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25/09/2010

n° 454 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 24/09/ -: Fin :- : Vers une victoire de la résistance en Afghanistan.

n° 454 -  Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan  -  24/09/ -: Fin :- : Vers une victoire de la résistance en Afghanistan.



                          Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

                              Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan

   n°454                                                                                                                             24/09/10

                   C.De Broeder    &   M.Lemaire                       

 



Le Dossier " 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan " est visible  sur ...

a) Sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

 

c) Sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

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Sommaire :

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

(fin)

1-5 Tufail Ahmad et Y. Carmon : Vers une victoire de la résistance en Afghanistan.

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Un officier afghan se vantait de pouvoir «torturer» les prisonniers.

2-2 Ottawa a versé des compensations(…) de 650 000$ à des Afghans.


 

1-5 Tufail Ahmad et Y. Carmon : Vers une victoire de la résistance en Afghanistan.

nb Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

* -

5 septembre

Avec le début du retrait des troupes américaines d’Afghanistan en juillet 2011, le fragile État afghan dirigé par Hamid Karzaï semble voué à une prise de contrôle de la résistance.

I. Retrait des États-Unis – émergence du chaos et prise de contrôle par les talibans

Les Etats qui auront une influence sur la situation en Afghanistan sont : le Pakistan, les États-Unis, et dans une moindre mesure, l’Inde et l’Iran.

Une lutte de pouvoir interne et régionale en résultera.

En fait, les puissances régionales ont déjà entrepris de se positionner en prévision du retrait des Etats-Unis. Récemment, l’Inde s’est tournée vers l’Iran dans le but d’établir une position commune sur l’Afghanistan.

Et alors que les Etats-Unis souhaitent un retour de la présence russe en Afghanistan [1], l’ambassadeur de Russie à New Delhi s’élève contre le "retrait hâtif" des Etats-Unis’’ car celui-ci pourrait ouvrir les portes de "l’enfer’’. [2] La nouvelle situation en Afghanistan sera principalement caractérisée par le désordre : le gouvernement fédéral ne sera en mesure de gouverner qu’à Kaboul et dans quelques autres villes ; de vastes régions tomberont sous le contrôle des talibans, et divers dirigeants afghans manœuvreront pour combler le vide au pouvoir, cherchant à se positionner en successeurs de M. Karzaï, qui ne pourra pas briguer un nouveau mandat. Une instabilité qui rappelle la situation consécutive au retrait soviétique d’Afghanistan.

II. La survie de Karzaï - à court terme seulement …

Avec le vide que générera le retrait des forces américaines, Hamid Karzaï ne pourra demeurer au pouvoir que peu de temps. A la direction d’un État fragile, Karzaï deviendra la cible des talibans et des autres partis d’opposition. Les chances qu’à Karzaï de survivre à cette phase chaotique, et sa sortie de scène, seront largement déterminées par les négociations de paix secrètes, parrainées par les Etats-Unis, entre le gouvernement Karzaï et les talibans. Les activistes contrôlent déjà de vastes zones en Afghanistan et sont soutenus par l’ISI (Inter-Service Intelligence) au Pakistan, la force la plus puissante de la région La politique afghane du gouvernement Obama a connu trois phases :

a) pendant les premiers mois du mandat du président américain Barack Obama, les pourparlers de paix avec les talibans ont été encouragés ;

b) par la suite, les responsables se sont opposés à ce que Karzaï demeure au pouvoir et à toute négociation de paix, tant que les talibans n’auraient pas été militairement vaincus ;

c) finalement, ils ont contraint Karzaï à adhérer à ces forces hostiles et à coopérer avec le Pakistan, affaiblissant ainsi Karzaï.

Malgré les critiques des Etats-Unis relatives à la corruption de Karzaï, les chances de survie de Karzaï dans une phase de transition seront dans une large mesure déterminées par les aspects suivants :

a) Le soutien des alliés afghans Karzaï est soutenu par presque tous les anciens chefs de guerre et chefs moudjahidin ayant combattu contre les Soviétiques dans les années 1980, dont Burhanuddin Rabbani, Abd Al-Rab Rasul Sayyaf et Abdul Rashid Dostom. Un leader moudjahidine clé qui ne le soutient pas, Gulbuddin Hekmatyar du Hizb-e-Islami, participe aussi aux négociations de paix.

b) Le soutien des Etats-Unis et des forces de l’OTAN Le régime Karzaï profitera de la présence des troupes américaines qui demeureront peut-être en Afghanistan sous une autre forme. Les États-Unis et les pays de l’OTAN n’ont d’autre choix que d’oeuvrer avec Karzaï pendant cette période de transition – en adhérant au processus démocratique en Afghanistan.

c) Le soutien des institutions d’Etat en développement Les institutions d’Etat en Afghanistan telles que l’armée, la police et la justice, quoique faibles dans leurs premières années, renforceront la position de Karzaï de manière significative. Depuis près d’un demi-siècle, les élections sont devenues des plaques tournantes, laissant des traces irréversibles sur la vie de la nation. Bien que les élections présidentielles afghanes du 20 août 2009 aient été entachées par la corruption, les élections sont actuellement le seul processus démocratique mandaté par l’ONU en Afghanistan qui apporte sa légitimité au gouvernement. Les élections législatives du 18 septembre élargiront indirectement la base politique grâce à laquelle Karzaï pourra encore survivre quelques années.

d) Le soutien des alliés régionaux Karzaï recevra l’appui d’alliés régionaux tels que l’Inde (en raison de son opposition aux talibans et au Pakistan) et aussi l’Iran (en raison de son opposition aux talibans anti-chiites et à l’Etat sunnite du Pakistan). Bien que certains rapports fasse état du soutien de l’Iran à une partie des talibans, le fait est que l’Inde et l’Iran ont intérêt à l’instauration d’un Afghanistan indépendant. Ils préfèrent Karzaï pour l’heure, ou tout autre leader afghan fermement anti-taliban, comme l’ancien chef des renseignement Saleh Amrullah, à la prise de contrôle de Kaboul par des talibans djihadistes sunnites. Marginalisé par l’administration Obama, Karzaï a lui aussi cherché à se rapprocher de l’Iran dernièrement. e) Un facteur inattendu

Un facteur tout à fait inattendu pourrait aider le régime Karzaï à demeurer au pouvoir. En effet, après le retrait des États-Unis, les talibans vont s’imposer comme la force la plus puissante en Afghanistan et certains groupes pourraient tenter de marcher vers Islamabad pour s’emparer du pouvoir. Cette possibilité est presque devenue réalité en 2009, lorsque les talibans ont imposé la charia dans le district de Swat, au Pakistan, traversant en outre les districts avoisinants sur la route d’Islamabad.

Une tentative des talibans de se déplacer de l’Afghanistan vers le Pakistan pourrait contraindre les États-Unis à rester sur place en Afghanistan et à soutenir le gouvernement Karzaï.

III. La machine ISI-talibans et la menace pesant sur Karzaï

Karzaï a subi des pressions du gouvernement Obama pour coopérer avec le Pakistan dans le but de trouver rapidement une solution au problème afghan. De telles pressions de la part des États-Unis sont la conséquence directe de l’offensive diplomatique de l’establishment pakistanais visant à convaincre les responsables du gouvernement Obama d’accepter l’idée que la paix serait impossible en Afghanistan sans la coopération du Pakistan.

L’administration Obama s’est inspirée du point de vue de l’Inter-Services Intelligence’s (ISI) sur l’Afghanistan, en particulier en ce qui concerne le rôle de l’Inde dans le pays, ignorant que le cœur du problème n’est autre que soutien de l’ISI aux activistes. Sous la pression de l’administration Obama lors de sa visite de mai 2010 à Washington, Karzaï a accepté de coopérer avec le Pakistan. Toutefois, dans le cadre d’un débat au US Institute of Peace, Karzaï a souligné que la plupart des chefs talibans se trouvaient au Pakistan. [3] Son opinion selon laquelle les talibans sont contrôlés par l’ISI est connue internationalement. Contraint de coopérer avec le Pakistan sous la pression des États-Unis, Karzaï se trouve confronté à la politique à double tranchant de l’ISI qui, tout en jouant les médiateurs dans les pourparlers avec les talibans, encourage aussi les talibans à combattre. Il en résulte une forte influence des talibans dans toutes les provinces d’Afghanistan. Karzaï a toujours favorisé la réinsertion des activistes talibans de la base à la société afghane, contrairement au Pakistan qui privilégie la réconciliation avec les hauts responsables talibans. Sous la pression des États-Unis, Karzaï a été contraint d’attribuer un rôle important à l’ISI. Le principe du processus de réconciliation parrainé par l’ISI, c’est que certains dirigeants talibans définis par l’ISI intégreront le pouvoir à Kaboul dans le cadre d’une structure qui finira par remplacer Karzaï. Tant que le mollah Omar, l’émir de l’ Emirat islamique d’Afghanistan, aura des chances de revenir au pouvoir, Karzaï sera menacé. La coopération de l’ISI avec Karzaï est transitoire et tactique de nature. Il convient de garder à l’esprit que c’est l’ISI, et non pas le gouvernement civil élu d’Islamabad, qui dicte la politique étrangère du Pakistan. IV. L’influence du Pakistan Avec le départ des troupes américaines, le Pakistan verra son influence grandir en Afghanistan. Dans les années 1980, l’ISI, en collaboration avec la CIA, a établi une forte présence en Afghanistan, considérée par le Pakistan comme une arrière-cour stratégique. Après le retrait soviétique de 1989, plusieurs chefs de guerre afghans et de chefs moudjahidin se sont trouvés dans l’incapacité de former un gouvernement stable à Kaboul. Dans le milieu des années 1990, l’ISI a soutenu les talibans pour qu’ils rétablissent l’ordre et placent l’Afghanistan sous contrôle pakistanais. Aujourd’hui encore, les talibans sont contrôlés par l’ISI. La politique actuelle du Pakistan est le retour de force des talibans et la relance de la politique de profondeur stratégique en Afghanistan. Le Pakistan a du revenir sur sa reconnaissance diplomatique du régime des talibans après l’invasion américaine de l’Afghanistan en 2001. Il gardait toutefois espoir que les talibans reviendraient au pouvoir à Kaboul. Le Pakistan redoutait que lorsque les États-Unis quitteraient l’Afghanistan, en l’absence de règlement politique satisfaisant, il pourrait ne pas être en mesure de garantir ses intérêts dans le pays. Le Pakistan craint qu’un Afghanistan indépendant n’aborde la question de la démarcation de la frontière pakistano-afghane, que Kaboul ne reconnaît pas. Il redoute en outre que l’Afghanistan ne soulève la question des déplacements continus des talibans et des activistes d’Al-Qaïda de part et d’autre de la frontière.
La politique afghane du Pakistan et tous les engagements pris avec Karzaï sont coordonnées exclusivement par le duo de choc que constituent le général en chef Ashfaq Parvez Kayani de l’armée pakistanaise et le lieutenant général Ahmed Shuja Pasha, qui succède au général Kayani à la direction de l’ISI. Le souhait de longue date du Pakistan d’assister au retour des talibans à Kaboul semble proche de se réaliser. Alors même que le président afghan tente d’établir une relation avec l’ISI, il est peu probable que les militaires pakistanais acceptent un Afghanistan indépendant et cessent de considérer l’Afghanistan comme la profondeur stratégique du Pakistan, en d’autres termes comme un Etat client.

Ces dernières années, les dirigeants pakistanais se sont efforcés de rassurer les instances internationales, affirmant avoir renoncé à cette perception des choses. Toutefois, le Pakistan poursuit sa politique de profondeur stratégique, l’ISI estimant que l’Afghanistan ne devrait pas tomber sous influence indienne. L’ISI ne tolérera pas un leader comme Karzaï à long terme, compte tenu en particulier de ses liens étroits avec l’Inde, et aussi avec l’Iran ces derniers temps. Par conséquent, on peut s’attendre à ce que la machine ISI-talibans agisse contre Hamid Karzaï dès que les dirigeants afghans pro-pakistanais auront leur mot à dire au sein des organes du pouvoir de Kaboul. Il est à craindre en outre que la stabilité du nouvel État afghan ne soit d’emblée compromise et la vie de Karzaï mise en danger. La politique de l’armée pakistanaise pour faire revenir les talibans a réussi. Avec la politique américaine visant à contraindre Karzaï de collaborer avec le Pakistan, le chemin des talibans parrainés par l’ISI vers la prise de Kaboul est tout tracé. Quand les États-Unis se seront retirés d’Afghanistan, la voie sera libre pour le Pakistan à Kaboul. V. Les États-Unis se tournent vers le Pakistan - et l’Inde vers l’Iran Ces dernières années, l’Inde est devenue un allié important des États-Unis. Les deux pays ont des objectifs communs en Afghanistan. L’Inde a versé des centaines de millions de dollars dans des projets de reconstruction en Afghanistan. En novembre 2009, l’Inde a cessé de soutenir l’Iran au niveau international, votant comme les États-Unis à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour que le programme nucléaire iranien soit renvoyé au Conseil de sécurité des Nations unies. Toutefois, face à un gouvernement Obama qui s’appuie sur l’armée pakistanaise pour négocier la paix en Afghanistan, l’Inde se sent écartée des États-Unis, notamment au vu de la politique visant à affaiblir Karzaï. Contraint de collaborer avec le Pakistan, Karzaï se sent également écarté des l’Etats-Unis, et cherche des ouvertures du côté iranien. L’Inde a également manifesté sa désapprobation face aux négociations de paix entre Karzaï et les talibans par la médiation de l’ISI. L’Inde redoute qu’avec l’arrivée au pouvoir des talibans à Kaboul, les talibans pakistanais s’enhardissent et deviennent une menace régionale pour l’Inde. Le gouvernement indien est en outre préoccupé par le fait que les États-Unis continuent à coopérer avec le Pakistan malgré les révélations selon lesquelles l’ISI soutient les organisations d’activistes anti-américains qui nuisent à la politique américaine en Afghanistan. La conséquence de la politique du gouvernement Obama de soutien du Pakistan en Afghanistan est que l’Inde revient désormais sur sa position pro-américaine concernant les questions internationales. A l’occasion du Sommet sur la sécurité nucléaire à Washington D.C. en avril dernier, le Premier ministre indien Manmohan Singh a dit à Obama que les sanctions de l’ONU ne constituaient pas une réponse au programme nucléaire iranien [4].

Plus tard, le ministre indien des Affaires étrangères S. M. Krishna a rappelé le désaccord de l’Inde face à la position américaine sur le programme nucléaire iranien en accueillant favorablement et en public la décision iranienne d’envoyer son stock d’uranium faiblement enrichi en Turquie [5].

L’Inde a déclaré publiquement qu’elle ne renoncerait pas à ses engagements après le retrait d’Afghanistan des troupes américaines. L’Inde se tourne à présent vers l’Iran dans l’espoir de parvenir à une position commune sur l’Afghanistan. Les dirigeants indiens et iraniens ont accompli de nombreux voyages entre Téhéran et New Delhi ces derniers temps. Lors d’une réunion dans la capitale indienne au début du mois d’août, de hauts responsables iraniens et indiens ont convenu de contrer la menace d’une résurgence des talibans en Afghanistan.

L’Iran , courtisé par Karzaï et l’Inde, a gagné en influence en Afghanistan.

VI. Les options américaines
Quelles sont les options des États-Unis en Afghanistan ?

a) Laisser le chaos s’installer et permettre une prise de pouvoir des talibans Le chaos naissant en Afghanistan résulte de la perspective du retrait américain. Les États-Unis entendent, selon la promesse présidentielle, entamer le retrait des troupes américaines en juillet 2011. Cet objectif déclaré a déjà motivé les puissances régionales comme le Pakistan, l’Inde et l’Iran à se positionner de façon à façonner la structure du pouvoir émergeant en Afghanistan. Fait important : les attaques des talibans en Afghanistan ont augmenté et leur influence dans toutes les provinces est aujourd’hui considérable.

Pour la première fois depuis que les troupes américaines les ont délogés en 2001, les talibans seront prêts à revendiquer le pouvoir. Il est peu probable que les initiatives visant à négocier la paix avec les talibans atteignent leur objectif. Tout accord de paix avec les talibans ne fera que les enhardir davantage, les activistes n’ayant probablement aucune intention d’adopter la Constitution afghane. Un accord "Charia contre paix" conclu entre les talibans et le gouvernement pakistanais laïque les a enhardis au point d’avoir conduit les activistes à appliquer la Charia dans le district pakistanais de Swat, début 2009. Tel a été le résultat de tous les accords de paix conclus entre l’armée pakistanaise et les talibans dans la région tribale du Pakistan ces dernières années. Avec ou sans accord avec les talibans, l’Afghanistan se dirige vers un retour du chaos avec le départ des troupes américaines.
b) Reporter le retrait ou opter pour un retrait partiel Une autre option pourrait être de retarder le retrait des troupes américaines et de soutenir le combat des forces afghanes contre les talibans. Bien que cette option aille à l’encontre de l’engagement présidentiel des États-Unis d’entamer le retrait des troupes américaines d’Afghanistan, à l’heure actuelle, seul un retrait symbolique semble envisageable. Les nouvelles menaces de terroristes talibans contre les États-Unis peuvent justifier un report du retrait. Une autre possibilité serait que les troupes américaines se retirent non du pays, mais des casernes dans et autour de Kaboul et des autres grandes villes, si le gouvernement Karzaï est en mesure d’assumer certaines responsabilités sécuritaires. Si un retrait partiel pourrait préserver le processus démocratique existant, il pourrait toutefois encourager les talibans à lancer des attaques contre Kaboul jusqu’à la faire tomber. Les forces de sécurité afghanes ne sont pas assez puissantes pour faire face à la machine ISI-talibans. Les talibans semblent être en position de force pour réclamer le pouvoir après le départ des troupes américaine.

c) Déployer des troupes américaines dans la région tribale du Pakistan Au lieu de se retirer totalement, les troupes américaines pourraient être redéployées dans la région tribale pakistanaise. Contrairement aux attaques américaines de drones qui ont frappé certains commandants, les opérations militaires pakistanaises n’ont généralement pas permis d’abattre ou de capturer de hauts responsables talibans pakistanais ou afghans (établis au Pakistan). Le fait est que certains commandants pakistanais comme Maulana Fazlullah se sont dernièrement battus en Afghanistan. Le déploiement de troupes américaines dans la région tribale du Pakistan se justifierait par la nouvelle stratégie des talibans de combattre les Etats-Unis sur leur propre sol. L’échec de la tentative d’attentat du 1er mai 2010 à Times Square par Faisal Shahzad et la vidéo du chef taliban Hakimullah Mehsud menaçant de perpétrer des attaques en Amérique du Nord justifient le déploiement de troupes américaines au Pakistan. Une telle mesure serait farouchement contrée par le gouvernement pakistanais et ne pourrait se concrétiser qu’en cas d’attaques massives sur le sol américain émanant de cette région. Deux nécessités ressortent de ces trois options : celle de préparer le nouveau leadership en Afghanistan et celle de la création d’un fonds de stabilité.

Tout d’abord, il n’y a pas à l’heure actuelle de leader crédible susceptible de remplacer Karzaï, mais l’administration Karzaï et les États-Unis pourraient former de nouveaux dirigeants, en cas de tentative réussie d’attenter aux jours de Karzaï, ou de démission de ce dernier. Dans les circonstances actuelles, la menace pesant sur la vie de Karzaï semble réelle. Dans la perspective de pourparlers de paix avec la médiation de l’ISI, certains dirigeants afghans pressentent déjà l’avènement d’un nouveau régime à Kaboul et se sont rendus au Pakistan pour y chercher la bénédiction de l’ISI. Des dirigeants afghans comme Ustad Mohammad Mohaqiq, du parti Hizb-e-Vehdat, et le vice-président afghan Karim Khalili se sont récemment rendus au Pakistan pour se positionner comme successeurs potentiels de Karzaï. [6] D’autres dirigeants potentiels bénéficient du respect des Afghans, tels Ali Ahmad Jalali (ancien ministre de l’intérieur), Ashraf Ghani Ahmadzai (ancien ministre des Finances et candidat présidentiel) et Zalmay Khalilzad (ancien ambassadeur des Etats-Unis à Kaboul). Il est vital pour les Etats-Unis de se préparer à l’après-Karzaï. Cela peut se faire en partenariat avec M. Karzaï, à qui la Constitution afghane ne permet pas de briguer un troisième mandat. Deuxièmement, contrairement à ce qui s’est passé lors du retrait américain d’Afghanistan à la fin de la guerre froide, les États-Unis et ses alliés pourraient mettre en place un important fonds de stabilité visant à soutenir les forces de sécurité afghanes et les structures locales. Une telle démarche contribuerait au renforcement progressif des forces de sécurité afghanes.
VII. Perspectives - Quel avenir pour les talibans ?

Avec un pouvoir affaibli par le retrait des forces américaines, l’État afghan fragilisé de Hamid Karzaï se trouvera confronté à un groupe d’opposition fort dirigé par les talibans et le leader Hekmatyar du Hezb-e-Islami, qui bénéficie en outre du soutien de l’ISI.

Alors que l’administration Karzaï s’efforcera de tendre la main aux activistes, il est peu probable que les dirigeants idéologisés du mouvement taliban abandonnent leur objectif de création d’un émirat djihadiste en Afghanistan.

Les efforts des talibans en ce sens se trouveront renforcés par le retrait des troupes américaines, considéré comme une victoire par les djihadistes.

Avec la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan, l’expérience démocratique de ces dernières années touchera à son terme.

Le régime de Karzaï fera place à la machine ISI-talibans, une source de danger pour les États-Unis et les régimes arabes. Déjà, la politique afghane du Pakistan est arbitrée par le chef de l’ISI.

L’Afghanistan deviendra de nouveau un foyer pour les talibans et Al-Qaïda.

Les militants contrôlent déjà de vastes régions d’Afghanistan.

Après la prise de contrôle par les talibans, on pourra se poser la question du prochain objectif des talibans. La plupart des organisations d’activistes appartenant à la machine des talibans seront mobilisées par l’ISI contre l’Inde.

L’expérience pakistanaise montre que certains des groupes talibans sont motivés par des considérations idéologiques ; ces derniers poursuivront le djihad contre l’Occident.

Plusieurs d’entre eux, surtout au sein de la jeune génération, s’alignent sur Al-Qaïda et luttent aussi contre l’armée pakistanaise et l’Etat du Pakistan. La nouvelle génération de ces organisations d’activistes a pour objectif l’établissement d’un califat islamique. La meilleure solution pour les États-Unis et ses alliés internationaux en Afghanistan est probablement d’assurer la sécurité de Karzaï tout en formant des dirigeants à sa succession.

La décision du gouvernement Bush de soutenir le mouvement de Nouri Al-Maliki en Irak n’a pas fait que stabiliser l’Irak ; elle a empêché les djihadistes d’étendre leur influence aux pays voisins. Si le gouvernement Obama décidait de soutenir le gouvernement Karzaï en Afghanistan, il pourrait éviter au Pakistan de tomber entre les mains des talibans.

Notes : [1] Al-Hayat, Londres, le 22 mai 2010.

 [2] www.timesofindia.com , Inde, le 10 mai 2010.

 [3] www.state.gov , Etats-Unis, le 13 mai 2010.

 [4] www.rediff.com , Inde, le 14 avril 2010.

[5] www.timesofindia.com , Inde, le 21 mai 2010. [6] Roznama Mawa-i-Waqt, Pakistan, le 10 août 2010.

Tufail Ahmad et Y. Carmon* - MEMRI Middle East Media Research Institute

5 septembre

* Tufail Ahmad est directeur du projet en ourdou et pachto de MEMRI ;

Y. Carmon est président du MEMRI.

http://www.desinfos.com/spip.php?page=article&id_arti...



2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

2-1 Un officier afghan se vantait de pouvoir «torturer» les prisonniers.

À la suite de cette déclaration, le commandant à l'époque des troupes canadiennes en Afghanistan avait ordonné un arrêt immédiat des transferts de prisonniers afghans.

Un membre des services de renseignement afghans s'est vanté l'an dernier auprès de militaires canadiens que son organisation pouvait «torturer» ou «battre» des prisonniers pendant l'enquête dont ils faisaient l'objet.

Cet aveu figure dans des documents fédéraux. Il s'agirait de la première fois qu'un représentant de la Direction nationale de la Sécurité (DNS) afghane admet aussi candidement de telles choses, qui mettent évidemment les responsables canadiens dans l'embarras.(…) .

Des notes de synthèse obtenues par La Presse Canadienne montrent que les diplomates canadiens et les gardiens de prison de Kandahar tentaient en mai 2009 de vérifier la véracité de ces allégations.

Ces déclarations ont été faites le 9 mai lors d'une rencontre qui s'est déroulée à Kandahar et à laquelle assistaient les commandants terrestres.

Et selon les critiques, il s'agit là d'une autre preuve à l'effet qu'Ottawa ne devrait plus transférer de prisonniers aux autorités afghanes.

Les rapports dénonçant le recours à la torture des agences afghanes sont légions, mais ils sont généralement émis par des groupes de défense des droits de la personne, des agences humanitaires et les prisonniers eux-mêmes.

Du côté des services de renseignement, on est rarement aussi candide.

À la suite de cette déclaration, le commandant à l'époque des troupes canadiennes en Afghanistan, le brigadier-général Jon Vance, avait ordonné un arrêt immédiat des transferts de prisonniers afghans. Un tel ordre a été donné à deux autres reprises en 2009.

A l'automne, alors qu'il faisait face à un feu nourri en Chambre, le ministre de la Défense, Peter MacKay, avait reconnu que les transferts de prisonniers avaient été interrompus en mai 2009. Il n'avait cependant pas expliqué les circonstances à l'origine de cette décision, ni celles entourant un autre incident survenu un peu plus tard, au mois de septembre.

Le gouvernement Harper n'a reconnu qu'une seule chose: que l'interruption des transferts de présumés combattants afghans était reliée aux «allégations concernant le traitement» des prisonniers.

En septembre, les transferts avaient été interrompus à la suite d'une requête émanant des responsables des services de renseignement afghans, qui demandaient aux Canadiens de fournir davantage de preuves avant de détenir des présumés combattants.

Mais les allégations de torture du membre de la DNS ont forcé la tenue d'une rencontre extraordinaire le 12 mai 2009, selon un document de synthèse préparé pour le ministre MacKay.

Une vidéoconférence privée avait été organisée. Des représentants du ministère des Affaires étrangères, de la Défense nationale, des commandants militaires basés au Canada et en Afghanistan et des diplomates de Kaboul s'étaient entretenus avec le Bureau du Conseil privé - le ministère du premier ministre Harper.

Trois jours après, soit le 15 mai, le ministre MacKay recevait un sommaire qui appelait à une «réponse immédiate» étant donné «la nature sensible des allégations».

La réaction a été prompte.

Car quelques jours après avoir été mis au courant de cette déclaration, le ministère des Affaires étrangères a dépêché des fonctionnaires chargés de questionner six prisonniers capturés par des Canadiens qui étaient détenus dans un établissement de Kandahar géré par la DNS.

Ottawa a également promis de «doubler la fréquence de ses visites», indique un rapport écrit préparé pour le ministre des Affaires étrangères Lawrence Cannon.

L'ambassadeur qui était en poste à ce moment à Kaboul, Ron Hoffman, avait fait part de l'«inquiétude» du gouvernement canadien au gouvernement d'Hamid Karzaï.

De plus, l'information a été transmise à la Croix-Rouge internationale et à la Commission indépendante des droits de la personne d'Afghanistan, qui ont ouvert leurs propres enquêtes.

Le chef de la DNS de l'époque, Amarullah Saleh, a aussi accepté d'enquêter de son côté.

Les interrogatoires menés auprès des prisonniers dans la foulée de la déclaration incendiaire ont par ailleurs contribué à calmer le jeu.

«Si aucune allégation spécifique d'abus ou de mauvais traitements n'a été soulevée, un détenu a tout de même rapporté que durant son interrogatoire, il s'était senti menacé d'avoir dû rester debout pendant une longue période de temps car il souffrait d'une blessure au genou», indique le document remis au ministre MacKay.

L'absence de preuves avait amené les responsables canadiens à remettre en question les prétentions à l'origine de ce branle-bas de combat.

Ottawa avait décidé de garder le silence à ce sujet et de l'évoquer en public seulement si des questions étaient posées.

Une porte-parole de Peter MacKay avait affirmé que la gestion de cette crise prouvait que le système de surveillance des prisonniers développé par le Canada était efficace.

Les audiences publiques de la Commission d'examen des plaintes concernant la police militaire reprendront jeudi après une pause d'environ trois mois.

Son rôle est de déterminer ce que les policiers militaires savaient - et ce qu'ils ignoraient - au sujet de la torture dans les prisons afghanes.

08 septembre

http://www.cyberpresse.ca/dossiers/le-canada-en-afghanistan/201009/08/01-4313739-un-officier-afghan-se-vantait-de-pouvoir-torturer-les-prisonniers.php

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2-2 Ottawa a versé des compensations(…) de 650 000$ à des Afghans.

Le ministère de la Défense du Canada a versé plus de 650 000$ au cours des deux dernières années en indemnisations à des civils afghans pour les mortalités et les dommages causés par les opérations militaires canadiennes

Le ministère de la Défense nationale a versé «à titre gracieux» un peu plus de 650 000 $ au cours des deux dernières années en indemnisations à des civils afghans pour des décès ou des dommages causés par les opérations militaires canadiennes.

Pour l'année fiscale 2009, le ministère a payé à titre gracieux près de 206 000 $ en 102 versements, selon les rapports du receveur général du Canada. Les paiements oscillent entre 104 $ et 14 424 $.

Le ministère a aussi versé 77 703 $ la même année pour des réclamations de citoyens à l'État afghan.

En 2008, ce sont 217 462 $ qui avaient été versés pour ces réclamations à l'État, et 152 683 $ en compensations à titre gracieux - dont une indemnité unique de 55 117 $.

Le capitaine Yves Desbiens, porte-parole de la mission canadienne à Kandahar, a expliqué que même s'il n'y a pas de responsabilité légale de l'armée canadienne, ces versements à titre gracieux sont offerts dans l'intérêt de la paix, de la sécurité et de la politique publique.

Les noms des bénéficiaires et les circonstances entourant ces versements n'ont pas été dévoilés afin de préserver leur sécurité.

Même si cette pratique fait partie de la politique du ministère de la Défense depuis 2002, les documents des comptes publics pour les années fiscales précédant 2008 ne font pas état de paiements versés en Afghanistan.

En vertu du droit international, les pays impliqués militairement en Afghanistan ne sont pas responsables des préjudices ou des blessures causés par des opérations légitimes. L'organisation Campaign for Innocent Victims in Conflict (CIVIC), basée à Washington, a souligné que la plupart des membres de la Force internationale d'assistance à la sécurité offrent désormais de telles indemnités.

L'OTAN a publié un peu plus tôt cette année un guide à l'intention des pays qui voudraient offrir des compensations financières aux civils. En 2006, certains membres de l'organisation se sont regroupés afin d'uniformiser leurs méthodes de paiement mais le Canada maintient son propre système. Toute compensation supérieure à 2000 $ doit par ailleurs obtenir l'approbation du sous-ministre de la Défense nationale.

Le Canada accepte les documents signés par des aînés locaux en tant que preuve dans les réclamations, mais l'implication des militaires canadiens dans l'affaire doit être évidente. Ottawa verse également des compensations pour des événements survenus lors d'opérations menées conjointement avec l'armée nationale afghane.

«Lorsque nous avons commencé à faire pression sur les forces internationales pour qu'elles redonnent de la dignité aux Afghans à travers des compensations financières pour les morts, les blessés et les dommages matériels causés, nous avons dû faire de grands efforts pour les convaincre que les Afghans s'attendaient à recevoir ces sommes», a déclaré la porte-parole de CIVIC, Sarah Holewinski.

«C'est dans l'intérêt de nos soldats de prévenir une colère qui ne manquerait pas d'apparaître si nous ne reconnaissions pas leurs pertes.» Selon elle, il est impossible de gagner l'appui de la population et de stabiliser un pays si les tragiques pertes civiles sont ignorées.

Certains craignent que des gens abusent du système et que l'argent tombe aux mains des résistants talibans, mais Mme Holewinski estime que les chances qu'un tel scénario se concrétise sont réduites lorsque les procédures adéquates sont mises en place et que les forces militaires connaissent les communautés impliquées.

Un rapport dévoilé en juin par l'organisation Addressing Civilian Harm in Afghanistan révélait que certains pays n'ont que très peu d'informations sur les dommages qu'ils provoquent, et qu'ils encouragent parfois les civils à faire des réclamations.

Le nombre de victimes civiles du conflit en Afghanistan continue de grimper. Un rapport publié le mois dernier par les Nations unies révélait qu'au moins 1271 Afghans ont été tués et 1997 blessés dans les combats des six premiers mois de l'année.

06 septembre

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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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