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22/10/2010

N° 554 - Dossier de Palestine - 21-10 - : Début : - : La reconnaissance d'Israël comme Etat juif est dur à vendre.

N° 554 - Dossier de Palestine - 21-10 - : Début   : - : La reconnaissance d'Israël comme Etat juif est dur à vendre.



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources                                 



Dossier de Palestine

N° 554                                                     21-10

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 


Sommaire

Tiré a part

Shimon Peres obligé d’annuler sa visite au Maroc : le roi refuse de le recevoir.

Les brèves

1-1 Delanoë pris à partie pour son apologie de l’occupation israélienne

2 Dossier

2-1 Marc Delteil : La reconnaissance d'Israël comme Etat juif est dur à vendre.

2-2 Sondage : Près de 2 Israéliens sur 3 pour l'allégeance à un "Etat juif" .

2-3 Gidéon Lévy : La république juive d’Israël.

2-4 Alain Gresh : Juifs ou Israéliens ?

2-5 Al-Zahhar : Le Fatah approuve la vision du Hamas concernant la commission des élections et l'OLP.

Suite  

2-6 Le cabinet israélien adopte l’allégeance des candidats non juifs à la citoyenneté israélienne à l’« État juif ».  

2-7 Arnon Soffer : Le déclin de la population juive en Israël.

Fin

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1 Le sionisme ne passera pas, le BDS aura sa peau ! Le combat continue.

3-2 Le boycott d’Israël par l’Afrique du Sud.

3-3 Ronnie Ksrils : Le boycott d’Israël par l’Afrique du Sud.

3-4 Sami Hermez : Réponse à celles et ceux qui critiquent le mouvement de boycott.

3-5 Alima Boumediene-Thiery : "Le lobby sioniste n’a pas à faire sa loi en France".

3-6 Mohammad Sawalha : « Nous attendons depuis une semaine à Lattaquié le feu vert de l'Égypte »…

3-8 Silvia Cattori : Un bateau Swiss Made pour Gaza.

3-9 De Londres à Gaza.



Tiré a part

Shimon Peres obligé d’annuler sa visite au Maroc : le roi refuse de le recevoir.

Ndlr : La publication de l’article ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur, mais doit être vu comme information

Mohammed VI vient de faire savoir à Peres qu’il ne pouvait pas le rencontrer lors de sa prochaine visite au Maroc, ce qui a amené ce dernier à annuler sa visite dans ce pays.

Pas du tout en odeur de sainteté Israël !

Même Mohammed VI n’ose se compromettre en le rencontrant la semaine prochaine, à l’occasion d’un forum économique mondial. C’est dire !

Du coup, Peres qui avait annoncé comme incontournable d’être reçu par le chef d’Etat de chacun des pays où il se rendait, n’a plus qu’à rester en compagnie de ses amis de l’extrême-droite israélienne.

Le prix nobel de la paix, apparait désormais pour ce qu’il est : le représentant d’un Etat raciste, dont la colonisation rime avec extermination.

20 octobre

http://www.inversalis-productions.eu:80/blog/2010/10/shimon-peres-oblige-d'annuler-sa-visite-au-maroc-le-roi-refuse-de-le-recevoir/

 

Processus de paix avec les Palestiniens : les travaillistes lancent un ultimatum.

Ndlr : La publication de l’article ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur, mais doit être vu comme information

Les travaillistes israéliens exigent du premier ministre Benyamin Nétanyahou des progrès dans le processus de paix avec les Palestiniens, ou ils quitteront le gouvernement en janvier, a prévenu mercredi à Paris le ministre israélien des Minorités, Avishai Braverman.

Interrogé par des journalistes à l'issue d'une table ronde, le ministre a clairement indiqué que «d'ici janvier», et même s'il n'a pas mis de «chronomètre», il attendait «des décisions claires pour aller de l'avant».

«S'il n'y a pas de mouvement constaté dans le processus de paix, nous allons forcer le parti travailliste à bouger. L'heure tourne», a-t-il dit.

«Formellement je ne l'ai pas déclaré, mais vous pouvez écrire que Braverman a clairement l'intention d'être candidat pour la direction du parti travailliste», a-t-il dit, s'exprimant le jour du quinzième anniversaire de l'assassinat de l'ancien premier ministre Yitzhak Rabin, dont il entend respecter la vision de paix.

M. Braverman a fustigé «la législation stupide» adoptée par le gouvernement, contraignant les candidats non juifs à la citoyenneté israélienne à prêter allégeance à «l'État juif et démocratique d'Israël», et annoncé sa volonté de la combattre.

Estimant qu'il faut revenir dans les négociations de paix «au coeur du sujet» qui est celui des questions de sécurité et des frontières de 1967, il a regretté que le problème des implantations juives soit passé au premier plan aujourd'hui.

M. Braverman a suggéré «un gel sur la poursuite des constructions des colonies pendant 4 à 5 mois», avec la formation d'une «commission» incluant des observateurs palestiniens, israéliens et américains, chargée d'étudier certaines autorisations au cas par cas.

«Si nous n'acceptons pas courageusement de bouger vers la partition de la Terre sainte, les Nations unis pourraient finalement déclarer l'existence d'un seul État à l'ouest du Jourdain, et Israël pourrait devenir un État inconfortable avec une majorité arabe, une minorité juive, et sans démocratie», a-t-il jugé.

Les travaillistes israéliens exigent du premier ministre Benyamin Nétanyahou des progrès dans le processus de paix avec les Palestiniens, ou ils quitteront le gouvernement en janvier, a prévenu mercredi à Paris le ministre israélien des Minorités, Avishai Braverman.

Interrogé par des journalistes à l'issue d'une table ronde, le ministre a clairement indiqué que «d'ici janvier», et même s'il n'a pas mis de «chronomètre», il attendait «des décisions claires pour aller de l'avant».

«S'il n'y a pas de mouvement constaté dans le processus de paix, nous allons forcer le parti travailliste à bouger. L'heure tourne», a-t-il dit.

«Formellement je ne l'ai pas déclaré, mais vous pouvez écrire que Braverman a clairement l'intention d'être candidat pour la direction du parti travailliste», a-t-il dit, s'exprimant le jour du quinzième anniversaire de l'assassinat de l'ancien premier ministre Yitzhak Rabin, dont il entend respecter la vision de paix.

 M. Braverman a fustigé «la législation stupide» adoptée par le gouvernement, contraignant les candidats non juifs à la citoyenneté israélienne à prêter allégeance à «l'État juif et démocratique d'Israël», et annoncé sa volonté de la combattre.

Estimant qu'il faut revenir dans les négociations de paix «au coeur du sujet» qui est celui des questions de sécurité et des frontières de 1967, il a regretté que le problème des implantations juives soit passé au premier plan aujourd'hui.

M. Braverman a suggéré «un gel sur la poursuite des constructions des colonies pendant 4 à 5 mois», avec la formation d'une «commission» incluant des observateurs palestiniens, israéliens et américains, chargée d'étudier certaines autorisations au cas par cas.

«Si nous n'acceptons pas courageusement de bouger vers la partition de la Terre sainte, les Nations unis pourraient finalement déclarer l'existence d'un seul État à l'ouest du Jourdain, et Israël pourrait devenir un État inconfortable avec une majorité arabe, une minorité juive, et sans démocratie», a-t-il jugé.

Agence France-Presse

2010

http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/pourparlers-de-paix/201010/20/01-4334280-reprise-des-negociations-les-travaillistes-lancent-un-ultimatum-a-netanyahou.php?utm_source=bulletinCBP&utm_medium=email&utm_campaign=retention



Les brèves

Ndlr : La publication de l’article ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse ou point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information

1-1 Delanoë pris à partie pour son apologie de l’occupation israélienne.

 « Invité par le maire de Bourg-en-Bresse, Jean-François Debat, le maire de Paris a dû faire face aux questions de jeunes défenseurs de la cause palestinienne

Tout était pourtant prévu pour que la rentrée politique de la section PS de Bourg soit une fête, hier soir à la MJC. Musique, toasts, décorations en rouge et noir avec la rose et le poing… Même la qualité de l’invité d’honneur promettait un feu d’artifice d’intelligence et de pertinence socialiste. Bertrand Delanoë, maire de Paris, l’un des chouchous des Français, l’un des présidentiables au sein de la planète gauche, avait répondu à l’invitation de son ami Jean-François Debat, maire de Bourg, vice-président de la Région. Et cela malgré la grève des trains.

Un joli programme, mais chamboulé à l’arrivée par de jeunes défenseurs de la cause palestinienne. Parfaitement organisés, installés aux points stratégiques de la grande salle, ils ont interpellé à tour de rôle l’élu parisien sur la situation politique en Israël et en Palestine « . (….) »
BDS: Bertrand Delanoé Sanction

20 octobre

http://www.inversalis-productions.eu:80/blog/2010/10/delanoe-pris-a-partie-pour-son-apologie-de-l'occupation-israelienne/



2 Dossier

Ndlr : La publication de l’article ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse ou point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information

2-1 Marc Delteil : La reconnaissance d'Israël comme Etat juif est dur à vendre.

Au catalogue du 'bazar moyen-oriental' des exigences et conditions de paix, Benjamin Netanyahu a ajouté un nouvel article: la nécessité pour les Palestiniens de reconnaître Israël en tant qu'Etat juif.

 Une exigence exclue par le président palestinien, Mahmoud Abbas.

Le Premier ministre israélien en a fait lundi la condition préalable à la mise en œuvre de la reconduction du moratoire sur la construction de nouvelles colonies juives en Cisjordanie, exigée par les Palestiniens pour poursuivre les pourparlers de paix directs.

Ce moratoire partiel de 10 mois, concédé par Benjamin Netanyahu sous la pression de Washington pour favoriser la reprise du dialogue direct entre les deux camps interrompu depuis l'hiver 2008-09, a expiré fin septembre sans que le chef du gouvernement israélien accepte sa reconduction tacite.

Le président palestinien, Mahmoud Abbas, qui a du coup suspendu le dialogue, a exclu sur-le-champ la nouvelle exigence de Benjamin Netanyahu, à savoir "que les dirigeants palestiniens affirment sans équivoque qu'ils reconnaissent Israël comme la patrie du peuple juif".

Selon l'entourage de Mahmoud Abbas, non seulement elle heurte les 20% d'Israéliens d'origine arabe et dénie de facto le "droit au retour" des réfugiés des guerres de 1948 et 1967, mais en outre elle n'a jamais été imposée à l'Egypte et à la Jordanie avant de conclure la paix avec Israël.

"LES PALESTINIENS PAS PRÊTS"

Que Benjamin Netanyahu, soumis aux pressions de Washington pour que les pourparlers de paix débouchent sur du concret, cherche à obtenir des Palestiniens une concession de fond en échange d'un simple décision administrative de sa part nourrit le scepticisme des observateurs sur les chances de progrès du processus.

Mais cette anicroche dissimule un enjeu fondamental.

De source israélienne, on dit Benjamin Netanyahu soucieux de trancher le nœud de 60 ans de conflit, en le représentant comme le résultat du combat des Juifs pour être reconnus en tant que peuple à part entière avec des droits nationaux sur leur patrie historique.

"Ce n'est pas à cause des colonies qu'il n'y pas de paix. C'est à cause de la réticence des leaders arabes palestiniens, depuis l'aube du sionisme, d'en arriver ne serait-ce qu'à une partition du territoire" (de la Palestine), a assuré le vice-Premier ministre israélien Moshe Yaalon.

"Ils ne sont pas prêts à proclamer que ce serait la fin du conflit et le classement des revendications visant Israël", a-t-il soutenu au micro de la radio de l'armée, sous-entendant que le rejet par Abbas de la nouvelle exigence de Netanyahu équivalait à un aveu en ce sens.

La demande de reconnaissance d'Israël comme Etat juif avait été formulée initialement par Ehud Olmert, le prédécesseur de Netanyahu, et approuvée à l'époque par le président George Bush mais Washington s'est gardé jusqu'à présent d'exiger une telle concession palestinienne, même si Barack Obama a lui-même évoqué l'"Etat juif d'Israël"

"OFFRE DE SUICIDE POLITIQUE À ABBAS"

Ayant dû céder le contrôle de Gaza au Hamas en 2007 et confronté au maillage intense des colonies en Cisjordanie, Mahmoud Abbas éprouve des difficultés à ancrer les contours du futur Etat arabe palestinien et peu nombreux sont ceux qui le voient, dans ces conditions, reconnaître la judaïté de l'Etat d'Israël.

Très critiqué par le Hamas et certains dirigeants arabes radicaux pour sa supposée faiblesse dans les tractations avec Israël, le président palestinien est en outre peu susceptible de brader à Israël cette carte de négociation majeure que constitue le renoncement au droit au retour des réfugiés de 1948.

Les Palestiniens s'inquiètent aussi du statut des Arabes israéliens, cette population de la Palestine du mandat restée sur place après la proclamation de l'indépendance d'Israël, qui s'est présenté dès 1948 comme un "Etat juif" qui respecte les droits civiques de ses minorités musulmanes et chrétiennes.

L'intérêt porté par les Palestiniens à leurs frères arabes israéliens irrite au plus haut point les dirigeants de l'Etat juif, prompts à voir dans leur présentation par les médias palestiniens comme des Arabes "vivant sous occupation" une preuve de la mauvaise fois de Mahmoud Abbas.

Pour Akiva Eldar, commentateur au journal de gauche israélien Haaretz, l'exigence de Benjamin Netanyahu revient à proposer un "suicide politique au leader palestinien" alors qu'il s'efforce de satisfaire les Etats-Unis et de calmer l'indignation de ses alliés arabes envers Israël.

"TERRIBLE ERREUR DE NETANYAHU"

Le gouvernement israélien s'est prononcé dimanche en faveur d'un projet de loi qui exige que tout candidat à la citoyenneté israélienne promette loyauté "à l'Etat juif et démocratique d'Israël", une initiative visant, selon les commentateurs, à complaire à la frange la plus radicale de l'électorat de Netanyahu.

Ce dernier attendrait en retour de ce texte qui ne concerne pas les Arabes israéliens, parce que non-rétroactif, un soutien du parti d'extrême droite de son chef de la diplomatie, Avigdor Lieberman, à la poursuite du processus de paix avec les Palestiniens.

Le ministre (travailliste) des Minorités, Avishay Braverman, a dénoncé une "terrible erreur" de la part de Netanyahu et une provocation contre les Arabes israéliens, ajoutant: "Dans le monde, l'opinion publique se dressera pour l'essentiel contre nous, une fois de plus. Et pourquoi ? Parce que Netanyahu doit calmer Lieberman."

Akiva Eldar prédit que Barack Obama ne reprendra pas à son compte la nouvelle exigence israélienne, laissant l'Etat juif en assumer seul les conséquences négatives pour les perspectives de paix. De fait, tout en considérant l'enjeu comme stratégique pour Israël, Moshe Yaalon a reconnu que cette revendication serait "dure à vendre".

Marc Delteil pour le service français

12/10

(Reuters/Amir Cohen)

http://fr.news.yahoo.com/4/20101012/twl-palestiniens-israel-38cfb6d.html


2-2 Sondage : Près de 2 Israéliens sur 3 pour l'allégeance à un "Etat juif" .

Israël - Sondage: 36% des Juifs israéliens sont contre le droit de vote des non-juifs (marge d'erreur de 4,5%)

Près de deux Israéliens sur trois sont favorables à un amendement controversé approuvé par le gouvernement, exigeant des candidats à la naturalisation qu'ils prêtent allégeance à "Israël, Etat juif et démocratique", selon un sondage publié vendredi.

Environ 63% des des personnes interrogées dans cette enquête publiée par le quotidien Yediot Aharonot, et même 69% au sein de la majorité juive, soutiennent ce projet, dont le principe a été avalisé le 10 octobre par le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le texte, qui n'a pas encore été rédigé, devrait concerner uniquement les candidats non-juifs, les juifs du monde entier ayant droit d'office à la nationalité israélienne en vertu de la "loi du Retour".

Par ailleurs, 36% des personnes interrogées au sein de la population juive israélienne sont "contre le droit de vote des non-juifs", 62% en faveur du maintien de ce droit et 2% sans opinion, selon le sondage.

Le parti ultranationaliste Israël Beiteinou du ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, très favorable à un tel serment, avait fait campagne aux élections de 2009 sous le slogan "Pas de citoyenneté sans loyauté".

Cet amendement inquiète les Arabes israéliens, qui constituent 20% de la population.

Le sondage a été réalisé cette semaine par un institut indépendant sur un échantillon représentatif de 500 personnes avec une marge d'erreur de 4,5%.

15 oct 2010

(AFP) - 

rétroactes: http://fr.groups.yahoo.com/group/suffrage-universel/message/4882

http://www.la-croix.com/afp.static/pages/101015092842.vfwewj2b.htm


2-3 Gidéon Lévy : La république juive d’Israël.
 
Un destin qui va dépendre d’une prestation de serment à un état juif... Cela peut transformer le pays en une théocratie, comme l’est l’Arabie Saoudite.Rappelez-vous de ce jour. C’est le jour où Israël peut changer de nature. Il peut aussi par conséquent changer son nom au profit de « République juive d’Israël », comparable à la République islamique d’Iran.

Certes, le projet de loi de serment de fidélité que le Premier ministre Benjamin Netanyahu tente de faire passer ne concerne soi-disant que les nouveaux arrivants qui ne sont pas juifs, mais il affecte le sort de chacun d’entre nous.

A partir de maintenant, nous allons vivre dans un nouveau pays, uniformisé, ethnocratique, théocratique, nationaliste et raciste. Quiconque imagine que cela ne l’affecte pas se trompe. Il y a une majorité silencieuse qui accepte cela avec une apathie inquiétante, comme pour dire : « Je me fiche de ce pays où je vis ». Aussi toute personne qui pense que le monde continuera à se référer à Israël comme à une démocratie après cette loi, ne comprend pas de quoi il s’agit. C’est une nouvelle étape de franchie qui nuit gravement à l’image d’Israël.

Le premier ministre Netanyahou va prouver aujourd’hui qu’il est en fait un leader d’Yisrael Beinteinu. Les dirigeants Avigdor Lieberman, ministre de la Justice et Yaakov Neeman, vont certifier qu’il est vraiment un membre loyal du parti Israël Beitenou. Le parti travailliste va prouver qu’il n’est rien de plus qu’un paillasson. Et aujourd’hui, Israël va prouver qu’il se fiche de tout.

A présent un projet de loi sur le serment de fidélité, et demain une la loi sur un serment de loyauté. Le barrage va maintenant craquer, menaçant de noyer les restes de la démocratie, jusqu’à nous laisser peut-être avec un Etat juif d’un genre que personne ne comprend vraiment mais qui ne sera certainement pas une démocratie. Ceux qui exigent ce serment de fidélité sont ceux qui détournent le sens de la loyauté envers l’État.

Lors de sa prochaine session, la Knesset doit débattre de près de 20 autres projets de loi anti-démocratiques. Au cours du week-end, l’Association pour les droits civils en Israël a publié une liste noire dans l’actuelle législation :

 une loi de fidélité pour les membres de la Knesset

 une loi de fidélité pour la production cinématographique -une loi de fidélité pour les organismes sans but lucratif 

 une loi plaçant la catastrophe palestinienne, la Nakba, hors-la-loi 

 une loi interdisant les appels au boycott, et un projet de loi pour la révocation de la citoyenneté.

C’est une tournure maccarthyste dangereuse de la part de législateurs ignorants qui n’ont même pas commencé à comprendre ce qu’est la démocratie. C’est dangereux, même si seulement une partie de ces projets se transforme en lois, parce que notre destin et notre nature vont changer.

Ce n’est pas difficile de comprendre le duo Netanyahu-Lieberman. Comme nationalistes forcenés, on ne s’attend pas à ce qu’ils comprennent que la démocratie ne signifie pas seulement la loi de la majorité, mais d’abord et avant tout des droits pour les minorités. C’est beaucoup plus difficile de comprendre la complaisance de la foule. Les places des villes auraient dû être aujourd’hui remplies de citoyens qui ne souhaitent pas vivre dans un pays où la minorité est opprimée par des lois draconiennes, telles que celle qui les obligent à prêter un faux serment à un État juif. Mais étonnamment, presque personne ne semble se sentent concerné.

Pendant des décennies, nous avons futilement discuté de savoir qui est juif. A présent la question de qui est juif ne va pas disparaître. Qu’est-ce que « l’Etat de la nation juive » ? Appartient-il plus aux Juifs de la Diaspora qu’à ses citoyens arabes ? Vont-ils décider de son sort, et l’appeler une démocratie ? Est-ce que les ultra-orthodoxes de la secte Neturei Karta, qui s’opposent à l’existence de l’État, ainsi que des centaines de milliers de Juifs qui ont évité de venir y faire ce qu’ils veulent ? Qu’est-ce qui est juif ? Des fêtes juives ? Un régime casher ? Le poids accru de l’establishment religieux, comme s’il n’y avait pas assez de lui pour fausser la démocratie ? Prêter serment à un Etat juif va décider du sort de chacun. Il est susceptible de transformer le pays en une théocratie, comme l’est l’Arabie Saoudite.

Certes, pour le moment, c’est un slogan ridicule et creux. Il n’y a pas trois Juifs qui pourraient se mettre d’accord sur ce à quoi ressemble un Etat juif, mais l’histoire nous a appris que des slogans vides peuvent ouvrir la voie vers l’enfer. En attendant, la nouvelle loi proposée ne fera qu’augmenter l’aliénation des Arabes israéliens et aboutira à l’aliénation de segments beaucoup plus large de la population [aliénation est à prendre ici dans son sens de « perte de liens » - N.d.T].

C’est ce qui se passe quand le feu couve encore sous le tapis, le feu de l’absence de foi en la justice de ce que nous faisons. Seul un tel manque de confiance peut produire une loi aussi grotesque que celle proposée aujourd’hui et sans aucun doute approuvée demain. Le Canada n’a pas besoin que ses citoyens prêtent serment à l’État canadien, et aucun autre pays n’exige un acte similaire. Sauf Israël. Et cela est fait soit pour provoquer encore plus la minorité arabe et la pousser à un plus grand manque de loyauté, de façon à ce que vienne un jour pour finalement se débarrasser d’elle, soit pour faire échouer la perspective d’un accord de paix avec les Palestiniens. D’une façon ou d’une autre, à Bâle lors du premier congrès sioniste en 1897, l’Etat juif a été fondé comme l’a dit Théodore Herzl, et aujourd’hui, c’est la République juive d’Israël qui sera fondée.

Source : Haaretz

12 octobre 2010

Traduction : Info-Palestine http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9524

http://www.michelcollon.info:80/La-republique-juive-d-Israel.html


2-4 Alain Gresh : Juifs ou Israéliens ?

 « Une majorité d’Israéliens pour la reprise de la colonisation en Cisjordanie », tel est le titre d’une dépêche en provenance de Jérusalem et datée du 14 septembre.

On y lit que plus de la moitié des personnes interrogées (51%) « estime que le Premier ministre Benjamin Netanyahu doit ordonner la reprise de la construction à l’issue de ce moratoire le 26 septembre. 39% sont favorables à la poursuite du gel partiel de la colonisation et 10% sont sans opinion ». Ce sondage a été réalisé par le quotidien israélien Yediot Aharonot.
Le petit problème, c’est que les personnes interrogées sont les seuls Israéliens juifs, ce qui veut dire qu’on n’a pas demandé leur avis aux quelque 1,5 million de Palestiniens citoyens de l’Etat d’Israël, soit environ 20 % de la population. Le titre de la dépêche de l’AFP est donc factuellement faux, mais il illustre bien ce que veut dire le terme « Etat juif », un Etat dans lequel les citoyens non juifs n’ont pas voix au chapitre.
Durant le processus d’Oslo, un certain nombre de députés de droite avaient exigé du gouvernement Rabin que toute décision importante sur l’avenir des territoires occupés, pour être adoptée, doive disposer au parlement d’une « majorité juive », c’est-à-dire ne prenant pas en compte les députés palestiniens.
Il est vrai qu’il n’existe pas, pour Israël, de nationaux israéliens, mais seulement des citoyens juifs ou des citoyens non juifs.
Né à Varsovie, ayant passé deux années dans le camp de concentration de Bergen-Belsen, Israël Shahak avait émigré en Palestine en 1945. Professeur de chimie à l’Université hébraïque de Jérusalem, il devint président de
la Ligue des droits de l’homme et du citoyen en 1970. Dans un livre courageux publié en français en 1975 et intitulé Le Racisme de l’Etat d’Israël, ouvrage dont on peut se demander s’il trouverait un éditeur aujourd’hui, il posait la question : « Qu’est-ce qu’un “Etat juif” ? » (Guy Authier, 1975) et esquissait la réponse suivante :
« La majorité des écrits concernant Israël et l’essentiel de ce qui se dit à son propos hors de ses frontières souffrent d’une lacune fondamentale : ils ignorent le fait que l’Etat d’Israël n’est – ni en principe ni en fait – un Etat israélien, ni un Etat des Israéliens ; c’est un Etat juif. »
Aucune statistique, poursuivait-il, ne concerne les Israéliens :
« Non seulement il n’existe pas d’Israéliens en Israël, mais les animaux et les plantes elles-mêmes sont divisés en juifs et non-juifs. Officiellement, l’Etat d’Israël recense et classifie les vaches et les moutons, les tomates ou le blé en produits “juifs” et “non-juifs”. »
Il fallait toute l’ignorance de Bernard Kouchner pour parler de « peuple israélien » auquel l’Europe devait garantir « sa sécurité et son identité juive » (« A quand l’Etat palestinien ? », Le Monde, 23 février 2010).
Israël est la seule démocratie qui opère une distinction entre citoyenneté et nationalité : tous les titulaires de la citoyenneté (ezrahut) ont, en principe, des droits égaux, mais seuls certains, les juifs, bénéficient de la nationalité (le’um). En 1970, Shimon Agranat, président de
la Cour suprême, a confirmé que l’on ne pouvait pas parler de « nationalité israélienne », car il n’existait pas de nation israélienne séparée de la nation juive et qu’Israël n’était même pas l’Etat de ses citoyens juifs, mais celui des juifs du monde. Uzi Ornan, professeur de linguistique, a intenté une action en 2000 pour inverser ce jugement, mais les chances d’aboutir sont faibles.
On comprend mieux pourquoi les Palestiniens ne peuvent reconnaître le caractère juif de l’Etat d’Israël, qui entérinerait le statut de seconde zone accordé aux Palestiniens de cet Etat. Et on peut s’étonner que les dirigeants américains ou européens, ainsi que de nombreux intellectuels, exigent de l’Autorité palestinienne qu’elle se plie aux injonctions israéliennes.

Alain Gresh

vendredi 17 septembre


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