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06/11/2010

n°507 -Les Dossiers 'Géopolitique et Stratégie' d'Irak -03-11 - : Début : Le Cauchemar : les atrocités de l'invasion en Irak : L'exhumation de l'inconcevable

n°507  -Les  Dossiers 'Géopolitique et Stratégie' d'Irak -03-11 - : Début : Le Cauchemar : les atrocités de l'invasion en Irak : L'exhumation de l'inconcevable


Les Dossiers 'Géopolitique et Stratégie' d'Irak

n°507                           03-11/10

C.De Broeder      &       M.Lemaire



Le " Dossiers Irak aux enchères" est visible  sur ...

a) sur nos  blog :  http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                             http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

f) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


 

Tiré à part :

Bill Van Auken : Tarek Aziz menacé de meurtre judiciaire en Irak

Pierre Tarnac: Tarek Aziz, le disparu.

1 Les brèves

1-1Contrebande de filles.

1-2 Des Américains en uniforme irakien.

1-3 Des combattants irakiens se tournent vers Al-Qaïda.

Suite

2 Point de vue

2-1 Felicity Arbuthnot : Le Cauchemar : les atrocités de l'invasion en Irak : L'exhumation de l'inconcevable.

2-2 Silvia Ribeiro : Blackwater, Monsanto et Bill Gates, les machines de guerre.

2-3 Gilles Munier : la foire d'empoigne parlementaire.

2-4 Gilles Munier : Nouri al-Maliki: dernière ligne droite avant second mandat ?.

Fin

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1 Les déserteurs américains continueront de se battre pour demeurer au Canada 

3-2 Iyad al Duleimi : Des bombes à retardement dans les pages des manuels scolaires irakiens.

3 Annexe

3-1 Pascal Sacre : Le traitement médiatique et politique des prisonniers d’opinion.

 



Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...



Tiré à part :

Bill Van Auken : Tarek Aziz menacé de meurtre judiciaire en Irak

La question évidente que pose le lynchage juridique de Tarek Aziz est la suivante : De quel droit le gouvernement à Washington et ses agents locaux se permettent-ils de juger quiconque pour crimes commis contre le peuple irakien ?

La condamnation à mort par pendaison de l’ancien ministre irakien des Affaires étrangères, Tarek Aziz, est un acte barbare de vengeance politique du gouvernement fantoche de Bagdad ainsi qu’un crime de guerre de plus dans la longue liste de crimes commis par Washington depuis l’invasion de 2003.

Aziz avait été des décennies durant le chef de la diplomatie irakienne sur la scène internationale et s’était volontairement rendu en 2003 aux autorités militaires américaines. De toute évidence, il se croyait protégé par sa réputation de longue date sur la scène internationale, dont ses relations diplomatiques avec plusieurs gouvernements américains.

Au lieu de cela, ce malade de 74 ans a dû purger plus de sept ans de prison en isolement, d’abord aux mains de l’armée américaine dans le camp de détention Cropper situé près de l’aéroport international de Bagdad puis, plus récemment, aux mains des forces de sécurité irakiennes. Lorsqu’en juillet dernier les forces d’occupation américaines ont remis Aziz au gouvernement irakien, il a confié à son avocat, « Je suis sûr qu’ils vont me tuer. »

Aziz avait déjà été condamné à des peines de prison totalisant 22 ans sur la base d’allégations d’implication dans l’exécution de commerçants accusés de manipulation des prix durant l’embargo USA/ONU à l’encontre de l’Irak et dans la répression de l’opposition kurde dans le Nord du pays.

La peine de prison représentait en fait une condamnation à perpétuité en raison du mauvais état de santé d’Aziz qui a souffert en prison de plusieurs attaques cérébrales et de problèmes de santé au niveau des poumons et subi une intervention chirurgicale en janvier dernier suite à un caillot de sang dans le cerveau.

Lors de la dernière décision en date, l’ancien ministre des Affaires étrangères a été condamné à mort pour la répression menée par le régime Baathiste dans les années 1980 contre les Islamistes chiite ainsi que le parti islamique Dawa. Les partisans du parti avaient organisé une série d’attaques terroristes soutenues par l’Iran durant cette période, dont des tentatives d’assassinat d’Aziz et de Saddam Hussein. A cette époque, il faut rappeler que Washington soutenait Saddam Hussein en tant que rempart contre l’extension de la révolution iranienne aux populations chiite du monde arabe.

Le tribunal qui a prononcé ces condamnations avait été mis en place suite à un décret émis par le Conseil de gouvernement provisoire irakien sous contrôle de l’occupation américaine afin de juger les membres du gouvernement Baathiste, renversé par l’invasion américaine. Son personnel avait été trié sur le volet et rémunéré par l’ambassade américaine à Bagdad. Dès le début, ce tribunal fantoche s’était servi de méthodes les plus crues de « justice du vainqueur. »

L’homme qui va vraisemblablement signer l’ordre d’exécution est le premier ministre actuel, Nour El-Maliki, personnalité influente du Parti islamique Dawa tandis que le juge qui a prononcé la sentence, Mahmoud Saleh al-Hassan, est un membre du bloc politique chiite de Maliki, la Coalition pour l’Etat de droit.

Aziz a été jugé en grande partie lors des nombreux procès intentés contre lui en l’absence d’avocats de la défense, étant donné que les avocats qui avaient osé le défendre ont été menacés de mort par la milice chiite liée au régime soutenu par les Etats-Unis.

Au fond, il a été reconnu coupable de crimes commis par la police secrète de Saddam Hussein au motif qu’il avait fait partie du gouvernement irakien en tant que chef de la diplomatie du pays. Ceux qui connaissent le fonctionnement du régime Baathiste contestent cette logique en faisant remarquer qu’Aziz n’a jamais fait partie du cercle restreint qui contrôlait les forces de sécurité et qui était en grande partie recruté dans le clan de Hussein basé à Tikrit.

C’est une ironie cruelle qu’Aziz ait été condamné à mort pour persécution religieuse. Né en 1936 dans une famille chrétienne pauvre du Nord de l’Irak, Aziz fut attiré, lorsqu'il avait une vingtaine d'années, par la politique nationaliste oeuvrant pour le renversement de la monarchie soutenue par la Grande-Bretagne. A l’image de nombreux jeunes de sa génération radicalisés dans le monde arabe, il pensait qu’une révolution nationaliste pourrait libérer la région de l’héritage du colonialisme, y compris des divisions ethno-religieuses exacerbées par le recours de l’impérialisme européen à la méthode du diviser pour mieux régner.

Les forces politiques irakiennes supervisant son procès sont liées aux milices impliquées dans l’effusion de sang provoquée pour des raisons religieuses par l’occupation américaine. La population chrétienne irakienne a été décimée et la possibilité pour un chrétien comme Aziz d' occuper un poste de premier plan dans l’actuel gouvernement est absolument inexistante.

Chose plus fondamentale encore, le tribunal et le régime lui-même sont les fruits d’une guerre criminelle et de l’occupation de l’impérialisme américain. La condamnation à mort a été dictée par Washington.

Alors que l’Union européenne a qualifié la condamnation à mort prononcée à l’encontre de Tarek Aziz « d’inacceptable » et que le Vatican et plusieurs gouvernements européens demandent un recours en grâce, le gouvernement Obama garde un silence coupable.

La question évidente que pose le lynchage juridique de Tarek Aziz est la suivante : De quel droit le gouvernement à Washington et ses agents locaux se permettent-ils de juger quiconque pour crimes commis contre le peuple irakien ?

Comme Tarek Aziz l’a lui-même déclaré au journal britannique The Guardian en août dernier lors de l’unique interview qu’il a tenue depuis son emprisonnement, « Nous sommes tous les victimes des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. Ils ont tué notre pays. »

Les sept années et demies passées de l’occupation américaine ont détruit la société irakienne et coûté la vie à plus d’un million de personnes, en transformant plus de quatre millions de personnes en réfugiés, en provoquant la famine et le chômage pour des millions de personnes de plus tout en en privant d’autres des services les plus essentiels.

Le fait de condamner Tarek Aziz à mort tandis que les auteurs de ces crimes – tant dans le gouvernement Bush que celui d’Obama – sont assurés de l’impunité n’est pas seulement un crime mais une obscénité.

Les défenseurs d’Aziz en signalant le caractère précipité de la condamnation à mort qui a été prononcée sans respecter le préavis usuel de 30 jours dans l’attente d’une telle décision, ont dit qu’elle était politiquement motivée. Ils ont accusé la cour d’agir au nom de Maliki et de ses commanditaires à Washington pour détourner l’attention de l’opinion publique de la diffusion par WikiLeaks la semaine passée de près de 400.000 documents américains secrets dévoilant le massacre de civils et la torture systématique pratiquée par les forces de sécurité fantoche irakiennes avec l’approbation tacite des Etats-Unis.

La cour martiale sommaire qui a condamné Aziz a opéré en tant qu’instrument de la politique américaine au même titre que le fait la « brigade des loups » que les Etats-Unis ont entraînée et à laquelle l’armée américaine, selon les documents de Wikileaks, a remis des prisonniers pour qu’ils soient torturés – souvent à mort – à l’aide de perceuses électriques, et administration de décharges électriques à haute tension et autres moyens sophistiqués de torture.

Washington a ses propres raisons de vouloir la mort de l’ancien ministre irakien des Affaires étrangères. Il y a ceux qui, au sein de l’establishment politique, ne peuvent accepter qu’il ait clairement réfuté les prétextes fabriqués de toutes pièces – « d’armes de destruction massive » et de liens avec Al Qaïda – pour l’invasion américaine.

De plus, la longue carrière diplomatique d’Aziz le place dans une position exceptionnelle pour révéler au grand jour le bilan criminel de l’impérialisme américain en Irak. Il fut le premier à avoir reçu Donald Rumsfeld (l’ancien secrétaire à la Défense de Bush au moment de l’invasion en 2003) lorsque celui-ci fut, en 1983, l’envoyé spécial du gouvernement Reagan chargé d’offrir le soutien des Etats-Unis à Saddam Hussein dans la guerre Iran-Irak.

Il se trouvait au cœur des manœuvres diplomatiques entre Washington et Bagdad juste avant la première Guerre du Golfe lorsque l’ambassadrice américaine à Bagdad, April Glaspie, avait accordé ce qui avait quasiment servi de feu vert à l’invasion du Koweit par l’Irak en 1990 et qui à son tour devait servir de casus belli pour une intervention massive de l’armée américaine dans le Golfe persique.

Il pourrait aussi révéler comment Washington avait systématiquement rejeté toutes preuves que l’Irak ne disposait pas « d’armes de destruction massive » et saboté toute tentative pour empêcher la guerre déclenchée par les Etats-Unis en 2003.

L’élite dirigeante américaine a grand intérêt à ce que Tarek Aziz emporte dans sa tombe les secrets qu’il détient sur les relations de ces 30 dernières années entre les Etats-Unis et l’Irak. Pourquoi laisser en vie un homme qui pourrait être cité comme témoin clé à leur propre procès pour crimes de guerre ?

C’est pour cette raison que la classe ouvrière internationale doit s’opposer à l’exécution de Tarek Aziz et exiger sa libération immédiate. La justice ne sera rendue au peuple irakien qui souffre que lorsque les responsables, qui ont mené une guerre d’agression illégale engendrant ces innombrables crimes, seront poursuivis.

Bill Van Auken

3 novembre 2010

Source : World Socialist Web Site
http://www.michelcollon.info:80/Tarek-Aziz-menace-de-meurtre.html


Pierre Tarnac: Tarek Aziz, le disparu.

 « Cet homme…

est aujourd’hui au secret.

Que lui reproche-t-on ?…

Quel crime a-t-il commis ?…

Sur les dizaines, centaines, milliers peut-être d’hommes politiques occidentaux qui l’ont reçu, parfois flatté, parfois sollicité, personne apparemment ne se soucie de son sort ou du moins ne manifeste publiquement une ombre d’interrogation… »

   Il a été reçu dans les palais nationaux : tapis rouge, huissiers empressés, attachés de cabinets affairés, virevoltant devant, derrière. Dans les salons s’entassaient les fonctionnaires (hauts), cous tendus, oreilles écartées, doigts fébriles sur le carnet de notes où se griffonnaient au vol les échanges louangeurs. Il était reçu aux Nations Unies. Le Secrétaire Général, les délégués, hors l’américain et le britannique, croisaient les doigts : pourvu qu’il acceptât de venir, de s’asseoir, de discuter.

   Certes, il était souriant mais dur, courtois mais rigoureux. Mais enfin son pays, sur sa recommandation sans doute, avait accepté le premier la résolution après sept ans de guerre avec les Mollahs, bien avant ceux-ci qui firent encore traîner douze mois les tueries. Il était reçu au Vatican. Oh certes ! Sa religion affichée – qui l’inscrivait au rang des rares fidèles d’une chrétienté en peau de chagrin – devait être d’avantage de convenance que foi vécue et prodiguée. Mais enfin son pays, si vite aujourd’hui qualifié de barbare, tyrannique, était l’un des rares où celui qui n’est pas musulman respirait librement, ne se sentait ni écarté, ni toléré gentiment mais de haut en bas et le Cardinal envoyé par le Saint Père était sans doute bien heureux, quelques jours plus tard, de le revoir, de lui parler et d’obtenir par son truchement une audience du dictateur local. Que se sont- ils dit ? Nul ne le saura. Mais au printemps de cette année alors que d’autres se préparaient à tuer, il reste que le Saint-Siège ne jugeait pas anormal qu’un entretien eût lieu et qu’un visiteur, le dernier des Occidentaux, fut un Prince de l’Eglise, français de surcroît.

   Est-ce ceci qui fit bondir la collaboratrice, au doux nom de tsarine orthodoxe, d’un grand journal autrefois réputé pour ses opinions modérées, sa prose tempéré ? Mais voilà que quelques semaines après le déclenchement de la guerre, cette journaliste donna dans le massacre épistolier. La haine coula à ras bord. Tout y passa, sans grande élégance : les traits physiques – vilain nez, épaisses lunettes, l’allure vestimentaire – le cigare, le tout ramené sous un titre définitif, quelque chose comme le dernier des « Caïmans ». Aimable désignation pour qualifier un homme qui depuis des années plaidait la cause certes difficile, mais aussi plaidable que celle des régimes hypocrites qui l’entouraient, de son pays.

 « Il prenait des risques mais il sauvait des vies »

   Il le faisait pour des raisons simples qui conduisent les hommes depuis toujours à défendre leur pays parce qu’ils préfèrent pour le diriger quelqu’un de leur sol plutôt qu’un martien hurlant des borborygmes qu’il croit être un langage universel, bardé de mitrailleuses. Tremblant peut-être mais allant jusqu’au bout, il recommandait à son dictateur d’accepter en fin de compte la mise en œuvre d’exigences hautaines des Nations unies, de passer sous les fourches caudines de la résolution pétrole contre nourriture, si désinvolte pour la souveraineté et la dignité du peuple irakien. Il prenait des risques mais il sauvait des vies.

   Ces vies sauvées, la France en compta aussi, grâce à lui. Le sait-elle ? Cette brillante journaliste qui fut toute saisie ce dernier printemps d’une vigoureuse haine contre celui par qui  des vies, la sienne pourquoi pas, innocente parisienne, furent épargnées, se souvient-elle ? 1986, l’année commence mal en France. On s’épuise à libérer des otages français pris au Liban. Le gouvernement détient deux individus, deux Irakiens mais ennemis farouches de Saddam Hussein, membres d’un mouvement islamiste radical et terroriste opérant à l’extérieur de l’Irak. Le gouvernement veut se débarrasser de ces hommes dont il redoute l’activité en France. Mais il commet une lourde erreur. Au lieu de les expédier dans quelque lointaine terre d’exil, il les réexpédie à Bagdad, chez le tyran, le barbare absolu. Fureur de toutes les bonnes âmes et en premier chef du mouvement islamiste. Personne ne doute que les personnes sont torturées, tronçonnées, hachées, ou vont l’être aussitôt. Le mouvement islamiste, de sa base orientale, annonce, comme première représailles, la mise à mort d’un otage français. Toutes affaires cessantes, le gouvernement français dépêche à Bagdad deux émissaires qui implorent ce régime abominable de pouvoir, si quelque chance existe encore, rapporter la preuve que les deux extrémistes sont encore en vie. On ne donne pas cher de la mission des diplomates. Or, stupeur et tremblement… Les opposants sont montrés vivants aux émissaires qui n’en croient pas leurs yeux et publient la nouvelle… Menaces et représailles cessent. Mais reviennent, quelques semaines plus tard, pour éprouver le nouveau gouvernement français. Août 1986 n’est pas si vieux. Se rappelle-t-on la série d’attentats, les sirènes, les ambulances, les morts, à Paris, dans l’indifférence d’ailleurs complète de nos partenaires et amis atlantiques ?

 « Et les attentats cessèrent… »

   La France était seule, bien seule face au terrorisme. Seule, mais il y avait cet homme, ce fameux « caïman » dont parle la collaboratrice d’un journal équilibré. A New York, en septembre 1986, en marge d’une rentrée des Nations Unies, des Français le rencontrèrent. Ils lui demandèrent l’impossible : qu’un gouvernement souverain qui a quelque raison de garder sous contrôle deux extrémistes, membres d’une organisation étrangère terroriste qui a juré sa perte, que ce gouvernement abdique sa souveraineté, libère les deux hommes et non seulement les libère mais leur permette de trouver refuge en France ; tout ceci pour tenter de mettre fin à une campagne d’attentats menée sur le sol français par la maison mère de ces extrémistes. Voilà tout bonnement ce que demandaient ces Français en tournant leurs bérets entre leurs doigts, plutôt humblement et sans se faire grande illusion. Pensez donc : l’Irak, la barbarie, la tyrannie etc… Le « caïman » aux grosses lunettes, au cuir épais de séide obtus, écouta, un peu bougon il est vrai. La demande était quand même exorbitante. Mais il répondit que malgré la dureté de son cœur, la réputation détestable bien établie de son régime, il plaiderait. Et il obtint satisfaction du dictateur sanguinaire. Et les deux opposants quittèrent l’Irak et revinrent en France (où ils s’inscrivirent, dit-on, à un cours de philosophie). Et les attentats cessèrent. Et vie fut laissée à de braves gens qui prenaient le métro, allaient au restaurant, faisaient des courses, parmi lesquels certains ou certaines qui plus tard cracheront leur venin, manière à eux d’exprimer leur reconnaissance, contre le dernier des « caïmans ».

   Cet homme, on l’aura reconnu, est aujourd’hui au secret. Que lui reproche-t-on depuis le jour pas si ancien où personne ne reprochait au Saint Père de la recevoir ? Quel crime a-t-il commis entre le jour où il reçut lui-même à Bagdad un cardinal français et celui où il fut mis au trou ? Sur les dizaines, centaines, milliers peut-être d’hommes politiques occidentaux qui l’ont reçu, parfois flatté, parfois sollicité, personne apparemment ne se soucie de son sort ou du moins ne manifeste publiquement une ombre d’interrogation. Mais il fallait que le nom de Tarek Aziz fut rappelé. Qu’en osant réclamer de Saddam Hussein qu’il fit acte de pardon, il épargna des vies françaises. Nul, semble-t-il, n’en a parlé depuis sa reddition au lendemain de l’effondrement de Bagdad. Silence.

* Pseudonyme d’un diplomate français qui eut à connaître des affaires relatées ici, mais qui préfère garder l’anonymat.

Pierre Tarnac *

(L’Indépendance - Novembre-décembre 2003)

Vendredi 29 octobre 2010

Source : France Irak
http://www.france-irak-actualite.com/...



1 Les brèves

Ndlr : la publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyses ou le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information.

1-1 Contrebande de filles.

Revue de presse : La police irakienne arrête un gang  spécialisé dans la contrebande de filles
  La police irakienne a appréhendé les membres d’un gang spécialisé dans la contrebande de filles qui opéraient dans la province de Bassora. La plupart des filles vendues à l’étranger appartiennent à des familles pauvres de la ville.

Un commerce florissant qui s’est répandu depuis 2003

   La contrebande de filles est un business florissant en Irak. Depuis l’invasion américaine de 2003, ce commerce est aussi répandu que le trafic illicite de stupéfiants, d'antiquités et d'armes.
   « Le trafic de jeunes filles est un phénomène étrange et inacceptable dans une société traditionnelle comme l'Irak », nous a déclaré un agent de sécurité qui ptéfèrent garder l’anonymat . Il a ajouté que ce n'était pas la première fois que la police arrêtait ce genre de trafiquants : «Les gangs s’en prennent aux petites filles. Ils fournissent de faux passeports et facilitent leur voyage à l'étranger ». Mais il a refusé de donner des détails sur le nombre de filles passées en contrebande.

Des gangs qui poussent comme des champignons

    Pour Tareq Hareb, expert juridique, il y a en Irak de nombreuses bandes organisées, spécialisées dans la vente de filles. Il attribue ce trafic à «la pauvreté abjecte qui règne dans le pays ». Hareb dit que loi irakienne est extrêmement sévère avec les contrebandiers qui, s'ils sont reconnus coupables, sont condamnés à la réclusion à perpétuité. « Mais les filles irakiennes hésitent à les dénoncer. Elles craignent la honte que génèrent de telles révélations. C’est la raison pour laquelle ces gangs poussent comme des champignons ».

   La Professeur Fawziya al-Attiya a une opinion différente. Pour elle, la cause principale de la contrebande de filles est le manque de sécurité.

   Les crimes dont les femmes sont victimes ont fait un bond en avant depuis l'invasion américaine. Le nombre de veuves et de familles irakiennes dirigées par des femmes a grimpé en flèche.

Source: Iraqi police seize gang specialized in smuggling of girls

Hassan Saraa Azzaman*

 14/10/10)

  • Azzaman est un des principaux quotidiens irakiens. Il est publié simultanément à Londres et Bagdad. Au tout début des années 90, son directeur, Saad al-Bassaz, a dirigé l’Agence de presse et l’Office radio- télévision irakiens, puis le quotidien Al-Joumhouriya. Il a quitté l’Irak en octobre 1992, après la parution de son livre sur les secrets de la première guerre du Golfe.

http://www.azzaman.com/english/index.asp?fname=news2010-10-14kurd.htm

15 octobre 2010 5 15 /10 /2010 22:00

http://france-irak-actualite.over-blog.org/


1-2 Des Américains en uniforme irakien.

   Sur le terrain, la résistance à la double occupation se poursuit : la Zone verte a été à nouveau bombardée, des postes militaires attaqués, plusieurs collaborateurs ont été assassinés. Les Américains, calfeutrés dans leurs bases, en sortent de plus en plus souvent en uniforme irakien pour passer inaperçus. En coulisse, certaines organisations de résistance envisageraient maintenant de s’adjoindre une façade électorale. C’est, semble-t-il, le cas du Front Islamique de la Résistance Irakienne (al-Jabha el-Islamiya lil Moqawama al-Iraqiya –JAMI) que l’on dit proche des Frères Musulmans.

A suivre…

14-10

http://www.france-irak-actualite.com/article-irak-la-foire-d-empoigne-parlementaire-58887851.html


1-3 Des combattants irakiens se tournent vers Al-Qaïda.

nb : Ndlr : la publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyses ou le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information.

Des combattants irakiens appartenant aux milices du "Réveil", affiliées à l'armée américaine, auraient fait allégeance ces derniers mois au réseau Al-Qaïda, peut-être par centaines, a rapporté dimanche le New York Times.

Citant des responsables anonymes au sein du gouvernement irakien, d'anciens et actuels membres des milices du "Réveil" et des résistants, le quotidien affirme que même s'il n'existe pas de chiffre précis, des centaines de ces combattants, parmi lesquels beaucoup ont acquis une grande connaissance du fonctionnement de l'armée américaine, semblent avoir rejoint les rangs d'Al-Qaïda.

En outre, des responsables estiment qu'il est possible que des milliers de combattants du "Réveil" qui reçoivent toujours de l'argent des autorités irakiennes aident secrètement la résistance, ajoute le journal.

Ces défections sont dues en partie à une frustration envers le gouvernement mené par les chiites, que les milices du "Réveil" jugent hostile à leur mouvement, ainsi qu'aux pressions exercées par Al-Qaïda, a noté le quotidien.

Elles ont accéléré depuis les élections législatives de mars, les sunnites n'étant pas certains de maintenir leur influence politique dans le pays, alors que la formation du nouveau gouvernement patine toujours.

Ces défections menacent l'équilibre social et politique de l'Irak, alors que l'armée américaine se prépare à quitter complètement le pays à la fin de 2011, souligne le New York Times.

16 octobre 2010.


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