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13/11/2010

n°558 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine – Début : - A1PALP - Le lent génocide de Gaza.

n°558 - Les  Dossiers  'Géopolitique et stratégie' de  Palestine – Début : -  A1PALP - Le lent génocide de Gaza.



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Les  Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

558 du 12-11

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis       :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

  

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 


Sommaire

Tiré a part

Silvia Cattori : Le lent génocide de Gaza.

Gaza : Aïd sous le blocus

1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

1-1 Gershon Baskin : La terre de la promesse.  

1-2 Jeffrey Blankfort : Israël est la menace la plus immédiate au futur de notre planète.

Suite

1-3 Myriam Abraham : Pour survivre Israël a besoin d’être perpétuellement en guerre a l’intérieur comme a l’extérieur : « Ein Brecha » – Pas le choix.

1-4 Uri Misgav : La marche folle d'Israël, les implantations.

1-5 Akiva Eldar : Une "construction modérée" dans les colonies, ça n’existe pas.

2 Courrier des lecteurs & Trouvé sur le net & Témoignage

2-1 La famille de Rachel Corrie n'ont pas pu voir l'accusé.   

2-2 Qui veut la peau de notre solidarité ?

Début

2-3 BDS : Action à la Gandhienne .

1 Chérif Boudelal : La Révolution à la Gandhienne des BDS en marche et ne s’arrêtera pas !

2 Myriam De Ly : Arrestation et détention arbitraire dans le cadre d'une vaste opération policière au marché de Châtelineau.

3 Sakina se pourvoit en cassation après un jugement  inique du tribunal de Bordeaux.

4 Lettre à Bernard Kouchner

10 Histoire

9-1 Si la Palestine m’était contée.



Tiré a part

Silvia Cattori : Le lent génocide de Gaza.

Dans le témoignage que nous vous livrons ici, un Palestinien de 49 ans (*) résidant au nord-est de Gaza porte un regard lucide et amer sur les privations de toutes sortes endurées par son peuple, ainsi que sur la nature des aides parvenues à Gaza. Sa critique de la prolifération de programmes d’aide financés par des fonds étatiques, et par des ONG qui n’ont de « non gouvernemental » que le nom, nous indique que ce qui soulage notre mauvaise conscience peut aussi se révéler inadéquat, voire blessant.

9 novembre 2010 |

Question : Pressé par les États-Unis, après le massacre en mer qui a coûté la vie à 9 citoyens turcs en mai 2010, Israël a annoncé qu’il allait laisser entrer nombre de produits à Gaza. Comment cela s’est-il traduit dans les faits ?

Réponse : Le passage commercial de Kerem Shalom, par où les Israéliens autorisent les camions à entrer à Gaza, n’est ouvert que de manière épisodique. Ils l’ouvrent un jour ; ils le referment d’autres jours. Et quand ils l’ouvrent, ils ne laissent passer qu’un nombre limité de camions par jour. Du fait de ces restrictions continues, les quantités que les camions peuvent transporter sont insuffisantes [1]. Sur certains produits de base il y a pénurie, ce qui fait flamber les prix. Les gens sans revenu n’ont pas de quoi les payer. Les matériaux pour la reconstruction, comme le ciment, sont toujours interdits.

Question : Comment réagissez-vous à ces restrictions ?

Réponse : Nous attendons tout le temps qu’ils ouvrent les frontières, mais cela n’arrive jamais. Sans aucune liberté de mouvement, nous ne pouvons rien faire. Notre enfermement n’a pas commencé en 2007, comme il est dit couramment. Nous n’avons jamais connu la liberté. Nous [les Palestiniens ordinaires qui n’ont pas accès aux permis VIP - ndr] vivons emprisonnés, à des degrés divers, non seulement à Gaza mais aussi en Cisjordanie. L’enfermement s’est accentué considérablement depuis 2000. Il s’est aggravé en 2005 quand les colons sont partis de Gaza. Il est devenu total en 2007, après la tentative de coup d’État par les forces du Fatah fidèles à Mahmoud Abbas [ce coup d’État raté devait renverser les autorités du Hamas - ndr).

Notre liberté de parole a toujours été très limitée. À Gaza - mais aussi en Cisjordanie - critiquer les autorités, peut conduire en prison. Aujourd’hui, où les autorités du Hamas sont assiégées et sous la menace des drones de l’armée israélienne, cela n’arrange pas les choses ; celui qui critique leur politique peut se voir interpellé par les agents de sécurité, soupçonné de travailler pour les gens qui collaborent avec l’ennemi.

Question : À Gaza, comme en Cisjordanie sous l’Autorité Palestinienne de Ramallah, les gens ne parlent pas librement ?

Réponse : C’était déjà ainsi du temps de Yasser Arafat. La situation serait sans doute moins étouffante aujourd’hui pour les Palestiniens s’ils ne vivaient pas sous une double menace. La menace d’Israël et la menace des éléments qui s’associent à l’ennemi pour revenir au pouvoir. Mais si nous comprenons que les autorités du Hamas doivent assurer la sécurité, je crois que cela ne doit pas se faire en bâillonnant toute critique.

La propagande des Autorités de Ramallah est très active. Récemment, elles ont accusé le Hamas de pourchasser des membres du Fatah à Gaza ; elles ont présenté l’arrestation d’un homme, au nom totalement inconnu à Gaza, comme étant celle d’un chef du Fatah. Ce n’est pas la première fois que l’arrestation d’un trafiquant d’armes ou de drogue est présentée comme une affaire politique.

Question : Toutes ces restrictions doivent être terriblement frustrantes ?

Réponse : Il y a ici mille occasions d’être frustrés. Elles viennent parfois de ceux qui veulent nous aider. D’ONG qui prolifèrent et lancent des programmes contre-productifs et qui heurtent nos traditions, qui abusent de notre faiblesse, qui nous maintiennent dans une situation d’infériorité. Je m’interroge sur la valeur de nombre de projets dont l’objectif à long terme semble être de nous façonner à une certaine idéologie. Il y a de quoi se poser des questions sur des organismes humanitaires dont l’activité se concentre sur des projets qui permettent de pénétrer les foyers, partant, de mener un travail de fond sur chaque individu. Je pense que cela échappe au contrôle du Hamas.

Question : Une ONG peut s’installer sans autres ? Quelle ONG chercherait en particulier, à vous « façonner » ?

Réponse : Après l’agression israélienne de 2008-2009, c’était un tel désastre ! De nombreuses ONG se sont ruées sur Gaza.

Au départ les agences arrivent en apportant des médicaments, de la nourriture ; puis leur aide se transforme en programmes pour encadrer et orienter psychologiquement et culturellement les jeunes et les femmes. Il ya des groupes dont les membres, sous couvert d’aide humanitaire, semblent faire du renseignement [2].

L’activité d’une ONG comme Mercy Corps [3] par exemple, s’est beaucoup développée depuis la Nakba de 2009. Cette ONG avait commencé à s’implanter en 2005, l’année ou Israël a retiré ses colons de Gaza. Mais depuis 2009, elle s’est installée de manière plus massive, d’abord en apportant de la nourriture et des médicaments.

Des grosses ONG d’aide médicale financent, dans des hôtels, des séminaires qui sont perçus comme de la simple distraction.

Il y a une tendance à nous considérer comme des « sous développés ». On ne prend pas en compte le fait que les gens ici sont bien formés, bien éduqués. Nous n’avons pas besoin d’experts, d’expatriés ; nous sommes capables de gérer des projets utiles pour notre peuple si on nous donne les moyens matériels de les réaliser. On a vu passer assez d’experts envoyés par les États, l’ONU, etc, et sans résultat.

C’est quand il y a des massacres, des centaines de corps déchiquetés, que les humanitaires de ces ONG seraient attendus et utiles [4]. Nous pouvons fort heureusement compter sur le dévouement et le courage de notre personnel médical.

Question : Qu’en est-il de la qualité de l’eau maintenant ?

Réponse : L’eau contaminée demeure notre grande préoccupation. Elle est toujours imbuvable, et nous devons malgré tout la boire. Les gens qui n’ont pas les moyens d’acheter une eau potable, sont de plus en plus effrayés de devoir boire et cuisiner avec cette eau. Une eau saumâtre, très salée.

Question : Les convois et flottilles qui, depuis 2008, cherchent à aider la population de Gaza vous aident-elles dans ce contexte cauchemardesque à garder le moral et un peu d’espoir ?

Réponse : Le soutien extérieur est très important. L’action de ces gens qui se mobilisent pour Gaza signale à Israël que nous ne sommes pas seuls et qu’il devra tôt ou tard rendre des comptes. Israël fait tout pour torpiller l’aide matérielle. L’argent engagé est à chaque fois perdu. J’aimerais dire aux gens qui veulent venir ici, de venir sans rien apporter. Il y a eu des stocks de médicaments et de nourriture bloqués sur la route, qui ont du être jetés car ils étaient avariés. Au lieu de nous apporter des choses inutiles, les gens peuvent apporter de l’argent, le donner à des municipalités. Cela peut servir à financer des projets utiles à toute la collectivité. Notamment pour rendre l’eau potable.

Silvia Cattori

 

Gaza : Aïd sous le blocus

Deux jours juste avant l’Aid pour les Gazaouis 

Depuis le blocus mortel imposé par Israël en 2006, les habitants de Gaza tentent de s’organiser au quotidien. Coupures d’électricité, manque d’équipement hospitalier, produits de première nécessité inabordables…

Nos reporters ont partagé le quotidien des Gazaouis.

À Gaza,  malgré tout la vie continue sous le blocus. La plupart des Gazaouis que je rencontre disent la même chose : “On s’est habitué “. L’habitude comme une résilience, comme une thérapie collective.

Coincés entre la situation dure dans la quelle nous vivons et la politique ultra-sécuritaire d’Israël, les Gazaouis n’ont pas d’échappatoire. Alors à Gaza-Ville et dans les marchés, c’est les jours Aïd qui monopolisent les conversations. La fête d’Al Aïd permet aux Palestiniens de Gaza d’oublier les difficultés de la vie quotidienne pour un temps.

En descendant dans le souk de Gaza nous remarquons la tristesse et le désespoir sur les visages des gens qui essaient de les cacher en faisant semblant que c'est la fatigue mais pour eux il n'ya pas assez de vente, pas de clients, 18% de travail en moins qu’avant d'après les commerçants.

La vie est très dure pour les boulangers (pâtissiers) qui veulent travailler pour  mettre de l'argent de coté pour l'année car ils sont restés plus de 10 mois sans un véritable travail.

Concernant les bouchers c'est la période la plus exécrable de l’année car les gens ne peuvent plus acheter de la viande pour faire les Audhia (les sacrifices) cela leur coûte énormément cher.

Les gens veulent bien faire des sacrifices mais leurs moyens financier ne permettent même pas d'acheter de la viande et cela gène énormément les gens qui le font habituellement.

La question que tout le monde se pose est combien de temps cela va-t’il encore durer ?

Nasser  Elsayyed



1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

1-1 Gershon Baskin : La terre de la promesse.  

[Vous êtes en passe de faire perdre patience à Barack Obama et son gouvernement, lançait il y a quelques jours Gershon Baskin à Mahmoud Abbas comme à Benjamin Netanyahu –

Nous étions à la veille des élections américaines, et nul ne sait vraiment à l’heure actuelle si le gouvernement américain va désormais faire profil bas sur le Moyen-Orient ou, au contraire, adopter des positions d’autant plus fortes à l’international que ses mesures sociales seront freinées à l’intérieur. 
”Il faut à nos peuples des dirigeants qui comprennent qu’ils ne seront pas jugés sur la longueur du sursis face à l’inévitable, mais sur leur diligence à résoudre le conflit”, poursuivait-il, et cette suggestion ne s’adresse là qu’à eux. 
 

Le président Barack Obama et le gouvernement américain perdent patience à force de devoir composer avec de mesquines chamailleries israélo-palestiniennes sur des points de procédure. C’est ce que nous dit l’éditorialiste du New York Times Thomas Friedman, [triple] lauréat du Pulitzer. Son conseil : le Premier ministre Benjamin Netanyahu devrait accéder à la requête américaine de prolonger de soixante jours le moratoire de la construction dans les colonies, en modique contrepartie de la nature du soutien accordé à Israël par les États-Unis.

Peut-être a-t-on même fait remarquer à Netanyahu que Friedman joue au golf avec Obama, et sait généralement ce dont il parle quand il donne une indication quant à ses attentes.

Regardons les choses en face, le problème du développement des colonies, comme le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, l’a dit [au journal télévisé] Mabat (1), était l’œuvre des Américains. À son arrivée au pouvoir, Obama insista pour qu’Israël gèle toute construction dans les implantations, à quoi Abbas répondit : “Comment peut-on s’attendre à ce que je me contente de moins ?“ Il ne s’agit pas là de sous-estimer l’exigence d’un gel des implantations ; les Palestiniens ont assisté à des négociations en cours tandis que le territoire discuté se réduisait à en être méconnaissable. Il est clair qu’Israël ne peut être sérieux quant à des pourparlers de paix tout en persistant à construire sur une terre qui fera peut-être partie d’un État palestinien.

Le président George W. Bush avait posé la même demande, et l’avait même inscrite dans la Feuille de Route, mais j’imagine que nul ne l’avait vraiment pris au sérieux puisque, après le sommet d’Annapolis en novembre 2007, les négociations bilatérales directes prirent leur plein essor et se poursuivirent jusqu’à la fin du gouvernement d’Ehud Olmert. Israël ne cessa pas un seul jour de construire.

ALORS, QUELLES PERSPECTIVES maintenant ? Soit Netanyahu accède à la demande/exigence américaine, soit c’est Abbas qui renonce, ou les États-Unis pourraient bien leur dire à tous deux : “Vous avez notre numéro ; appelez-nous quand vous serez sérieux.“ Pour le moment, les Palestiniens examinent diverses mesures unilatérales. Israël s’affaire à agiter les menaces de son propre arsenal de mesures unilatérales. Le gouvernement américain continue de chercher une formule magique pour ramener les deux parties à la table de négociation. 

Je suppose que si Netanyahu et Abbas avaient la moindre confiance en leur capacité à parvenir à un accord véritable, ils trouveraient leur propre moyen de revenir à la table de négociation. Mais il semble qu’aucun des deux ne croie en la possibilité d’un accord, alors pourquoi mettre leurs carrières politiques en danger ? La paix devrait leur importer un peu plus qu’au président des États-Unis. Les raisons de cette absence d’efforts sur le terrain pour faire avancer le processus sont incompréhensibles, sachant que ni Israël ni la Palestine n’ont aucune option stratégique pour le maintien de leur existence nationale en dehors de la paix.

Qu’est-ce qui empêche Netanyahu de faire à Abbas une offre qu’il ne pourrait refuser, ou vice-versa ? Peut-être qu’un grand “point final aux conflit et revendications” serait trop espérer – mais pourquoi Netanyahu ne peut-il présenter à Abbas une carte montrant quelles zones au sein des frontières du 4 juin 1967 (2) Israël est prêt à donner en échange des blocs d’implantations qu’il souhaite annexer ? Cela montrerait un sérieux dont on pourrait difficilement faire fi.

0u pourquoi Abbas ne peut-il présenter une carte montrant quelles zones les Palestiniens sont prêts à laisser Israël annexer – Abbas sait certainement que Ramat-Eshkol, Ha-Guiva ha-Tzarfatith [la “Colline française“] Guilo, Efrat et d’autres blocs d’implantations ne feront jamais partie d’un État palestinien. Pourquoi ne dit-il pas à Netanyahu : “Nous comprenons que ces zones vont faire partie d’Israël – Qu’êtes-vous prêt à nous donner en échange ? Qu’est-ce qui empêche Netanyahu de soumettre un plan de sécurité cohérent joint à un plan de retrait des Territoires permettant la naissance de l’État palestinien ? Pourquoi Abbas ne peut-il dire à Netanyahu qu’une fois l’État palestinien fondé et l’occupation finie, une fois les droits de la minorité nationale palestinienne garantis au sein d’Israël et une solution trouvée d’un commun accord à la question des réfugiés, la Palestine reconnaîtra Israël comme l’Etat nation juif ? Qu’est-ce qui empêche Netanyahu de dire à Abbas qu’Israël est prêt à soutenir et parrainer la candidature palestinienne à l’entrée à l’ONU dans le cadre d’un accord plein et entier sur tous les points du statut définitif ? Pourquoi Netanyahu et Abbas ne peuvent-ils se mettre d’accord pour qu’Abbas appelle tous les chefs d’État de la Ligue Arabe à venir à son invite prier à la mosquée al-Aqsa (3) ? Pourquoi les deux dirigeants ne peuvent-ils convenir que, lorsque la paix se fera, chacune des nations aura son ambassade à Jérusalem, unie dans la paix et capitale des deux États. C’est la Terre promise. C’est aussi la terre des promesses, habitée par des peuples de grande promesse. 

Les deux peuples continueront à ne récolter que souffrances s’ils échouent à faire la paix. Nous ne faisons pas une fleur à Obama en acceptant de négocier. Ce ne sera pas pour faire plaisir au reste du monde que nous accepterons de vivre en paix – dans deux États pour deux peuples. Certes, la paix servira les intérêts du monde et ceux des États-Unis, mais c’est aux peuples d’Israël et de Palestine qu’en reviendront les bénéfices majeurs. Aucune des deux sociétés ne réalisera jamais son vrai potentiel sans mettre fin au conflit. Aucun Premier ministre israélien ni aucun président palestinien ne pourra jamais générer la sécurité et la prospérité sans la paix.

Nos peuples ont besoin de dirigeants qui comprennent qu’ils ne seront pas jugés sur la longueur du sursis face à l’inévitable, mais sur leur diligence à résoudre le conflit. Quand ce sera chose faite, Abbas pourra tenir ses promesses de liberté, d’indépendance et d’affranchissement de l’occupation.

Netanyahu pourra tenir sa promesse de voir Israël au nombre des quinze premières nations en termes de développement économique et social. Israël  et la Palestine se montreront capables de se surpasser et de proposer un modèle exemplaire de coopération entre d’anciens ennemis dans leur intérêt mutuel.

Notes

(1)  Mabat (“Regard“), est le journal télévisé de la première chaîne israélienne. [NdlT].

(2)  Les frontières d’Israël à la veille de la guerre des Six Jours, souvent désignées comme “la ligne verte”. [idem].

(3)   Al-Aqsa, la plus grande des mosquées de Jérusalem, fut construite au VIIe siècle sur le Mont du Temple/Esplanade des Mosquées – laquelle est considérée depuis cette époque comme le 3e lieu saint de l’islam, le Prophète étant dit y avoir entrepris son ascension vers le septième ciel. [idem].

Gershon Baskin

Gershon Baskin est, avec Hanna Siniora, l’un des deux directeurs exécutifs de l’Icpri, le Centre israélo-palestinien de recherche et d’information travaillant à proposer des solutions aux points en conflit entre les deux parties.

Gershon Baskin publie régulièrement une colonne dans le Jerusalem Post. T.A.]

 

The Jerusalem Post,

 le 25 octobre 2010

Traduction : Tal pour La Paix Maintenant

PALESTINE REPORTAGE PHOTOS de Philip Poupin cliquer sur le lien : http://www.philip-photos.com/photos-fr-palestine-5-0.html

http://www.youtube.com/watch?v=yknnNWOJlrk&feature=share (pour les pressés -> àpd 2min43)

http://www.jpost.com/Opinion/Columnists/Article.aspx?id=192761


1-2 Jeffrey Blankfort : Israël est la menace la plus immédiate au futur de notre planète.

Kourosh Ziabari : Dans votre article : "Le lobby israélien et la gauche : des questions difficiles" vous explorez de manière approfondie la domination du lobby israélien sur l’administration américaine et vous citez des exemples convaincants de l’influence de riches sionistes sur les multinationales et sur les médias de la pensée dominante en Amérique. Ma question est la suivante : Quelle est la source de l’immense pouvoir et de l’immense richesse que les sionistes détiennent ? Comment les Juifs ont-ils pu développer un pouvoir d’influence et des capacités financières telles qu’ils sont désormais capables de cadrer, changer et modifier les composantes de la politique des USA ?

Jeffrey Blankford : Cette question nécessiterait une réponse élaborée. Mais on peut dire qu’un segment important et bien organisé de la communauté juive s’est consacré, après la seconde guerre mondiale, à l’établissement et à la prospérité d’un état juif dans la Palestine historique dans lequel la vie et la subsistance des Palestiniens arabes autochtones n’avait aucune valeur.

Le fait que ce groupe ne représentait pas - et n’a jamais représenté - la majorité des Juifs américains a été largement compensé par l’ardeur de son militantisme au profit d’Israël dans tous les secteurs importants de la société américaine et à tous les niveaux de la vie politique de la nation. Son succès n’aurait pas été possible, cependant s’il n’y avait pas eu dans ses rangs un nombre important de riches hommes d’affaire juifs désireux de contribuer financièrement à acheter le soutien du Congrès américain ainsi que celui de pratiquement tout le corps législatif ou à intimider et faire taire les éventuels critiques d’Israël.

Bien avant la naissance des premiers sionistes, des banquiers et des capitalistes juifs s’étaient établi en Europe et aux USA, de sorte qu’il n’est pas surprenant que certains d’entre eux, à commencer par Lord Rothchild au début du siècle dernier, aient soutenu le projet sioniste. Aujourd’hui ils forment de loin le plus important groupe de donateurs privés des deux partis politiques.

Les médias, comme on peut s’y attendre, ont été une de leurs premières cibles, et on peut hélas constater chaque jour que des supporters avoués d’Israël qui ne sont pas nécessairement juifs, comme Rupert Murdoch, les contrôlent maintenant complètement.

Il n’y a aucun doute que le réseau de soutien d’Israël, qu’on appelle par euphémisme "lobby" a influencé de manière significative l’ensemble de la politique des USA au Moyen-Orient et a été un facteur déterminant de la gestion du conflit israélo-palestinien, cependant sa puissance a des limites. Certes, grâce à ses contacts à la Maison Blanche et au Pentagone, il a réussi à entraîner les USA dans la guerre d’Iraq, mais il n’est pas encore arrivé à convaincre Washington de bombarder l’Iran ni à obtenir le feu vert des USA pour bombarder les installations nucléaires iraniennes. Il est clair qu’il y a des éléments importants du Pentagone et des services secrets qui sont conscients qu’une attaque de l’Iran par les USA ou Israël provoquerait presque certainement une catastrophe globale.

KZ : Dans votre article vous faites allusion aux conflits et luttes entre Israël et l’Administration américaine des dernières dizaines d’années au cours desquelles les Présidents des USA, Richard Nixon en tête, ont essayé de contenir la politique d’expansion d’Israël et d’améliorer les conditions de vie des Palestiniens opprimés. En admettant que l’Administration ait vraiment tenté d’oeuvrer dans ce sens tout en réitérant sans cesse son engagement à garantir la sécurité d’Israël, pourquoi alors ses efforts ont-ils échoué ?

Jeffrey Blankford  : Aucun Président américain, j’en ai peur, ne s’est soucié des conditions de vie du peuple palestinien. Arrêter l’expansion d’Israël et obtenir que Tel Aviv se retire de tous les territoires qu’il avait conquis en 1967 était pour les Américains une mesure d’intérêt national.

Tous les efforts précédents ont échoué parce qu’aucun président n’a voulu payer le prix politique intérieur nécessaire pour forcer Israël à se retirer des territoires occupés d’autant plus qu’ils savaient que leurs efforts seraient contrecarrés par l’écrasante majorité des deux chambres du Congrès quelle que soit leur affiliation politique de même que par les médias qui sont aux mains des sionistes.

Le seul qui ait fait un effort sérieux dans ce sens et qui ait osé affronter le réseau sioniste et le Congrès a été Georges Bush Senior quand il a refusé de satisfaire la demande d’Israël de 10 milliards de prêts garantis en 1991 et de nouveau en 1992 mais même lui dut finalement céder.

KZ : Les Israéliens ont l’habitude de qualifier d’antisémites pour les diffamer et les vilipender ceux qui osent critiquer leur politique et leurs actes belliqueux et agressifs. Ils accusent tous ceux qui les critiquent d’être antisémites. Cela inquiète les faiseurs d’opinion et les politiciens et les décourage de parler d’Israël en termes négatifs. Y a-t-il un moyen de faire prendre conscience au public que l’étiquette antisémite n’est pas rédhibitoire* et que critiquer Israël n’est pas de l’antisémitisme ?

Jeffrey Blankford  : Les allégations "d’antisémitisme" brandies contre ceux qui critiquent Israël n’ont plus le poids qu’elle ont eues mais elles sont encore très efficaces particulièrement quand l’accusé est l’employé des médias dominants, comme nous l’avons vu dernièrement avec le cas d’Helen Thomas, d’Octavia Nasr et de Rick Sanchez et dans l’industrie du cinéma qui a été longtemps un bastion sioniste ayant été développée par des Juifs au 19ième siècle, bien qu’à l’époque aucun d’eux n’était sioniste.

Le pouvoir qu’a l’accusation d’antisémitisme de mettre les personnes publiques à genoux finira le jour où un assez grand nombre de personnalités américaines ne l’accepteront plus. Quand à dire quand cela arrivera, je n’en sais rien.

KZ : La Fédération des Scientifiques Américains a confirmé qu’Israël possédait jusqu’à 200 têtes nucléaires même si elles ne sont pas déclarées. Comme il n’a pas signé le Traité de Non Prolifération, Israël n’a jamais permis à l’IAEA de contrôler son arsenal nucléaire. Nous savons déjà ce qui est arrivé à Mordecai Vanunu qui a perdu sa liberté pour avoir dit la vérité. Que pensez-vous qui va arriver au programme nucléaire israélien ? Tel Aviv va-t-il continuer à bénéficier du privilège de ne pas avoir à rendre compte de ses actes ?

Jeffrey Blankford  :Tant que le réseau de soutien du sionisme contrôle le Congrès, tant qu’aucun Président américain n’a pas le courage de simplement mentionner l’existence des armes nucléaires israéliennes et tant que les USA continuent de tenir les cordons de la bourse de l’ONU, Israël bénéficiera de l’impunité et de l’immunité. Si la direction des mouvements antinucléaires américains maintenant disparus comme "le mouvement pour la paix" n’avait pas été dominée par les sionistes, il y aurait peut-être eu un débat sur le sujet, mais comme elle l’était le sujet a été considéré tabou.

KZ : Parlons maintenant de l’Iran. L’Iran est décrite dans les médias étasuniennes d’une manière déformée et hypocrite. Beaucoup d’Américains qui n’avaient jamais entendu parler de l’Iran sont aujourd’hui confrontés à l’image horrible et terrifiante qu’en donnent les médias dominées par les sionistes. Ils n’ont aucune idée de ce qu’est la civilisation iranienne, ni de ce qu’ont de spécifique sa société et sa culture. Comment pourrait-on porter la vraie nature de l’Iran à la connaissance des Américains qui n’ont pas les moyens de la découvrir par eux-mêmes ?

Jeffrey Blankford  : La plupart des Américains ne sont pas capables de trouver l’Iran ni quelque autre pays du Moyen Orient ni même n’importe quel pays du monde, sur une carte. Pour la plupart ils sont confrontés à ce qu’on pourrait appeler un "problème géographique" autant qu’historique. Il n’y a pas d’antidote à cela au monde et c’est la raison pour laquelle Washington peut se permettre de faire la guerre à des pays qui ne lui ont jamais fait aucun mal. Si les soldats étaient des appelés comme pendant la guerre du Vietnam, ni la guerre d’Iraq ni celle de l’Afghanistan n’auraient duré aussi longtemps et il y aurait une grande opposition à une attaque contre l’Iran.

Quand Nixon a eu l’intelligence de supprimer la conscription des hommes de 18 ans au début des années 1970, cela a détruit l’épine dorsale du mouvement anti-guerre et c’est la raison pour laquelle Washington ne veut pas revenir à la conscription malgré la pression énorme résultant de la nécessité de maintenir une armée assez nombreuse pour mener plusieurs guerres de front. Sans la crainte que leur jeunes de 18 ans ne soient appelés au combat, il n’y a pas de mouvements contre la guerre et c’est pourquoi il n’y a pas d’opposition à la guerre digne de ce nom aux USA à l’heure actuelle.

KZ : Beaucoup de gens dans le monde croient que la presse américaine est complètement libre et peut dire tout ce qu’elle veut sans que la moindre restriction ou censure ne lui soit imposée par l’Administration. On peut presque dire que le gouvernement américain ne se mêle pas directement de ce qui concerne les médias ; cependant on a l’impression qu’il y a une pression implicite sur les médias pour ne pas dépasser la ligne rouge et violer des lois non écrites comme l’interdiction de critiquer Israël. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Jeffrey Blankford : Ce n’est pas le gouvernement qui empêche les critiques d’Israël de s’exprimer, c’est la peur des réactions qu’engendre toute critique sincère d’Israël que ce soit dans un article ou un dessin humoristique des médias même si le journaliste est juif. Il y a plusieurs organisations, dont les plus importantes sont la Anti-defamation League, CAMERA et HonestReporting, qui sont capables d’envoyer immédiatement un torrent d’emails et de lettres à l’éditeur d’un journal qu’ils jugent offensant et parfois même de se rendre dans les bureaux du journal en question pour s’assurer que les médias comprennent bien ce qu’ils peuvent écrire ou pas. Comme il n’y a pas de pression équivalente en faveur de la critique d’Israël, les médias préfèrent éviter l’affrontement.

Il fut un temps où un certain nombre de journalistes des médias dominants écrivaient des articles critiques sur Israël sans avoir de problèmes. Mais c’était il y a 20 ans et ils ne sont plus là.

KZ : Voici ma dernière question : Comment voyez-vous l’avenir d’Israël ? Va-t-il continuer à déterminer la politique étrangère américaine et contrôler les politiciens américains ? Est-il capable de maintenir le blocus de Gaza ? Et finalement Israël parviendra-t-il à survivre politiquement ?

Jeffrey Blankford  : Tant que les supporters d’Israël ou ses agents aux USA parviennent à contrôler le Congrès américain et à intimider tous les présidents en exercice, et tant que ces mêmes forces dominent les médias, il n’y aura pas de changement aux USA ni à Gaza. Bien que le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions se développe petit à petit aux USA, il n’y a pas l’intensité qu’il a ailleurs et ses cibles sont limitées à ce que les firmes américaines et Israéliennes produisent en Cisjordanie, aussi, si l’on veut être réaliste, il y a peu de chance que les USA exercent une pression déterminante sur Israël.

Ce que fait Israël, cependant, peut engendrer des changements qu’il est impossible de prévoir aujourd’hui. Après avoir été vaincu deux fois par le Hezbollah, les officiels israéliens ne cessent de menacer de déclarer une nouvelle guerre au Liban et comme les USA, l’Europe et l’ONU n’ont pas sanctionné leurs précédentes guerres au Liban, ils vont sûrement encore essayer.

A la différence des Palestiniens, les Libanais n’ont pas l’intention de se laisser faire et sont capables de rendre coup pour coup, comme les Israéliens en ont fait l’expérience quand les Libanais ont résisté à leur occupation et stoppé la Wehrmacht israélienne tant vantée en 2006. Si Israël attaquait l’Iran les répercussions seraient peut-être suffisantes pour entraîner Israël dans un processus qu’on pourra sans doute qualifié d’autodestructeur. Pour le moment, vu le soutien inconditionnel à tous ses crimes dont il bénéficie de la part des Américains et son arsenal de d’armes nucléaires, je considère Israël comme la menace la plus immédiate à l’avenir de la planète.

Pour consulter l’original : http://dissidentvoice.org/2010/10/i...

Note du traducteur :

* A la différence de la France qui s’est dotée de la loi Gayssot, ce qui permet les poursuites juridiques et augmente donc d’autant la capacité d’intimidation du lobby sioniste.

Jeffrey Blankfort

Jeffrey Blankfort est américain. Il est photographe, producteur d’émission de radio et analyste du Moyen Orient.

C’est un militant pro-palestinien connu et ses articles ont été publiés dans beaucoup d’organes d’information progressistes.

Il offre des émissions sur KZYX à Mendocino et KPOO à San francisco. Auparavant Blackford a été le directeur de publication du Middle East Labor Bulletin et co-fondateur du Labor Committee of the Middel East. En février 2002, il a gagné un procès contre l’organisation sioniste Anti-Defamation League (ADL) qui avait espionné des citoyens américains qui critiquaient Israël et sa politique d’expansion.

Jeffrey a accepté de me donner un interview exclusif portant sur l’influence du lobby israélien sur les décideurs du gouvernement américain, le programme nucléaire illégal et secret d’Israël, le conflit Israélo-palestinien et la menace d’une attaque imminente d’Israël contre les installations nucléaires de l’Iran.

Blankfort ne craint pas de critiquer clairement le régime d’apartheid israélien et il croit qu’Israël est la menace la plus immédiate à l’avenir de la planète.

Kourosh Ziabari

Kourosh Ziabari est un reporter freelance et un correspondant de presse iranien.

Ses articles ont été publiés dans de nombreux médias et journaux comme le Tehran Times, Salem News, Palestine Think Tank, Press TV, Foreign Policy, Journal, Islam Online et Middle East Online. Il est membre de Llaxcala translaters Network for Linguistic Diversity.

Traduction : D. Muselet

28 octobre 2010

 

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