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01/11/2010

n° 503 - Les Dossiers d'Irak :WikiLeaks - documents confidentiels - 31/10 - -: Début -: Guerre d’Irak : les Etats-Unis face à leurs crimes.

n° 503 -  Les Dossiers d'Irak :WikiLeaks - documents confidentiels - 31/10 - -: Début  -:  Guerre d’Irak : les Etats-Unis face à leurs crimes.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

WikiLeaks - documents confidentiels

n° 503                                                      31/10/10

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Dossier d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes blog : 

http://www.dhblogs.be/categories/International.html  http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

 

b) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

c) Sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

d) Sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

e) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

f) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

Tiré à part

Wikileaks publie 400.000 documents secrets sur la guerre en Irak.

Les principales révélations

Abir Taleb : Le rapport de la honte.

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

2-1 Le Pentagone appréhende la parution de 400.000 documents confidentiels.

2 Les Brèves

2-1  WikiLeaks: l'ONU invite Bagdad et Washington à enquêter.

Dossier & Point de vue

3-1 Irak : Des morts au checkpoint.

3-2 Lorraine Milllot : Guerre d’Irak : les Etats-Unis face à leurs crimes.

Fin

4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

4-1 Gilles Devers : La puissance des Etats-Unis passe par la torture.

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Layla Anwar, une intellectuelle irakienne, et les révélations de WikiLeaks.

5-2 Un tribunal pénal international attend les USA, maintenant ...

5-3 Le régime de Bagdad sous le feu.

5-4 Irak : l’horreur ordinaire.

5-5 La torture, pratique courante des policiers irakiens.


Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...



Tiré à part

Wikileaks publie 400.000 documents secrets sur la guerre en Irak.

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec les chiffres mais doit être vu comme information

Tortures et meurtres: fuite géante de WikiLeaks sur la guerre en Irak.

L'évaluation du nombre de victimes irakiennes depuis l'invasion lancée par les États-Unis en mars 2003 est l'objet de controverses et varie considérablement selon les sources, allant de moins de 100 000 à plusieurs centaines de milliers.

La coalition internationale a torturé des prisonniers irakiens et fermé les yeux sur des exactions commises par les forces irakiennes, a affirmé vendredi le site WikiLeaks, en publiant près de 400.000 documents secrets de l'armée américaine sur la guerre en Irak.

Après des semaines de suspense, le site WikiLeaks, spécialisé dans le renseignement a commencé à diffuser vendredi soir 391 831 documents qu'il a présentés comme «la plus grosse fuite de documents militaires secrets de l'Histoire».

Les documents mettent en évidence «de nombreux cas de crimes de guerre qui semblent manifestes de la part des forces américaines, comme le meurtre délibéré de personnes qui tentaient de se rendre», accuse le site dans un communiqué.

WikiLeaks évoque aussi le comportement de soldats américains «faisant sauter des bâtiments entiers parce qu'un tireur se trouve sur le toit».

Les documents révèlent «plus de 300 cas de torture et de violences commis par les forces de la coalition sur des prisonniers», ajoute WikiLeaks, qui a aussi dénombré plus d'un millier d'exactions de la part des forces irakiennes. L'AFP a pu consulter une partie des documents à Londres avant leur diffusion sur internet. Une grande partie des textes sont expurgés des noms pouvant mettre en danger des personnes, a expliqué WikiLeaks.

La secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, tout en refusant d'entrer dans les détails de ces révélations, a condamné la fuite de tout document pouvant mettre en danger «la vie des soldats et des civils des États-Unis et de leurs alliés».

WikiLeaks a également remis à l'avance ses documents à plusieurs médias internationaux comme le New York Times, le Guardian, Der Spiegel et la chaîne  Al-Jazira, qui a la première révélé leur contenu.

Selon la chaîne de télévision du Qatar, l'armée américaine a «couvert» des  cas de torture de détenus par les autorités en Irak, où des centaines de civils ont en outre été tués à des barrages tenus par les alliés.   

À Londres, le Guardian a estimé que la source de WikiLeaks était apparemment «le même analyste dissident des services de renseignement de l'armée américaine» qui avait déjà été à l'origine des fuites sur la guerre en Afghanistan cet été.

Au vu des documents, «les autorités américaines n'ont pas enquêté sur les centaines de cas de violences, tortures, viols et mêmes des meurtres commis par des policiers et des militaires irakiens», écrit le Guardian.

Selon le communiqué de WikiLeaks, les documents secrets couvrent la période du 1er janvier 2004 au 31 décembre 2009, après l'invasion américaine de mars 2003 qui a renversé le régime de Saddam Hussein.

Les documents révèlent que le conflit a fait 109 032 morts en Irak, selon le communiqué, qui précise que plus de 60% sont des civils, soit 66 081 personnes. Sur ce total, 15 000 décès de civils n'avaient jusqu'à présent pas été révélés, selon WikiLeaks.

Ces chiffres montrent «que les forces américaines disposaient d'un bilan recensant morts et blessés irakiens même si elles le niaient publiquement», a relevé Al-Jazira.

Un bilan américain publié officiellement fin juillet faisait état de près de 77 000 Irakiens civils et militaires tués de 2004 à août 2008.

Selon Al-Jazira, les documents font également état de liens entre le Premier ministre irakien sortant Nouri al-Maliki et des «escadrons de la mort» qui semaient la terreur au début du conflit.

D'autres documents «révèlent de nouveaux cas impliquant (l'ancienne société de sécurité américaine privée) Blackwater dans des tirs contre des civils», sans qu'aucune charge ne soit retenue contre elle.

Sur l'Iran, Al-Jazira parle de documents «détaillant la guerre secrète de l'Iran en Irak, en évoquant le rôle des Gardiens de la révolution en tant que fournisseur présumé en armes des résistants chiites».

Publié le 22 octobre 2010 à 17h47 |

Mis à jour le 22 octobre 2010 à 19h55

Agence France-Presse

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/201010/22/01-4335269-tortures-et-meurtres-fuite-geante-de-wikileaks-sur-la-guerre-en-irak.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_moyen-orient_291_section_POS1


Les principales révélations

Pertes civiles :

Les documents établissent la mort de 109032 personnes en Irak, y compris 66081 civils (dont 15000 cas qui n’avaient «jusqu’à présent jamais été révélés»), 23984 «ennemis», 15196 membres des forces irakiennes et 3771 soldats alliés.

Torture :

Dans ce que le fondateur du site, Julian Assange, a appelé «un bain de sang», les fichiers montrent que l’armée américaine avait connaissance de nombreux cas de mauvais traitements par les forces irakiennes mais qu’elle a fermé les yeux. Dans un fichier, un détenu affirme «avoir été battu avec un câble par la police irakienne deux nuits consécutives». Un autre dit avoir eu «la plante des pieds frappée avec un objet». Mais les abus ne sont pas le privilège des Irakiens. Le fondateur de WikiLeaks a évoqué «plus de 300 cas documentés de torture commise par les forces de la coalition, non seulement (dans la prison) d’Abou Ghraib mais partout». Des viols et des meurtres perpétrés par les forces irakiennes ont également été constatés par l’armée américaine mais aucune enquête n’a suivi.

Autres crimes de guerre :

Les forces américaines ont tué 600 à 700 civils aux postes de contrôle établis à travers l’Irak, ou lors de tirs visant par erreur des civils. Un hélicoptère américain a tué en 2007 deux résistants qui voulaient se rendre après qu’un avocat de l’armée eut estimé qu’on ne pouvait pas se constituer prisonnier auprès d’un hélicoptère.

Certains fichiers impliquent dans de nouveaux cas de meurtres de civils des agents de la société privée américaine Blackwater, devenue «Xe Services», à la réputation déjà sévèrement entachée.

Iran:

Les fichiers étayent les accusations américaines selon lesquelles l’Iran entraînait et armait des milices chiites en Irak pour tuer ou enlever des Américains . Selon un rapport, les Iraniens prévoyaient aussi d’attaquer la Zone verte à Bagdad, abritant les principaux bâtiments gouvernementaux irakiens et les ambassades occidentales, à l’aide de roquettes et de véhicules blindés chargés d’armes chimiques.

AFP


Abir Taleb : Le rapport de la honte.
La publication par le site WikiLeaks de 400 000 documents confidentiels révélant de mauvais traitements commis et couverts par l’armée américaine embarrasse les Etats-Unis et les autorités iraqiennes, alors que le pays est en pleine crise politique.
400 000 documents ou 400 000 scandales ?

WikiLeaks a levé le voile cette semaine sur l’une des affaires les plus embarrassantes pour l’armée américaine, révélant les cas de mauvais traitements commis ou couverts par l’armée américaine lors de la guerre en Iraq. Après des semaines de suspense, le site spécialisé dans les renseignements a commencé à diffuser vendredi soir 391 831 documents qu’il a présentés comme « la plus grosse fuite de documents militaires secrets de l’Histoire ». Les documents mettent en évidence « de nombreux cas de crimes de guerre qui semblent manifestes de la part des forces américaines, comme le meurtre délibéré de personnes qui tentaient de se rendre », accuse le site dans un communiqué. WikiLeaks évoque aussi le comportement de soldats américains « faisant sauter des bâtiments entiers, parce qu’un tireur se trouve sur le toit ». Les documents révèlent « plus de 300 cas de tortures et de violences commis par les forces de la coalition sur des prisonniers », ajoute WikiLeaks, qui a aussi dénombré plus d’un millier d’exactions de la part des forces iraqiennes.

« Ces documents révèlent six années de conflit avec des détails en provenance du terrain — les troupes sur place, leurs rapports, ce qu’elles voyaient, ce qu’elles disaient et ce qu’elles faisaient », a déclaré sur CNN le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange. Les dossiers iraqiens détaillent la mort de quelque 104 000 personnes en 6 ans, à comparer aux 20 000 morts du conflit en Afghanistan révélés par les précédents documents dévoilés par WikiLeaks. « On parle de cinq fois plus de morts en Iraq, un vrai bain de sang comparé à l’Afghanistan », a-t-il ajouté, jugeant que « le message de ces dossiers est puissant et peut-être un peu plus facile à comprendre que la complexe situation en Afghanistan ».

Les dossiers révélés par WikiLeaks dévoilent aussi des détails d’une guerre de l’ombre menée sur le sol iraqien entre les forces américaines et l’Iran, notamment l’utilisation par Téhéran de milices pour tuer ou enlever des Américains. Les allégations selon lesquelles l’Iran entraînerait et armerait des milices chiites en Iraq ne sont cependant pas nouvelles, et les responsables américains, dont des commandants militaires, accusent depuis longtemps Téhéran de tenter de diffuser la violence pour saper l’influence des Etats-Unis et affaiblir leurs alliés à Bagdad. Les documents décrivent aussi la manière dont l’Iran a armé et a entraîné des escadrons de la mort formés d’Iraqiens, pour qu’ils mènent des attaques contre les troupes de la coalition et des responsables gouvernementaux. Le corps iranien d’élite des Gardiens de la révolution est soupçonné d’y avoir joué un rôle crucial, selon les journaux, citant les documents.

Depuis ces révélations, la pression ne cesse de s’accentuer sur les Etats-Unis. Le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) a appelé, lundi, Washington à enquêter sur d’éventuels « crimes contre l’humanité » en Iraq, à la suite de la publication par WikiLeaks de documents secrets américains. Le rapporteur spécial de l’Onu sur la torture, Manfred Nowak, a appelé le président américain Barack Obama à lancer une enquête. « Je me serais attendu à ce que (ce genre d’enquête) soit lancée depuis déjà longtemps, car le président Obama est arrivé au pouvoir en promettant le changement ... Le président Obama a l’obligation de traiter les cas passés », a-t-il estimé samedi sur la BBC. Amnesty International a elle aussi appelé Washington à lancer une enquête, évoquant « une grave violation du droit international ».

La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, tout en refusant d’entrer dans les détails de ces révélations, a condamné la fuite de tout document pouvant mettre en danger « la vie des soldats et des civils des Etats-Unis et de leurs alliés ». Côté iraqien, les autorités ont simplement affirmé samedi que les documents secrets américains sur de nombreux cas de torture et de meurtres de civils durant la guerre en Iraq ne contenaient « pas de surprise ».

Maliki dans de beaux draps

Si ces révélations embarrassent les Etats-Unis, elles risquent aussi d’avoir un effet négatif sur le premier ministre sortant Nouri Al-Maliki. Car le premier ministre est, selon la Constitution, commandant en chef des forces armées. Pire encore, selon des documents cités par Al-Jazeera, Nouri Al-Maliki aurait eu des liens avec des « escadrons de la mort » qui semaient la terreur au début du conflit. Les partisans de M. Maliki sont convaincus que les révélations visent à déstabiliser l’actuel chef du gouvernement qui se bat pour se maintenir au pouvoir pour un second mandat. « Il s’agit d’une campagne médiatique contre l’Etat, et le processus politique menée par plusieurs groupes comme les baassistes, des forces régionales et certains qui ont été lésés par la nouvelle donne politique », depuis 2003, a affirmé à l’AFP le député Hassan Al-Sinaïd, un proche du premier ministre. Le bureau de Maliki avait réagi dès samedi en déclarant qu’il « y avait des objectifs politiques derrière cette campagne médiatique ». « Certains cherchent à utiliser ces documents contre les dirigeants nationaux, notamment le premier ministre », avait-il souligné.

Les opposants de M. Maliki l’accusent depuis longtemps d’avoir créé, au sein des forces de sécurité, après sa nomination comme chef du gouvernement en 2006, en plein conflit confessionnel, des unités chargées de faire les sales besognes, notamment des liquidations.

Suite à ces développements, la Cour suprême irakienne a ordonné dimanche de désigner au plus vite les plus hauts responsables de l’Etat, près de huit mois après les élections législatives et au moment où la crise politique s’approfondit avec les révélations de WikiLeaks. « La Cour suprême, dans une décision prise aujourd’hui, enjoint le Parlement de tenir des réunions régulières et d’accomplir son travail normal. Il doit commencer par choisir son président et ses deux adjoints, puis procéder, étape par étape, aux autres nominations », a affirmé à l’AFP son porte-parole Abdel-Sattar Bereqdar.

Une décision qui intervient alors que la crise s’éternise. M. Maliki et son adversaire Iyad Allawi sont toujours en compétition pour former un gouvernement. Le premier a obtenu 89 sièges et le second 91 dans un Parlement qui compte 325 députés.

Abir Taleb

Mercredi 27 octobre 2010
Source : Al-Ahram Hebdo

Publié le 27 octobre 2010 avec l'aimable autorisation de AL-AHRAM Hebdo
http://hebdo.ahram.org.eg/...



1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

2-1 Le Pentagone appréhende la parution de 400.000 documents confidentiels.

Le Pentagone a mobilisé 120 personnes pour évaluer les conséquences possibles de la diffusion de quelque 400.000 documents confidentiels sur la guerre en Irak par le site Wikileaks, qui pourrait intervenir dès lundi, selon la presse américaine.
Afin de se préparer à cette fuite, le département de la Défense a mobilisé il y a plusieurs semaines une équipe chargée de passer au peigne fin les archives militaires et d'"estimer l'impact possible" de cette diffusion, a déclaré vendredi le colonel David Lapan, porte-parole du Pentagone.
Le département de la Défense craint que les documents ne contiennent des informations concernant des attaques contre la coalition, les forces de sécurité irakiennes, les civils ou les infrastructures du pays, a précisé le colonel, soulignant que le Pentagone ne savait pas précisément combien de documents seraient publiés.
Les documents proviennent d'une base de données située en Irak qui contenait "des actes importants, des rapports faits par des unités (sur le terrain), des rapports tactiques, des choses de ce type", a indiqué le militaire.
 Il a exhorté Wikileaks à rendre les documents à "son propriétaire légitime", l'armée américaine.
 "Nous ne pensons pas que Wikileaks ou d'autres aient l'expertise nécessaire. Il ne suffit pas simplement d'enlever les noms (qui pourraient compromettre la sécurité des soldats ou collaborateurs de l'armée américaine).
Il y a d'autres choses dans les documents qui ne sont pas des noms mais qui sont aussi potentiellement à risque", a ajouté le colonel Lapan.
Le site Wikileaks, lancé en 2006, s'était fait connaître du grand public en diffusant fin juillet 77.000 documents secrets et détaillés sur la guerre en Afghanistan, provoquant la fureur du Pentagone. 15.000 autres documents sur l'Afghanistan doivent encore sortir prochainement.
Pour la diffusion des documents sur l'Irak, Wikileaks devrait s'appuyer sur les mêmes médias que lors des précédentes fuites, le New York Times, le quotidien britannique The Guardian, et l'Allemand Der Spiegel, journaux qui devraient diffuser leurs articles de façon simultanée, selon des informations du magazine Newsweek.
La diffusion en juillet d'une énorme quantité d'archives du Pentagone sur la guerre en Afghanistan avait déclenché une tempête médiatique et provoqué la fureur de l'administration, selon laquelle cela mettait en danger la vie des soldats américains.
Ces documents avaient jeté une lumière crue sur la guerre, avec des révélations sur les victimes civiles et les liens supposés entre le Pakistan et les résistants.
Wikileaks n'a pas révélé la source de ces fuites concernant la défense américaine, mais les soupçons pèsent sur le soldat de première classe Bradley Manning, actuellement détenu dans une prison militaire aux Etats-Unis. Le jeune homme avait été arrêté en mai après la transmission, toujours à Wikileaks, de la vidéo d'une bavure américaine en Irak.
Il est depuis inculpé pour avoir transmis des informations de défense à une source non autorisée.
 Depuis quelques temps, le site Wikileaks connaît des difficultés. Son fondateur, Julian Assange, fait l'objet d'une enquête judiciaire suite à des accusations d'agression sexuelle en Suède. Il a en outre indiqué au quotidien britannique The Guardian que le groupe Moneybookers, organisme de paiement en ligne utilisé pour récolter des dons, avait fermé son compte en août après la publication des documents sur l'Afghanistan.
Le site est "en maintenance programmée" depuis le 29 septembre, mais promet de "revenir en ligne dès que possible".

16/10/2010  

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=158272&language=fr


2 Les Brèves

Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

2-1  WikiLeaks: l'ONU invite Bagdad et Washington à enquêter.
La Haute commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Navi Pillay, a invité mardi les Etats-Unis et l'Irak à enquêter sur les allégations de tortures figurant dans les documents mis en ligne la semaine dernière sur le site de WikiLeaks.
"Les autorités américaines et iraquiennes doivent prendre toutes les  mesures nécessaires pour enquêter sur les affirmations énoncées dans ces documents", a-t-elle déclaré.
Dans la nuit de vendredi à samedi, le site a publié près de 400.000 documents ayant trait à l'opération militaire des Etats-Unis en Irak.
Les rapports font état de plus de 109.000 personnes tuées entre le 1er janvier 2004 et le 31 décembre 2009, dont 66.081 civils (plus de 60%).
Les documents attestent que le commandement américain fermait les yeux sur les tortures et les assassinats pratiqués dans les prisons irakiennes.
Le Pentagone a à plusieurs reprises invité les responsables de WikiLeaks à cesser la diffusion de documents confidentiels, soulignant qu'ils pouvaient mettre en danger la vie des Irakiens qui coopéraient avec les
militaires américains. Londres, Washington et Bagdad ont dénoncé samedi ces publications.

27/10/2010
Agence russe

http://fr.rian.ru/world/20101026/187721649.html



Dossier & Point de vue

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Irak : Des morts au checkpoint.
Pour la première fois, les fichiers SIGACT [Significant activity, les rapports d’incidents des soldats sur le terrain] publiés par Wikileaks vendredi 22 octobre, et auxquels Le Monde a eu accès, permettent de chiffrer en partie les morts de civils tués pour ne pas avoir respecté - ou entendu, ou compris - les sommations aux checkpoints de l’armée américaine.
“4 janvier 2006, 19 h. La patrouille attendait l’arrivée d’une équipe de déminage sur le site de la cache d’armes qu’elle avait découverte. Une voiture quatre portes, orange et blanche, s’est arrêtée à proximité. Un homme en âge d’être mobilisé est sorti du véhicule et a commencé à courir vers la patrouille. La patrouille a soupçonné l’homme d’être un kamikaze et lui a crié en arabe de s’arrêter. Elle a fait des signaux avec les mains et les bras pour tenter de le faire s’arrêter. L’homme n’a pas obtempéré. A 75 mètres, la patrouille a tiré une fusée éclairante mais l’homme a continué à courir vers elle. Elle a continué à faire des signes et à crier, sans succès. A 15 mètres, la patrouille a ouvert le feu, tuant le civil. A leur arrivée, les démineurs ont inspecté le corps à la recherche d’explosifs, mais n’ont rien trouvé.
Aucune victime ou dégâts à signaler pour les forces de la coalition.”
Environ 600 civils sont morts ainsi, sur les six années couvertes par les documents publiés par Wikileaks, lors d’incidents à des barrages ou entre des véhicules, dans le cadre de ce que l’armée américaine appelle l’"escalation of force", la procédure de sommations utilisée face à des véhicules ou piétons suspectés d’avoir des intentions hostiles.
Une procédure à laquelle les soldats sont mieux formés à partir de 2007, sous les ordres du général Petraeus, ce qui permet de diminuer significativement le nombre de morts aux checkpoints, sans y mettre totalement fin.
“24 avril 2009, 14 h 42 : L’unité C/2-505 signale à la radio un incident au point de contrôle d’entrée de l’avant-poste 799 à Bagdad.
14 h 53 : Mise à jour : on signale que l’homme marchait le long du mur et a tourné le coin. Il a commencé à courir vers l’avant-poste et ne s’est pas arrêté lorsque les premières étapes de l’escalade de force ont été utilisées.

15 h 57 : Mise à jour : des coups de semonce ont été tirés au M240B, puis l’Irakien était trop près et a été la cible de tirs de M-4. Il a reçu une balle dans le dos alors qu’il traversait le point de contrôle en courant, puis il a pivoté et a pris une balle dans le front.
Estimation de l’officier de renseignement : l’individu tué par les forces de la coalition a été reconnu par un policier irakien. Il s’agirait d’un handicapé mental sans famille connue.”
Les rapports regorgent d’incidents semblables : des handicapés mentaux, des malvoyants, ou simplement des conducteurs qui n’ont pas vu les soldats ou n’ont pas entendu les signaux sont l’objet de tirs.
"7 septembre 2006, 16 h 02. La patrouille était en route lorsqu’une voiture break blanche est entrée sur la voie Est, dans sa direction.
L’unité a estimé que l’intention était hostile et a ouvert le feu avec un nombre indéterminé de balles de 7,62 mm, à une distance inconnue.
Le véhicule a pris feu et la patrouille n’a pas pu venir en aide à ses occupants. [...] La famille du mort est arrivée pour récupérer le corps pour l’enterrement. La famille a expliqué qu’elle comprenait qu’il ne s’agissait pas d’un meurtre intentionnel. [...] Elle voulait seulement récupérer la dépouille pour l’enterrement musulman traditionnel."
En théorie, la procédure "d’escalade de force" est très codifiée. Les
soldats doivent d’abord utiliser des signaux visuels et sonores pour signifier à un véhicule qu’il doit s’arrêter ; ils doivent ensuite tirer un coup de semonce en l’air ou à proximité du véhicule ; si le véhicule poursuit sa course, ils peuvent tirer dans les pneus ou le bloc moteur pour l’immobiliser ; et en dernier recours, ils sont autorisés à ouvrir le feu sur le conducteur. En pratique, et même si la plupart des rapports estiment que "l’ensemble des procédures de l’escalade de force ont été respectées", les soldats ouvrent souvent le feu directement sur le conducteur lorsque celui-ci n’obtempère pas. Dans de très nombreux autres cas, ce sont des passants qui sont fauchés par une balle, parfois dès le coup de semonce.“25 novembre 2004. A 7 h 55, l’unité C/1-503 a constaté qu’un véhicule civil était arrêté près du point 38S LB442993 et l’observait. Des soldats qui assuraient une couverture depuis le toit d’un bâtiment voisin ont estimé que le véhicule et ses occupants représentaient une menace. Le soldat a tiré un coup de semonce avec son fusil M-4. Il visait le bloc moteur de la voiture, mais a tué le passager. Le 503e bataillon a prévenu deux brigades pour coordonner les secours de la police irakienne, mais le fils a refusé leur aide et a emporté le corps de son père à la maison pour organiser l’enterrement."
Victimes de nombreux "VBIED" (vehicle-born improvised explosive device, attaque à la voiture piégée), les soldats sont extrêmement suspicieux et se montrent prompts à ouvrir le feu sur tout véhicule perçu comme une menace. A tel point qu’ils provoquent régulièrement des "tirs amis", visant d’autres soldats ou des policiers irakiens :
“1er août 2006, 15 h. La patrouille avait mis en place un point de contrôle de véhicule pour une voiture blanche transportant 3 Irakiens au
comportement suspect, et qui avait attiré son attention. Sur les 8 véhicules de la patrouille, 4 se sont lancés dans une patrouille
satellite tandis que les autres assuraient la sécurité du point de contrôle. Le véhicule ayant été arrêté sur la route Henry, à découvert, un Marine a reçu l’ordre de déplacer la voiture blanche vers un endroit plus sécurisé, pour la fouiller. Le Marine a alors placé son arme (un M-4) dans le véhicule, avec le canon passé par une fenêtre ouverte.
Pendant que le véhicule roulait, il a été repéré par la patrouille satellite, qui l’a pris par erreur pour un véhicule des forces anti-Irak.
L’erreur a été renforcée quand le véhicule a tourné, disparaissant de la vue de la patrouille satellite, ce qui pouvait passer pour une tentative de fuite. Une fois le contact visuel rétabli, le véhicule a été considéré comme se dirigeant vers le point de contrôle et perçu comme une menace pour les Marines. La patrouille satellite a gagné du terrain sur la voiture blanche et ouvert le feu à 30 mètres avec sept balles de calibre 7.62 mm et 4 balles de 5.56 mm, avant de s’apercevoir que le véhicule était conduit par un membre de la patrouille. Une balle perdue a causé par erreur des blessures mortelles à un enfant irakien (13 ans environ).”
A partir de 2007, et la nouvelle stratégie mise en place par le général
Petraeus pour "gagner la bataille de l’opinion" et réduire le nombre de victimes civiles, le nombre de morts aux barrages et points de contrôle a diminué significativement. En 2006, d’après les rapports SIGACT, 142 civils ont été tués et 63 blessés dans des “escalades de force”, pour seulement 5 ennemis tués, un blessé, et cinq arrêtés. En 2008, les
“escalades” ont tué 66 civils, en ont blessé 179, et un seul ennemi a été tué. La faute aux résistants, expliquent les soldats américains dans ce tract de mai 2009 distribué après la mort d’un civil à un barrage à Mossoul, typique des "éléments de langage" utilisés par l’armée américaine :"Les citoyens de Mossoul connaissent les règles de l’escalade de force et les conséquencespour ceux qui les violent. Ne permettez pas que cela arrive à votre famille. Les véritablesennemis de la Nation se conduisent sans aucun respect pour votre vie et celle de votre famille.
De nombreux Irakiens innocents ont été tués par des attaques de ce type
! Les "ennemis de votre Nation" n’ont pas respecté les tirs de sommation et les barrières, et mis la vie de tout le monde en danger pour attaquer une patrouille des forces de la coalition qui assurait la sécurité du peuple de Mossoul.
Vous pouvez aider à éviter des incidents comme ceux-ci en suivant les règles de l’escalade de force et en contactant les autorités si vous savez qu’une activité de ce type est en préparation."
La responsabilité des soldats américains dans ces "incidents" a pourtant été reconnue implicitement à plusieurs reprises par David Petraeus. En août 2007, interrogé par PBS, il expliquait que si les soldats peuvent faire de mauvais choix lorsqu’ils sont confrontés à un danger potentiel, “c’est aussi la responsabilité [de l’armée américaine] de préparer au mieux les soldats à ces situations” de stress où une décision doit être prise très rapidement.

(Le Monde.fr)
(Samedi, 23 octobre 2010)
http://www.aloufok.net/spip.php?article2657


3-2 Lorraine Milllot : Guerre d’Irak : les Etats-Unis face à leurs crimes.

Washington minimise après la publication par le site WikiLeaks de 400 000 documents dévoilant les mauvais traitements infligés ou couverts par l’armée américaine.

Quatre cent mille documents sur la guerre en Irak sont révélés ce week-end et de quoi parle-t-on à Washington ?

Des élections de mi-mandat à venir, de la prochaine fête de Halloween…

La nouvelle «cargaison» d’informations déversée «comme de l’arrière d’un camion» - l’expression est de Paul Pillar, un vétéran de la CIA - par WikiLeaks a fait étonnamment peu de vagues ce week-end aux Etats-Unis. Dès dimanche, le sujet était relégué en pages intérieures du Washington Post et semblait déjà évanoui à la télévision.

La guerre d’Irak a beau se poursuivre, avec 50 000 soldats américains encore déployés là-bas, pratiquement plus personne n’en parle aux Etats-Unis et rien n’indique que ces documents, aussi accablants soient-ils, y changent grand-chose. «Cette guerre est loin des yeux, loin des esprits, résume Brian Katulis, chercheur au Center for American Progress. Et je ne pense pas que la publication de ces documents aura beaucoup d’impact sur le débat. Seule une toute petite frange de la population américaine ressent le coût humain et financier, de ce conflit. L’idée générale est que cette guerre d’Irak appartient au passé.»

«Irresponsabilité».

Ces révélations sont «honteuses» a tout de même réagi le Pentagone. Ainsi, pour l’administration Obama, ce ne sont pas les exactions exposées par ces carnets de guerre irakiens qui sont «honteuses», ni les 700 civils au moins tués par les troupes américaines, les milliers d’autres victimes «collatérales» de la guerre ou les tortures dans les prisons irakiennes dont les militaires américains ont eu connaissance sans réagir.

Ce qui est «honteux», selon Geoff Morrell, porte-parole du Pentagone, c’est la publication par WikiLeaks de rapports internes à l’armée, censés rester confidentiels.

Ces carnets de guerre irakiens vont être une nouvelle «mine» pour les «ennemis» de l’Amérique et les «organisations terroristes», s’est indigné Morrell.

La vie des soldats américains, et de leurs alliés locaux, est mise en danger par ces révélations, argumente le Pentagone, comme il l’avait fait déjà cet été après la publication par WikiLeaks de documents comparables sur la guerre en Afghanistan.

Tout en dénonçant «l’irresponsabilité» de WikiLeaks, et en menaçant de poursuites son fondateur, Julian Assange (lire page 4), le Pentagone cherche à minimiser l’importance de ces fuites. «Il s’agit pour l’essentiel d’instantanés d’événements, tragiques ou mondains, qui ne racontent pas toute l’histoire», a assuré Morrell ce week-end.

Les rapports militaires mis en ligne par WikiLeaks s’étalent de janvier 2004 à décembre 2009. La plupart des événements, tueries ou tortures décrits ont donc eu lieu du temps de George W. Bush. Barack Obama et son administration se retrouvent, une fois de plus, à défendre «l’héritage» de son prédécesseur.

«Rien de nouveau». C’est particulièrement étrange au sujet de la guerre d’Irak puisque Barack Obama y était hostile, dès son déclenchement en 2003. Mais c’est aussi le curieux destin de cette administration qui, après avoir promis beaucoup de changements, a dû se placer, sur beaucoup de dossiers, dans le sillage de Bush. Obama a maintenu au Pentagone le secrétaire à la Défense, Robert Gates, dont la conduite de la guerre en Irak est, jusqu’à ce jour encore, considérée comme un succès. «Je ne vois pas dans ces révélations de WikiLeaks ce qui pourrait beaucoup embarrasser l’administration Obama, assure Michael O’Hanlon, spécialiste des questions de sécurité à la Brookings Institution, un think tank démocrate. Il n’y a rien là qui soit vraiment nouveau. Il fallait vraiment ne pas suivre l’actualité ces sept dernières années pour ne pas être au courant de ce qu’apporte aujourd’hui WikiLeaks. Je ne pense pas que le débat américain en sera affecté.»

Pour le journaliste Fred Kaplan, spécialiste des questions de défense, ces carnets irakiens montrent même que «les salauds» que le fondateur de WikiLeaks entend dénoncer «sont loin d’être tous américains». «La plupart des décès de civils irakiens ont été causés par d’autres Irakiens», retient Fred Kaplan, dans un article publié ce week-end sur le site Slate. «Et tandis que certains Américains se sont affreusement comportés envers des détenus irakiens à la prison d’Abou Ghraïb, les policiers et soldats irakiens se sont comportés de façon bien pire encore», poursuit ce journaliste.

Compensations. C’est aussi ce qu’a retenu le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki. Alors qu’il tente depuis sept mois déjà de former un nouveau gouvernement, Maliki voit dans ces récits d’exactions irakiennes «une campagne médiatique menée par des intérêts politiques» pour saboter ses efforts. «C’est une campagne contre l’Etat et le processus politique, menée par plusieurs groupes comme les baassistes et des forces régionales», a renchéri le député Hassan al-Sinaid, proche de Maliki.

En Irak, ces révélations pourraient également être utilisées par les familles de victimes pour demander des compensations, voire des comptes, à l’armée américaine. Quelques cas ont déjà été pointés par la presse, où l’armée reconnaît dans ces documents sa responsabilité pour des faits qu’elle niait auparavant. Mais personne ne s’attend à une avalanche de réclamations. «La plupart des choses qui se sont déroulées en Irak étaient liées à la guerre et pas intentionnelles, souligne Michael O’Hanlon, de la Brookings Institution. Oui, il y a eu des négligences, des bavures, mais il y a très peu de cas où l’intention était délibérément criminelle.»

«Dangereux». Rien dans ces carnets irakiens n’est comparable aux «papiers du Pentagone» qui avaient révélé les dessous de la guerre du Vietnam en 1971, et contribué à mobiliser l’opinion américaine contre la guerre, assure aussi cet expert de la Brookings. «Les papiers du Pentagone avaient révélé comment le gouvernement mentait aux Américains, rappelle Michael O’Hanlon. Ce n’est pas du tout le cas aujourd’hui avec ces documents de WikiLeaks.»

Daniel Ellsberg, l’analyste militaire qui avait révélé ces «papiers du Pentagone», fait pourtant lui-même le lien entre ces deux moments clés de l’histoire militaire américaine. Agé aujourd’hui de 79 ans, Ellsberg était samedi à Londres au côté de Julian Assange pour souligner l’importance du travail de WikiLeaks.

Assange est maintenant «l’homme le plus dangereux au monde» l’a félicité Daniel Ellsberg. Mais face à ce «danger», l’administration américaine semble avoir adopté la tactique qu’elle juge la plus efficace faute de mieux : ne surtout pas trop en parler.

Lorraine Milllot
http://www.liberation.fr/monde/01012298286-guerre-d-irak-les-etats-unis-face-a-leurs-crimes 


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