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08/11/2010

n°60 - Géopolitique & stratégie d'Iran - 06-11 : - : Fin - : La guerre contre l’Iran a commencé.

n°60  - Géopolitique & stratégie d'Iran - 06-11  : - : Fin - : La guerre contre l’Iran a commencé.


Géopolitique & stratégie d'Iran

 n°60 du 06-11                                C.De Broeder & M.Lemaire



Le dossier « Géopolitique et Stratégie d’Iran » est visible sur les blogs :

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse :

fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Ahmadinejad  pose ses conditions à la reprise des négociations avec les Six  

2-2 Mahmoud Ahmadinejad en visite au Liban en allié politique, économique et militaire.

2-3 Ahmadinejad appelle à l’unité des Libanais face à Israël.

2-4 Ahmadinejad : L'Iran aux côtés du Liban face à Israël.

2-5 L'unité et la vigilance face aux ennemis sont une nécessité.

2-6 Chavez et Ahmadinejad affichent un front uni.

3 Annexe

3-1 Alain Grech : La gauche et l’Iran.

3-2 Les chrétiens pratiquent librement leur culte


2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Ahmadinejad  pose ses conditions à la reprise des négociations avec les Six  

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a avancé quatre conditions à la reprise des négociations avec les Six(les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU: Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni plus l'Allemagne). sur le programme nucléaire de son pays, a annoncé dimanche l'agence IRNA.

Arrivé dimanche à Ardebil (nord-ouest de l'Iran),le président iranien a fait une allocution au cours de laquelle il a formulé quatre conditions pour la reprise des négociations:
Primo, les négociations doivent respecter les règles de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Secundo, les grandes puissances devraient décider si, lors des négociations, "elles cherchent à coopérer ou s'agit-il d'un coup fourré".
Tertio, les Six devraient également décider s'ils avaient l'intention de suivre les règles et la logique au cours des négociations, ou de faire du bruit en cas d'échec.
La quatrième condition avancée par Mahmoud Ahmadinejad exige que les Six se prononcent sur l'arsenal nucléaire d'Israël.
"La réponse à ces questions sera déterminante pour les discussions", a affirmé le président iranien, en ajoutant que  dans tous les cas "nous discuterons, mais nous discuterons différemment avec ceux qui recherchent l'amitié et avec ceux qui se présentent en ennemis".
Toutefois, M.Ahmadinejad a confirmé que l'Iran était prêt aux  négociations, en soulignant que les discussions devaient être basées sur "la justice et le respect mutuels".

18/10/2010

http://fr.rian.ru/

Le président iranien énumère quatre conditions préalables à des entretiens avec le groupe 5+1.
Extrait

Réagissant à l’attitude des Occidentaux qui ont choisi de garder le silence face à ces questions, le président iranien a rappelé que cela était contraire à la réglementation de l'AIEA.
Notant que la nation iranienne traitera différemment ceux qui refusent la rationalité et les règles, le président Ahmadinejad a souligné que la nation iranienne n'était pas disposé à renoncer à ses droits.
L'Iran a-t-il souligné, souhaite engager un tel dialogue fondé sur la justice et le respect.

17 Octobre

http://www2.irna.ir/fr/news/view/line-96/1010171576151919.htm


2-2 Mahmoud Ahmadinejad en visite au Liban en allié politique, économique et militaire.

Les alliés locaux des pays occidentaux, qui sont majoritaires au parlement mais cohabitent avec des représentants politiques du Hezbollah au sein d’un gouvernement dit "d’unité nationale", se plaignent que Ahmadinejad considère leur petit pays comme "une base iranienne en Méditerranée". 

Le président iranien recevra un accueil chaleureux de la part des membres du Hezbollah et du mouvement Amal, dirigée par le président de la Chambre des députés, Nabih Berri. 

Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, a estimé que le Liban se devait de rendre hommage à l’Iran pour son soutien aux mouvements de résistance de la région, notamment lors de l’offensive israélienne de l’été 2006 au Sud-Liban.

Lors d’un discours prononcé samedi, Nasrallah a rappelé que, au lendemain de ce conflit bref mais intense qui n’a pas permis à Israël de briser les reins du Hezbollah, l’Iran avait contribué grandement à la reconstruction de la région et des faubourgs sud de Beyrouth, les deux bastions du Hezbollah.

"D’où est venu cet argent ? De donations ? Non, pour être franc, de l’Iran", a-t-il dit.

Le Hezbollah chiffre cette aide à un milliard de dollars.

Mais l’influence iranienne au Liban ne s’arrête pas là. Téhéran a proposé d’aider le pays à moderniser son réseau électrique vétuste, de financer des projets hydrauliques et de compenser les armes américaines dont la fourniture est suspendue par les objections d’ordre politique du Congrès américain.

Le président iranien devrait signer un accord de prêt d’un montant de 450 millions de dollars pour ces projets de nature civile ainsi qu’un accord de coopération dans le domaine de l’énergie alors que le Liban s’apprête à attribuer en 2011 des licences d’exploration dans ses eaux méditerranéennes.

En août dernier, la République islamiste avait offert de dépêcher des troupes en soutien à l’armée libanaise à la suite d’un incident frontalier meurtrier entre le Liban et Israël, incitant les parlementaires américains à suspendre l’aide financière à cette dernière.

De source diplomatique, on souligne que toute fourniture d’armes iraniennes au Liban se ferait en violation des sanctions internationales infligées à l’Iran au titre de ses activités nucléaires sensibles, que les Occidentaux jugent susceptibles de déboucher sur la fabrication de l’arme atomique.

Lors de sa visite, le président Ahmadinejad doit prendre la parole à un meeting organisé dans la banlieue sud de Beyrouth par le Hezbollah, dont le chef compte aussi intervenir. On ignore si celui-ci, qui vit dans la clandestinité depuis 2006, sera physiquement présent où s’il s’adressera à la foule par le truchement d’une liaison vidéo.

Son déplacement au Sud-Liban, où patrouillent les casques bleus de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), se fera à titre privé, au terme de la partie officielle de sa visite à Beyrouth.

Mahmoud Ahmadinejad doit se rendre dans les localités de Cana et Bint Jbeïl, laquelle, située à quatre kilomètres seulement de la frontière israélienne, avait été sévèrement bombardée par l’armée israélienne lors de l’agression de l’été 2006.

Ahmadinejad a affirmé le mois dernier que toute attaque d’Israël contre l’Iran conduirait à sa disparition en tant qu’entité politique. Israël, pour sa part, redoute par-dessus tout que l’Iran se dote de l’arme atomique et n’exclut pas une "frappe préventive", bien que Washington y soit hostile.

Durant la partie officielle de sa visite, le président iranien sera reçu par le président Michel Souleïmane, Nabih Berri et le Premier ministre Saad Hariri.

La visite d’Ahmadinejad intervient dans un contexte de tension interne au Liban dû à la possible mise en cause de membres du Hezbollah par le tribunal spécial mis sur pied par l’Onu pour juger les auteurs ou commanditaires de l’attentat au camion piégé qui a coûté la vie à Rafic Hariri et à 22 autres personnes.

Le Hezbollah a présenté le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) comme un instrument entre les mains d’Israël mais Saad Hariri a refusé à ses partenaires minoritaires gouvernementaux de dénoncer les investigations qu’il mène pour faire la lumière sur la disparition de son père.

(Avec les agences de presse)

Mercredi, 13 octobre 2010 -

 http://www.aloufok.net/spip.php?article2606


2-3 Ahmadinejad appelle à l’unité des Libanais face à Israël.

Au premier jour de sa visite officielle dans le pays, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a salué la "résistance" des Libanais face aux "agressions" d’Israël, et les a appelés à l’"unité".

"Nous soutenons avec force la résistance du peuple libanais contre le régime sioniste", a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse avec son homologue libanais Michel Sleimane, quelques heures après son arrivée pour une visite de deux jours. "Nous avons tous les deux des intérêts et des ennemis communs", a-t-il affirmé, en référence à Israël, que le Hezbollah a combattu durant la guerre de 2006 ainsi que dans le sud du Liban jusqu’au retrait de ses troupes en 2000 après 22 ans d’occupation.

"La résistance du peuple, du gouvernement et de l’armée du Liban contre l’ennemi sioniste n’est pas seulement une source de fierté pour les Libanais mais pour toute la région car elle a changé l’équilibre des forces en faveur des peuples de cette région", a affirmé Mahmoud Ahmadinejad. Il faisait référence au fait qu’Israël n’est pas parvenu à neutraliser le Hezbollah durant la guerre de 2006. "Tant que l’esprit d’agression existe dans la région, celle-ci ne connaîtra pas la stabilité", a prévenu le président iranien, qui effectue sa première visite au Liban depuis son élection en 2005.

Mahmoud Ahmadinejad a présenté au président Sleimane un "nanoscope" (instrument de visualisation en trois dimensions) fabriqué en Iran.

13 octobre 2010,

 La Rédaction


2-4 Ahmadinejad : L'Iran aux côtés du Liban face à Israël.

Extrait

Nb Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information

Premier président iranien à se rendre au Liban, Mahmoud Ahmadinejad a affirmé que  ".

"La nation iranienne se tiendra toujours au côté de la nation libanaise et ne l'abandonnera jamais face aux animosités, venant principalement du régime sioniste", a déclaré le président de la République islamique.

Il a tenu ces propos en rencontrant le président libanais Michel Souleïmane

Ahmadinejad, dont la visite a été qualifiée de "nouvelle provocation" de sa part par une Maison blanche inquiète de l'influence croissante de l'Iran au Liban, n'a pas fait référence au Hezbollah.

La venue d'Ahmadinejad n'est pas non plus du goût de la majorité parlementaire libanaise pro-occidentale, qui reproche à Téhéran de considérer le pays comme "une base iranienne en Méditerranée".

Le président iranien a eu mardi un rare entretien téléphonique, dont rien n'a transpiré, avec le roi Abdallah d'Arabie, qui soutient la majorité libanaise conduite par le Premier ministre Saad Hariri.

Pour circonvenir toutes ces préventions, Ahmadinejad a fait valoir que son pays soutenait "un Liban fort et unifié". Nous soutiendrons toujours le gouvernement du Liban et sa nation", a-t-il dit en présence de Souleïmane, un chrétien maronite.

"Nous avons confirmé l'importance du maintien de l'unité nationale libanaise, du soutien à l'Etat et aux institutions et du renforcement des fondements de leur stabilité", a déclaré Michel Souleïmane après l'entrevue.

PRÊT DE 450 MILLIONS DE DOLLARS

Le ministre libanais de l'Energie et de l'Hydraulique, Gebran Bassil, a confirmé que l'Iran avait accepté de fournir au Liban un prêt de 450 millions de dollars pour financer des projets civils dont Mahmoud Ahmadinejad aurait souligné que tous les Libanais profiteront.

Le Hezbollah chiffre l'aide iranienne à la reconstruction de ses fiefs du Sud-Liban et des faubourgs sud de Beyrouth après les bombardements israéliens de 2006 à un milliard de dollars.

Les experts occidentaux pensent que l'Iran aurait aussi réarmé ce mouvement et qui signale disposer de plus de 30.000 roquettes et missiles, soit plus qu'avant le conflit d'il y a quatre ans.

Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, a souligné cette semaine que le Liban se devait de rendre hommage à l'Iran pour son soutien aux "mouvements de résistance de la région", dont fait aussi partie le Hamas palestinien.

À PORTÉE DE JUMELLES D'ISRAËL

En fin de journée, le président Ahmadinejad a pris la parole lors d'un meeting organisé dans la banlieue sud de Beyrouth par le Hezbollah, déclarant qu'Israël aurait à payer le prix de toute nouvelle agression.

Israël, a-t-il dit, "a le sentiment d'être dans une impasse, et pourrait organiser de nouvelles actions perfides pour sauver son existence et se créer des occasions. (Mais) j'annonce ici et maintenant que toute nouvelle action perfide ne fera qu'écourter l'existence scandaleuse de ce régime fabriqué."

Au terme du volet officiel de sa visite, Mahmoud Ahmadinejad doit se déplacer jeudi à titre privé au Sud-Liban, où patrouillent les casques bleus de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul).

http://www.lexpress.fr/actualites/


2-5 L'unité et la vigilance face aux ennemis sont une nécessité.

Les présidents iranien et libanais ont mis l'accent sur la nécessité du développement des relations de part et d'autre dans tous les domaines et notamment économique. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et son homologue libanais Michel Sleimane ont réitéré également le maintien de l'esprit de l'unité, de la solidarité et de la résistance face au régime sioniste et ses protecteurs avant de prôner la vigilance face aux conspirations des ennemis. Ahmadinejad en affirmant que le Liban est le fer de lance du combat contre l'ennemi des nations de la région, a indiqué que les ennemis cherchent à porter atteinte au Liban afin de dominer les nations de la région. De ce fait le soutien des gouvernements et des nations de la région au peuple et à la résistance libanais serait à même à faire échouer les ennemis dans leur visée néfaste. Le président Sleimane a pour sa part tenu à rappeler que les ennemis en semant la discorde font tout pour engendrer des tensions dans la région et notamment au Liban. "Le maintien de l'esprit de l'unité et de la solidarité dans la région est contre la volonté du régime sioniste, d'autant plus que les différents groupes libanais par leur convergence et leur unité sauront régler les problèmes, tout comme le cas où avec ce même esprit, la résistance est sortie victorieuse de la guerre de 33 jours.", a souligné le président Sleimane. Lors de ces différentes rencontres au Liban, le Président Ahmadinejad s'est entretenu avec le Premier ministre Saad Hariri et le président du parlement Nabih Berry des questions intéressants les deux parties.

14 Octobre

 http://french.irib.ir


2-6 Chavez et Ahmadinejad affichent un front uni.

Le président Mahmoud Ahmadinejad a déclaré mercredi à son homologue vénézuélien Hugo Chavez qu'ils auraient raison de leurs adversaires communs, lançant ainsi une nouvelle salve contre des pays occidentaux dont il affirme l'échec des tentatives pour isoler l'Iran.

A l'issue d'une visite de deux jours à Téhéran, Chavez a condamné les menaces militaires portées contre l'Iran, que les Etats-Unis et Israël n'excluent pas d'attaquer pour l'empêcher d'acquérir l'arme nucléaire.

La visite de l'allié latino-américain de Téhéran intervient une semaine après le voyage d'Ahmadinejad au Liban, où l'a fêté le mouvement chiite du Hezbollah. Ces deux démarches diplomatiques visent en partie à montrer à Washington que l'Iran compte encore dans le monde des amis prêts à contester les intérêts américains.

"Je dois profiter de l'occasion pour condamner ces menaces militaires dirigées contre l'Iran", a dit Chavez lors d'une conférence de presse où chacun des deux hommes appelait l'autre "frère".

"Nous savons qu'ils ne réussiront jamais à restreindre en quoi que ce soit la révolution islamique (...) Nous nous tiendrons toujours côte à côte, non seulement nous résisterons mais nous serons victorieux côte à côte", a-t-il ajouté.

Chavez a dit avoir signé plusieurs nouveaux accords destinés à stimuler la coopération bilatérale dans le domaine industriel.

De son côté, Ahmadinejad a affirmé que l'Iran et le Venezuela s'inscrivaient dans un front révolutionnaire d'Amérique latine "qui s'étend jusqu'en Asie orientale".

"Si autrefois mon frère M. Chavez et moi, ainsi que d'autres personnes, étions seuls dans le monde, aujourd'hui une longue file de responsables révolutionnaires sont debout ensemble", a-t-il dit.

"Les ennemis de nos peuples partiront un jour.

C'est la promesse de Dieu, et la promesse de Dieu sera tenue", a ajouté Ahmadinejad dont les propos seront sans doute interprétés en Israël comme une nouvelle menace de celui qui a souvent affirmé que l'Etat juif disparaîtrait.

Robin Pomeroy,

Philippe Bas-Rabérin pour le service français 



3 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

3-1 Alain Grech : La gauche et l’Iran.

nb Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information

Depuis la révolution iranienne de 1978-1979, sans doute le plus grand mouvement populaire du dernier quart du XXe siècle, la gauche occidentale s’est divisée sur l’appréciation qu’elle pouvait porter sur ces événements et sur le régime mis en place. Ce débat s’est évidemment intensifié avec l’arrivée de Mahmoud Ahmadinejad au pouvoir et encore davantage avec l’élection présidentielle contestée de juin 2009 (Lire Immanuel Wallerstein, « The World Left and the Iranian Elections », Zcommunications, 5 août 2009).

Parmi les points de désaccord à l’intérieur de la gauche, la place de la religion dans le mouvement politique.

Souvent, au nom de l’anticléricalisme, elle rejette tout mouvement qui se réclame de la religion. Mais n’est-ce pas aussi, au nom de la religion, qu’ont été menés bien des combats anticolonialistes (mais pas tous, que l’on pense à l’Indochine, par exemple) au cours des XIXe et XXe siècles ? Et il est vrai aujourd’hui que, avec le recul des idées marxistes, nombre de combats intègrent une dimension religieuse.

Que l’on songe à l’Amérique latine, au Brésil ou au Venezuela, avec des aspects parfois franchement réactionnaires, comme le refus du droit des femmes à l’avortement.

D’autre part, la dimension « anti-impérialiste » du combat mené par ces pays, de l’Iran au Venezuela – et qui est assumé par eux dans une alliance dont a témoigné la récente visite de Hugo Chavez en Iran – complique aussi le positionnement de la gauche radicale. On peut noter que des mouvements comme le Hamas et le Hezbollah allient une vision assez libérale de l’économie avec une résistance déterminée à ce qu’une grande partie des populations du monde arabe dénonce comme les tentatives israélo-américaines de contrôler la région.

Un dilemme plus ou moins similaire s’est posé avec le régime de Saddam Hussein en Irak (la dimension religieuse en moins), bien qu’il ait abandonné, dès la fin des années 1970, la moindre prétention à la lutte anti-impérialiste. Une partie de la gauche radicale américaine (et des progressistes irakiens en exil) s’est ralliée à l’intervention américaine de 2003, au nom du renversement des dictatures.

Je verse à ce dossier la traduction d’un article de Fayazmanesh Sasan, professeur émérite d’économie à l’université California State, Fresno, paru sur le site Counterpunch, 22-24 octobre (« The Left and Iranian Exiles »). Il est l’auteur de The United States and Iran : Sanctions, Wars and the Policy of Dual Containment (Routledge, 2008).

« Il ya quelques jours j’ai reçu un courriel intitulé “CounterPunch publie de l’agitprop ouvertement CIA-israélienne contre l’Iran.” L’e-mail faisait référence à un article paru récemment dans CounterPunch par une irano-américaine qui avait assisté à un dîner à New York organisé par le président Ahmadinejad pour des militants anti-guerre, pour la justice sociale et la paix, alors que M. Ahmadinejad était en visite aux Etats-Unis pour assister à l’Assemblée générale. L’auteur de l’article, qui soutient sans doute le “mouvement vert” en Iran, a été bouleversée par le fait que les activistes américains assistant au dîner n’ont pas contesté les violations des droits humains en Iran, et, au contraire pour la plupart, ont exprimé leur indignation devant la politique étrangère des Etats-Unis. L’auteur de l’e-mail a trouvé l’article similaire à ceux que l’Iran publie pour dénoncer les propagandistes israélo-américains. Qu’un tel article ait été publié sur un site progressiste semblait l’inquiéter.

J’avais également reçu des commentaires similaires sur d’autres articles écrits par certains des partisans du mouvement vert iranien et publiés sur le site CounterPunch. Ces billets étaient apparemment destinés à m’avertir que comme un contributeur de longue date de CounterPunch et un critique de “l’USrael” – un terme que certains croient à tort que j’ai inventé – je suis resté silencieux devant ces articles de certains partisans du mouvement vert en Iran.

(...) A la suite à de l’élection présidentielle controversée de 2009, j’ai exprimé mon avis sans détour sur la nature complexe du gouvernement iranien et les problèmes auxquels font face les progressistes américains lorsqu’ils traitent de cette complexité. Ces points de vue m’ont rendu persona non grata dans les médias en Iran. (...)

Dans un autre article dans CounterPunch, j’ai également mis en garde certains partisans du mouvement vert au sujet de leur liaison dangereuse avec les opposants pro-américains et israéliens au gouvernement iranien. Cet avertissement m’a valu de nombreux témoignages de reconnaissance de lecteurs de CounterPunch, notamment de nombreux Iraniens progressistes. Mais il a aussi suscité des grognements de certains exilés iraniens qui, souvent, essaient de dépeindre toute critique de leurs opinions politiques comme un “soutien au régime iranien.”

Entre autres choses, j’ai été accusé d’être indifférent aux violations des droits humains en Iran. On m’a aussi dit que je n’étais pas suffisamment informé, ignorant le fait que tel ou tel individu était mort ou avait perdu la vue sous la torture dans la célèbre prison d’Evine. Je n’ai pas répondu à toutes ces idioties. Si je l’avais fait, j’aurais certainement rappelé à ces critiques la déclaration de Martin Luther King que les Etats-Unis sont “le plus grand pourvoyeur de violence dans le monde d’aujourd’hui”. La déclaration était vraie à l’époque de King et elle continue à l’être de nos jours. Alors pourquoi ignorer le grand pourvoyeur de violence et violateur des droits humains et se concentrer sur l’adversaire chétif ? Pire, pourquoi faire appel au premier contre le second ? (...)

La réaction des exilés iraniens verts était emblématique de leur politique et de leur tactique. Ces exilés sont aussi satisfaits d’eux-mêmes que les "principalists" qu’ils abhorrent (“principalist” est un terme utilisé pour désigner les différentes factions iraniennes qui sont opposés aux réformistes et au mouvement vert). Ces exilés sont aussi intolérants à d’autres vues que leurs homologues tyranniques en Iran sont dédaigneux de la voix de la dissidence. »

Chaque progressiste américain qui choisit de se concentrer sur la critique de la ligne politique israélo-américaine envers l’Iran, par opposition à la question des droits humains, est dénoncé par ces exilés, comme un fou gauchiste ou un ignorant des subtilités internes de l’Iran. Et ceci en dépit du fait que ces Américains montrent souvent, à travers leurs analyses approfondies, une meilleure connaissance de l’Iran que ces exilés qui écrivent de longs essais rhétoriques. Ainsi, tandis que le mouvement vert exilés est obsédé par “l’élection volée” de 2009, il faut surtout compter sur des observateurs non-iraniens pour analyser les derniers rapports de l’AIEA, les dernières sanctions américaines et résolutions de l’ONU, le rôle des groupes de lobbying israéliens dans la formulation de ces résolutions, l’effet de ces sanctions sur l’économie iranienne, etc. (...)

Visitez n’importe quel site web Internet iranien vert et tout ce que vous y trouvez est la critique du régime actuel. C’est comme si tous les troubles en Iran étaient causés par le pouvoir et que tous les problèmes disparaîtraient s’il y avait un changement de régime en faveur des Verts. Les accusations absurdes se sont tellement intensifiées que le site web vert le plus populaire, et le principal porte-parole du mouvement vert en Iran, a déclaré le 2 octobre 2010, que la crise financière récente en Iran et les fluctuations monétaires étaient le fait du gouvernement lui-même ! Sous le titre “La continuation de la crise des devises et de l’or : le bénéfice du gouvernement dans l’accroissement des échanges”, le site fait valoir que le gouvernement iranien a créé la crise et bénéficié de la dévaluation du rial parce que le gouvernement calcule ses dépenses en rial et ses revenus en dollars. Si ce site ne faisait pas une telle fixation sur la question du changement de régime, et s’il avait une seule personne à son comité de rédaction avec une certaine connaissance élémentaire de l’économie, de telles absurdités n’auraient pas été publiées.

Inutile de dire que la crise financière récente en Iran, comme la plupart des crises de ce type ailleurs, a été le résultat de l’incertitude, d’une peur intense, et de la spéculation sur le marché des devises. Et la peur et l’incertitude ont été largement causée par l’effet cumulatif de sanctions qui étouffent l’économie iranienne et provoquent de la douleur et la souffrance de masse.

L’obsession du mouvement vert iranien avec “l’élection volée”, comme je le craignais, a poussé ces exilés à se rapprocher de la politique “USraelienne”. Certains groupes de pression nationalistes iraniens qui durant l’administration Bush s’étaient opposés à l’adoption de sanctions supplémentaires contre l’Iran ont récemment activement poussé l’administration Obama à sanctionner le gouvernement iranien et le corps des pasdarans, comme si de telles sanctions n’existaient pas déjà et comme si une telle intensification n’était pas orchestrées par les groupes de lobbying israéliens et leurs représentants dans le gouvernement des Etats-Unis. Les exilés, bien sûr, ont vu leur souhait satisfait et plus de sanctions ont été adoptées. Le 29 Septembre 2010, le président Obama a signé un ordre exécutif qui a imposé des sanctions sur les huit fonctionnaires iraniens “considérés comme responsables ou complices de violations graves des droits humains”.

Bien sûr, une fois de plus, le cerveau derrière cette décision de l’exécutif n’était autre que le suspect habituel, le néo-conservateur Stuart Levey, sous-secrétaire pour le terrorisme et le renseignement financier du département du Trésor. Lors d’une cérémonie annonçant les sanctions, M. Levey a été félicité par les secrétaires Geithner et Clinton pour “la conception de ces actions financières significatives”.

Quelques jours plus tard, les médias “principalist” en Iran ont utilisé le fait que certains exilés verts avaient remercié l’administration Obama pour avoir imposé une nouvelle série de sanctions. Une de ces médias, a exploité le titre d’une émission Radio Free Europe / Radio Liberty : “Merci M. le président Obama, pour vos sanctions concernant les droits humains.” L’article visait l’activiste et lauréate du prix Nobel Shirin Ebadi se félicitant des sanctions. Dans un entretien avec le service persan de Deutsche Welle elle a affirmé que les sanctions marquent un “tournant” non seulement pour l’Iran, mais pour “l’histoire des droits humains”.

La même Radio Free Europe/Radio Liberty a publié plus récemment un autre article à l’occasion du voyage de M. Ahmadinejad au Liban intitulé : “Les intellectuels iraniens au peuple libanais : ‘Ahmadinejad ne mérite pas votre confiance’.” L’article indiquait qu’un groupe d’environ trente journalistes iraniens, intellectuels et universitaires en poste aux Etats-Unis, au Canada et en Europe avaient dit dans une lettre ouverte adressée au peuple du Liban qu’il ne devrait pas se laisser berner par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qu’ils accusent d’être bon à rien. La lettre, clairement inspirée par le mouvement vert comme le montrent sa référence élogieuse à la visite du président Mohammad Khatami au Liban en 2003 et la condamnation de “l’élection volée” en Iran, qualifie la politique d’Ahmadinejad de “dangereuse” et responsable des sanctions généralisées contre l’Iran et des risques d’un guerre potentielle. Elle mentionne également l’appui Ahmadinejad pour un “certain groupe” au Liban, qui est à l’origine de tensions dans ce pays (clairement il visait le Hezbollah libanais).

La lettre ci-dessus n’est pas vraiment sincère lorsqu’elle affirme que la politique d’Ahmadinejad est responsable des sanctions. Les intellectuels et les universitaires iraniens savent sûrement que l’Iran a fait l’objet de nombreuses sanctions depuis plus de trente ans. Ils savent aussi que l’une des sanctions les plus oppressives, à savoir, la Iran-Libya Sanctions Act, a été imposé à l’Iran en 1996, sous la présidence de Mohammad Khatami, l’un des principaux leaders du mouvement vert. La lettre n’est pas non plus sincère lorsqu’elle assure que la tension au Liban est provoquée par Ahmadinejad et le Hezbollah, et non par Israël et ses alliés traditionnels au Liban. Etant donné la popularité que le Hezbollah doit à sa résistance héroïque et à ses batailles contre Israël, il est difficile d’imaginer qu’une lettre d’opposition au Hezbollah rendrait le mouvement vert iranien beaucoup plus populaire au Liban.

« Ce compte-rendu partiel de la politique et des tactiques employées par certains partisans du mouvement vert en exil explique pourquoi de nombreux progressistes américains se méfient de ce mouvement et de son avenir. Ils se souviennent du fait que des exilés irakiens progressistes, face à un gouvernement despotique, sont devenus de plus en plus réactionnaires. Ils se souviennent du fait que la question des droits humains est devenue un des prétextes pour provoquer un changement de régime en Irak. Ils se souviennent du fait que dans le processus qui a pavé la voie à l’invasion de l’Irak, les exilés irakiens, dont certains progressistes, sont devenus d’utiles outils (aux mains des néoconservateurs). Ils se souviennent aussi que la dévastation de l’Irak, des millions de morts et de déplacés et une économie en ruine, ont été le prix de l’établissement d’un gouvernement ami des Etats-Unis qui ne soutient plus le mouvement de résistance contre Israël.

C’est pourquoi un certain nombre de lecteurs de CounterPunch semblent préoccupés par certains articles publiés sur ce site progressiste par les exilés iraniens. Mais ces lecteurs ne doivent pas oublier que CounterPunch a également publié de nombreux articles qui critiquent les Iraniens qui appuient les “USraeliens”. Ils doivent aussi se rappeler que la situation en Iran est complexe et qu’il est légitime de se préoccuper de l’actuelle intolérance du gouvernement iranien à l’égard de toute voix dissidente, même sincère et indépendante. Dans cette situation complexe, séparer le bon grain de l’ivraie, établir la différence entre les préoccupations légitimes et les prétentions exagérées, distinguer les analystes sincères des opportunistes politiques, et reconnaître la différence entre les nationalistes étroits et les internationalistes qui ne se rallieront pas à la politique américaine et israélienne, pourrait devenir extrêmement difficile. C’est pourquoi je n’envie pas le travail de ceux qui siègent au comité de rédaction des médias progressistes comme CounterPunch. Ils sont confrontés à des choix difficiles. »

Alain Grech

source : http://blog.mondediplo.net/2010-10-...

4 novembre 2010

http://www.michelcollon.info:80/La-gauche-et-l-Iran,2771.html


3-2 Les chrétiens pratiquent librement leur culte

Intervention de l’ayatollah Mohaghegh Ahmadabadi

En Iran, les « relations entre l’islam et le christianisme » sont basées « sur l’amitié, le respect et la compréhension mutuelle », estime l’ayatollah Seyed Mostafa Mohaghegh Ahmadabadi, professeur de la faculté de droit à l’université ‘Shahid Beheshti’ de Téhéran, membre de l’Académie iranienne des Sciences.

Invité spécial du synode pour le Moyen-Orient, il est intervenu hier, le 14 octobre, en présence de Benoît XVI.

Dans son intervention, il a regretté « qu’au cours des derniers 1 400 ans, parfois du fait de considérations politiques, ces relations aient connu des moments sombres ». « Mais il ne faudrait pas imputer ces actes illégitimes accomplis par certains individus ou groupes à l’islam ou au christianisme », a-t-il insisté.

« Selon les enseignements du Coran, dans la plupart des pays islamiques, notamment en Iran, comme la loi même l’a stipulé, les chrétiens vivent côte à côte et en paix avec leurs frères musulmans », a-t-il ajouté. « Ils jouissent de tous les droits juridiques comme les autres citoyens et exercent librement leurs pratiques religieuses ».

L’ayatollah iranien a voulu remercier Benoît XVI « pour ses remarques opportunes et capitales dans les discours à Jérusalem et à Istanbul relatives à l’importance d’assurer des relations saines, amicales et continues entre chrétiens et musulmans ». « Une telle approche et de telles manières sont essentielles pour tous les croyants et assurément importantes pour la paix dans le monde », a-t-il ajouté.

La constitution de la République islamique d’Iran reconnaît la minorité chrétienne dans le pays. Interviewé par Radio Vatican le 13 octobre dernier, Mgr Ramzi Garmou, archevêque chaldéen de Téhéran, a rappelé que les chrétiens se trouvent « dans ce pays depuis l’aube du christianisme ».

« Nos églises sont ouvertes pour les célébrations liturgiques, pour l’enseignement et différentes activités pastorales », a-t-il expliqué. Mais « on n’a pas le droit d’évangéliser d’une manière directe. Les conversions sont interdites », a-t-il ajouté en soulignant combien, selon lui, l’évangélisation passait « par le témoignage de la vie quotidienne ».

Marine Soreau,

Zenit, 15 octobre 2010

 http://www.jerusalem-religions.net/spip.php?article1946



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