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12/11/2010

n° 1- 'Géopolitique et stratégie ' des Guerres de l'eau ' - 11-11- Suite - La prochaine guerre mondiale sera t’elle la guerre de l’eau

n° 1-  'Géopolitique et stratégie ' des Guerres de l'eau ' - 11-11- Suite - La prochaine guerre mondiale sera t’elle la guerre de l’eau


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



'Géopolitique et stratégie '

des

Guerres de l'eau.

n° 1-                                                  11-11

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis        :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens...

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

2 Dossiers

2-1 Kourosh Ziabari : Israël est la menace la plus immédiate au futur de notre planète.(Dissident Voice)

2-2 Amel Blidi : Litige à propos du partage des ressources du Nil.

2-3 Amin Abu Warda : Israël contrôle 80% de l'eau palestinienne.

2-4 Les eaux transfrontières.




2 Dossiers

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

2-1 Kourosh Ziabari : Israël est la menace la plus immédiate au futur de notre planète.(Dissident Voice)

Jeffrey Blankfort est américain. Il est photographe, producteur d’émission de radio et analyste du Moyen Orient. C’est un militant pro-palestinien connu et ses articles ont été publiés dans beaucoup d’organes d’information progressistes.

Il offre des émissions sur KZYX à Mendocino et KPOO à San francisco. Auparavant Blackford a été le directeur de publication du Middle East Labor Bulletin et co-fondateur du Labor Committee of the Middel East. En février 2002, il a gagné un procès contre l’organisation sioniste Anti-Defamation League (ADL) qui avait espionné des citoyens américains qui critiquaient Israël et sa politique d’expansion.

Jeffrey a accepté de me donner un interview exclusif portant sur l’influence du lobby israélien sur les décideurs du gouvernement américain, le programme nucléaire illégal et secret d’Israël, le conflit Israélo-palestinien et la menace d’une attaque imminente d’Israël contre les installations nucléaires de l’Iran.

Blankfort ne craint pas de critiquer clairement le régime d’apartheid israélien et il croit qu’Israël est la menace la plus immédiate à l’avenir de la planète.


Kourosh Ziabari : Dans votre article : "Le lobby israélien et la gauche : des questions difficiles" vous explorez de manière approfondie la domination du lobby israélien sur l’administration américaine et vous citez des exemples convaincants de l’influence de riches sionistes sur les multinationales et sur les médias de la pensée dominante en Amérique. Ma question est la suivante : Quelle est la source de l’immense pouvoir et de l’immense richesse que les sionistes détiennent ? Comment les Juifs ont-ils pu développer un pouvoir d’influence et des capacités financières telles qu’ils sont désormais capables de cadrer, changer et modifier les composantes de la politique des USA ?

Jeffrey Blankford : Cette question nécessiterait une réponse élaborée. Mais on peut dire qu’un segment important et bien organisé de la communauté juive s’est consacré, après la seconde guerre mondiale, à l’établissement et à la prospérité d’un état juif dans la Palestine historique dans lequel la vie et la subsistance des Palestiniens arabes autochtones n’avait aucune valeur.

Le fait que ce groupe ne représentait pas - et n’a jamais représenté - la majorité des Juifs américains a été largement compensé par l’ardeur de son militantisme au profit d’Israël dans tous les secteurs importants de la société américaine et à tous les niveaux de la vie politique de la nation. Son succès n’aurait pas été possible, cependant s’il n’y avait pas eu dans ses rangs un nombre important de riches hommes d’affaire juifs désireux de contribuer financièrement à acheter le soutien du Congrès américain ainsi que celui de pratiquement tout le corps législatif ou à intimider et faire taire les éventuels critiques d’Israël.

Bien avant la naissance des premiers sionistes, des banquiers et des capitalistes juifs s’étaient établi en Europe et aux USA, de sorte qu’il n’est pas surprenant que certains d’entre eux, à commencer par Lord Rothchild au début du siècle dernier, aient soutenu le projet sioniste. Aujourd’hui ils forment de loin le plus important groupe de donateurs privés des deux partis politiques.

Les médias, comme on peut s’y attendre, ont été une de leur premières cibles, et on peut hélas constater chaque jour que des supporters avoués d’Israël qui ne sont pas nécessairement juifs, comme Rupert Murdoch, les contrôlent maintenant complètement.

Il n’y a aucun doute que le réseau de soutien d’Israël, qu’on appelle par euphémisme "lobby" a influencé de manière significative l’ensemble de la politique des USA au Moyen-Orient et a été un facteur déterminant de la gestion du conflit israélo-palestinien, cependant sa puissance a des limites. Certes, grâce à ses contacts à la Maison Blanche et au Pentagone, il a réussi à entraîner les USA dans la guerre d’Iraq, mais il n’est pas encore arrivé à convaincre Washington de bombarder l’Iran ni à obtenir le feu vert des USA pour bombarder les installations nucléaires iraniennes. Il est clair qu’il y a des éléments importants du Pentagone et des services secrets qui sont conscients qu’une attaque de l’Iran par les USA ou Israël provoquerait presque certainement une catastrophe globale.

KZ : Dans votre article vous faites allusion aux conflits et luttes entre Israël et l’Administration américaine des dernières dizaines d’années au cours desquelles les Présidents des USA, Richard Nixon en tête, ont essayé de contenir la politique d’expansion d’Israël et d’améliorer les conditions de vie des Palestiniens opprimés. En admettant que l’Administration ait vraiment tenté d’oeuvrer dans ce sens tout en réitérant sans cesse son engagement à garantir la sécurité d’Israël, pourquoi alors ses efforts ont-ils échoué ?

JB : Aucun Président américain, j’en ai peur, ne s’est soucié des conditions de vie du peuple palestinien. Arrêter l’expansion d’Israël et obtenir que Tel Aviv se retire de tous les territoires qu’il avait conquis en 1967 était pour les Américains une mesure d’intérêt national.

Tous les efforts précédents ont échoué parce qu’aucun président n’a voulu payer le prix politique intérieur nécessaire pour forcer Israël à se retirer des territoires occupés d’autant plus qu’ils savaient que leurs efforts seraient contrecarrés par l’écrasante majorité des deux chambres du Congrès quelle que soit leur affiliation politique de même que par les médias qui sont aux mains des sionistes.

Le seul qui ait fait un effort sérieux dans ce sens et qui ait osé affronter le réseau sioniste et le Congrès a été Georges Bush Senior quand il a refusé de satisfaire la demande d’Israël de 10 milliards de prêts garantis en 1991 et de nouveau en 1992 mais même lui dut finalement céder.

KZ : Les Israéliens ont l’habitude de qualifier d’antisémites pour les diffamer et les vilipender ceux qui osent critiquer leur politique et leurs actes belliqueux et agressifs. Ils accusent tous ceux qui les critiquent d’être antisémites. Cela inquiète les faiseurs d’opinion et les politiciens et les décourage de parler d’Israël en termes négatifs. Y a-t-il un moyen de faire prendre conscience au public que l’étiquette antisémite n’est pas rédhibitoire* et que critiquer Israël n’est pas de l’antisémitisme ?

JB : Les allégations "d’antisémitisme" brandies contre ceux qui critiquent Israël n’ont plus le poids qu’elle ont eues mais elles sont encore très efficaces particulièrement quand l’accusé est l’employé des médias dominants, comme nous l’avons vu dernièrement avec le cas d’Helen Thomas, d’Octavia Nasr et de Rick Sanchez et dans l’industrie du cinéma qui a été longtemps un bastion sioniste ayant été développée par des Juifs au 19ième siècle, bien qu’à l’époque aucun d’eux n’était sioniste.

Le pouvoir qu’a l’accusation d’antisémitisme de mettre les personnes publiques à genoux finira le jour où un assez grand nombre de personnalités américaines ne l’accepteront plus. Quand à dire quand cela arrivera, je n’en sais rien.

KZ : La Fédération des Scientifiques Américains a confirmé qu’Israël possédait jusqu’à 200 têtes nucléaires même si elles ne sont pas déclarées. Comme il n’a pas signé le Traité de Non Prolifération, Israël n’a jamais permis à l’IAEA de contrôler son arsenal nucléaire. Nous savons déjà ce qui est arrivé à Mordecai Vanunu qui a perdu sa liberté pour avoir dit la vérité. Que pensez-vous qui va arriver au programme nucléaire israélien ? Tel Aviv va-t-il continuer à bénéficier du privilège de ne pas avoir à rendre compte de ses actes ?

JB :Tant que le réseau de soutien du sionisme contrôle le Congrès, tant qu’aucun Président américain n’a pas le courage de simplement mentionner l’existence des armes nucléaires israéliennes et tant que les USA continuent de tenir les cordons de la bourse de l’ONU, Israël bénéficiera de l’impunité et de l’immunité. Si la direction des mouvements antinucléaires américains maintenant disparus comme "le mouvement pour la paix" n’avait pas été dominée par les sionistes, il y aurait peut-être eu un débat sur le sujet, mais comme elle l’était le sujet a été considéré tabou.

KZ : Parlons maintenant de l’Iran. L’Iran est décrite dans les médias étasuniennes d’une manière déformée et hypocrite. Beaucoup d’Américains qui n’avaient jamais entendu parler de l’Iran sont aujourd’hui confrontés à l’image horrible et terrifiante qu’en donnent les médias dominées par les sionistes. Ils n’ont aucune idée de ce qu’est la civilisation iranienne, ni de ce qu’ont de spécifique sa société et sa culture. Comment pourrait-on porter la vraie nature de l’Iran à la connaissance des Américains qui n’ont pas les moyens de la découvrir par eux-mêmes ?

JB : La plupart des Américains ne sont pas capables de trouver l’Iran ni quelque autre pays du Moyen Orient ni même n’importe quel pays du monde, sur une carte. Pour la plupart ils sont confrontés à ce qu’on pourrait appeler un "problème géographique" autant qu’historique. Il n’y a pas d’antidote à cela au monde et c’est la raison pour laquelle Washington peut se permettre de faire la guerre à des pays qui ne lui ont jamais fait aucun mal. Si les soldats étaient des appelés comme pendant la guerre du Vietnam, ni la guerre d’Iraq ni celle de l’Afghanistan n’auraient duré aussi longtemps et il y aurait une grande opposition à une attaque contre l’Iran.

Quand Nixon a eu l’intelligence de supprimer la conscription des hommes de 18 ans au début des années 1970, cela a détruit l’épine dorsale du mouvement anti-guerre et c’est la raison pour laquelle Washington ne veut pas revenir à la conscription malgré la pression énorme résultant de la nécessité de maintenir une armée assez nombreuse pour mener plusieurs guerres de front. Sans la crainte que leur jeunes de 18 ans ne soient appelés au combat, il n’y a pas de mouvements contre la guerre et c’est pourquoi il n’y a pas d’opposition à la guerre digne de ce nom aux USA à l’heure actuelle.

KZ : Beaucoup de gens dans le monde croient que la presse américaine est complètement libre et peut dire tout ce qu’elle veut sans que la moindre restriction ou censure ne lui soit imposée par l’Administration. On peut presque dire que le gouvernement américain ne se mêle pas directement de ce qui concerne les médias ; cependant on a l’impression qu’il y a une pression implicite sur les médias pour ne pas dépasser la ligne rouge et violer des lois non écrites comme l’interdiction de critiquer Israël. Pouvez-vous nous en dire plus ?

JB : Ce n’est pas le gouvernement qui empêche les critiques d’Israël de s’exprimer, c’est la peur des réactions qu’engendre toute critique sincère d’Israël que ce soit dans un article ou un dessin humoristique des médias même si le journaliste est juif. Il y a plusieurs organisations, dont les plus importantes sont la Anti-defamation League, CAMERA et HonestReporting, qui sont capables d’envoyer immédiatement un torrent d’emails et de lettres à l’éditeur d’un journal qu’ils jugent offensant et parfois même de se rendre dans les bureaux du journal en question pour s’assurer que les médias comprennent bien ce qu’ils peuvent écrire ou pas. Comme il n’y a pas de pression équivalente en faveur de la critique d’Israël, les médias préfèrent éviter l’affrontement.

Il fut un temps où un certain nombre de journalistes des médias dominants écrivaient des articles critiques sur Israël sans avoir de problèmes. Mais c’était il y a 20 ans et ils ne sont plus là.

KZ : Voici ma dernière question : Comment voyez-vous l’avenir d’Israël ? Va-t-il continuer à déterminer la politique étrangère américaine et contrôler les politiciens américains ? Est-il capable de maintenir le blocus de Gaza ? Et finalement Israël parviendra-t-il à survivre politiquement ?

JB : Tant que les supporters d’Israël ou ses agents aux USA parviennent à contrôler le Congrès américain et à intimider tous les présidents en exercice, et tant que ces mêmes forces dominent les médias, il n’y aura pas de changement aux USA ni à Gaza. Bien que le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions se développe petit à petit aux USA, il n’y a pas l’intensité qu’il a ailleurs et ses cibles sont limitées à ce que les firmes américaines et Israéliennes produisent en Cisjordanie, aussi, si l’on veut être réaliste, il y a peu de chance que les USA exercent une pression déterminante sur Israël.

Ce que fait Israël, cependant, peut engendrer des changements qu’il est impossible de prévoir aujourd’hui. Après avoir été vaincu deux fois par le Hezbollah, les officiels israéliens ne cessent de menacer de déclarer une nouvelle guerre au Liban et comme les USA, l’Europe et l’ONU n’ont pas sanctionné leurs précédentes guerres au Liban, ils vont sûrement encore essayer.

A la différence des Palestiniens, les Libanais n’ont pas l’intention de se laisser faire et sont capables de rendre coup pour coup, comme les Israéliens en ont fait l’expérience quand les Libanais ont résisté à leur occupation et stoppé la Wehrmacht israélienne tant vantée en 2006. Si Israël attaquait l’Iran les répercussions seraient peut-être suffisantes pour entraîner Israël dans un processus qu’on pourra sans doute qualifier d’autodestructeur. Pour le moment, vu le soutien inconditionnel à tous ses crimes dont il bénéficie de la part des Américains et son arsenal de d’armes nucléaires, je considère Israël comme la menace la plus immédiate à l’avenir de la planète.

Kourosh Ziabari est un reporter freelance et un correspondant de presse iranien. Ses articles ont été publiés dans de nombreux médias et journaux comme le Tehran Times, Salem News, Palestine Think Tank, Press TV, Foreign Policy, Journal, Islam Online et Middle East Online. Il est membre de Llaxcala translaters Network for Linguistic Diversity.

Pour consulter l’original : http://dissidentvoice.org/2010/10/i...

Note du traducteur :

* A la différence de la France qui s’est dotée de la loi Gayssot, ce qui permet les poursuites juridiques et augmente donc d’autant la capacité d’intimidation du lobby sioniste.

Kourosh Ziabari

28 octobre 2010

Traduction : D. Muselet

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Israel-est-la-menace-la-plus-immediate-au-futur-de-notre-planete-Dissident-Voice.html


2-2 Amel Blidi : Litige à propos du partage des ressources du Nil.
La guerre de l’eau aura-t-elle lieu ?
Le Nil, décrit comme «le fleuve éternel» par le poète Ahmed Chawki, alimente les tensions entre le duo Soudan-Egypte et les pays de l’Afrique de l’Est. Dix pays se disputent ainsi les ressources du fleuve roi.
Les Etats africains dans lesquels coule le Nil espèrent voir «un partage
équitable» de ses ressources, faisant planer le spectre d’«une guerre de l’eau» dans la région.

Car l’Egypte devient nerveuse dès qu’on cherche à convoiter les ressources du fleuve qui fait sa prospérité.Le pays de Hosni Moubarak
prétend détenir des droits «historiques» sur le deuxième fleuve le plus long au monde qu’aucun autre pays ne peut contester.

La fronde menée par l’Ethiopie, l’Ouganda, le Rwanda, la Tanzanie, le Kenya est perçue comme une tentative «d’assassiner» l’Egypte.
Pour les 80 millions d’Egyptiens qui en reçoivent 90% de leurs ressources en eau, le fleuve est intimement lié à l’histoire de leur pays. Le fait que l'Egypte se situe en aval du fleuve rend son existence tributaire des pays situés en amont.
Pour justifier sa position, le gouvernement égyptien s’appuie sur un texte de 1959 qui réserve à l’Egypte la part du lion avec 55 milliards de mètres cubes, et au Soudan — où se rejoignent le Nil Blanc et le Nil Bleu — avec 18,5 milliards de mètres cubes. Face à la fronde des autres pays du Nil, Le Caire a resserré ses liens avec Khartoum en vue de faire front aux tentativesd’exploiter ce qu’ils considèrent comme «leur» ressource. En mai dernier, cinq pays situés en’amont ont signé unilatéralement un nouveau traité, sans l'Egypte ni le Soudan. La soif des pays traversés par le «fleuve roi» est exacerbée par une démographie galopante et une volonté de développer leur économie.
Parmi les pays qui mènent la révolte, l’Ethiopie, avec ses 85 millions d’habitants, qui abrite la source du Nil Bleu (85% du débit) dans le lac Tana, ainsi que l’Ouganda (31 millions d’âmes) celle du Nil Blanc dans le lac Victoria. Le premier cité ambitionne de devenir le principal exportateur d’électricité en Afrique de l’Est.
Les convoitises autour Nil deviendraient même, aux yeux des responsables égyptiens, une manœuvre visant à déstabiliser leur pays. Ils se méfient particulièrement d’Israël, qui participe à des projets d’ouvrages sur le Nil en Ouganda et en Ethiopie, dont certains canaux transportant les eaux du fleuve parviendraient déjà près de la frontière israélienne.
Face aux Etats africains (Ethiopie, Tanzanie, Ouganda, Kenya, République démocratique du Congo, Rwanda et le Burundi) qui ont signé, en mai
dernier, un traité plus en accord avec leurs intérêts, l’Egypte a émis des avertissements : «L’Egypte se réserve le droit de prendre toutes les
mesures pour défendre ses droits historiques sur les eaux du Nil», a affirmé devant le Parlement, Mohamed Nasreddine Allam, le ministre de l’Eau et de l’Irrigation.
Le fait est, par ailleurs, que le réchauffement climatique risque de compliquer encore plus la situation. Une baisse du débit du fleuve aurait un impact dramatique sur l’Afrique de l’Est.
La guerre de l’eau aura-t-elle donc lieu ? Si les observateurs internationaux jugent peu probable la possibilité d’une expédition égyptienne contre les Etats africains, les litiges autour des eaux du Nil restent néanmoins récurrents.
En 1978, la menace de construction d’un barrage sur le lac Tana, en Ethiopie, avait amené Sadate à agiter le spectre de la guerre. «L’eau est le seul mobile qui pourrait conduire l’Egypte à entrer de nouveau en guerre» disait, en 1979, le président assassiné.
L’ancien secrétaire général de l’ONU, Boutros Ghali, soulignait, lui aussi, que la prochaine guerre que livrera son pays se déroulera dans les eaux du Nil.


Chronologie
- 1869. Un conflit armé lié à l’eau a eu lieu entre l’Egypte et l’Ethiopie.
- 1929. Un accord signé entre l’Egypte et
la Grande-Bretagne interdit à tout pays au sud de l’Egypte de réduire le volume des eaux atteignant l’Egypte et le nord du Soudan. Le traité stipule que, sans le consentement du gouvernement égyptien, aucun plan d’irrigation et aucune construction hydroélectrique ne peuvent être menés à bien sur les affluents du Nil ou sur ses lacs si ces réalisations sont susceptibles de diminuer le volume d’eau de façon dangereuse pour l’Egypte.
- 1959. Le traité sur l’utilisation totale des eaux du Nil a été signé, à l’issue d’une crise, entre l’Egypte et le Soudan en 1958. Khartoum revendiquait une part plus importante que celle que lui accordait le traité de 1929. Le traité fixe la part du Soudan à 18 milliards de mètres cubes du débit du fleuve.
- 1967. Le barrage d’Assouan naît dans des conditions politiques très particulières. La guerre froide bat son plein. Jugeant le colonel Nasser «trop à gauche»,
la Banque mondiale renonce à financer le projet.
Finalement, c’est l’Union soviétique qui prend le relais et réalise ce gigantesque barrage.
- 1980. L’Egypte menace de guerre l’Ethiopie après que son président,
Mengistu Hailé Mariam, se soit opposé au président Anwar Sadate qui voulait amener l’eau du Nil au Sinaï.
- 1999. Fondation de «l’initiative du bassin du Nil» avec l’aide de
la Banque mondiale pour apaiser les tensions.
- 2010. Cinq pays africains signent un nouveau traité qui, sans préciser
le volume du partage des eaux, annule les traités de 1929 et 1959.
Amel Blidi

07.11.
El Watan Dimanche 7 novembre 2010


2-3 Amin Abu Warda : Israël contrôle 80% de l'eau palestinienne.

Israël contrôle 80% de l'eau palestinienne et le contrôle régional s'est méthodiquement accru depuis des années 
Le chercheur palestinien Abu Kishek a déclaré que la sécurité de l'eau arabe est menacée par la politique israélienne et que toute solution politique au problème palestinien passera forcément par la question de l'eau.

Le chercheur dit que la sécurité de l'eau arabe affronte de nombreux défis, et ce depuis très longtemps. Pourtant, on fait très peu cas de la prise de contrôle continue d'Israël sur les ressources en eau. "La solution à la situation repose entièrement sur l'eau." Il a souligné qu'Israël a commencé à contrôler l'eau palestinienne lorsque l'Etat a été créé en 1948. L'eau est devenue la priorité pour Israël depuis qu'il l'a nationalisée en 1949.
Israël s'acharne à gagner le contrôle de l'eau souterraine et de surface dans le bassin du Jourdain, menaçant les zones agricoles les plus fertiles.
Après l'occupation des Hauteurs du Golan, de
la Cisjordanie, de Jérusalem Est et de la Bande de Gaza en 1967, Israël a commencé à prendre le contrôle de toutes les ressources en eau et les incursions au Liban ont commencé. Israël a récemment construit un barrage près des Hauteurs du Golan syrien qu'il occupe, près de la ligne de cessez-le-feu.
Le gouvernement israélien interdit aux Palestiniens de creuser de nouveaux puits sur leurs propres terres. Ceci est une vieille pratique qui signifie que lorsqu'un puit est sec, il n'y a plus d'eau.
A l'intérieur des colonies israéliennes, les eaux coulent librement des forages, comme on peut le remarquer, de loin, par la verdure. Le chercheur palestinien rapporte qu'Israël contrôle 80% des ressources palestiniennes en eau.
Abu Kishek dit que le tracé du mur israélien à l'intérieur de
la Cisjordanie suit à 100% le cours des bassins aquifères et nappes phréatiques.
Les Israéliens à l'intérieur des frontières israéliennes consomment, par habitant, quatre fois plus d'eau que les Palestiniens, et les colons israéliens en Cisjordanie sept fois plus que les Palestiniens.
Au sujet de la politique israélienne pour contrôler l'eau en Palestine, il dit qu'elle inclut la destruction de nombreux matériels, comme la démolition des puits, la destruction des systèmes d'irrigation, des réservoirs et des canalisations en Cisjordanie. Le résultat est un déficit majeur de la réserve souterraine, et l'augmentation des difficultés d'une partie de la population dans l'accès quotidien à l'eau potable.
La destruction par Israël des provisions d'eau de nombreuses villes palestiniennes, ajoutée au sel contenu dans l'eau venant des puits en Cisjordanie et dans
la Bande de Gaza, entraînent également le déclin de la production agricole.
Abu Kishek souligne qu'Israël a creusé 500 dispositifs pour l'eau le long de la frontière avec
la Cisjordanie, en même temps que sur le côté nord de la Bande de Gaza, les pompes israéliennes fonctionnent 18 heures par jour.
Le tracé du mur en Cisjordanie a été fait pour intégrer les ressources en eau palestiniennes à l'intérieur des frontières israéliennes, en plus de ce qui est déjà pris par les colonies israéliennes à l'intérieur de
la Cisjordanie. Et cela inclut la destruction de l'agriculture existante.
Israël a également détourné l'eau du Jourdain, ainsi qu'une partie des eaux du bassin ouest du Néguev. Les effets catastrophiques du vol de l'eau israélien sont clairs dans
la Mer Morte, et les Israéliens sont maintenant en train d'essayer de pomper l'eau de la Mer Rouge en détruisant de grands pans de terre pour construire une connexion avec la Mer Morte.
Ab
u Kishek ajoute que le but des fréquentes incursions d'Israël au Liban était de prendre le contrôle de l'eau de la région.
En 1978, Israël était parvenu à contrôler les eaux de la rivière Litani et avait installé des pompes près du Pont Khardali, avec une conduite longue de 10 kms depuis la rivière et passant par la ville de Taibe.
Israël avait installé d'énormes citernes de stockage dans les environs sud de la ville de Aita Al Shaab pour stocker l'eau de
la Rivière Litani et la distribuer aux colonies de Galilée. Israël avait transféré les eaux de la Litani au lac Tibériade, qui est à l'intérieur des frontières israéliennes et sous son contrôle. Israël avait aussi pris le contrôle des eaux de la Rivière Hasbani.
On note aussi des tentatives israéliennes pour prendre le contrôle des eaux du Tigre et de l'Euphrate, ainsi que son rôle dans le conflit pour les eaux du Nil.
Abu Kishek dit qu'en Palestine comme dans le monde arabe, les raisons de la crise de l'eau sont multiples.

Elles vont des chutes de pluie irrégulières jusqu'au fait que la plupart des rivières prennent leur source à l'extérieur des frontières politiques, aux effets du réchauffement global, aux fortes augmentations de population, et aux projets et ambitions de ceux qui cherchent à contrôler et à exploiter l'eau qui ne leur appartient pas.

Amin Abu Warda

Mondialisation.ca,

Le 8 janvier 2007

Source : Palestine News Network 

Traduction : MR pour ISM

http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=4377


2-4 Les eaux transfrontières.

« La concurrence féroce que se livrent les pays pour les ressources en eau fait craindre
que cet enjeu renferme les germes de conflits violents. [...] Nous pouvons, si tous les peuples du monde travaillent ensemble, garantir à tous un approvisionnement durable en eau à l’avenir. »

Kofi Annan, ancien Secrétaire général de l'ONU

Lorsque la qualité de l’eau se dégrade ou que la quantité disponible doit satisfaire une demande de plus en plus importante avec le temps, la compétition entre les usagers de l’eau s’intensifie. Ce phénomène n’est nulle part plus déstabilisant que dans les bassins fluviaux qui chevauchent des frontières politiques. L’expérience prouve cependant que, dans bien des situations, la nécessité de partager l’eau peut engendrer une coopération inattendue au lieu de générer des conflits ouverts.

Malgré la complexité des problèmes, le passé montre que les conflits liés à l’eau peuvent être résolus de façon diplomatique. Seuls 37 conflits graves impliquant des violences ont eu lieu au cours des 50 dernières années, alors que 150 traités ont été signés. Les nations accordent de l’importance à ces traités parce qu’ils rendent les relations internationales liées à l’eau plus stables et plus prévisibles.

Distribution sectorielle des 145 accords sur des eaux transfrontalières

L’histoire des traités internationaux liés à l’eau remonte à 2500 av. J.-C, lorsque les deux cités-États sumériennes de Lagash et d’Umma forgèrent un accord mettant fin à un conflit lié à l’eau le long du Tigre, accord souvent cité comme le premier traité toutes catégories confondues. Depuis, de nombreux traités ont été signés. Selon l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture, plus de 3.600 traités liés aux ressources internationales en eau ont été rédigés depuis 805 ap. J.-C. La majorité d’entre eux porte sur la navigation et la démarcation des frontières. Au cours du siècle dernier, les négociations et les traités ont délaissé la navigation pour se focaliser sur l’utilisation, le développement, la protection et la conservation des ressources en eau.

Des accords légaux sur le partage de l’eau ont été négociés et maintenus alors même que des conflits persistaient sur d’autres questions. Le Cambodge, le Laos, la Thaïlande et le Vietnam ont pu collaborer depuis 1957 dans le cadre de la Commission du Mékong et ont entretenu des échanges techniques tout au long de la guerre du Vietnam. Depuis 1955, Israël et la Jordanie ont régulièrement tenu des pourparlers au sujet du partage du fleuve Jourdan, alors même qu’ils étaient officiellement en guerre jusqu’il y a peu. La Commission du fleuve Indus a survécu à deux guerres entre l’Inde et le Pakistan. Un accord cadre pour le bassin fluvial du Nil, qui abrite 160 millions de personnes et est partagé entre 10 pays, a été scellé en février 1999 afin de combattre la pauvreté et de stimuler le développement économique dans la région en encourageant une utilisation équitable des ressources communes en eau pour le bien de tous. Les neuf pays du bassin fluvial du Niger ont convenu d'un accord cadre pour un partenariat du même type. Ces exemples illustrent deux aspects importants de la coopération internationale en matière de ressources en eau : le besoin d’une institution qui élabore efficacement un processus d'engagement et le soutien d'une tierce partie bénéficiant de bons financements et ayant de la confiance de toutes les factions.

Si les plus de 3.600 accords et traités signés sont une réussite en eux-mêmes, un examen plus attentif révèle néanmoins des faiblesses importantes. Ce sont des dispositions de suivi applicables, des mécanismes d’application et des dispositions précises de répartition de l'eau qui tiennent compte des variations de débit des eaux et des besoins fluctuants qui sont nécessaires. La Convention des Nations Unies sur le droit relatif aux utilisations des cours d'eau internationaux à des fins autres que la navigation de 1997 est un instrument international qui se focalise sur les ressources communes en eau. Elle a posé deux principes clés pour guider le comportement des nations en ce qui concerne les cours d'eau communs : « une utilisation équitable et raisonnable » et « l'obligation de ne pas causer de dommages significatifs » aux pays voisins. Cependant, c’est aux pays eux-mêmes de clarifier la signification précise de ces termes dans leurs bassins versants.

Les experts s’accordent pour reconnaître que les accords internationaux sur les cours d'eau doivent être plus concrets, énonçant des mesures d'application des traités et incorporant des mécanismes de résolution des conflits détaillés en cas de litige. Une meilleure coopération implique également de définir un système de répartition des eaux clair tout en restant flexible, qui tienne compte des phénomènes hydrologiques, de la dynamique changeante des bassins et des valeurs sociétales.

Sources :

Le saviez-vous?

  • Les 263 lacs et bassins fluviaux transfrontaliers du monde couvrent près de la moitié de la surface des terres émergées de la Terre.
  • 145 nations ont des terres qui font partie de bassins fluviaux internationaux et 21 pays sont situés intégralement dans des bassins fluviaux internationaux.
  • Si la plupart des bassins fluviaux ne sont partagés qu’entre deux pays, il existe de nombreux bassins pour lesquels ce nombre est largement plus élevé. Treize bassins dans le monde sont partagés par entre 5 et 8 nations riveraines. Cinq bassins fluviaux, ceux du Congo, du Niger, du Nil, du Rhin et du Zambèze, sont partagés par entre 9 et 11 pays. Le fleuve qui traverse le plus grand nombre de nations est le Danube, dont le cours traverse le territoire de 18 nations.

http://www.un.org/french/waterforlifedecade/boundary.html


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