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27/09/2010

n° 56 - Journal de PAKISTAN. - 20-08 au 25-09 : Début : - Le FMI veut saigner un Pakistan déjà ravagé par les inondations.

n° 56 - Journal de PAKISTAN. - 20-08 au 25-09 : Début : -  Le FMI veut saigner un Pakistan déjà ravagé par les inondations.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal de PAKISTAN.  

                                                                    n° 56- 20-08 au 25-09

     C.De Broeder & M.Lemaire                                                                                    

 



 Le "Journal de PAKISTAN" est visible sur les blogs :

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Avant propos

·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Sommaire.

Tiré à part :

Mohamed Belaali : L’humanitaire au service du capital : le cas du Pakistan.

Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

L'armée américaine a intensifié ces frappes aériennes transfrontalières depuis l'Afghanistan.

Le Pakistan au cœur des débats.

Sampath Perera : Le FMI veut saigner un Pakistan déjà ravagé par les inondations.

L’OTAN et le Pakistan sont prêts à approfondir le dialogue politique.

Fin

1 Au jour le jour

2 Positions

3 Politique

a) locale

b) Usa

4 Institutions internationales

4-1 VIDÉO : Le terrorisme: Outil de manipulation

4-2 Daniel Vanhove : Tenter de démêler le vrai du faux, au fil de l’info…



Tiré à part :

Mohamed Belaali : L’humanitaire au service du capital : le cas du Pakistan.

20 millions de Pakistanais, privés quasiment de tout, errent à travers un pays dévasté et ravagé par de violentes inondations.

La brutale montée des eaux a déjà laissé derrière elle plusieurs centaines de victimes. La famine commence à faire son apparition et menace des millions d’êtres humains.

La situation sanitaire est catastrophique.

Plusieurs millions d’enfants risquent d’être emportés par des maladies mortelles selon les Nations Unis. Ban Ki-moon, en visite dans le pays, disait lui-même qu’il n’avait « jamais vu une catastrophe d’une telle ampleur ». L’ampleur du désastre n’a d’égale que la profonde souffrance de la population pakistanaise livrée à elle-même. Mais si l’aide humanitaire se fait toujours attendre, le matériel militaire de l’OTAN pour la poursuite de la guerre contre les talibans en Afghanistan voisin circule, lui, normalement ! La sale guerre impérialiste passe avant l’aide humanitaire. Pire, pendant que les pakistanais affrontent, dans des conditions inhumaines, cette terrible catastrophe, l’armée américaine continue à bombarder le Nord-Ouest du pays faisant des dizaines de victimes civiles (1). Pour les États-Unis et leurs alliés, la population pakistanaise qui résiste à l’hégémonie impérialiste dans la région ne mérite aucune aide. L’humanitaire doit servir l’intérêt des puissances capitalistes.

Le grand spectacle humanitaire organisé par les pays impérialistes, leurs ONG, leurs sportifs, leurs artistes et leurs médias concernant le séisme haïtien contraste avec le silence, l’indifférence et le mépris avec lesquels la tragédie pakistanaise est traitée. C’est que le Pakistan n’est pas Haïti ! Et même dans le cas de ce dernier pays, plus de neuf mois après le terrible tremblement de terre du 12 janvier 2010, rien ou presque rien n’a été fait pour une population abandonnée à son triste sort alors que les troupes américaines et les ONG humanitaires par dizaines sont toujours présentes sur le sol haïtien. Mais au moins, on a réussi à transformer la tragédie haïtienne en un immense show humanitaire et médiatique (2).

Le drame pakistanais, lui, n’a été traité qu’avec parcimonie par les médias bourgeois. Et malgré une présence massive des grandes ONG (toutes dépendantes essentiellement des États occidentaux et de l’Union Européenne), l’aide humanitaire pour le Pakistan n’arrive qu’au compte-goutte. Ici nul spectacle humanitaire, nul appel aux dons lancé directement par les médias, nulle opération de relation publique des multinationales et nul battage médiatique.

La souffrance du peuple pakistanais se fait dans le silence.

Ironie du sort, le Pakistan est le principal producteur mondial des tentes humanitaires. Mais les industriels américains veulent remplacer les fabricants locaux et vendre aux pakistanais des tentes beaucoup plus chères : « Aider le Pakistan, aider Haïti sont des réactions humanitaires appréciables des États-Unis, surtout s’ils adoptent la stratégie « aide des USA, made in USA » écrivent-ils(3).

L’humanitaire c’est aussi du business, il s’arrête là où s’arrêtent également les intérêts des puissances impérialistes !

Il faut dire que sur l’échiquier international, le Pakistan occupe une position singulière à cause de son histoire mouvementée, de sa puissance nucléaire et de sa frontière avec l’Afghanistan.

Le Pakistan a été « Conçu à la hâte et mis au monde prématurément par une césarienne de dernière minute » disait Tarik Ali (4). Il a été également amputé du Cachemire toujours disputé par l’Inde et privé de sa partie orientale, le Bangladesh.

Le Pakistan a payé chèrement son indépendance nucléaire à cause du refus américain.

Le gouvernement démocratiquement élu d’Ali Bhutto, le père de l’arme nucléaire pakistanaise, fut renversé par un coup d’État militaire dirigé par le général-dictateur Zia avec la bénédiction des États-Unis. Ali Bhutto fut jugé et exécuté en 1979.

En 1999, un nouveau coup d’État porte au pouvoir un autre général-dictateur, Pervez Mucharraf, le ferme soutien des américains dans la région (on le surnommait d’ailleurs dans le pays... Busharraf !).

Benazir Bhutto, fille d’Ali Bhutto, fut assassinée à son tour en 2007 et de lourds soupçons pèsent toujours sur Mucharraf dans cet assassinat.

Au total depuis sa création en 1947, le pays a connu pas moins de quatre coups d’État militaires.

Il est inutile de préciser que la main de Washington est derrière, pour ainsi dire, tous ces événements majeurs qui ont fortement bouleversé ce pays.

Aujourd’hui, l’Afghanistan voisin est toujours occupé par les puissances impérialistes menées par les américains. La résistance afghane, de mieux en mieux organisée, de plus en plus unie, porte des coups décisifs aux armées d’occupation.

Le Pakistan entretient avec cette résistance des relations ambiguës et complexes.

En tout cas, les pays occidentaux soupçonnent fortement l’armée pakistanaise et ses services secrets, les fameux Inter-Services Intelligence (ISI), de coopérer avec les talibans pakistanais et surtout afghans.

En effet, le Pakistan tient à garder ses vieilles relations avec ces derniers dans le but de préserver ses intérêts stratégiques et surtout de ne pas laisser le champ libre à une autre puissance nucléaire, l’Inde son ennemi de toujours.

Car les américains, tôt ou tard, seront contraints de quitter l’Afghanistan : « Si l’Amérique s’en va, le Pakistan est très inquiet d’avoir l’Inde à sa frontière Est et l’Inde en Afghanistan à sa frontière Ouest » (5). Le gouvernement pakistanais redoute que l’Inde développe, après le départ des américains, des relations privilégiées avec les talibans afghans. Rappelons tout de même que de 1947 à 1999 le Pakistan et l’Inde, deux puissances nucléaires, se sont livrés quatre guerres successives. Islamabad considère en quelque sorte l’Afghanistan comme sa chasse gardée.

Le Pakistan n’est pas prêt à abandonner ses relations, même ambiguës, avec les talibans nonobstant les pressions fortes des États-Unis.

En tout cas, les pakistanais sont présentés à l’opinion publique occidentale, comme les amis de ces grands méchants talibans barbus, cruels et primitifs.

Nous les civilisés de l’occident capitaliste, nous n’allons tout de même pas apporter notre secours aux amis de nos ennemis ! Notre humanité a des limites.

Ces deux peuples (afghan et pakistanais) se retournent aujourd’hui contre nous alors que grâce à nos valeureux soldats, nous essayons de leur apporter démocratie et prospérité tout en protégeant leurs femmes.

Les quelques bombes qui tombent de part et d’autre de leur frontière commune et qui font des victimes innocentes ne sont que des erreurs, des bavures bien évidemment...

Et notre présence « là-bas », c’est pour leur bien, n’est-ce-pas ? On leur construit des écoles, des hôpitaux, des routes etc. Mais ces barbares ne comprennent rien à rien ! Il ne comprennent que le langage de la force : « Nous n’avons pas le droit de renoncer à défendre nos valeurs. Nous n’avons pas le droit de laisser les barbares triompher »(6).

Mais derrière la diabolisation du pakistanais et de l’afghan, comme d’ailleurs du cubain, de l’iranien, du palestinien, du nord-coréen, de l’irakien etc. se cachent des intérêts impérialistes. Car ces mêmes « barbares » de talibans, on les appréciait bien et on les appelait même les Moudjahidines de la liberté lorsqu’ils combattaient la présence soviétique en Afghanistan (1979-1989) ! Pour faire barrage à l’armée russe, les américains ont financé, entraîné et armé ces « combattants de la liberté » et le Pakistan devint leur allié privilégié dans la région.

Ainsi le civilisé d’hier est devenu le barbare d’aujourd’hui ! Seule la bourgeoisie, pour ses intérêts, est capable d’un tel exploit. Les ennemis comme les amis d’ailleurs ne sont jamais permanents ; seuls les intérêts sont permanents !

L’humanitaire dans un ordre économique, social et politique profondément injuste qui n’accorde aucune valeur à la vie humaine, ne peut que servir les puissances capitalistes qui l’instrumentalisent cyniquement pour leurs seuls intérêts.

A bas l’humanitaire capitaliste !

Vive la solidarité entre les peuples !

Mohamed Belaali

(1) http://www.latribune-online.com/mon...

(2) L’humanitaire au service du capital:le cas de Haïti

(3) lemonde.fr/idees/article/2010/09/06/l-aide-au-pakistan

(4) Tariq Ali « Le choc des intégrismes », Textuel, 2002.

(5) Déclaration de Tariq Fatemi, un ex-ambassadeur du Pakistan, au New York Times.

Cité in www.wsws.org

(6) rue89

Mohamed Belaali

13 septembre 2010

URL de cet article : http://www.legrandsoir.info/L-humanitaire-au-service-du-capital-le-cas-du-Pakistan.html



Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge

L'armée américaine a intensifié ces frappes aériennes transfrontalières depuis l'Afghanistan.

L'armée américaine a intensifié ces frappes aériennes transfrontalières depuis l'Afghanistan dans le but de tuer des militants, mais beaucoup de civils sont aussi été tués dans ces attaques.

D'après certaines sources, le ratio des victimes de ce genre d'attaques est de 25 civils pour un militant.

Source: xinhua

08-09

les résistants taliban ont repris leurs offensives.

Ils ont juré de lancer de nouvelles attaques en représailles à des raids menés par des drones (avions sans pilote) américains contre les zones tribales.

"Les Américains lancent des attaques de drones avec l'aval du Pakistan et nous réagirons par des  attaques kamikaze  contre les forces de sécurité, la police et les bâtiments officiels", a déclaré à Reuters un porte-parole des taliban, Azim Tariq.

"Les attaques de drones ont tué des dizaines de femmes et d'enfants innocents mais l'Amérique n'a exprimé aucun regret", a-t-il ajouté.

http://www.lepoint.fr/

 

13-09

En 2009, les drones américains ont tiré plus de 70 salves de missiles sur le nord-ouest du Pakistan, tuant plus de 600 personnes: des cadres et combattants des talibans pakistanais, afghans et d'Al-Qaïda, mais surtout de nombreux civils, selon les militaires pakistanais.

RIA NOVOSTI

13.9.2010

 15/09

Les frappes américaines se multiplient depuis le début du mois.
Les avions sans pilote ont ainsi attaqué 12 fois en 12 jours dans le Waziristan du Nord

Depuis le 3 septembre, les salves de missiles y ont tué au moins 71 personnes, des insurgés selon des officiers, mais surtout des civils, selon d'autres sources

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/



Le Pakistan au cœur des débats.

Sampath Perera : Le FMI veut saigner un Pakistan déjà ravagé par les inondations.
Exploitant sans honte le désastre humanitaire causé par six semaines d'inondations, le Fonds monétaire international (FMI) refuse d'accorder au Pakistan des fonds promis en 2008 dans le cadre d'un prêt tant qu'Islamabad n'aura pas appliqué des changements de politiques considérables – changements qui réduiront encore plus les revenus des travailleurs appauvris du pays.

Au début de l'été, le Pakistan était censé recevoir une tranche de 1,3 milliard de dollars faisant partie d'un prêt total de 11,3 milliards.

Mais le FMI en a reculé la date du transfert après qu'Islamabad ne fut pas parvenu à atteindre divers objectifs de performances fixés par le FMI.

Après cela, plus de 20 millions de personnes et 79 des 124 districts administratifs du Pakistan ont été touchés par les inondations de la vallée de l'Indus.

Le bilan actuel donné par le gouvernement de 1700 morts est faible comparé au tsunami de 2004 dans l'océan Indien ou au tremblement de terre de janvier dernier à Haïti. Mais des millions de gens affamés et sans abri restent à la merci des maladies et, par bien d'autres aspects, cette catastrophe pakistanaise dépasse de loin ces tragédies.

En début de semaine, Maurizio Giuliano du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires a qualifié les inondations d’« une des pires catastrophes humanitaires de l'histoire des Nations unies, en termes de nombre de personnes auxquelles il faut porter assistance et aussi de région concernée ».

Selon Giuliano, au moins dix millions de personnes sont actuellement sans abri. Une grande partie de l'infrastructure physique du pays, dont environ 1000 ponts et 4000 kms d'autoroutes, a été détruite et 23 pour cent au moins des récoltes de fin d'été et début d'automne du pays ont été détruites.

Les eaux ne s'étant pas encore totalement retiré, en particulier dans le sud du Sind, et les pertes des foyers et des entreprises commençant tout juste à être comptées, les estimations des dégâts ne sont que des approximations. Cependant, ces estimations gouvernementales, se montant à 43 milliards de dollars, représentent déjà près d'un quart du PIB annuel du Pakistan.

De plus, les inondations auront un effet durable sur l'économie du Pakistan, notamment sur la disponibilité et le prix de la nourriture et du coton, lesquels sont vitaux pour l'industrie textile pakistanaise, qui constitue sa plus importante source de revenus à l'exportation. Et cela se produit dans une situation où, même avant les inondations, un Pakistanais sur quatre, soit 45 millions de personnes, souffrait de malnutrition.

La semaine dernière, l'agence de notation Moody's Investor Service a changé son avis sur les cinq plus grandes banques du Pakistan, de stable à négatif, en raison des inquiétudes sur le fait qu'elles pourraient être fragilisées par des prêts peu performants. Nondas Nicolaides, un responsable des analyses à Moody's, a déclaré au Financial Times britannique que « Ce seront surtout les secteurs agricoles et textiles [qui seront touchés par les inondations], mais nous nous attendons à ce qu'un effet indirect se développe sur le système bancaire. »

Dans une crise sociale et économique aussi grave, les responsables pakistanais espéraient que le FMI pourrait être persuadé d'assouplir ses critères pour accorder la sixième tranche du prêt conclu en 2008. Mais lorsqu'ils ont rencontré les dirigeants du FMI à Washington dix jours durant à la fin août et au début de ce mois, ils ont été sèchement éconduits.

Selon un article publié le 8 septembre dans Dawn, les autorités du FMI ont adopté « une position très ferme » durant les négociations, affirmant « Que le conseil de direction du FMI n'a pas l'intention d'étudier la demande de fonds supplémentaires du Pakistan tant que celui-ci n'aura pas fait des progrès tangibles » quant à l'application des restructurations économiques dictées par le FMI.

Les négociations se sont terminées avec le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, déclarant cela publiquement dans des termes pratiquement aussi directs.

Strauss-Kahn a indiqué que la délégation pakistanaise, dirigée par le ministre des Finances Abdul Hafeez Shaikh, a promis d'appliquer les diktats du FMI – y compris la suppression des subventions sur le prix de l'énergie et l'imposition d'une taxe générale sur les ventes. Mais il a déclaré que le FMI n'accorderait pas un centime des 2,6 milliards de dollars restant à verser sur le prêt de 11,3 accordé en 2008 tant qu'Islamabad n'aura pas effectivement réalisé sa promesse d'appliquer les réformes exigées.

Le directeur général du FMI a déclaré que la performance du gouvernement du Pakistan serait évaluée à nouveau à la fin de l'année pour déterminer si les réformes avaient été menées à bien et que seulement dans ce cas une nouvelle tranche serait transférée à Islamabad.

« Notre dialogue avec le Pakistan sur l'actuel arrangement en attente avance », a déclaré Strauss-Kahn, « et les autorités ont exprimé leur intention d'appliquer des mesures pour terminer la cinquième révision du programme dans le courant de l'année. »

« Nous resterons en contact étroit durant l'avancée de ces efforts. La réalisation de la cinquième révision [des objectifs fixés par le FMI] nous permettra de débourser 1,7 milliard supplémentaire. »

Le directeur général du FMI a dit qu'il recommanderait au conseil de direction du FMI de prêter au Pakistan 450 millions de dollars issus du Programme d'assistance d'urgence en cas de catastrophe naturelle pour aider Islamabad à porter secours aux victimes des inondations.

Mais avec une bonne partie du Pakistan en ruine – et avec près d'un tiers du budget du pays déjà consacré au remboursement des dettes – cela ne constitue qu'une maigre consolation.

La position de Strauss-Kahn a été soutenue par la Banque mondiale, qui tout comme le FMI est une organisation sous contrôle des États-Unis, dominée par les Occidentaux.

Dans une déclaration du 1er septembre, après avoir rencontré le ministre des Finances Shaikh, le président de la Banque mondiale Robert B. Zoellick a souligné le besoin pour Islamabad d'appliquer des réformes libérales avant tout. « Nous avons besoin, a dit Zoellick, de répondre fortement à cette crise, mais nous devons le faire sans perdre de vue les réformes économiques importantes. »

Il s'est ensuite lancé dans une menace contre le gouvernement pakistanais et la population du Pakistan, déclarant « La réponse des donateurs pour les inondations dépendra également de la capacité du gouvernement à faire ce qu'il a promis sur ce point. »

Les secours à apporter aux millions de victimes des inondations du Pakistan constituent ainsi pour les institutions financières impérialistes une arme qu'ils brandissent pour pousser à des réformes libérales qui faciliteront l'extraction du profit par les capitaux nationaux et, encore plus, internationaux.

Comparé à l'ampleur du désastre, le Pakistan n'a reçu qu'une aide au compte-gouttes de la part des gouvernements du monde. La banque mondiale, pour sa part, a accordé 1 milliard de dollars à Islamabad pour financer à la fois les aides immédiates et la reconstruction à long terme. Mais tout cet argent a été pris dans d'autres programmes existants de la Banque mondiale pour le Pakistan.

Les réformes exigées par le FMI et la Banque mondiale incluent :

— La transformation d'une taxe générale sur les ventes en une TVA à 15 pour cent. Cette nouvelle taxe transférant le fardeau des entreprises sur les travailleurs.

— L'élimination complète des subventions sur le prix de l'énergie. Jusqu'ici, le gouvernement s'était engagé à augmenter le prix de l'électricité d'au moins 25 pour cent en trois phases de 6 mois à partir du 1er octobre. (La Banque mondiale et la Banque pour le développement de l'Asie avaient estimé plus tôt dans l'année qu'une augmentation de 49 pour cent serait nécessaire pour réaliser la promesse du gouvernement de mettre fin à toutes les aides sur l'électricité.)

— L'autonomie totale de la banque centrale du pays et l'arrêt des prêts de la banque au gouvernement.

La coalition dirigée par le Parti du peuple pakistanais qui forme le gouvernement actuel du Pakistan a signé à plusieurs reprises des promesses au FMI sur cette politique de droite et sur d'autres comme des privatisations accrues. Elle l'a encore fait la semaine dernière.

Après la réunion à Washington, le ministre des Finances Shaikh a déclaré, « je veux réaffirmer l'engagement du gouvernement du Pakistan envers le programme de réforme économique, lequel inclurait une austérité fiscale ; une mobilisation des ressources domestiques ; une réforme des structures de gouvernance, y compris des entreprises du secteur public ; et un environnement favorable au secteur privé. Nous nous sommes engagés pour ce programme parce que c'est la voie à suivre pour garantir une reprise forte et se remettre sur la trajectoire de la croissance. »

Le gouvernement pakistanais se rend cependant compte qu'il est assis sur une poudrière sociale.

C'est pourquoi il renâcle à mener des changements de politique économique dont l'effet immédiat serait d'alimenter l'inflation et de réduire la production. L'application de la TVA a été repoussée à plusieurs reprises et est actuellement prévue pour le 1er octobre, récemment le gouvernement a annulé l'augmentation des prix de l'électricité prévue pour le mois prochain.

Même avant les inondations de cet été, les journaux pakistanais regorgeaient de commentaires sur les troubles sociaux dus à la faim montante et à l'inégalité sociale ainsi qu'à la désaffection de la population pour un gouvernement civil qui a fondamentalement poursuivi la politique de la dictature militaire à la solde des États-Unis qui l'avait précédé. Cela inclut entre autres la collaboration de plus en plus rapprochée avec les États-Unis dans la guerre en Afghanistan et contre les milices pachtounes alliées aux talibans au nord-ouest du pays.

Ces inondations qui ravagent la vie de millions de Pakistanais ont aussi clairement mis en évidence l'incompétence, l'indifférence et la corruption du gouvernement et des élites dirigeantes dans leur ensemble, ce qui renforce encore plus les craintes de ces élites qu'il n'y ait un soulèvement social.

Mais, tout comme l'élite pakistanaise s'est montrée prête, dans la poursuite de son alliance mercenaire avec l'impérialisme des Etats-Unis, à plonger une grande part du pays dans la guerre civile, elle finira par se plier aux pressions du FMI et de la Banque mondiale et à appliquer des réformes économiques aux conséquences sociales incendiaires dans les mois qui viennent.

(Article original paru le 10 septembre 2010)

Sampath Perera
17 septembre

Source : WSWS
http://www.wsws.org/...

 

L’OTAN et le Pakistan sont prêts à approfondir le dialogue politique.

Extrait du site officiel de l'OTAN

7 juin 2010

Le 4 juin, le premier ministre pakistanais, M. Yousouf Raza Gilani, accompagné d’une délégation importante composée de responsables gouvernementaux et de parlementaires, est venu en visite au siège de l’OTAN. Il a rencontré le secrétaire général de l’OTAN, M. Anders Fogh Rasmussen, et a pris la parole devant le Conseil de l’Atlantique Nord.

Les débats ont principalement porté sur la lutte contre le terrorisme, les relations entre l’OTAN et le Pakistan, et la situation sur le plan de la sécurité en Afghanistan et dans la région.

Le secrétaire général et le premier ministre Gilani se sont accordés à reconnaître que l’OTAN, le Pakistan et l'Afghanistan partageaient un intérêt commun : venir à bout du terrorisme, qui menace la région et la communauté internationale.

M. Fogh Rasmussen a félicité le Pakistan pour les efforts importants et les réels sacrifices qu’il consent dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Il a par ailleurs salué la manière dont le premier ministre s'investit personnellement pour améliorer les relations du Pakistan avec les pays voisins, ces relations étant essentielles pour la stabilité de la région. « Il est en outre crucial que le Pakistan et l’Afghanistan unissent leurs efforts afin de contrer une menace qui fait fi des frontières », a-t-il déclaré.

En ce qui concerne les relations entre l’OTAN et le Pakistan, le secrétaire général et le premier ministre ont reconnu qu’il était nécessaire que l’OTAN et le gouvernement pakistanais approfondissent leur coopération et leur dialogue politique.

Le premier ministre Gilani a déclaré : « Nous sommes satisfaits de constater que l’OTAN et le Pakistan poursuivent leurs consultations et leurs contacts réguliers, y compris au plus haut niveau, sur toutes les questions d’intérêt commun. […]

Nous aimerions continuer à coopérer avec l’OTAN sur toutes les questions qui nous préoccupent tous deux, en particulier celles en rapport avec la guerre contre le terrorisme. »

Le secrétaire général a convenu avec le premier ministre que l'OTAN et le Pakistan devraient élargir leur dialogue politique. « Et personnellement, j'attache une très grande importance au dialogue avec les parlementaires, comme celui que nous avons eu aujourd’hui », a-t-il ajouté.

Plusieurs rencontres à haut niveau ont eu lieu récemment entre l’OTAN et le Pakistan, dont les visites au siège de l’Alliance effectuées par le président Asif Ali Zardari en juin 2009 et par le ministre des Affaires étrangères Makhdoom Shah Mehmoud Qureshi en février 2010. M. Robert Simmons, secrétaire général adjoint délégué de l’OTAN, s’est en outre rendu à Islamabad en mai 2010 pour procéder à un échange de vues avec les autorités pakistanaises sur une série de questions d’intérêt commun.

RIA NOVOSTI

14.9.2010


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