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06/11/2010

n°507 -Les Dossiers 'Géopolitique et Stratégie' d'Irak -03-11 - : Fin: Le Cauchemar : les atrocités de l'invasion en Irak : L'exhumation de l'inconcevable

n°507  -Les  Dossiers 'Géopolitique et Stratégie' d'Irak -03-11 - : Fin: Le Cauchemar : les atrocités de l'invasion en Irak : L'exhumation de l'inconcevable


Les Dossiers 'Géopolitique et Stratégie' d'Irak

n°507                           03-11/10

C.De Broeder      &       M.Lemaire



Le " Dossiers Irak aux enchères" est visible  sur ...

a) sur nos  blog :  http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                             http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

f) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1 Les déserteurs américains continueront de se battre pour demeurer au Canada 

3-2 Iyad al Duleimi : Des bombes à retardement dans les pages des manuels scolaires irakiens.

3 Annexe

3-1 Pascal Sacre : Le traitement médiatique et politique des prisonniers d’opinion.

 


3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

3-1 Les déserteurs américains continueront de se battre pour demeurer au Canada 

Une dizaine de déserteurs vivant présentement sur le territoire canadien ont évoqué les raisons qui les ont motivés à déménager plutôt que d'obtempérer aux ordres de déploiements militaires en Irak.

Les déserteurs américains pourraient obtenir le droit de demeurer au Canada, s'ils restent suffisamment longtemps au pays pour assister à un changement de gouvernement, a déclaré la députée néo-démocrate Olivia Chow, samedi.

Mme Chow a tenu ces propos alors que des partisans de déserteurs américains se sont rassemblés samedi, à la suite du rejet par le Parlement du projet de loi qui aurait permis à ces personnes de demeurer au Canada.

Elle a ajouté que son parti et le Bloc québécois sont favorables à ce que les déserteurs demeurent au pays. «Ils pourraient avoir un espoir de rester ici si les conservateurs perdaient le pouvoir aux prochaines élections», a déclaré Mme Chow dans une entrevue à Ottawa. Selon elle, des élections pourraient être tenues ce printemps.

Selon une porte-parole des déserteurs, Michelle Robidoux, environ 80 Canadiens et Américains se sont réunis à Fort Erie, sur la frontière ontarienne, afin de discuter des prochaines étapes possibles dans leur combat pour rester au pays. 

«Lorsque les gens entendent leurs motivations et le récit de tout ce qu'ils ont laissé de côté pour obtenir l'asile, il devient évident que le Canada devrait leur permettre de rester plutôt que de les renvoyer dans leur pays, où ils seront emprisonnés», a-t-elle souligné.

Une dizaine de déserteurs vivant présentement sur le territoire canadien ont évoqué les raisons qui les ont motivés à déménager plutôt que d'obtempérer aux ordres de déploiements militaires en Irak.

L'événement de samedi s'est conclu par la formation d'une chaîne humaine près du pont de la Paix, qui lie l'Ontario à l'État de New-York. L'objectif est de créer un dialogue entre les citoyens des deux côtés de la frontière.

Mme Chow a mentionné que plusieurs déserteurs étaient au pays depuis six ans et qu'ils apportaient leur contribution à la société canadienne. «Les déporter pour les envoyer en prison et les séparer de leurs enfants nés au Canada est tout simplement cruel», a-t-elle ajouté.

Le projet de loi privé présenté par le libéral Gerard Kennedy, qui aurait permis aux déserteurs de demeurer au Canada, a été rejeté un peu plus tôt en octobre.

Le ministère de l'Immigration a publié une circulaire cet été, soutenant que le refus d'accomplir le service militaire dans un autre pays pourrait rendre inadmissible la demande des requérants d'asile.

Le document ne va pas jusqu'à interdire de séjour les déserteurs et demande aux agents d'immigration de suivre les directives des conseillers régionaux.

La nouvelle réglementation mentionne une loi refusant l'entrée au Canada à des réfugiés dans «des cas où il y a une grande criminalité impliquée».

Le gouvernement conservateur aurait démontré peu d'empathie à l'égard des déserteurs américains. Des conservateurs ont soutenu que ces nouveaux arrivants avaient volontairement choisis de s'enrôler et qu'ils avaient désertés afin de ne pas servir leur pays en Irak.

http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/national/201010/16/01-4333263-les-deserteurs-americains-continueront-de-se-battre-pour-demeurer-au-canada.php


3-2 Iyad al Duleimi : Des bombes à retardement dans les pages des manuels scolaires irakiens.

Les nouveaux hommes politiques irakiens ont échoué sur tous les plans.

Toutefois, pour être juste, il faut aussi reconnaître leurs succès : ils sont parvenus à détruire le système scolaire et universitaire irakien, ils ont aujourd’hui ravalé l’Irak au rang des pays comptant le plus grand nombre d’analphabètes : 20% au dernier recensement.

Les politiques de la Zone Verte ont réussi à empêcher plus de 800 000 enfants irakiens de fréquenter l’école (selon les statistiques 2008 de l’UNICEF).

Parmi les succès à leur actif, on compte également les programmes scolaires ; ils constituent, c’est le moins qu’on puisse dire, des bombes à retardement entre sunnites et chiites qui, en Irak, peuvent exploser à n’importe quel moment.

Depuis l’occupation étatsunienne, l’éducation en Irak s’est transformée, à tous ses niveaux, en un terrain supplémentaire de tensions politiques, sectaires et ethniques. Le Ministère de l’Éducation a été et devient ainsi un ministère clé pour certains partis dans les négociations –passées et futures- pour la formation du gouvernement. Il est finalement devenu un monopole du parti islamique Dawa, auquel appartient lechef actuel du gouvernement, Nuri al Maliki.

Nous aurions préféré que les responsables de l’administration irakienne choisissent de tenir l’éducation et l’enseignement à l’écart de leur champ de bataille. Cependant, peu après la chute du précédent régime irakien et l’entrée en scène politique d’une légion de nouveaux partis arrivant de toutes parts, nous avons mesuré l’abîme qui existait entre nos aspirations – nées de notre souci de la patrie- et les ambitions et programmes des partis venus de l’Est de l’Irak, porteurs d’une rancœur accumulée tout au long des siècles, depuis les temps des compagnons du Prophète –que Dieu les bénisse. La première exigence de ces partis a été un changement des programmes d’enseignement scolaire.

La question des programmes d’enseignement scolaire a été, dernièrement, au centre des discussions, surtout après l’application par le Ministère de l’Éducation irakien de presque 70% de ces modifications. Il est clair, maintenant, que la majorité des changements porte sur l’histoire de l’Islam et les livres d’éducation islamique: on y a ajouté un grand nombre de noms, de personnalités et des événements. La plus grande partie de ces nouveautés suit exactement la version chiite. Alors que tout le monde sait que la majorité de ces livres est, clairement et de façon scandaleuse, hostile à beaucoup de grands compagnons du Prophète, parmi lesquels notre mère Aisha– que Dieu la bénisse.

Un des leaders de ces partis venus de l’Est de l’Irak, qui défend ce changement, déclare : « Il n’est pas logique qu’un chiite étudie l’histoire d’Abu Bakr, Omar, Muawiya et de Harún al Rashid, et qu’il parle de leurs succès ». Cette explication, publiée dans un quotidien londonien, ne donne aucun éclairage sur l’idéologie qui régit l’éducation en Irak et qui se trouve derrière le processus de changements des programmes scolaires.

Ce n’est ni logique ni naturel que le changement des programmes soit mené par une seule confession sans la participation de l’autre et sans prendre en compte la représentativité des deux confessions.

Et il est encore moins logique que la réforme des programmes éducatifs s’inspire et suive uniquement la tradition de Nadjaf, comme si cette dernières’était arrogéle droit de gérer le secteur éducatif depuis les antiques ruelles de Nadjaf.

 

Évidemment, nous ne demanderons ni aux politiques de Bagdad ni à son actuel gouvernement de revoir ces programmes défigurés : ils n’ont été ni seront disposés à le faire. La preuve en est que ces hommes politiques traitent toujours la question irakienne comme si elle était la propriété de leurs partis et de leurs milices, sans aucun sens des responsabilités, aucune sensibilité ou aucun souci de l’avenir de ce pays. De plus, certains de ces partis, qui travaillent à ce que l’on appelle la « chiitisation » de l’Irak, font tous leurs efforts pour maintenir le germe de la division dans la société irakienne ; en faveur de l’Iran d’abord, qui ne veut pas d’un Irak stable en situation de porter préjudice à

ses intérêts , d’une manière ou d’une autre, et ensuite pour donner à ces partis une raison d’être, puisqu’il s’agit de partis sectaires dont l’émergence est liée à l’essor du sectarisme.

 

Malheureusement, l’Irak vit une situation de dépendance totale à tous les niveaux de souveraineté : entre un occupant étatsunien reconnu, qui impose ce qu’il veut, et un occupant iranien implicite, nombreux sont les piliers que l’Irak a perdu, dont le système éducatif qui l’avait élevé au rang des pays ayant le taux d’analphabétisme le plus bas du monde et lui avait permis de créer une structure scientifique reconnueet admirée en Occident et dans le monde entier.

 

Les nouveaux hommes politiques irakiens ont échoué sur tous les plans. Toutefois, pour être juste, il faut aussi reconnaître leurs succès : ils sont parvenus à détruire le système scolaire et universitaire irakien, ils ont aujourd’hui ravalé l’Irak au rang des pays comptant le plus grand nombre d’analphabètes : 20% au dernier recensement.

Les politiques de la Zone Verte ont réussi à empêcher plus de 800 000 enfants irakiens de fréquenter l’école (selon les statistiques 2008 de l’UNICEF). Parmi les succès à leur actif, on compte également les programmes scolaires ; ils constituent, c’est le moins qu’on puisse dire, des bombes à retardement entre sunnites et chiites qui, en Irak, peuvent exploser à n’importe quel moment.

Iyad al Duleimi
Traduit par Esteban G.

9 Septembre 2010
Edité par Michèle Mialane Iyad al Duleimi

Jeudi 14 Octobre 2010
Merci à 
Tlaxcala
Source: http://www.alarab.com.qa/details.php?docId=151425&issueNo=1018&secId=15
Date de parution de l'article original: 30/09/2010
URL de cet article:
http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=1876



3 Annexe

3-1 Pascal Sacre : Le traitement médiatique et politique des prisonniers d’opinion.

A la prisonnière 650.

Quelle différence y a-t-il entre des opposants politiques emprisonnés aux Etats-Unis, en Iran ou en Chine ?

Entre des prisonniers condamnés à mort, soumis à la torture, incarcérés sans procès et internés en institution psychiatrique en Norvège, aux Etats-Unis, en Arabie Saoudite, en Iran ou en Chine ?

Entre Aafia Siddiqui, Lynne Stewart, Synnove Fjellbakk Tafto et Liu Xiaobo (Prix Nobel de la paix 2010),

Farah Vazehan [1],

Hossein Derakhshan [2] ?

Le traitement médiatique et politique de ces prisonniers d’opinion n’est pas du tout le même selon qu’ils servent ou desservent les intérêts de l’impérialisme des Etats-Unis et de leurs alliés.

Les prisonniers politiques dont nos médias ne parlent pas

Aafia Siddiqui, une femme pakistanaise de 36 ans, fut amenée le 5 août 2008 enchaînée, blessée aux épaules par deux coups d’armes à feu, squelettique, tremblante et en état de choc, dans une salle de tribunal de « la plus grande » démocratie occidentale, à New York.

Cette femme est diplômée en neurologie du Massachusetts Institute of Technology et de l’Université de Brandeis [3] aux USA, mère de trois enfants, elle a vécu de nombreuses années tranquilles aux Etats-Unis.

Elle a été accusée de tentative d’assassinat sur des officiers de l’armée et des agents du FBI, après avoir été interpelée puis emprisonnée au Pakistan dans des circonstances obscures, accusée de complicité avec le terrorisme à l’issue d’un simulacre d’enquête dans laquelle les simples déclarations des militaires US ont eu force de preuve.

Aafia Siddiqui avait été enlevée en mars 2003 avec ses trois enfants, à Karachi, par les services secrets pakistanais (ISI), et remise au personnel militaire étasunien qui l’avait transférée dans la terrible prison à l’intérieur de la base de Bagram, en Afghanistan. Aafia, c’était la « prisonnière 650 » dans ce qui est devenu le tristement célèbre « département tortures » de la prison de Bagram.

Sa sœur Fawzia, qui habite à Karachi, a déclaré : « Elle a été violée et torturée pendant 5 ans, nous ne savons rien de ce qui a pu arriver à ses trois fils. »

Siddiqui et d’autres femmes ont été, et sont toujours, incarcérées à Bagram et dans d’autres prisons qui pratiquent la torture pour le compte des Etats-Unis. Les déclarations des témoins selon lesquels elle aurait tiré sur des militaires avec un fusil d’assaut, laissé, on ne sait pourquoi, à portée de main, sont peu crédibles, mais furent retenues comme des preuves irréfutables.

Aafia fut la seule atteinte par une balle. Aucun des militaires n’a été blessé.

Imaginez cette histoire en Iran ou en Chine, avec une opposante politique au régime ! Ensuite, « on » l’a retrouvée en 2008 en Afghanistan, désorientée et ayant sur elle des plans pour faire sauter des édifices à New York…

Digne de la série 24 heures chrono. Lady Al-Qaeda [sic !], surnom donné par le NY Daily New, a été condamnée en janvier dernier.

Pendant tout le procès, le Ministère public n’a pas cessé d’utiliser le terme de terroriste en se référant à elle.

Il n’y avait aucune preuve formelle attestant qu’elle avait tiré sur des militaires ou qu’elle s’était livrée à des activités terroristes. Au cours du procès, les témoins ont décrit Siddiqui comme « une femme complètement brisée ».

Elizabeth M. Fink, l’avocate d’Aafia Siddiqui a déclaré : « C’est une femme profondément traumatisée par les tortures qu’on lui a fait subir pendant les 5 années de sa détention, et par l’angoisse de ne pas savoir ce que ses fils sont devenus. On lui a seulement bandé ses blessures, alors qu’elle aurait eu besoin de bien d’autres soins dans un hôpital. A cause de la lutte contre le terrorisme la justice des Etats-Unis est devenue arbitraire, aveuglément féroce, infâmante pour le nom de notre pays dans le monde entier. » [4] Aafia Siddiqui, la « prisonnière 650 » de Bagram, n’est même pas une opposante politique mais plus probablement une victime anonyme sacrifiée sur l’autel de la lutte contre le prétendu terrorisme.

Elle fait partie de ces méchants inventés par l’Occident pour accréditer ses thèses afin que ses populations croient à sa fable de la guerre contre le mal.

« Lady Al-Qaeda » ! Un alibi fabriqué de plus pour justifier l’injustifiable.

Aafia Siddiqui a été condamnée à une peine de prison incompressible de 86 ans [5].

L’article « Triumph Of Evil » (Le Triomphe du Mal) [6], écrit par John Kozy, ancien professeur à l’université en philosophie et logique, témoigne de la corruption et de la dégradation de toutes les strates du système juridique et policier US : Cours locales et fédérales, Cour Suprême, Bureaux de procureurs, laboratoires d’« expertise ».

Les preuves sont manipulées, des témoignages partiaux sont pris comme faits avérés, les informateurs et les policiers sont crus sur parole, des aveux sont extorqués par la force et pris au sérieux par les juges.

Nous sommes très éloignés des séries télévisées (« Les Experts ») qui nous font prendre la mythologie pour la réalité.

Sur le terrain, révélée grâce à des témoignages de lanceurs d’alerte courageux et intègres, c’est bien à la criminalisation de toute une société que nous assistons. Le crime devient la règle, et la loi ne protège plus les gens mais est utilisée par le gouvernement étasunien pour nuire à sa population et protéger les dirigeants [7]. Cela s’observe également dans d’autres gouvernements occidentaux comme la France [8] ou l’Italie.

Comme le dit le professeur John Kozy,

« Les sociétés modernes ont justifié leur utilisation de méthodes criminelles en argumentant que de telles techniques étaient nécessaires pour combattre le mal. Mais la guerre menée par le bien contre le mal ne peut être gagnée en utilisant les armes du mal. Le mal n’apporte jamais de bien, et en usant de ces viles pratiques, la somme de mal augmente en quantité et qualité.

Tenter de sauver la nation en devenant ce dont vous essayez de sauver cette nation est suicidaire. [9] »

Contredisant la pensée malfaisante de Richard Dick Cheney [10], et de beaucoup de moralisateurs occidentaux, chaque fois que nous voulons combattre le mal en utilisant ses armes, torture, mensonges, sacrifices d’innocents, meurtres, massacres, jugements sans preuves, plutôt que le réduire, nous augmentons la quantité, et la qualité du mal dans nos sociétés.

C’est exactement ce cycle de violence progressive, degré par degré, avec son cortège de banalisations et de cynisme, d’arrogance et de mauvaise foi qui finalement conduit aux massacres de masse et aux comportements inhumains comme ceux de la période nazie. La complicité des médias et des « experts » y joue un rôle important.

 « La fin justifie les moyens » est un slogan populaire dans nos pays qui cultivent et s’arrogent la bonne conscience.

Pourtant cela n’est pas vrai. N’importe quelle fin ne justifie jamais n’importe quel moyen. Les moyens utilisés déterminent la fin qui nous attend.

Même pour nous défendre du mal, user de moyens vils nous rend vil à notre tour, sans retour en arrière possible.

Le 19 novembre 2009, Lynne Stewart, âgée de 70 ans, avocate spécialisée dans la Défense

des droits civils et militante de longue date, condamnée à 28 mois de prison, a été incarcérée pour conspiration et soutien matériel au terrorisme.

Lynne Stewart a consacré sa vie aux pauvres, aux défavorisés, à la communauté noire et à la justice. Ceux d’entre eux qui n’avaient pas les moyens de payer les services d’un avocat pouvaient frapper à sa porte [11].

« Sa seule faute est d’avoir contrevenu aux mesures administratives spéciales (Special Administrative Measures, SAM) du bureau américain des prisons (US Bureau of Prisons). Elle avait été obligée de signer ces mesures pour pouvoir défendre le Cheik Omar-Abdel Rahman. Les SAM sont inconstitutionnels : elles violent le Premier Amendement ainsi que le Sixième Amendement de la Constitution américaine selon lequel, tout accusé a droit à un avocat et à être jugé par un jury d’État impartial dans l’État même où le crime a été commis et seulement pour ce crime. L’Administration Clinton n’a pas considéré Lynne Stewart comme une terroriste et un traître. À l’époque, son cas a simplement été considéré comme une faute administrative. Lynne Stewart a reçu une lettre à cet effet, et n’a pas pu rendre visite à son client pendant quelque temps. Puis, elle a pu reprendre ses visites au Cheik en prison et poursuivre son travail d’avocate. Ce n’est que le 9 avril 2002 qu’elle a été arrêtée à son domicile par le FBI, quelques mois après les évènements du 11 septembre 2001 et dans un climat d’hystérie collective. Le soir de son arrestation, John Ashcroft, ministre de la Justice des États-Unis, est allé à l’émission populaire de David Letterman, Late Night Show, et a déclaré à toute l’Amérique que Lynne Stewart était un traître à la nation. [12] »

Lynne Stewart, de même qu’Aafia Siddiqui, n’est pas une héroïne, pas plus qu’une terroriste.

C’est une victime d’un système odieux qui dit combattre le mal mais qui pour cela, en commet bien plus, sans que les médias, prompts à fustiger l’Iran, la Chine, Cuba ou le Venezuela au moindre écart de conduite, ne trouvent rien à y redire, quand c’est l’Occident.

« C’est une femme de 70 ans avec des années d’expérience de vie en tant que mère, grand-mère, activiste et avocate. Jeune femme blanche, elle s’est engagée et a lutté pour la cause de ses compatriotes noirs, parce qu’elle croyait dans la justice. Des décennies plus tard, elle a défendu le Cheik Omar-Abdel Rahman, parce qu’elle croyait toujours dans la justice. [13] »

Lynne a mis en garde les autres avocats de la Defens : « C’est un avertissement pour les autres avocats. [Le gouvernement leur envoie le message] Ne défendez pas vos clients avec trop de vigueur, ne faites pas de zèle ».

Synnove Fjellbakk Tafto, ancienne avocate du ministère des Affaires étrangères en Norvège, et dissidente politique, a été hospitalisée de force pour la cinquième fois et s’est vue administrer un traitement psychiatrique quelques jours après la publication d’un article subversif [14].

Un article subversif ?

Internée et obligée de prendre un « traitement » psychiatrique pour un article subversif ? Imaginez si madame Tafto était chinoise ou iranienne.

Depuis 1994, comme le rapporte Ron Paul, le député républicain US, madame Tafto accuse les dirigeants de son pays d’avoir trahi la nation en adoptant des accords anticonstitutionnels visant à contourner l’opposition de la population.

Ce mépris des acquis constitutionnels est devenu la règle en Occident, depuis les attaques du 11 septembre 2001.

Il n’est pas propre à la Norvège, mais gangrène tous nos pays qui se targuent malgré tout de représenter des valeurs qu’ils bafouent tous les jours : égalité, vérité, liberté, honneur.

Comme les Irlandais en 2008 [15], les Norvégiens ont refusé à deux reprises, par référendum, de rejoindre l’Union Européenne, en 1972 [16] et en 1994 [17]. La militante a dénoncé notamment l’accord qui a malgré tout fait rentrer le pays dans l’Espace économique européen.

Dans son dernier article « subversif », elle accuse le ministre des Affaires étrangères norvégien, Jonas Gahr Störe, d’être un agent au service des intérêts mondialistes. La sanction est l’internement psychiatrique.

Terroriste. Traître qui mérite la pire punition. Ennemi antipatriotique.

Nos médias et nos gouvernants ont leurs formules pour salir, diaboliser toute résistance à l’autorité.

Des référendums bafoués, des votes et opinions populaires ignorés, des « terroristes » fabriqués, des emprisonnements et jugements arbitraires, des médias partisans, des films et séries TV propagandistes.

Des dissidents, des résistants internés, torturés, incarcérés après en avoir faits nos ennemis, des « terroristes », après avoir diabolisé, sali leur image ou plus simplement fait en sorte que personne n’en entende parler.

C’est ainsi que se comportent nos démocraties occidentales, qui parviennent à tirer l’oreille à des pays comme la Chine ou l’Iran.

L’attribution de médailles et de prix, comme le Prix Nobel de la Paix, ou la Medaille de la Liberté

participe de cet endoctrinement des populations occidentales et plus généralement de celles des Etats-Unis et de leurs alliés de la Coalition.

Certains de ces alliés (Arabie Saoudite, Egypte, Colombie) le sont parce que, pragmatiques, ils y trouvent leur intérêt (financier, armements, permissions d’opprimer leur propre population) mais la plupart, dont les peuples européens, se persuadent eux-mêmes qu’ils se trouvent dans le camp du Bien et de la Justice.

Le Prix Nobel de la paix fait partie des « jouets », des artifices leur permettant de flatter leur bonne conscience.

Ainsi après Henry Kissinger, Al Gore, Barack Obama, voilà le « valeureux » dissident chinois Liu Xiaobo [18] décoré de la prestigieuse Medaille.

Car à condition d’être de Chine ou d’Iran, les opposants politiques ont bonne presse en Occident.

Ces Prix et Medailles sont des instruments politiques utilisés par le système occidental et ses alliés, dans le but d’envahir le monde entier et de lui imposer ses doctrines, le capitalisme inégalitaire et la domination par une minorité, la légitimité d’une micro-caste de riches amoraux s’arrogeant le droit inné d’occuper le sommet de l’échelle sociale et de dominer tous les peuples du monde.

Cela est fait par la force (les guerres, les coups d’état, les assassinats) et surtout par la ruse (la moralisation démocratique, les prix et Medailles, les fondations « philanthropes » et les organes « mondiaux » de régulation, FMI, Banque Mondiale, OMC, OMS, ONU).

Plusieurs auteurs et chercheurs indépendants, dont le Réseau Voltaire (« Le prix Nobel de la paix au service de l’impérialisme ») [19], Thierry Meyssan (« Le dessous du prix Nobel de la paix 2009 ») [20], le professeur Domenico Losurdo (« Le Nobel de la guerre aux Messieurs du « Nobel de la paix ») [21], le professeur Chems Eddine Chitour (L’ordre occidental impérial : Stratégie d’attribution des prix Nobel) [22], nous révèlent toute la corruption qui règne au cœur de cette institution soumise, le Nobel, asservie comme toutes les autres institutions officielles aux mondialistes occidentaux, appuyés aujourd’hui sur les Etats-Unis et leurs alliés de la Coalition.

Ceux-ci nous gouvernent au moyen de leurres et instrumentalisent sans cesse notre bonne conscience, avec l’aide des médias et des institutions dans lesquelles nous avons naturellement confiance.

Sans risquer l’internement, l’incarcération ni la torture, vous pouvez toujours parler autour de vous de la « prisonnière 650 », en lui rendant son nom : Aafia Siddiqui et en rétablissant sa véritable histoire, voire signer la pétition réclamant sa libération, http://www.gopetition.com/petitions..., parler de Lynne Stewart, de Synnove Fjellbakk Tafto et afficher leurs photos, leurs calvaires, partout où vous pouvez.

Pascal Sacré

Sources :

[1] http://www.gopetition.com/petition/...

[2] http://www.guardian.co.uk/media/pda...

[3] L’Université de Brandeis (Brandeis University) est une université privée américaine située à Waltham dans le Massachusetts, à 16 km à l’ouest de Boston. http://fr.wikipedia.org/wiki/Univer...

[4] Aafia, un spectre au tribunal, http://www.legrandsoir.info/Le-vers...

[5] http://blog.emceebeulogue.fr/post/2...

[6] The Triumph of Evil, by Prof. John Kozy http://www.globalresearch.ca/index....

[7] Le projet diabolique et criminel appelé États-Unis d’Amérique. Le gouvernement étasunien utilise la loi pour nuire aux gens et protéger les dirigeants, par John Kozy http://www.mondialisation.ca/index....

[8] Affaires Bettencourt, Karachi, Wildenstein… http://www.lemonde.fr/politique/art...

[9] Op.cit., The Triumph of Evil, by Prof. John Kozy

[10] Réflexion menaçante du vice président Cheney juste après l’attaque contre les Tours Jumelles : « Maintenant l’Amérique va devoir entrer dans le versant obscur de son histoire ».

[11] Lynne Stewart en prison : Quand la justice déraille, par Claude Herdhuin. http://www.mondialisation.ca/index....

[12] Op.cit., Lynne Stewart en prison : Quand la justice déraille.

[13] Ibid., Claude Herdhuin

[14] Revue Nexus, Juillet-Août 2010, n°69, p.4

[15] Les Irlandais rejettent à 53,4 % le traité de Lisbonne

http://www.lemonde.fr/europe/articl...

[16] Le 25 septembre 1972, les Norvégiens sont appelés à se prononcer par référendum au sujet de l’adhésion de leur pays aux Communautés européennes. A l’issue du scrutin, le non l’emporte avec 53,5% des suffrages. http://www.ena.lu/referendum_norveg...

[17 1994 la Norvège s’oppose pour la deuxième fois par référendum à l’entrée dans l’Union européenne. http://www.strasbourg-europe.eu/norvege,17976,fr.html

[18] Qui est Liu Xiaobo ? Ce que le jury Nobel vous cache http://www.mondialisation.ca/index....

[19] Les lauréats du Prix Nobel de la paix après le 11-Septembre http://www.mondialisation.ca/index....

[20] http://www.voltairenet.org/article1...

[21] http://www.futurquantique.org/?p=12677

[22] http://www.mondialisation.ca/index....

Pascal SACRE

17 octobre 2010

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Le-traitement-mediatique-et-p...



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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