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28/10/2010

n° 77 - 'Géopolitique et stratégie ' des Guerres de l'Otan. - 27-10 - : Fin : La guerre froide est finie, la course aux armements continue...

n° 77 - 'Géopolitique et stratégie ' des Guerres de l'Otan. - 27-10 - : Fin   : La guerre froide est finie, la course aux armements continue...



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



'Géopolitique et stratégie '

des

Guerres de l'Otan.

n° 77- 27-10

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

2 Annexe

2-1 "Le succès appelle le succès : les prochaines étapes des relations avec la Russie"

Petite revue de presse sur la dernière mouture du « concept stratégique »

 



2 Annexe

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

2-1 "Le succès appelle le succès : les prochaines étapes des relations avec la Russie"

Discours prononcé par le secrétaire général de l’OTAN, M. Anders Fogh Rasmussen, à l’Institut Aspen de Rome
[...]

Permettez-moi de vous parler tout d’abord de la défense antimissile. Je pense que nous devons avant tout préciser la réalité dans laquelle nous évoluons.

Premier point : les missiles constituent une menace croissante pour l’Europe. Pour toute l’Europe. Les 28 pays de l’Alliance sont unanimes sur ce point, et je ne doute pas que d’autres pays européens soient du même avis. Plus de trente pays détiennent ou sont en train de développer des missiles. L’un d’eux, l’Iran, dispose déjà de missiles capables d’atteindre le territoire de l’OTAN, ainsi que la Russie ; il s’emploie à étendre la portée de ses missiles, et il ne respecte pas, dans son programme nucléaire, les engagements pris au niveau international.

Deuxième point : la défense antimissile se met en place en Europe. La nouvelle approche adaptative phasée des États-Unis, fondée sur une technologie éprouvée, progresse bien. Elle repose actuellement sur une coopération bilatérale entre les États-Unis et certains pays. La question est donc de savoir s’il conviendrait de réaliser la défense antimissile dans un cadre OTAN – et, le cas échéant, de savoir comment nous pourrions coopérer avec d’autres pays européens ?

Ma position sur ce point est claire. Je pense que nous avons besoin d’une défense antimissile protégeant tous les citoyens européens. Je pense que nous devrions la mettre en œuvre par l’intermédiaire de l’OTAN, ce qui est d’ailleurs la seule façon d’obtenir une couverture totale. Je pense également que nous devrions nous mettre d’accord sur cette question au sommet de l’OTAN qui aura lieu à Lisbonne dans neuf semaines environ. Et je suis convaincu que nous devons aussi inviter la Russie à coopérer, de façon à établir un lien entre notre système et les capacités de la Russie.

Il n’y a en fait que deux options possibles. Si nous mettons en place des systèmes de défense antimissile en Europe en dehors du cadre de l’OTAN, de nouvelles lignes de division apparaîtront, entre les pays qui sont couverts par ces systèmes et ceux qui ne le sont pas. Y compris entre les Alliés eux-mêmes. Et si nous ne faisons pas d’offre claire à la Russie, celle-ci, à tort ou à raison, risque de se retrouver exclue, sans trop savoir si une telle situation est susceptible de compromettre sa sécurité.

L’autre option consiste à faire en sorte que la défense antimissile « rassemble », plutôt qu’elle ne divise. La défense antimissile territoriale peut devenir un « toit sécuritaire » sous lequel tous les Alliés, et pas seulement certains, peuvent s’abriter. Et je suis convaincu qu’un tel toit peut être suffisamment grand pour abriter aussi d’autres pays européens, y compris la Russie.

[...]

Il y a quarante ans, presque tous les pays du monde partageaient l’ambition d’un désarmement nucléaire complet. Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires est venu consacrer une telle ambition. Il me semble donc que l’objectif d’un monde exempt d’armes nucléaires, tel que défini par le président Obama, est largement partagé.

Nous avons accompli de réels progrès ces dernières années dans la dénucléarisation du continent européen. L’OTAN a en effet réduit de plus de 90% le nombre de ses armes nucléaires à courte portée en Europe.

Nous devons toutefois être bien conscients que les armes nucléaires existent, et que certains pays pourraient encore vouloir se doter d’une capacité visant à produire de telles armes.

Si nous devons protéger efficacement nos populations, nous aurons toujours besoin d’une dissuasion nucléaire crédible, aussi longtemps qu’il y aura des armes nucléaires de par le monde. Ainsi donc, tant qu’il existera des armes nucléaires, l’OTAN restera une alliance nucléaire – il va sans dire, toutefois, que nous souhaitons maintenir nos armes conventionnelles et nucléaires au niveau le plus bas possible.

Le problème est que nous avons littéralement hérité de la Guerre froide des milliers d’armes nucléaires à courte portée – dont la plupart se trouvent en Russie. Or il s’agit d’une catégorie d’armes non réglementée par un régime de maîtrise des armements, et pour laquelle il n’existe par conséquent aucune transparence. Aussi les Alliés se montrent-ils prudents. Ils souhaiteraient que les négociations sur la maîtrise des armements portent également, à un moment ou à un autre, sur ce type d’armes.

Je pense qu’il est, là aussi, possible de créer un cercle vertueux. La maîtrise des armes conventionnelles permet d’envisager plus facilement une réduction de la dépendance à l’égard des armes nucléaires. Rappelons-le, la confiance appelle la confiance...

Il est également possible de faire davantage pour accroître la confiance entre les pays de l’OTAN et la Russie. Nous pourrions nous inviter les uns les autres à participer régulièrement à des exercices militaires.

Nous pourrions discuter de nos doctrines stratégiques et militaires alors qu’elles sont en cours d’élaboration, plutôt que d’en débattre juste après leur publication – c’est d’ailleurs, très précisément, la démarche qu’a suivie l’OTAN pour l’élaboration de son nouveau concept stratégique.

Nous devons aussi accélérer les travaux actuellement menés pour définir et évaluer les menaces communes auxquelles nous sommes tous confrontés, ce qui peut nous aider à progresser dans le domaine de la défense antimissile.

D’une manière générale, je pense qu’en ce qui concerne la sécurité intérieure européenne, trois voies s’offrent à nous, qui, si nous les suivons, nous permettront de créer une Europe différente, meilleure et plus sûre, une Europe où nous ne craindrons pas des chars ou des avions de chasse venus d’ailleurs, où les défenses antimissiles nous uniront, et nous protégeront, et où le nombre d’armes nucléaires à courte portée diminuera régulièrement sur le continent. La confiance sera le ciment de ces trois voies. Un ciment qui permettra la construction d’une confiance encore plus grande.

Pourquoi la réalisation de progrès en Europe me tient-elle tant à cœur ? La réponse est simple : les menaces réelles auxquelles nous sommes confrontés viennent de l’extérieur. Terrorisme, extrémisme, drogue, prolifération des missiles et des armes de destruction massive, piraterie, pour n’en citer que quelques-unes.

Il est temps d’arrêter de consacrer du temps et des ressources à nous observer mutuellement ; le moment est au contraire venu de regarder ensemble dans la même direction et de réfléchir à la manière de renforcer la sécurité à l’intérieur de nos frontières.

Le 26 septembre 2010

texte complet sur http://www.armees.com/Le-succes-appelle-le-succes-les,33890.html

 

Petite revue de presse sur la dernière mouture du « concept stratégique » 
Et la proposition fait par l'EUA a la Turquie d'etre la rampe antimisile contre l'Iran dans cette affaire?

« On se protège contre l'apocalypse quand le meilleur moyen d'éviter l'apocalypse, c'est d'être en mesure de se faire respecter par un outil militaire et de défense crédibles. La meilleure façon de se faire respecter c'est de détenir un arsenal de dissuasion crédible ».

Ah non, c’est pas Ahmadinejab qui l’a dit…

L’alternative semble vouloir être posée comme  l’’abandon’ du nucléaire des pays de l’Otan en échange du Bouclier Antimissile…

 - OTAN: réunion "jumbo" des ministres des Affaires étrangères et de la Défense

 (Belga 14 octobre 2010)

 Les ministres de la Défense des 28 pays de l'OTAN se sont retrouvés jeudi matin à Bruxelles pour préparer, avec leurs collègues des Affaires étrangères, le sommet atlantique du mois prochain à Lisbonne, qui doit mieux armer l'Alliance atlantique pour faire face aux "menaces modernes" du 21ème siècle.

Ils ont entamé peu après 09h00 une réunion séparée pour examiner les aspects militaires du nouveau "concept stratégique" - une sorte de "mode d'emploi" de l'OTAN pour la prochaine décennie -, qui doit être adopté à Lisbonne les 19 et 20 novembre. Ce sera "l'un des sommets les plus importants" de l'histoire de l'OTAN, a souligné le secrétaire général de l'organisation, Anders Fogh Rasmussen, en ouvrant la réunion. Les ministres de la Défense doivent d'abord se concerter sur la réforme des structures militaires de l'alliance, qui passe par un nouvel allégement des effectifs et une réduction du nombre des quartiers généraux et agences spécialisées (dans ce cas de 14 à trois, si les pays suivent les recommandations de M. Rasmussen). La réunion s'élargira ensuite à 13h00 aux ministres des Affaires étrangères alliés, qui se retrouveront entre eux dans l'après-midi pour discuter plus particulièrement des partenariats à renforcer, notamment avec la Russie, mais aussi avec des pays plus lointains, comme la Chine et l'Inde. (LEE)

 

 - Pascal Mallet : Otan: les pays membres réunis à Bruxelles pour parler d'une nouvelle stratégie.

Les pays de l'Otan débattaient jeudi des nouvelles missions à assigner à leur alliance comme la défense antimissile, dans un contexte compliqué par le bourbier afghan et une disproportion croissante entre moyens militaires américains et européens.

"Face aux menaces modernes il faut une défense moderne", a résumé le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen, en ouvrant une réunion ministérielle à Bruxelles, exceptionnelle par son format comme par son ordre du jour.

Les 28 ministres des Affaires étrangères et leurs collègues de la Défense de l'alliance se penchent sur un nouveau "concept stratégique", destiné à remplacer un précédent document rédigé en 1999, deux ans avant les attaques contre le World Trade Center du 11 septembre 2001. Ce texte de référence doit être soumis ensuite pour adoption aux dirigeants alliés lors d'un sommet à Lisbonne les 19 et 20 novembre.

Les menaces grandissantes que ce document de 11 pages énonce sont connues: terrorisme international, prolifération balistique et nucléaire, blocage des approvisionnements en hydrocarbures et guerre informatique.

Sur la table figure aussi la création d'un système de défense antimissile de l'Otan protégeant les populations et non plus seulement les soldats.

Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a estimé dans l'avion le conduisant à Bruxelles qu'il y avait un "large accord" entre alliés sur la question et qu'il suffirait de 85 à 110 millions d'euros pour connecter les systèmes antimissiles des pays européens qui en sont dotés au réseau américain.

Mais un différend sur le rôle respectif du nucléaire et de la défense antimissile entre la France et l'Allemagne bloque toute décision. "Les Allemands pensent que le bouclier antimissile est un substitut à la dissuasion nucléaire, les Français qu'il ne peut en être qu'un complément", a indiqué un diplomate français.

Paris estime que "le bouclier coûterait très cher pour être efficace, et qu'il ne sera jamais à 100% impénétrable", a-t-il ajouté.

Quant à l'option zéro, c'est-à-dire au désarmement nucléaire total que le président américain Barack Obama promeut, tout le monde est d'accord pour y tendre mais en attendant, l'Otan devrait continuer de compter sur une combinaison d'armes nucléaires et classiques comme elle l'a fait depuis 61 ans, a expliqué ce diplomate. La réunion ministérielle permettra-t-elle de trouver un compromis? "On verra", a répondu sobrement le ministre allemand de la Défense Karl Theodor zu Guttenberg.

L'entretien que M. Rasmussen doit avoir vendredi à Paris avec le président Nicolas Sarkozy pourrait aussi permettre d'avancer.

Par ailleurs, l'Otan est confrontée à une baisse pour cause de difficultés financières des budgets militaires de ses adhérents européens. "C'est une inquiétude" pour les Etats-Unis, a souligné M. Gates.

Les ministres de la Défense doivent aussi se concerter sur la réforme des structures militaires de l'alliance, qui passe par un nouvel allègement des effectifs et une réduction du nombre des quartiers généraux et agences spécialisées. Le personnel militaire, actuellement de 11.500 -pour un plafond de 13.200 autorisé- tomberait à environ 8.900, selon une source militaire.

Les chefs de la diplomatie devaient se retrouver entre eux ensuite dans l'après-midi pour parler des partenariats à renforcer à travers la planète "avec les pays qui veulent un monde plus sûr", a déclaré M. Rasmussen.

Le renforcement de la coopération avec la Russie, notamment pour se sortir du bourbier afghan, vient en tête de liste. Même si la difficile situation en Afghanistan, après neuf ans d'une guerre de plus en plus meurtrière, n'est pas officiellement au programme, les ministres l'auront tous à l'esprit.

Pascal MALLET

AFP

 

- Reuters : L'évolution du concept de défense de l'Otan fait débat.

Reuters, publié le 14/10/2010

L'avenir de la défense nucléaire et antimissile de l'Otan, appelée à évoluer dans le cadre de la révision en cours du "concept stratégique" de l'Alliance, a continué jeudi de diviser les alliés.

A cinq semaines d'un sommet des dirigeants des pays de l'Otan à Lisbonne, où ce document qui définit les principes et missions du bloc doit être approuvé, la France et l'Allemagne ont campé sur leurs positions à l'occasion d'une réunion des ministres de la Défense et des Affaires étrangères des Vingt-Huit, organisée à Bruxelles.

Les autorités allemandes favorisent un retrait des armes nucléaires américaines stationnées sur leur sol et jugent que le développement d'un bouclier anti-missile efficace, en complément de la dissuasion assurée par les puissances nucléaires de l'Otan, permettrait d'assurer la sécurité européenne.

La Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Norvège, qui hébergent quelque 180 armes nucléaires tactiques américaines supplémentaires, partagent ce point de vue.

Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a cependant considéré qu'il n'y avait pas de lien entre le bouclier et la réduction des capacités nucléaires en Europe.

De leur côté, la France, la Grande-Bretagne ainsi que les pays de l'ancien bloc soviétique appuient un maintien de ces armes en Europe afin d'afficher une présence américaine.

"Nous avons toujours eu la même position: la dissuasion fait partie des éléments de la défense globale de l'Alliance (...) La présence de ces bombes américaines est l'expression d'un lien transatlantique", a expliqué le ministre français de la Défense, Hervé Morin.

LIGNE MAGINOT

Il s'est surtout montré critique envers le projet de défense antimissile qui, a-t-il dit, présente nombre d'incertitudes et pèsera sur les programmes militaires existants sans pour autant représenter une option susceptible de fonctionner seule.

"La défense anti-missile c'est un peu comme la ligne Maginot. On se protège contre l'apocalypse quand le meilleur moyen d'éviter l'apocalypse, c'est d'être en mesure de se faire respecter par un outil militaire et de défense crédibles", a-t-il déclaré à la presse.

"Je crois que cela peut être un complément mais certainement pas un substitut", a-t-il poursuivi tout en indiquant qu'il n'irait pas jusqu'à bloquer un accord sur ce point à Lisbonne.

Plusieurs pays ont demandé des précisions sur les engagements financiers et sur les modalités d'intégration au nouveau système avant de donner leur feu vert.

Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a ensuite indiqué qu'un consensus se dégageait sur ce bouclier antimissile et qu'un accord serait officialisé le mois prochain.

"Je n'ai pas entendu d'objections à avancer à Lisbonne vers une défense antimissile propre à l'Otan (...) Nous avons encore une travail technique à effectuer mais je suis optimiste", a assuré l'ancien Premier ministre danois.

"Ce serait une démonstration visible que nous sommes prêts à renforcer nos capacités (militaires) même dans une période d'austérité budgétaire et économique", a-t-il encore dit.

INQUIÉTUDES AMÉRICAINES

Le "concept stratégique" qui sera validé le 19 et 20 novembre à Lisbonne confirmera la priorité de l'Otan - la défense collective des pays qui la composent - et la poursuite des missions en cours, comme en Afghanistan où les forces de l'Alliance connaissent une année particulièrement meurtrière.

Tout en adaptant le rôle de l'Alliance atlantique dans les dix prochaines années aux nouvelles menaces, le document doit aussi, en cette période de réductions budgétaires, permettre de rationaliser au maximum les dépenses.

Pour réduire les coûts, les ministres ont acté jeudi une réduction du nombre des agences de l'Otan de 14 à 3, du nombre des Etats majors de 12 à 6 et du nombre de personnes travaillant dans la structure de commandement à 8.500 d'ici quelques mois, contre 27.000 en 1995.

Mais Robert Gates a dit craindre que les restrictions budgétaires en Europe dans le domaine militaire ne mettent encore plus la pression sur les Etats-Unis, engagés dans de coûteuses missions en Afghanistan mais aussi en Irak.

Il a averti qu'il fallait prendre garde à ce que les coupes dans les dépenses n'aillent pas jusqu'à affaiblir l'Alliance atlantique. "Nous devons faire attention (...) de ne pas trop tailler dans le muscle. Les réformes discutées ce matin par les ministres de la Défense devraient permettre de faire des économies qui pourront être réinvesties dans de nouvelles capacités", a-t-il déclaré.

"C'est comme cela que l'on conservera une Alliance forte, efficace et pertinente", a-t-il ajouté. 

 

- Paris et Berlin divergent sur la dissuasion 

Le Figaro 14/10/2010

La défense nucléaire et le bouclier antimissile sont un frein à leur alliance.

En soixante ans, la menace a naturellement évolué, mais l'Otan ne pouvait pas prévoir que le plus grand défi jaillirait un jour de ses propres rangs. L'alliance, pivot de la sécurité des deux côtés de l'Atlantique, va se fixer une nouvelle raison d'être le mois prochain sur fond de divergences européennes sur l'arme nucléaire et de coupes claires dans les budgets.

À cinq semaines d'un sommet décisif à Lisbonne, les vingt-huit pays se retrouvent aujourd'hui au QG de l'Otan pour un échange sur le futur «concept stratégique» de l'alliance. À Bruxelles, les chefs de la diplomatie et les ministres de la Défense doivent avancer sur ce document d'une dizaine de pages, élaboré par le secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen. Ce sera plutôt l'occasion d'afficher des positions difficiles à concilier. « C'est aux chefs d'État et de gouvernement qu'il reviendra finalement de trancher à Lisbonne » , avertit un ambassadeur. Le premier casse-tête porte sur l'arme nucléaire, fondement de la dissuasion. Il concerne l'esprit plutôt que la lettre, puisque l'Otan restera une alliance nucléaire dans tous les cas de figure. Mais Barack Obama a ouvert la boîte de Pandore depuis 2009 en promettant «l'option zéro» , autrement dit une planète débarrassée à terme de ses armes atomiques. Même lointaine, la perspective enthousiasme les Européens autant qu'elle les inquiète. La ligne de partage passe précisément au cœur de l'UE avec d'un côté l'Allemagne, régulièrement tentée par le désarmement, et de l'autre la France, qui défend jalousement son arsenal nucléaire et son autonomie de décision. Le secrétaire général Rasmussen gagne du temps en reprenant le credo de la Maison-Blanche : l'Otan «disposera d'armes atomiques aussi longtemps que les autres garderont les leurs».

Passe d'armes en coulisses 

Cette question de sécurité collective est escamotée du «concept stratégique» et la passe d'armes officiellement repoussées à plus tard. Las, elle fait rage en coulisses. L'Allemagne, avec derrière elle la Belgique, le Luxembourg, la Norvège et les Pays-Bas, demande depuis le printemps le retrait des 200 bombes nucléaires tactiques aéroportées que le Pentagone entretient sur le Vieux Continent. Les nouveaux membres de l'Otan, voisins de la Russie, s'en émeuvent par avance parce qu'ils voient dans ces armes du passé la preuve tangible du «parapluie» américain. Quant à la France et le Royaume-Uni, membres du club nucléaire, ils s'inquiètent naturellement de voir entamées les lois de la dissuasion.

Sur ce débat s'en greffe un second, source de discorde lui aussi : l'installation au-dessus de l'Europe d'un «bouclier antimissile» qui viendrait compléter le dispositif américain. La différence est que le sommet de Lisbonne devrait cette fois trancher. Entre alliés, la géographie des points est la même que sur la question nucléaire. La France voit dans le bouclier un complément utile, en insistant sur le rôle irremplaçable de l'arme atomique. L'Allemagne estime au contraire qu'un système antimissile permettrait précisément d'y renoncer.

L'Allemagne veut tourner la page de la guerre froide 

Pour Berlin, la dissuasion nucléaire est un concept datant d'un autre âge, celui de la guerre froide, et inadapté aux menaces d'aujourd'hui. Fermement ancrée dans l'Alliance atlantique dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale et placée sous le parapluie américain, l'Allemagne de l'Ouest n'a jamais fait partie du club des puissances nucléaires. Projet phare du ministre allemand des Affaires étrangères, le libéral Guido Westerwelle (FDP), le désarmement international est devenu une priorité pour l'Allemagne réunifiée.

Ligne de front la plus symbolique entre les deux blocs, l'Allemagne continue de stocker de 10 à 20 ogives nucléaires américaines en sous-sol à Büchel, en Rhénanie-Palatinat (sud-ouest). Inspiré par Hans-Dietrich Genscher, l'ancien ministre libéral des Affaires étrangères et l'un des pères de la réunification, le projet de dénucléarisation militaire de l'Allemagne, a pour but de refermer définitivement la parenthèse de la division de l'Allemagne et de tourner la page de la guerre froide.

Cette stratégie répond aussi à une logique de politique intérieure : au moment où Berlin décide de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires civiles, le retrait des dernières ogives atomiques offre des gages aux écologistes et au courant pacifiste resté très influent au sein de l'opinion allemande.

 

- Antimissile : Paris reste réservé et insiste pour un dialogue Otan-Russie  - AFP 14 octobre

Le ministre français de la Défense, Hervé Morin, a maintenu jeudi les "réserves" de Paris sur la mise en place par l'Otan d'un vaste bouclier antimissile, insistant en outre sur la nécessité d'un dialogue à ce sujet avec la Russie.

"J'ai maintenu mes réserves", a déclaré M. Morin à la presse en marge d'une réunion avec ses homologues de la Défense et des Affaires étrangères sur les grandes orientations de l'Alliance atlantique.

Mais il a laissé entendre que la France ne bloquerait pas, au cours d'un sommet de l'Alliance atlantique prévu les 19 et 20 novembre à Lisbonne, la décision de l'Otan de lancer un système antimissile destiné à protéger les populations des pays membres.

Même si les dirigeants alliés entérinaient "l'idée d'un programme antimissile" protégeant non plus seulement les soldats, mais aussi les villes, "il reste encore beaucoup d'incertitudes technologiques et financières" quant à sa mise en oeuvre, a-t-il cependant précisé.

"Beaucoup d'autres pays souhaitent avoir des clarifications financières", a indiqué le ministre français même si le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen et les Etats-Unis évoquent une dépense de moins de 200 millions d'euros étalée sur 10 ans pour brancher les systèmes européens existants sur les américains.

Quant à la dimension du programme qui serait finalement mis en oeuvre, il n'aurait la capacité, selon lui, que de "faire face aux menaces d'un Etat terroriste doté de moyens nucléaires rustiques".

"Personne ne peut imaginer" que ce bouclier soit destiné à défendre efficacement les villes européennes d'"une attaque massive", a-t-il estimé.

Pour le ministre français, le bouclier antimissile ne peut donc être qu'un "complément" à la dissuasion nucléaire.

"C'est un peu comme la ligne Maginot" pour les Français avant leur défaite en 1940, "cela (le système antimissile) pourrait donner aux Européens le sentiment d'assurer leur sécurité sans engager de dépenses" importantes pour leur défense, a-t-il poursuivi.

"La meilleure façon de se faire respecter c'est de détenir un arsenal de dissuasion crédible", a-t-il lancé.

Selon un diplomate français, l'Allemagne est en désaccord avec ce point de vue français, soutenant que le bouclier antimissile a vocation à être un "substitut" à l'arme atomique, ce qui a bloqué jusqu'à présent la décision de l'Otan.

M. Morin a affirmé que son homologue allemand, Karl Theodor Zu Guttenberg, n'avait jamais prononcé le mot "substitut" et avait toujours au contraire reconnu le rôle des arsenaux nucléaires.

"Il peut y avoir des discussions au sein du gouvernement allemand", a-t-il cependant reconnu, dans une allusion transparente aux positions du chef de la diplomatie allemande, Guido Westerwelle, qui plaide en faveur du désarmement atomique et du développement en parallèle d'un bouclier antimissile.

Le ministre français a par alleurs souligné la nécessité de "dialoguer" avec Moscou sur la défense antimissile.

"On ne peut pas vouloir construire un espace de paix et de sécurité sans en discuter avec la Russie", a-t-il dit.

Les questions de sécurité figurent à l'ordre du jour d'un sommet tripartite franco-germano-russe qui a lieu le 18 octobre à Deauville (Normandie, ouest de la France).

 

 - Nucléaire et défense antimissile: l'Otan proche d'un accord

AFP

14 oct 2010

L'Otan, malgré des divergences franco-allemandes, a progressé jeudi vers un compromis sur le désarmement nucléaire et la mise en place d'un vaste bouclier antimissile, deux des grands thèmes d'un sommet des dirigeants alliés prévu le mois prochain à Lisbonne.

"Les points de vue convergent réellement sur les questions essentielles, sur l'importance de maintenir une dissuasion forte tout en contribuant simultanément à la maîtrise des armements, au désarmement et à la non prolifération", a déclaré le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen.

"Nous nous orientons vers un consensus au sommet de Lisbonne pour concéder que l'Otan devrait se doter d'une capacité de protéger les populations et les pays européens contre une attaque de missiles", a-t-il ajouté, tout en admettant que des "détails" qu'il a qualifiés de "techniques", "restaient à régler". […] 

OTAN: la Belgique juge le projet de Rasmussen "équilibré"

Belga 14 octobre

La Belgique considère comme "équilibré" le projet de nouveau "concept stratégique" soumis aux 28 membres de l'OTAN par le secrétaire général de l'Alliance, Anders Fogh Rasmussen, y compris dans ses aspects nucléaires et de la défense antimissile, a affirmé jeudi le chef de la diplomatie belge, Steven Vanackere.

Il y a un "assez large consensus sur ce texte", a déclaré M. Vanackere à quelques journalistes en marge d'une réunion ministérielle à l'OTAN à Bruxelles, en faisant référence au document - classé "secret OTAN" - que M. Rasmussen a fait parvenir le 27 septembre aux capitales et qui a été discuté jeudi. Le nouveau "concept stratégique" - une sorte de mode d'emploi réactualisé de l'Alliance atlantique - doit être adopté lors du sommet atlantique de Lisbonne, les 19 et 20 novembre. Selon le ministre belge des Affaires étrangères, M. Rasmussen a d'emblée réussi à produire un texte "balancé", entre l'ambition que doit avoir l'Alliance et les moyens dont elle dispose, entre les tâches historiques (la défense de ses Etats membres) et les "nouvelles menaces" en tenant compte des partenaires recherchés dans le reste du monde, dont la Russie. Ce document, qui devrait encore subir quelques changements d'ici son adoption définitive à Lisbonne, contient aussi un équilibre entre les moyens militaires dont dispose l'OTAN et les capacités civiles de partenaires comme l'Union européenne et les Nations Unies. "Cela en fait un bon projet pour la modernisation" de l'Alliance, a souligné M. Vanackere. (VIM)

 

Le sp.a ne veut pas de ministres belges au sommet OTAN

Belga 13 octobre

 (Belga) Le sp.a refuse qu'en cette période d'affaires courantes, les ministres belges de la Défense Pieter De Crem et des Affaires étrangères Steven Vanackere (tous deux CD&V) participent ce jeudi au sommet de l'OTAN qui doit adopter le nouveau concept stratégique de l'Alliance atlantique. [un peu prématuré : le concept stratégique doit être adopté formellement en novembre à Lisbonne]

"Des ministres en affaires courantes ne peuvent engager la Belgique dans des projets à long terme", a rappelé mercredi le député sp.a Dirk Van der Maelen dans le quotidien De Morgen. Les socialistes flamands craignent des décisions ministérielles qui engagent lourdement le budget, sans que le parlement n'ait pu donner son accord. D'autant que l'on ne peut revenir sur des engagements pris à l'égard de l'OTAN, souligne Dirk Van der Maelen. Pour lui, on risque de passer d'un régime d'affaires courantes à des "dépenses courantes". Le député socialiste flamand avait déjà réclamé en vain fin septembre un débat sur la position de la Belgique vis-à-vis de l'Alliance. Ce n'est que la semaine prochaine, après le sommet, que les questions pourront être posées au gouvernement, en commission de la Chambre. (LEE)



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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