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28/12/2010

n°3bis - Dossier Wikileaks - 26-12 - Fin - Qu’est-ce que Wikileaks?

n°3 - Dossier Wikileaks - 26-12 - Fin - Qu’est-ce que Wikileaks?


       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 

                                                       



 Dossier Wikileaks

                                    n°3                                                  26-12

                                       C.De Broeder & M.Lemaire   



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

3  Dossier

3-1 Ne tirez pas sur le messager qui révèle des vérités qui dérangent.

3-2 Cecilia Escudero : Qu’est-ce que Wikileaks?

3-3 Julian Assange: « Nous allons publier des informations sensibles sur la guerre de juillet 2006 ».

5  Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

5-1 Jonathan Azaziah : Wikileaks ?

5-2 Alain Gresh : La prochaine guerre.

 




3  Dossier

Ndlr : La publication de l’article ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse ou point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information

3-1 Ne tirez pas sur le messager qui révèle des vérités qui dérangent.

Traduit par  Courrier international

Edité par  Esteban G.

Wikileaks mérite d’être protégé, et non pas menacé et attaqué

En 1958, Rupert Murdoch, alors jeune propriétaire et directeur du News d’Adelaide, écrivait : "Dans le bras de fer entre le secret et la vérité, il semble inévitable que la vérité l’emporte toujours."

Il fallait peut-être y voir l’écho du travail de son père, Keith Murdoch, qui, en son temps, avait révélé que les soldats australiens étaient inutilement sacrifiés par les généraux britanniques sur les plages de Gallipoli. Les Britanniques tentèrent de le réduire au silence, mais Keith Murdoch refusa de se taire et grâce à ses efforts, il fut mis un terme à la désastreuse campagne des Dardanelles.

Près d’un siècle plus tard, c’est avec un égal courage que WikiLeaks diffuse des faits qui doivent être rendus publics.

J’ai grandi dans une communauté rurale du Queensland où les gens avaient coutume de dire sans détours ce qu’ils avaient sur le cœur. Ils se méfiaient d’un Etat interventionniste susceptible d’être corrompu si on le laissait à lui-même. (...)

Je ne l’ai jamais oublié. C’est en se fondant sur ces valeurs essentielles que WikiLeaks a été créé. L’idée, conçue en Australie, était d’utiliser les technologies d’Internet d’une nouvelle façon afin de faire éclater la vérité.

WikiLeaks a apposé sa marque sur un journalisme d’un genre nouveau : le journalisme scientifique. Nous travaillons avec d’autres médias pour diffuser l’information, mais aussi pour en démontrer la véracité. Le journalisme scientifique vous permet de lire un article, puis de cliquer en ligne pour consulter le document original à la base de l’article. Ainsi, il vous est possible de vous faire votre propre opinion : l’information est-elle vraie ? Le journaliste l’a-t-il traitée avec exactitude ?

Les sociétés démocratiques ont besoin de médias forts, et WikiLeaks fait partie de ces médias. Ils contribuent à garantir l’honnêteté du pouvoir. WikiLeaks a dévoilé certaines vérités pénibles à propos des guerres en Irak et en Afghanistan, et publié des révélations sur la corruption des grandes entreprises.

On me qualifie de pacifiste : eh bien non, je ne le suis pas. Parfois les Etats doivent entrer en guerre, et le fait est qu’il y a des guerres. Mais il n’y a rien de pire qu’un gouvernement qui mente à son peuple sur ces guerres, puis qui demande à ces mêmes citoyens de mettre leur vie et leurs impôts au service de ces mensonges. Si une guerre est justifiée, alors dites la vérité et le peuple décidera s’il la soutiendra ou non.

Si vous avez lu les carnets de guerre d’Afghanistan ou d’Irak, des dépêches d’ambassades américaines ou n’importe quel autre secret mis à jour par WikiLeaks, réfléchissez sur l’importance pour tous les médias d’être en mesure de rapporter librement ces informations.

WikiLeaks n’est pas le seul à publier les télégrammes diplomatiques américains. D’autres médias, notamment The Guardian au Royaume-Uni, The New York Times aux Etats-Unis, El País en Espagne et Der Spiegel en Allemagne ont publié les mêmes câbles édités.

Mais c’est WikiLeaks, agissant en qualité de coordinateur auprès de ces journaux, qui a suscité les attaques et les accusations les plus virulentes portées par le gouvernement américain et ses agents. J’ai été soupçonné de trahison, alors que je suis de nationalité australienne et non américaine. Des dizaines d’appels ont été lancés aux Etats-Unis pour demander tout à fait sérieusement que les forces spéciales américaines "m’éliminent". Sarah Palin affirme qu’il faudrait me "pourchasser comme Oussama ben Laden", les républicains ont déposé devant le Sénat un texte visant à me déclarer "menace transnationale" et à se débarrasser de moi en conséquence. Un conseiller auprès des services du Premier ministre canadien a, devant les caméras de la télévision nationale, réclamé mon assassinat.  Un blogueur américain a souhaité publiquement que mon fils de 20 ans, qui vit ici, en Australie, soit enlevé et pire encore, pour la seule raison de me punir, moi.

Et les australiens ne devraient pas être fiers en voyant Julia Gillard et son gouvernement se ranger derrière cet état d’esprit. L’exécutif du gouvernement australien semble être mis à disposition des USA, de même que mon passeport australien qui m’a été retiré, ou l’espionnage et la traque des partisans de Wikileaks. Le Procureur Général australien collabore avec force à une enquête étatsunienne qui est clairement orientée vers l’incrimination de citoyens australiens pour les extrader aux USA.

Le Premier ministre australien Gillard et la secrétaire d'Etat Hillary Clinton n'ont pas émis la moindre critique à l'encontre des autres médias. En effet, The Guardian, The New York Times et Der Spiegel sont de grands et vieux journaux, tandis que WikiLeaks est encore jeune et petit.

Nous sommes les laissés-pour-compte. Le gouvernement Gillard essaie de tuer le messager, car il ne veut pas que la vérité soit révélée, y compris l'information concernant ses propres manœuvres diplomatiques et politiques.

(...)

Chaque fois que WikiLeaks révèle la vérité à propos d’abus commis par des agences américaines, les responsables politiques australiens entonnent le même refrain – probablement mensonger – que le département d’Etat américain : "Vous mettez la vie de personnes en danger ! La sécurité nationale ! Nos soldats !". Et ensuite, ils disent que WikiLeaks ne publie aucun document d’importance. Que faut-il croire alors ? C’est soit l’un, soit l’autre.

En réalité, ils ont faux dans les deux cas. Cela fait quatre ans que Wikileaks publie des documents. Pendant cette période, des gouvernements entiers se sont succédés et pas une seule personne n’a – à notre connaissance – eu à souffrir de nos activités. Les Etats-Unis, eux, aidés par le gouvernement australien, ont tué des milliers de personnes ne serait-ce qu’au cours des derniers mois.

Robert Gates, le secrétaire américain à la Défense, a lui-même reconnu dans une lettre adressée au Congrès qu’aucune source de renseignement n’avait été compromise par la publication des carnets de guerre en Afghanistan. Le Pentagone a indiqué qu’il n’existait aucune preuve permettant d’affirmer que des documents de WikiLeaks avaient pu nuire à qui que ce soit en Afghanistan. Les représentants de l’OTAN à Kaboul ont déclaré à CNN qu’ils n’avaient pas trouvé une seule personne ayant besoin d’une protection spéciale. Le ministère australien de la Défense n’a pas dit autre chose. Aucun soldat ou source du côté australien n’a souffert de notre travail.

Mais nos publications n’en sont pas moins importantes. Les câbles diplomatiques US révèlent quelques faits surprenants :

► Les USA ont demandé à leurs diplomates de dérober des objets personnels et des informations de fonctionnaires de l’ONU et des commissions des Droits de l’Homme y compris : ADN, empreintes digitales, empreintes rétiniennes, numéros de carte de crédit, mots de passe internet et photos d’identité, et cela en violation des traités internationaux. Il est possible, même, que des diplomates australiens, à l’ONU, soient concernés.

► Le roi Abdallah d’Arabie Saoudite a demandé aux USA d’attaquer l’Iran.

► Des représentants de Jordanie et du Bahreïn veulent que le programme nucléaire de l’Iran soit arrêté par tous les moyens possibles.

► L’enquête britannique en Irak a été truquée pour protéger « les intérêts étatsuniens ».

► La Suède est secrètement membre de L’OTAN et le parlement n’est pas tenu informé des échanges avec le renseignement américain.

► Les USA mettent tout leur poids pour que d’autres pays acceptent des prisonniers libérés de Guantánamo. Barack Obama n’a voulu rencontrer le président slovène qu’à la condition que la Slovénie recueille un prisonnier. Notre voisine dans le Pacifique, la république de Kiribati, a reçu une offre de plusieurs millions de dollars en contrepartie de l’accueil de détenus.

Dans son jugement qui a fait jurisprudence dans l’affaire dite des "papiers du Pentagone", la cour suprême américaine avait déclaré que "seule une presse complètement libre peut révéler efficacement les manipulations du gouvernement". La tempête qui s’abat aujourd’hui sur WikiLeaks ne fait que renforcer cette nécessité de défendre le droit de tous les médias à révéler la vérité.
Merci à Courrier international
Source: http://www.theaustralian.com.au/in-depth/wikileaks/dont-shoot-messenger-for-revealing-uncomfortable-truths/story-fn775xjq-1225967241332
Date de parution de l'article original: 08/12/2010
URL de cette page:
http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=2890

 


3-2 Cecilia Escudero : Qu’est-ce que Wikileaks?

Comment fonctionne le site web qui s’emploie à récupérer et divulguer des informations confidentielles

Pour la quatrième fois cette année, le site Wikileaks a donné une preuve éclatante de son potentiel de contestation, impossible à parer. Dirigé par l’Australien et ancien hacker Julian Assange, il a réussi en quelques mois à focaliser l’attention de la presse mondiale et à se jouer, une fois de plus, du système d’information nord-américain, désormais à la dérive.

À la fois novateur et promoteur du développement des technologies de l’information, Wikileaks s’est donné pour tâche de se procurer et de divulguer des informations confidentielles ou occultées, en particulier celles qui concernent les gouvernements, mais aussi les entreprises, provenant de sources anonymes.

Selon l’information donnée par wikileaks.org, le travail d’information du site (où circulent plus d’un million de documents) est assuré par « un groupe de gens du monde entier » composé « de journalistes, de programmeurs informatique, d’ingénieurs de réseaux, de mathématiciens et autres ». Ce groupe, sous le couvert de la virtualité et de l’anonymat, se bat - selon le site- en faveur du libre accès à l’information, de la liberté de la presse et d’une totale transparence en matière de questions publiques.

D’après le quotidien espagnol El País, un « noyau dur» d’une vingtaine de personnes collabore avec près d’un millier de gens aux quatre coins du monde. Le site attache une importance particulière à la protection de ses dizaines de milliers de sources. Le fonctionnement de Wikileaks nous apprend qu’il est possible de récupérer l’information sans être découvert. La protection est assurée, entre autres, par l’utilisation d’encodages indéchiffrables pour les connexions, le cryptage des messages, et le recours à de faux domaines et à divers serveurs basés dans plusieurs pays.

Pour beaucoup, ce fonctionnement bien huilé est un bel exemple d’intelligence collective. Le site reçoit également des donations anonymes.

Fondé en décembre 2006, Wikileaks (Wiki, pour son format, et Leaks, en anglais: filtrer) est aujourd’hui dans le collimateur du gouvernement usaméricain. Parmi ses saisissantes révélations, notons, en avril de cette année, une vidéo filmée d’un hélicoptère par les Forces Armées US qui montre des militaires usaméricains assassinant une dizaine de civils en Irak, dont deux employés de l’Agence Reuters. En juillet et octobre derniers, les USA ont du assister, impuissants, à de nouvelles fuites. Il s’agissait de reportages sur la guerre en Afghanistan (77 000 documents) et en Irak (400 000) qui révèlent les aspects les plus cruels et les plus contestables de l’action des soldats nord-américains et de leurs alliés dans ces conflits.

Aujourd’hui, le talon d’Achille visé par le site n’est rien moins que le cœur de la diplomatie usaméricaine; la prochaine cible, assure Wikileaks, sera le système bancaire international.

Les analyses divergent au sujet du phénomène Wikileaks, et il semble trop tôt pour signaler ses effets à long terme. L’un des aspects marquants et qui fait problème - c’est le moins qu’on puisse dire- est le choix fait par Wikileaks pour médiatiser ses informations : il s’est adressé à cinq entités de renommée internationale, The New York Times, El País, Le Monde, Der Spiegel et The Guardian. Il a ensuite proposé à ces médias la totalité des 251.287 câbles confidentiels de la diplomatie nord-américaine afin qu’ils choisissent l’éclairage médiatique qui leur conviendrait et retravaillent le matériel en fonction de leur orientation et de leurs intérêts propres. Chose inouïe, les cinq groupes se sont mis d’accord pour publier l’information en même temps ou, plutôt, pour diffuser les aspects qu’ils avaient jugés importants pour le public.

Ce qui est curieux, en définitive, c’est que les journalistes qui disposaient de l’information avaient contacté le Département d’Etat US pour le prévenir avant de publier, ce dont la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, a profité pour présenter d’avance des excuses à ce sujet.

La structure cybernétique planétaire par laquelle transitent les communications met en relief la difficulté que les gouvernements vont avoir pour se prémunir de futures fuites.

Il est à peu près certain que les sources anonymes à l’origine de cette gigantesque fuite se trouvent au sein même de l’administration US, parmi les employé(e)s (plus de deux millions) qui ont accès au réseau secret Siprnet, par où transitent des documents concernant les relations extérieures et la défense.

Étant donné le volume de l’information transmise, il semble impossible qu’on ait affaire à une seule personne motivée par des fins altruistes, cela trahirait plutôt les dissensions qui règnent au sein même du gouvernement des USA.

Pour le moment, Bradley Manning, un analyste des services secrets, âgé de 22 ans, est le seul à être emprisonné. Les adversaires sans visage du gouvernement de Barack Obama, jouissant de postes solides dans l’administration du pays, profitent des points faibles, jusqu’ici jalousement dissimulés, de la première puissance mondiale.

Cecilia Escudero 
Merci à Tlaxcala

Source: http://www.revistadebate.com.ar/printversion.php?id=3421
Date de parution de l'article original: 03/12/2010
URL de cette page:
http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=2915

 


3-3 Julian Assange: « Nous allons publier des informations sensibles sur la guerre de juillet 2006 ».

Après avoir été accusé d’avoir contracté un accord avec le Mossad pour ne pas publié des documents concernant Israël, Julian Assange, fondateur de Wikileaks, a déclaré dans une interview exclusive avec la chaîne qatarie al-Jazira, qu’il possédait des milliers de documents relatifs à la deuxième guerre israélienne de Juillet 2006 au Liban aussi sur l'assassinat du haut-cadre palestinien du Hamas Mahmoud Mabhouh à Dubaï.
Assange a démenti les allégations selon lesquelles il aurait conclu un accord secret avec Israël pour ne publier que les documents qui lui conviennent, ajoutant que son site compte publier prochainement des centaines de documents  sur Israël,  précisant qu'il a environ 3700 documents à cet égard, dont 2700 dont proviennent d’Israël.
Et de poursuivre : «Nous n’avons aucun contact direct ou indirect avec les Israéliens, mais les services de renseignements israéliens nous surveillent  et essayer d'anticiper ce que nous ferons. Je suis sûr que le Mossad s'intéresse à nous, mais il ne nous a pas  contacté, il est possible qu’il soit entré en contact avec des  personnes qui travaillaient dans notre institution. Mais à l'heure actuelle il n'y a pas de contact entre eux et nous. "
Il a ajouté que les rapports qui ont été publiés sur Israël jusqu’à ce jour ne représente que 1% ou 2% des documents dont nous disposons, mais il a souligné que les journaux à travers le monde se sont mis d'accord avec son site sur la publication des documents qu’ils jugent intéressants et en fonction de leur intérêt, sauf que  cela peut dénoncer  la subjectivité de ces  journaux, et donc le site publiera tous les documents sur Israël.
Assange a révélé  qu'il existe  des documents sensibles, classifiées comme confidentielles, tels ceux qui concernent de la guerre d'Israël contre le Liban en été 2006, et l'autre portant sur l'assassinat du chef du Mouvement de résistance islamique (Hamas) Mahmoud Mabhouh à Dubaï, sans compter  des câbles diplomatiques sur la question des passeports utilisés par le Mossad dans cet assassinat.
Il y a précisé qu’il existe un câble diplomatique  intéressant sur le  réseau de communication du Hezbollah au Liban, et qui parle de « fibres visuels qui sont passés à côté  de l'ambassade française à Beyrouth, soulignant que cette question inquiète Washington parce que le contrôle des réseaux de communication est primordial ».
Il a expliqué que ces documents secrets font souvent référence au  Mossad, et évoquent des contacts à très haut niveau dans le cas de l'assassinat d’une responsabilité syrienne par un franc-tireur !
Enfin, Assange a noté que la publication de ces documents sur Israël et certains pays arabes peuvent se poursuivre pendant six mois.

Julian Assange
Publié le 23 décembre 2010

 

Source : Al Manar TV
http://www.almanar.com.lb/



Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

5-1 Jonathan Azaziah : Wikileaks ?

Désinformation signifie « fausse information propagée délibérément dans le but d'influencer ou de confondre des rivaux. » Les gouvernements en usent pour induire en erreur et manipuler leur population, déclencher des guerres, faire chanter d’autres régimes. C’est l'arme suprême de la presse. La plus efficace désinformation est faite de mensonges aussi bien que de faits [réels]. Wikileaks, fondé par Julian Assange, colle idéalement, jusque dans la lettre, à cette description. Il est devenu du jour au lendemain l'une des plus grandes affaires de « divulgation » de l'histoire moderne.
Pourtant, en réalité, c’est le plus grands projets de désinformation de l'histoire, et sans doute le plus pernicieux car déguisé en entreprise de divulgation de vérités. Les informations fournies par Wikileaks ne sont pas neuves, pas révolutionnaires ; elles ne font pas autant de tort à la Zunie que les gens le pensent ; il s’agit de réalités parcellaires ; et elles sont surchargées d’autant de propagande que ce que pondent au jour le jour les médias sionistes. Quelqu’un bénéficie de cette propagande. Et ce quelqu'un est l’illégitime entité usurpatrice d'Israël. Le gouvernement israélien lui-même le pense (1).
Sur l’Afghanistan ? Des balivernes
Publiée plus tôt cette année par Assange sous la forme de plus de 92.000 documents, la première grande « fuite » concernait l'Afghanistan occupé. Ces documents comportaient des « dossiers secrets » sur des meurtres de civils par la Zunie et l'OTAN, avec des histoires sur Oussama Ben Laden, un croque-mitaine mort depuis longtemps, des bêtises sur les résistantsachetant des missiles air-sol, et beaucoup de mensonges sur l’ISI, l’agence de renseignement pakistanaise (2). Il n’y avait pas un seul document sur :
- la formation israélienne des résistants(3),
- les énormes profits sur la drogue du Mossad (4), de la CIA (5) et des marionnettes zuniennes, Hamid Karzaï et son frère (6),
- les liens de Karzaï avec Unocal et le Sioniste criminel de guerre Henry Kissinger (7),
- les opérations affairistes clandestines israéliennes, mises en place pour prendre le contrôle des champs pétrolifères des pays voisins, au Turkménistan, en Ouzbékistan et au Kazakhstan (8),
- la mafia judéo-russe, entièrement protégée par l'entité sioniste, qui vend des armes aux seigneurs de guerre afghans soutenus par la Zunie (9).

Pourquoi ne mentionner aucun de ces faits et opérations extrêmement importants, dangereusement préjudiciables ? Parce que, ce faisant, ça compromettrait un régime israélien déjà condamné à l'échelle internationale.
Des journalistes, des blogueurs et des militants de l'Afghanistan occupé et de l'étranger ont fait des reportages sur le grand nombre de victimes civiles là-bas depuis le début de l'intervention zunienne, il y a plus de 30 ans. Wikileaks ne révèle rien qui n’est déjà connu ; il renforce seulement la propagande sioniste sur le « bien-fondé d’une guerre contre le terrorisme. »
Sur l’Irak ? Des ânerie
Sous la forme de près de 400.000 documents, la grande « fuite » suivante de l'organisation d’Assange, qui a obtenu plus de notoriété que la précédente, concernait l’Iraq occupé. Tout comme la désinformation sur l'Afghanistan occupé, elle incluait :

- des « dossiers secrets » sur des massacres de civils par des militaires zuniens, la torture à laquelle se livrent le criminel de guerre Nouri al-Maliki et ses forces (que, selon Wikileaks, des responsables militaires zuniens auraient tenté de faire cesser) (10),
- les manquements du régime zunien à semoncer les Blackwater (XE) pour les massacres qu’ils commettent (11),
- des exécutions brutales par l’occupant zunien et britannique mélangées à d’autres inepties sur un Al-Qaïda fictif,
- des idioties sur l'Iran qui formerait des hommes de milices irakiennes et sur des drones iraniens survolant l'Irak (12), sur l’Iran se livrant à de la contrebande d’armes, de munitions et d'explosifs vers l’Irak (13),
- des accusations ridicules contre le Hezbollah, le mouvement de Résistance libanaise, qui formerait des Irakiens à l'art du kidnapping d'enfant (14),
- des attaques calomnieuses contre la Garde révolutionnaire iranienne, et d'autres affirmations absurdes sur la République islamique qui se livrerait au meurtre d’Irakiens innocents.
Les registres de Wikileaks sur la guerre d’Irak « révèlent » aussi le nombre de victimes civiles : 66.081 (15). Ils « dévoilent » par-dessus le marché que les armes irakiennes de destruction massive ont vraiment existé, que les troupiers ont trouvé des laboratoires d’armes chimiques, des toxines adaptées au terrorisme, et des caches d'armes chimiques (16).

Il n'y avait rien de « secret » dans le fait que les forces zuniennes et britanniques massacraient, torturaient et violaient des innocents en Irak occupé. Comme en Afghanistan, avec beaucoup plus d'efficacité que Wikileaks, des journalistes Irakiens et internationaux, des blogueurs et des militants ont signalé les assassinats de civils en Irak depuis le début de l'occupation illégitime. Les militaires zuniens n'ont pas tenté de faire cesser la torture pratiquée par la marionnette al-Maliki sur des Irakiens emprisonnés abusivement, ils y ont participé. Ils lui ont ouvert la voie après l’avoir approuvée. Ils en étaient les principaux fauteurs (17). Des prisons secrètes où les barbares zuniens torturent des Irakiens innocents sont en ce moment même toujours en activité (18). La Zunie a embauché des mercenaires de Blackwater pour instiller la peur et exécuter des actes de terrorisme contre le peuple irakien, bien évidemment elle ne les a pas grondés. L’armée terroriste privée du prince Erik ne faisait que ce que lui demandait le régime zunien.

Penser que le Hezbollah forme des miliciens étrangers pour se mêler aux affaires de l'État est démence pure ; Sayyed Hassan Nasrallah a lui-même déclaré à maintes reprises que, si le Hezbollah voulait renverser le gouvernement libanais, il l’aurait déjà fait (19). Ses objectifs (comme en témoignent ses actions), sont de protéger le peuple libanais, d’assurer sa sécurité et de défendre sa dignité. Le Hezbollah ne porte pas atteinte à son propre gouvernement, il est stupide de penser qu'il pourrait saper celui d'une autre nation. La propagande visant l'Iran est pathétique, il y a assez d'armes en Irak pour des éternités grâce au soutien zunien à Saddam Hussein (20), il n'est nul besoin que l'Iran fournisse en « contrebande » des armes aux milices irakiennes. Les drones volant dans le ciel irakien appartenaient à la répugnante entité sioniste, et non pas à l'Iran (21). Les autres accusations ressemblent à des machinations exhumées de quelque donjon de clubs de réflexion sionistes et de groupes de pression salivant à la destruction de la République islamique, et non pas à un travail de dénonciateur tentant de révéler la corruption pour propager la vérité. Ces accusations servent le dossier sioniste en faveur d’une frappe militaire contre l'Iran. Ces accusations poussent encore à la guerre, pas à la paix.

Wikileaks ne doit pas avoir récupéré la bonne note de service sur les victimes civiles en Irak occupé. 66.081 est loin du compte. Leur nombre a éclipsé la borne des 1,5 millions. Rien de moins que cela. Un nombre aussi faible, surtout avancé par Wikileaks, est une fausse déclaration classique, visant à protéger le régime zunien et ses sbires. C'est une insulte aux 5 millions d'orphelins irakiens et aux 5 millions de réfugiés irakiens. C'est une gifle aux morts irakiens dont les noms ne seront jamais connus parce qu'ils ont été réduits en cendres par la Zunie et l'armement israélien. Et l’idée que des troupiers zuniens auraient trouvé des armes de destruction massive en Irak, après que le mythe des armes de destruction massive irakiennes ait été déboulonné maintes et maintes fois en tant que propagande sioniste, est franchement exaspérante. Les seules armes de destruction massive en Irak sont les bombes mark-77, le phosphore blanc, et les milliers de tonnes d'uranium appauvri répandus à Bassorah, Bagdad et Falloujah par l'armée terroriste de Zunie et les agents du Mossad israéliens positionnés stratégiquement (22).

Sous le feu au nom d’Israël
Où sont les révélations sur :
- les 55 sociétés sionistes qui profitent du sang versé irakien ? (23)
- les objets volés en Irak par des agents sionistes ? (24)
- les centaines d'agents du Mossad opérant à Mossoul ? (25)
- les installations de fabrication de bombes du Mossad à Kirkouk ? (26)
- les assassins du Mossad en poste dans plusieurs villages autour de la région dévastée de Fallujah

(27)
- les engins explosifs improvisés à embout d’uranium appauvri de l’entreprise sioniste Zapata Engineering, qui ont massacré des milliers de gens à Najaf, Karbala et Tal Afar, pour n’en nommer que quelques-uns ? (28)
- les marchands d'armes israéliens fournissant des armes aux escadrons de la mort formés par la CIA ? (29)
- le Sioniste criminel de guerre Paul Wolfowitz, introduisant des experts es torture du Shin Bet pour former l'armée zunienne ? (30)
- la conduite des interrogatoires du Mossad et la torture dans les geôles d’Irak, notamment à Abou Ghraib ? (31)
- les faits qui reliront la guerre illégale, conçue exclusivement par des Sionistes, à Israël ?
Il n’y en a pas parce que Wikileaks ne s’intéresse pas à démasquer les véritables criminels ; son but est d’éloigner le public de la vérité pour le manipuler. C’est un tout nouveau COINTELPRO* qui recommence.
[* Ndt : programme de contre-intelligence, de brouillage de la compréhension pour embobiner les gens dans un but précis].
La première divulgation de Wikileaks visait la République islamique du Pakistan. Cette opération avait pour objectifs de donner une crédibilité à la guerre criminelle illégale d’Obama, qui avec ses attaques de drones a tué plus de 1.000 civils (32), de soulever la possibilité d'une future occupation ostensible, et de dissimuler l'ingérence d'Israël dans les territoires afghans occupés. Il est capital de remarquer que la déstabilisation du Pakistan était un objectif sioniste, puisque David Ben Gourion, l’architecte de la Nakba, en avait fait la déclaration (33).
La deuxième diffusion de Wikileaks visait la République islamique d'Iran. L'objectif de cette opération était de calomnier deux des très rares entités sur Terre résistant à Israël, le Hezbollah et l'Iran, ainsi que de dissimuler les empreintes digitales sioniste partout dans le démembrement de l'Irak. En confirmant que le programme nucléaire iranien est de nature pacifique et ne concernait en rien des fins militaires, l'AIEA avait déjà contrecarré par inadvertance le projet sioniste d’attaquer l'Iran sur la base de prémisses nucléaires (34). Les experts sionistes es controverse (hasbara) ont besoin de tenter un nouveau truc ; grâce à Wikileaks, les accusations contre l'Iran du régime Bush sioniste ont refait surface sous couvert de « révélations. » C’est truqué.
Conclusion
Une note finale est nécessaire au sujet de Julian Assange, l'homme salué comme un combattant pour la liberté, un révolutionnaire et un ami du peuple opprimé.
Lors d’une récente interview, il a déclaré, « Quand nous arrivent de tous côtés des preuves d’intrigues réelles, pour la guerre ou d’immenses fraudes financières, ça m’ennuie constamment que des gens s’occupent de prétendues conspirations comme le 11/9. » (35)
Il est ahurissant qu’Assange soit agacé par ceux qui cherchent la vérité derrière les 1,5 millions d'innocents morts en Irak occupé, les 1,2 millions de victimes dans les territoires occupés Afghanistan, et les nombreux autres innocents, hommes, femmes et enfants, morts en Palestine occupée, au Liban, Pakistan, Yémen et en Somalie. Le 11/9 est tout sauf un faux complot. Des preuves accablantes montrent que des responsables zuniens et israéliens n’avaient pas que la connaissance anticipée de l'événement, et qu’ils l’ont planifié et mis à exécution. C'était une opération sous fausse bannière de la CIA et du Mossad, montée pour protéger l'entité sioniste de toute future menace militaire et étendre dans le monde entier la domination parasitaire de la Zunie et du régime illégitime de Tel Aviv par le biais d’une « guerre contre le terrorisme » d'inspiration sioniste (36).
Celui qui, oubliant délibérément les crimes israéliens dans les territoires occupés d’Afghanistan et d'Irak, insulte les chercheurs de la vérité derrière le 11/9, diffame le mouvement vertueux du Hezbollah, propage sur l'Iran une propagande qui parachève la campagne de diabolisation infligée à la République islamique par le lobby et les médias sionistes, n'est pas un combattant pour la liberté ; ce genre d’individu est un menteur et un propagandiste.
Comme une sorte de cadeau pour jour de fête, la toute dernière « fuite » de Wikileaks sur l'Irak occupé a été remise en bloc à plusieurs grands médias publics, notamment à Al-Jazirah, au New York Times sioniste, au Der Spiegel allemand qui a diffamé le Hezbollah dans le passé en accusant odieusement la Résistance de vendre des stupéfiants (37 ), au journal français sous contrôle sioniste Le Monde, qui a aussi diffamé le Hezbollah récemment (38) et à The Guardian britannique. Ce n'est pas une fuite. Ce n'est pas une révélation. C’est un communiqué de presse. Un spectacle médiatique. Un cirque servant à dissimuler les véritables crimes.
Ceux qui s’intéressent aux fuites réelles, et de surcroît au vrai courage, devraient lire l'histoire de Mordechai Vanunu. Il a dénoncé le programme nucléaire israélien et a passé les 26 dernières années en Israël, 18 années consécutives dans des prisons inhumaines et 11 ans en isolement (39).
Comme l'Afghanistan, l'Irak a été anéanti par le régime sioniste. En traitant de la destruction de ces nations, et du massacre de millions de leurs habitants, il est indispensable de comprendre les crimes commis pour démêler le rôle d'Israël. Toute personne ou institution omettant cela est un ignorant, un lâche ou un collaborateur. Ces gens n’ont pas de place dans la cause pour la restitution des territoires occupés aux peuples autochtones et la traduction en justice de leurs bourreaux.
En soutenant Wikileaks, vous ne luttez contre l'occupant. Vous n’honorez pas les martyrs. Vous ne luttez pas contre l'impérialisme. Et vous ne rendez pas ses coups à l'oppresseur. Vous aidez Israël et la dissimulation des activités de son réseau criminel.
Wikileaks est une intox sioniste. Réveillez-vous.
Sources
(1) Wikileaks Reports Could Halt Iran's Nuclear Drive de Yaakov Katz, Jerusalem Post
(2) Wikileaks, Afghanistan and Pakistan de Muhammad Abdullah Gul
(3) Framing Pakistan: How The Pro-Israel Media Enables India's Surrogate Warfare de Maidhc Ó Cathail
(4) Intel Expert Says 9/11 Looks Like A Hollywood Show de Christopher Bollyn
(5) The Spoils Of War: Afghanistan's Multibillion Dollar Heroin Trade de Michel Chossudovsky
(6) Wikileaks Is Israel, Like We All Didn't Know de Gordon Duff, Veterans Today
7) Profil d’Unocal sur History Commons
(8) The Great Game: The War For Caspian Oil And Gas de Christopher Bollyn
(9) Drugs For Guns: How The Afghan Heroin Trade Is Fueling The résistants Insurgency de Jerome Starkey, The Independent ; Red Mafiya: How The Russian Mob Has Invaded America de Robert Friedman
10) Iraq War Documents Shed Light On Civilian Deaths, Prisoner Abuse de David Wood
(11) Iraq War Logs: Private Militarization Run Amok de Pratap Chatterjee, The Guardian
(12) US Shot Down Iranian Drone In Iraq, Wikileaks Confirms de Adam Weinstein
13) Leaked Reports Detail Iran’s Aid for Iraqi Militias de Michael R. Gordon et Andrew W. Lehren, The New York Times
(14) Wikileaks Tip Iran's Hand In Iraq de Samuel Segev, Winnipeg Free Press
(15) Iraq War Leaks: No US Investigation Of Many Abuses de Al-Masry Al-Youm
(16) Wikileaks Show WMD Hunt Continued In Iraq – With Surprising Results de Noah Shachtman
(17) Iraq Today: Afflicted By Violence, Devastation, Corruption And Desperation de Stephen Lendman
(18) Lawless Arrests, Detentions And Torture In Iraq de Stephen Lendman
(19) Sayyed Nasrallah: Bellemare, UN Protecting False Witnesses d’Al-Manar
(20) Ho Hum, More Wikileaks Chickenfeed de Gordon Duff, Veterans Today
(21) Israeli Drones Said Operating Over Iraq And Afghanistan de Yossi Melman, Haaretz
(22) The Zionist Murderers Of Iraq de Jonathan Azaziah
(23) Fifty-five Israeli companies said to be operating in Iraq under assumed names, de l’agence de presse Yaqen, traduction de Muhammad Abu Nasr
(24) Israel Hopes To Colonize Parts of Iraq as 'Greater Israel' de Wayne Madsen.
En français : Le « Grand Israël » coloniserait une partie de l’Irak
25) Facts Vs.
Beliefs –Today’s Ancient Warfare de Jeff Gates
(26) Resistance Kills Mossad Agents In Iraq de The Egyptian Gazette
(27) Israel's Battle In Fallujah de Rashid Khashana, Al-Hayat
28) Iraq IEDs: Mossad/Zapata Engineering Conspiracy? de Cloak et Dagger ; Israeli Made IEDs and US Zapata Engineering made IED Triggers Are Killing US, Canadian And NATO Soldiers de NB Gazette
(29) Israeli Officer Sells Weapons To Terrorists In Iraq de Press TV ; CIA Death Squads Operating In Iraq d’Henry Michaels
(30) Seymour Hersh And The Missing Zionist-Israeli Connection de James Petras
(31) Mossad Does Interrogations in Iraqi Jails: Human Rights Group de China Radio International English ; What Were Mossad Agents With Fraudulent New Zealand Passports Doing In Iraq? de Jerry Mazza
(32) US Drone Strikes Kill 18 In Pakistan de Press TV
(33) Mossad And India Spy Agency Team Up, Target Pakistan de Tariq Saeedi
(34) IAEA report: zero evidence of Iran nukes. US Orwellian corporate war media: Iran building nukes? De Carl Herman, Los Angeles Examiner
(35) Wanted By The CIA: The Man Who Keeps No Secrets de Matthew Bell, The Independent
(36) 9/11: Israel's Grand Deception de Jonathan Azaziah
(37) Hezbollah Denies Der Spiegel's 'Cheap Fabrications' d’Al-Manar
(38) Le Monde: A Group Affiliated With Hezbollah Takes Photos Of The Hague de NOW Lebano
(39) The Woman From Mossad: The Story Of Mordechai Vanunu And The Israeli Nuclear Program de Peter Hounam
*Original :
www.maskofzion.com/2010/10/wikileaks-is-zionist-poison.html
Traduction copyleft de Pétrus Lombard

 


5-2 Alain Gresh : La prochaine guerre.

1er mars 1973. Le président américain Richard Nixon reçoit à Washington la première ministre israélienne Golda Meir. Il l'informe que le président égyptien Anouar Al-Sadate est prêt à négocier un traité global. Tout en prétendant que son pays veut la paix, Meir répond qu'elle préfère un accord intérimaire, qu'il ne faut pas se fier aux manouvres du Caire, qui veut d'abord un retrait israélien sur les lignes du 4 juin 1967, ensuite un retour au plan de partage voté par les Nations unies en novembre 1947, et une solution du problème palestinien dont il faudra discuter avec Yasser Arafat et « les terroristes ».

Rapportant cette conversation, à partir des documents divulgués par WikiLeaks, le journaliste israélien Aluf Benn (« Netanyahu is telling Obama what Golda told Nixon », Haaretz, 15 décembre 2010) dresse un parallèle entre la situation à l'époque où le refus israélien allait déboucher sur la guerre d'octobre 1973 et le franchissement du canal de Suez par les troupes égyptiennes, et les réponses dilatoires apportées par M. Benjamin Nétanyahou au président Barack Obama. Il rappelle que le premier ministre actuel, rentré précipitamment de Boston pour monter au front en octobre 1973, devrait « rafraîchir sa mémoire en écoutant les enregistrements des conversations entre Meir et Nixon et se demander ce qu'il peut faire pour ne pas répéter les mêmes erreurs et pousser son pays aveuglément vers un seconde désastre de Yom Kippour », une guerre qui devait coûter 2 600 soldats à l'armée israélienne.

Le refus de Tel-Aviv d'accepter la proposition du président Barack Obama de geler pour trois mois la colonisation en Cisjordanie (et non à Jérusalem-Est) en échange de promesses sans précédent, que le commentateur Thomas Friedman (« Reality Check », New York Times, 11 décembre 2010), peu suspect de sympathies pour les Arabes, compare à une tentative de corruption pure et simple, a confirmé non seulement l'incapacité du président Obama à exercer une pression sérieuse sur Israël, mais le rejet par M. Nétanyahou du moindre compromis. Bien sûr, comme ses prédécesseurs, il prétend vouloir la paix, mais c'est la paix humiliante imposée par les vainqueurs, une paix fondée sur la négation des droits élémentaires des Palestiniens.

Lors des négociations secrètes avec les Palestiniens durant l'année qui vient de s'écouler, M. Nétanyahou a répété que tout accord nécessitait l'acceptation par les Palestiniens du « concept de sécurité » israélien, ce qui signifiait, entre autres, l'acquiescement à la présence de troupes israéliennes sur le Jourdain et le long du « mur de l'apartheid » (du côté palestinien bien sûr), et la poursuite de l'occupation d'une partie non négligeable de la Cisjordanie (Dan Ephron, « 16 hours in September », Newsweek, 11 décembre 2010). Il n'a fixé aucun terme à cette présence israélienne, sans doute censée durer jusqu'à ce que les Palestiniens deviennent « civilisés ».

Ce blocage sur le front palestinien pousse l'armée israélienne à échafauder les plans de ses nouvelles guerres, fondées sur ce « concept de sécurité » qui veut que tous ceux qui refusent la domination de Tel-Aviv sur la région soient des « terroristes » qu'il faut éliminer. Aucun autre pays, pas même les Etats-Unis, n'ont une conception de la sécurité aussi extensive, une conception qui fait d'Israël un fauteur de guerres permanentes. Sur qui va fondre l'armée israélienne, contre qui portera-t-elle ses prochains coups ?

Sur Gaza ? Il y a deux ans, les blindés et l'aviation israélienne réduisaient en cendres des centaines de bâtiments et tuaient des centaines de civils, commettant ce que le rapport Goldstone qualifie de « crimes de guerres » et sans doute de « crimes contre l'humanité ». Pourtant, le Hamas est toujours solidement installé au pouvoir. Combien de temps Tel-Aviv peut-il se résigner à cette situation ?

Sur le Liban ? En juillet-août 2006, l'armée israélienne échouait dans ses tentatives de réduire le Hezbollah, mais réussissait à détruire le pays, au mépris du droit international ; trois ans et demi plus tard, l'organisation est plus puissante que jamais et l'état-major n'écarte pas une opération majeure qui risquerait de conduire à l'occupation d'une partie du Liban (lire Anshel Pfeffer, « Is the IDF prepping for a third war with Lebanon », Haaretz, 19 décembre 2010).

Sur l'Iran ? Au risque de provoquer un conflit majeur qui s'étendrait de l'Irak au Liban, de la Palestine à l'Afghanistan ?

Personne ne peut le dire, mais, au Proche-Orient, l'absence de paix débouche forcément sur la guerre. Contrairement à 1973, c'est Israël qui prendra l'initiative directe du conflit, sauf qu'il se heurtera non seulement à des ennemis bien plus efficaces, mais, comme le signale le militant de la paix israélien Uri Avnery (« Ship of fools 2 », Gush Shalom, 18 décembre 2010), à l'hostilité grandissante de l'opinion mondiale, hostilité dont a témoigné la reconnaissance de l'Etat de Palestine dans les frontières de 1967 par le Brésil, la Bolivie, l'Argentine, ou la lettre de 26 anciens dirigeants européens (Chris Patten, Giuliano Amato, Felipe González, Lionel Jospin, Hubert Védrine, Romano Prodi, Javier Solana, etc.) - tout sauf des extrémistes - appelant l'Union européenne à prendre des sanctions si, d'ici le printemps, le gouvernement israélien ne change pas de politique. L'organisation Human Rights Watch a publié le 19 décembre un rapport (« Israel/West Bank : Separate and Unequal ») qui souligne que les Palestiniens sont victimes de discriminations systématiques et appelle le gouvernement des Etats-Unis à réduire de plus de 1 milliard de dollars son aide annuelle à Israël (soit l'équivalent des investissements israéliens en faveur des colonies).

En conclusion, Avnery note que le soutien américain à Israël relève de l'assistance au suicide. « En Israël, une telle assistance est un crime. En revanche, le suicide ne l'est pas. Ceux que les dieux veulent détruire, ils les rendent d'abord fous. Espérons que nous retrouverons nos esprits avant qu'il ne soit trop tard. »

Les analyses d'Alain Gresh    

22 décembre 2010

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