responsabilité de l'Europe dans l'Holocauste juif et accepte qu'il y aura toujours un "devoir moral" pour nos gouvernements afin de s'assurer que cela ne se reproduise jamais - même si j’ai remarqué que Cameron avait oublié de mentionner l'Holocauste arménien en 1915 quand il a fait de la lèche aux Turcs cette semaine.

Mais ce n'est pas le sujet. En 1999, les ventes d'armes Britanniques à Israël - un pays qui occupe la Cisjordanie (et aussi Gaza) et qui construit des colonies illégales pour les Juifs et seulement pour les Juifs sur une terre arabe – s’élevaient à 11,5 millions de Livres; et en deux ans, cela avait presque doublé et s’élevait à 22,5 millions de livres. Cela comprenait des armes légères, des kits de grenades prêtes à monter et des équipements pour avions de combat et des chars.

Il y a eu quelques refus après qu’Israël ait utilisé des chars Centurion modifiés contre les Palestiniens en 2002, mais en 2006, l'année où Israël a massacré encore 1.300 Libanais, presque tous des civils, dans une autre croisade contre le « terrorisme mondial » du Hezbollah, la Grande-Bretagne lui a accordé plus de 200 licences d’exportation d'armes.

Bien sûr, certains équipements Britanniques vont en Israël via les États-Unis. En 2002, la Grande-Bretagne a donné un «affichage tête-haute» fabriqué par BAE Systems pour Lockheed Martin qui a été rapidement installé dans les chasseurs-bombardiers F-16 destinés à Israël. L'UE ne s'y est pas opposée. Il faut ajouter que la même année, les Britanniques ont accepté de former 13 membres de l'armée israélienne.

A l'époque de la guerre du Liban en 2006, des avions américains transportant des armes pour Israël ont été ravitaillés en carburant dans les aéroports britanniques (et, hélas, aussi dans des aéroports irlandais).

Au cours des trois premiers mois de 2008, nous avons encore accordé des licences d’exportation d’armes à Israël pour un montant de 20 millions de Livres - juste à temps pour l'attaque d'Israël contre Gaza. Les hélicoptères Apache utilisés contre les Palestiniens, dit Cronin, comportent des pièces fabriquées par SPS Aerostructures à Nottinghamshire, Smiths Industries à Cheltenham, Page Aerospace dans le Middlesex et Meggit Avionics dans le Hampshire.

Dois-je continuer?

Cela dit en passant, Israël a été félicité pour son aide "logistique" à l'OTAN en Afghanistan

– où nous tuons chaque année bien plus d’Afghans que les Israéliens tuent des Palestiniens en général

- ce qui n'est pas surprenant puisque le patron de l’armée israélienne Gabi Ashkenazi s’est rendu au siège de l'OTAN à Bruxelles pour plaider en faveur d'un rapprochement avec l'OTAN.

Et Cronin explique de façon convaincante un arrangement financier en "Palestine" extraordinaire - presque tellement beau que c’en est dégoutant. Les millions de livres de fonds de l'UE destinés à des projets dans la bande de Gaza. Ils sont régulièrement détruits par des armes israéliennes fabriquées aux Etats-Unis. Donc, ça fonctionne comme ça. Les contribuables européens casquent pour les projets. Les contribuables américains casquent pour les armes dont Israël se sert pour leur destruction. Ensuite, les contribuables de l'Union Européenne casquent pour tout reconstruire. Et puis, les contribuables américains ...

Voilà, vous avez compris. A propos, Israël a déjà un "programme de coopération particulier" avec l'OTAN, ce qui permet à Israël de faire partie des réseaux informatiques de l'OTAN.
Tout compte fait, il est bon d'avoir de notre côté un solide allié comme Israël, même si son armée est une canaille et que certains de ses hommes sont criminels de guerre. Alors à ce point, pourquoi ne pas demander aussi au Hezbollah de se joindre à l'OTAN : imaginez comment ses tactiques de guérilla seraient bénéfiques à nos gars dans le Helmand.

Et puisque les hélicoptères Apache israéliens tuent souvent des civils libanais – par exemple, une ambulance transportant des femmes et des enfants a été détruite en 1996, par un missile air-sol Hellfire AGM 114C de Boeing - espérons que les Libanais peuvent toujours saluer amicalement les gens du comté de Nottingham, du Middlesex, du New Hampshire et, bien sûr, de Cheltenham.
Robert Fisk

01-08-2010

Source : http://www.independent.co.uk
Traduction : MG pour ISM
http://www.ism-france.org/news/article.php?id=14204&type=analyse&lesujet=Armement%20isra%E9lien
  



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" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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